3ème mandat pour Alpha Condé ? Droit de réponse à l’article du Prof. ZOGBELEMOU

29 mai 2019 à 19 07 55 05555

Suite à la sortie récente du professeur ZOGBELEMOU, ancien Garde des sceaux de notre pays, notre Goliath en droit constitutionnel, moi, jeune juriste qui pourrait être David, je réponds à l’invitation du professeur qui souhaite qu’il y’ait un débat au tour de l’actualité brulante de notre pays (Cf. sa publication du 27 mai sur plusieurs sites de la presse en ligne)

Alerte : cet article n’est pas politique, il est juridique. Il serait donc bien de ne pas voir à travers lui ces deux choses :

  1. il n’est pas écrit dans le but de manquer du respect au professeur ZOGBELEMOU. Il est simplement une réponse à l’invitation faite par le professeur. Son but est donc d’alimenter le débat juridique ; et
  2. il n’est pas non plus écrit en guise d’opposition à un éventuel énième machin. La question n’étant pas officiellement posée.

Cela dit, dans cet article, j’ai fait le choix de répondre directement aux arguments du professeur. Le lecteur pourra ainsi mieux situer l’argument et le contre argument. Aussi, certains passages de l’article du professeur qui ne me paraissent pas importants de commenter ont été retirés pour diminuer la longueur de l’article.

Tout ceci précisé, le coup d’envoi peut être donné même s’il n’y ni arbitre ni modérateur.

Cher professeur, vous dites :

On ne défend pas une constitution en la violant. Aux termes des articles 7 et 11 de la constitution de 2010, chaque citoyen est libre de croire, de penser et de professer ses opinions politiques et philosophiques ; il est libre d’exprimer et diffuser ses idées et opinions par la parole, l’écrit et l’image. Surtout quand il s’agit d’une question d’intérêt national comme l’élaboration d’une nouvelle constitution.

Je dis :

Absolument Cher professeur. Mais cela doit se faire conformément au droit positif. Je ne vous apprends certainement rien en disant que ces droits et libertés ne sont pas absolus. Pour la quiétude et l’intérêt national, ils peuvent être (ils le sont d’ailleurs) limités très souvent. C’est pour cela que la liberté d’expression est limitée par la pénalisation de certains propos. Ainsi, au nom de la liberté d’expression, il est interdit de diffamer mais aussi et surtout de faire l’apologie de certaines idéologies réputées dangereuses pour la République et les valeurs auxquelles elle s’attache (Cf. Code pénal). A ce titre, il est possible de citer comme exemple le terrorisme. Personne ne pourrait, au nom de la liberté d’opinion ou de pensée ou d’expression, faire impunément l’apologie du terrorisme. Cette interdiction est aussi valable pour tout ce qui serait de nature à mettre en danger les valeurs censées caractériser notre République à savoir la démocratie, l’état de droit, etc.

Ainsi, vous comprendrez que l’on ne puisse pas être d’accord avec quelqu’un qui fait l’apologie ou défend des thèses ou des démarches qui sont de nature à porter atteinte à l’État de droit (agir sans fondement juridique ou en contradiction au droit). S’y opposer est un acte républicain et légaliste. Ce serait une erreur d’interpréter cela comme une atteinte à la liberté d’expression des personnes. Dans une République chaque citoyen a des droits mais aussi des devoirs dont celui de respecter le droit qui fonde ses droits. 

Cher professeur, vous dites :

  1. De quelques observations liminaires

Ces observations tendent à la clarification d’un certain nombre d’idées et de concepts dont la compréhension par certains citoyens et leaders politiques ou d’opinion crée la confusion dans le débat actuel.

Le Président ne pourrait pas proposer au Peuple une nouvelle constitution pour au moins trois raisons :

  • il a déjà été élu deux fois sur la base de la constitution de 2010 ;
  • il est en fin de mandat : la constitution limitant le nombre de mandat présidentiel à deux, le moment n’est plus idéal ;
  • il y a les dispositions intangibles de l’article 154 de la constitution.

Cet argumentaire amène, de prime abord, à observer que les constitutions ne prévoient généralement que les modalités de leur révision ; quant à l’adoption d’une nouvelle constitution, aucune constitution ne l’interdit. Il suffit à ce sujet de se référer à l’histoire constitutionnelle des États dans le monde. L’exception américaine de la constitution de 1787 ne peut constituer une règle, encore que dans ce cas il y a eu plus d’une vingtaine d’amendements.

Relativement à ces idées, il y a lieu de rappeler, sur le premier point, que conformément aux articles 51 et 152 de la constitution de 2010, l’initiative de proposer au référendum un texte constitutionnel appartient au Président de la République et aux députés, qu’il s’agisse d’une révision constitutionnelle ou d’une nouvelle constitution. Or à date, le mandat du Président actuel n’a pas encore expiré et aucun texte juridique ne lie l’exercice de ce pouvoir d’initiative, conféré par la constitution, à la limitation du nombre de mandat présidentiel ou à la durée du mandat présidentiel.

Je dis

Non professeur. Vous faites erreur. Contrairement à est ce que vous dites l’article 51 CG ne permet pas aux ORGANES CONSTITUÉS (président et parlement notamment) de soumettre une nouvelle constitution. Il concerne exclusivement les projets et/ou proposition de loi et au mieux les projets et/ou propositions de loi constitutionnelle VISANT À RÉVISER l’actuelle constitution. IMPOSSIBILITÉ DE SOUMETTRE PAR CE BIAIS UNE NOUVELLE CONSTITUTION. LE REFERENDUM DE L’ARTICLE 51 CONCERNE LE REFERENDUM LÉGISLATIF. Sinon comment comprenez vous l’alinéa 3 de l’article 51 qui veut que la Cour contrôle la conformité du projet avec l’actuelle constitution ? Comment peut on prévoir que la Cour puisse contrôler la conformité d’un projet ou proposition d’une nouvelle constitution par rapport à une autre constitution en vigueur ? A moins que les constituants de l’actuelle constitution soient tous des incompétents, je ne vois pas comment est ce possible de le faire. Je vous rappelle juste que vous étiez membre du CNT qui a élaboré cette constitution avec le concours des experts étrangers dont l’ancien président de la Cour constitutionnelle du Bénin, le professeur Holo.  Je vous fais remarquer également que même De gaulle (dont l’attitude « controversée » en 1962 semble vous avoir inspiré) n’a pas proposé une nouvelle constitution à la France par le biais de l’article 11 de la Constitution française. Il a procédé à sa révision.

Cher professeur, vous dites :

Sur le second point, la constitution n’indique pas la période au cours de laquelle peut être entreprise une initiative tendant à modifier ou à abroger la constitution : il n’existe pas de moment idéal, c’est une question d’opportunité politique, surtout lorsque le débat s’ouvre plus d’un an et demi avant l’élection présidentielle.

Je dis :

Vous avez raison mais en partie seulement. Il est vrai que la Constitution n’indique pas de période au cours de laquelle la révision de la Constitution peut être proposée. Le Président de la République détient ce droit jusqu’au dernier jour de son mandat (sous réserve des limitations de l’article 153 CG). En revanche, vous faites erreur de rajouter à cela l’abrogation. Aucun organe constitué ne peut abroger une constitution à moins d’avoir reçu expressément ce mandat du peuple (consultation populaire ou promesse de campagne).

Cher professeur, vous dites :

Il a été par ailleurs reproché que l’initiative n’a pas été prise  dès 2011. A cela, on peut observer que la constitution ne datant que de mai 2010, aucun candidat à l’élection présidentielle de 2010 n’avait dans son programme l’initiative d’une révision constitutionnelle, encore moins l’élaboration d’une nouvelle constitution. Par ailleurs, les troubles socio-politiques de 2013 et l’épidémie de fièvre à virus Ebola à partir de 2014 n’auraient pas permis avant 2015, année de l’élection présidentielle, d’entreprendre une initiative constitutionnelle.

Je dis

Votre analyse est intéressante mais incomplète. Car, le problème avec ceux qui veulent donner ce droit à un pouvoir constitué est qu’ils oublient qu’en 2015 aucun candidat à l’élection présidentielle n’avait proposé une nouvelle Constitution. Si cela avait été fait, l’élection de la personne qui portait ce projet aurait pu être interprétée comme une adhésion de la majorité à l’idée d’une nouvelle constitution. Cette personne serait alors fondée pour mettre en place un pouvoir constituant originel qui travaillerait sur une nouvelle constitution qu’il pourrait alors faire adopter par le peuple. Mais, cela n’étant pas fait. Aucun pouvoir constitué ne peut sur la base de l’actuelle constitution user de ce droit. S’il veut le faire, il lui faudra solliciter le peuple à cet effet. Cela revient à dire, qu’aussi longtemps que nous serons dans une période normale et sous le régime de l’actuelle Constitution, le pouvoir constituant qui souhaite proposer une nouvelle constitution doit obtenir ce mandat du peuple. De plus, je vous frais remarquer que les références faites à certains pays pour affirmer que le président dispose de ce droit ne tiennent pas. Les personnes qui les font oublient souvent que dans ces pays, les acteurs (président de la République) qui ont exercé ce droit l’avait annoncé pendant la campagne présidentielle précédente. Ainsi, Ouattara avait promis pendant la campagne que s’il est élu, il proposerait au peuple une nouvelle constitution. Son élection était ainsi une marque d’adhésion à son projet

Cher professeur, vous dites :

L’idée de règles supra-constitutionnelles reflétant des valeurs sociales est une idée relative, surtout quand il s’agit d’une constitution comme celle de 2010 dont le reproche majeur est de n’avoir pas été adoptée par référendum.

Je dis

Vous avez raison professeur. Personnellement j’ai des réserves quant à la prise en compte de valeurs sociales pour l’élaboration d’une nouvelle constitution. Cela dit, je relève juste que le reproche que vous évoquez à présent comme majeur vous semblait minime en 2013 (voir en ce sens l’article que vous avez publié dans la revue ivoirienne d’informations juridiques et judiciaires pages 85, 86 et 87). Alors, certes, vous avez le droit de faire évoluer votre position, mais, faites nous le plaisir de nous expliquer les raisons avec des arguments objectifs. 

Cher professeur, vous dites :

  1. Sur la proposition d’une nouvelle constitution au peuple de Guinée 

Le débat porte bien sur la question, non d’une révision constitutionnelle au sens de l’article 152 de la constitution de 2010, mais d’une nouvelle constitution. Une révision constitutionnelle laisse subsister la constitution, elle n’affecte que certaines de ses dispositions.

Je dis :

Merci professeur de dire que l’article 152 concerne la révision de la Constitution. Prière donc aux personnes qui prennent vos propos comme l’évangile d’arrêter désormais de nous parler de l’article 152 CG, car, vous, leur pape, avez fait cette prêche.

Cher professeur, vous dites :

L’âpreté du débat tient au fait que la notion de constitution est liée dans les sociétés modernes à celle de la démocratie qui apparaît comme sa finalité. La constitution a donc une fonction politique, elle est porteuse d’un projet de société.

Aussi pour sortir d’un régime d’exception, d’une crise politique ou de la dénaturation d’une constitution consécutive à une pratique politique en marge des textes juridiques (accords politiques), il peut apparaître nécessaire d’établir une nouvelle constitution pour revenir à un ordre constitutionnel normal tirant les leçons des événements de la vie socio-politique du pays.

Je dis :

Rien de cela n’est le cas en Guinée. Nous ne sommes pas dans un régime d’exception mais sous la troisième République. Il n’y a pas de crise politique et la faible dénaturation de la constitution par une pratique politique (accords politique) ne peut être mise en avant pour rendre nécessaire une nouvelle constitution, car, dans ce cas, l’urgence n’est pas une nouvelle Constitution mais l’application effective et rigoureuse de l’actuelle. 

Cher professeur, vous dites :

La constitution de 2010, dont l’abrogation est visée par l’établissement d’une nouvelle constitution, est une constitution de sortie d’un régime militaire d’exception instauré après le coup d’État du 23 décembre 2008 consécutif au décès du Président Lansana CONTE : elle a été rédigée dans la précipitation par le Conseil national de la transition, installé seulement le 13 mars 2010 pour préparer les bases juridiques (y compris le code électoral) d’une élection présidentielle dont le premier tour était prévu pour fin juin 2010 car la déclaration de Ouagadougou du 15 janvier 2010 avait fixé à cet effet un délai de six mois.

Si par sa composition sociologique, la légitimité du Conseil national de la transition, (devenue assemblée constituante souveraine) était moins contestable, en revanche la non maîtrise de l’articulation entre les différentes institutions constitutionnelles de l’État et la défense des intérêts catégoriels ou politiques ont conduit à un processus d’écriture relevant bien plus de la perception des acteurs sociaux composant le CNT que de la réalité politique.

Dans ces conditions, l’écriture d’une constitution par une élite politique seule justifie la conclusion d’un nouveau pacte politique.

Il a, en effet, été régulièrement fait grief à la constitution de 2010 d’avoir été adoptée par une assemblée non élue ou par voie décrétale, de sorte que la non-organisation d’un référendum constitutionnel affecte, selon les critiques, la légalité de ladite constitution. Dans un article publié en France dans la Revue Juridique et Politique des États Francophones en 2013 (n°2, page 195), et consacré au contexte et innovations de la constitution guinéenne de 2010, j’avais analysé les conditions (contraintes financières et de temps, en particulier) dans lesquelles cette constitution a été rédigée et qui explique le non-recours au référendum.

