Loi sur la cybercriminalité contre les journalistes : Iboun Conté dénonce la responsabilité de la HAC

20 août 2019 à 22 10 52 08528

Depuis quelques temps, le régime Alpha Condé cherche à cadenasser de façon progressive tous les espaces de liberté en République de Guinée. Après les interdictions systématiques de toute forme de manifestation avec l’installation des PA militaires dans la capitale, c’est désormais la liberté de la presse et plus généralement d’expression qui prise en otage par le pouvoir.

Aujourd’hui, même le fait de donner la parole à un homme ou une femme considérée comme adversaire du régime peut déclencher des poursuites judiciaires contre les journalistes. C’est le cas actuel d’Elhadj Diallo Souleymane, pionnier de la liberté de la presse en Guinée et PDG du groupe Lynx-Lance.

Mais, si tout se limitait à des poursuites judiciaires où on ne devait se préoccuper que du respect de la loi, c’était encore tenable. Mais, dans la Guinée d’aujourd’hui, des petits malins ont préparé et fait adopter une loi à eux qu’ils opposent, pardon imposent, à tous journaliste qui leur sera présenté. Pourtant, au moment où cette loi était en train d’être préparée et adoptée, des voix s’étaient élevées, des alertes avaient été envoyées, sans que l’adoption de cette dangereuse loi n’ait intéressé la majorité de ceux qui s’émeuvent ou font semblant de le faire aujourd’hui.

Pour Moussa Iboun Conté, les journalistes guinéens doivent enfin se départir de leur solidarité de façade et agir réellement ensemble pour la protection de leurs libertés dans notre cher pays.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose cette sortie de monsieur Conté :

Le seul bouclier, qui nous reste maintenant, est notre solidarité devant plus être de façade ! Nous refusons de pointer un doigt accusateur sur la responsabilité de la HAC dans cette situation comme à l’accoutumée. En 2016, j’avais rédigé un mémorandum dès que le cabinet du ministre Mamy Diaby avait conçu ce projet en empiétant sur les domaines de compétences de la HAC par la création du Centre de Sécurité Informatique ayant les mêmes compétences que la HAC tout en criminalisant tous les délits commis dans la presse et par voie de presse. Avec l’appui de l’Association des blogueurs de Guinée de même qu’avec celui de l’Internet Sans Frontières, un mémorandum a été déposé à la HAC qui n’a pas été pris au sérieux et finalement nous l’avons envoyé à la Cour Constitutionnelle pour qu’elle rende public un arrêt contre cette usurpation des titre et fonctions de la HAC.

Le seul bouclier, qui nous reste maintenant, est notre solidarité devant plus être de façade ! Nous refusons de pointer un doigt accusateur sur la responsabilité de la Haute Autorité de la Communication (HAC) dans cette situation comme à l’accoutumée. En 2016, nous avions rédigé un mémorandum dès que le cabinet du ministre Moustapha Mamy Diaby, alors ministre des Postes et Télécommunication, avait conçu ce projet de Loi en empiétant sur les prérogatives et domaines de compétences de la HAC par la création du Centre de Sécurité Informatique ayant les mêmes compétences que la HAC. Avec l’appui de l’Association des blogueurs de Guinée de même qu’avec celui de l’Internet Sans Frontières, les différentes interpellations de la classe politique guinéenne et alertes de Nouhou Baldé du site  »guineematin.com », un mémorandum a été déposé à la HAC qui n’a pas été pris en compte ; et, finalement, nous l’avions envoyé à la Cour Constitutionnelle pour qu’elle rende public un arrêt contre cette usurpation du titre et fonctions de la HAC.

C’est dans ce contexte que ce projet de Loi avait adopté le 2 juin 2016 par l’ensemble des députés de toutes obédiences politiques confondues.

L’insouciance, le clientélisme, le manque de courage et de justice sont les causes du malheur de la presse guinéens comme le disait bien Spinoza, citation : « Rien n’est utile à l’Homme que l’Homme ».

Moussa Iboun Conté, président de l’AGEPI

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N’zérékoré : promoteurs d’un 3ème mandat et FNDC préparent des manifs le même jour au même lieu…

20 août 2019 à 20 08 52 08528

Dans un communiqué signé ce mardi, 20 août 2019, la coordination régionale du Front national pour la défense de la Constitution a dénoncé les manœuvres des tenants du pouvoir qui veulent organiser un meeting et une conférence dans le cadre de la promotion d’un pouvoir à vie pour le président Alpha Condé.

Rappelant que des accords avaient été signés entre les promoteurs d’une nouvelle constitution (qui souhaitent offrir un mandat à vie au président actuel de la Guinée) et les défenseurs de la constitution guinéenne (qui rêve d’une alternance politique et surtout le respect de la Constitution et des institutions du pays), les responsables locaux du FNDC ont également menacé de sortir pour répondre à ce qu’ils estiment être une violation de ces accords.

Et, pour éviter toute manifestation au même lieu le même jour, avec le risque d’entraîner des troubles dans la région, la Coordination régionale du FNDC de la Guinée forestière appelle les uns et les autres à l’esprit patriotique.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose ce communiqué du FNDC-N’zérékoré :

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Inculpation du patron de Lynx FM : voici la réaction du président du GOHA

20 août 2019 à 20 08 20 08208
Chérif Mohamed Abdallah, président du Groupe Organisé des Hommes d’Affaires (GOHA)
Chérif Mohamed Abdallah, président du Groupe Organisé des Hommes d’Affaires (GOHA)

Le président du Groupe Organisé des Hommes des Hommes d’Affaires (GOHA) se dit préoccupé par l’inculpation du doyen de la presse guinéenne, Souleymane Diallo, fondateur du groupe de presse Lynx, placé sous contrôle judiciaire hier, lundi 19 août 2019. Chérif Mohamed Abdallah qui a joint un journaliste de Guineematin.com au téléphone, a dénoncé une « grave situation », appelant tous les Guinéens à se mobiliser pour défendre la liberté de la presse.

« Je pense que nous sommes face à une situation qui n’est pas du tout bonne pour l’image de la Guinée, une situation très grave. On doit préserver la liberté de la presse et de l’expression en général déjà acquise dans ce pays. C’est quelque chose qu’on a acquis difficilement, au bout d’une longue lutte, sous le régime du Général Lansana Conté. Et cela a continué pendant la transition militaire, donc ce n’est pas maintenant qu’on va remettre cela en cause.

La liberté de la presse doit être protégée par l’ensemble des citoyens guinéens. En tout cas, nous GOHA, tout ce qui peut toucher à la presse, nous le rejetons. Et nous ferons tout ce qui est à notre pouvoir pour défendre la liberté de la presse. Nous défendions cette liberté de la presse hier, nous le faisons aujourd’hui et nous le ferons, s’il le faut, demain.

Et nous demandons à tout le monde, toutes les organisations, qu’elles soient du secteur privé ou autre, de s’inscrire dans cette logique parce que sans la presse, nos activités ne seront jamais visibles. Pour le cas précis, on s’en prend à un symbole de la liberté de la presse et de la démocratie en Guinée. Tous ceux qui connaissent un peu l’histoire médiatique de ce pays savent ce qu’il a posé comme jalons dans ce domaine.

Donc, les gens ne doivent pas se taire quand on s’en prend à ce monsieur de cette manière. Le GOHA en tout cas, lui apporte tout son soutien et apporte son soutien à toute la presse guinéenne qui est sérieusement menacée depuis quelques temps », a déclaré l’opérateur économique.

Propos recueillis par Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

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Affaire Diallo Souleymane : Tham Camara voit « signes très inquiétants pour la démocratie »

20 août 2019 à 19 07 29 08298
Amadou Tham Camara, président de l’Association Guinéenne de la Presse en Ligne (AGUIPEL)

L’inculpation et la mise sous contrôle judiciaire du doyen Diallo Souleymane, PDG du groupe de presse Lynx/lance, Lynx FM continue de susciter l’indignation dans la corporation des journalistes. Amadou Tham Camara, président de l’Association Guinéenne de la Presse en Ligne (AGUIPEL), joint au téléphone dans la soirée de ce mardi, 20 août 2019, par un reporter de Guineematin.com, n’a pas caché son inquiétude et appelle les hautes autorités à se ressaisir.

