Décret : Alpha Condé nomme un nouveau préfet à Boffa

22 août 2019 à 21 09 08 08088

Dans un décret rendu public dans la soirée de ce jeudi, 22 août 2019, à la télévision nationale, le président de la République a nommé le lieutenant-colonel Abdourahmane Keïta, matricule 21 227 G en service au cabinet du ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation dans les fonctions de préfet de Boffa. Le militaire remplace Tidiane Soumah, appelé à d’autres fonctions, à la tête de cette préfecture.

A rappeler que le désormais ancien préfet de Boffa jouait le rôle d’interprète lors des assemblées générales hebdomadaires du RPG Arc-en-ciel. Sa nomination au poste de préfet de Boffa avait surpris plusieurs observateurs de la vie politique guinéenne.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com
Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Dégradation du réseau routier : le tronçon N’zérékoré-Yomou, une autre route de l’enfer !

22 août 2019 à 18 06 57 08578

La préfecture de Yomou, située à 66 km de N’zérékoré, est presqu’inaccessible en cette saison des pluies. La traversée du tronçon Péla-Yomou, qui s’étend sur une distance de 22 km, sur la nationale Yomou-N’zérékoré, est devenue de nos jours un véritable casse-tête chinois pour les usagers. Une situation qui affecte négativement le marché hebdomadaire de Yomou où les citoyens ne savent plus à quel saint se vouer, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Il y a maintenant trois semaines que le marché hebdomadaire de Yomou ne fait pas le plein, alors que d’habitude, de nombreuses localités voisines viennent s’y approvisionner. Cela, en raison de la dégradation très avancée de la route menant à la commune urbaine. Les conducteurs de taxis et les jeunes de la localité se sont mobilisés durant toute une journée pour mettre les grosses pierres sur les points noirs en vue de faciliter leur traversée. Mais, c’est une solution éphémère qui n’a fait aucun effet. La route devient de plus en plus impraticable.

De nombreux citoyens, interrogés par notre correspondant sur place, ont exprimé leur inquiétude devant le calvaire qu’ils vivent en ce moment. Selon Nyèpou Guémou, « je suis une commerçante de haricot et de sec. Nous quittons N’zérékoré pour le marché hebdomadaire de Yomou, pour chercher à nourrir nos enfants. Mais, quand nous quittons à Nzérékoré à 6h nous rentrons à 15 h à Yomou.

Nous venons trouver que le marché est à peu-près vide, le transport était à 35 000 fg par personne, soit 70 000 GNF l’aller et le retour. Mais, il y a trois semaines, nous payons 140 000 fg comme transport. Le sac d’aubergine était à 50 000 fg, maintenant c’est à 100 000 fg. C’est ce qui fait que nous ne gagnons rien comme intérêt. Vraiment, nous souffrons énormément sur cette route », a-t-elle expliqué.

Même son de cloche chez Kadiatou Sacko qui se plaint du manque de bénéfice dans son activité de marchande. « Nous souffrons énormément sur cette route. Sur un petit tronçon de 66 km comme celui de Yomou-Nzérékoré, nous quittons à 6h ou 7h pour Yomou mais on arrive ici à 14 h. Nous ne gagnons plus rien comme bénéfice. Au contraire, nous enregistrons des pertes maintenant », indique la vendeuse.

Les conducteurs de taxi-motos ont remplacé les voitures sur cette route. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les agents de la sécurité routière ne font que soutirer de l’argent aux motards sur ce tronçon de l’enfer.

Selon Pépé Délamou, « chaque jeudi, ils se mettent sur la route pour réclamer 5 000 GNF aux conducteurs de taxi-motos. Ils ne demandent plus les pièces de la moto, mais ils obligent les conducteurs à payer 5000 GNF comme prix de ticket. Nous comptons sur eux pour le contrôle des engins, pour éviter le vol des engins. Mais, ils ne sont plus là pour assurer la sécurité. Nous sommes étonnés qu’une fois au barrage, ces agents ne nous demandent que 5000 GNF. Nous demandons aux autorités compétentes de nous aider à faire face à ce problème », a lancé ce citoyen.

De Yomou, Michel Anas Koné pour Guineematin.com

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Inondations à Sangarédi : de nombreuses familles touchées, avec d’importants dégâts

22 août 2019 à 18 06 32 08328

La Basse Guinée a enregistré ces dernières 24 heures des pluies diluviennes avec des dégâts matériels énormes et des pertes en vies humaines. La commune rurale de Sangarédi, dans la préfecture de Boké, fait partie des localités les plus affectées avec d’impressionnantes inondations. De nombreuses pertes en biens matériels ont été enregistrés, a constaté sur place Guineematin.com à travers son correspondant dans la préfecture.

La forte pluie qui s’est abattue sur la ville de Sangarédi hier, mercredi 21 août 2019, a énormément affecté les citoyens de la localité. Selon nos informations, elle a provoqué une forte crue du marigot Samayabhé situé à la rentrée de la localité. L’eau a dévié pour envahir de nombreuses concessions. Sur le terrain, plusieurs dégâts matériels sont enregistrés : des congélateurs, des postes téléviseurs, des téléphones, un bâtiment de deux chambres aux murs effondrés…

Salamata Baldé, une des victimes de cette inondation, relate sa mésaventure. « Moi, j’étais là quand l’eau a commencé à venir. Mais au début, nous avons pensé que c’était comme d’habitude. Alors, on a commencé à barrer par ci et par là. Mais, j’ai constaté que ça ne fait qu’augmenter. Ainsi, nous avons compris que c’est grave cette fois ci. Mais, tous nos objets sont trempés. Nos chambres sont complètement inondées, les vivres qu’on avait ici, tout est noyé. En ce moment, on ne peut pas passer la nuit dans nos bâtiments. Nous sommes tous chez nos voisins », a expliqué la sinistrée.

Même son de cloche chez Sékou Oumar Camara, dont le mur est tombé sous l’effet du courant. «Moi, j’étais au service. C’est à mon retour que j’ai trouvé cette situation, après avoir reçu l’appel d’un voisin. Mais à mon arrivée, j’ai retrouvé l’eau au même niveau que les lits. J’ai perdu tous mes documents. Depuis mon arrivée à la maison hier, je suis entrain de travailler. Je n’ai pas fini encore », a-t-il expliqué.

Au niveau des autorités locales, l’on est en train de faire le recensement des victimes. Selon Mamadou Houdy Bah, maire de la commune rurale de Sangarédi, « dès qu’on a été informé, nous avons aménagé des salles pour recevoir les victimes. Mais, les voisins ont préféré loger les victimes en attendant. Alors, nous avons totalisé 14 ménages qui sont victimes. Mais, il reste encore une partie où on n’est pas arrivé. J’ai directement informé le préfet en personne et j’ai demandé aux médecins de Sangaredi d’informer les autorités sanitaires pour prévenir les maladies ou épidémies éventuelles ».

Le maire de Sangarédi lance un appel aux plus hautes autorités et autres institutions pour voler au secours des sinistrés. « Actuellement, les victimes ont besoin de tout. Nous demandons de l’aide pour une assistance humanitaire », a-t-il indiqué.

Les autorités préfectorales et quelques ONG sont venues faire le constat, mais aucun geste n’a été fait, pour l’heure, en faveur des sinistrés.

Depuis Sangarédi, Abdourahmane N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628-98-49-38

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Coyah : la pluie cause la mort d’un enfant à Sanoyah

22 août 2019 à 17 05 24 08248

Un enfant de 5 ans a trouvé la mort par suite de noyade hier, mercredi 21 août 2019, à Sanoyah, dans la préfecture de Coyah. Fato Gbemou, la victime, a été emporté par la crue d’une rivière causée par les fortes pluies enregistrées dans la zone, a appris un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Les fortes pluies enregistrées mardi et mercredi ont été lourdes de conséquences à Conakry et Coyah. Au nombre de ces conséquences, la mort de Fato Gbemou, âgé de 5 ans. L’enfant tentait de traverser une rivière qui se trouve derrière leur domicile au secteur Sanoyah Rails, lorsqu’ils ont été emportés par l’eau. Gnanka Gbemou s’en est sorti avec des blessures, mais son enfant y a laissé la vie.