Je dis :

Soit, cher professeur. Néanmoins, je vous fait remarquer : i) il faut que cela se fasse conformément au droit ; et ii) ce n’est pas ce que vous disiez il y’a quelques temps dans la revue juridique précitée. A l’époque vous disiez « la Constitution de 2010 marque un tournant réel dans la vie politique du pays dans le sens de la construction de l’état de droit et d’un ancrage social de la démocratie ». Vous disiez aussi que « la constitution a été élaborée après avoir consulté plusieurs constitutions africaines et les multiples propositions des guinéens de l’étranger et des ONG nationales, de même que les contributions de simples citoyens guinéens ». Vous comprendrez donc qu’il peut être difficile pour nous d’accepter que vous nous dites aujourd’hui que cette constitution a été rédigée dans la précipitation. 

De même concernant sa non adoption par référendum, je vous rappelle que dans l’histoire constitutionnelle de notre pays, c’est seulement la constitution de 1990 qui a été adoptée par référendum. Et, même si c’est l’idéal, il n’est pas obligatoire qu’une constitution soit adoptée  par référendum. Si un organe représentatif du peuple a ce mandat, il peut l’exercer valablement. Des exemples de cette pratique existent et la doctrine le conçoit (A toutes fins utiles, voir en ce sens les ouvrages de droit constitutionnel notamment ceux des professeurs Gicquel et/ou du professeur Louis Favoreu). 

Cher professeur, vous dites :

L’occasion serait donc opportune de restaurer le Peuple dans ses prérogatives de détenteur du pouvoir constituant originaire.

Je dis

Le peuple est déjà dans ses prérogatives. Maintenant si vous poursuivez d’autres buts, inutile de se cacher derrière cet argument.

Cher professeur, vous dites :

Par ailleurs, la constitution de 2010 est souvent critiquée pour son manque de clarté quant à la définition des rapports entre le Président de la République et le Premier ministre (dont la fonction a été pour la première fois constitutionnalisée), notamment en matière de nomination des cadres de l’administration publique, des forces de défense et de sécurité et de conduite du dialogue avec les partenaires sociaux.

Je dis :

Non professeur, en ces matières la Constitution n’est pas confuse. Je vous explique.

  • Concernant la nomination des cadres de l’Administration publique, la Constitution dit expressément dans son article 46 que le président nomme en Conseil des ministres aux emplois civils DONT LA LISTE EST FIXÉE PAR UNE LOI ORGANIQUE. Dans le même sens l’article 58 dispose que le Premier ministre dispose de l’Administration et nomme à tous les emplois civils excepté ceux réservés au président de la République. Partant, il n’y a pas de confusions. C’est la non adoption de la loi organique prévue à l’article 46 précitée qui annihile l’application des prévisions constitutionnelles et biaise les rapports entre le président de la République et le Premier ministre. Si la loi organique avait été prise comme le prévoit la Constitution chacun des deux têtes de l’exécutif aurait su clairement à quels postes il pouvait exercer son pouvoir de nomination. Ce n’est pas donc la faute à la Constitution. Elle est même victime car en l’espèce elle n’a pas été respectée. D’ailleurs, je vous fais remarquer que dans la plupart des constitutions le pouvoir de nomination est partagé exactement comme l’a fait notre constitution.
  • Concernant les nominations des forces de défense, je ne comprends pas non plus quand vous dites qu’il y’a une ambiguïté de la Constitution. Je constate juste de mon côté que l’article 47 de la Constitution dispose que le Chef de l’État nomme à tous les emplois militaires. Et, sauf erreur de ma part, en aucun cas il n’est dit ailleurs dans la Constitution que le Premier ministre détient un pouvoir concurrent à celui du PRG en la matière. Je ne vois donc pas d’ambiguïté au plan constitutionnel, et
  • je ne vois pas l’ambiguïté de la constitution pour ce qui concerne le pouvoir du Premier ministre de conduire le dialogue social avec les partenaires sociaux. Cela ne relève en aucun cas du pouvoir présidentiel. Si la pratique a favorisé cela ce n’est pas parce que la Constitution a des failles, c’est parce qu’on ne la respecte simplement pas.  

Cher professeur, vous dites :

En particulier au niveau des attributions, une confusion s’est glissée dans la rédaction des articles 45 alinéa 4 et 52 alinéa 2 : alors qu’elle déclare que ‘’le Président de la République détermine et contrôle la conduite de la politique de la Nation’’ (article 45 alinéa 4), la constitution affirme dans le même temps que ‘’le premier ministre est chargé de diriger, de contrôler, de coordonner et d’impulser l’action du gouvernement’’ (article 52 alinéa 2).

Je dis

Oui professeur, à ce niveau il y’a une ambiguïté. Mais, je me demande comment cela a pu passer alors que le CNT était composé de ce que le pays espérait avoir de mieux en matière de droit constitutionnel dont vous, le professeur Sylla, le magistrat Thiam, etc. Cela dit, cette lacune peut être résolue par une simple révision constitutionnelle sur la base de l’article 152 CG.

Cher professeur, vous dites :

Une clarification s’impose d’autant plus que le Premier ministre, nommé par le Président de la République, est responsable devant celui-ci qui peut le révoquer (articles 52 et 53 de la constitution de 2010).

Je dis

Ce reproche ne peut être fait à la Constitution mais à ceux (dont vous) qui l’ont rédigé. Ce n’est pas elle qui a dit je veux créer un PM qui dépend entièrement du président de la République. Vous ne pouvez donc pas dire que c’est de sa faute. C’est plutôt celle de ceux qui ont fait ce choix. Il faut dire qu’il y’a eu là un problème de vision. Car, espérer qu’un PM entièrement dépendant du PRG sera émancipé relève de l’utopie. En cette matière le pouvoir constituant n’a pas tiré les conséquences de notre histoire compliquée avec les PM, mais, surtout, il n’a pas tenu compte des revendications du peuple en 2007, lesquelles avait esquissé le profil de PM dont le peuple avait besoin : un véritable chef de Gouvernement capable d’exister sans être étouffé par le PRG (voir en ce sens les accords tripartites de 2007).     

Cher professeur, vous dites :

Au-delà des griefs que les uns et les autres peuvent alléguer à l’encontre de la constitution de 2010, force est de reconnaître que les différents accords politiques conclus ont mis en mal les fondements juridiques du pays. Une réflexion s’imposerait dans le cadre d’une nouvelle constitution pour refonder l’État de droit, hors de la pression d’une élection présidentielle à tenir dans l’immédiat, et ce dans le sens d’une modernisation plus accrue des institutions.

Je dis

Non Professeur, les accords politiques ne peuvent justifier un changement de constitution. Il faut plutôt arrêter les accords politiques contraires à la Constitution. L’urgence est là.

Cher professeur, vous dites :

L’occasion serait opportune pour évoquer, en plus des problèmes ci-dessus, d’autres questions comme la notion d’institutions républicaines étendue aujourd’hui à toutes les institutions créées par la constitution. La mode constitutionnelle des années 1990 avait conduit à l’insertion dans la constitution de structures d’Etat chargées de l’exécution de services publics relevant traditionnellement de l’administration publique. Il faut clarifier les choses pour ne retenir que les institutions inhérentes à l’existence même de l’Etat à travers ses fonctions découlant de la séparation des pouvoirs. L’incidence financière de la multiplication des institutions constitutionnelles devrait être appréciée.

Je dis

Cher professeur, peut être qu’il y’a en effet plusieurs institutions dans notre constitution et que certaines auraient pu être régies par des dispositions exclusivement législatives. Mais, je vous fais remarquer que là aussi c’est le choix du pouvoir constituant dont vous étiez membre. Plus encore, je vous rappelle que dans la revue ivoirienne précitée vous présentiez ces structures comme des « innovations » utiles de la nouvelle Constitution (page 87 de la revue).

CHER PROFESSEUR, Vous dites

NOS POPULATIONS ONT ACQUIS UNE CERTAINE MATURITÉ GRÂCE AUX MOYENS DE COMMUNICATION MODERNES : IL FAUT DONC ÉDIFIER LEUR OPINION ET LES LAISSER DÉCIDER

Je dis

Absolument et c’est pour cela qu’il faut être TRÈS RIGOUREUX dans les analyses juridiques

Cher professeur, vous dites :

Par ailleurs, il faudrait tirer les leçons :

  • de la pratique de certaines dispositions comme la déclaration de politique générale du Premier ministre après sa nomination (article 57 de la constitution) : le vécu de cette prescription constitutionnelle invite à revoir le mécanisme de façon à permettre à l’Assemblée nationale, à travers une résolution, de donner son appréciation générale de la politique présentée et de faire des suggestions au gouvernement.

Je dis

Cher professeur, ce que vous demandez n’est pas interdit par l’actuelle constitution. Nulle part. Rien d’interdit aux députés de voter une résolution (qui par principe n’a pas force de loi) dans laquelle ils feraient des propositions au PM. Je vous rappelle que la déclaration du PM est même suivie d’un débat (sans vote). Si c’est seulement pour permettre aux députés de s’exprimer sur le sujet, ils ont donc ce droit. Mais si vous voulez qu’il leur soit reconnu le pouvoir de l’adopter ou de le rejeter, il faudrait le dire. Tout en sachant que cela fera évoluer notre régime vers ce qu’on qualifie de régime parlementaire. Personnellement, j’avoue que je trouve certaines vertus à cette forme de régime.

  • de la qualité de la production législative quand on sait de l’Assemblée Nationale ne travaille qu’au cours de deux sessions ordinaires de six mois en tout sur douze, hormis quelques sessions extraordinaires ;

Je dis

L’instauration d’une session unique pourrait être en effet utile, mais cela n’est pas une garantie de la qualité des textes législatifs. C’est à l’échelle et à l’intérieur du parlement qu’il faut agir. Je vous rappelle que l’essentiel de la procédure légisaltive est régit par une loi organique qui est le règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

  • du fonctionnement de certaines institutions comme la Cour constitutionnelle dont les crises internes ont largement affecté la crédibilité : la composition et surtout le renforcement du contrôle du respect des règles de désignation des membres pourraient être revus.

Je dis

Alors concernant la Cour constitutionnelle, il y a en effet un souci. Le pouvoir constituant de 2010 a fait du vrai n’importe quoi à ce niveau, surtout par rapport à la durée des mandats et le processus de renouvellement de la Cour. La crise qui a secoué l’institution à l’occasion de son premier et dernier renouvellement est ainsi imputable aux lacunes du pouvoir constituant qui a prévu des dispositions ambiguës voire contradictoires.  

Cher professeur, vous dites :

Dans l’euphorie de l’établissement de la constitution de 2010, certaines dispositions qui relèvent normalement de lois organiques ou ordinaires, y ont été insérées. C’est le cas, par exemple, de la composition du Conseil supérieur de la magistrature, si bien que la réforme de la composition dudit conseil arrêtée au cours d’un atelier organisé avec l’assistance d’un expert de l’Union Européenne, n’a pu être mise en œuvre.

Ce serait aussi l’occasion d’agir en consolidation et renforcement des droits des citoyens au plan du respect de leur intégrité physique, du droit à un procès équitable dans un délai raisonnable, etc. Le principe de la laïcité de l’État devrait être proclamé avec force. Et surtout, la question importante de la parité homme-femme, qui vient de faire l’objet d’une loi, devrait être abordée dans l’optique de la conciliation entre les principes d’égalité et d’équité par rapport au genre dans les organes et assemblées délibérants.

La vocation panafricaniste de la Guinée, consacrée par les constitutions de 1958 et 1982, mais abandonnée dans les constitutions de 1990 et 2010, pourrait être réaffirmée.

Je dis

Professeur votre objectif est ailleurs. Avouez le. Tout ce que vous dites ci-dessus est déjà consacré dans la Constitution. Je vous l’illustre :

  • l’intégrité physique des citoyens est préservée par l’article 5 de la Constitution,
  • le droit à un procès juste et équitable se trouve dans l’article 9 de la Constitution,
  • la laïcité est fortement consacrée, elle est même une intangibilité constitutionnelle (article 154 de la Constitution), il n’est donc pas possible de faire mieux.

Pour la question de la parité homme – femme, pourquoi pas ? Mais allons nous adopter une nouvelle constitution pour cela alors qu’une révision le permet ? D’ailleurs, est ce une urgence capitale ? Surtout que, comme vous le dites vous même, la question vient de faire l’objet d’une loi. N’est ce pas suffisant si elle est appliquée ?

Cher professeur, vous dites :

  • Sur la procédure à suivre

Le débat ne concernant pas une révision de la constitution de 2010 mais l’établissement d’une nouvelle constitution, les dispositions des articles 152 à 154 de la constitution relatives à la procédure et aux limites matérielles et temporelles de la révision, ne peuvent trouver à s’appliquer.

