Kèlèfa Sall : le magistrat qui ne voulait pas d’un 3ème mandat pour Alpha Condé

28 juillet 2019 à 22 10 17 07177
Feu Kèlèfa Sall, évincé de la présidence de la Cour Constitutionnelle pour avoir demandé au président Alpha Condé de ne pas changer la Constitution et de quitter le pouvoir après ses deux mandats à la tête de la République de Guinée

« Ne nous entourons pas d’extrémistes, ils sont nuisibles à l’Unité nationale. Évitez toujours les dérapages vers les chemins interdits en démocratie et en bonne gouvernance. Gardez-vous de succomber à la mélodie des sirènes révisionnistes. Car, si le peuple de Guinée vous a donné et renouvelé sa confiance, il demeure cependant légitimement vigilant… ». C’est le conseil que monsieur Kèlèfa Sall- alors président de la Cour Constitutionnelle- avait donné à monsieur Alpha Condé. C’était le 14 décembre 2015, à l’occasion de la cérémonie officielle d’investiture du président de la République pour son deuxième et dernier mandat.

Malheureusement, le président Alpha Condé était déjà dans un autre état d’esprit. Ainsi, au lieu de s’éloigner des sirènes révisionnistes, il se débarrasse du « conseiller » qui plus est président de la Cour Constitutionnelle, donc éventuel obstacle d’une révision constitutionnelle…

Après la mort de ce magistrat dont le nom restera à jamais gravé dans la mémoire collective comme la toute première personnalité publique guinéenne à demander publiquement à un chef d’Etat en fonction de respecter la Constitution.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose un extrait de ce très courageux discours de feu Kèlèfa Sall :

… Les Guinéens dans leur majorité et le Tout Puissant et Miséricordieux ont voulu que ce soit vous, Pr. Alpha Condé, qui présidez aux destinées de notre pays. Telle est la loi de la démocratie : la gouvernance par la majorité, et ce, dans le respect de la minorité.

Vous vous êtes engagé solennellement à respecter la constitution et les décisions de justice, à défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale. Par cet acte, vous venez de faire une déclaration de loyauté et d’engagement signifiant que force doit rester à la loi et que nul n’est au-dessus de la loi. C’est cela un Etat droit, un Etat dans lequel aussi bien l’Etat que les citoyens sont soumis sans distinction à l’autorité de la loi.

Vous avez été réélu le 11 octobre 2015 pour continuer la lutte du peuple contre la misère et l’immoralité. La confiance que nos concitoyens viennent de vous renouveler est une reconnaissance pour l’effort fourni et les résultats obtenus au cours d’un mandat marqué par une crise sanitaire inattendue et sans précédent et une série de manifestations politiques. Malgré ce contexte, vous avez pu réaliser des exploits. Pourtant, il y a 5 ans, en prenant en main les destinées de la Guinée, il y avait beaucoup à faire ou à refaire, si bien qu’aujourd’hui encore, ce qui reste à faire est énorme.

A cet instant précis, je ne doute point que l’un de vos soucis est de laisser l’image positive d’un homme d’Etat visionnaire, talentueux et bâtisseur de la Guinée moderne. Vous êtes déjà entré dans l’histoire pour avoir amorcé avec succès le défi de l’électrification de la Guinée par la construction du barrage de Kaléta. Les chantiers de l’éducation de qualité pour tous, de la couverture sanitaire universelle, de la lutte contre l’impunité, de la préservation et la récupération du domaine public et maritime, de la sécurité de nos concitoyens et de leurs biens, des emplois durables et décents, de la poursuite des investissements dans le secteur de l’électricité ou enfin d’une administration d’Etat figureront certainement parmi les priorités de votre quinquennat. En tant que président de la République, vous devez être le rassembleur, au-dessus des partis politiques et des contingences. C’est là votre défi.

Et comme l’a dit un de vos admirateurs, qui a longtemps partagé vos peines et vos joies, Alpha Condé s’est aménagé avant l’heure et de manière constante les habitudes et aptitudes d’un homme de défis. A cet instant précis, toute la Guinée prie afin que vous soyez l’homme de la situation.

La cour, en sa qualité de régulatrice du fonctionnement et des activités des pouvoirs législatifs et exécutifs et des autres organes de l’Etat, vous encourage à accélérer l’intégration de toutes les énergies, de toutes les compétences et de toutes les expertises pour la cohésion sociale et le développement durable de notre chère Guinée.

Guinéennes et Guinéens, chers compatriotes !

La Guinée est une famille, nous le disons à toutes les occasions. Alors, unissons-nous dans la fraternité pour mieux nous connaître, nous comprendre, nous apprécier, nous aimer et rester toujours solidaires. N’excluons personne ! Encourageons et favorisons les débats inclusifs dans la richesse que constitue, en plus de celle du sol et du sous-sol, notre diversité ethnique et culturelle. Faisons en sorte que désormais, gouvernants et gouvernés, membres ou non des partis politiques acceptent que les affaires de l’Etat ne soient le bien de personne. Elles appartiennent au peuple qui en délègue la gestion temporaire, non pas à un maître comme on a souvent tendance à le peser, mais à un serviteur.

Monsieur le président de la République,

Sur le chantier de l’histoire, ceux qui sont devant sont ceux qui sont en vue. Veuillez constamment avoir présent à l’esprit que quand on est devant, on doit être le référentiel. Tandis que lorsqu’on est derrière, personne ne vous regarde. Alors, demain, ne dites pas que les Guinéens vous fatiguent ou vous agacent, considérez seulement qu’ils vous en demandent un peu trop.