« Nous sommes très inquiets, très inquiets par rapport à ce qu’incarne l’homme lui-même. A lui tout seul, il est la synthèse de la liberté de la presse en Guinée, non seulement par rapport au combat qu’il a mené, également par rapport au fait qu’il a été le président de la commission communication qui a été la cheville ouvrière pour l’élaboration de la loi qui dépénalise les délits de presse en République de Guinée. Que cette personne-là soit aujourd’hui placée sous contrôle judiciaire, sous le prisme d’une nouvelle loi liberticide, c’est tout simplement inquiétant », a dit Amadou Tham Camara.

Selon le président de l’AGUIPEL, Diallo Souleymane ne mérite pas ce genre de traitement. « Ce sont des signes très inquiétants pour la démocratie tout simplement. Il y a des échéances importantes qui attendent la Guinée, on n’a pas besoin encore de… remuer le couteau dans la plaie… en menaçant des icônes de la presse comme le doyen Diallo Souleymane et en le plaçant sous contrôle judiciaire. Je suis vraiment très désolé, mais cet homme ne mérite pas ça. Le combat qu’il a mené, pour avoir lutté au prix de sa vie pour sauver le président Alpha Condé lorsque celui-ci était en détresse, je pense qu’il ne mérite pas ce sort-là ».

Amadou Tham Camara invite à plus de lucidité dans cette affaire. « Il faut que les uns et les autres se ressaisissent et que la liberté de la presse qui a permis justement l’arrivée d’un président comme Alpha Condé, un président démocratiquement élu, ne soit jamais compromise… Quelque soit l’infraction commise, à partir du moment où c’est par voie de presse, c’est la loi sur la liberté de la presse qui doit s’appliquer, mais pas une autre loi. C’est de cela qu’il s’agit. C’est pourquoi, je vais profiter pour appeler les plus hautes autorités à plus de responsabilité et à se ressaisir. Au-delà de la corporation, c’est non seulement faire preuve de solidarité, tout le monde doit se lever. Mais, les plus hautes autorités doivent être interpellées puisque Diallo Souleymane n’est pas n’importe qui dans ce pays. Les autorités doivent se ressaisir et très vite… »

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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Le Patron de Lynx sous contrôle judiciaire : « il faut résister ! La liberté ne se donne pas »

20 août 2019 à 18 06 50 08508

La vague de réactions se poursuit suite à l’inculpation du journaliste et fondateur du groupe de presse Lynx. Le doyen de la presse guinéenne, Souleymane Diallo, a été inculpé et placé sous contrôle judiciaire hier, lundi 19 août 2019, par le procureur de la République près le TPI de Dixinn. Interrogé sur le sujet par Guineematin.com, Mamadou Dian Baldé, directeur de publication du journal L’indépendant, a dénoncé une tentative d’intimidation avant d’appeler la presse à la résistance.

« Ça relève de l’intimidation et d’une volonté manifeste de brider la presse guinéenne, notamment la presse privée », a réagi monsieur Baldé. Il ajoute que « cela s’inscrit dans cette démarche des gouvernants d’user de faux-fuyants pour ne pas rendre compte de leur gestion. C’est ainsi qu’ils préfèrent zapper la loi L002 (sur la liberté de la presse, ndlr) au profit de la loi sur la cybercriminalité, qui paraît en quelque sorte taillée sur mesure.

On croyait que l’opposition allait se démener pour la retoquer à l’Assemblée nationale, ce qui ne fut malheureusement pas le cas. Donc aujourd’hui, les journalistes de la presse privée sont considérés comme des empêcheurs de tourner en rond, c’est pourquoi on les traite de manière cavalière avec cette débauche de convocations (…)

Donc ceux qui gouvernent se donnent des libertés avec l’argent public, et puisqu’il n’y a pas de reddition des comptes malheureusement, il faut s’en prendre aux médias qui osent dénoncer. Sinon, quand on vous accuse de quelque chose, vous pouvez user d’un droit de réponse pour expliquer à l’opinion. Mais, quand il faut brandir les muscles, utiliser les services de sécurité comme s’ils n’étaient pas au service du peuple, vous voyez que c’est dévoyer la démocratie guinéenne », a regretté le journaliste.

Face à cette situation, Dian Baldé appelle les médias à résister pour préserver les libertés déjà acquises. « La presse guinéenne joue sa survie. Si elle recule, elle va en pâtir. Il faut résister ! La liberté ne se donne pas. Même en France, il a fallu que ceux qu’on a appelé les juges rouges se lèvent pour tenir tête aux gouvernants pour se libérer. Et il y avait une sorte de tandem entre les médias et la justice, c’est comme ça que la France a bénéficié d’une justice indépendante  et d’une presse libre. Parce que le régime présidentiel, quand il est trop fort, c’est un rouleau compresseur. Il écrase tout le monde », a-t-il laissé entendre.

A rappeler que le doyen Souleymane Diallo est inculpé pour« complicité de production, diffusion de données de nature à troubler la sécurité publique, porter atteinte à l’honneur et la dignité sur le fondement des articles 32 et 33 de la loi sur la cyber-sécurité ». Il doit se présenter chaque mercredi et chaque vendredi au tribunal de première instance de Kaloum jusqu’à la fin de cette procédure.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628124362

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Liberté de la presse en otage : « Alpha Condé veut légaliser la dictature en Guinée »

20 août 2019 à 17 05 47 08478
Saikou Yaya Barry, député à l’Assemblée nationale et secrétaire administratif de l’UFR

La mise sous contrôle judiciaire du doyen Diallo Souleymane, pionnier de la liberté de la presse en République de Guinée et PDG du groupe de presse Lynx-Lance, suscite une avalanche de réactions dans le pays. Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR (Union des Forces Républicaines) ne mâche pas ses mots devant cette action du pouvoir en place.

Joint au téléphone par un reporter de Guineematin.com dans l’après-midi de ce mardi, 20 août 2019, le député parle de tentative d’intimidation pour légaliser la dictature dans notre pays.

« Je l’ai dit et je le répète, Alpha Condé veut légaliser la dictature en Guinée. C’est-à-dire qu’il a trouvé que les choses ne marchent pas au pays, il veut essayer de passer par la terreur pour se maintenir au pouvoir. Nous ne devons pas perdre de vue cela. Aujourd’hui, il utilise certains militants, il utilise des individus à la justice pour essayer d’intimider les paisibles citoyens du pays », a introduit Saïkou Yaya Barry.

Selon ce proche de Sidya Touré, « le doyen Diallo Souleymane connait la déontologie du journalisme. Il fait la part des choses et on ne peut pas le traquer parce qu’il a un groupe de presse. Qu’on laisse les gens donner leurs opinions sur la vie des guinéens, leurs opinions sur la gestion calamiteuse d’un gouvernement, d’un pouvoir en place. Nous sentons qu’ils sont frileux, ils sont aux abois. Si non, ce n’est pas des personnes charismatiques comme Diallo Souleymane qu’on va tenter d’intimider, qui n’ont d’ailleurs pas la peur au ventre ».

La mésaventure du PDG de ce groupe de presse et même d’Abou Bakr, le directeur général de la radio Lynx FM, serait liée à une intervention de madame Kaba Doussou Condé, ancienne militante du RPG, aujourd’hui pourfendeur du parti au pouvoir. Cette dame a fait des révélations, dans l’émission Œil de Lynx, sur la gestion de la solde des militaires guinéens engagés au Nord Mali au compte de la MINUSMA (Mission des Nations pour la Sécurisation au Mali).

A la question de savoir si ce genre d’informations n’est pas sensible, Saïkou Yaya Barry dédramatise. « Arrêtez de parler d’informations sensibles. Nous ne sommes pas dans la dictature et dans le communisme. Aujourd’hui, il n’y a pas de secret outre-mesure sur ce qu’on connait. Quand tu donnes ton opinion sur une situation donnée, qui ne peut pas parler de son armée et de son fonctionnement? Dans les conditions normales, le Procureur devrait s’autosaisir pour mener des enquêtes sur ce qui se passe au niveau de l’armée. Si ce que la dame dit (Doussou Condé, ndlr), que ce soit vrai ou faux, quand elle a annoncé cela, il revient à l’Etat de jouer un rôle, mais pas aux journalistes. Ils n’ont pas poussé la dame à le dire. Tu ne peux pas contrôler en amont ce que va dire ton interlocuteur dans une émission interactive », soutient le député.