L’élaboration d’une nouvelle constitution, à l’initiative du Président de la République, a donc pour base légale l’article 51 de la constitution qui dispose que :

« Le Président de la République peut, après avoir consulté le Président de l’Assemblée Nationale, soumettre à référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur la protection et la promotion des libertés et droits fondamentaux, ou l’action économique et sociale de l’Etat, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité.

Il doit, si l’Assemblée Nationale le demande par une résolution adoptée à la majorité des deux tiers des membres qui la composent, soumettre à référendum toute proposition de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics ou concernant les libertés et les droits fondamentaux.

Avant de convoquer les électeurs par décret, le Président de la République recueille l’avis de la Cour constitutionnelle sur la conformité du projet ou de la proposition à la constitution.

En cas de non-conformité, il ne peut être procédé au référendum.

Lorsque le référendum a conclu à l’adoption du projet ou de la proposition, la loi ainsi adoptée est promulguée dans les conditions prévues à l’article 78 ».

Contrairement à ce qui a pu être soutenu, le pouvoir du Président de la République de proposer une nouvelle constitution à la consultation populaire repose sur l’article 51 et non sur les articles 2 alinéa 1er et 21 alinéa 1er de la constitution de 2010, qui sont relatifs à la souveraineté du Peuple dans la libre détermination de ses choix politiques, donc autorisent le recours aux consultations populaires.

De ce texte, il résulte que l’initiative du référendum constitutionnel appartient concurremment au Président de la République (alinéa 1er) et à l’Assemblée Nationale (alinéa 2).

Le référendum doit, dans son objet, porter notamment sur l’organisation des pouvoirs publics ou sur la promotion et la protection des libertés et droits fondamentaux.  Or de par son essence, la constitution, au sens matériel, est l’ensemble des règles relatives à la dévolution et à l’exercice du pouvoir politique, donc des règles relatives aux organes de l’État, à leur désignation, à leur compétence et à leur fonctionnement.

Je dis

Je recopie mon précédent commentaire (page 2).

Non professeur. Vous faites erreur. Contrairement à est ce que vous dites l’article 51 CG ne permet pas aux ORGANES CONSTITUES (président et parlement notamment) de soumettre une nouvelle constitution. Il concerne exclusivement les projets et/ou proposition de loi et au mieux les projets et/ou propositions de loi constitutionnelle VISANT À RÉVISER l’actuelle constitution. IMPOSSIBILITÉ DE SOUMETTRE PAR CE BIAIS UNE NOUVELLE CONSTITUTION. IL S’AGIT D’UN REFERENDUM LÉGISLATIF. Sinon comment comprenez vous l’alinéa 3 de l’article 51 qui veut que la Cour contrôle la conformité du projet avec l’actuelle constitution ? Comment peut on prévoir que la Cour puisse contrôler la conformité d’un projet ou proposition d’une nouvelle constitution par rapport à une autre constitution en vigueur ? A moins que les membres du pouvoir constituant qui ont rédigé l’actuelle constitution soient tous des incompétents, je ne vois pas comment est ce possible de le faire. Je vous rappelle juste que vous étiez membre du CNT qui a élaboré cette constitution avec le concours des experts étrangers dont l’ancien président de la Cour constitutionnelle du Bénin, le professeur Holo. Je vous rappelle que même De gaulle (dont l’attitude « controversée » en 1962 semble vous inspirez) n’a pas proposé une nouvelle constitution à la France par le biais de l’article 11. Il a procédé à sa révision.

Cher professeur, vous dites :

Cependant dans l’exercice de cette attribution constitutionnelle, le Président de la République doit respecter une double formalité substantielle :

  • la consultation préalable du Président de l’Assemblée nationale pour un avis consultatif (non conforme) sur le projet de référendum constitutionnel ;
  • l’avis conforme de la Cour constitutionnelle sur le projet avant la convocation du corps électoral par décret.

Je dis

L’avis conforme de la Cour par rapport à quoi ? La Cour va comparer l’hypothétique nouvelle Constitution à l’actuelle ? Ça n’a pas de sens cher professeur. Comment contrôler la conformité d’une nouvelle constitution par rapport à l’ancienne ? Un peu plus de rigueur. Plus encore, supposons que l’on accepte votre théorie, qu’elle sera la suite ? La Cour va contrôler l’hypothétique nouvelle constitution, et de deux chose l’une :

  • si celle-ci est identique avec l’actuelle, aurait elle un intérêt ? Si elle doit est différente mais conforme aux procédures et aux exigences (notamment les intangibilités) établies par l’actuelle, il ne s’agirait plus de nouvelle mais d’une révision de l’actuelle ; et/ou
  • si l’hypothétique nouvelle constitution est différente, il serait donc impossible d’organiser le référendum car en la matière l’avis obligatoire de la Cour est contraignant pour l’exécutif.

Cher professeur, vous dites :

Ces formalités accomplies, le référendum constitutionnel peut valablement avoir lieu.

Je dis

Cher professeur, un référendum constitutionnel visant à réviser l’actuelle Constitution peut avoir lieu. Il peut l’être sur la base de l’article 152 CG. L’article 51 concerne le référendum législatif. C’est cela le droit.

Cher professeur, vous dites :

En définitive, le débat actuel doit être conduit avec sérénité, sans passion ; l’intoxication et les menaces ne doivent être de mise comme on le constate sur le web et les réseaux sociaux : la qualité du débat doit reposer sur la confrontation des idées, de façon à éclairer le peuple sur les enjeux de toute consultation populaire.

Il appartient à l’élite d’agir avec moins de subjectivité et plus d’objectivité, car la décision appartient au Peuple, en application des articles 2 alinéa 1er, 21 alinéa 1er, 51 alinéas 1er et 2 et 152 alinéa 2 de la constitution de 2010.

Je dis

Très bien cher professeur, vous avez ouvert le débat, je propose qu’on le poursuive avec ce droit de réponse. Sur toutes ces questions et sur mes propos, si vous n’êtes pas d’accord, respectueusement, je vous invite à poursuivre le débat. Vous le Goliath et moi le David.

David/Cellou DIALLO

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Coupe nationale : le Horoya élime le Wakriya en demie finale

29 mai 2019 à 19 07 11 05115

La première demie finale de la 60ème édition de la coupe nationale de Guinée s’est jouée ce mercredi, 29 mai 2019. Elle a opposé le Horoya AC de Conakry au Wakriya AC de Boké. Et, c’est le champion de Guinée et vainqueur de la dernière édition de cette compétition qui l’a emporté, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était au stade du 28 septembre de Conakry.

Cette rencontre s’annonçait comme une revanche du club de Boké, battu en finale de la coupe nationale de l’année dernière par son adversaire du jour. Mais, c’est encore une fois le club de Matam qui a pris le dessus par la plus petite des marques. Le match a commencé par un engagement de part et d’autre. Dès l’entame, le Horoya a voulu garder la possession de balle pour faire courir l’adversaire. Mais, les hommes de Didier Da Rosa ont trouvé en face une équipe de Wakriya pleine d’arguments. Le match est donc équilibré pendant toute la première demie heure de jeu.

En manque de solution collective, le champion de Guinée tente alors de faire parler ses individualités. Et c’est le Nigérian Simon Bolaji qui fait le boulot en éliminant plusieurs adversaires avant de servir Daouda Camara « Thiago ». L’international junior guinéen ouvre le score pour les siens. Peu avant la pause, le Wakriya passe tout près de l’égalisation sur une action similaire. Malheureusement pour l’équipe de Boké, Aboubacar Camara ne trouve pas les filets adverses.

En seconde période, le match est plus ouvert avec une animation offensive très intense des deux côtés. Le Wakriya domine le match après et pousse pour tenter de revenir au score. Mais, les joueurs de Boké sont douchés par un pénalty concédé à la 76ème minute sur une faute de main du défenseur central, Ibrahima Sory Doumbouya, dans sa propre surface de réparation. Simon Bolaji s’élance et rate le pénalty, maintenant encore le Wakriya en vie dans cette rencontre.

Le club de Boké court donc après l’égalisation jusqu’au coup de sifflet final. Le score reste de 1-0 en faveur du Horoya AC. Le club de Matam va défendre son titre en finale et tenter un doublé championnat-coupe nationale.

Abdoul Aziz Sow pour Guineematin.com

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Dar-Es-Salam : la pathétique vie des déguerpis, sans abris

29 mai 2019 à 19 07 07 05075
Mabinty Camara et ses enfants n’avaient que la maison comme seul bien laissé par son défunt mari. Aujourd’hui, ils sont devenus des sans abris chez eux à Dar-es-Salam, parce que le Gouvernement a détruit leur maison. Ils n’ont plus où aller

Plusieurs jours après la démolition de leurs maisons, plusieurs familles déguerpies à Dar-Es-salam n’ont toujours d’abris. Vieilles personnes et enfants vivent encore sur les débris de leurs maisons, complètement rasées. Ils disent n’avoir nulle part où aller et promettent de rester sur les lieux aussi longtemps que le gouvernement refusera de les recaser ou les indemniser convenablement, a constaté un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Pas de maison, pas de nourriture, pas de toilettes et même pas le moindre espoir. C’est la situation que vivent aujourd’hui plusieurs familles déguerpies à Dar es-salam, dans la commune de Ratoma. Sur les débris des maisons complètement rasées, on retrouve surtout des vieilles dames et des enfants. D’aucuns sont sous des arbres et d’autres ont érigé des abris de fortune. Après avoir perdu leurs habitations et leurs biens, ils y mènent une vie misérable et très pathétique.

Mme Mariétou Sylla

Madame Mariétou Sylla, l’une des dames que nous avons trouvées sur les lieux, se souvient encore de son arrivée dans la zone en 1984. « On a acheté notre terrain avec le chef de quartier d’alors du nom de Salifou Sylla. A ce moment-là, il n’y avait pas la décharge ici, il n’y avait aucune ordure. Je me suis débrouillée, avec mon commerce, à construire une grande concession ici où je vivais avec mes enfants qui sont, pour la plupart, petits. Mais aujourd’hui, on a perdu tout cela par la faute d’Alpha Condé.

Il nous a chassés pour vendre nos terres à des étrangers. Je suis là avec mes enfants parce qu’on n’a pas où aller. Il (le gouvernement : ndlr) nous propose une somme de 20 millions de francs guinéens par famille comme dédommagement ; mais, qu’est-ce qu’on peut faire avec 20 millions alors qu’on a perdu nos maisons et nos terres ? On ne va pas insulter Alpha Condé ; mais, on le laisse avec Dieu, on demande à Dieu de juger entre nous », témoigne cette vieille, en sanglots.

N’ayant ni maison encore moins de l’argent pour se trouver un logement, Madame Mariétou Sylla annonce qu’elle ne quittera pas les lieux jusqu’à ce que le gouvernement accepte de la recaser ou de l’indemniser comme il se doit. « Je suis assise sur les débris de ma concession, je ne suis pas prête à quitter ici. Même s’il pleut, je vais rester ici et attendre la personne qui osera venir avec un centimètre pour prendre des mesures ici.

La seule chose qui peut m’enlever ici, c’est si le gouvernement me donne une nouvelle maison ou alors il me tue. Je suis prête à braver la pluie, je suis prête même à mourir mais je ne suis pas prête à quitter ici comme ça, parce que je n’ai nulle part où aller. Dites à Alpha Condé que quiconque viendra ici avec un centimètre, il mourra ce jour avec moi », a-t-elle insisté.

Mme Mabinty Camara et ses enfants

Non loin de là, se trouve Madame Mabinty Camara, la soixantaine. Elle est assise avec plusieurs enfants sur les débris de sa maison. Après avoir perdu son mari et maintenant la seule maison qu’elle avait comme bien, cette dernière semble ne plus avoir du goût pour la vie. « On n’avait que cette maison comme bien. Aujourd’hui, Alpha Condé est venu nous mettre dehors et démolir cette maison. On n’a nulle part où aller, c’est pourquoi nous sommes encore sur les débris de notre maison. Alpha Condé a-t-il oublié que c’est une femme qui l’a mis au monde pour avoir pitié des femmes au moins parce qu’il n’a pas d’enfants ?

Alpha Condé n’a pas eu pitié des femmes et de leurs enfants, je prie Dieu aussi de ne pas avoir pitié de lui ! Il nous a jetés dehors, que Dieu le jette aussi dehors ! S’il veut qu’on quitte ici, il n’a qu’à nous trouver de nouvelles maisons ou alors trouver des terrains et nous donner l’argent pour qu’on puisse construire et habiter là-bas. Sinon, qu’il envoie alors les militaires, ils vont tirer sur nous, on va mourir et être enterrés ici. D’ailleurs, le cimetière n’est pas loin d’ici », souligne-t-elle.

Mme Mariama Barry

Comme ces dernières, Madame Mariama Barry n’a également pas où aller avec ses enfants. Ils tentent aussi de survivre dans « l’enfer » de Dar es-salam. « Là où je suis arrêtée, c’est ici où se trouvait notre concession. Nous sommes là depuis 24 ans. J’ai eu 4 enfants dans cette maison qui a été démolie. Nous vivons aujourd’hui à la belle étoile et à la merci des intempéries et des bandits qui commencent à venir voler nos objets parce qu’ils sont dehors. Quand la pluie tombe, nous nous abritons chez certains de nos voisins. S’il ne pleut pas, nous nous servons des cartons vides ou bien des morceaux de tôles pour nous coucher. Nous n’avons pas où aller et nos enfants n’étudient plus parce qu’ils ont perdu même leurs cahiers.

