Bafoé déclare au tribunal que l’arme de Kaly n’a pas été utilisée ce jour

« Le directeur central des unités d’intervention de la police nationale au moment des faits, Ansoumane Camara Bafoé, avait déclaré que l’arme du Capitaine Kaly Diallo n’a pas été utilisée ce jour. Le commandant de la Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité (CMIS) de Bambéto, Ibrahima Sory Dioubaté, a dit que lorsque le Capitaine Kaly a fait sortir l’arme, il a compris qu’elle n’a pas été utilisée ce jour… »

Comme annoncé précédemment, les plaidoiries et réquisitions dans l’assassinat du jeune Thierno Hamidou Diallo, lors d’une manifestation politique à Conakry, se sont poursuivies ce mardi, 15 janvier 2019, au tribunal criminel de Dixinn. Le procureur a tout simplement requis l’acquittement du Capitaine Kaly Diallo, présumé auteur du coup de feu mortel.

Le capitaine Kaly Diallo, officier de police, est poursuivi pour coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner. Des faits qui se sont produits le 16 août 2016 à Bambéto, dans la commune de Ratoma, à l’occasion d’une marche de l’opposition républicaine. Après les enquêtes, le Capitaine Kaly est mis aux arrêts et placé sous mandat le 25 août 2016.

La journée de ce mardi était essentiellement consacrée aux réquisitions du procureur et plaidoiries des avocats de la défense.

Dès l’ouverture de l’audience, c’est le procureur, Boubacar 1 Bah, qui a pris la parole pour ses réquisitions. Après avoir longuement relaté les faits, le procureur dira qu’ils ne sont pas imputables au Capitaine Kaly Diallo.

Selon le procureur, le Capitaine Kaly Diallo est toujours resté constant. « A la barre tout comme au niveau des enquêtes préliminaires, il n’a pas varié. Il a reconnu la détention de l’arme et les 13 munitions le jour de la manifestation. Le Capitaine Kaly Diallo a reconnu qu’il détenait ce jour une arme PMAK qui n’est pas conventionnelle pour le maintien d’ordre. Mais, sur le décès de Thierno Hamidou Diallo, il n’a jamais reconnu les faits. Le directeur central des unités d’intervention de la police nationale au moment des faits, Ansoumane Camara Bafoé, avait déclaré que l’arme n’a pas été utilisée ce jour. Le commandant de la Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité (CMIS) de Bambéto, Ibrahima Sory Dioubaté, qui a pris l’arme dans les mains de Kaly, a dit que lorsque le Capitaine Kaly a fait sortir l’arme, il a compris qu’elle n’a pas été utilisée ce jour. Il a même dit que si le Capitaine Kaly Diallo doit être poursuivi, c’est pour le non respect des consignes données par ses chefs hiérarchiques. Ensuite, le rapport balistique a indiqué clairement que Kaly Diallo ne pouvait pas rester à une distance de 401 mètres et atteindre la victime, Thierno Hamidou Diallo, qui était au 3ème étage. D’après ce rapport, il est impossible pour Kaly de rester à cette position et atteindre une cible à cette distance », a expliqué Boubacar 1 Bah.

Ainsi, souligne le Procureur, « pour ce qui est du décès de Thierno Hamidou Diallo et des autres victimes, les infractions ne sont pas imputables à Kaly, car aucune preuve n’a été démontrée ici. C’est pourquoi, je demande au tribunal d’acquitter le Capitaine Kaly Diallo pour délit non constitué » a requis le procureur.

Devant cette démonstration du Procureur, l’on est en droit de se demander qui est alors l’auteur du coup de feu mortel ? Lors des audiences passées, le capitaine Kaly n’avait-il pas accusé sa hiérarchie de vouloir de le sacrifier ?

A la suite de Boubacar 1 Bah, la défense, par la voix de maître M’Bombey Mara, va demander au tribunal de suivre les réquisitions du procureur en acquittant son client qui est en détention depuis le 25 Août 2016.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le mardi prochain, 22 janvier 2019.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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