« C’est au moment où je traversais la rivière qui est derrière chez nous ici que l’eau m’a terrassé avec mon enfant. Quand on est tombés, l’eau nous a emportés. Moi, j’ai pu m’en sortir avec des blessures sur tout le corps, mais je n’ai pas pu sauver mon enfant. Au moment où je vous parle, je souffre énormément », a expliqué le père de la victime, rencontré ce jeudi à son domicile.

Et si le père de famille a pu être sauvé, c’est parce qu’il a eu plus de chance que son fils, selon Naby Yatara, chef de secteur de Sanoyah 2 Rails Plateau. « Je n’étais pas sur place au moment des faits, c’est mon adjoint qui m’a remonté l’information selon laquelle, l’eau a terrassé un père de famille et son enfant alors qu’ils tentaient de traverser une rivière. Le père de famille est allé se coincer entre des cailloux et les jeunes de la localité ont pu le sauver, ils l’ont conduit à l’hôpital. Mais, l’enfant, lui, a été emporté par l’eau. Les jeunes ont mené des recherches pour tenter de le retrouver, mais en vain.

Puisqu’il pleuvait beaucoup, ils sont remontés pour attendre que la pluie diminue avant de reprendre les recherches. Lorsque les recherches ont repris, on m’a informé que le corps d’un enfant a été retrouvé sous le pont de Kassonyah. Immédiatement, j’ai pris la famille du noyé, on s’est rendu sur les lieux et on a trouvé effectivement que c’est le corps de l’enfant qu’on recherchait. Tous les responsables locaux étaient là : l’imam du quartier, les agents de sécurité, on a remis le corps à la famille », a expliqué le chef de secteur.

A rappeler que la pluie a provoqué aussi la mort par suite de noyade d’un bébé de 9 mois ce même mercredi à Kakimbo (Conakry). Elle a entraîné aussi des glissements de terrain qui ont bloqué la circulation sur la route nationale n°1 Coyah-Kindia.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel: 622919225 / 66919225

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Gaoual : une fille de 16 ans emportée par les fortes pluies à Koumbia

22 août 2019 à 16 04 37 08378
image d’archive

Comme en 2018, des pluies torrentielles ont fait un mort à Koumbia, dans la préfecture de Gaoual. Une jeune fille âgée de 16 ans, Lamarana Camara, a été emportée par un courant d’eau dans la soirée d’hier mercredi, 21 août 2019, alors qu’elle traversait la rivière Kawilin, un affluent du fleuve Tominé, rapporte Guineematin.com à travers un de ses reporters en séjour dans la localité.

Le drame s’est produit au secteur de Kondjonya, relevant du district de Madina Bowé, dans la commune rurale de Koumbia. Selon nos informations, la jeune Lamarana Camara, fiancée de son état, a été emportée par les eaux du cours d’eau. C’était au moment où les citoyens revenaient du marché hebdomadaire de Moto, dans la commune rurale de Kakoni.

Aux dernières nouvelles, les autorités locales et les populations s’activaient sur le terrain pour tenter de retrouver le corps de la victime.

La disparition de cette jeune fille vient allonger la liste des personnes décédées à travers la Guinée pendant cette saison des pluies. Pour la journée d’hier mercredi, 21 juillet 2019, un bébé de 9 mois et un enfant de 5 ans ont été emportés par les eaux, respectivement à Kakimbo(Conakry) et à Sanoyah (Coyah). D’autres naufrages sont enregistrés récemment chez les pêcheurs artisanaux et autres citoyens à Conakry et Kankan.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tel: 628089845

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Affaire des T-shirts du FNDC : Foniké Menguè et Sékou Koundouno saisissent la Cour d’Appel

22 août 2019 à 15 03 57 08578
Oumar Sylla (alias Foniké Mengué) et Sékou Koundouno
Oumar Sylla (alias Foniké Mengué) et Sékou Koundouno

Les responsables du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ne baissent pas les bras dans leur différend avec la Direction de la Police Judiciaire (DPJ) autour de la confiscation de 850 T-shirts et d’autres pièces leur appartenant. Pour entrer en possession de leurs objets et de la somme d’un million et demi de francs guinéens, confisqués lors de l’arrestation « arbitraire » de Foniké Menguè et Sékou Koundouno, leur avocat a saisi la Cour d’Appel de Conakry ce jeudi, 22 août 2019, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’on se souvient que le 16 juillet 2019, Oumar Sylla, plus connu sous le Foniké Menguè, membre actif du FNDC, a été violemment mis aux arrêts, sans mandat, par des agents en civil, et conduit à la DPJ. Par la suite, Sékou Koundouno, autre membre de la structure, également farouchement opposant au tripatouillage de la Constitution guinéenne, est mis aux arrêts alors qu’il est venu aux nouvelles à la DPJ.

Au cours de l’arrestation de Fonikè Mengué, il avait dans son véhicule quelques 850 T-shirts estampillés FNDC, 3 banderoles, deux drapeaux et une somme d’un million 500 mille GNF.

Après des heures d’audition à la DPJ, les deux activistes de la société civile ont été relâchés sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux. Mais, les T-shirts et autres n’ont toujours pas été restitués aux membres du FNDC.

C’est pour réparer ce « tort », que leur avocat, maitre Salifou Béavogui, a saisi le Procureur Général près la Cour d’Appel de Conakry pour des fins de restitution desdites pièces. « Nous n’allons pas lâcher prise jusqu’à ce qu’on nous restitue tous les objets et le million et demi de francs guinéens », a fait savoir l’avocat.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél 628 17 99 17

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Sit-in devant la HAC, synergie des radios… La presse guinéenne mobilisée pour défendre ses libertés

22 août 2019 à 15 03 37 08378

COMMUNIQUE CONJOINT DES ORGANISATIONS PROFESSIONNELLEs DES MEDIAS EN GUINEE

Les membres des organisations professionnelles de presse URTELGUI, AGUIPEL, APAC, REMIGUI, UPLG, AGEPI, UFSIG, SPPG, AJPRG et l’UPF-Guinée se sont retrouvés ce jeudi 22 août 2019 en réunion d’urgence.

Les débats ont porté sur la violation manifeste de la Loi 002 portant liberté de la presse en Guinée marquée par le placement sous contrôle judiciaire de M. Diallo Souleymane, Fondateur du Groupe de presse Le Lynx-La Lance-Lynx FM et Boubacar Alghassimou Diallo dit Abou Bakr, Directeur Général de la Radio Lynx FM.

Ces cas viennent allonger la liste des journalistes déjà sous contrôle judiciaire et/ou en procès comme Mohamed Bangoura, Directeur de Publication du site mosaiqueguinee.com, Lansana Camara, Directeur de Publication du site conakrylive.info.

Ces organisations regrettent et dénoncent avec force que ces confrères soient poursuivis sur la base de la loi 037 portant cyber-sécurité et protection des données à caractère personnel.

Ces organisations déplorent et dénoncent les agissements de certains magistrats et autres auxiliaires de justice qui violent la procédure en matière de gestion des délits de presse et des délits commis par voie de presse. Elles rejettent catégoriquement l’interdiction faite à Abou Bakr d’animer l’émission « Œil de Lynx » jusqu’à nouvel ordre.

Par conséquent, les organisations ci-haut mentionnées, décident de :

-L’organisation d’un sit-in le lundi 26 août 2019 devant le Palais du 25 Août, siège de la Haute Autorité de la Communication (HAC) à 10heures. Le sit-in vise à attirer l’attention des commissaires de la HAC sur les multiples violations des procédures dans la gestion des délits de presse en Guinée.

 -L’organisation d’une première synergie des radios privées sur les violations de la liberté de la presse en Guinée, de 11h à 13h, le jeudi 29 août 2019. Cette synergie sera relayée par les sites internet en direct et les journaux.

 -Enfin, les associations de presse se réservent le droit d’organiser des journées sans presse sur toute l’étendue du territoire.

 Les organisations professionnelles des médias en Guinée savent compter sur l’esprit de confraternité qui a toujours caractérisé la presse nationale et invitent celle-ci à une mobilisation sans faille dans cette nouvelle épreuve d’autoprotection pour que plus jamais ça en Guinée.