J’ai une fille qui doit faire le bac au lycée Bonfi et un autre enfant qui est candidat au BEPC à Fidel Castro ; mais, ils ont abandonné. Alpha Condé nous a tués et abandonnés. Alpha Condé nous a mis dehors pour que le monde entier nous voit. Il a envoyé des machines et des hommes en tenue pour nous gazer. Aujourd’hui, c’est les bonnes volontés qui nous donnent à manger même pour la rupture du jeûne. La pluie d’avant-hier a détruit tous nos objets. Alpha Condé nous a chassés en plein hivernage et pendant le Ramadan alors que nous sommes à jeûne. Mais nous laissons à Dieu puisque c’est lui seul qui peut juger entre les hommes », se résigne-t-elle.

Des pathétiques récits de ce genre existent à n’en pas finir aujourd’hui dans cette partie de la capitale guinéenne, où des citoyens ont été déguerpis, sans aucune mesure d’accompagnement, à cause d’une montagne d’ordures (la plus grande décharge publique de Conakry, ndlr). Jusqu’à quand ce drame va-t-il continuer ? Que deviendront les citoyens qui vivent encore dans la zone déguerpie dans des conditions les plus précaires possibles ? Ces questions restent, pour l’heure, sans réponses.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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Cheick Touré interdit d’accéder au port de Conakry : les travailleurs protestent

29 mai 2019 à 18 06 46 05465

Le secrétaire général du syndicat des travailleurs du port autonome de Conakry et député à l’Assemblée nationale, Cheick Touré, a réagi ce mercredi, 29 mai 2019, au micro d’un reporter de Guineematin.com, sur la décision lui interdisant l’accès au port. Une décision prise par la directrice générale du port, madame Touré Aïssata Aribot. Le syndicaliste indique que les travailleurs du port de Conakry rejettent cette décision et qu’ils ont même voulu fermer les installations portuaires pour exiger son annulation.

Selon la direction du port autonome de Conakry, Cheick Touré qui est devenu récemment député à l’Assemblée nationale, ne peut plus exercer ses fonctions de secrétaire général du syndicat des travailleurs du port. Elle indique que les deux fonctions ne sont pas compatibles aux yeux de la loi. C’est pourquoi, la directrice générale du port a pris une décision lui interdisant d’accéder aux locaux. Mais, pour le bouillant syndicaliste, c’est son opposition au contrat de la société turque Albayrak qui est à l’origine de cette décision.

« L’argument de la directrice générale du port autonome de Conakry est que je suis en train de faire un cumul de fonctions. Mais, le code électoral me permet d’exercer mes fonctions de secrétaire général parce qu’il est écrit dans le code électoral dans son article 144, qu’il est interdit à tout député d’exercer une fonction publique non élective. Mais moi, j’exerce une fonction élective. Un député peut-être membre du conseil d’administration, maire, président de CRD.

Mais un député ne peut pas être ministre. Comme je fais obstacle à ce fameux contrat, c’est pourquoi on s’oppose à moi. Donc, ce sont des arguments infondés pour pouvoir essayer de démobiliser la troupe derrière moi, alors que la troupe au port autonome est sereine », estime-t-il.

Le député de l’UFR indique que cette décision ne passera parce que les travailleurs y sont farouchement opposés. Il annonce qu’ils ont même voulu fermer le port mais ont été dissuadés par certaines personnes. « Les travailleurs rejettent d’emblée cette décision. Depuis avant-hier, on a voulu fermer le port, on a voulu faire des mouvements, faire des marches pour demander le départ du ministre de tutelle qui a donné des instructions pour qu’on m’interdise l’accès au port. Les travailleurs étaient en état d’effervescence.

Mais, avec les sages conseils que nous avons eus antérieurement de nos chefs hiérarchiques, nous n’avons rien envisagé pour le moment. Sinon hier, le port allait être le théâtre d’une effusion de sang. Mais, nous avons reçu des instructions de surseoir à tout d’abord jusqu’après le mois de Ramadan. J’ai dit donc aux travailleurs de maîtriser leur peine. Les discussions et les négociations se poursuivent », a fait savoir l’honorable Cheick Touré.

Le syndicaliste a eu une réunion ce mercredi, 29 mai 2019, à la bourse du travail de Conakry, avec les responsables de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG), centrale à laquelle est affilié le syndicat des travailleurs du port, autour cette situation. L’honorable Cheick Touré n’a pas souhaité cependant se prononcer sur le contenu de cette rencontre. « Après nos concertations avec le bureau exécutif, nous nous réservons de tout commentaire sur ce qu’on a dit dans la salle. Donc les négociations se poursuivent et ce qui a été dit, ce n’est pas le moment de le divulguer », a-t-il dit.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Mise en place des PA, nouvelle constitution, départ du ministre de la justice : ce qu’en dit Kassory Fofana

29 mai 2019 à 18 06 38 05385
Ibrahima Kassory Fofana, Premier ministre, chef du Gouvernement

A l’occasion d’une conférence de presse qu’il a animée ce mercredi, 29 mai 2019 à Conakry, pour présenter le bilan de la première année de gestion de son gouvernement, le Premier ministre guinéen s’est prononcé sur un certain nombre de sujets d’actualité. C’est notamment l’installation des PA pour empêcher toute manifestation dans la capitale guinéenne, le projet de nouvelle constitution qui fait débat dans le pays ou encore la récente démission du ministre de la justice. Guineematin.com vous propose ci-dessous ce que Kassory Fofana a dit sur ces différents sujets de grande préoccupation.

1-Mise en place des PA à Conakry

« Je dois rappeler qu’il ne s’agit pas de militariser la Guinée. Il convient de rappeler que sans PA, c’est la règle ; les PA c’est l’exception. Nous sommes un régime civil, démocratique, il ne s’agit pas de militariser la Guinée. L’idéal n’est pas d’installer les PA sur l’étendue du territoire, c’est dans des poches d’insécurité comme c’était sur l’axe du désespoir comme je l’appelle. Et après, il se dessine à l’horizon la nécessité d’installer ces PA dans nos zones minières où l’irresponsabilité mêlée à l’insécurité mettent à rude épreuve la pérennité de nos acquis dans ces zones. Donc, l’approche n’est pas de mettre les PA partout, l’approche est de mettre les PA là où il y a la nécessité et de les retirer aussi rapidement que possible pour vivre notre liberté démocratique ».

2-Nouvelle constitution

« En tant que citoyen, je paraphrase le Professeur Zogbélémou qui est un constitutionaliste de taille en disant qu’on ne peut pas défendre une constitution en la violant. Et le débat en cours donne l’impression que les uns et les autres, violent la constitution déjà. La constitution garantit la libre opinion : qu’on soit d’accord ou pas d’accord sur le sujet, il faut que les Guinéens s’expriment. Et, c’est dans la diversité d’opinions que peut émerger la lumière et le consensus peut être trouvé. Il y en a qui estiment qu’il ne faut pas toucher, la constitution, c’est une bible. Je n’en connais pas de mon expérience intellectuelle en dehors des Etats-Unis et même dans ce cas, la constitution de 1987 a fait l’objet d’une vingtaine d’amendements.

Sinon les constitutions changent au rythme des mutations sociales. En tant que citoyen, il m’est arrivé de poser la question en tant que citoyen, pas plus tard que la semaine dernière au gouvernement individuellement, en invitant chaque ministre à se prononcer sur le principe de oui non une nouvelle constitution, la réponse est unanime, il n’y a pas de doute. Pourquoi ? Laissons la question de légitimité ou d’illégalité de la constitution existante. Elle n’a pas fait l’objet du suffrage universel. (…) La question d’une nouvelle constitution, en tant que citoyen, je dis oui, en tant que gouvernement, je dis oui ; donc doublement oui ».

3-Démission du ministre de la justice

« Cheick Sako a démissionné pour des raisons personnelles. En tant que chef du gouvernement, j’ai pris acte. Cependant je ne suis au courant du départ d’autres ministres. Si c’est le cas, vous serez avisés ».

4-Déguerpissement à Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dar es-salam

« Aussi bien Koloma que Dar es-Salam, c’est connu, c’était prévu que les opérations de déguerpissement soient faites. Mais l’instruction du président de la République et les miennes propres, étaient qu’elles soient faites dans le respect du droit des citoyens. Alors, tous ceux qui ont été déjà indemnisés, on leur a donné un délai de quitter les lieux sans dédommagement parce qu’on ne peut pas les indemniser deux fois. Parce qu’ils ont été déjà indemnisés ».

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Fichier de l’éducation : un recensement frauduleux à Tangaly (Tougué)

29 mai 2019 à 18 06 31 05315
Collège Tangaly

La mission mixte d’assainissement du fichier du personnel de l’éducation en République de Guinée est accusée d’avoir accepté de recenser consciemment un enseignant fictif au collège de Tangaly, dans la préfecture relevant de la Région Administrative de Labé, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Il s’agit de monsieur Amara Keïta, originaire, dit-on, de Boké qui n’a jamais pris service officiellement au collège de Tangaly, dans la préfecture de Tougué. Il aurait été recensé frauduleusement par la mission tripartite d’assainissement du fichier du personnel de l’éducation en République de Guinée, composée du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA) et du gouvernement.

«L’enseignant s’est présenté avec deux notes de service. La plus récente est celle qui l’affectait à Kouratongo. Au départ, il était à Fatako. Il a été affecté à Tangaly. Il a finalement été envoyé à Kouratongo. Il n’a pas rejoint le poste, parce que le collège de Kouratongo est fermé. Il est rentré. Mais, quand j’ai pris fonction ici en qualité de principal, il y a 2 ans, je ne l’ai pas trouvé au collège de Tangaly. Nous avons un cahier de contrôle de présence du personnel. Il n’a jamais été enregistré dans ce cahier. J’ai répondu alors que je ne le connais pas. J’ai signalé son cas au représentant local du SLECG. Quand je l’ai renvoyé, il est allé rencontrer l’ancien principal du collège, monsieur Abdoulaye Baldé, ancien maire de la commune rurale de Tangaly. C’est ce dernier qui l’a aidé à se faire recenser. J’avais même alerté le délégué sous-préfectoral de l’éducation (DSE). Il a été recensé, mais je ne le reconnais pas comme faisant partie de mon personnel » a expliqué l’actuel principal du collège de Tangaly, Dialen TAHIAKO.

Interpellé sur la question, l’ancien principal du collège apporte un démenti cinglant comme un conte de fée.

« Moi, d’abord, je suis retraité. Il y a 3 ans. Je ne me mêle plus des problèmes de l’éducation. J’ai géré un professeur au collège de Tangaly qui s’appelle Amara Keïta de Boké. Il est malade. Il suit un traitement des yeux à Conakry. Depuis un an et quelques, il n’est pas au poste. Il est venu là-bas. C’est lui, le principal et le DPE qui savent comment ça s’est arrangé. C’est tout ce que je sais. Je n’ai intervenu auprès de qui que ce soit pour cette affaire. Ni du côté du principal, ni du côté du DPE. Il était avec moi au collège lorsqu’il est tombé malade. C’est après ma retraite qu’il est parti » se défend monsieur Abdoulaye Baldé.

Nous avons appris pourtant que c’est bien vous qui avez donné une note de recommandation à l’enseignant, suite à un appel que vous avez reçu du DPE de Tougué, avons-nous rechargé.

« Ils n’ont qu’à alors exhiber la note que j’ai écrite pour prouve » a-t-il coupé court.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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SEMAINE DE L’ELECTRICITÉ : COMMUNIQUÉ

29 mai 2019 à 17 05 21 05215
Monsieur Cheick Taliby Sylla, ministre de l’Energie

À l’occasion du 4ème Anniversaire de la mise en service de la Centrale de Kaléta, le Ministère de l’Energie lance la Semaine de l’Électricité, à compter du jeudi 30 Mai 2019.

À cette occasion, le Département organise une journée « portes ouvertes » sur Kaléta et Souapiti le jeudi 30 mai 2019, à laquelle il convie les membres du Gouvernement et les anciens Ministres de l’Energie.

L’événement est placé Sous la Haute Présidence de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Dr Ibrahima Kassory FOFANA, Chef du Gouvernement.

La cellule de communication du Département

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Un an du gouvernement Kassory : le PM se félicite de son bilan

29 mai 2019 à 16 04 59 05595
Ibrahima Kassory Fofana, Premier ministre, chef du Gouvernement

Un an après la nomination de son gouvernement, le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, a animé sa première conférence de presse ce mercredi, 29 mai 2019, à Conakry. Il est revenu sur le bilan et annoncé les perspectives de l’équipe qu’il dirige, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Pour commencer, le locataire du Palais de la Colombe a rappelé les engagements qu’il a pris le 27 juin 2018 lors de la présentation de la politique générale de son gouvernement devant l’Assemblée nationale. Engagements qui consistaient notamment à travailler sur un certain nombre de préoccupations essentielles des populations dont la promotion du dialogue politique et social, l’amélioration de la gouvernance avec un accent particulier sur la lutte contre la corruption et l’impunité, le renforcement de la sécurité, la paix et la quiétude sociale, la croissance et de la stabilité économique, et la répartition inclusive de la richesse nationale entre autres.

