Quelques jours après sa prestation de serment à la Cour d’Appel de Conakry, maître Saliou Bah, inscrit au Barreau de Guinée, a accordé une interview à Guineematin.com, à travers un de ses reporters. Dans cet entretien, cet avocat au parcours atypique aborde plusieurs sujets, notamment les raisons de son inscription au Barreau de Guinée, son parcours professionnel, ses impressions sur le barreau auquel il appartient désormais ainsi que les réformes engagées dans cette corporation.

Guineematin.com : présentez-vous à nos lecteurs

Maître Saliou Bah : je m’appelle Saliou Bah. J’ai prêté serment comme avocat devant la Cour d’Appel de Conakry le vendredi, 26 juillet 2019, suite à mon inscription à l’Ordre des Avocats de Guinée (OAG). Je suis Docteur en droit, lauréat de l’Université de Lausanne, en Suisse. Je suis aussi titulaire d’un diplôme d’études approfondies en droit communautaire européen et en droit international économique, délivré conjointement par les Universités de Lausanne, de Genève, de Fribourg et de Neuchâtel. J’ai obtenu ma licence en droit à l’Université Mohamed V de Rabat, au Maroc.

J’ai été par ailleurs chercheur invité à l’Institut Suisse de Droit Comparé.
Je suis également certifié en droit international privé par l’Académie de droit international de la Haye, au Pays-Bas. Je saisis cette occasion pour exprimer toute ma gratitude à ces institutions qui m’ont formé ainsi qu’à mon directeur de thèse de doctorat, le Professeur Andreas Roland Ziegler. Après mon école primaire et le collège en Guinée (Nzérékoré, Kindia et Conakry, notamment à la place des martyrs et au Collège 28 septembre), je suis parti au Sénégal, où j’ai obtenu le baccalauréat au lycée Abdoulaye Sadji de Rufisque.

Ma vocation pour le droit m’a été inspirée par mon père, feu maître Abdoulaye Bah, magistrat ressortissant de Télimélé. Il fût entre autres, juge, président de la Cour d’Appel et du tribunal criminel, procureur et conseiller à la chambre constitutionnelle de la Cour Suprême de Guinée.
Mon séjour en Suisse a été ponctué entre autres expériences, par des collaborations au sein de plusieurs cabinets d’avocats, dont le cabinet Loroch et Elkaim Associés à l’Etude Ming, Halpering, Burger et Inaudi.

Dans le cadre d’un mandat conjoint de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime, la Banque Mondiale et le PNUD, j’ai également travaillé pour le système des Nations Unies comme expert anti-corruption, chargé de faire une analyse et formuler des recommandations sur les politiques et les pratiques des déclarations de patrimoine des agents publics de 23 pays de l’Afrique de l’Ouest et Centrale. Voilà plus ou moins les grandes lignes de mon parcours.

Guineematin.com : quelles sont les raisons qui vont ont à intégrer le Barreau de Guinée ?

Maître Saliou Bah : les motifs sont assez simples. C’est pour offrir mes services et participer à l’animation du Barreau de Guinée. Je crois comprendre que mon admission au Barreau de notre pays traduit par ailleurs la vision de l’actuel conseil de l’ordre des avocats, dirigé par le bâtonnier, maître Djibril Kouyaté. En effet, le conseil prône un esprit d’ouverture à l’endroit des guinéens qui sont établis à l’étranger, remplissant les conditions d’admission au Barreau. C’est une occasion de mutualiser les expériences et les savoir-faire pour qualifier le Barreau.

Guineematin.com : quelles sont vos impressions sur le Barreau de Guinée et sur vos confrères ?

Maître Saliou Bah : je suis honoré et très enthousiaste de rejoindre le Barreau de Guinée. De mes échanges, je retiens que le Barreau a amorcé une ère de modernisation à travers des reformes structurantes, telles que le projet de loi sur la Caisse Autonome des Règlements Pécuniaires des Avocats, communément appelée la CARPA. La CARPA gère les comptes des clients des avocats. Elle devrait gérer également les règlements des commissions d’office. Au-delà de ces missions de base, la CARPA pourrait participer indirectement par exemple à la promotion de la confiance, d’un bon climat des affaires en Guinée et attirer ainsi au pays de gros investissements étrangers.

L’ouverture du Barreau se matérialise également par le raffermissement des conventions de jumelage déjà existant entre notre barreau et les barreaux étrangers et l’ambition ferme d’en conclure de nouvelles. La réactualisation toute prochaine du site internet du barreau ainsi que la numérisation progressive de ses documents juridiques et archives sont les quelques projets concrets entre-autres, que j’ai trouvés au menu de la vie du conseil de l’ordre. J’ai été bien accueilli par mes confrères. Je profite de cette tribune pour remercier le Barreau de Guinée de m’avoir accepté en son sein.

Je salue le professionnalisme et la vision actuelle qui l’anime. Je remercie également l’administration judiciaire pour les diligences mises en œuvre lors de ma prestation de serment. Je remercie enfin la dynamique et ambitieuse Association des Jeunes Avocats de Guinée (AJAG). Elle est moderne et ouverte au monde. Son implication palpable et de qualité dans la vie du Barreau augure de bonnes choses pour le futur de notre institution. Et à vous Guineematin.com, je vous remercie pour l’intérêt que vous m’avez porté.

Propos recueillis par Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com
Tel : 620 589 527/654 416 922

Facebook Comments

Commentaires

Alpha Guineematin.com