Les artistes guinéens vivent-ils de leur métier ? Réactions de Mamadou Thug et Malick Fadal

Mohamed Lamine Diallo, alias Mamadou Thug

L’art est devenu un secteur qui attire de plus en plus du monde en Guinée. Les acteurs et les passionnés de ce monde ne se comptent plus. A travers la musique, la peinture, l’humour, l’écriture, la danse et autres, chaque artiste utilise son génie créateur pour s’affirmer et se faire connaitre du public. Mais, les artistes guinéens vivent-ils de leur métier ? Un reporter de Guineematin.com est allé poser la question à l’humoriste Mohamed Lamine Diallo, alias Mamadou Thug et Mamadou Malick Diallo, dit Malick Fadal.

Mamadou Thug

Quand on lui demande s’il vit bien de son art, l’humoriste Mamadou Thug n’hésite pas de répondre par l’affirmative. « Je le dis sans complexe, sans ambages que moi je vis de mon art. Certes, je ne vis pas à la Michel Jackson ou bien à la Puff Daddy ; mais, je le vis à la Mamadou Thug. Aujourd’hui, ce métier me permet de vivre dignement, je ne suis pas un vendu, je ne tape pas à la porte de quelqu’un pour dire  »grand, c’est Mamadou Thug qui est là, donnes-moi un peu ». Je ne le ferai pour personne, si tu aimes ce que je fais, viens voir mon spectacle, paies mon ticket. Soutiens-moi par un billet de spectacle. Si je suis convaincant à tes yeux ; là, tu peux me donner une enveloppe ou quelque chose. Mais, je ne peux jamais me permettre d’aller dans le bureau d’un commis de l’Etat. Quand le président dit qu’il m’aime, ce n’est pas une fois, deux fois ou trois fois. Même le 08 mars, il a répété la même chose, lui-même il a posté une de nos photos sur sa page Facebook ! Donc, c’est pour vous dire que l’homme doit garder sa dignité qui qu’il soit. Vous m’avez trouvé dans mon bureau. On paye le loyer, j’ai une équipe de 12 employés avec lesquels je travaille ; donc, ça prouve que je vis bien de mon art. Aujourd’hui, je n’ai pas des milliards, je n’ai pas des avions privés ou des voitures de grande classe ; mais, je vis dignement », a dit le célèbre humoriste.


Mamadou Malick Diallo, dit Malick Fadal

De son côté, Mamadou Malick Diallo, communément appelé « Malick Fadal », artiste de la musique pastorale, soutient que les artistes chanteurs vivent des cachets payés lors des concerts et des tournées. Mais, soutient-t-il, « quand il s’agit aujourd’hui des œuvres que nous allons produire, c’est-à-dire ceux qui ont des albums sur la marché, dire qu’ils vont vendre leurs CD pour avoir de l’argent, c’est très difficile. Parce qu’il y a la piraterie et l’arrivée de la technologie. Quand je fais une chanson et qu’elle se retrouve sur le net, les gens ne feront que télécharger là-bas même si le téléchargement n’est pas payant. Donc, nous vivons de notre art à travers les concerts que nous faisons, et non pas de la vente de nos œuvres », a-t-il confié.

Ces artistes reconnaissent toutefois, que de très grands acteurs de leurs secteurs respectifs ne vivent pas aujourd’hui dignement de leur métier. C’est pourquoi, tous appellent à un plus grand accompagnement des artistes par les autorités du pays. Pour cela, Mamadou Thug sollicite même la création d’un ministère en charge uniquement de la culture. « Il ne faut pas que le ministère de la culture soit associé au ministère des sports. Que le ministère de la culture soit un ministère indépendant et qu’il y ait un budget conséquent. Je demande au gouvernement, et particulièrement le président de la République, d’aider la culture guinéenne. Aujourd’hui, aider la culture, ce n’est pas de mettre l’argent seulement au Festival National des Arts et de la Culture ; c’est d’aider ces entrepreneurs culturels qui sont en train de faire de grands évènements. Prenons par exemple Macka Traoré qui a fait le festival de Fria, Al Souaré qui en train de faire le match du rire, Ahmed Keïta qui a créé le festival de Dabola, etc. », a dit l’humoriste.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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