Et aujourd’hui, soutient-t-il, la plupart de ces engagements sont réalisés ou sont en phase d’être réalisés. Ce, malgré les crises récurrentes qu’a connu le pays à la prise de fonction de son gouvernement. « Le nouveau contexte sociopolitique ainsi apaisé, a permis d’engager des actions hardies, pour assurer la croissance macro-économique alors éprouvée. C’est ainsi que nous avons pu remettre sur les rails, le programme économique et financier de la Guinée avec les institutions de Breton Woods. Aujourd’hui, le taux moyen annuel de croissance est à 2 chiffres sur la période 2016-2018, et se situe à 10 points, 2%.

Cela est le fruit d’une gouvernance économique et financière saine, marquée par une stabilité des indicateurs macro-économiques, une amélioration constante de l’environnement des affaires et un bon niveau de mise en œuvre du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) 2016-2020. La croissance a été notamment portée par le secteur minier, qui a affiché une production de la bauxite constante et par le secteur de l’agriculture qui a bénéficié des retombées des initiatives présidentielles sur les filières à haute valeur ajoutée », a-t-il indiqué.

Sur le plan de l’amélioration de la gouvernance, Ibrahima Kassory Fofana a souligné que son gouvernement a engagé la lutte contre la corruption et l’impunité. A ce titre, le cadre institutionnel des luttes contre la corruption a été restructuré et renforcé. « Le code de contrôle à travers l’inspection d’Etat, l’inspection des finances et les ministères sectoriels ont été réanimés. Les premiers résultats issus des audits menés ont donné lieu à un début de sanction des fonctionnaires incriminés : avec des poursuites judiciaires, sanctionnées par des condamnations. Vous savez, les réformes sont difficiles en Guinée, mais nous restons fidèle aux engagements et nous ne ménagerons aucun effort à poursuivre cette lutte essentielle pour la Guinée », s’est-il engagé.

Parlant de la sécurité, la paix et la quiétude sociale, le chef du gouvernement a dit qu’il a été entrepris, conformément aux orientations du président de la République, la transformation structurelle de l’économique guinéenne. « Il s’agit, en préservant les fondamentaux économiques, de garantir une croissance de qualité. C’est-à-dire une croissance forte, inclusive et durable. (…) Une première initiative porte sur les projets novateurs du Chef de l’Etat qui affecte 15% des revenus miniers au financement du développement des collectivités locales, avec pour organe d’exécution, l’Agence Nationale de Financement des Collectivités (ANAFIC).

C’est un programme ambitieux, novateur qui, pour cette année seulement, doit pouvoir mobiliser plus de 700 milliards de francs guinéens pour impulser une dynamique de développement à la base, en créant des emplois et en stimulant l’entreprenariat des jeunes et des femmes sur toute l’étendue du territoire national. Dans les semaines à venir, et ce, sur l’ensemble des 342 communes urbaines et rurales, ce sont plus de 700 projets d’infrastructures, mobilisant plus de 700 PME locales et près de 500 jeunes encadreurs pour le suivi des projets. Une deuxième initiative porte sur l’inclusion économique, financière et sociale, visant à extraire de l’extrême pauvreté 40% de nos concitoyens, soit 5 millions de guinéens », a annoncé Kassory Fofana.

Poursuivant, le Premier ministre a fait savoir que plusieurs autres initiatives sont en perspective. « D’ores et déjà, nous avons mobilisé 104 millions de dollars de la Banque Mondiale, de la Banque Africaine de Développement et du Budget National de Développement. L’objectif est de démarrer dès le dernier trimestre de cette année, un programme pilote portant sur les transferts monétaires et les travaux à haute intensité de main d’œuvre sur un échantillon de 400 mille personnes vulnérables. La soutenabilité d’un tel programme requiert un effort de mobilisation accrue des ressources internes. Et c’est pourquoi, une troisième initiative est en marche.

Elle porte sur la mission d’appui à la mobilisation des ressources internes, la MAMRI, pour répondre à cette préoccupation. Il s’agit de relever le niveau actuel de collecte des ressources internes de 13% et demi à au-moins 20% du produit intérieur brut, conformément aux recommandations de la conférence d’Addis-Abeba sur le financement du développement. Une quatrième initiative concerne l’amélioration du cadre de vie des Guinéens. Elle vise la mise en place d’une politique ambitieuse de logements sociaux. La création de l’agence nationale du logement a été sanctionnée par un décret présidentiel la semaine dernière», a-t-il rappelé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Bilan du Gouvernement « acquis et perspectives » : voici l’intégralité du discours de Kassory Fofana

29 mai 2019 à 16 04 52 05525
Ibrahima Kassory Fofana, Premier ministre, chef du Gouvernement

Dans la matinée de ce mercredi, 29 mai 2019, le Premier ministre, chef du Gouvernement, Ibrahima Kassory Fofana, a animé une conférence de presse pour parler de son bilan et annoncer les perspectives du Gouvernement qu’il dirige.

En attendant de revenir en détail sur cette rencontre avec les médias, Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’intégralité de la déclaration du Premier ministre :

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Je vous remercie d’avoir répondu si nombreux à cette conférence de presse, que je consacre au bilan de ma première année à la tête du Gouvernement.

En cette circonstance, je voudrais réitérer ma profonde reconnaissance, à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Professeur Alpha Condé, pour m’avoir donné l’opportunité de servir mon pays dans ces hautes fonctions de Premier Ministre, Chef de Gouvernement de la République.

Je voudrais lui redire également mes remerciements pour la confiance et l’appui constants qu’il m’accorde dans l’accomplissement de ma mission.

Je voudrais lui renouveler, ici, mon engagement et mon soutien indéfectible.

C’est pour moi un immense plaisir et aussi un agréable devoir d’être devant vous ce matin.

En effet, le Chef de l’Etat a souhaité que le Gouvernement dont il m’a fait l’honneur de conduire l’action soit proche du peuple, et toujours présent sur le terrain.

Il a aussi recommandé que ce Gouvernement de sensibilité et d’aspiration populaire ne se détourne pas de l’opinion, en faisant l’effort d’expliquer l’action qu’il mène, au quotidien, sous sa direction pour répondre aux attentes de nos concitoyens et combler leurs espoirs.

L’expérience a montré que Monsieur le Président de la République a raison, car chaque fois que l’opinion est bien informée, elle comprend mieux ce qui est fait, et est plus prompte aussi à y adhérer pour le bien de notre pays.

Vous êtes en votre qualité de journalistes, les témoins de notre temps, comme nous sommes, en notre qualité de gouvernants, les acteurs aujourd’hui d’une histoire qui s’écrit, chaque jour, avec le Professeur Alpha Condé dont nous partageons la vision et l’ambition pour la Guinée.

C’est l’occasion de vous dire que tous les ministres et moi-même ainsi que tous ses collaborateurs sommes honorés par la confiance placée en nous, individuellement et collectivement.

Mesdames et Messieurs,

L’exercice auquel je vais me livrer avec vous, relève d’un devoir républicain de reddition des comptes auquel est assujettie toute personne détenant l’autorité publique.

Je voudrais faire noter que le présent bilan s’inscrit dans le cadre des orientations de Son Excellence Monsieur le Président de la République, en droite ligne avec sa vision pour une Guinée émergente et prospère, une Guinée maîtresse de son destin, garantissant le bien-être des générations présentes et futures.

 

Vous vous souviendrez Mesdames et Messieurs les journalistes qu’à ma prise de fonctions, je me suis engagé le 27 juin 2018 devant la représentation nationale à travailler sur un certain nombre de préoccupations essentielles des populations. Il s’agit, entre autres:

  • du dialogue politique et social ;
  • de l’amélioration de la gouvernance avec un accent sur la lutte contre la corruption et l’impunité ;
  • de la sécurité, la paix et la quiétude sociale ;
  • de la croissance et de la stabilité économique ;
  • de la répartition inclusive de la richesse nationale, ce qui est convenu d’appeler le partage équitable de la prospérité ;
  • de l’emploi jeunes et l’autonomisation des femmes ;
  • de l’assainissement et de la salubrité publique ;
  • du développement des infrastructures socio-économiques de base (énergie, routes, télécommunications, logements sociaux, etc.) ;
  • des initiatives présidentielles visant le développement de l’agriculture à travers les filières à valeur ajoutée ;
  • du recentrage des objectifs de la diplomatie guinéenne.

Mesdames et Messieurs,

Gouverner c’est décider et agir, mais c’est également devoir rendre compte.

Je voudrais m’atteler à cet exercice dans un langage franc, ouvert et direct sur les acquis, les défis et les perspectives de l’action gouvernementale.

A cet égard, il est bon de rappeler la situation de départ dans laquelle nous nous trouvions au moment de ma nomination le 21 mai 2018.

Le contexte socio-politique était marqué par des crises récurrentes et paralysantes: protestations et manifestations des partis politiques, de la société civile, des syndicats avec pour corollaire une atmosphère d’angoisse et d’insécurité généralisée.

Le contentieux issu des élections communales a mis à mal le dialogue politique et exacerbé les tensions.

Cette atmosphère délétère a porté un coup dur aux activités économiques et menaçait la paix sociale et la stabilité des institutions.

Vous comprendrez des lors, avec le soutien actif du Chef de l’Etat, la priorité que j’ai donnée à la relance du dialogue politique et social avec les institutions républicaines, la classe politique, la société civile et les syndicats.

Vous comprendrez aussi l’urgence accordée aux questions de sécurité pour garantir l’ordre public et la quiétude des citoyens.

Le nouveau contexte socio-politique ainsi apaisé, a permis d’engager des actions hardies pour assurer la stabilité macroéconomique alors éprouvée.

C’est ainsi que nous avons pu remettre sur les rails le programme économique et financier de la Guinée avec les institutions de Bretton Woods.

Aujourd’hui, le taux moyen annuel de croissance est à deux chiffres sur la période 2016-2018, et se situe à 10,2%.

Cela est le fruit d’une gouvernance économique et financière saine, marquée par une stabilité des indicateurs macroéconomiques, une amélioration constante de l’environnement des affaires et un bon niveau de mise en œuvre du Plan National de Développement Economique et Social 2016-2020.

La croissance a été notamment portée par le secteur minier, affichant une production de la bauxite en hausse constante et par le secteur de l’agriculture qui a bénéficié des retombées des initiatives présidentielles sur les filières à forte valeur ajoutée.

Mesdames et Messieurs,

Sur le plan de l’amélioration de la gouvernance, nous avons engagé la lutte contre la corruption et l’impunité.

A ce titre, le cadre institutionnel de lutte contre la corruption a été restructuré et renforcé.

Les corps de contrôle à travers l’Inspection d’Etat, l’Inspection des Finances et des ministères sectoriels, ont été réactivés.

Les premiers résultats issus des audits menés ont donné lieu à un début de sanctions des fonctionnaires incriminés, avec des poursuites judicaires sanctionnées par des condamnations.

Vous savez, les réformes sont difficiles à mener en Guinée, mais nous restons fidèles à nos engagements et nous ne ménagerons aucun effort à poursuivre cette lutte essentielle pour le pays.

C’est un combat qui requiert la conjugaison d’efforts de tous, y compris la police pour les investigations, de la presse pour l’information objective des citoyens et de la justice pour l’application rigoureuse de la loi.

Je vous réitère ma détermination sans faille et mon engagement inébranlable soutenus par une volonté politique affirmée du Chef de l’Etat à continuer cette campagne sans relâche et jusqu’au bout.

Ce n’est pas le travail d’un jour ou une action qu’un homme seul peut réussir, la pratique étant très ancienne et ancrée dans les mœurs, les résistances aussi sont réputées nombreuses et fortes.

Vous, les journalistes, qui formez et façonnez l’opinion, je sais que vous militez pour que la Guinée soit ‘’ gouvernée autrement’’ et vous êtes engagés, sous l’emprise de votre fibre patriotique, à soutenir les réformes dans notre pays : c’est tout à votre honneur! Car la Guinée est un pays où le changement de comportement et de mentalités est un défi permanent.

Mesdames et Messieurs,

Au-delà des efforts visant la stabilité macroéconomique, la sécurité, la paix et la quiétude sociale, nous avons entrepris conformément aux orientations du Président de la République la transformation structurelle de l’économie guinéenne.

Il s’agit tout en préservant les fondamentaux économiques, de garantir une croissance de qualité, c’est-à-dire une croissance forte, inclusive et durable.

En d’autres termes, il s’agit de traduire les performances économiques de la gouvernance du Professeur Alpha Condé, en réalités tangibles dans le quotidien des Guinéens.

A ce titre, les initiatives entreprises sont nombreuses et les résultats déjà perceptibles.

Une première initiative porte sur le projet novateur du Chef de l’Etat qui affecte 15% des revenus miniers au financement du développement des collectivités locales, avec pour organe d’exécution l’Agence Nationale de financement des collectivités- ANAFIC.

