Tabaski 2021 à Kankan : les ateliers de coutures pris d’assaut

18 juillet 2021 à 20 08 40 07407

À quelques heures de la fête de l’Aïd al-Adha ou l’Aïd el-Kebir, appelée Tabaski, les ateliers de couture grouillent de monde. Malgré la crise sanitaire doublée de la crise économique, les fidèles musulmans veulent paraître beaux dans leurs nouvelles tenues de fête ; et, pour cela, les ateliers de coutures travaillent actuellement jusque tard la nuit pour satisfaire les clients, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé à Kankan. 

La fête de Tabaski est la plus grande fête de la communauté musulmane. Et, contrairement à l’Aïd el-fitr (la fête de Ramadan, appelée la petite fête), un engouement de taille entoure la « fête du sacrifice ». Malgré les restrictions gouvernementales liées à la pandémie de Coronavirus, les citoyens prennent d’assaut les différents ateliers de couture. C’est le cas de Mariame Keïta, propriétaire d’un atelier au rond-point Komarala Loisir.

« Chez nous ici, vraiment, ça marche, on ne chôme pas. Cette année d’ailleurs, on reçoit beaucoup  plus de clients que l’année dernière au même moment. Nous avons beaucoup d’habits jusqu’à présent non encore cousus. Regardez derrière moi, ce ne sont que des habits. En plus de ça, j’ai moi-même cousu des habits à vendre. Il y a une parfaite entente entre mes clients et moi », a indiqué la couturière.

Également, à l’atelier de couture de Mamoudou Barry, on s’efforce au maximum pour terminer les habits des clients. Mais, il admet que ce n’est plus évident de rendre à tous leurs habits. « On a tellement reçu de clients que je ne crois pas pouvoir coudre tous les habits. Les gens aussi ne viennent pas tôt. Le plus souvent, ils attendent à trois jours de la fête pour venir ; mais, dans une telle situation, moi, j’ai toujours dit la vérité. Si je ne peux pas faire, je leur dis cela au lieu de donner un faux rendez-vous », a précisé maître Barry.

Rencontrée dans un atelier de couture au quartier Briqueterie, Mademoiselle Gnalén Camara n’a pas encore réussi à faire coudre ses habits de fête. On lui a dit qu’il n’y a plus de place ; mais, elle veut plaider. « Ce sont mes clients, ils savent bien coudre mes habits. Je suis arrivée en retard. Ils m’ont dit qu’ils ont beaucoup d’habits à coudre. Moi-même, j’ai vu cela. Mais, je vais plaider… » a-t-elle laissé entendre.

Comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches, la Mamaya de Kankan a été annulée cette année à la dernière minute. Cette décision de la notabilité est motivée par le respect des mesures barrières. Tout de même, elle est contestée à Kankan par bon nombre de citoyens, notamment les femmes qui avaient fini de coudre les tenues de la Mamaya.

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

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Les mots et les maux du ministre

18 juillet 2021 à 16 04 01 07017
Habib Yembering Diallo

Cher ami,

C’est pour moi un réel plaisir de me livrer à un exercice que je ne fais pas depuis belle lurette. Le courrier électronique ayant fait de la lettre classique ce que l’iPhone a fait du photographe de mon quartier, on écrit rarement à la main. Ce qui n’est pas de nature à déplaire tous ceux dont l’écriture était un véritable casse-tête. Avec la correction des fautes par l’ordinateur, même les nuls en orthographe écrivent correctement maintenant. Ce qui n’a jamais été mon cas. Vous, mes amis, savez tous que j’écrivais avec beauté et élégance la langue de la France.

Je vais arrêter ma nostalgie pour parler de mon sujet. Car mes enfants me disent souvent que je suis un homme du passé. Parce que je ne peux rien dire sans évoquer le temps passé. Comme la belle époque où chacun de nous avait son chateur et son écrivain préférés. Les miens étaient respectivement Julio Eglisias et Guy des Cars. Et je me souviens parfaitement des tiens. Qui étaient pour la musique le duo camerounais : Francis Bébé et Marthe Zambo et pour l’écriture Agatha Christine.