En outre, Saïkou Yaya Barry dénonce le fait que la Loi sur la cyber-sécurité soit invoquée dans un délit de presse. Il estime que tout ceci est fait à dessein. « Cette loi sur la cyber-sécurité protège le citoyen, qu’il soit de la presse ou pas. Mais, cette loi n’est même pas en application aujourd’hui. Est-ce qu’il y a un décret d’application de cette loi ? Ensuite, cette loi mérite d’être vulgarisée. Elle est bonne, mais l’utilisation qu’on veut en faire, est négative. Pour cette loi, il avait été recommandé de former là-dessus les officiers de police judiciaire pour qu’ils puissent faire la part des choses. Ce n’est pas encore fait. Cette loi demande la formation des juges et autres magistrats en matière de technologie de l’information et de la communication. Ce n’est pas fait… »

Face à cette épée de Damoclès qui plane au dessus de la tête des médias, Saïkou Yaya Barry invite à l’union sacrée de toues les sensibilités. « C’est ce qui m’amène à dire que les guinéens, qu’ils soient journalistes, hommes de métiers, magistrats ou autres, doivent savoir que ça nous ne servira à personne que la dictature s’installe chez nous. Nous devons tous nous lever pour lutter contre cette dictature », a-t-il martelé.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 1 799 17

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Cinq ponts coupés à Faranah : plusieurs localités inaccessibles

20 août 2019 à 16 04 13 08138

L’annonce a été faite par le sous-préfet de Banian à l’occasion d’une visite que le préfet de Faranah a effectuée dans la localité. Plusieurs districts de commune rurale ainsi qu’une autre sous-préfecture voisine sont inaccessibles. C’est l’effondrement de cinq ponts qui est à l’origine de cette situation, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Faranah.

Muté il y a plusieurs mois à Faranah, le préfet, Elhadj Ibrahima Kalil Keïta, a entamé hier, lundi 19 août 2019, une tournée dans les différentes collectivités de la préfecture. Selon l’autorité préfecture, ce périple vise à aller au contact des populations, connaître leurs préoccupations et chercher à apporter des solutions aux problèmes rencontrés sur le terrain. La sous-préfecture de Banian a été la première étape de cette tournée.

Dans son discours de bienvenue, le sous-préfet de Banian, Sékou Touré, a commencé par saluer les réalisations du régime Alpha Condé dans la localité, citant plusieurs chantiers financés par l’ANAFIC. Cependant, il a regretté l’effondrement de 5 ponts qui rendent plusieurs localités quasiment inaccessibles de nos jours.

« En plus des réalisations dont nous avons bénéficiées, nous sollicitons auprès de vous la construction urgente de cinq (5) ponts détruits par les grandes crues sur la piste Banian-Kobiköro. Car dix (10) districts de Banian et la sous-préfecture de Kobiköro sont entièrement coupés de Banian », a déclaré le sous-préfet, ajoutant que « nous soutenons fermement la révision de la constitution, nous disons OUI à la nouvelle constitution ».

Après Banian, le préfet et sa suite ont mis le cap sur Tiro. Là aussi, le sous-préfet Gassim Doumbouya a salué les actions de développement menées par le pouvoir en place dans la localité. « Monsieur le Préfet, nous profitons de cette journée symbolique pour vous dire que notre sous-préfecture a bénéficié des grandes œuvres de notre très cher président, le Professeur Alpha Condé, à travers l’ANAFIC.

Et, nous ne cesserons jamais d’exprimer tout notre sentiment de reconnaissance et notre soutien sans condition dans la réadaptation de notre constitution pour la paix et la cohésion sociale (…) Le changement promis par notre président est qualitatif et harmonieux. Nous lui souhaitons une longue vie et une santé de fer pour que vive la Guinée dans la paix et la prospérité », a dit monsieur Doumbouya.

Ibrahima Kalil Kéïta, préfet de Faranah

A l’issue de cette journée, le préfet de Faranah a fait le point de ces visites : « nous avons commencé cette tournée ce lundi par la sous-préfecture de Banian. Les autorités locales et la population se sont fortement mobilisées dans la joie. Nous avons visité le bureau du maire en construction. Ce chantier évolue très bien. Les populations ont réaffirmé leur attachement aux idéaux du président de la République et ont exprimé leur adhésion à la révision de la constitution guinéenne.

Même son de cloche à Tiro. Là, le maire de la commune rurale de Tiro, Bangaly Major Oularé, au nom de ses citoyens, a exprimé sa colère par rapport au retard et à la mauvaise qualité des travaux du chantier du grand marché. J’ai recensé tous les problèmes à ce niveau, je vais rendre compte au gouverneur. Ainsi, nous allons convoquer l’entrepreneur pour qu’il s’explique. Si ce retard n’est pas motivé, nous allons prendre une décision », a annoncé Elhadj Ibrahima Kalil Keita.

Mais, il faut dire que le plus urgent est la réhabilitation des 5 ponts coupés entre Banian et Kobikörö pour éviter que ces localités ne soient complètement coupées du reste du pays.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com
Tel : 00224 620 24 15 13 / 660 27 27 07

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Guinée : le FDNC dénonce le musellement de la presse et appelle les médias à la résistance

20 août 2019 à 15 03 28 08288

Depuis un certain moment, nous observons avec beaucoup d’amertume les convocations fantaisistes des journalistes Guinéens devant les tribunaux, cela, en violation flagrante de la Loi organique N° 002/CNT/ 2012 sur la liberté de presse en Guinée.

En lieu et place de cette loi qui encadre la liberté de la presse dans notre pays, les autorités administratives et judiciaires font recours à la loi L0029 de 2016 sur la cyber-sécurité qui, aujourd’hui serait devenue le nouvel épouvantail contre les médias libres et indépendants en République de Guinée.

La Loi organique N° 002/CNT/ 2012 relative à la liberté de la presse devrait être aujourd’hui le seul texte juridique devant fonder la conviction du juge dans l’interpellation d’un journaliste qui commet une infraction dans l’exercice de sa profession. Le FNDC dénonce les abus dont sont victimes les journalistes de la part des autorités publiques.

Pour des raisons inavouées, certains magistrats de façon subtile mettent en avant la loi sur la cyber-sécurité en lieu et place de la loi sur la liberté de la presse. Cette dérive ne doit pas laisser indifférents les défenseurs de la liberté de presse et de la démocratie. C’est pourquoi, tous les citoyens doivent se lever pour empêcher la confiscation de l’exercice de la liberté de presse en Guinée.

Le FNDC condamne cette imposture qui est de trop dans l’envie exagérée de museler la presse dans le but de faire passer par la force le projet de troisième mandat. Il apporte son soutien à la presse Guinéenne, en particulier au patron du Groupe de presse ‘’Le Lynx’’ et ‘’La Lance’’ pionner de la liberté de presse en Guinée, tout en lui demandant de ne pas céder à l’intimidation.

Le FNDC appelle toute la presse privée, épine dorsale de la démocratie dans notre pays, à plus de courage et d’abnégation pour ne pas perdre les acquis obtenus au prix d’une rude bataille.

Conakry le 20 aout 2019

Pour la coordination Nationale du FNDC

Le responsable des opérations

Ibrahima DIALLO

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Marché de Matoto : « quiconque vient aux toilettes ici, on lui demande pour quel besoin il est venu »

20 août 2019 à 15 03 18 08188

Ils sont plusieurs centaines de personnes (vendeurs, tailleurs, coiffeurs) à passer toutes leurs journées dans le marché de Matoto, l’un des plus grands de Conakry. Mais, ces hommes et femmes rencontrent d’énormes difficultés pour se mettre à l’aise, a constaté un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Pour faire leurs besoins biologiques, la plupart de ces personnes sont obligées de faire recours aux seules toilettes publiques du marché. Payer 1000 francs guinéens pour se mettre à l’aise. « Nous avons des toilettes publiques ici. Chaque fois que quelqu’un a besoin de se mettre à l’aise, il paye 1000 francs aux gérants. Eux aussi (les gérants, ndlr), cherchent de l’eau qu’ils mettent là-bas et du nettoyage des lieux », a expliqué maître Thierno Mamadou Diogo Bah, un tailleur qui travaille dans ce marché.

Une seule toilette publique pour tout ce beau monde, la situation est loin d’être évidente. Selon nos informations, il faut parfois beaucoup patienter pour pouvoir rentrer dans ces latrines. Et à l’intérieur, ce n’est pas confort. Ce citoyen qui se présente sous le nom de Sow Barry Kégnéko, en sait quelque chose.