  • C’est un programme ambitieux, de plus de 700 milliards de Francs Guinéens visant à impulser une dynamique de développement économique à la base, en créant des emplois et en stimulant l’entreprenariat des jeunes et des femmes sur toute l’étendue du territoire national.
  • Dans les semaines à venir et ce sur l’ensemble des 342 communes urbaines et rurales, plus de 700 projets d’infrastructures mobiliseront près de 700 PME et près de 500 jeunes encadreurs pour le suivi des projets.

Une deuxième initiative porte sur l’inclusion économique, financière et sociale, visant à extraire de l’extrême pauvreté 40% des Guinéens à l’horizon 2025, soit 5 000 000 de nos concitoyens.

  • D’ores et déjà, nous avons mobilisé 104 millions de dollars de la Banque mondiale, de la Banque Africaine de Développement et du Budget National de Développement.
  • L’objectif est de démarrer, dès le dernier trimestre de cette année, un programme pilote portant sur les transferts monétaires et les travaux à haute intensité de main d’œuvre sur un échantillon de 400.000 personnes vulnérables.

La soutenabilité d’un tel programme requiert un effort de mobilisation accrue de ressources internes.

Une troisième initiative portant sur la Mission d’Appui à la Mobilisation des Ressources Internes, la MAMRI, répondra à cette préoccupation.

  • Il s’agit de relever le niveau actuel de collecte des ressources internes de 13,5% à au moins 20% du PIB, conformément aux recommandations de la conférence d’Addis-Abeba sur le financement du développement.

Une quatrième initiative concerne l’amélioration du cadre de vie des guinéens. Elle vise la mise en place d’une politique ambitieuse de logements sociaux.

  • La création de l’Agence Guinéenne pour le Financement de Logement (AGUIFIL) a été sanctionnée par un décret la semaine dernière.
  • D’ores et déjà un accord tripartite a été conclu entre la Banque Centrale, l’Association Professionnelle des Banques et le Gouvernement pour le financement du logement social.
  • Un projet pilote de 5000 logements est sur le point d’être lancé.
  • Un fonds de garantie hypothécaire a été créé à l’effet de soutenir ce programme d’habitat social, lequel bénéficie d’une provision budgétaire à hauteur de 25 milliards GNF cette année.

Une cinquième initiative concerne une stratégie globale pour l’emploi et l’entreprenariat en Guinée, notamment en faveur des jeunes et des femmes.

  • A cet égard environ 300 millions de dollars des Etats-Unis d’Amérique sont déjà négociés et conclus avec différents bailleurs de fonds dont entre autres, l’Union européenne, la Banque mondiale et la Société Financière Internationale, les agences spécialisées du système des nations unies , la BID, l’AFD et la BAD.
  • Cette initiative a pour cible plus de 200 milles jeunes et femmes à travers tout le pays.
  • D’autres initiatives sont en cours de formulation en faveur de l’appui et du financement de l’entreprenariat de masse afin de toucher un plus grand nombre de jeunes et de femmes.

Une sixième initiative concerne un vaste programme de réalisation d’infrastructures socioéconomiques avec:

  • La réhabilitation des voiries urbaines de Conakry, Labé, Dalaba, Pita, Mamou, Siguiri, Guéckédougou et le lancement d’importants chantiers sur les axes de l’intérieur du pays (Coyah-Faramoyah, Coyah-Mamou-Dabola, Dabola-Cissela-Kouroussa, Guéckédougou-Kondébadou, etc.).
  • L’amélioration du transport urbain de Conakry avec la relance du train Conakry Express et la mise en circulation d’une centaine de bus.
  • La redynamisation de la politique en matière d’assainissement avec l’adoption d’une nouvelle stratégie, la mobilisation d’un financement auprès de l’UE et de la BID d’environ 100 millions de dollars. Cela a déjà permis de procéder au recrutement de deux opérateurs de référence internationale pour la collecte, le transfert des déchets et la gestion de la décharge publique mais aussi de lancer l’acquisition d’importants équipements ainsi que la construction de nouvelles infrastructures.

Une autre initiative concerne la politique de promotion du contenu local. L’enjeu est la GUINEISATION de l’économie et de l’emploi pour permettre aux guinéens de profiter pleinement des retombées de la croissance économique.

  • Pour garantir la mise en œuvre de cette initiative, il me plait d’annoncer la mise en place très prochaine à la Primature d’un Observatoire National du Contenu Local dont le financement est en négociation avancée dans le cadre de la coopération bilatérale avec les Emirats Arabes Unis.

Mesdames et Messieurs,

Pour terminer, je voudrais souligner que cet exercice de bilan ne vise pas à montrer ou démontrer une sorte d’autosatisfaction.

En effet, les défis restent encore nombreux pour répondre aux attentes légitimes des populations et espérer inscrire résolument la Guinée dans une dynamique de développement économique et sociale durable.

Devant l’immensité de ces défis et les attentes pressantes des populations, il y a un choix devant lequel je n’hésiterai jamais: celui de se complaire dans le confort de l’inaction ou de courir le risque de s’exposer aux critiques et aux nombreuses hostilités.

Comme Georges Pompidou, ‘’ je préfère l’impopularité à l’irresponsabilité’’, parce qu’il reste possible de changer son image et de convertir l’opinion, à notre époque, mais, on l’a vu dans l’histoire, combien de fois il est impossible parfois de rattraper des erreurs liées à l’hésitation des dirigeants pendant les heures graves de la vie des nations.

Ce bilan et ces perspectives traduites dans les initiatives en cours s’inscrivent dans la vision du Président de la République pour l’avènement d’une Guinée émergente.

En visionnaire averti et en homme d’actions pressé, le Professeur Alpha Condé multiplie les initiatives et engage sans répit mon Gouvernement à réaliser tous ces chantiers ambitieux.

Il n’y a pas de monde parfait, mesdames et messieurs les journalistes, et nous ne prétendons pas pouvoir tout faire ou contenter tout le monde, mais le Chef de l’Etat, nous engage tous, sous son impulsion, à changer avec lui la Guinée et l’image de la Guinée et à contribuer du mieux que nous pouvons à faire le bonheur et la prospérité de tous les Guinéens, sans exception.

C’est le choix que nous avons fait.

C’est l’espérance que nous partageons avec vous aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs,

Je suis à votre disposition pour la séance des questions sur l’ensemble de ces thématiques, et bien sûr, sur d’autres que je n’ai pas évoquées.

 

Je vous remercie.

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Secteur privé, la Guinée à l’honneur : Dr Alimou Yali BAH primé par Renault

29 mai 2019 à 16 04 13 05135

Docteur Alimou Yali BAH, Président Directeur Général (PDG) de TGH Plus, a reçu hier, mardi 28 mai 2018, à Lyon, en France, des mains de Monsieur Bruno BLIN, PDG de Renault Trucks, le Prix du Club Excellence de Renault Trucks pour les performances réalisées dans les ventes et services après ventes de camions poids lourds et mining solutions.

Créé le 03 février 1993 par le Docteur Vétérinaire Alimou Yali BAH, diplômé de l’Université Guinéenne, le Groupe TGH Plus évolue dans le transport, la logistique, la distribution du pétrole, du gaz et des véhicules industriels.

TGH Plus, fortement engagé dans la promotion des jeunes, est partenaire des Groupes Shell (pétrole et gaz), Coca Cola (boissons non alcoolisées), SMB Minning (Société Minière de Boké), Volvo – Renault Trucks (leader dans la distribution de camions industriels en Guinée et en Sierra Leone).

Au nom de ses lecteurs, Guineematin.com adresse ses sincères félicitations à Docteur Alimou Yali Bah

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Communiqué de presse de la Direction de BNP PARIBAS INTERNATIONAL RETAIL BANKING/AFRIQUE

29 mai 2019 à 16 04 05 05055

BNP Paribas annonce l’ouverture d’une réflexion stratégique en vue de céder sa participation dans le capital de sa banque de détail en Guinée, la Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie de la Guinée (BICIGUI). Cette réflexion s’élargit à certains des pays où le Groupe est présent en Afrique subsaharienne : au Burkina Faso, à travers la BICIAB et la BICIM au Mali.

BNP Paribas souhaite rappeler que son implantation en Afrique fait aujourd’hui pleinement partie de son dispositif international et n’entend pas se retirer du continent.

Cette démarche vise à explorer les alternatives et les partenariats possibles permettant à la BICIGUI de mieux mettre en œuvre son potentiel de développement dans les années qui viennent au bénéfice de ses actionnaires, de ses clients et des équipes de la banque.

Ce projet de cession s’inscrit pleinement dans la stratégie de BNP Paribas en Afrique qui vise à accélérer le recentrage de ses activités et continuer à se renforcer lorsque les caractéristiques de marché correspondent bien à ses forces et aux conditions souhaitées en termes de développement et de maîtrise des risques.

A PROPOS DE LA BICIGUI : Avec une trentaine d’agences répartie dans tout le pays, la BICIGUI est la première banque de la Guinée pour son maillage territorial, la deuxième en matière de contribution au financement de l’économie et la troisième en matière de collecte.

La BICIGUI est une banque engagée. Elle accompagne ses clients Particuliers dans la gestion de leurs finances au quotidien et de leurs projets de vie. Elle est un partenaire de choix pour les entreprises et institutions de toutes tailles. Elle entend rester une banque de référence et avoir un impact positif sur son environnement.

La BICIGUI a par ailleurs engagé un vaste programme d’investissement pour moderniser son dispositif commercial et mieux répondre aux attentes de ses clients.

Ainsi, après la rénovation des agences de Boké, Kamsar, Kankan, Kissidougou, et après deux ans de travaux, elle inaugurera prochainement, au cœur de la cité administrative du Kaloum, son tout nouveau siège social. Et au début de l’année prochaine, sera lancé le chantier de construction d’un Centre d’Affaires Entreprises et Professionnels à Niger.

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Pas de cours à Malapouya : l’unique enseignant de l’école primaire absent

29 mai 2019 à 15 03 36 05365

L’école primaire de Malapouya centre, une sous-préfecture située à 30 kilomètres de Boké, fonctionne ; mais, de façon discontinue. C’est le constat fait par l’envoyé spécial de Guineematin.com dans la localité, qui y a fait un tour dans la matinée de ce mercredi, 29 mai 2019.

Toutes les portes de l’école sont fermées, il n’y a l’ombre ni d’un écolier ni d’un enseignant. Intercepté sous des manguiers au centre-ville, un élève de la 2ème Année a répondu avec hésitation « nous, depuis plusieurs jours, on n’étudie pas. Notre maître n’est pas là. On ne sait pas où est-ce qu’il est parti », a-t-il dit avant de poursuivre ses amis à la recherche des mangues.

Pour en savoir plus, le journaliste de Guineematin.com est allé à la rencontre du président de l’association des parents d’élèves et amis de l’école (APEAE) à son domicile. Monsieur Younoussa Niaïssa a trouvé des excuses à l’unique enseignant de Malapouya : « il est venu me demander une permission de quatre (4) jours pour aller au chevet de sa femme qui est malade, alitée à l’hôpital régional de Boké. Donc, il est parti pour ça ! Sinon, malgré le fait qu’il gère seul quatre groupes pédagogiques (de la première à la quatrième année), il nous aide beaucoup », a indiqué monsieur Niaïssa.

Younoussa Niaïssa, président de l'association des parents d'élèves de Malapouya
Younoussa Niaïssa

Selon le président de l’APEAE, son organisation n’arrive pas à avoir des contractuels communautaires stables et l’État aussi n’affecte pas des enseignants à Malapouya. « Nous avions recruté un enseignant contractuel qu’on payait ici ; mais, il pouvait faire une semaine sans passer par l’école et il nous tendait la main à la fin du mois. Nous avons jugé nécessaire de nous débarrasser de lui », a-t-il précisé, avant de poser une doléance aux autorités éducatives. « Nous avons plusieurs fois demandé au DSEE de nous aider à avoir des enseignants ; mais, impossible ! Nous prions donc les responsables du système éducatif de Boké de penser à nous en nous envoyant des enseignants ».

A préciser qu’il y a une belle infrastructure scolaire nouvellement construite à l’entrée du centre sous-préfectoral qui doit servir de collège ; mais, pour le moment, non inaugurée. Et, selon d’autres sources, au-delà de ce manque d’enseignants, l’école de Malapouya souffre du refus des parents d’envoyer les enfants à l’école. Les travaux champêtres domineraient les études ici. C’est pourquoi, confie un citoyen sous réserve d’anonymat, « ce collège fera du temps sans être ouvert, puisque Malapouya n’aura pas d’effectif raisonnable pour retenir des professeurs du secondaire. On peut faire deux ans, trois ans sans avoir une sixième ici. Comment peut-on ouvrir un collège dans ces conditions ? », s’interroge-t-il.

A suivre !

De Malapouya, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Découverte d’éléphants à N’zérékoré : les précisions des autorités forestières

29 mai 2019 à 15 03 06 05065

Deux Éléphants sont apparus ce mercredi, 29 mai 2019, dans la sous-préfecture de Samoe (Préfecture de N’zérékoré). Cette situation, inédite dans la localité, a suscité curiosité et interrogation chez les citoyens. C’est pourquoi, la directrice du centre forestier de N’zérékoré est sortie pour apporter des éclaircissements là-dessus au micro du correspondant de Guineematin.com sur place.

