La préfecture de Yomou, située à 66 km de N’zérékoré, est presqu’inaccessible en cette saison des pluies. La traversée du tronçon Péla-Yomou, qui s’étend sur une distance de 22 km, sur la nationale Yomou-N’zérékoré, est devenue de nos jours un véritable casse-tête chinois pour les usagers. Une situation qui affecte négativement le marché hebdomadaire de Yomou où les citoyens ne savent plus à quel saint se vouer, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Il y a maintenant trois semaines que le marché hebdomadaire de Yomou ne fait pas le plein, alors que d’habitude, de nombreuses localités voisines viennent s’y approvisionner. Cela, en raison de la dégradation très avancée de la route menant à la commune urbaine. Les conducteurs de taxis et les jeunes de la localité se sont mobilisés durant toute une journée pour mettre les grosses pierres sur les points noirs en vue de faciliter leur traversée. Mais, c’est une solution éphémère qui n’a fait aucun effet. La route devient de plus en plus impraticable.

De nombreux citoyens, interrogés par notre correspondant sur place, ont exprimé leur inquiétude devant le calvaire qu’ils vivent en ce moment. Selon Nyèpou Guémou, « je suis une commerçante de haricot et de sec. Nous quittons N’zérékoré pour le marché hebdomadaire de Yomou, pour chercher à nourrir nos enfants. Mais, quand nous quittons à Nzérékoré à 6h nous rentrons à 15 h à Yomou.

Nous venons trouver que le marché est à peu-près vide, le transport était à 35 000 fg par personne, soit 70 000 GNF l’aller et le retour. Mais, il y a trois semaines, nous payons 140 000 fg comme transport. Le sac d’aubergine était à 50 000 fg, maintenant c’est à 100 000 fg. C’est ce qui fait que nous ne gagnons rien comme intérêt. Vraiment, nous souffrons énormément sur cette route », a-t-elle expliqué.

Même son de cloche chez Kadiatou Sacko qui se plaint du manque de bénéfice dans son activité de marchande. « Nous souffrons énormément sur cette route. Sur un petit tronçon de 66 km comme celui de Yomou-Nzérékoré, nous quittons à 6h ou 7h pour Yomou mais on arrive ici à 14 h. Nous ne gagnons plus rien comme bénéfice. Au contraire, nous enregistrons des pertes maintenant », indique la vendeuse.

Les conducteurs de taxi-motos ont remplacé les voitures sur cette route. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les agents de la sécurité routière ne font que soutirer de l’argent aux motards sur ce tronçon de l’enfer.

Selon Pépé Délamou, « chaque jeudi, ils se mettent sur la route pour réclamer 5 000 GNF aux conducteurs de taxi-motos. Ils ne demandent plus les pièces de la moto, mais ils obligent les conducteurs à payer 5000 GNF comme prix de ticket. Nous comptons sur eux pour le contrôle des engins, pour éviter le vol des engins. Mais, ils ne sont plus là pour assurer la sécurité. Nous sommes étonnés qu’une fois au barrage, ces agents ne nous demandent que 5000 GNF. Nous demandons aux autorités compétentes de nous aider à faire face à ce problème », a lancé ce citoyen.

De Yomou, Michel Anas Koné pour Guineematin.com

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