« Le problème est que les toilettes sont remplies et l’odeur nous fatigue beaucoup. Et puis, quand il pleut, celui qui se trouve dans ces toilettes sera complètement mouillé parce que toit est troué et l’eau coule beaucoup. Quand vous êtes à l’intérieur aussi, vous voyez des insectes qui se promènent partout. Les gérants nettoient avec de l’eau de javel, mais ce n’est pas du tout suffisant », soutient-il.

Face à cette situation, certains commerçants ont pu se trouver des toilettes de fortune à côté de leurs magasins. C’est le cas d’Amara Camara, vendeur de pièces détachées. Mais, sa toilette ne peut pas accueillir ceux qui veulent aller à la selle. Et, cela lui pose problème de nos jours.

« Il y a une toilette chez nous ici. C’est le propriétaire du bâtiment qui l’a érigée pour nous ses clients. Et, c’est nous qui la gérons. Mais, le problème est que cette douche est faite juste pour ceux qui veulent uriner, pas pour ceux qui veulent aller à la selle. Malheureusement, certains venaient déféquer ici. C’est pourquoi, désormais, quiconque vient ici, on lui demande pour quel besoin il est venu avant de le laisser entrer », a-t-il laissé entendre.

A noter que les gérants des toilettes publiques de ce marché n’ont pas souhaité répondre à nos questions.

Aïssatou Sow pour Guineematin.com

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Timbi-Madina (Pita) : découverte macabre d’un corps sans vie

20 août 2019 à 13 01 24 08248

Le corps sans vie de Maître Mamadou Yéro Diallo, maçon, originaire de Missidé Tiga, un district relevant de la commune rurale de Kaalan, préfecture de Labé) a été retrouvé ce mardi, 20 août 2019, dans la commune rurale de Timbi-Madina, située environ 25 km du chef-lieu de la préfecture de Pita, relevant de la Région Administrative de Mamou, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Cette triste nouvelle vient d’être confirmée à Guineematin.com par le maire de la commune rurale de Timbi-Madina, Maître Mamadou Diao Diallo de Doumba.

Maître Mamadou Diao Diallo de Doumba, maire de la commune rurale de Timbi-Madina
Mamadou Diao Diallo, maire de la commune rurale de Timbi-Madina

« C’est exact. La victime est originaire de Labé. Je n’ai encore aucune idée de son âge. Mais, je sais qu’il est marié et père de 4 enfants vivants. Au moment où je vous parle, la délégation de ses parents vient d’arriver ici avec le chef du secteur de Missidé Tiga, accompagnée d’un membre du conseil communal et capitaine Ibrahima Sory de Missidé Tiga. Il a été atteint au niveau de son cou. Nous avons retrouvé son corps à Madina III. Il habite Doukou où il a une boutique gérée par son fils. Pour le moment, nous n’avons aucune idée sur les circonstances de ce décès. Les enquêtes sont ouvertes » a expliqué Elhadj Mamadou Diao Diallo.

Des indiscrétions font croire qu’il a reçu un appel avant de sortir de son domicile. Mais, le maire de la commune rurale de Timbi-Madina, Maître Diao Diallo ne le confirme pas mais révèle que c’est la femme de la victime qui a cherché à joindre son époux quand elle a constaté qu’il a tardé à rentrer.

Après le constat des autorités locales et des services de santé, les parents de Mamadou Yéro Diallo ont décidé de ramener son corps à Labé pour le faire enterrer à Missidé Tiga, dans la commune rurale de Kaalan, à une vingtaine de kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Labé.

En attendant de savoir davantage, notons que l’insécurité revient au galop dans la région. La semaine dernière, c’est un conducteur de taxi-moto du nom de Mamadou Samba Barry qui a été tué à Labé.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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Après Diallo Souleymane, Abou Bakr sous contrôle judiciaire ? Voici ce qu’en dit le DG de Lynx FM

20 août 2019 à 12 12 56 08568

Comme on le sait déjà, le régime du président Alpha Condé a placé sous contrôle judiciaire le Doyen de la presse guinéenne et pionnier de la liberté de la presse, Elhadj Diallo Souleymane, PDG du groupe de presse Lynx-Lance au niveau du Tribunal de Première Instance de Kaloum.

Dans la matinée de ce mardi, Guineematin.com a appris de nos confrères de Lynx Fm que la plainte visant le Directeur Général de la radio, Boubacar Alghassimou Diallo (Abou Bakr), qui avait reçu en premier lieu la convocation de la Direction de la Police Judiciaire (DPJ), reste maintenue, même s’il n’a pas été encore entendu…

Dans la convocation servie à la radio Lynx FM, il est mentionné que le Directeur Général de la station est convoqué pour « délit contre l’autorité publique ». Une plainte qui serait liée au passage de madame Sano Doussou Condé sur les ondes de Lynx FM. Cette pionnière et inconditionnelle du RPG (qui s’est finalement opposée à la gouvernance Alpha Condé) a évoqué entre-autres la gestion des salaires du contingent guinéen à la MINUSMA (Mission des Nations Unies au Nord Mali).

Mais, à la place de l’animateur de l’émission Œil de Lynx, c’est le fondateur du groupe de presse, le doyen Elhadj Diallo Souleymane, qui a été entendu par les officiers de police judiciaire, puis par le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kaloum. Finalement, le doyen a été inculpé pour « complicité de production, diffusion de données de nature à troubler la sécurité publique, à porter atteinte à l’honneur et la dignité sur le fondement des articles 32 et 33 de la Loi sur la Cyber-Sécurité ». Il est placé sous contrôle judiciaire et doit se présenter au tribunal deux fois par semaine (mercredi et vendredi).

Joint au téléphone par Guineematin.com ce mardi, 20 août 2019, Abou Bakr a indiqué qu’il doit également se présenter avec Elhadj Diallo Souleymane chaque mercredi et vendredi à 9 heures et que la plainte contre lui reste maintenue.

  Boubacar Alghassimou Diallo, dit Abou Bakr, Directeur Général de la radio Lynx FM
Boubacar Alghassimou Diallo, dit Abou Bakr, Directeur Général de la radio Lynx FM

« On ne m’a pas placé sous contrôle judiciaire, on nous a dit que seul le Doyen Souleymane Diallo est concerné. Tout de même, ils m’ont dit que la plainte contre moi reste maintenue et de me présenter avec Mr Diallo chaque mercredi et vendredi matin. Mon avocat et moi trouvons qu’il y a nuance là-bas, dire que je ne suis pas placé sous contrôle judiciaire et me dire de me présenter avec celui qui l’est. Donc, je considère que je suis placé sous contrôle judiciaire. De toutes les façons, demain, mercredi 21 août, nous pourrons vous apporter plus de précisions au sortir du tribunal ».

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

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Mines : « Le respect du contenu local est une obligation… »

20 août 2019 à 12 12 43 08438

Par Idiatou Camara : La Guinée est ce pays que dame nature a gratifiée d’immenses ressources naturelles parmi lesquelles, les mines. A cause de leur contenu « riche », certains qualifient d’ailleurs le pays de « scandale géologique ». Mais, si pour certains, ces ressources constituent une opportunité inégalée de sortir le pays de la pauvreté, pour certains c’est un scandale de voir toutes ces richesses qui ne profitent pas aux populations, toujours plongées dans l’extrême pauvreté surtout en milieu rural.

Ainsi, malgré l’abondance des sociétés minières intervenantes dans le pays, les communautés locales des zones d’exploitation ont de la peine à amorcer un développement durable.

Cette « frustration » des communautés entraine souvent des conflits dans ces localités minières. Pourtant, des dispositions du code minier indiquent clairement les droits de ces communautés, mais aussi leurs devoirs souvent ignorés, ou mal interprétés.

Il s’agit du contenu local, qui s’inscrit justement en droite ligne de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Le secteur minier, est aussi un secteur qui emploie aujourd’hui de nombreuses personnes vivant sur ces sites riveraines des entreprises minières.

Des communautés qui, souvent manifestent pour exiger l’emploi des habitants parfois, avec des conséquences sur les installations, et d’autres victimes parfois en vies humaines.

Toutes ces situations sont pourtant évitables si on respecte le contenu local qui le mentionne.

Qu’est-ce que s’est ? Quelles sont les droits des communautés mais aussi leurs devoirs souvent ignorés ? On en parle avec Mamoudou CONDE, juriste spécialiste des questions minières et responsable « environnement et relations avec les communautés » à « Actions Mines Guinée ».

Pour commencer, M.CONDE, on entend tellement parler du contenu local lorsque des manifestations surgissent dans les zones minières, mais qu’est-ce que s’est réellement et quel est l’intérêt de son respect ?