La conduite de la Nation doit nous réunir autour de l’essentiel. Ne nous entourons pas d’extrémistes, ils sont nuisibles à l’Unité nationale. Évitez toujours les dérapages vers les chemins interdits en démocratie et en bonne gouvernance. Gardez-vous de succomber à la mélodie des sirènes révisionnistes. Car, si le peuple de Guinée vous a donné et renouvelé sa confiance, il demeure cependant légitimement vigilant.

Monsieur le président de la République,

Permettez-moi, au nom de la Cour et à mon nom personnel, de vous présenter à vous et à votre famille, mes félicitations pour votre réélection pour un mandat de cinq ans. Que Le Tout Puissant et Miséricordieux vous accorde longue vie, bonne santé et ainsi que les ressources morales et intellectuelles nécessaires pour mener à bien votre noble, délicate et difficile mission.

Permettez-moi également de remercier les éminentes personnalités qui sont dans cette salle, de féliciter les 7 autres candidats pour la considération et le respect des voies exprimées pour eux par nos concitoyens, ainsi que tous les acteurs de la vie nationale pour leurs appels au calme et à la cohésion nationale.

Monsieur le président de la République, soyez prêt dès le 21 décembre pour que vive la Guinée !

La Cour vous donne la parole pour vous permettre de vous adresser à votre peuple, votre Excellence !

Guineematin.com présente ses sincères condoléances à la famille et aux proches de monsieur Kèlèfa Sall.

Paix à son âme, amine !

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Lutte contre le troisième Mandat : une nouvelle antenne FNDC en Allemagne

28 juillet 2019 à 22 10 15 07157

Le Front national pour la Défense de la Constitution informe l’opinion Nationale et internationale de l’installation et de la validation de son antenne en Allemagne ce samedi 27 juillet 2019 à Dortmund.

Dans son soucis de la défense la constitution de Mai 2010, le FNDC continu d’élargir sa lutte citoyenne à travers le monde. Cette mobilisation sociale qui demande le concours de tous les citoyens épris de justice et de paix n’a pas laissé indifférent nos concitoyens vivants en Allemagne.

C’est dans cette optique que ce samedi 27 juillet 2019, à l’issue d’une réunion (11h-15 h), un bureau du FNDC Allemagne a été installé et validé.

Conscients de la nécessité d’initier des réformes politiques, institutionnelles et convaincus que le nécessaire apaisement de la vie politique passe par le respect et la sauvegarde de l’ordre constitutionnel.

Convaincus que l’instauration d’une culture politique fondée sur le respect de la primauté du droit et de l’alternance démocratique est une source de paix, de stabilité et de développement économique et social durable.

C’est alors dans cette perspective que les démembrements des partis politiques et les représentants des mouvements associatifs résident en Allemagne et engagés pour la défense des acquis à travers la protection de notre Constitution, ont décidé, en ce jour, le samedi 27 juillet 2019, dans le respect de leurs identités et sur l’étendue du territoire de leur résidence, de créer une antenne du « FRONT NATIONAL POUR LA DEFENSE DE LA CONSTITUTION- ALLEMAGNE » en abrégé (FNDC-ALLEMAGNE).

Composition du bureau

  1. Du coordinateur: Mr N’Faly Kaba
  2. Du secrétaire général: Mr Amadou Ouri Diallo
  3. Du secrétaire à la communication et porte-parole: Mr Oumar Barry
  4. Du 1er secrétaire à l’organisation et à la mobilisation: Mr Idrissa Keïta
  5. Du 2ème secrétaire à l’organisation et à la mobilisation: Mr Alphadjo Barry
  6. Du trésorier général: Mr Sekou Kaba

Cellule communication FNDC.

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Décès de Kèlèfa Sall : le message du FNDC-Suisse

28 juillet 2019 à 14 02 08 07087
Feu Kèlèfa Sall, évincé de la présidence de la Cour Constitutionnelle pour avoir demandé au président Alpha Condé de ne pas changer la Constitution et de quitter le pouvoir après ses deux mandats à la tête de la République de Guinée

Communiqué : L’antenne suisse de Front National pour la Défense de la Constitution (AS/FNDC) a appris avec douleur et tristesse, la disparation de l’ancien Président destitué de la cour constitutionnelle, Maître Kéléfa Sall.

En cette douloureuse circonstance, elle adresse au nom de toute la diaspora suisse et de la France voisine, ses condoléances les plus attristées à sa famille, ses collègues, ses amis et à l’ensemble du peuple de Guinée.

Cette disparation est en effet, une grande perte pour le peuple de Guinée, particulièrement pour ceux qui aspirent à faire de la Guinée, un pays de liberté, de justice et du droit.

Tout ce que Dieu fait étant bon, il ne nous reste plus qu’a honorer sa mémoire en poursuivant son combat pour empêcher toute nouvelle dictature de s’implanter dans notre pays.

Il est certes, parti pour toujours, mais son héritage sera magnifié et poursuivi par nous autres Kéléfa Sall qui aimons la Guinée au-delà de nos intérêts personnels et égoïstes.

L’antenne suisse du Front National pour la Défense de la Constitution (AS/FNDC), au nom de la coordination national, exprime le souhait de voir l’ensemble du peuple de Guinée et particulièrement aux adhérents du FNDC, se mobiliser massivement le jour de ses obsèques pour magnifier son œuvre, rappeler ses idéaux, soutenir sa famille et l’accompagner dignement dans sa dernière demeure.