Mais encore une fois, laisse-moi arrêter le temps passé pour te parler du temps présent. Plus particulièrement ma situation actuelle. Une situation qui n’est rien d’autre qu’un gros mirage. Et d’ailleurs mon état physique décrit parfaitement mon état psychologique. Récemment un ami m’a demandé si je suis malade. Selon lui mon état physique en dit long sur mon état de santé.

Cela n’a pas commencé aujourd’hui. Depuis le jour où, pour la première fois, on m’a proposé d’accepter cette responsabilité, mon état psychologique n’est plus en adéquation avec mon apparence physique. Surtout le jour où, devant les caméras de télévisons, les ténors du parti au pouvoir ont exigé de nouveaux venus, dont moi, de porter autour du cou le symbole de leur parti. C’est depuis ce jour que je suis entré en conflit fratricide avec moi-même.

Pour le reste, c’est sans commentaire. J’étais mieux portant avant d’être ministre qu’aujourd’hui. Et pour ne rien arranger, je suis pris entre deux feux : celui de mon patron et celui de mes techniciens qui sont mes proches collaborateurs. Le premier m’a sommé d’organiser quelque chose que les seconds ne veulent pas. Du moins dans l’immédiat. Alors que moi je ne peux pas dire non à mon patron, les autres, eux, me disent non. Et je ne peux pas transmettre leur non au patron. C’est qui me met dans d’une situation on en peut plus déstabilisante.

Tu me diras que je ne suis pas le seul ministre. Et je ne suis pas le seul qui sois confronté à une situation difficile. Je pourrais te rétorquer que ma situation est unique. La raison est simple. Parmi tous mes collègues, je suis le seul qui ai osé mettre fin à certaines pratiques mafieuses. Cela m’a valu beaucoup d’ennemis. Ceux qui ont perdu leurs intérêts sont si nombreux et si présents dans les différents départements de mon secteur, que tous se sont donné la main pour me mettre des bâtons dans les roues. D’ailleurs, mettre des bâtons dans les roues qui n’est pas l’expression qui sied pour mon cas. Ils ont décidé de me combattre ouvertement.

Or, il n’y a pas un ministre qui réussit. Il y a un ministère qui réussit. Ce qui fait que ma mission est un véritable chemin de croix.  La seule chance que j’ai eue, c’est que mon patron est au courant de ma situation. Il sait que nous, qui l’aidons à changer les pratiques d’un autre temps, ne sommes pas nombreux. Son soutien ne m’a jamais fait défaut. Autrement j’aurais jeté l’éponge depuis longtemps.

Dans la foulée, un oncle, qui est au courant de ma situation, m’a proposé son aide. Laquelle consiste à aller voir un marabout dans une préfecture lointaine pour solliciter son intervention. C’était mal me connaitre. Car, cartésien que je suis, je ne compte pas me laisser faire. Je ne suis pas prêt à faire du n’importe quoi. Comme recourir à la science occulte. Pour moi c’est une question de logique. Mon oncle prétend que son marabout est très efficace pour non pas faire mal à quelqu’un mais pour se protéger contre les ennemis. Selon lui, le premier est illicite tandis que le second est licite.

Mais ce que mon oncle oublie c’est que je suis au courant que lui-même avait été confronté à une situation comme la mienne. Et si son fameux marabout était capable de protéger quelqu’un il aurait commencé par lui. Toute cette histoire n’aura d’autre résultat que d’augmenter mes ennuis. Imagine qu’il va falloir trouver une somme faramineuse pour le marabout. Une autre pour le déplacement et l’argent de poche de l’oncle. Sans compter que, si jamais je cède et que cela coïncide avec la réussite de ma mission, le marabout va mettre ma réussite à son actif. A partir de ce jour je vais faire l’objet de tous les chantages de sa part. Parce qu’il va estimer que je lui reste devoir.

Pour toutes ces raisons, je préfère le pire que le marabout. Et bien évidemment, je termine avec l’objet de ma lettre, je souhaite avoir ton avis sur cette situation afin que je puisse prendre la meilleure décision.

Ton ami, le ministre.

Habib Yembering Diallo, 664 27 27 47.