Fait à Conakry, le 22 Août 2019

Ont signé:

L’AGEPI, L’AGUIPEL, L’URTELGUI, REMIGUI, L’APAC, UFSIG, LE SPPG, L’AJPRG, L’UPLG et  L’UPF-Guinée

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Coyah : des citoyens s’activent pour libérer la route, bloquée depuis deux jours

22 août 2019 à 15 03 14 08148

Comme nous l’annoncions hier, la route nationale Coyah-Kindia est bloquée depuis deux jours maintenant. Les fortes pluies enregistrés à Conakry et ses environs lors des dernières 48 heures ont provoqué des glissements de terrain peu après la sortie de la ville de Coyah, bloquant complètement le passage. Ce jeudi, 22 août 2019, des actions ont été engagées sur le terrain pour tenter de libérer la route, a appris Guineematin.com d’un journaliste qui se trouve sur place.

Selon Etienne Tamba Teinguiano, un journaliste basé à Coyah, « c’est au niveau de la forêt du pont Kaka que les fortes pluies ont provoqué des glissements de terrain. C’est ainsi qu’une grande quantité de boue en provenance des montagnes a envahi la route, bloquant complètement le passage. En plus de ça, il y a des arbres qui ont été arrachés par le vent et qui sont tombés aussi sur la route. Donc, tout cela a contribué à bloquer la route nationale n°1, entraînant un bouchon interminable des deux côtés de la route ».

Notre confrère ajoute que lorsque la pluie a cessé, des dispositions ont été prises sur le terrain afin de débloquer la route. « Une société chinoise qui exploite une carrière de granite dans la même zone a déployé des machines et d’autres équipements pour essayer de débloquer la route. Au moment où je vous parle (14 h30), ce travail est en train d’être fait sur le terrain avec le concours de plusieurs citoyens bloqués sur place », a expliqué au téléphone de Guineematin.com, le journaliste Etienne Tamba Teinguiano.

A noter qu’en plus du blocage de la route, la pluie a causé plusieurs autres dégâts dans la préfecture de Coyah, dont la mort d’un enfant à Sanoyah, l’inondation des plaines et des bas-fonds qui a pour conséquence la destruction des cultures ainsi que la crue de plusieurs marigots et rivières qui rend difficile le déplacement de plusieurs citoyens.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com
Tel. 628124362

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Fortes pluies de Conakry : un bébé de 9 mois tué par les eaux de ruissellement à Kakimbo

22 août 2019 à 14 02 28 08288

Les fortes pluies qui se sont abattues dans la journée d’hier mercredi, 21 août 2019, sur Conakry et ses environs ont entraîné des inondations et des pertes en vies humaines. Un bébé de moins d’un an a perdu la vie après avoir été emporté par les eaux de ruissellement. Le drame s’est produit aux environs de 18 h au quartier Kakimbo, dans la commune de Ratoma, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le bébé de neuf (9) mois se nomme Amadou Oury Barry. Son corps a été retrouvé ce jeudi matin dans la rivière Kakimbo.

Interrogée par notre reporter, Aissatou Bah, la mère du bébé qui a échappé aussi de justesse à la mort, est revenue sur sa mésaventure. « Je revenais d’une cérémonie qui a eu lieu à Mamou. Les chauffeurs ont refusé de me prendre parce que j’étais complètement mouillée. Suite à cela, j’ai jugé nécessaire de prendre une moto pour rentrer à la maison. Quand on est arrivés au niveau d’un fossé, on a trouvé qu’il y avait beaucoup d’eau sur les lieux.

J’ai demandé au motard, est-ce que tu ne peux me laisser descendre ici. Il m’a allons et toi attrape moi bien. Mais, quand nous avons essayé de traverser, l’eau nous a emportés et nous sommes allés nous coincer au niveau d’un rocher, le motard et moi. C’est là que j’ai constaté que j’ai perdu mon bébé que je portais au dos. Je me suis relevé pour m’asseoir. En ce moment lui (le conducteur de taxi moto), il était assis. Mais il ne pouvait pas se relever parce qu’il avait le pied cassé.

On s’est servi de son téléphone pour appeler nos parents jusqu’à ce que les unités soient finies. Il se faisait tard. Comme je pouvais marcher un peu, j’ai décidé de venir au bord de la route pour appeler au secours. Ensuite, ses amis (les taxi-motards) sont venus nous prendre pour nous évacuer à l’hôpital », a expliqué la malheureuse, les larmes aux yeux.

Selon Thierno Mamadou Barry, le père du bébé, « ça c’est passé hier aux environ de 17h-18h alors que ma femme revenait de Mamou pour une cérémonie de mariage. Quand elle est arrivée à Bambéto, elle n’a pas pris soin de m’appeler, elle a emprunté un taxi-motard qui ne connaissait pas très bien la route. Il a emprunté un chemin qui n’est pas en cette période d’hivernage. Derrière les hôtels en construction, les eaux de ruissellement les ont terrassés, ils sont tous tombés. Les bagages, le bébé, ma femme et le motard ont été emportés par les vagues à plus de 500 mètres vers le bas-fond.

Ma femme s’est accrochée à des troncs d’arbres et à des pierres. Elle était un peu consciente, elle a crié au secours. Ils ont été sauvés par les vendeurs de fleurs au près de la RTG. Le motard était coincé. Finalement, ils sont parvenus à l’extraire pour les emmener à l’hôpital. Ma femme a été emmenée à l’hôpital Jean Paul 2 où on lui a fait des soins. Elle était grièvement blessée. Le motard a été envoyé au CHU de Donka », a-t-il dit.

Parlant de son bébé, Thierno Mamadou Barry a expliqué que « c’est ce matin que nous avons retrouvé son corps aux environs de 9 heures au bord de la rivière de Kakimbo. Nous l’avons enterré là-bas. Il s’appelait Amadou Oury Barry, âge de 9 mois ».

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Genre et équité : plusieurs responsables de partis politiques outillés à Kindia

22 août 2019 à 13 01 28 08288

Une soixantaine de membres de partis politiques viennent d’être formés et sensibilisés sur la prise en compte du genre et de l’égalité homme/femme. Organisé par le Forum des femmes parlementaires de Guinée (FOFPAG) avec l’appui technique du PNUD et de l’ONU-Femmes sur financement du gouvernement du Canada, l’atelier s’est tenu à l’ENI de Kindia, rapporte un correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Ce sont des femmes députées, les secrétaires nationaux en charge des élections, les chargés de l’implantation et les comités nationaux des femmes des principaux partis politiques du pays, qui ont pris part à ces travaux. Selon Boubacar Bah, expert en développement parlementaire du PNUD, cette rencontre qui a duré trois jours, « visait à outiller les uns et les autres sur comment prendre en compte les questions de genre dans la vie des partis politiques de tous les jours, non seulement au niveau légal mais aussi de l’action des partis tous les jours ainsi que dans le cadre du processus électoral.

Comment faire en sorte que les jeunes et les femmes soient représentés dans les instances de prise des décisions, comment faire en sorte que l’action des partis tous les jours, que ce soit leurs projets de société, que ce soit le programmes qui les conduisent, que ce soit au niveau de nos collectivités et au niveau national soient sensibles au genre », a expliqué l’expert du Programme des Nations Unies pour le Développement.

A l’issue des travaux, les participants ont signé une déclaration commune, s’engageant à promouvoir les femmes dans leurs formations politiques. Une déclaration par l’honorable Hadja Fatoumata Binta Diallo, présidente du Forum des femmes parlementaires de Guinée (FOFPAG), qui a exhorté à la mise en œuvre de cet engagement. « Je prends acte de votre engagement et de la déclaration que vous venez de faire. Je vous félicite et vous exhorte à mettre en œuvre ces engagements au sein de vos structures. Le Forum des femmes parlementaires de Guinée sera à vos côtés pour traduire en actes concrets cette déclaration de Kindia sanctionnant les travaux de cet atelier.

C’est le lieu et l’occasion de saluer l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), l’ONU-Femmes et le gouvernement du Canada, sans lequel nous ne serions pas à ce niveau de prise en compte du genre et de l’égalité des sexes dans le cadre du travail parlementaire. Grâce à cette précieuse contribution, les processus électoraux deviennent inclusifs. Je remercie également les autorités de l’Assemblée nationale à leur tête l’honorable Claude Kory Kondiano pour leur appui aux activités du forum. Pour terminer, j’invite tous les participants à restituer et œuvrer à la prise en compte du genre au sein de nos partis politiques », a elle lancé la députée.