La Guinée manque de façon criard, des grands hommes de conviction, d’intégrité, d’honneur et de dignité de la trempe et de l’envergure de Mr Sall; d’où l’intérêt d’exiger aux autorités guinéennes, de lui accorder au nom du peuple de Guinée, des obsèques nationales dignes de son rang et des valeurs républicaines qu’il incarnait.

Que l’âme de notre regretté, Maître Kéléfa Sall, repose en paix. Amen

Pour le bureau de la coordination de l’antenne suisse du FNDC

Le Coordinateur

Boubacar Sow

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Kobaya Plateau : plusieurs femmes manifestent contre la destruction de leur école

28 juillet 2019 à 14 02 00 07007

Plusieurs femmes du quartier Kobaya Plateau ont manifesté hier, samedi 27 juillet 2019, pour protester contre des actes de vandalisme dont est victime leur école primaire. Leur manifestation a eu lieu dans l’enceinte de l’établissement concerné, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

C’est avec des pancartes en mains que les manifestantes se sont rassemblées dans l’enceinte de l’école primaire de Kobaya Plateau. Elles sont venues exprimer leur indignation face aux attaques répétées contre l’école primaire du quartier. Attaques attribuées à une famille qui réclame la paternité du domaine sur lequel est bâtie l’école et dont la dernière en date est survenue le 25 juin 2019. Ce jour-là, des hommes en uniforme et des civils sont venus nuitamment vandaliser l’établissement, ôtant une bonne partie du toit.

madame Diariou Bah, porte-parole des manifestantes
Madame Diariou Bah

« Nous sommes réunies ici pour exprimer notre mécontentement suite à la destruction des édifices flambants neufs de notre école par les soi-disant propriétaires du domaine déjà dédommagé par l’Etat. Une école qui n’est même pas inaugurée et qui représente pour nous, une lieur d’espoir pour l’éducation et la formation de nos enfants », a déclaré madame Diariou Bah, porte-parole des manifestantes.

Ces femmes, préoccupées par la situation de cette école primaire, ont interpellé l’ensemble des autorités concernées sur la question : « nous sollicitons que les autorités compétentes : le ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, le ministère de la ville et de l’aménagement du territoire, le ministère de la justice, prennent les dispositions nécessaires pour nous rétrocéder nos droits à ce domaine et la réparation immédiate des dommages causés pour que nos enfants puissent étudier à l’ouverture prochaine », a lancé leur porte-parole.

Elles ont également écrit une lettre qu’elles comptent faire parvenir au président Alpha Condé, pour solliciter son implication personnelle afin de sauver la seule école primaire publique de leur localité.

A noter que l’école primaire de Kobaya Plateau est composée de 3 bâtiments pour 9 salles de classe et 800 élèves inscrits.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 07 93 59

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Qui doit aller au pèlerinage, comment doit-il se préparer… Oustaz Ramadan Bah à Guineematin

28 juillet 2019 à 13 01 19 07197

Au cours d’un entretien qu’il a bien voulu accorder cette semaine à Guineematin.com, le prédicateur islamique, Oustaz Ramadan Bah a évoqué le sujet lié au pèlerinage musulman dans les lieux saints de l’islam. Dans cette première partie de cet entretien, l’imam de la mosquée de Koloma nous parle de ceux qui doivent prétendre aller au pèlerinage et comment ils doivent se préparer pour le voyage religieux la Mecque.

Décryptage !

Guineematin.com : Qu’est-ce que le Hajj ou pèlerinage musulman ?

Oustaz Ramadan Bah : Le Hajj est un voyage spirituel qui doit se dérouler dans les lieux saints de l’islam à la Mecque et à Médine.

A la Mecque, puisqu’il y a la Kaaba et les lieux qu’il faut forcement visiter pendant le pèlerinage. Et, parmi ces lieux, nous avons Mina (là où les pèlerins se rassemblent le huitième jour du dernier mois lunaire), Arafat (là où les pèlerins doivent tous stationner le neuvième jour du dernier mois lunaire jusqu’au coucher du soleil), Mouzdalifah (là où les pèlerins doivent passer la nuit du 9 au 10 du dernier mois lunaire ; et, au petit matin du 10, ils ramassent des pierres pour revenir à Mina lapider la première Djamrat. Ceux qui en ont la force foncent ensuite sur la Mecque pour la circumambulation, puis ils reviennent à Mina).

Pour Médine, c’est simplement pour visiter la tombe du prophète Mohammad (paix et salut sur lui) et celles de ses compagnons, afin de faire des prières pour eux. Donc, voici en somme le pèlerinage.

Guineematin.com : Que représente le pèlerinage pour le musulman ?

Oustaz Ramadan Bah : le pèlerinage est le cinquième pilier de l’islam. Le pèlerinage, c’est une faveur de Dieu. Il purifie le musulman. Il y a un hadith du prophète Mohammad (paix et salut sur lui) qui dit : « un pèlerinage exaucé n’a pas de récompense si ce n’est le paradis ».

Dans un autre hadith, le prophète Mohammad (paix et salut sur lui) nous dit : « celui qui va à la Mecque et accomplit le pèlerinage comme il se doit, est purifié de ses péchés. Il redevient pur comme le jour où sa mère l’a accouché ».