C’est dans le quartier Boma, dans la commune rurale de Samoe, que les deux Éléphants : un grand et un petit ont été aperçus tôt ce mercredi. La nouvelle a fait le tour de la localité, suscité des interrogations sur place. Mais, ces deux éléphants sont bien connus des responsables forestiers de N’zérékoré. Selon madame Watta Camara, directrice générale du centre forestier, le grand éléphant est le père du petit et ils sont à la recherche de la mère qui a été tuée par un chasseur en 2015.

madame Watta Camara, directrice générale du centre forestier,
Mme Watta Camara

« C’est les pachydermes qui sont dans la réserve de Ziama. Ils étaient trois : le mâle, la femelle et leur petit, ils vivaient dans la zone de N’Zébéla spécifiquement. Il y a trois ans, la femelle a été tuée à N’Zébéla par un chasseur. Mais avant de mourir, l’éléphant avant de mourir, a écrasé son tueur qui venait du district de IRIE. Mais depuis, les deux éléphants : le mâle et le petit tournent dans toute la région pratiquement.

L’année dernière, ils étaient vers Diécké d’abord, ils ont quitté N’Zébéla, ils ont traversé le fleuve vers Silizou, ils sont partis jusqu’à Wéta. A ce moment, c’était la moisson jusqu’à la forêt de Diécké. Après ils se sont retournés. On a nos agents de suivi qui contrôlaient toujours la situation. Alors, c’est les mêmes éléphants qui étaient revenus il y a deux semaines dans la zone de N’Zébéla. Ils sont à la recherche de la femelle qui était leur guide », a-t-elle expliqué.

La directrice générale du centre forestier de N’zérékoré appelle donc la population à « laisser ces éléphants tranquilles. On ne doit pas leur donner de la banane, on ne doit pas leur donner à manger. Ils vont retourner dans la biosphère de Ziama », a dit madame Watta Camara.

Pour l’heure, les deux éléphants tournent entre le district de Komou, situé à 8 kilomètres de Samoe, et le quartier Boma, dans la commune rurale. Les autorités de N’zérékoré s’activent pour tenter de les faire retourner dans la zone de N’Zébéla.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tel : +224 620 166 816/666 890 877

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Siguiri : le maire recule face aux commerçants en colère

29 mai 2019 à 14 02 28 05285

Après les manifestations de plusieurs commerçants de Siguiri, en colère contre une décision du maire de la commune urbaine, l’autorité communale a fini par reculer. Le maire, Koumba Sékou Magassouba, a suspendu sa décision attribuant des magasins à un groupe de commerçants au détriment des manifestants. Il a fait l’annonce au cours d’une conférence de presse qu’il a animée hier mardi, 28 mai 2019 dans les locaux de la mairie, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Devant les médias, le maire a expliqué qu’il est revenu sur sa décision à la demande du préfet de Siguiri, Colonel Moussa Condé. « Le préfet m’a demandé de suspendre l’attribution des magasins. Alors, je demande les nouveaux bénéficiaires de ne pas occuper ces magasins d’abord. Une rencontre est prévue avec le préfet après le mois de Ramadan autour de cette situation », a-t-il indiqué.

Koumba Sékou Magassouba

Une décision accueillie avec une grande satisfaction par les commerçants qui protestaient depuis quelques jours contre la répartition des magasins faite par le maire. « C’est tout ce qu’on avait demandé au maire et il avait refusé. Maintenant nous allons attendre cette rencontre, il faut que nos magasins nous reviennent », a réagi Ansoumane Traoré, le porte-parole des commerçants protestataires.

A rappeler que le marché au centre de ce problème a été reconstruit dans le cadre de la célébration de la fête de l’indépendance nationale à Kankan. Avant sa reconstruction, il comprenait 145 magasins, tous occupés par des commerçants. Après sa reconstruction, le nombre de magasins a été réduit à 65 en raison notamment de l’agrandissement des magasins.

Mais à l’ouverture des lieux, le maire de Siguiri, Koumba Sékou Magassouba, a attribué ces magasins à des commerçants autres que ceux qui les occupaient auparavant. Ces derniers ont crié au favoritisme et sont descendus dans la rue pour protester contre cette décision de l’autorité communale. Ils ont été finalement entendus.

Reste toutefois à savoir comment se fera cette répartition d’autant plus que le nombre de magasins est largement petit par rapport au nombre de commerçants désireux de les occuper. Les autorités locales risquent donc d’avoir du pain sur la planche.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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N’zérékoré : l’antenne régionale du FNDC installée pour contrer le projet de 3ème mandat d’Alpha Condé

29 mai 2019 à 14 02 03 05035

Le Front National pour la Défense de la Constitution poursuit son implantation sur le terrain. Le FNDC a installé hier, mardi 28 mai 2019, son antenne régionale à N’zérékoré. Ce mouvement, dénommé Hopaïpèly en Kpèlè (ça ne marchera pas en Français), a pour objectif de barrer la route au projet de troisième mandat pour le président Alpha Condé dans la région forestière, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Job Lucas Kpoghomou, acteur de la société civile locale, coordinateur régional du mouvement dénommé « Hopaïpèly »
Job Lucas Kpoghomou

Après Conakry, Kindia et Labé, le Front National pour la Défense de la Constitution s’installe aussi à N’zérékoré. La cérémonie de lancement de cette antenne régionale du FNDC a réuni des membres des partis politiques d’opposition, des activistes de la société civile et des syndicats. A l’unanimité, ils ont élu Job Lucas Kpoghomou, acteur de la société civile locale, coordinateur régional du mouvement dénommé « Hopaïpèly », qui signifie « ça ne marchera pas »

« Notre objectif, c’est de barrer la route aux sirènes révisionnistes à N’zérékoré et au projet de nouvelle constitution qui n’est rien d’autre qu’un projet de 3ème mandat pour le locataire de Sékhoutouréya. La forêt dit Hopaïpèly (ça ne marchera) parce que ce gouvernement a marginalisé la forêt », a annoncé le coordinateur du mouvement.

Job Lucas Kpoghomou a appelé les populations de la Guinée forestière à se mobiliser massivement pour mener ce combat avec le mouvement qu’il dirige. « J’invite la population et plus particulièrement à la jeunesse forestière de rester derrière le mouvement Hopaïpèly. En forêt, ce gouvernement nous a oubliés, et ce n’est pas à la veille de la fin du dernier mandat du Mandela de la Guinée que nos parents ministres qui n’ont jamais osé lever même le petit doigt pour dire au président Alpha Condé de se pencher sur les conditions de vie de la population forestière, viendront encore nous mentir. Regardez notre route d’ici Yomou et celle N’zérékoré-Guéckédou. Alors qu’on dit que le grenier de la Guinée, c’est la Guinée forestière, ils nous ont oubliés, ils ont fermé toutes les usines et les sociétés qui évoluaient dans la région. Avec ça comment on peut accompagner ce gouvernement ? Alors, je dis à tout le monde de se lever pour dire non au projet de 3ème mandat », a lancé l’activiste de la société civile.

De son côté, le coordinateur adjoint de cette antenne régionale du FNDC a réagi aux propos de l’ancien ministre Alhoussein Makanéra Kaké qui a annoncé récemment le lancement officiel du projet de nouvelle constitution. Cécé Théa promet que les promoteurs de ce projet trouveront les populations de la Guinée sur leur chemin.

Cécé Théa

« Parlant de Makanéra, comme on le dit, le ridicule ne tue pas. Des petites personnalités de ce genre dans ce pays ne sont pas à écouter. Et nous nous pensons que la majorité silencieuse est notre force. Et, le peuple de N’zérékoré est déjà est prêt parce que nous avons déjà pas mal mené des activités dans les sous-préfectures, et je pense qu’ils (les promoteurs d’un troisième mandat) viendront trouver ce peuple prêt-là devant eux », a-t-il prévenu.

Après le lancement de cette antenne régionale, les opposants à un troisième mandat annoncent l’installation très prochaine des antennes dans toutes les préfectures de la région forestière de la Guinée.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Tentative de meurtre à Siguiri : « le commanditaire m’a promis une moto et 10 millions de francs »

29 mai 2019 à 13 01 52 05525

Un jeune homme, accusé de tentative de meurtre, a été arrêté hier, mardi 28 mai 2019 à Siguiri. Lamine Barry a été interpellé par les brigades de surveillance de la ville après avoir tenté d’ôter la vie à Lanciné Sidibé. Il a dit avoir agi sous les instructions de quelqu’un qui lui a promis une moto et un montant de 10 millions de francs comme récompense, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

C’est dans la nuit du lundi au mardi, 28 mai 2019 que Lamine Barry, charretier, a tenté de tuer Lanciné Sidibé, un autre charretier avec lequel il exerce son activité. Il a donné un coup de machette à la victime qui est tombée. Lanciné Sidibé a appelé au secours et a été secouru par des gens qui l’ont conduit à l’hôpital, où il a été sauvé.

« Après la prière de 20 heures, j’étais couché dans ma chambre. Il est venu me trouver, il m’a demandé de partager avec lui les mangues qu’il avait, j’ai décliné son offre en lui expliquant que je ne pouvais pas manger les mangues actuellement parce que c’est le Ramadan et je risque d’avoir des maux de ventre.

Je me suis levé pour lui donner un sac en plastique, c’est ainsi qu’il a pris une machette pour donner un coup au niveau de mon cou. Je suis tombé, j’ai crié pour alerter les voisins et il a pris la fuite », témoigne le jeune homme que nous avons trouvé dans son lit d’hôpital.

Informées de l’acte, les brigades de surveillance de Siguiri, dirigées par Mamady Siaman Diawara, ont engagé des recherches et ont réussi à mettre main sur l’auteur de la tentative de meurtre. « J’étais couché lorsque des jeunes sont venus m’informer de la situation, aux environs de 21 heures. J’ai pris ma moto pour aller alerter toutes les gares routières de la ville. C’est ainsi qu’il a été repéré alors qu’il tentait de sortir de la ville. Nous avons réussi donc à l’arrêter », explique le responsables des brigades de surveillance, composées de civils et qui assurent la sécurité dans les quartiers de la ville de Siguiri.

Lorsqu’elles ont mis mains sur le jeune homme, les brigades de surveillance l’ont conduit à la gendarmerie. Lamine Barry a reconnu avoir tenté de tuer son ami mais il dit n’être qu’un exécutant. Selon lui, le commanditaire de l’acte lui a promis de l’argent et une moto pour qu’il tue son ami. « C’est le nommé Pot qui m’a dit de le tuer. Il m’a donné une machette et m’a promis une moto neuve et un montant de 10 millions de francs comme récompense si je le tuais. Je suis allé donc lui donner un coup de machette et j’ai pris la fuite », a-t-il laissé entendre.

Lamine Barry se trouve actuellement dans les mains de la gendarmerie de Siguiri qui a ouvert une enquête pour en savoir plus sur ce dossier.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Cour Suprême : le dossier Thierno Nouhou contre Oustaz Taïbou de nouveau renvoyé

29 mai 2019 à 8 08 53 05535
Mamadou Taïbou Bah, dit oustaz Taïbou
Mamadou Taïbou Bah, dit oustaz Taïbou

L’affaire escroquerie portant sur la somme de 8 milliards 086 millions 321 mille 800 francs guinéens qui oppose le cambiste Thierno Nouhou Diallo à l’islamologue Oustaz Taïbou Bah et son épouse Hafssatou Baldé devait être tranchée par la Cour Suprême hier, mardi 28 mai 2019. Mais, la juridiction de jugement a de nouveau renvoyée l’audience au 18 juin à cause des vices de procédure, a appris un reporter que Guineematin.com avait dépêché sur place.

Me Moussa Diallo

Interrogé à la sortie de cette audience, maître Moussa Diallo, avocat de Mamadou Taïbou Bah et épouse a expliqué que les motifs de ce report sont les mêmes que pour la précédente audience. « Monsieur Thierno Nouhou Diallo par l’organe de ses conseils, notamment Me Alseny Aïssata Diallo se sont pourvus en cassation contre l’arrêt qui a relaxé mes clients au niveau de la Cour d’Appel de Conakry. Mais, ils ne m’ont pas signifié leur requête aux fins de cassation dudit arrêt. Je reconnais qu’ils l’ont signifié à Me Thierno Ibrahima qui est aussi un confrère avec lequel je suis co-constitué en vue des droits de la défense de monsieur Mamadou Taïbou Bah, sauf que pour ne m’avoir pas signifié à moi aussi ce recours-là, vous comprendrez qu’il y a eu un vice de procédure. (…) Ce que je voudrais faire comprendre, c’est que la partie s’entend de deux manières. Lorsqu’on signifie à la personne personnellement concernée, on aura signifié à la partie. Mais, si on a pris le choix de signifier aux avocats ou à l’avocat que celui-ci a constitué en vue de sa défense, là, en cas de pluralité d’avocats constitués pour la défense, vous l’aurez signifié à la partie que lorsque vous l’aurez signifié à tous les avocats. Donc, dans le cas d’espèce, ils ont signifié à Me Thierno Ibrahima Barry et pas à moi, ce qui justifie le renvoi aujourd’hui encore », a-t-il expliqué.

