Les populations de Malapouya dénoncent : « la SMB a détruit notre marigot, notre cimetière, nos jardins… »

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La société minière de Boké (SMB) qui exploite la bauxite dans cette préfecture depuis 2015, notamment dans les sous-préfectures de Tanéné, Dabis, Kolaboui et Malapouya, se trouve confrontée aujourd’hui à une réticence de quelques villages de la commune rurale de Malapouya, située à 30 Km à l’Est de la ville de Boké.

La SMB compte faire traverser ses rails de Dapilon (Sous-préfecture de Kolaboui) pour Télimilé, en passant par Malapouya. Mais, les villages concernés considèrent que la compensation proposée par la SMB comme une injure. C’est pourquoi, ils ont décidé d’assigner cette société minière à la justice pour qu’ils soient rétablis dans leur droit, rapporte un des correspondants de Guineematin.com à Boké qui est actuellement sur place.

Ce sont les villages de Mamoudouya, Garaya, Silipouya, Hafia, Ariboya, Missira, Kambadi, Kambouga, Kassedou, Momolabé et Momokambora qui sont recensés dans ce projet de passage des rails de la SMB. Mais, selon des citoyens de Malapouya rencontrés ce dimanche, 26 mai 2019, par Guineematin.com, sur le chemin de cette localité, l’ensemble des compensations ne vaut même pas deux cent millions de francs guinéens, alors qu’ils s’attendaient à plus de deux milliards cela s’est fait ailleurs.

Alhassane Diallo

Alhassane Diallo, l’un des fils de la localité, précisément de Missira, explique comment les responsables de la SMB- à travers un certain Sâné, chargé des relations communautaires- ont abordé les populations de Malapouya. « Nous avons un problème avec la SMB qui veut faire traverser les rails chez nous. Lorsqu’ils sont venus annoncer ce projet à nos parents, tout le monde était content puisque pour nous quand on érige une route, surtout des rails, dans une localité, c’est un énorme désenclavement qui aboutira à un développement. Lorsqu’ils ont recensé les villages avec les plantations, ils nous ont fait croire qu’ils allaient considérablement nous payer. Mais, quand ils ont envoyé les reçus, on a vu qu’il y a des plantations de plus de 200 plantes qu’ils payent à seulement 50 millions ; d’autres à 15 millions, etc. Le plus gros village de nos ancêtres, Mamoudouya, appelé aujourd’hui Babadiya où il y a au moins 300 plantes de manguiers et d’anacardiers. Ils proposent 75 millions. Donc, on a trouvé cela comme une injure. C’est inacceptable. C’est pourquoi, nous avons tenu des réunions pendant lesquelles tout le monde a opposé son refus à ces minimes montants. Nous, on s’attendait plutôt à au minimum deux milliards de francs », dit monsieur Diallo.

« C’est pourquoi, on a décidé de chercher un avocat pour défendre notre cause à la justice. Ce dernier, lorsqu’il est allé à Malapouya constater les dégâts, il a versé des larmes. Donc, nous commençons par la justice pour voir si ça va marcher. Au cas contraire, nous ferons arrêter les travaux de la SMB sur notre sol. Même s’ils nous emprisonnent tous, tant qu’il reste un seul, il leur barrera la route », a martelé Alhassane Diallo.

Youssouf Niaïssa

Abondant dans le même sens que son prédécesseur, Youssouf Niaïssa renchérit : « nous avons même appris que la société payent les riverains une compensation liée à la poussière et les bruits des engins ; mais, on ne voit rien. Et puis, avant, à la fin de chaque mois, ils donnaient des denrées à nos parents, ils ont arrêté ça aussi. Ils organisaient également des formations pour nos enfants, c’est aussi bloqué. Quand on dit recrutement, ils prennent les enfants venus d’ailleurs et ils disent que les nôtres sont incapables », a dénoncé monsieur Niaïssa.

Ousmane Sampou

Même son de cloche chez le doyen Ousmane Sampou de Mamoudouya, « parmi les espaces recensés chez nous, il y a même le cimetière où reposent nos parents. Il y a aussi le marigot où on faisait la pêche, la lessive, qu’ils ont coupé cinq fois. Donc, ce marigot a tari. Si malgré tous ces dégâts on veut nous amadouer avec une modique somme de 75 millions, nous n’allons jamais accepter ça. C’est pourquoi, nous lançons un appel aux autorités d’avoir pitié de leurs populations que nous sommes, aux médias de nous aider à montrer au monde ce que nous font subir ces sociétés », a exhorté le doyen Sampou.

À suivre !

De Malapouya, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 622 671 242

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