Dans un autre hadith, le prophète (paix et salut sur lui) appelle les musulmans à accomplir le pèlerinage. Il nous dit : « tout musulman qui a eu les moyens d’effectuer le voyage pour le pèlerinage, mais qui ne l’accomplit pas, s’il meurt dans cet état, ce n’est pas un musulman qui est mort ».

Donc, le musulman doit obligatoirement accomplir le pèlerinage, quand il en a les moyens.

Guineematin.com : actuellement, dans notre pays la Guinée, ce sont les préparatifs pour le pèlerinage à la Mecque. Mais, en clair, qui doit aller faire le pèlerinage ?

Oustaz Ramadan Bah : c’est une question pertinente ! Actuellement, partout dans le monde, les gens se préparent pour ce voyage spirituel à la Mecque. Mais, qui doit aller au pèlerinage ? Comme l’a dit un verset du saint Coran, c’est un devoir pour chaque musulman qui en a les moyens d’aller effectuer le pèlerinage. Et, le verset est très clair dans le chapitre ‘’la famille Al imran’’, où Allah nous dit : « c’est un droit pour Allah sur les hommes d’effectuer le pèlerinage, quand ils ont les moyens de le faire ».

Maintenant, quand on parle de moyens, on ne fait pas seulement allusion à l’argent ou le matériel. C’est vrai qu’il faut avoir de l’argent, mais il faut aussi être en bonne santé et être libre. Si on n’est pas en bonne santé ou que nous sommes très poussés en âge (trop vieux), on n’a pas la force physique nécessaire pour le pèlerinage qui est un djihad, puisque l’islam c’est la facilité, il est dit que c’est une autre personne qui doit faire le pèlerinage à notre place.

Guineematin.com : Puisque vous évoqué la condition physique de celui qui doit prétendre aller pour le pèlerinage, le constat révèle qu’en Guinée, les jeunes qui ont les moyens financiers envoient souvent à la Mecque leurs parents parfois trop vieux. Quelle lecture faites-vous d’une telle pratique ?

Oustaz Ramadan Bah : Je dirais que c’est une erreur. Comme il a été dit dans le saint Coran, c’est d’abord celui qui a eu les moyens qui doit effectuer le pèlerinage. Quand l’enfant a eu les moyens, alors que ses parents n’avaient pas eu ces moyens pour aller au pèlerinage, l’enfant doit d’abord aller effectuer son pèlerinage, puisque c’est lui qui a les moyens. Et, Dieu ne reproche pas aux parents parce qu’ils n’ont pas eu les moyens. Mais, toi qui as eu les moyens, tu répondras devant Allah si tu ne fais pas le pèlerinage. Donc, c’est celui qui a eu les moyens qui doit aller d’abord et ensuite envoyer les parents qui n’ont pas les moyens. Bien entendu, l’enfant peut aller aussi avec ses parents au pèlerinage.

Guineematin.com : En termes clairs, c’est celui qui a les moyens qui a la corde au cou ?

Oustaz Ramadan Bah : justement ! En tout cas, c’est lui qui sera reproché s’il n’effectue pas le pèlerinage. C’est une erreur d’envoyer ses parents (qui n’ont pas les moyens) au pèlerinage, alors que toi à qui Dieu a donné les moyens tu n’es pas allé faire ton pèlerinage. Les gens doivent faire attention. Il y a beaucoup qui font comme ça ; mais, c’est vraiment une erreur.

Guineematin.com : Si nos économies se résument seulement aux frais pour le pèlerinage, sommes-nous toujours obligés d’effectuer ce voyage spirituel ?

Oustaz Ramadan Bah : votre question a tout son pesant d’or. D’abord, il faut dire que l’argent pour le pèlerinage doit être licite, halal. On ne doit pas aller à la Mecque avec de l’argent ‘’sale’’. Sinon, le pèlerinage ne sera pas exaucé. Il ne faut pas vendre l’alcool, la drogue ou faire la débauche et prendre cet argent pour aller à la Mecque. Çà, l’islam ne l’accepte pas. On part au pèlerinage avec de l’argent pur.

Maintenant, pour revenir à votre question, ça ne demande pas beaucoup d’argent pour faire le pèlerinage. Quand on a le transport, l’argent de poche, la dépense à laisser à la famille, l’islam ne demande plus autres choses. Mais, il faut insister aussi sur la dépense de la famille. Car, on ne doit pas laisser sa famille comme ça, dans un manque total, et se rendre à la Mecque. Cependant, il ne faut pas se demander aussi quel argent on a laissé à la boutique, en banque, etc. Quand on a l’essentiel, il faut vite aller à la Mecque pour le pèlerinage. Pourquoi ? Parce que le temps peut bien et vite changer. Peut-être que cette année on a les moyens et l’année prochaine, il se pourrait qu’on n’ait plus ces moyens-là. Par négligence, on n’est pas allé à la Mecque et l’argent est fini. Et, on sera reproché par Allah le jour de la rétribution.

Il y a aussi la question de la santé qui se pose. Cette année, on est en bonne santé. Mais, est-ce qu’on a la garantie que l’année prochaine on sera encore en bonne santé ? La réponse est non.

Également, il y a l’aspect de la vie qui entre en considération. Si cette année on est en vie, on a les moyens financiers et une bonne santé, on a quand même aucune garantie que l’année prochaine nous trouvera en vie. Donc, il ne faut pas retarder pour le pèlerinage.

Guineematin.com : Est-on obligé de prendre en charge la famille de quelqu’un qu’on a envoyé au pèlerinage, pour le temps que ce dernier fera à la Mecque ?