De leur côté, les participants à cet atelier ont salué l’initiative et remercié les organisateurs. Ils se sont dit satisfaits du déroulement des travaux et ont promis de restituer les connaissances acquises au sein de leurs différentes formations politiques. Par la voix de leur porte-parole Zénab Théa, ils ont formulé aussi quelques recommandations visant l’atteinte des objectifs de cet atelier. Il s’agit de :

« L’intégration dans les documents juridiques des partis politiques, de l’égalité entre les sexes et la prise en compte du genre comme valeur de base ; prendre de mesures législatives et réglementaires favorisant la participation des jeunes et des femmes dans les organes ou instances des décision ; renforcer le leadership des femmes et des jeunes des partis politiques pour accroître leur implication dans la vie publique et politique ; mettre en place un groupe thématique genre multipartite dont l’action sera de promouvoir le genre et l’égalité entre hommes et femmes au sein des partis politiques ; vulgariser et mettre en place des mécanismes d’application de la loi sur la parité ».

De Kindia, Amadou Bailo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628 516 796/664 354 238

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Santé : « un seul avortement peut rendre la femme stérile », prévient Dr Abdourahmane Diallo

22 août 2019 à 13 01 09 08098

La stérilité, ou incapacité de se reproduire, touche de nombreux couples. Elle est souvent source d’inquiétude et même de déception, d’autant plus que les femmes sont souvent et parfois injustement pointées du doigt. Mais, quand est-ce qu’on parle de stérilité ? Quelles peuvent être ses causes ? Pour en parler, un reporter de Guineematin.com est allé à la rencontre du Docteur Abdourahmane Diallo, médecin spécialiste en Gynécologie obstétrique, en service à l’hôpital Ignace Deen de Conakry.

Décryptage !

Guineematin.com : la stérilité, est-ce une situation naturelle ou bien c’est quelque chose qu’on peut provoquer ?

Dr Abdourahmane Diallo : non, la stérilité n’est pas naturelle. Elle a des causes qui sont certes multiples, mais elle est causée par quelque chose. Elle ne survient pas de façon spontanée.

Guineematin.com : qu’est-ce qui peut alors causer la stérilité ?

Dr Abdourahmane Diallo : les causes de la stérilité sont multiples : il y a des causes qui sont liées à la femme et il y a d’autres causes qui sont liées à l’homme. Vous savez, les responsabilités sont partagées. 50% des causes sont liées aux hommes et les autres 50% sont liés aux femmes. Il faut d’abord préciser certains aspects, toute difficulté de conception n’est pas appelée stérilité. La stérilité, c’est l’incapacité totale pour un couple d’avoir un enfant.

Mais, lorsqu’un couple vit ensemble et entretient des rapports sexuels réguliers sans aucune méthode contraceptive pendant plus d’un an sans avoir une grossesse, on parle en ce moment d’infertilité. Par contre, l’infécondité, c’est lorsque la femme n’arrive pas à mener les grossesses jusqu’à terme. Mais, lorsqu’il y a une incapacité totale d’avoir un enfant, c’est en ce moment qu’on emploie l’expression stérilité. La stérilité peut être liée à l’homme lorsqu’il a une azoospermie, c’est à dire qu’il ne produit pas de spermatozoïde.

Chez la femme, certaines malformations de l’appareil génital portant sur les ovaires, sur l’utérus ou le vagin, certains traitements comme par exemple l’hystérectomie (intervention chirurgicale qui consiste à enlever l’utérus) sont responsables de stérilité. En dehors de ces causes de stérilité, il y a beaucoup d’anomalies qui peuvent retarder la procréation mais qui peuvent être soignées. En ce moment, on parle d’infertilité ou d’infécondité.

Guineematin.com : y a-t-il un lien entre la stérilité et les interruptions volontaires de grossesses. Autrement dit, est est-ce que l’avortement volontaire peut causer la stérilité chez la femme ?

Dr Abdourahmane Diallo : l’avortement provoqué, par les complications qu’il engendre, peut être responsable soit de l’infertilité, de l’infécondité ou d’une stérilité. Quand est-ce que l’avortement provoqué peut être cause d’une stérilité ? C’est lorsque par exemple, l’avortement est pratiqué par des manœuvres instrumentales, avec des instruments souvent métalliques, tranchants, pour interrompre la grossesse. Alors, au cours de ces manœuvres, il peut arriver quelque fois que les gens blessent ou perforent l’utérus et quelques fois les lésions sont telles que pour sauver la vie de la femme, on est obligé d’enlever son utérus.

Lorsqu’on n’a plus son utérus, on ne peut pas concevoir. Les curetages réalisés par certaines personnes qui pratiquent l’avortement peuvent entraîner un accolement des parois utérines, qu’on appelle synéchies, rendant impossible toute grossesse. Ces avortements aussi peuvent s’accompagner d’infections génitales pouvant s’étendre aux trompes et entraîner leur fermeture et l’impossibilité de concevoir de façon naturelle, car chez l’espèce humaine, la fécondation a lieu au niveau de ces trompes.

Guineematin.com : combien d’avortements provoqués peuvent rendre une femme stérile ?

Dr Abdourahmane Diallo : un seul avortement peut tuer la femme, peut la rendre stérile. Un seul avortement, lorsqu’il est mal pratiqué, peut entraîner l’infertilité ou l’infécondité. Ce n’est pas seulement le nombre. C’est vrai que le nombre est important, mais un seul avortement mal pratiqué peut tuer.

Guineematin.com : il y a certaines personnes qui pensent que les contraceptifs peuvent aussi provoquer la stérilité. Est-ce une réalité ?

Dr Abdourahmane Diallo : non. En fait, il y a deux catégories de contraceptifs : il y en a qui sont réversibles et il y en a qui sont irréversibles. Tous ceux qui sont réversibles ne provoquent pas une stérilité. C’est vrai qu’avec certains, ont peut observer un petit retard dans le retour à la fertilité quand la femme aura arrêté la méthode contraceptive. C’est-à-dire que si elle arrête, elle peut ne pas pouvoir concevoir tout de suite, mais au bout de quelques mois, la conception est possible.

Si elle ne conçoit pas après, ça ne sera pas parce qu’elle a pris un contraceptif, mais il faut chercher une autre cause et la traiter. Maintenant, les méthodes irréversibles, quand on les réalise, c’est fini, la conception n’est plus possible. Mais ne choisissent ces méthodes irréversibles que les femmes qui ne souhaitent plus faire d’enfant dans leur vie et on ne peut pas parler de stérilité chez une femme qui ne souhaite plus faire des enfants.

Propos recueillis par Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Education : les Guinéennes, au cœur du processus de développement durable de leur pays

22 août 2019 à 12 12 23 08238

Très dynamiques dans la recherche des moyens de subsistance destinés aux familles, les Guinéennes s’activent dans divers domaines pour améliorer leurs conditions de vie, instruire leurs compatriotes et accélérer le processus de développement durable dans leur pays.

Fatou Souaré Hann est directrice exécutive de l’ONG Wafrica Guinée, une association créée depuis 2006 et dont l’action cible les jeunes filles et les femmes. Ces dernières années, la jeune dame s’est fortement impliquée dans la lutte contre les violences basées sur le genre, tout en ne négligeant pas l’indispensable volet de la formation.

« L’année dernière, grâce à l’accompagnement de l’UNICEF, on a pu former à peu près 300 acteurs de la prévention et de la réponse aux Violences basées sur le genre (VBG) dans toutes les zones du pays », explique-t-elle.

Wafrica Guinée est l’une des ONG qui a placé l’éducation et la formation des jeunes filles et femmes au cœur de sa stratégie. Dans un pays comme la Guinée, avec un taux d’analphabétisme élevé (dont 73% de femmes selon les chiffres officiels), cette démarche permet indéniablement de maintenir les progrès réalisés sur le terrain.

