Gaoual : des orpailleurs bloqués, leurs machines détectrices d’or confisquées…

Depuis la fermeture des sites et l’interdiction de l’exploitation d’or à Gaoual, les services de sécurité déployés sur place pour faire appliquer cette mesure gouvernementale se livrent à une véritable chasse aux machines détectrices d’or. Plusieurs de ces joujoux sont actuellement confisqués et gardés au camp militaire de la préfecture. Ceci, au détriment de certains orpailleurs qui veulent quitter la galère de Gaoual. En tout cas, ils sont nombreux ces orpailleurs qui attendent encore la restitution de leurs machines pour partir de l’illusoire Eldorado qui les avait attirés, a constaté Guineematin.com à travers son envoyé spécial.

Actuellement, avoir une machine détectrice d’or en main à Gaoual est visiblement un crime de lèse majesté. Ça attire l’attention et entraîne qu’on se fasse embarquer pour le camp militaire. Même en pleine rue, une machine en main peut valoir une arrestation et parfois une bastonnade de la part des forces de l’ordre qui patrouillent actuellement la ville. Et, la situation est une véritable angoisse pour les orpailleurs qui veulent quitter la ville pour rentrer chez eux (en majorité en Haute Guinée).

En effet, on leur a demandé de partir de l’illusoire Eldorado ; mais, apparemment, on leur ferme toutes les issues pour partir de Gaoual. Car, dans leurs bagages, il y a des machines détectrices d’or. Des machines qui coûtent des millions de francs guinéens qu’ils ne veulent et peuvent pas abandonner comme de vulgaires chiffons à Gaoual. Mais, les sortir, même bien emballées, expose les orpailleurs à des arrestations.

Dimanche dernier, Lancinet Camara, un orpailleur venu de Siguiri depuis quelques semaines, a été embarqué pour le camp militaire, alors qu’il était en route pour la Gare routière de Kousitel. Il voulait s’embarquer pour Siguiri, via la ville de Labé ; mais, sa machine détectrice d’or lui a valu un détour au camp militaire. Les agents lui auraient demandé dix millions de francs guinéens (10 000 000 GNF) pour la récupérer.

Lancinet Camara, orpailleur originaire de Siguiri

« On quittait là où on est logé, arrivé au carrefour, on a vu leurs véhicules qui étaient en train de passer, plus de 8 pick-up, on s’est arrêté ; et, dès qu’ils ont vu la machine avec moi, ils ont dit embarquer les. Je leur ai demandé, vous m’embarquer pourquoi ? Vous nous avez dit de quitter Gaoual, on est venu à Kounsitel pour prendre un véhicule pour aller à Labé et rentrer chez nous. Ils ont voulu embarquer ma machine sans moi, j’ai dit non, j’irais avec ma machine. Je suis monté dans leur véhicule, ils m’ont dit de descendre, j’ai dit non comme vous avez pris ma machine, on ira ensemble. Ils m’ont pris à 8 heures, c’est à 15 heures qu’on est parti au camp ; et, il y avait assez de monde dont les machines ou des motos sont confisquées là-bas. Il y a même certaines machines qu’ils ont revendues à deux millions ou trois millions de francs. Ils m’ont demandé de payer dix millions pour mes deux machines saisies, j’ai dit que je n’ai pas dix millions et je ne peux pas avoir ça. Même la machine ne coûte pas dix millions. Je n’ai même pas le transport, c’est ma sœur que j’ai appelé, c’est elle qui a amené le transport pour moi. Ils ont même revendu des motos à un bon prix. Je demande à notre Président de la République, le professeur Alpha Condé de nous aider pour qu’on ait nos machines », a expliqué Lancinet Camara.

Tout comme Lancinet Camara, cet autre orpailleur, Ousmane Keïta, est encore bloqué  à Gaoual à cause de la confiscation de sa machine détectrice d’or depuis vendredi dernier. Il tient à rentrer chez lui à Siguiri, mais il ne compte pas laisser sa machine dans les mains des agents de sécurité. Et pourtant, toutes ses doléances pour récupérer sa machine sont encore restées vaines.

Ousmane Keïta, orpailleur originaire de Siguiri

« On était à Kounsitel, les pick-up des forces de l’ordre sont venus, on a couru ; mais, ils nous ont rattrapés, ils ont pris ma machine et l’ont envoyé à Gaoual depuis vendredi. Je les ai priés de me restituer ma machine pour que je me retourne chez-moi, parce que si je n’ai pas ma machine je ne peux pas me retourner. J’ai d’autres amis dont les machines sont également confisquées », a indiqué Ousmane Keïta.

A en croire certains orpailleurs encore coincés à Gaoual, les services de sécurité ont ouvert une véritable « arnaque » à leur égard. Les agents profiteraient de cette traversée de désert des chasseurs d’or pour se mettre pleines les poches. Car, pour rendre une machine confisquée, ces agents véreux fixent les prix (amende) en fonction des circonstances et de la tête du propriétaire de la machine. Et, c’est à coût de millions que chaque machine est restituée. Autant dire qu’ils font tout pour ne pas que les orpailleurs quittent Gaoual…

De Gaoual, Amadou Lama Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tel : 621686148

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