Merci pour cette opportunité. Vous l’avez dit, tout le monde parle du contenu local, mais sans véritablement savoir ce qu’il inclut et ses limites aussi. Alors pur vous répondre en des termes simples et clairs, je dirai que l’étude du contenu local dans le cadre de l’analyse de la gouvernance de l’industrie active revêt un intérêt majeur car c’est à travers les actions de développement économique et social que les populations ressentent l’effet positif de l’exploitation des ressources extractives. Je poursuivrais en disant que le « contenu local », représente la contribution au développement économique et social des compagnies extractives par l’utilisation prioritaire des ressources nationales et le renforcement des capacités de la main d’œuvre du pays hôte de l’extraction , en dehors des royalties.

Pour mettre en œuvre, respecter un texte, il y’a des sources juridiques. En ce qui concerne le « contenu local » que pouvez-vous nous dire ?

Il faut retenir à ce niveau que les reformes en faveur du contenu local
en Guinée, sont contenues dans le code minier révisé de 2011 amendé 2 ans après, c’est-à-dire en 2013.

Je vais vous citer quelques dispositions conformément aux piliers que sont l’emploi, la formation et la sous-traitance. En ce qui concerne l’emploi, il y’a l’article108 qui parle de l’emploi prioritaire du personnel local. On parle aussi de certaines conditions comme du titulaire d’un Titre minier ou d’une Autorisation ainsi que les entreprises travaillant pour son compte qui doivent se conformer aux exigences de la Loi applicable à l’égard des normes de travail.

Sous réserve de l’alinéa 1, le titulaire du Titre minier ou de l’Autorisation devra employer en priorité des cadres guinéens ayant les compétences requises. En conséquence, le titulaire d’un Titre d’Exploitation minière ou d’une Autorisation d’exploitation de carrières doit, pendant la phase de développement, présenter au Ministère en charge de la Formation Professionnelle et à l’Administration minière un plan de formation des cadres guinéens pour leur permettre d’acquérir les compétences exigées par le management de l’entreprise afin d’occuper des postes d’encadrement dans les cinq premières années à compter de la date du démarrage de la production commerciale.

Parlant des emplois étrangers, les permis de travail aux étrangers dans le secteur minier sont délivrés par l’Agence Guinéenne pour la Promotion de l’Emploi (AGUIPE) ou tout service en tenant lieu, après avis de l’Administration minière.

S’agissant de la formation du personnel, l’article 109 exige un plan de formation et de perfectionnement qui devra notamment comporter, l’accueil des diplômés des écoles professionnelles et des universités pour les stages de mise en situation professionnelle pour une durée de six (6) mois et de découverte de l’entreprise pour les élèves et étudiants en formation initiale pour une durée de deux (2) mois. La participation d’employés guinéens à des cours et/ou à des stages organisés en République de Guinée ou à l’étranger.

L’Agence Guinéenne pour la Promotion de l’Emploi (AGUIPE) ou tout service en tenant lieu pourra demander à l’investisseur de compléter la formation des employés guinéens par leur participation à des opérations menées à l’étranger afin de leur donner l’expertise dans les différents secteurs de l’activité minière.

Ces différentes reformes sont l’illustration de cette volonté de rendre le secteur minier plus apte à contribuer au développement du tissu économique local à travers le local content, qui est un concept nouveau et peu connu du grand public.

Justement, vu que ce concept est peu connu, et qu’il crée peut-être plus de problèmes qu’il n’en résout on va dire, vous êtes membre de l’association « Actions Mines Guinée », dites-nous que faites-vous pour informer les communautés riveraines de ces entreprises minières ?

Une bonne question je vais dire, donc en ce qui concerne cette situation qui engendre de nombreuses conséquences, sur les installations de ces sociétés minières, des victimes aussi humaines, comme on la voit ces derniers temps notamment dans la région de Boké, nous agissons pour changer la donne. Pour se faire, nous organisons des sessions de formation, des campagnes de sensibilisation sur le respect des dispositions légales et surtout l’importance de maintenir un climat de paix afin de développer notre pays, car avec des manifestations à répétition, nous n’arriverons à rien il faut avoir le courage de le dire, et d’agir dans le sens de la préservation de la quiétude sociale. Que les sociétés minières aussi, tiennent leurs engagements, respectent ces communautés qui les abrite et sans lesquelles, leurs activités ne sauraient prospérer. Chacune des parties se doit de respecter ses engagements et ses d’accomplir ses devoirs.

Il n’y a que de cette manière en connaissant ses droits et surtout ses devoirs, dans le domaine minier et dans tout autre d’ailleurs, qu’on arrivera à préserver la paix, préalable à tout développement.

M. CONDE, avant de se quitter, quels sont selon vous les défis de ce secteur porteur de croissance aujourd’hui dans notre pays ?

Ils sont nombreux à mon avis. Il faut mettre en priorité, l’adoption des textes d’applications des articles du code minier qui parlent du contenu local. La formation de la main d’œuvre locale, la qualification des entreprises/PME/PMI pour respecter les exigences des entreprises, accroitre la capacité technique et financière des entreprises locales afin d’assurer la sous-traitance des multinationales, l’application effective des dispositions du code minier. De mon point de vue, il faut également sanctionner tant les sociétés minières que les communautés pour non-respect des quotas fixés par la loi, pour les sociétés minières et d’actes de vandalisme pour ce qui concerne les citoyens, car je le disais, les communautés ont certes des droits, mais elles ont aussi des devoirs vis à vis de l’Etat et des sociétés minières, c’est important de le leur rappeler.

Un entretien réalisé par Idiatou CAMARA pour guineematin.com et radioenvironementguinee.org

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Poursuites contre Diallo Souleymane : voici la déclaration de l’URTELGUI

20 août 2019 à 12 12 27 08278
Elhadj Diallo Souleymane, PDG du groupe de Presse Lynx-lance

C’est avec beaucoup d’interrogations et de frustration que le bureau exécutif de l’Urtelgui a appris, dans la matinée du lundi, 19 août 2019, le placement sous contrôle judiciaire du journaliste et fondateur de la radio Lynx fm Souleymane Diallo et la convocation pour le lundi prochain de Abou Bakr, directeur général de la radio du même nom.

Il convient de rappeler d’emblée que depuis un certain temps, beaucoup de journalistes font l’objet d’arrestations arbitraires sur fond de menaces des commis de l’Etat, pour la plupart des cas. Et ce, sans aucun respect de leur droit et en totale violation flagrante de la loi L002/22/ 06/2010, qui encadre la presse guinéenne et l’exercice du métier de journaliste dans notre pays.

Le Bureau exécutif de l’Urtelgui exprime ses vives préoccupations face à toutes ces situations difficiles auxquelles les journalistes sont confrontés.

Le plus préoccupant à ce jour, est le nouveau procédé adopté par certains juges qui franchissent le Rubicon, en écartant simplement la loi L002/22/06/2010 sur la liberté de la presse au profit de celle sur la cybercriminalité. Cela est inacceptable !

Le Bureau exécutif de l’Urtelgui considère que tous ces évènements ne permettent pas à une presse privée responsable de s’épanouir et de faire dignement son travail pour le bénéfice exclusif des populations. Un tel acharnement au 21ème siècle de surcroit, contre une entité aussi importante que la presse, est une offense contre toutes nos valeurs et un véritable recul pour notre démocratie. Il faut que ça cesse !

Le Bureau exécutif de l’Urtelgui à la lumière de ce qui précède, prend très au sérieux cette situation et appelle tous les médias audiovisuels à resserrer les rangs pour soutenir fortement tous ces journalistes et médias ayant des démêlés avec la justice, afin d’exiger le respect strict de la loi et de la procédure en la matière.

Le Bureau exécutif de l’Urtelgui avec l’approbation sans condition de tous ses membres, soutient totalement et entièrement la radio Lynx fm et les deux confrères mis en cause. Il appelle, en outre, à une mobilisation unanime de taille pour exiger le respect strict des droits de la presse en toutes procédures et matière.

Le bureau exécutif de l’Urtelgui rappelle à la Haute Autorité de la Communication, l’opportunité de se saisir de tous ces cas d’interpellation sans base légale, avec toutes les irrégularités constatées dans les procédures enclenchées contre les journalistes, pour rappeler aux commis de l’Etat, leur devoir et surtout leur limite dans les cas d’espèce.