Me Alsény Aïssata Diallo

Egalement interrogé par Guineematin.com, Me Alseny Aïssata Diallo, avocat de Thierno Nouhou Diallo, représentant la partie civile à ce procès, a dit son insatisfaction. Selon lui, « cette affaire n’a que trop duré et le procès doit prendre fin maintenant. On ne peut pas continuer éternellement à faire le procès de ce litige opposant Thierno Nouhou à Taibou et son épouse. Aujourd’hui, on a renvoyé la procédure au 18 juin au motif que nous, les demandeurs en cassation, nous devons signifier quelques actes de la procédure aux prévenus ou à leurs conseils ; bien que nulle part dans les textes on dit qu’on doit signifier ça aux avocats des parties, c’est aux parties qu’on signifie. Mais, toujours est-il qu’on doit se conformer à la décision de la Cour Suprême qui a pris une telle décision. Donc, nous allons nous conformer à cette décision ; et, d’ici la date prévue, nous allons faire en sorte par voie d’huissier signifier les actes de procédure que la Cour a fait état pour que nous nous acheminions vraiment vers la fin de ce procès », a-t-il dit.

A rappeler que c’est le 22 septembre 2016 que Thierno Nouhou avait porté plainte contre ce couple au tribunal correctionnel de Mafanco pour des faits d’escroquerie portant sur la somme de 8 milliards 086 millions 321 mille 800 francs guinéens.

Mamadou Taïbou Bah, dit oustaz Taïbou
Oustaz Taïbou Bah

Au cours des audiences, tenues pendant plusieurs mois, les prévenus n’ont jamais reconnu les faits articulés contre eux. Mais, le 14 avril 2017, le tribunal de Mafanco avait reconnu les deux prévenus coupables des faits d’escroquerie. Mamadou Taïbou Bah avait alors été condamné à 18 mois, dont 12 mois assortis de sursis, et 20 millions de francs guinéens d’amende. Sa femme, madame Hassatou Baldé à 18 mois de prison ferme et 30 millions de francs guinéens d’amende. Le tribunal avait reçu la constitution de partie civile de Thierno Nouhou Diallo et condamné solidairement le couple au payement de 8 086 321 800 francs guinéens, avant de valider la saisine des biens meubles et immeubles des prévenus.

Mais, après cette décision du tribunal de première instance de Mafanco, la partie civile avait estimé que le tribunal avait oublié les dommages et intérêts. Pour sa part, la défense avait dénoncé la non-application de la loi. Ce qui fait que toutes les parties avaient relevé appel de la décision.

Après avoir examiné l’affaire, la Cour d’Appel de Conakry avait infirmé, le 20 novembre 2017, la décision du tribunal de première instance de Mafanco dans toutes ses dispositions. Elle a alors renvoyé les époux Mamadou Taïbou Bah et madame Hassatou Baldé des fins de la poursuite pour délit non constitué. A contrario, la Cour d’Appel avait condamné Thierno Nouhou Diallo au payement de la somme de cent millions de francs guinéens de dommages et intérêts pour abus de constitution de partie civile.

C’est donc contre cet arrêt de la Cour d’Appel de Conakry que Thierno Nouhou Diallo et ses conseils ont saisi la Cour Suprême pour « annulation et cassation de la décision de la Cour d’Appel ».

A suivre !

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Lélouma : 9 cas de rougeoles confirmés (DPS)

29 mai 2019 à 7 07 57 05575

La préfecture de Lélouma, dans la région de Labé, est frappée à nouveau par une épidémie de rougeole. Au moins 9 cas de maladies ont été confirmés dans cette localité, a appris Guineematin.com auprès des autorités sanitaires locales.

Cela fait deux semaines depuis que cette épidémie a fait son apparition dans la préfecture de Lélouma. Selon le Directeur Préfectoral de la Santé (DPS), Dr Ouo-Ouo Gpamou, les 9 malades confirmés ont été isolés dans un centre de traitement. « Trois cas ont été signalés dans la commune urbaine, principalement dans le quartier de Diaala. Après les investigations, nous avons compris qu’il y a 9 cas de rougeole qui ont été enregistrés, notamment trois (3) à Sagalé et six (6) dans la commune urbaine.

Pour limiter la propagation, on a identifié ceux qui étaient à la phase où ils pouvaient contaminer beaucoup d’enfants, on les a mis au centre de traitement et on les a isolés. Ils ont été traités et ils sont sortis », a-t-il indiqué. Le DPS ajoute avoir commandé des vaccins anti-rougeoleux pour faire face à cette épidémie.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Conakry : procès d’un chef de gang, 16 ans après le crime

29 mai 2019 à 4 04 13 05135

Au début des années 2000, des bandes de jeunes, plus connues sous le nom de clan, écumaient de nombreux quartiers de la banlieue de Conakry. Les bagarres et autres expéditions punitives étaient à la mode et conduisaient quelques fois à des pertes en vies humaines.

C’est dans ce cadre que Mamadou Djouma Barry, présenté comme étant un ancien seigneur de clan, est jugé depuis hier, mardi 28 mai 2019, au tribunal criminel de Dixinn. Il est poursuivi pour assassinat et association de malfaiteurs, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les faits pour lesquels Mamadou Djouma Barry est poursuivi remontent à l’année 2003 au quartier Dar-es-Salam, dans la commune de Ratoma. Détenu depuis bientôt 7 ans, il est accusé d’avoir participé à une bagarre au cours de laquelle le jeune Mamadou Saliou Diallo a perdu la vie.

Selon les informations recueillies par Guineematin.com, c’est le samedi 11 octobre 2003, que Mamadou Saliou Diallo, qui rentrait chez lui, est tombé sur un groupe de jeunes, notamment Mamadou Djouma Barry, Mohamed Diallo et Mamadou Moussa Sow, dit Japonais. L’accusé aurait retiré de force la casquette de Mamadou Saliou Diallo. Il s’en suivra une bagarre entre les deux. La bande de jeunes s’est alors ruée sur le jeune homme pour lui administrer 12 coups de couteaux. Il sera transporté d’urgence à l’hôpital Donka où il rendra l’âme. Après cet acte, la bande a fui le pays, espérant échapper à la justice.

En 2012, après avoir passé 9 ans en Côte d’Ivoire, Mamadou Djouma Barry revient en Guinée. Et, le 14 septembre 2012, il a été arrêté et inculpé pour assassinat et associations de malfaiteurs avant d’être conduit à la maison centrale de Conakry.

A la barre, Mamadou Djouma Barry a nié systématiquement les faits qui lui sont reprochés. « Je ne reconnais pas les faits. Un jour, j’étais assis dans un coin où on vend des galettes. J’étais en train d’en manger quand j’ai aperçu un groupe de jeunes en train de se battre avec une autre personne. La vendeuse m’a dit que ce sont mes amis, d’aller intervenir. Mais, je n’étais pas en bon termes avec eux. J’avais même quitté Dar-es-Salam pour loger à Kountia. Mais, je suis parti les séparer. Quand j’ai commencé à parler, mes amis m’ont dit de ne pas me mêler. En essayant de les séparer, j’ai été blessé aux doigts. J’ai également entendu la victime dire on m’a poignardé. Je suis parti à l’hôpital pour soigner ma main parce que beaucoup de sang sortait. Après l’hôpital, un de mes amis m’a dit d’aller avec lui au palais. On est allé. C’est là-bas que j’ai appris que la victime avait trouvé la mort », a dit l’accusé.

Devant l’insistance du Procureur Daouda Diomandé, l’accusé a reconnu son appartenance à un clan. « J’étais le chef du clan, mais pas le clan que vous pensez. On était tous artistes-chanteurs, c’est moi qui étais le chef. Mais, quand Bénédi Record a refusé de nous produire, le groupe s’est dispersé. Moi, je suis parti à Kountia, je n’ai pas participé l’assassinat du jeune ».

Le procureur Daouda Diomandé d’enchaîner : « si vous n’étiez pas coupable, pourquoi avez-vous fui la Guinée pour aller en côté d’Ivoire ? »

Dans sa réponse, Mamadou Djouma Barry dira que « mon voyage était prévu avant ce qui s’est passé. Le jour du drame, je devais voyager pour la Côte d’Ivoire. Je suis parti couper le billet à la gare routière, mais le bus n’était pas rempli. Ils m’ont dit d’attendre le lendemain. J’ai donc décidé d’aller à Dar-es-Salam pour dire au revoir à mon père. Après, je suis parti acheter des galettes. C’est pourquoi, l’acte s’est passé devant moi. Sinon, je n’en sais rien ».

Après ces explications, le juge Ibrahima Kalil Diakité a appelé à la barre Alpha Oumar Fadi Diallo, grand frère de la victime. « Monsieur le juge, c’est au mois d’août 2003, quand mon frère rentrait à la maison, il a rencontré Mamadou Djouma et sa bande au niveau des rails, à Dar-es-Salam. Il portait une casquette de publicité, Nescafé. Mamadou Djouma a retiré la casquette de la tête de mon frère. Celui-ci a essayé de la récupérer. Ils se sont battus. C’est ainsi que son clan est venu poignarder mon frère 12 fois. Les gens qui étaient sur place m’ont alerté. Je suis venu, on l’a amené à l’hôpital. Les médecins ont tout fait pour le sauver, mais il est décédé. On a diligenté une enquête. On nous a dit qu’ils sont sortis du pays. Mais, 9 ans après, Mamadou Djouma est revenu en Guinée. Ils m’ont signalé son retour et on l’a arrêté. Mamadou Djouma que vous voyez là, je l’ai connu quand il était bébé, je connais toute sa famille. Ceux qui ont tué mon frère, la plupart ont grandi devant moi. Je ne pensais pas qu’ils seraient capables de tuer mon frère. Tout ce que ce que je demande aujourd’hui, c’est la justice », a indiqué le frère de la victime.

L’affaire a finalement été renvoyée au 17 juin 2019 pour les plaidoiries et réquisitions.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 224623532504

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Bloquer les réseaux sociaux ? Réaction de l’association des blogueurs de Guinée

29 mai 2019 à 3 03 52 05525
Mory Sangaré, ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation

Alors qu’il est toujours incapable d’endiguer les fraudes aux examens nationaux dont certains cadres sont acteurs avec les fuites des sujets, le ministère de l’éducation nationale fait une proposition qui révèle son ignorance de l’importance des réseaux sociaux en République de Guinée.

Comme dans toute dictature, les cadres proposent de s’attaquer aux libertés citoyennes et ce qui fait même vivre certaines entreprises pour cacher leur incapacité : interrompre messenger, Imo, WhatsApp, Facebook, viber et Instagram entre 9 heures et 16 heures jusqu’à la fin des évaluations.

Ainsi, les candidats peuvent continuer à copier les leçons, faires des captures d’écran, etc. Et les surveillants (complices des fraudes) dicteront des corrigés-types aux élèves qui paieront, l’essentiel pour ce département étant de servir de cobaye dans ce qui ressemble à une stratégie du pouvoir de priver les citoyens de leurs libertés dans les probables contestations politiques attendues en Guinée.

En attendant de revenir sur cette proposition incongrue, Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la réaction de l’association des blogueurs de Guinée :

MISE EN GARDE CONTRE UN EVENTUEL BLOCAGE DES RESEAUX SOCIAUX

C’est avec grande stupéfaction que l’ABLOGUI a appris que les ateliers régionaux préparatoires des examens nationaux session 2019, organisés par le Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation Guinée ont recommandé «l’interruption [volontaire] des réseaux sociaux (messenger, imo, whatsApp, facebook, viber et instagram) de 9 heures à 16h jusqu’à la fin des évaluations»

L’ABLOGUI met d’ores et déjà en garde le gouvernement contre la mise en oeuvre d’une telle recommandation qui constituerait une grave atteinte à la liberté d’expression et un dangereux précédent pour la démocratie en Guinée.

L’accès à Internet est un droit comme tout autre et nous rappelons que les fuites des sujets aux différents examens existaient bien avant l’avènement et la prolifération des réseaux sociaux en Guinée. Donc, les pratiques constatées à travers les réseaux sociaux ne sont que le reflet du manque de rigueur généralisé de notre système éducatif.

Bloquer les réseaux sociaux sur une période serait une entorse à la liberté d’expression. Au-delà de cette privation de libertés, l’impact négatif sur l’économie du pays déjà asphyxiée sera considérable et beaucoup d’entrepreneurs seront touchés dans leur marketing digital.

La liberté d’expression est la norme et toute limitation est une atteinte à cette norme. Le rôle central d’Internet dans la vie sociale et économique des utilisateurs a récemment amené les Nations Unies à adopter une résolution soutenant « la promotion, la protection et l’exercice des droits de l’homme sur Internet ». La résolution condamne les efforts de l’État pour empêcher ou interrompre intentionnellement l’accès à l’information en ligne.

ABLOGUI demande au ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation de prendre des mesures pour le bon déroulement des examens nationaux dans la transparence. Car le blocage des réseaux sociaux est loin d’être la solution aux différentes fuites et tricheries des années précédentes.

Conakry, le 28 mai 2019

Le bureau d’ABLOGUI

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