Oustaz Ramadan Bah : Bien sûr ! On est obligé de prendre en charge la famille de celui qu’on envoie à la Mecque. Puisqu’on sait qu’en Guinée par exemple, on vit du quotidien. On sort le matin pour aller chercher quelque chose pour nourrir la famille. Donc, si on n’est pas là, comment la famille va survivre ? Cette prise en charge est obligatoire. Elle est très importante et on ne peut pas la négliger.

Guineematin.com : Peut-on faire le pèlerinage pour ses parents ?

Oustaz Ramadan Bah : Oui ! On peut faire le pèlerinage pour ses parents. Cela est permis par la religion. Quand les parents sont décédés ou qu’ils sont en vie, mais trop vieux pour aller à la Mecque, on peut aller nous-mêmes ou déléguer quelqu’un à leurs noms pour faire le pèlerinage pour eux.

Guineematin.com : Maintenant que nous connaissons ceux qui doivent prétendre aller au pèlerinage, la grande interrogation est de savoir comment se préparer pour ce voyage à la Mecque. Existe-t-il des bagages spécifiques à amener avec soi sur les lieux saints de l’slam pendant ce voyage de purification ?

Oustaz Ramadan Bah : c’est une question d’actualité, puisqu’actuellement nous avons nos parents qui se préparent pour le pèlerinage. Certains sont déjà partis, d’autres sont en route, alors que d’autres encore sont sur les préparatifs. Nous prions Allah qu’il leur facilite la tâche.

Maintenant, se préparer n’est vraiment pas difficile. Il n’y a pas de bagage ou de marchandise à transporter vers la Mecque. Il faut d’abord chercher la connaissance sur comment il faut faire le pèlerinage. Actuellement, le Secrétariat général des Affaires religieuses et les agences privées réunissent les pèlerins pour leur donner des conseils et des informations sur le pèlerinage. C’est une très bonne chose qu’il faut saluer.

Pour aller à la Mecque, les pèlerins ne doivent rien transporter, excepter quelques vêtements, les effets de toilette et leur argent de poche. Il y a certains qui vont avec des pierres, du sable, de la terre… Il faut vraiment éviter ces pratiques qui ne sont pas recommandées. Il ne faut pas transporter ces genres de chose à la Mecque. Et, en revenant aussi, il ne faut pas prendre de la terre à la Mecque pour amener ça ici. Ça n’a aucune importance.

A côté de ça, il y a un conseil qu’il faut donner à tout pèlerin. Tout musulman qui veut aller faire le pèlerinage, pour l’amour de Dieu, si on avait associé à Allah, il faut se repentir et abandonner cette pratique. Pourquoi ? Parce que toute personne qui va à la Mecque alors qu’il pratique l’associationisme, son pèlerinage sera nul et ne sera pas exaucé.

Celui qui doit aller à la Mecque doit changer de comportement. Il doit se repentir envers Allah et envers les créatures. Il doit aller à la Mecque pardonné par Allah et pardonné aussi par les êtres humains. C’est une très bonne chose, quand on veut aller à la Mecque, d’informer les parents, les voisins, les amis… et leur demande pardon. Mais, à côté de cela, ce qu’il ne faut pas faire, c’est d’immoler avant de partir. Il faut vraiment s’en méfier. Car, ce n’est pas recommandé par la religion musulmane. Après la Mecque, il y a certaines personnes qui immolent aussi. Il faut vraiment abandonner ça. Parce que si nous nous le faisons avec une bonne intention, il se peut que nos enfants, nos petits-enfants disent que nos parents avaient immolé, ça fait partie de la religion, il faut que moi aussi j’immole. Or, cela n’est pas du tout recommandé par l’islam.

Il n’est pas dit aussi que quand on veut aller à la Mecque, il faut forcement aller au village. On peut aller saluer les parents, leur dire au revoir et leur demander pardon, mais ce n’est pas une condition qu’il faut obligatoirement remplir.

Guineematin.com : Nous arrivons au terme de ce premier entretien consacré au pèlerinage, quel message avez-vous à l’endroit des pèlerins guinéens.

Oustaz Ramadan Bah : Je demande à nos pères et mères qui vont aux lieux saints de l’islam de prendre courage. Puisque le pèlerinage n’est pas un voyage touristique, encore moins un voyage de confort. C’est du djihad, c’est l’endurance. Donc, il faut beaucoup de courage et de patience. Chacun doit faire assez d’efforts pour ne pas faire du tort à son prochain. Il faut aussi se pardonner, avoir une bonne intention et savoir que nous allons à la Mecque pour nous purifier. Nous y allons pour effacer nos péchés. Si toute fois Allah nous donne la force, la chance de faire le pèlerinage comme il le faut, on sera pardonné. Et, notre récompense sera le paradis. Il ne faut pas aller là-bas pour se promener. Beaucoup de gens y vont pour se promener nuit et jour, ouvrir la parenthèse politique, la calomnie, le mensonge. Ce n’est pas ça l’idéal. On va à la Mecque pour nous purifier. Donc, il faut lire le Coran, faire des prières, des invocations ; et, surtout, il faut se battre pour faire toutes les prières dans la grande mosquée où se trouve la Kaaba. Car, une seule prière à la Kaaba vaut mieux que cent mille prières dans une autre mosquée. Quand on vient à Médine aussi, il faut faire la prière dans la mosquée du prophète (paix et salut sur lui). Il ne faut pas se mettre à dormir tout le temps. Certains dorment même aux heures de la prière. Je prie Allah qu’il donne la force, la santé et le courage aux gens pour accomplir ce pèlerinage.