Il convient d’ailleurs de citer expressément la loi L003/22/06/2010, qui en donne le plein droit à la HAC, à travers son rôle de régulation et de protection de la presse.

Il convient également de mentionner que l’on n’a plus besoin de trimballer un journaliste entre les postes de gendarmerie, la Direction de la police judiciaire et les tribunaux, car, la loi est très claire en la matière. En cas de commission de délit par le journaliste et par voie de presse, la citation directe à comparaitre devant un juge reste et demeure l’unique voie empruntable.

Nul besoin donc de dire, qu’en matière de droit, la spécificité prime sur la généralité. Et, la loi organique L002/22/06/2010 est la plus spécifique à ce jour, régissant la pratique du métier de journaliste en particulier et la presse en général.

Qu’on respecte les lois de la république. C’est aussi simple que cela !

Le Bureau exécutif de l’Urtelgui attire en fin, l’attention officiellement de l’opinion nationale et internationale sur ce qu’il qualifie d’exactions perpétrées contre les journalistes dans l’exercice de leur métier, et invite les autres associations de presse à une action commune et concertée, en vue d’opposer leur refus catégorique à tout musellement de la presse, par quelque entité que ce soit.
La presse ne peut pas se taire !

Conakry, le 20 août 2019
Le Bureau Exécutif

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Kamsar : prières et concertation autour du développement de Télimélé

20 août 2019 à 12 12 22 08228

De nombreux ressortissants de Télimélé vivant à Kamsar, Conakry et dans d’autres préfectures de la Basse Guinée ont pris part à une grande cérémonie de sacrifice organisée la semaine dernière à Kamsar. L’événement a été organisé par l’Union des Ressortissants de Télimélé à Kamsar (URTK) et l’Association des Jeunes Ressortissants de Télimélé à Kamsar (AJERTEK). L’objectif était de prier pour le rayonnement de l’ensemble des fils de la préfecture de Télimélé.

Cette cérémonie a démarré par la lecture du saint Coran qui a duré trois nuits (jeudi, vendredi et samedi). Le dimanche dernier, 18 août 2019, jour du sacrifice, a été consacré au partage des plats, suivi des prières et bénédictions pour le développement de la préfecture de Télimélé et le rayonnement de ses fils résidents et ressortissants partout où ils se trouvent.

Thierno Souleymane Diallo

« C’est un sentiment de satisfaction parce qu’on a pu regrouper la majorité des ressortissants de Télimélé se trouvant à Kamsar ici et nous avons pu inviter d’autres associations de ressortissants de Télimélé à Kolaboui, Boké, Sangarédi, Conakry, mais aussi la CIDT et Fotten Gollen Télimélé. Donc pour nous, c’est une réussite totale », s’est félicité Thierno Souleymane Diallo, président de l’AJERTEK.

Mais, en plus des prières et bénédictions, cet événement a été aussi un moment de communion entre les participants et une occasion de débattre de certaines préoccupations de leur préfecture (problème de routes, de santé, d’éducation, exploitation minière, etc.).

Abdoulaye Bah

Abdoulaye Bah, président de l’URTK, estime que cette rencontre a permis aussi « de renforcer les liens d’amitié et de fraternité entre les filles et fils de Télimélé au niveau de Kamsar et des villes voisines. Cela nous a permis aussi de parler du développement socio-économique de notre préfecture ».

Monsieur Bah en a profité pour demander à l’ensemble des fils et filles de Télimélé de se donner la main pour développer la préfecture.

De retour de Kamsar, Boubacar Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 622302952

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Cambriolage à la préfecture de Dubréka : « Ma télé a été volée… » (Préfet)

20 août 2019 à 11 11 18 08188
Younoussa Le Bon Sylla, préfet de Dubraka

Le préfet de Dubréka, Younoussa Le Bon Sylla, a été victime de vol dans son bureau, situé au bloc administratif. Suite à ce cambriolage, la première autorité de Dubréka a perdu son poste téléviseur de marque Samsung 65 pouces.

Joint au téléphone par Guineematin.com dans la matinée de ce mardi, 20 août 2019, le préfet a rassuré n’avoir perdu que ce bien : « mon écran téléviseur de marque Samsung pouce 65 a été volé. Les bandits ont défoncé une porte la nuit et ont pris ma télé. C’est seulement ça qu’ils ont pris puisque le préfet, à part les papiers, n’est pas gardien de l’argent ».

Et ce vol est une preuve, s’il en était besoin, que personne n’est à l’abri et que le renforcement de la sécurité est une nécessité. « Je vais renforcer la sécurité du bloc administratif parce que je suis là pour ça. Aux citoyens de Dubréka, je leur dirai d’être très prudents. Parce que nous sommes mélangés maintenant. En cette période de pluie, il faut que tout le monde soit vigilant par rapport à ces malfrats. Aussi, les services de sécurité doivent renforcer leur mouvement sur le terrain, faire des contrôles. Mais, quand-même, les enquêtes continuent », a indiqué monsieur Younoussa Le Bon Sylla.

Selon nos informations, après cet acte de vol, le préfet aurait fermé les portes des bureaux des différents services de la préfecture. Des accusations rejetées en bloc par Younoussa Le Bon Sylla. Selon lui, il n’a aucune raison d’agir de la sorte. « Je ne peux pas accuser quelqu’un. En vertu de quoi je peux fermer les services ? Ma télé a été volée, mais cela ne vaut pas le coup de fermer les services », a-t-il lancé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Poursuites contre Diallo Souleymane : Lamine Guirassy appelle à la plus grande solidarité

20 août 2019 à 10 10 52 08528
Lamine Guirassy, PDG du groupe Hadafo Médias

« Nous ne devons pas nous taire ou bien reculer face aux manœuvres sous-marines. J’en appelle à la plus grande solidarité. Mettons nos ego à côté et voyons ensemble l’avenir » ! C’est l’appel lancé dans la matinée de ce mardi, 20 août 2019, par Lamine Guirassy, journaliste et PDG du groupe HADAFO Médias, suite à la convocation, suivie de la mise sous contrôle judiciaire du patron du Groupe Lynx-Lance, Elhadj Diallo Souleymane, considéré comme le pionnier de la liberté de la presse en République de Guinée.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose le coup de gueule de Lamine Guirassy :

Au moment où la liberté de la presse est en train d’être bâillonnée, malmenée et confisquée par un groupe d’individus dont l’unique visée est de saper les soubassements de la démocratie, je ne peux me taire sans apporter mon soutien INDÉFECTIBLE au groupe de presse Lance-lynx.

Avant hier, c’était quelqu’un d’autre, aujourd’hui c’est Elhadj Souleymane, l’un des doyens le plus respecté du quatrième pouvoir en Guinée – qui est honteusement poursuivi – et demain, probablement c’est moi ou bien toi.

Nous ne devons pas nous taire ou bien reculer face aux manœuvres sous-marines. J’en appelle à la plus grande solidarité. Mettons nos ego à côté et voyons ensemble l’avenir.

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Marché de Matoto : quand les femmes cohabitent avec les ordures

20 août 2019 à 8 08 44 08448

L’insalubrité qui règne dans certains marchés de Conakry n’est plus à démontrer : eaux de ruissellement, tas d’ordures cohabitent avec les nombreuses marchandes dont les produits étalés parfois à même le sol. Le marché de Matoto, l’un des plus grands de Conakry, n’échappe pas à cette triste réalité. Des vendeuses dudit marché, interrogées par un reporter de Guineematin.com, ne cachent pas leur désolation devant leur calvaire à cette saison pluvieuse.

Le marché de Matoto présente un visage hideux à cette saison pluvieuse. Des femmes de ce marché, interrogées à ce sujet, ont exprimé leur impuissance devant l’insalubrité, devenue leur quotidien.

Madame Hadiatou Diallo, vendeuse de piment, a fait savoir qu’elle est obligée de cohabiter avec les ordures. « La pluie nous fatigue. Quand on sort le matin, difficilement on arrive au marché. Nous, on passe par la Carrière en risquant d’être emporté par les eaux de ruissellement. Quand on arrive au marché, on trouve difficilement des marchandises, vendues à des prix très chers. Dans tout ça, les ordures nous fatiguent énormément dans ce marché. Ceux qui s’occupent de la gestion des ordures ne font pas du tout leur travail. Chaque jour, on paye 1000 francs guinéens comme taxe. Parfois, quand on est trop envahi par les ordures, on est obligé d’aller au bureau du marché pour qu’ils désignent des gens pour venir les ramasser. Et s’il pleut, on est obligé de marcher sur les ordures qu’on le veuille ou pas, surtout que les ordures bloquent la route », a-t-elle expliqué.