Toute ressemblance entre cette histoire ministérielle et une autre n’est que pure coïncidence.

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Perturbation d’internet à Dixinn, Kaloum, Matam… Orange explique

18 juillet 2021 à 12 12 24 07247

Communiqué : Orange Guinée informe son aimable clientèle, qu’à la suite de la coupure de la fibre optique sur son site de Camayenne dû à un accident, le réseau Internet enregistre depuis hier 23h des perturbations dans les zones de Dixinn, Kaloum, Matam et une partie de Ratoma. 

Les équipes sont à pied d’œuvre pour rétablir les différents services dans les plus brefs délais. 

Orange Guinée sait compter sur la bonne compréhension de tous, et s’excuse pour les désagréments causés. 

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Elhadj Mansour Fadiga : « Si la justice était honnête, elle ne devrait pas garder les gens jusqu’à 8 mois en prison sans procès »

18 juillet 2021 à 12 12 06 07067
Elhadj Mansour Fadiga, imam de la grande mosquée de Nongo


Elhadj Mansour Fadiga, premier imam de la Mosquée de Nongo était récemment à l’émission « La Grande Interview » de Guineematin. Pendant 60 minutes, le précurseur de la chronique Islamique en Guinée s’est prononcé sur l’éducation et la pratique de l’islam dans notre pays, ainsi que sur plusieurs sujets de l’actualité nationale.

Interrogé sur la très longue détention sans jugement des opposants au régime Alpha Condé, le guide religieux a dénoncé la lenteur de la procédure judiciaire et plaidé pour une implication du chef de l’Etat afin de permettre aux détenus politiques de retrouver leurs familles pendant la fête de Tabaski.  

« J’ai beaucoup apprécié le message du président de l’Assemblée nationale qui, dans son discours de clôture de la session, a demandé au chef de l’État, de continuer à accorder sa grâce aux détenus politiques. À un certain moment, on plaidait sa cause à lui ici.  Si j’ai l’occasion de rencontrer le président Alpha Condé aujourd’hui, je vais lui dire de voir la Guinée pour laquelle il s’est beaucoup battu. Qu’il sache que sa population a beaucoup souffert malgré le fait qu’il a fait des barrages aujourd’hui. Qu’il pense à venir au secours de cette population. Actuellement, tout est cher, excepté l’essence qu’on n’a pas encore augmenté. Personne ne peut nier aujourd’hui, en tout cas les chefs religieux, que ce n’est pas lui le chef de l’État. L’islam n’a pas dit la manière par laquelle le président doit venir au pouvoir. Mais, une fois qu’il est au pouvoir, l’islam nous demande d’être sincères et obéissants envers lui. Donc, je lui demande d’être tolérant », a dit l’imam Elhadj Mansour Fadiga.

Le premier imam de la mosquée de Nongo trouve donc anormal cette longue détention préventive. À ses yeux, cela dénote de la mauvaise foi de nos juridictions. « C’est une manière de dire que la justice n’a pas encore fait son travail… Comment une justice honnête peut garder les gens jusqu’à huit mois sans jugement ? Si notre justice était honnête et indépendante, elle n’allait pas garder les gens pendant plusieurs mois sans jugement. Il y a la Tabaski qui arrive. C’est des grands moments de pardon. Qu’il accorde une liberté provisoire aux opposants pour leur permettre de fêter en famille. Il n’y a personne parmi ces gens-là qui veut fuir la Guinée, à mon avis », estime l’ancien chroniqueur islamique de la RTG.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tél. : 626-66-29-27

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Disparition du lieutenant Alpha Diallo de la marine nationale : la famille s’interroge

18 juillet 2021 à 10 10 59 07597

La famille du Lieutenant Alpha Amadou Oury DIALLO, 34 ans, a été surprise d’apprendre son décès le mercredi dernier, 14 juillet 2021, alors qu’il venait de déposer, dans sa voiture, son enfant à l’école et sa femme à son service… « Le vendredi 16 juillet 2021, sans nouvelle de la part de son service, son frère ainé s’est rendu à l’état-major de la marine afin de s’enquérir des circonstances de sa disparition. Lors de cette visite, il n’a pas été reçu par l’état-major. Les informations collectées ne concordent pas… », s’étonne la famille.

