C’est une situation très pénible pour les détenteurs d’engins roulants (motos, véhicules) et autres usagers qui utilisent le carburant à Kankan. Depuis 72 heures, cette ville vit entre pénurie de carburant dans les stations-service et hausse vertigineuse du prix du carburant sur le marché noir. Le litre d’essence qui se vendait jusque-là à 10 mille francs se négocie depuis samedi dernier entre 13 000 et 15 000 francs guinéens sur le marché.

Selon des informations confiées au correspondant de Guineematin.com sur place, toute cette situation éprouvante pour les populations est partie de l’annonce faite par le gouvernement guinéen sur un éventuel réajustement à la hausse du prix du litre de carburant à la pompe. Et, dans la capitale de la région de la Haute Guinée, des rumeurs persistantes font croire que cette augmentation sera effective à partir du 1er juin prochain. Donc, c’est dans cette perspective que certaines stations-service de la ville ont commencé samedi à refouler les clients, au motif qu’elles sont en « rupture de stock ».

Cette situation a amené le marché à s’affoler et le prix du litre de carburant a été revu à la hausse. Le litre qui était vendu à 10 000 francs se vend aujourd’hui jusqu’à 15 000 francs guinéens, au grand dam des consommateurs.

« La population guinéenne même cherche la souffrance. Le gouvernement ne joue pas son rôle, parce que ce qui se passe en Guinée ne se fait nulle part dans le monde. Les gens ont du carburant ici, même dans les stations, mais ils ne donnent pas. Les gouverneurs, les préfets, les maires sont là, ils ne font rien », s’offusque Moussa Camara, un chauffeur de taxi rencontré dans la longue file d’attente qui s’est formée à la station Total du grand marché.

Tout comme Moussa Camara, cet autre citoyen de Kankan, Sékou Condé, blâme sur la population pour les difficultés actuelles. Il a du mal à comprendre cette hausse des prix ; et, l’en croire, c’est désamour entre les Guinéens qui se matérialise en difficultés dans le pays.

« Cette crise qui secoue Kankan est vraiment déplorable. Moi-même hier j’ai payé un litre à 15 000 francs la nuit, à partir 22 heures. Moi je trouve cela anormal, parce que déjà le prix n’a pas été fixé pour l’augmentation. Donc, c’est les mêmes citoyens qui sont là à augmenter le prix, nous contribuions nous-mêmes à notre problème », a indiqué Sékou Condé.

De son côté, Ibrahima Diallo trouve cette situation très « déplorable » et appelle les populations à adopter un « comportement citoyen » dans le pays.

« La population doit avoir pitié de son prochain. La situation est très critique, nous devons avoir un bon comportement citoyen et républicain. Les gens ne font qu’augmenter le prix du litre d’essence à 13 000 ou 15 000 francs. C’est vraiment déplorable », a-t-il fustigé.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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