Causes, symptômes, conséquences des infections génitales : Pr. Ibrahima Sory à Guineematin

Pr. Ibrahima Sory Baldé, gynécologue, chargé de cours à l’Université Gamal ANC

Les infections génitales féminines, provoquées par des germes pathogènes, sont très récurrentes. Les plaintes ne manquent pas chez les femmes et les jeunes filles, assurent les spécialistes. Pourtant, c’est une pathologie, si elle n’est pas traitée, peut entraîner la fertilité et même la mort.

Pour parler des symptômes des infections génitales féminines, de ses conséquences et des moyens de lutte, un reporter de Guineematin.com a donné la parole au professeur d’université, Ibrahima Sory Baldé, gynécologue, chargé de cours à la Faculté de Médecine de l’Université Gamal de Conakry…

Guineematin.com : qu’est-ce que l’infection génitale féminine et quels sont ses divers types ?

Ibrahima Sory Baldé : l’infection génitale féminine est une atteinte infectieuse, c’est-à-dire une infection provoquée par des germes pathogènes au niveau de l’appareil génital de la femme, voire une infection des organes génitaux. Les infections génitales sont assez diverses, on distingue d’abord, selon les parties atteintes de l’appareil génital, l’infection génitale basse et l’infection génitale haute. Les infections génitales basses constantes : les organes génitaux externes de la femme, à savoir la vulve, comprenant les grandes lèvres et les petites lèvres et le vagin. Les infections génitales hautes intéressent les organes génitaux internes de la femme à savoir l’utérus, la trompe et les ovaires. Donc, de façon topographie, ce sont les types d’infection. Au niveau de chaque type, il y a une classification. Les infections génitales aussi sont classées selon l’agent causal, il y a les vulvo-vaginites, les cervicites. En fonction de l’agent causal, au niveau de l’infection génitale haute, nous avons les mycoses qui sont dues au candida albicans, nous avons l’infection à techonolasvaginalis, qui est due à un protozoaire flagellé, nous avons également l’infection due au gardnerella vaginalis ou vaginose bactérienne, nous avons les infections basses génitales qui sont dues au germes manos, c’est à dire les saprophytes du vagin, tels que les staphylocoques et les gonocoques.

Guineematin.com : quels sont les facteurs qui peuvent favoriser les infections génitales féminines ?

Ibrahima Sory Baldé : Les facteurs favorisant sont au niveau la femme elle-même. D’abord, le partenaire sexuel de la femme, parce que la plupart des infections de la femme sont nées des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) ; et le médecin, c’est à dire l’agent de santé qui consulte la femme. Comment cela se passe au niveau de la femme ? Qu’est-ce qui provoquent les infections ? Certains comportements tels que : les toilettes vaginales excessives avec le savon acide qui détruit la flore du vagin, qui est composée de bacille, qui assure la défense immunitaire du vagin ; le port des sous-vêtements serrés à tissu synthétique favorise également la survenue des infections. Il y a aussi certains états qui favorise les infections, tel que la grossesse, qui est responsable d’une hyper acidité, par ce biais peut entrainer des infections surtout d’ordre myosite. La ménopause aussi fait de la carence hormonale en estrogène, elle aussi peut être un facteur favorisant. Maintenant le partenaire, c’est-à-dire soit l’époux ou le copain de la patiente sont aussi des facteurs qui favorisent. Comment ? C’est par le biais des rapports sexuels, parce que la plupart de ces infections génitales sont les infections sexuellement transmissibles. Le troisième type favorisant, c’est le médecin lui-même, si cette consultation n’est pas faite avec le respect de toutes les règles d’asepsie. Là aussi, on peut transmettre.

Guineematin.com : que peut-on dire des symptômes des infections génitales féminines ?

Pr. Ibrahima Sory Baldé

Ibrahima Sory Baldé : pour les infections génitales basses, pour les mycoses, les premiers signes ce sont les leucorrhées, c’est un écoulement non sanglant qui est d’origine génitale et dont les caractéristiques varient selon la cause. Il y a la leucorrhée physiologique, ce qu’on a appelle perte blanche dans le langage vernaculaire, c’est à dire il y a la perte blanche normale chez la femme, qui sont liées à une hyper sécrétion de glaire cervicale. Mais, cette leucorrhée physiologique, qui se trouve en dehors de ces pertes blanches, qui sont généralement de couleur blanche nacrée, et qui n’adhère pas aux parois vaginales et qui ne s’accompagnent d’autres symptômes… En cas de mycose vaginal, il y a une leucorrhée qui a l’aspect du lait caillé, les écoulements qui ressemblent à du lait caillé ou yaourt. C’est cette leucorrhée qui peut être accompagnée d’une pluride parfois féroce. On a une leucorrhée de couleur jaune verdâtre, mais tirant plus de vert, présentant une odeur de plâtre frais. Les infections génitales hautes se traduisent par une fièvre, par des douleurs pelviennes au niveau du bas ventre et de perte blanche…

Guineematin.com : quelles en sont les conséquences ?

Ibrahima Sory Baldé : les risques de cette maladie sont énormes. Ces infections génitales se propagent. Généralement, ce sont les infections génitales basses qui arrivent d’abord, c’est-à-dire qui intéressent les organes externes de la femme. Maintenant, si cette infection n’a pas été prise en charge ou elle a été mal prise en charge, elle se complique d’infections génitales hautes. Et si cette infection génitale haute n’est pas bien prise en charge, elle provoque d’autres complications à court terme. Elle peut entrainer des infections pelviennes sévères, qu’on appelle péritonite ou pelvipéritonites et à long terme aussi, elle peut se compliquer en grossesse extra-utérine, elle peut aussi se compliquer d’infertilité, empêchant la femme de concevoir par obstruction des trompes, et dans le cas grave, on peut assister à une septicémie, c’est à dire un choc septique qui peut même se compliquer.

Guineematin.com : que peut-on dire de la prise en charge des infections vaginales ?

Ibrahima Sory Baldé : il y a la prise en charge préventive. De façon générale, cette prise en charge s’adresse aux facteurs favorisants, au niveau de la femme. Il faut que les femmes évitent de faire la toilette excessive avec des savons acides, qui vont détruire la flore microbienne qui défend le vagin contre les agressions infectieuses. Les femmes doivent privilégier le port de sous-vêtements en coton et non en tissu synthétique. Il faut aussi que certaines pathologies, qui affaiblissent la défense de l’organisme, soient correctement prises en charge tel que le diabète. Il faut aussi que le diabète soit équilibré et pris en charge. En cas de grossesse, il faut aussi que la grossesse soit bien suivie, parce qu’il y a des leucorrhées ou des infections pendant la grossesse. Ces infections doivent être prises en charge correctement et à temps. Maintenant, au niveau du partenaire, il faut un rapport sexuel protégé. Devant un partenaire sexuel irrégulier ou inconnu, il faut utiliser le préservatif. Au niveau du médecin, il faut le respect scrupuleux des règles prévention et du contrôle des infections dans tous les actes médicaux, en commençant par les infections élargies dans les actes médicaux. Eviter de laver l’interne du vagin avec du savon… Le traitement de la femme doit associer la prise en charge de son partenaire, sinon elle va aller se traiter et se réinfecter encore.

Propos recueillis par Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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