Dans une lettre dont Guineematin.com a reçu copie, la famille écrit n’avoir reçu à ce jour « aucune information officielle de l’état-major de la Marine concernant la disparition du Lieutenant Alpha Amadou Oury DIALLO. A notre connaissance, aucune investigation n’a été lancée pour savoir ce qui s’est réellement passé lors de la disparition d’un officier à la base marine du port de Conakry. Nous sollicitons le soutien des médias et des autorités de ce pays pour savoir la vérité sur les circonstances de sa disparition ce mercredi 14 juillet 2021 ».

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de cette lettre :

Lieutenant Alpha Amadou Oury DIALLO
Né le 05/11/1987
Officier de la marine nationale
En service à la brigade des unités flottantes
Ingénieur Electricien de formation
Le mercredi 14 juillet 2021, Le Lieutenant Alpha Amadou Oury DIALLO, en permission de repos après une mission de patrouille en haute mer, a quitté son domicile de Sangoyah à 7heures du matin. Il a déposé sa fille à l’école et a pris la direction de la ville pour déposer sa femme au ministère de l’économie et des finances.
En cours de route pour le ministère de l’économie et des finances, il reçoit des appels téléphoniques de son service lui demandant de se rendre au bureau. Tout en manifestant son étonnement à sa femme (devoir travailler ce jour dans la salle des machines), il indique à son interlocuteur téléphonique qu’il est en chemin et qu’il ne tardera pas à arriver.
Il a déposé sa femme devant le ministère de l’économie et des finances à 8h35 et a pris la direction du port.
Aux alentours de Midi, une rumeur parvient à la famille indiquant qu’il est impliqué dans un incident en mer et que son corps n’est pas retrouvé.
Quelques temps après une délégation, composée du Colonel Sow, le colonel chef de brigade, et de trois autres agents de la marine, s’est présentée au domicile familial.
Cette délégation annonce le décès du Lieutenant Alpha Amadou Oury DIALLO et indique que des recherches sont en cours pour retrouver son corps.
Dans la description des circonstances de son décès, la délégation indique ceci :
« En mission pour dépanner un bateau sur le quai du port, aux alentours de 09h du matin, le Lieutenant Alpha Amadou Oury DIALLO aurait eu un malaise et il aurait piqué une crise dans la salle des machines du bateau. A la suite de ce malaise, ses collègues l’auraient fait monter sur le pont du bateau. Une fois sur le pont, il serait devenu violent et se serait débattu de ses collègues pour sauter dans l’eau. Aussitôt, un membre de l’équipe aurait plongé pour tenter de le récupérer. Quelques temps après, ce dernier serait remonté pour dire qu’il ne l’a pas retrouvé. »
Le lendemain, Jeudi 15 juillet 2021, la même délégation ayant toujours à sa tête le colonel SOW s’est à nouveau présentée au domicile familial avec un sac de riz, un bidon d’huile, un carton de tomate et une enveloppe en guise de condoléances sans aucune notification écrite des autorités.
Le vendredi 16 juillet 2021, sans nouvelle de la part de son service, son frère ainé s’est rendu à l’état-major de la marine afin de s’enquérir des circonstances de sa disparition.
Lors de cette visite, Il n’a pas été reçu par l’état-major. Les informations collectées ne concordent pas. Par exemple, à la question de quels vêtements il portait, certains disait qu’il était vêtu de la tenue de mécanicien tandis que d’autres ont précisé qu’il portait une culotte.
A ce jour, la famille n’a reçu aucune information officielle de l’état-major de la Marine concernant la disparition du Lieutenant Alpha Amadou Oury DIALLO.
A notre connaissance, aucune investigation n’a été lancée pour savoir ce qui s’est réellement passé lors de la disparition d’un officier à la base marine du port de Conakry.
Nous sollicitons le soutien des médias et des autorités de ce pays pour savoir la vérité sur les circonstances de sa disparition ce mercredi 14 juillet 2021.

Contact de la famille : M. Aphadjo DIALLO, Oncle du Disparu

Tél : +224 620388615 / +224623218495

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