Me Alpha Amadou DS Bah, vice-président de l’OGDH

Depuis quelques jours, le vice-président de l’UFC (union des forces du changement), l’honorable Kaly Bah, plaide pour le retour de la « peine de mort » en Guinée. Ce parlementaire brandit la peine de mort comme une arme très efficace pour lutter contre la criminalité sans cesse grandissante dans le pays. Mais, sont plaidoyer ne trouve visiblement aucun écho favorable dans les rangs des organisations de défense des droits humains.

A l’OGDH (organisation guinéenne de défense des droits humains) on promet déjà torpiller ce projet qui représente « une régression » des droits humains en Guinée. Cette structure qui s’est durement battue (aux côtés d’autres) pour l’abolition de la « peine de mort » dans le pays en 2016 dénonce également une idée irréaliste et inenvisageable.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com hier, mardi 08 juin 2021, le vice-président de l’OGDH, Me Alpha Amadou DS Bah, a laissé entendre que la peine de mort ne constitue pas une garantie à la fin de la criminalité (comme tente de le faire croire le député Kaly Bah).

« C’est une régression qu’il veut faire. Parce que les droits humains ont tellement évolué dans notre pays, qu’on n’a pas besoin de la peine de mort pour faire appliquer la loi. La question ce n’est pas la sévérité des peines, mais l’inapplicabilité des peines. Si les peines qui existent actuellement sont mises en application, cela va réduire drastiquement la violence et les infractions dans notre pays. Donc, la peine de mort n’est pas la solution. La solution c’est d’appliquer les peines qui sont prévues par rapport aux infractions qui sont concernées. Par exemple, l’assassinat peut être puni de la peine de réclusion à perpétuité. Nous estimons que cette peine est largement suffisante. En fait, notre arsenal juridique est suffisant pour mettre fin aujourd’hui à l’impunité. Donc, le retour à la peine de mort n’est pas réaliste et n’est pas envisageable dans notre pays, parce que ça constitue une régression pour les droits humains. Et mieux, aux États-Unis, la peine de mort est appliquée dans plusieurs Etats; mais, cela n’a pas réduit le taux de criminalité. Ces Etats ont le plus fort taux de criminalité dans le monde. Même si la peine de mort est appliquée, cela ne constitue pas une garantie qu’il n’aura pas de criminalité. Donc, cela n’est pas une solution que nous nous envisageons et nous pensons que notre arsenal juridique est largement suffisant. Il faut tout simplement que cela se passe au niveau des parquets pour que ceux-ci requièrent des peines conséquentes à la hauteur des forfaitures des criminels. Et mieux, pour éviter des erreurs judiciaires. Parce qu’on dit souvent qu’il vaut mieux libérer mille coupables que de condamner un innocent. C’est évident que quand quelqu’un est exécuté, on ne peut plus revenir, même s’il y avait eu erreur de jugement », a indiqué Me Alpha Amadou DS Bah.

Pour ce défenseur des droits humains, la Guinée a actuellement d’autres défis à relever qui ne soient pas un projet de retour à la peine de mort. Et, aux promoteurs de ce projet, Me Alpha Amadou DS Bah prévient que l’OGDH en fera obstacle.

« Nous allons nous lever contre et faire un plaidoyer au niveau de l’Assemblée pour ne pas qu’un tel projet aboutisse. On a d’autres défis à relever que de se lancer dans la modification du code de procédure qui a été révisé en 2016. Même la peine de mort qui existait dans l’ancien code n’a presque jamais été appliquée. Pendant presqu’une décennie, il n’y a pas de peine de mort, excepté le procès des gangs de 1996. C’était déjà une loi déjà désuète à l’époque, parce qu’on n’a jamais eu recours à la peine de mort dans notre pays. Donc, nous ne sommes pas favorables à une telle démarche », a tranché le vice-président de l’OGDH.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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