« On a le programme 4F (« Des Filles Fortes deviennent des Femmes Fortes) que l’on déploie dans les écoles, consistant à appuyer tous les ans une centaine de jeunes filles en difficulté scolaire. Le programme permet surtout de les aider à comprendre l’importance de l’école et avoir confiance en elles pour passer le cap de l’école primaire. Je pense que c’est une action essentielle dans un pays comme le nôtre », souligne la directrice exécutive de Wafrica.

A court terme, l’action de Fatou ne va sans doute pas bouleverser les équilibres actuels. Mais la jeune femme vise l’avenir, par une démarche structurée permettant à terme de changer les mentalités.

« Dans un premier temps, il s’agit de mettre à leur disposition de petits outils. Par exemple, signer un document, le comprendre, etc », insiste-t-elle, tout en soulignant l’apport essentiel de l’Union européenne dans ses schémas de réseautage.

D’autres Guinéennes se distinguent dans leur implication au processus de développement durable de leur pays, dans des domaines traditionnellement réservés à la gent masculine. C’est le cas de Safiatou Diallo, fondatrice du tout premier Centre International de Recherches et de Documentation (CIRD) du pays.

« En 2015, en tant qu’étudiante d’abord, puis en qualité d’enseignante chercheur à l’université de Sonfonia, j’ai voulu créer dans un premier temps un centre de documentation pour soulager ceux qui étaient confrontés à la rareté des documents dans nos structures d’enseignement supérieur, fondamentaux pour la recherche ».

A la base, le CIRD, était juste une bibliothèque mais très vite l’ambition d’en faire un projet beaucoup plus grand s’imposera d’elle-même. « Nos efforts nous ont permis de faire du CIRD un centre de documentation mais également de recherche indépendant, ce qui est remarquable. La structure est à but non lucratif et est reconnu par le ministère de l’enseignement supérieur », se réjouit la jeune dame.

Le CIRD est aujourd’hui doté de 4000 ouvrages comprenant des livres, des articles scientifiques, etc. Il a réussi à organiser plus de 70 conférences scientifiques entre 2017 et 2018.

Le CIRD a créé en outre le « prix Williams Sassine », du nom d’un des plus grands écrivains et journalistes que la Guinée ait connus. Pour la première édition, plus de 60 contributions ont été enregistrées dont 11 venant de l’étranger. C’est le Guinéen Alimou Sow, employé à l’Union européenne qui a remporté le prix.

Dans le cadre de la prévention des conflits notamment en période électorale, Makalé Traoré, ancienne ministre, cheffe d’entreprise, titulaire d’un doctorat et présidente de la Coalition des Femmes et Filles de Guinée et du Réseau Africains des Femmes ministre et parlementaires de Guinée, est une femme reconnue dans son pays.

Son réseau regroupe 1000 organisations féminines et groupements qui œuvrent à influencer les grandes décisions de tout ordre impactant les femmes dans le pays. La plateforme dirigée par Traoré, met en place des structures originales appelées « Cases » pour recueillir toutes les informations et agir en cas de besoin.

« Dans le cadre de notre réseau, nous invitons toujours les acteurs politiques à régler leurs différends par le dialogue. Il s’agit pour nous d’anticiper sur les situations conflictuelles », souligne-t-elle.

« La Case de veille a pu désamorcer plus de 200 situations conflictuelles en 2013. Deux ans plus tard, à la présidentielle, notre plateforme a déployé plus de 2000 observatrices sur l’ensemble du territoire où nous avons pu désamorcer 1604 situations conflictuelles. Dernièrement, lors les élections communales, on a déployé 2000 femmes observatrices ; pour 832 situations conflictuelles désamorcées », souligne Traoré.

Le ministère de l’action sociale de la promotion féminine et de l’enfance, accompagne les efforts fournis par toutes ces dames pour améliorer durablement les conditions de vie des Guinéens. Toutes ont en commun d’avoir compris le rôle incontournable que doit jouer la gent féminine dans le processus de développement durable du pays, grâce à l’aide de partenaires comme les institutions des Nations Unies et l’Union Européenne.

« Un seul exemple peut démontrer le dynamisme des Guinéennes : quand vous arrivez au marché Matoto à 4 heures du matin, sur 100 individus présents 99% sont des femmes », fait remarquer Batouly Kaba, directrice nationale adjointe en charge du genre et de l’équité du ministère de l’action sociale.

« Entreprendre est essentiel pour être autonome. Malheureusement dans nos pays, les femmes sont entravées par le manque de moyens en dépit de tous les efforts du gouvernement », explique-t-elle.

« Recenser leurs préoccupations et trouver des solutions, parfois avec l’aide de l’Etat ou l’appui de partenaire comme l’Union européenne, voilà notre raison d’être. Notre combat, c’est leur autonomisation », explique Kaba.

En dépit de tout, les Guinéennes sont encore marginalisées. Les statistiques officielles montrent que seulement 20% des postes de décision sont occupées par les femmes. Or, inverser cette tendance ne sera pas une sinécure…

Ibrahima Sory Diallo

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Conakry : le calvaire des usagers du tronçon Carrefour ISSEG-Carrefour Cimetière (Lambanyi)

22 août 2019 à 12 12 13 08138

Le réseau routier guinéen continue son grand élan de dégradation aussi bien en milieu rural qu’à celui urbain. Les populations du secteur Nèrébougni, au quartier Lambanyi, dans la commune de Ratoma, connaissent un véritable calvaire en cette période de grandes pluies. La circulation est presque impossible dans cette zone à cause du mauvais état du tronçon reliant le carrefour ISSEG au carrefour Cimetière. Populations riveraines, responsables du quartier et chauffeurs de taxis, interrogés par un reporter de Guineematin.com, ont exprimé leurs difficultés.

De nombreux axes routiers de Conakry présentent un visage hideux aussi bien en saison sèche qu’en saison pluvieuse. Le tronçon reliant le carrefour ISSEG au carrefour Cimetière en est une parfaite illustration.

Selon Odilon Honomou, un conducteur de taxi-moto rencontré sur les lieux, la circulation sur cette voie leur pose d’énormes difficultés. « Le tronçon de l’ISSEG jusqu’au carrefour cimetière de Lambanyi, la route est extrêmement mauvaise. On a des difficultés à traverser, des problèmes pour circuler. Parce que si la route était goudronnée, tu pouvais faire 2 ou 3 minutes de course. Mais, avec l’état actuel de la route, il faut prendre plus de 30 minutes.

Si tu as des passagers sur ta moto, il y a des lieux, quand on arrive, on est obligé de faire descendre le passager pour traverser. On est obligé d’augmenter le transport parce qu’on a des difficultés d’aller dans certains lieux. Avec nos engins, on a énormément de problèmes. Chaque Dimanche, on est au garage chez les mécaniciens. Pour les pneus, chaque 2 jours, on part au garage », a-t-il expliqué.

Les mêmes plaintes sont enregistrées chez Lancinet Kourouma, professeur de Physique au collège Lambanyi, payent actuellement les frais de la dégradation de cette route. « On a beaucoup de difficultés ici. Que ce soit la saison pluvieuse ou la saison sèche, nous souffrons ici, parce qu’on est tous envahi ici. J’étais obligé d’enlever ma prestation ici puisqu’il y a moins de clients et toutes mes machines étaient couvertes de poussière. Mes intérêts sont gâtés, je ne sais même pas quoi faire. Actuellement aussi avec la pluie, les gens n’arrivent plus à circuler comme ils veulent ici. Il n’y a jamais eu de manifestation ici, mais il peut y en avoir si ça continu comme ça », prévient-il.

Interrogé par notre reporter, Amadou Souaré, assistant du chef secteur de Nèrébougni, est revenu sur les démarches entreprises pour mettre terme au calvaire des citoyens. « A chaque tombée de la pluie, nous constatons une dégradation poussée de cette route. Les eaux de ruissellements parfois débordent pour aller se loger dans les concessions des gens. Donc, vu ces problèmes, les jeunes nous ont proposé une initiative de venir aider la population riveraine pour faciliter la circulation. Nous nous lançons seulement des messages dans les mosquées pour que les gens viennent nous aider. Nous faisons le maximum d’alerter les autorités compétentes pour qu’ils nous viennent en aide à travers les écrits ».