Guineematin.com : Merci de nous avoir accordé cet entretien.

Oustaz Ramadan Bah : c’est moi qui vous remercie.

Entretien réalisé et décrypté par Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Lancement des projets de l’ANAFIC : le PM et plusieurs ministres à Forécariah

28 juillet 2019 à 12 12 27 07277

Le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, a effectué hier, samedi 27 juillet 2019, une tournée dans plusieurs sous-préfectures relevant de la préfecture de Forécariah. Le patron du palais de la colombe est allé procéder au lancement des projets de l’Agence Nationale de Financement des Collectivités (ANAFIC) dans les localités concernées, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com sur place.

Benty, Farmoriah, Sinkhourou et Moussayah. C’est dans ces communes rurales relevant de sa préfecture d’origine que s’est rendu successivement le chef du gouvernement guinéen. Il était accompagné d’une forte délégation composée du Général Bouréma Condé, ministres de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Dr Cheick Taliby Sylla, ministre de l’Energie, Gabriel Curtius, ministre des Investissements Publics privés, Hadja Mariama Sylla, ministre de l’Action Sociale de la Promotion Féminine et de l’Enfance, Mohamed Saïd Fofana, Médiateur de la République, Aboubacar Makhissa Camara, directeur national des Impôts ainsi plusieurs cadres de la Basse Côte.

Partout, Ibrahima Kassory Fofana et sa suite ont bénéficié d’un accueil très chaleureux. Les maires de ces différentes localités ont tous exprimé leur joie par rapport au lancement de ces projets d’infrastructures et leur reconnaissance à l’endroit du président Alpha Condé qui a mis en place l’ANAFIC. Ils ont, par la même occasion, réaffirmé leur « totale adhésion aux idéaux du professeur Alpha Condé et la continuité de son projet de société qui est en très bonne voie et qui est apprécié par tout le peuple de Guinée. Nous réaffirmons sans condition notre adhésion à la nouvelle constitution, facteur du développement de la Guinée nouvelle », ont-ils dit.

De son côté, le Premier ministre a salué et remercié les citoyens pour l’accueil chaleureux qu’ils ont réservé à sa délégation. Selon lui, le développement de la préfecture de Forécariah a toujours été une préoccupation pour professeur Alpha Condé. D’où sa venue pour lancer des travaux de développement dans ces communes rurales.

« C’est le professeur qui m’a envoyé vers vous. Il m’a dit qu’il est passé ici en 2015 lors de la campagne électorale. Il a promis de développer la localité. Alors, nous sommes venus pour ça. Mais, je vais vous dire, l’investissement qui va se faire ici ne s’était jamais fait auparavant à Forécariah. Les communes rurales ont bénéficié pour certaines un milliard, certaines deux milliards au maximum… », a notamment annoncé Kassory Fofana qui s’exprimait dans la langue du terroir.

En ce qui concerne les infrastructures qui seront financées par l’ANAFIC, le chef du gouvernement guinéen indique que le Chef de l’Etat a voulu laisser les collectivités locales décider elles-mêmes des infrastructures dont elles ont besoin. Et, ajoute-t-il, « le président de la République, dans le cadre de la mise en œuvre des projets de l’ANAFIC, a décidé de laisser libre cours aux collectivités de décider du choix de l’entreprise qui va réaliser les infrastructures dont les collectivités ont besoin.

Donc, vous pouvez dans le choix de l’entreprise, des employés même, recruter les fils de la localité pour la réalisation des écoles, des centres de santé, des marchés, etc. tout ce dont vous exprimez le besoin car l’argent vous appartient, c’est pour le développement de votre localité. Personne, ni même les maires décideront à votre place de ce que vous (les populations) voulez comme infrastructures. C’est seulement vous qui décidez de quelles infrastructures vous avez besoin », a dit le Premier ministre.

En ce qui concerne le soutien exprimé des maires de ces différentes communes rurales au projet de nouvelle constitution, Ibrahima Kassory Fofana a promis de faire le compte rendu à qui de droit. « Les maires, nous avons entendu vos doléances aux noms des populations dont vous portez les voies. Vous avez dit que vous voulez d’une nouvelle constitution. Nous aussi, nous sommes pour une nouvelle constitution. Donc, nous allons faire le compte rendu au Chef de l’Etat ».

A noter que le Premier ministre a offert une somme de 15 millions de francs à chacune des quatre sous-préfectures visitées comme « prix de cola ». Partout, ce montant a été réparti comme suit : 5 millions pour les jeunes, 5 millions pour les femmes et 5 millions pour les sages. Cette tournée va se poursuivre dans les autres communes rurales de la préfecture de Forécariah.

Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com à Forécariah

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Siguiri : un éboulement fait 4 morts et 2 blessés à Kintinia

28 juillet 2019 à 12 12 00 07007
image d’archive

Un nouvel éboulement s’est produit hier, samedi 27 juillet 2019, dans une mine d’or dans la sous-préfecture de Kintinia (Préfecture de Siguiri). Il a coûté la vie à quatre personnes et causé deux blessés graves, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Les drames se poursuivent et continuent d’endeuiller des familles dans les mines d’or de la préfecture de Siguiri. Ce dernier en date est survenu dans une mine appelée Sékélè, située dans la commune rurale de Kintinia. 4 personnes dont deux jeunes femmes et une petite fille ont été tuées dans ce nouvel éboulement.