Même son de cloche chez Mariam Diakité qui dénonce l’inaction des responsables du marché qui ne font que les faire payer des taxes sans aucune retombée. « Les ordures nous fatiguent beaucoup ici. Les gens qui s’occupent de la gestion des ordures ne font pas bien leur travail. On est obligé de balayer vers le soir avant de rentrer, chacun fait ce qu’il peut. Pourtant, on paye chaque jour 1000 FG comme taxe. Si tu ne payes pas, c’est la guerre entre toi et eux. Et pourtant, on est obligée de sortir pour nourrir notre famille. Si nos maris ne travaillent pas et nous aussi on reste à la maison, nos enfants risquent de sortir et devenir des délinquants. Et si c’est le cas, c’est la maman qui perd », a lancé la bonne femme.

Mariam Diakité lance un appel aux autorités pour les aider à changer cette situation. « On appelle le gouvernement de nous venir en aide, car Dieu leur a confié le pouvoir pour qu’ils jouent leur rôle. Seul le bon Dieu peut aider une personne. Mais, en attendant, c’est le devoir du gouvernement de nous aider car ils sont élus pour travailler, pour les bien être de la population », a-t-elle rappelé.

Aissatou Sow pour Guineematin.com

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Entretien avec Fama Sanoh, sous-préfet de Kankalabé (texte et vidéo)

20 août 2019 à 1 01 07 08078

Guineematin.com reçoit aujourd’hui monsieur Fama Sanoh, sous-préfet de Kankalabé, située à 85 km du chef-lieu de la préfecture de Dalaba, dans la Région Administrative de Mamou. Enseignant de profession, notre invité de la semaine a près de 20 ans d’expérience dans l’administration du territoire. Kankalabé où il a pris service le 24 septembre 2015 est son troisième poste dans les fonctions de sous-préfet en République de Guinée.

Dans cet entretien vidéo exclusif, monsieur Fama Sanoh nous présente brièvement sa collectivité locale, explique les difficultés auxquelles il est confronté dans l’exercice de ses fonctions à Kankalabé, exprime des soucis de sécurité pour les ses administrés et décline les besoins prioritaires des populations locales, sous la conduite d’une nouvelle équipe du conseil communal travaillant en harmonie avec la tutelle et les ressortissants…

Décryptage !

Guineematin.com : Bonjour monsieur le sous-préfet !

Fama Sanoh : Bonjour, mon frère !

Vous-êtes le sous-préfet de Kankalabé depuis le 24 septembre 2015, date à laquelle vous avez pris service ici. Présentez-nous brièvement cette sous-préfecture !

La sous-préfecture de Kankalabé fait partie des 9 sous-préfectures de Dalaba. Elle est située à 85 km du chef-lieu de la préfecture de Dalaba. Elle est composée de 8 districts pour une population de près de 15.000 habitants et 37 secteurs.

Tous les services déconcentrés de la préfecture sont représentés à Kankalabé, qui est une sous-préfecture à vocation sylvo-agropastorale. On a des plaines aménagées et aménageables.
Le commerce est à peu près florissant, parce qu’on a un marché hebdomadaire le dimanche où toutes les sous-préfectures environnantes se réunissent ici.

Sur le plan de la quiétude sociale, la paix règne dans notre sous-préfecture. Nous travaillons avec une commune composée de 17 membres, à sa tête un maire et deux vice-maires, plus les conseillers, gérés par un secrétaire général et un receveur sur le plan administratif. A peu près, tout va bien ici.

En prenant service ici, au mois de septembre 2015, qu’est-ce qui vous a de plus marqué au départ ?

En prenant service ici, j’ai remarqué qu’à Kankalabé, les ressortissants s’investissent dans le développement de la localité. On a des ONG locales qui interviennent dans divers domaines. Sur le plan de la foresterie, on a des ONG qui s’investissent pour le reboisement. Nous sommes en accord avec une ONG française qui intervient sur le plan non seulement du reboisement mais aussi sur le plan éducatif. Ils nous aident dans notre lycée ici où ils participent à la construction des édifices scolaires. Ils nous envoient aussi du matériel de travail comme les ordinateurs. Ils nous ont aidés à faire un complexe sportif : basket, volley et handball. De l’eau potable pour les élèves. Ils ont même électrifié le lycée. La bibliothèque aussi est bien garnie.

Au niveau de la santé aussi, ils interviennent en nous envoyant des petits médicaments. Ils participent à la création des forages. Kankalabé est en voie d’aller un peu de l’avant par rapport non seulement à la participation de la communauté, à travers les ressortissants, mais aussi l’intervention de l’Etat, parce qu’avant l’arrivée de l’ANAFIC, le PACV est aussi intervenu dans la construction des écoles, des postes de santé.

Le défi qu’on a à interpeller, c’est le problème d’infrastructures routières parce que Kankalabé et ses 8 districts, l’accès un peu difficile. Kankalabé et le chef-lieu de la préfecture de Dalaba, l’accès est un peu difficile. C’est donc le problème qui nous assaille un peu sur le plan des infrastructures routières.

Quels sont les aspects qui ne fonctionnaient pas très bien à votre installation et que vous avez réussi à redresser au fil du temps en collaboration avec les autorités communales ?

Notre rôle dans ça avec les nouvelles autorités communales, c’est surtout basé sur l’assainissement. Je veux vous dire sans risque de me tromper, on peut s’enorgueillir et dire qu’après Conakry, Kankalabé est l’une des sous-préfectures les plus propres, parce qu’à la base, avec l’appui de la commune, on a initié les femmes. Le marché hebdomadaire de Kankalabé, c’est dimanche. Mais, après, dès le lundi, toutes les femmes, près de 100 à 150 femmes se réunissent pour rendre le village très propre. Je vous disais que Kankalabé, c’est une ville propre, c’est l’occasion pour moi de profiter pour interpeller l’autorité pour aider ces braves femmes en nous aidant sur le plan du matériel, parce que l’assainissement demande beaucoup de moyens. Et là-aussi, la commune nous a beaucoup appuyé dans cette initiative. Chaque matin, les femmes sont là les dimanches, le lundi matin pour nettoyer le village. C’est l’aspect le plus important que j’ai dans ma tête.

Sur le plan du reboisement, il faut dire que Kankalabé est un village vert, parce qu’on a plus de 75 à 80 hectares de forêts classées primaires, communautaires ou privées dans la sous-préfecture. Ce ne sont pas que des commentaires. C’est lui qui n’est pas sûr, il n’a qu’à venir voir. On a ça ici.
Avec la commune, réellement, les relations sont très bonnes. Nous travaillons ensemble. Et notre souci permanent, c’est le problème de sécurité. Bien que depuis que je suis venu, on n’a pas eu de problèmes extraordinaires, mais on n’a que deux agents pour une population de près de 15.000 habitants et Kankalabé se trouve au cœur du Fouta, parce qu’on est entouré par beaucoup de sous-préfectures des préfectures de Dalaba, de Labé, de Tougué, c’est un pôle économique attractif. Ce qui fait la sécurité nous inquiète un tout petit peu. Malgré qu’on n’a pas, depuis que je suis venu, eu des choses qui nous empêchent de dormir.

Nous venons de sortir des examens nationaux de fin d’année scolaire 2018 – 2019. Quels sont les résultats enregistrés par Kankalabé à l’élémentaire et au secondaire ?

Avec les résultats de cette année, le constat est amère, parce qu’à l’école primaire, on n’a pas fait un grand pourcentage. On a eu 6 élèves admis dans toute la sous-préfecture, sur près de 150 candidats. Ce qui était au-dessous de nos attentes. Au brevet, à Kankalabé centre sur 50 candidats, il n’y a eu que 15 admis. On a été un peu soulagé par rapport au bac, parce qu’en terminale Sciences Sociales, sur 13, on a 6 admis. En Sciences Maths, sur 3, on a zéro admis.

Ce facteur-là nous a permis de réfléchir. D’ici l’ouverture de tirer les leçons, parce que l’échec-là est du à beaucoup de facteurs. Vous savez mieux que moi que la grève a un peu perturbé l’élan de l’année scolaire. Cela a un peu influencé sur ce qui se passe et au niveau des enseignants et au niveau des élèves.