Pour alléger le problème et rendre la circulation un peu plus facile, Kafoumba Chérif Haidara, fondateur et porte-parole de l’Union des Jeunes Leaders de Nèrébougni (UJLN), dit avoir mobilisé les jeunes pour remplir les nids de poules visibles tout au long du tronçon. « En tant que jeunes et citoyens, nous avons vu que l’état de nos routes est mauvais. Donc, la population, les piétons, les chauffeurs, ça agasse tout le monde. C’est ainsi que l’initiative est venue de moi, j’ai demandé à mes collègues de venir volontairement pour aider les populations. Il y avait un pont ici qui était sur le point d’être gâté, et ça allait devenir un blocage. Chaque dimanche, on va essayer de continuer les travaux que nous avions entamés.

Le dimanche passé (18 août 2019) il y avait plus de 30 jeunes sur le terrain. Nous pensons faire 4 kilomètres. L’Etat nous avait promis, ils ont dit qu’ils vont refaire cette partie. Mais jusqu’à présent, ça ne va pas. Mais ce que nous nous faisons, c’est pour nous-mêmes. Nous travaillons ici chaque année et ce que nous faisons, les gens apprécient beaucoup. Mais, on a des problèmes. C’est-à-dire le manque brouettes, de pelles, de pioche parce qu’il faut creuser, nous n’avons pas de gants donc, nous travaillons comme ça, volontairement. Mais, on demande l’aide tout un chacun, surtout aux autorités de venir maintenant goudronner ici ».

Mohamed DORE pour Guineematin.com

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Gestion des marchés, faiblesse des recettes, enclavement… Le maire de Dixinn à Guineematin

22 août 2019 à 10 10 05 08058

La gestion des marchés de Conakry relève désormais de la compétence des différentes mairies de la capitale guinéenne. Cette rétrocession a été confirmée lundi dernier aux maires par le gouverneur de Conakry, le Général Mathurin Bangoura. Dans la commune de Dixinn, le maire Mamadou Samba Diallo dit n’avoir qu’un seul et unique marché, celui de Kénien. Pour sa gestion, le maire dit avoir pris un certain nombre de dispositions. Il l’a fait savoir dans une interview accordée à un reporter de Guineematin.com hier mercredi, 21 août 2019.

Guineematin.com : le gouvernorat de Conakry a décidé de restituer la gestion entière des marchés aux différentes mairies de la capitale. Comment avez-vous accueilli cette décision ?

Mamadou Samba Diallo : nous l’avons favorablement accueillie parce que c’est quand-même une bonne chose pour nous. C’est un ouf de soulagement parce que les communes étaient confrontées à des difficultés extrêmement sérieuses. Donc, si le gouvernorat a pris l’initiative de nous restituer la gestion des marchés, nous accueillons ça à bras ouverts et avec fierté.

Guineematin.com : y a-t-il des dispositions déjà prises à Dixinn dans le cadre de la gestion des marchés ?

Mamadou Samba Diallo : oui, nous avons déjà pris des dispositions sérieuses dans ce sens parce qu’avant que les marchés ne retournent pour une deuxième fois au gouvernorat, nous, nous avions déjà pris des dispositions par rapport à la première rétrocession qu’il a eu à faire au compte des communes. On était passé recenser intégralement les équipements des marchés et les occupants. Nous étions prêts à mettre un programme de travail sur pied.

C’est en ce moment que cette décision de ramener la gestion des marchés au gouvernorat est tombée. Maintenant, la même décision est changée à la faveur des communes. Nous sommes très joyeux de ça et nous avons notre inventaire en place que nous avions eu à faire. Donc, nous sommes prêts à réorganiser systématiquement notre marché puisqu’on a qu’un seul marché. C’est le marché de Kénien. Donc, nous avons pris des dispositions de réorganiser systématiquement ce marché.

Guineematin.com : à l’heure actuelle, cet unique marché rapporte combien à votre mairie ?

Mamadou samba Diallo : le marché ne rapporte presque rien, parce qu’il était géré de façon que je ne peux pas qualifier. Mais, je crois que ca rapportera au moins un peu. Si non que ça ne rapportait que dix millions par mois. Donc ça, c’est insignifiant par rapport aux charges que nous avons et puis c’est le seul marché qu’on a.

Guineematin.com : vous dites que vous n’avez qu’un seul et unique marché. Est-ce que vous avez pensé à la construction de nouveaux marchés dans la commune pour espérer récolter plus et créer plus de richesses ?

Mamadou Samba Diallo : nous sommes en quête des espaces pour ça. Je crois que d’ici à 2020, on pourra trouver les possibilités d’installer dans la commune au moins deux marchés.

Guineematin.com : peut-on s’attendre à une amélioration des recettes avec la nouvelle gestion ?

Mamadou Samba Diallo : je vous ai dit que des dispositions sont prises pour améliorer les recettes de ce marché. Le marché ne donne actuellement que dix millions par mois et nous avons pris toutes les dispositions pour améliorer complètement la production de ce marché.

Guineematin.com : venons-en au bilan de quelques mois que vous avez passés à la tête de cette mairie de Dixinn. Quelles sont les actions phares que vous avez posées jusque-là ?

Mamadou Samba Diallo : pratiquement, je vous dirai à l’image des autres communes, on n’a pas pu poser des actions phares. Pourquoi ? Parce que tout est subordonné aux questions de financement. Depuis notre installation nous n’avons absolument rien reçu. Donc, on se demande même comment parvenir à payer les contractuels que nous avons. Donc, si on se bat pour obtenir quelque chose pour payer les contractuels et on trouve ça difficilement, comment on peut envisager une action phare sur le terrain ? Ce n’est pas possible. Mais nous sommes en train de démarcher, s’il plait à Dieu, d’ici à la fin de l’année, nous serons en mesure de faire quelque chose sur le terrain qui sera visible par les populations.

Guineematin.com : certaines communes se disent être confrontées à des difficultés dans la mobilisation des recettes, est-ce que c’est le cas chez vous ? Si oui, quelles sont ces difficultés ?

Mamadou Samba Diallo : ceux qui disent avoir des difficultés de mobilisation de recettes, ce sont ceux-là qui ont des marchés, qui ont des ressources. Nous, on ne parle même pas de difficultés parce qu’on n’en a pas. Donc, nous végétons.

Guineematin.com : au cas où vous parveniez à avoir les moyens nécessaires, avez-vous déjà des projets à réaliser sur le terrain au bénéfice des populations de Dixinn ?

Mamadou Samba Diallo : Oui. Ça, on a des projets à réaliser, ça ne finit pas. D’abord, nous avons l’assainissement, rendre la commune propre… Cette action, si nous avons les moyens, est l’une des priorités parce que rendre la commune propre, c’est améliorer la santé de ses occupants. Après ça, nous avons à faire face aux écoles. Les infrastructures scolaires sont complètements vétustes. C’est à Dixinn seulement que vous trouvez 13 quartiers qui n’ont aucun lycée.

Je veux parler de Hafia. Hafia regorge de 13 quartiers, sur 22, et il n’a aucun lycée. C’est dommage, nous avons ça comme priorité. Nous avons l’approvisionnement de nos populations en eau. Donc ça aussi, c’est une priorité. Après ça, nous avons le désengorgement des quartiers. Entre les quartiers, il faut nécessairement des ouvertures des routes parce que tout est enclavé. Donc, je peux vous dire que tout est priorité, rien n’est fait à Dixinn.

Propos recueillis par Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel : (00224) 622919225

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Liberté de presse en otage : à qui la faute ?

22 août 2019 à 5 05 37 08378

L’inculpation et la mise sous contrôle judiciaire du doyen Diallo Souleymane, pionnier de la liberté de la presse en Guinée et PDG du groupe Lynx-Lance est incontestablement la preuve que nul journaliste ne peut croire échapper. C’est donc le moment d’exprimer son soutien dans le secret espoir de bénéficier de la solidarité des confrères quand son tour arrivera de répondre devant tel ou tel tribunal. Et, ce qu’il faut également saluer est que cette vague contagieuse de solidarité a atteint les autres corps…

Mais, qu’a-t-on réellement fait pour éviter d’en arriver là ? Pourquoi, neuf ans après avoir obtenu la Loi sur la liberté de la presse sommes-nous en train de subir une toute autre Loi ?