Il s’agit de Hawa Mara, âgée de 23 ans, mariée et mère d’une fille ; sa fille Tènin Kourouma, âgée de 2 ans ; Sira Madeleine, âgée 26 ans, mariée, mère d’une fille ; et Tamba Léno, âgé de 40 ans, célibataire sans enfant. Deux autres personnes qui étaient dans le trou au moment de l’éboulement ont été grièvement blessées.

Selon Alpha Oumar Diallo, agent de la Croix-Rouge de Kintinia, ces victimes travaillaient dans une ancienne mine d’or interdite d’exploitation. « En raison des risques d’éboulement palpables, les autorités locales ont interdit l’exploitation de ces lieux. Mais, les gens se cachent pour venir y travailler. Ils étaient dans la mine en train de creuser lorsque le trou s’est refermé sur eux. 4 d’entre eux ont trouvé la mort et nous avons pu récupérer les 2 autres qui sont blessés pour les envoyer à l’hôpital », a-t-il expliqué.

Les quatre victimes ont été inhumées ce même samedi à Kintinia.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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« Kèlèfa Sall n’a pas survécu à l’injustice dont il a été victime »

28 juillet 2019 à 10 10 34 07347

A l’occasion de l’assemblée générale hebdomadaire de son parti ce samedi, 27 juillet 2019, le leader de l’UFDG s’est exprimé sur le décès de Kéléfa Sall, l’ancien président de la cour constitutionnelle. Cellou Dalein Diallo a parlé d’un « grand patriote, un magistrat brillant » qui n’a pu survivre à l’injustice, à la brutalité, au coup de force dont il a été victime de la part du président Alpha Condé, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était au siège de l’UFDG à la minière.

Visiblement très attristé par le décès de l’ancien président de la cour constitutionnelle qui a eu le courage historique de prévenir très tôt et publiquement le président Alpha Condé : « gardez-vous de succomber à la mélodie des sirènes révisionnistes », le chef de file de l’opposition guinéenne a commencé par faire observer une minute de silence aux hommes et femmes qui étaient fortement mobilisés ce samedi à son siège.

« Nous avons perdu un grand patriote aujourd’hui. Kéléfa Sall n’est plus ! Il n’a pas pu survivre à l’injustice, à la brutalité, au coup de force dont il a été victime de la part d’Alpha Condé. Il est décédé ce matin. Nous sommes tous tristes. Nous allons observer une minute de silence et prier pour le repos de cet homme de conviction, de ce magistrat brillant qui a eu le courage de ses convictions », a déclaré Cellou Dalein Diallo.

Pour le leader de l’UFDG, Kéléfa Sall était un homme brisé, après son éviction de la Cour Constitutionnelle par un « coup de force » inconstitutionnel.

« Il était brisé, meurtri. Vous savez, l’injustice est parfois plus douloureuse que la maladie. Parce que la manière cavalière, brutale et illégale dont on l’a destitué l’avait profondément marqué. Et, vous connaissez le motif. Simplement parce qu’il s’est exprimé contre la modification de la constitution à des fins de troisième mandat. C’est pour vous dire que Alpha Condé sera impitoyable… Il a destitué ce brillant magistrat, cet homme de conviction, ce patriote pour penser avoir un boulevard vers son troisième mandat. Mais, son projet ne passera pas… Je voudrais que nous participions massivement aux obsèques de Kéléfa Sall. Nous, on verra au niveau du FNDC qu’est-ce qu’il faut faire, pour rendre hommage à cet homme qui est un grand patriote qui a eu le courage de ses convictions… Kéléfa Sall a été un homme objectif et droit », a déclaré Cellou Dalein Diallo.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Labé : Souleymane Pounthioun dénonce le mauvais choix des sujets à l’entrée en 7ème Année

28 juillet 2019 à 10 10 33 07337

Notre confrère Souleymane Pounthioun Diallo, animateur d’une émission scolaire sur les antennes d’une radio privée locale et enseignant en situation de classe dans certaines écoles publiques et privées de la région dénonce « le mauvais choix des sujets à l’examen d’entrée en 7ème Année, session 2019 », rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée, à travers l’entretien vidéo ci-dessous.

Diplômé de l’Institut Supérieur des Sciences de l’Education de Guinée (ISSEG), Souleymane Pounthioun Diallo donne des cours dans plusieurs écoles publiques et privées de la Région Administrative de Labé et dans la préfecture de Pita, relevant de la Région Administrative de Mamou.

A peine 10 jours après la publication des résultats de l’examen d’entrée en 7ème Année, il s’est prêté aux questions d’un reporter de Guineematin.com sur l’analyse de la situation peu reluisante de l’école guinéenne marquée par le faible niveau des élèves et des encadreurs, surtout à l’élémentaire.