Mais, je crois qu’avec l’appui de tout le monde, la commune, la sous-préfecture, l’APEAE et les enseignants, nous allons tirer les leçons pour que l’année prochaine on ait un bon résultat, parce que c’est une première à Kankalabé qui a toujours donné de bons résultats. On gagne souvent de 80 à 90% d’admis.

Parlez-nous un peu du secteur de la Santé !

La santé, on se bat grâce à l’appui de nos ONG et de nos partenaires. On a près de 8 postes de santé. Et le centre de santé est là, il est un peu amélioré par rapport à l’après Ebola. L’Etat a investi des moyens au niveau des centres de santé. Les 8 postes de santé de Kankalabé sont tous fonctionnels. Les vaccinations aussi, quand le moment arrive, les gens s’investissent. On sensibilise avec le COSA pour permettre aux femmes d’envoyer les enfants de 0 à 5 ans dans le programme de vaccination.

Avec l’affaire de moustiquaires aussi, chacun a reçu ce qu’il doit avoir. On a sensibilisé pour que chaque famille utilise ses moustiquaires à bon échéant.

Et l’hydraulique villageoise ?

L’hydraulique villageoise aussi, on a des forages. On a beaucoup de forages et toujours avec nos partenaires, ils nous aident à la réparation de ces forages. Bien qu’on a des besoins. Les forages qui sont faits par l’Etat, par les ONG et les privés qui ont installé même des pompes dans les petits villages permettent au moins d’éviter les maladies hydriques au niveau de la population.

Quelles sont les difficultés que vous rencontré dans l’exercice de vos fonctions de sous-préfet ?

Les difficultés que je rencontre sur le plan administratif, c’est sur le plan infrastructurel. Le logement du sous-préfet qui est construit depuis 1968 n’est pas de bonne qualité. Il faut le reconnaître. Etant représentant de l’Etat, le symbole de l’Etat doit être visible.

Aussi, les difficultés qu’on a sont des difficultés d’ordre matériel. Le sous-préfet n’a pas de moyen de locomotion par rapport aux activités que nous menons. Nous interpellons l’Etat par rapport à ça. On nous a fait des promesses, on attend…

Justement, nous apprenons que les partenaires qui font la promotion des communes de convergence ont décidé d’accompagner l’Etat à équiper les administrations locales. C’est dans ce cadre qu’on annonce de nouvelles motos pour les sous-préfets…

Nous ne sommes pas une commune de convergence. Mais, grâce au président de la République, nous avons appris que nous devons avoir des moyens de locomotion. Pour le moment, on n’a pas reçu d’abord. Mais, on a l’espoir que les motos-là vont venir pour nous permettre de nous déplacer et mener nos activités à bon échéant.

Dans beaucoup de collectivités, nous avons retrouvé des élus analphabètes. Cette réalité complique souvent l’application du code des collectivités sur le terrain, puisque généralement ces élus prennent leurs désirs comme principes. Est-ce que c’est le cas à Kankalabé ?

Ce n’est pas Kankalabé seule qui a ces difficultés. La plupart des élus ne connait pas le code des collectivités. Notre souci, c’est comment les former. Le besoin est là. L’Administration du Territoire, envisage de venir former les conseillers par rapport à cet élan. Mais, nous ici, chaque fois que l’occasion nous est présentée, on explique au conseil ce qu’il doit faire par rapport au code des collectivités. Mais, la formation, nous la souhaitons aux conseillers. Ce n’est pas à Kankalabé seulement. La plupart des conseillers n’est pas lettré. Des fois, il y a donc, déphasage avec ce qu’ils font et ce qui doit être fait par rapport au code des collectivités. Mais, nous pensons que l’occasion viendra pour les former de façon très formelle face à ces petites difficultés qu’ils ont. Mais, tout notre souci ici, c’est sur le plan du développement. Il n’y a pas de partis pris. Le maire qui est élu et ses conseillers savent qu’ils sont là pour le développement, sans politiques, sans considération de part et d’autres. Leur objectif, c’est le développement. Et nous, en tant qu’autorité, en tant que représentant de l’Etat, on est là à les renforcer par rapport à cet élan.

Il y a combien de partis politiques qui sont représentés au sein de ce conseil communal de Kankalabé ?

Il y a trois (3) partis politiques représentés dans le conseil communal de Kankalabé. Ils sont 17 conseillers. Il y a l’UFDG majoritaire, le RPG et l’UPR.

Quel regard portez-vous sur le plan annuel d’investissement de la commune de Kankalabé ?

Grâce aux efforts fournis par le gouvernement par rapport à l’ANAFIC, Kankalabé a bénéficié des fonds comme les autres communes de la Guinée. Notre objectif, c’est donc, à travers le conseil communal, nous avons priorisé des actions. Cette année, avec près d’un milliard 200 millions de francs guinéens qu’on a reçu, on a envisagé de faire une nouvelle commune digne de nom et reconstruire l’école primaire de Kankalabé qui date de 1929. Aussi, grâce à l’initiative présidentielle, de faire le foyer des jeunes, encore appelé la maison des jeunes. Ces trois actions sont donc prioritaires et par la grâce de Dieu, si les fonds sont mis à notre disposition, cela sera fait. Et l’année prochaine aussi, on va voir aussi comment il faut faire. On va priorisé les actions, grâce aux conseillers.

Quelle est la situation de la jeunesse de Kankalabé ?

La jeunesse de Kankalabé est là. Elle participe à beaucoup de nos actions mais elle a besoin d’être soutenue, d’être renforcée, d’être encouragée par rapport à ce qu’elle doit faire. C’est pourquoi j’ai dit, quand la maison des jeunes va finir, on va chercher à les regrouper, créer ce qu’on appelle le CECOJE, centre d’écoute, de conseil et d’orientation des jeunes, pour leur permettre d’être là-bas, d’apprendre beaucoup de chose, pour leur éviter non seulement les travers sociaux donc l’alcool et le banditisme, mais aussi fixer des objectifs en créant des petits projets afin de les maintenir, pour éviter ce que nous connaissons tous, l’immigration.

Parlant de l’insécurité, vous avez dit que vous avez 2 agents. Nous savons que dans la région, le vol de bétail est un fléau. Quelle est la situation de Kankalabé à ce sujet ?

Depuis que je suis venu, je n’ai pas subi ce cas. C’est rare. Je ne dis pas que ça n’existe pas mais c’est rare. Quelques temps, on apprend qu’un animal est égorgé par-là. On a pris tout, on a envoyé. Mais, ce que vous entendez, vol de bétail de façon grande, n’existe pas très bien à Kankalabé ici, parce qu’il faut qu’on se le dise. Mais, de temps en temps, on apprend que quelqu’un est venu trouver qu’on a égorgé son animal. On a pris une partie de l’animal, on a laissé le reste. On mène les petites enquêtes pour voir quelles sont les complicités internes qui s’associent à ça.

En tant que sous-préfet, quel est le domaine dans lequel vous n’avez pas réussi à vous faire entendre par vos administrés sur le terrain ?

Je crois que, je ne sais pas si c’est une chance, moi, personnellement, je n’ai pas assez de problèmes avec mes administrés. Chacun a un objectif à atteindre. Chaque fois, on a des réunions. De temps à autres, chacun vient faire le constat de ce qui se passe. Et les petites difficultés qu’on a cette année, c’est par rapport à l’agriculture, par rapport aux engrais, parce que la campagne agricole est là. Cette année, on n’a pas reçu d’engrais pour la campagne 2018-2019. Ce sont les engrais de l’année passée qu’on a. Mais, vous savez, Kankalabé est une zone agricole. La plaine de Mansa qu’on a, a près de 800 à 1000 ha. Tout le monde se focalise là-bas. Mais, cette année, l’engrais a un peu retardé et la pluviométrie que vous savez mieux que moi a perturbé la campagne agricole. Voilà, j’ai ce souci parce que la priorité de la Guinée, c’est l’agriculture. Quand elle se développe, le pays se développe. Avec le conseil communal, chaque fois, on partage, les populations nous embêtent par rapport aux engrais.

Avez-vous un autre message à nous confier ?

Le message que j’ai à vous confier, c’est un message de paix, d’entente et de bonne collaboration dans le cadre du développement de Kankalabé. Mon souci, en tant que représentant de l’Etat, c’est le développement. On se battra avec le conseil pour que Kankalabé soit un pôle d’attraction de la Guinée.

Entretien réalisé à Labé par Idrissa Sampiring DIALLO
Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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