Avant même l’élection présidentielle de 2015, le président Alpha Condé a commencé à attaquer la L002, à travers certains commis de l’Etat. Alors ministre de la Communication, Alhousseiny Makanera Kaké dira ouvertement la volonté de son Département de réviser cette Loi en y insérant des peines privatives de liberté contre les journalistes. Après son limogeage, les critiques reprendront de plus belles et on comprendra que Makanera ne faisait pas un combat personnel ; mais, il n’était qu’un petit maillon d’une chaîne.

Moins de six mois après sa réélection par un coup KO, le président Alpha Condé fera introduire une autre Loi à l’Assemblée nationale pour-disait-on, protéger les Guinéens contre les cybercriminels. « C’est vrai, certains volent nos identités sur les réseaux sociaux et puis il y a trop d’injures et d’escroqueries », se plaignaient certains députés à la plénière du 02 juin 2016, au moment de débattre de la Loi qu’ils n’ont en réalité pas lu en profondeur et qui cachait assez de pièges…

Députés sourds à nos appels

Grâce à des alertes envoyées par des ONG internationales dont Amnesty international, on a très tôt compris que le pouvoir voulait, à travers cette Loi, verrouiller nos libertés. Nous avons alors joint des députés auxquels nous avions expliqué ce qui se tramait en leur demandant de faire tout pour empêcher l’adoption de cette loi. Puisque si cela se faisait, le pouvoir aura une base légale qui lui servira de prétexte pour bâillonner les médias. Malheureusement, sans qu’on sache réellement leur raisons, ces députés resteront sourds à nos appels et voteront tous cette Loi, le 02 juin 2016. De l’ensemble des députés du pays, seuls deux ont préféré s’abstenir. Aboubacar Soumah (élu uninominal de Dixinn) et Fodé Bocar Maréga (élu uninominal de Dinguiraye) n’ont voté ni POUR, ni CONTRE ; alors que tous les autres (des groupes RPG arc-en-ciel, Libéral-Démocrate et Alliance Républicaine) ont aidé à ce que cette Loi soit adoptée- consciemment ou non- servant ainsi de base aux amalgames actuelles… La tradition nous apprend, « tel repas est délicieux et tel autre est insipide, c’est parce qu’on vous a servi deux » ! Si on avait empêché que la Loi sur le cyber espace empiète sur les prérogatives de celle portant liberté de la presse, quel que soit le militantisme de nos juges, aucun amalgame n’aurait été possible… Mais, le pouvoir l’a concoctée, les députés l’ont adoptée, le président l’a promulguée ; et, aujourd’hui, les juges nous l’imposent !

Lutte post-adoption

Après ce qui est apparu comme une traîtrise des députés contre nos libertés, le combat contre cette Loi a continué sans grand espoir. A l’initiative de l’Association Guinéenne des Editeurs de le Presse Indépendante (AGEPI), le doyen Diallo Souleymane (aujourd’hui visé par cette Loi) se mettra face à la presse, accompagné du juriste Abdoul Aziz Diallo, pour décortiquer cette Loi aux journalistes, pointer du doigt sa dangerosité pour susciter une mobilisation encore plus grande contre sa promulgation.

Il y a également eu d’autres initiatives de la part de l’Association des blogueurs de Guinée, l’AGEPI, et des articles de presse écrits par des journalistes pour dissuader le chef de l’Etat de promulguer cette Loi qui empiéterait sur leurs libertés. Mais, ils n’ont malheureusement pas reçu le soutien nécessaire pour se faire entendre.

Pourquoi les juges écartent systématiquement la L002 au profit de celle portant Cyber sécurité ?

La gouvernance d’un pays n’est pas qu’à un seul pallier de la République. Si bien évidemment tout est préparé et mûri par le pouvoir central, plusieurs maillons sont activés pour faire tourner la chaîne. C’est ainsi qu’il a tout d’abord fallu que le pouvoir incruste des failles pouvant servir aujourd’hui de passerelles pour éviter l’application de la L002. Malheureusement, les députés (un autre maillon de la chaîne de commandement) y ont apporté leur contribution en l’adoptant. Même si on s’est mouillé, on savait d’avance que ce n’est pas sur le concepteur du projet qu’on pouvait trop compter pour freiner cette évolution. Et, aujourd’hui, ce sont les juges qui jouent leur partition en refusant la L002 aux journalistes ! Malgré leurs indiscutables talents, les avocats qui accompagnent les journalistes n’obtiennent chaque fois rien dans cette procédure devenue très huilée en cette année pré-électorale.

Pourtant, la L002 portant sur la liberté de la presse a été acquise après de nombreuses années de sacrifice. Interrogé en septembre dernier par Guineematin.com sur cette difficile marche de la presse indépendante guinéenne, Elhadj Diallo Souleymane avait décrit cette évolution en trois défis importants de la presse qui ont été surmontés progressivement sous les trois régimes politiques : de Sékou Touré à Alpha Condé, en passant par Lansana Conté.

« Sous la première République, c’était le défi de l’existence. Sous la deuxième République, le règne des militaires, c’était le défi de la survie. Maintenant, ce défi continue ; mais, les raisons ne sont pas les mêmes. Pendant la première République, le régime était totalitaire où il n’y avait pas de presse. Il y avait des militants qui travaillaient dans les médias. Les médias de l’époque, les médias de l’Etat et du gouvernement, tout journaliste était d’abord militant.

Pendant le régime du Général Lansana Conté, les choses se sont beaucoup améliorées parce que nous avons eu les textes. Nous les avons eus sous Conté, c’était énorme. La loi sur la liberté de la presse, la Loi 005/91/CTRN du 21 décembre 1991. Elle était extrêmement dure ; mais, c’était quand même une loi !

Avec le professeur Alpha Condé, les choses ont changé de tous les côtés. Côté institution, le régime Alpha Condé a essayé de restreindre les libertés, dont la liberté de la presse. On ne nous enferme pas, parce que nous avons profité de la transition pour décriminaliser les délits de presse. Il est difficile d’enfermer un journaliste ; mais, ça s’arrête là. On ne nous facilite pas la tâche du tout. Et, sous Alpha Condé, la presse est banalisée, elle est critiquée par le pouvoir… ».

Il faut donc comprendre qu’à défaut de pouvoir changer la Loi sur la liberté de la presse (votée sous la transition militaire), avec le prétexte de réguler le cyber espace, le pouvoir a introduit suffisamment de pièges pour clouer le bec à tout citoyen (journaliste ou pas) qui ne s’exprimerait pas à son goût. Si on veut fermer la gueule à un tel, la base juridique étant déjà LÉGALEMENT servie, il ne restera plus qu’à composer le numéro du juge, même le moins zélé, pour indiquer les articles à viser, la peine à prononcer et le tour est joué…

Diallo Souleymane et Aboubacr mis sous contrôle judiciaire

Ce qui est surtout étonnant dans le cas concernant le doyen Diallo Souleymane, fondateur du groupe de presse Lynx (mis sous contrôle judiciaire le lundi passé), et Abou Bakr, directeur général de la radio Lynx FM (mis sous contrôle judiciaire hier, mercredi 21 août 2019), c’est le fait que la Loi sur la Cyber sécurité soit invoquée dans un dossier où c’est une émission radiophonique qui est incriminée. Il est évident qu’il y a une volonté réelle de mettre les journalistes en prison ou alors les intimider, dans le seul et unique but de faire taire tous ceux qui critiquent le pouvoir.

Bref, la question qu’il faut se poser maintenant est celle de savoir si les hommes de médias du pays vont céder à cette pression exercée sur eux, à cette intimidation caractérisée par de multiples convocations, ou s’ils vont résister et défendre leur liberté, acquise au bout d’une longue et difficile lutte menée par les pionniers de la presse guinéenne, en première ligne le doyen Diallo Souleymane.

A suivre !

Nouhou Baldé pour Guineematin.com

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Guinée : la GéCi dénonce le musellement de la presse

22 août 2019 à 5 05 34 08348
Fodé Mohamed Soumah, président du parti GéCi

Après le contrôle judiciaire du doyen Souleymane Diallo qui a toujours combattu l’injustice, c’est au tour de Boubacar Alghassimou Diallo, plus connu sous le nom d’Abou Bakr, Directeur Général de la radio Lynx FM. Ce dernier doit se présenter 3 fois par semaine pour émarger, avec l’interdiction de sortir de Conakry, et de co-présenter l’émission « œil de lynx » avec son compère de toujours, Azoka Bah.

