La saison pluvieuse commence à faire de nombreux dégâts à travers la ville de Conakry. De nombreux cas d’inondations ont été enregistrés. Certaines parties du grand marché de Madina, notamment sur la route du Niger, sont envahies par les eaux de ruissellement. Vendeurs, acheteurs et autres passants n’ont pas le choix que de patauger dans la boue, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’hivernage commence à préoccuper de nombreux citoyens de Conakry. Certaines parties du marché de Madina, sur la route du Niger, traversent un véritable calvaire en ce moment. Un tour dans ce grand centre de négoce, dans la matinée d’hier jeudi, 11 juillet 2019, a permis à notre reporter de toucher du doigt cette triste réalité.

C’est le cas de monsieur Abdoul Malik Barry, marchand de son état, qui a expliqué son calvaire à cette période de l’année. « Nous souffrons ici tellement, parce qu’à chaque hivernage, c’est comme ça. Nous finançons notre argent nous-mêmes pour arranger cette route. Mais, ça n’a abouti à rien. L’Etat ne nous soutient pas aussi. Pendant la saison pluvieuse, ici n’est pas praticable à cause de la boue. Ça fait environ dix ans de cela que nous vivons dans ce calvaire. Chaque hivernage, les responsables du marché passent ici tous les jours, mais ils ne disent rien. Pourtant, nous payons les droits de marché, chaque fin de mois 30 000 FG, et 15.000 FG pour le gardiennage, sans oublier aussi que les chefs de quartiers viennent nous réclamer à chaque fois une somme de 20.000 FG, soi-disant une recommandation de la commune pour assainir le quartier Madina. Mais, nous ne voyons rien », a-t-il dénoncé.

Par ailleurs, Abdoul Malik Barry fait savoir qu’ils ont eux-mêmes contribué à hauteur d’un million de FG par magasin pour pouvoir arranger cette route. « Nous venons même d’initier que chaque magasin paye 1 million de FG pour arranger cette route. Mais, celui à qui on a remis cet argent, il nous a dit qu’il connait quelqu’un qui travaille avec le ministre des travaux publics, Moustapha Naïté, pour qu’il nous aide. Et, il nous demande de contribuer une somme de 100.000 FG à 80.000 FG. Même le ministre était là il y a quelques jours, et il a déploré les conditions dans lesquelles nous vivons ici, car nous vivons avec un grand risque, parce que c’est par là que passent les conteneurs ».

Pour sa part, Mme Kadiatou Bangoura, vendeuse d’ustensiles de cuisine, regrette d’avoir voté pour le professeur Alpha Condé qui n’a pas pu trouver solution à leurs problèmes. « Cette boue nous fait souffrir énormément. Dites au président Alpha Condé de nous venir en aide. C’est nous qui avons voté pour lui, c’est nous qui l’avions mis au dos. Qu’il nous enlève de ces pleurs. Nous regrettons et souffrons, nous ne savons pas quoi faire, parce que quand tu mets quelqu’un au dos et qu’il ne fait pas ce que tu veux ou ce que tu souhaite, c’est honteux. Nous avons tout fait pour arranger cette route en mettant des cailloux, mais impossible d’y parvenir et nous sommes fatigués. Tous les conteneurs qui quittent le port passent par ici. Nous payons également nos droits de marché », a fait savoir la dame.

Même son de cloche chez Bachir Sow, qui a expliqué les difficultés éprouvées sur le terrain devant la boue qui envahit les lieux. « Nous, la souffrance que nous traversons ici est énorme. Chaque jour, c’est dans cette boue et dans ces eaux de ruissellement que nous nous asseyons pour avoir de la dépense. C’est nous-mêmes qui dégageons la boue ou nous l’entassons d’un côté pour que nous ayons où nous asseoir et permettre aux clients d’avoir un passage. Nous demandons à l’Etat de goudronner ou bétonner cette route », lance-t-il.

Mama Aissata Bangoura, vendeuse de denrées alimentaires, dénonce l’insalubrité qui caractérise notre pays. « Nous sommes assis ici, quand il pleut, nous souffrons énormément. La route est gâtée. Quand les chauffeurs passent, ils nous jettent l’eau sale dessus et de la boue. Pendant l’hivernage, nous souffrons beaucoup. C’est dans cette eau sale que nous mettons nos pieds pour pouvoir écouler nos marchandises. Nous mangeons dans cette saleté et quand tu rentres à la maison, tu es obligé de désinfecter tes pied et mains avec de l’eau de javel. Il y a trop de déchets en Guinée. Je jure, aucun pays n’est comme la Guinée. Tout ceci engendre des maladies. Je leur demande de nous venir en aide », implore la vendeuse.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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