« Globalement s’il faut parler de Labé, c’est une satisfaction. Nous sommes au-dessus de la moyenne. On parle aujourd’hui de 64%, cela veut dire que globalement pour Labé la pression a compté. J’ose parler de pression parce qu’il faut savoir que Labé est l’une des rares villes qui n’a pas connu de congés. Ni les congés de décembre, ni les congés d’avril. On ose dire par endroit que les instituteurs s’y sont mis réellement pour pouvoir rehausser un peu le niveau par rapport à l’échelle nationale. Maintenant, s’il faut revenir sur les résultats globalement à l’échelle nationale, essayons de fendre la poire en deux. C’est-à-dire, il y a une question de responsabilités qui s’engagent. Quand on parle de 44%, et d’ailleurs certains analystes parlent de 40%, il parait que les statistiques sont mal calculées, dans tous les cas, nous dirons que ces responsabilités là interrogent. Qui sont ceux qui nous enseignent ? Qui sont ceux qui gouvernent ? Qui sont ceux qui sont les patrons du système éducatif ? Puisque si nous prenons les enfants, le niveau du français est tellement bas, que même le français simple leur ait imperceptible. Il faut le lire. Au fait, quand vous prenez les instituteurs qui sont là, en dépit de leur faible niveau d’orientation vraiment qui les emmènent vers ces écoles-là, il faut savoir qu’une fois sorti des ENI, ils ne bénéficient pas de formations sérieuses. Il y a quand-même des formations à tape l’œil, qui s’opèrent régulièrement à travers les DPE, les IRE mais que j’appelle une simple farce, parce que qui sont ceux qui les forment ? Quel programme ont-ils réellement pour rehausser le niveau de ces enfants-là, c’est-à-dire ces formateurs-là ? Voilà un grand souci qui s’impose. Car, il faut savoir qui est mon maître, pour savoir ce que moi le disciple je puis devenir. Là, c’est un souci. Le niveau reste vraiment à désirer chez les enseignants. Globalement. Maintenant, s’il faut revenir aux enfants eux-mêmes, la famille aussi a quelque chose à voir. Pour la plupart, ce sont des enfants d’analphabètes, rarement des enfants des fonctionnaires. Et s’ils sont des enfants des fonctionnaires, ce sont des fonctionnaires complètement acculés, engloutis par leurs opérations de tous les jours et qui ne peuvent vraiment pas veiller à la formation de leurs enfants. Les enfants n’ont donc pas le niveau requis des âges qu’il faut parler, 6 années de classe. De la maternelle à la 6ème Année, le raté de communication demeure chez les enfants, en famille et chez leurs maîtres » a-t-il expliqué.
Parlant de l’encadrement, Souleymane Pounthioun Diallo dit avoir l’impression qu’il y a de l’amateurisme au sommet.

« Puisque moi j’ai eu la chance de surveiller l’entrée en 7ème Année, j’ai donc en moi compilé tous les sujets qui ont été donnés cette année. Mais, j’ose dire que ces sujets auraient même été au-dessus d’un breveté s’il n’est pas d’un excellent niveau » a-t-il ajouté en prenant l’exemple des sujets de géographie, de Science qui n’était en réalité qu’un sujet de biologie pour quelqu’un qui aurait un bon niveau. Il évoque le cas du sujet de calcul qui, selon lui, n’était même pas à la portée d’un élève de la Terminale Mathématiques…

Après ce diagnostic non complaisant du système éducatif guinée, notre invité a préconisé plusieurs solutions pour la Guinée dont celle de la prise de conscience des parents.

« On dirait qu’il y a eu un choix à la va vite et que ce ne sont pas des instituteurs qui ont choisi les sujets, ce sont des bureaucrates comme toujours. On demande aux enseignants de fournir des sujets mais les sujets-là ne sont pratiquement pas exploités. Ce sont eux dans leurs bureaux là-bas qui trouve moyens d’inventer des sujets qui très souvent ne collent pas au programme d’enseignement développé dans le système » a-t-il insisté.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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Gaoual : la sous-préfecture de Koumbia enregistre 74, 11% à l’examen d’entrée en 7ème

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La sous-préfecture de Koumbia, relevant de la préfecture de Gaoual, fait partie d’une des rares localités ayant enregistré un fort taux de réussite au Certificat d’Etudes Elémentaires (CEE) au compte de la session 2019. Sur un effectif total de 340 candidats, dont 150 filles, 252 ont été déclarés admis, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La sous-préfecture de Koumbia a connu le succès cette année encore à l’examen d’entrée en 7èmeannée.  Au début, ce sont 434 élèves qui s’étaient inscrits, dont 185 filles. Mais en cours de route, 94 d’entre eux ont fini par abandonner. Soit, ils ont changé officieusement d’école pour aller ailleurs, soit ce sont les mariages précoces, ou encore les abandons par manque de soutien, apprend-on.

Selon les résultats officiels communiqués à Guineematin.com, 340 candidats, dont 150 filles ont composé cette année pour le CEE à Koumbia. A l’arrivée, 252 sont admis, dont 105 filles. Soit un taux d’admis 74,11%, supérieur à celui de l’année 2018 qui s’élevait à 66,69%.

Ces candidats sont venus de 14 écoles et regroupés dans deux centres d’examen, à savoir l’école de Ben Béla et celle de Dâra Bowé, pour 28 superviseurs (surveillants). Aucun cas de fraude n’a été enregistré.

Au classement des écoles, Thiankoun N’Diâré et Kwamé Nkrumah sont 1ères ex. avec 100% de réussite. Elles sont suivies de l’école de Madina Guilédji qui a obtenu 91% d’admis, avec 32 admis sur 34 candidats. La marche est fermée par l’école de Sinthyou, dans le district de Kamélé 2, qui n’a récolté que 27 % d’admis.

Toutefois, malgré ce succès flatteur enregistré par Koumbia, des problèmes demeurent dans le secteur éducatif. Il s’agit notamment du manque d’enseignants et de l’état de délabrement poussé des écoles. Certaines d’entre elles ont été décoiffées au début de la saison des pluies et nécessitent une réparation avant le retour des enfants en classe. Un défi largement à la portée des acteurs de l’éducation.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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