La Génération Citoyenne s’insurge contre cet acte scandaleux, et tout ce qui concourt au musellement des médias. C’est une manœuvre vouée à l’échec, et un combat perdu d’avance, car les Guinéens ont vu les bienfaits de la libération des ondes. C’est pourquoi, les TV privées ont le vent en poupe, tout comme certaines émissions comme Œil de Lynx, dont ils ne peuvent plus se passer.

L’utilisation de la justice politicienne pour réprimer, intimider, emprisonner… montre jusqu’à quel point la presse est devenue le second pouvoir chez nous, depuis que le Législatif est périmé.

Obliger des personnes qui ont un emploi et des charges familiales à ne plus avoir de revenus, c’est donner le signal « au suivant ! », « quel téméraire ? », et créer la psychose au sein de la corporation. C’est du déjà-vu !

Nul n’est besoin de tracer le parcours du Doyen Souleymane qui a bravé les interdits, la pression et la peur, pour défendre le Droit. Que dire d’Abou Bakr au regard de sa compétence, sa plume et son professionnalisme ?
Voudrait-on des médias à la commande comme à la RTG ? Faudrait-il envoyer les questions et recevoir les réponses avant tout direct ? Le journaliste serait-il condamné à répondre des propos de ses invités ? Certaines personnes devrait-elles être bannies des émissions en direct ? Devrait-on passer à l’heure des émissions enregistrées, afin de supprimer les propos et les passages dérangeants ? A moins de faire un tri sélectif des invités à bannir ou à dompter ? Tout ceci pour dire que la peur a changé de camp. Il y a panique à bord, et nous allons tout droit vers le « sauve qui peut ».

La meilleure réponse à donner à cette situation ubuesque, serait un block-out total et immédiat de toutes les émissions/publications, et le prolonger jusqu’à la levée des sanctions.

Nous n’en sommes plus à trouver les artifices des débats creux, les explications liées aux annonceurs, les salaires à payer, la primauté à l’URTELGUI, et tutti quanti.

C’est le meilleur moyen d’en finir avec les excès de zèle, l’intimidation, et avoir la population du côté de la liberté d’expression, du courage, de la justice, de la vérité, etc.

Ainsi, le peuple indexerait les médias réfractaires, comme il vient de le faire avec les partis politiques présents dans les institutions, pour accompagner le pouvoir.

D’ailleurs, cette désaffection des populations pour la chose publique va s’aggraver avec la guerre des tranchées au sein de l’opposition, pendant l’installation des démembrements de la CENI.

Au lieu de mettre la pression pour l’organisation des élections en 235 jours, comme indiqué au sortir de leur retraite, et dans les conditions requises, nous sommes toujours dans la réaction, avec du retard à l’allumage.
Mais une chose reste certaine à présent et à jamais, les Guinéens ne transigeront plus avec les acquis démocratiques. Que ce soit clair pour tous !

Fodé Mohamed Soumah

Président de la Génération Citoyenne « GéCi »

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Conakry sous la menace d’une surcapacité hôtelière

22 août 2019 à 1 01 56 08568

Depuis quelques années, la Guinée enregistre d’importants investissements dans le secteur de l’hôtellerie. A en croire les autorités en charge du tourisme, plus d’une centaine d’établissements hôteliers ont été construits depuis 2010, parmi lesquels, des grandes chaines hôtelières mondiales et régionales comme Sheraton, Onomo, Noom….

D’autres hôtels de haut standing comme Kaloum, Palm Camayenne, Millenium suite, Riviera… contribuent également à redorer l’image de l’hôtellerie guinéenne. Le déficit de capacité hôtelière des années 2010 n’est donc, désormais, qu’un lointain souvenir, du moins dans la capitale Conakry.

La capacité hôtelière du pays est estimée à 6188 chambres en 2018 contre 2060 chambres en 2010. Dans la capitale Conakry, où sont localisés la plupart des investissements, on annonce une croissance de plus de 300% de la capacité hôtelière durant cette période, passant de 1152 à 3670 chambres.

Ainsi, grâce à l’implantation des grands hôtels d’affaires, Conakry concentre aujourd’hui plus de la moitié de la capacité hôtelière du pays. Cet impressionnant dispositif hôtelier est accompagné d’importantes retombées sur l’ensemble de l’économie à cause de son effet catalyseur. En plus des opportunités économiques, fiscales et de création d’emplois qu’ils représentent, les investissements hôteliers ont des effets d’entrainement sur les autres secteurs de l’économie nationale comme la construction, le commerce, les activités du secteur des services…

Mamoudou Kouyaté, Enseignant chercheur
Mamoudou Kouyaté

Cependant, derrière ce beau décor, se cache un réel problème de dysfonctionnement. Les hôtels de Conakry sont presque vides. Les taux d’occupation sont en dessous de 30% et pour cause : la faible fréquentation touristique et la flambée des capacités dans le haut de gamme.

La croissance effrénée de l’offre hôtelière se heurte aujourd’hui à une demande touristique presqu’insignifiante et instable. Après une augmentation significative des arrivées touristiques en 2011(soit 131070 touristes internationaux) qui avait donné espoir aux investisseurs hôteliers, celles-ci ont chuté à seulement 60424 visiteurs en 2016. Même s’il est possible d’expliquer cette chute spectaculaire de la demande touristique par l’apparition de l’épidémie d’Ebola en 2014 et la chute des prix des matières premières sur le marché mondial, entrainant la suspension de la plupart des travaux miniers en Guinée, il faut reconnaitre qu’aucune mesure concrète n’a été prise jusqu’ici pour renverser cette tendance. La Guinée arrive presqu’au dernier rang avec à peine 1% des arrivées touristiques de la sous-région ouest africaine en 2016, contre 15% pour la Côte d’ivoire et le Sénégal chacun.

Il ne suffit pas de créer les hôtels, il faut les remplir ! Ce cri de cœur du Directeur Général d’un réceptif de la place résume parfaitement aujourd’hui, l’amertume des hôteliers à Conakry. Selon eux, l’image négative du pays, perçue à l’étranger à travers le prisme les tensions sociopolitiques et le taux de criminalité élevé, entame la confiance des touristes et des investisseurs.

La construction des nouveaux hôtels à Conakry, surtout leur concentration sur le segment ‘‘affaire’’ et la faiblesse des arrivées touristiques ont créé une surcapacité hôtelière entraînant une baisse drastique des taux d’occupation et le ralentissement des activités des hôteliers. Pendant ce temps, ces derniers doivent continuer à faire face aux charges d’exploitations exorbitantes à cause du coût élevé de l’électricité et de l’utilisation de groupes électrogènes pour pallier les délestages électriques.

Quoiqu’il soit plaisant de constater l’arrivée de nouveaux réceptifs sur une destination presqu’inconnue comme la Guinée et qui en manquait de façon criarde ces derniers temps, l’on ne peut se permettre de croire que le simple agrandissement du parc hôtelier suffit pour dissiper les problèmes d’un secteur aussi mal caractérisé et longtemps resté en marge des priorités des pouvoirs publics. Après l’ouverture des hôtels, d’autres réalités s’imposent !

Si les activités touristiques ne sont pas développées, s’ils n’existent pas d’initiatives cohérentes de structuration de l’offre et de promotion de la destination en vue d’accroitre la demande, et si la santé économique n’est pas bonne, il est à craindre que l’on soit en train d’aller droit dans le mur. Heureusement que les autorités en charge du tourisme sont les premiers à tirer la sonnette d’alarme.

En attendant, la surcapacité hôtelière ayant pour corolaire la chute des taux d’occupation, place les hôteliers dans une situation de gestion à court terme. Avec la baisse des charges d’exploitation que cela implique, nous risquons d’assister dans les prochaines années, si rien fait, à la réduction des emplois et la dégradation de la qualité des services. Le Grand Hôtel de l’Indépendance, ex Novotel, en fait déjà les frais. Cet établissement de référence dans un passé récent à Conakry recouvre à peine aujourd’hui les charges salariales, en témoignent les nombreuses grèves des employés.

Mamoudou Kouyaté, Enseignant chercheur

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