26 Mai 2009 – 26 Mai 2021, la fondation BÂ Mamadou nous convie à la douzième commémoration du décès de son compagnon et leader bien aimé qu’on avait coutume d’appeler affectueusement le « Doyen BA Mamadou ». Cette Commémoration se fera cette fois-ci encore sans cérémonie, sans regroupement, Coronavirus oblige hélas, mais de Cœur et d’esprit nous la faisons dans la communion et la réflexion sur la vision de l’homme de conception et de l’action pragmatique qu’il fut.

Nous ne devons pas oublier que BÂ Mamadou était avant tout l’écriture, les textes qu’il publiait régulièrement depuis le tout premier « la Guinée peut-elle être redressée ? » du premier avril 1990 Au-delà de la mobilisation des masses, il écrivait, critiquait et proposait mieux.

Notre Constat d’aujourd’hui est que ce qu’il est encore et toujours dans une préoccupante actualité, on le cite : « il faut pouvoir susciter chez le guinéen une attitude mentale lui permettant de reconnaitre les blocages qui existent et de les combattre afin qu’il puisse participer au redressement économique indispensable …, il faut passer de la mentalité de subsistance à la mentalité de développement … »

Dans les pages suivantes de son texte il est beaucoup question de la corruption et de l’impunité, « la corruption résultant du non-respect de la chose publique ; en rappelant que « dans tous ces scandales il n’ya jamais de vrai responsable, jamais de poursuites judiciaires, jamais d’information claire sur les suites données, etc. » Oὺ en sommes-nous toujours ? Si les choses ont bougé c’est par reculade.

Toujours dans cet écrit de 1990 on lit : « un observateur averti avait indiqué que l’Administration à été privatisée par les fonctionnaires guinéens. En effet chaque fonctionnaire considère sa parcelle de pouvoir comme son capital propre qu’il doit faire fructifier à son seul profit. Comme il n’est pas jugé sur l’accomplissement de sa tâche, il n’a aucun souci à se faire ».  Alors oὺ en sommes-nous, toutes tares de plus en plus grandissantes et d’actualité.

Par rapport aux propos quotidiens qu’il tenait, il revenait comme un leitmotiv l’exigence de la concertation, des rencontres et des partages d’opinion, la tenue d’une conférence nationale incontournable pour partir du bon pied dans la transparence et le bon chemin. Ses Vœux et sa vision n’ont pas vu le jour, la Guinée est toujours à la recherche d’elle-même, de son chemin et des « lendemains qui chantent ». Rien. Sur beaucoup de plans la situation est pire que celle d’hier, les maux que le Doyen avait inlassablement dénoncés sont et demeurent.

Nous sommes en 2021, 12ans après sa mort, on nous sort du chapeau un secrétaire permanent au dialogue national, allons donc, bon vent, Alléluia !

La présidente, Hadja Aïssatou BAH

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