Cellou Dalein à la « Grande interview » de Guineematin : « la capitulation n’est pas l’UFDG…» (intégralité)

4 juillet 2021 à 22 10 29 07297

À l’occasion de son 7ème anniversaire, Guineematin.com, sacré meilleur site d’informations de la République de Guinée par le Djassa D’or, a lancé une nouvelle émission télévisée : La Grande Interview ! Et, comme tout premier invité, cette nouvelle émission a reçu Elhadj Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG.

Pendant plus d’une heure, celui qui trouble le sommeil du président Alpha Condé a accepté de répondre à toutes les questions qui lui ont été posées par les journalistes Nouhou Baldé et Bachir Sylla, ainsi que les plus pertinentes des téléspectateurs. Interrogé par exemple sur l’élan du régime Alpha Condé de ne faire libérer que les prisonniers politiques qui admettraient des « fautes » et demanderaient « pardon » au chef de l’État, Cellou Dalein Diallo a été on ne peut plus clair : « la capitulation n’est pas l’UFDG… ».

Pour le principal opposant guinéen, ce serait suicidaire de jouer à un tel jeu : « nous ne pouvons pas jouer le jeu d’Alpha Condé. En dehors de toute base égale, il arrête nos militants, mes collaborateurs. Ceux qui sont en liberté n’ont pas le droit de voyager. Nos locaux, mes bureaux, le siège sont fermés et occupés par l’armée. Vous voulez qu’on écrive pour demander pardon pour récupérer nos bureaux, nos droits de voyager, la libération de nos prisonniers politiques ? Ce sont des hommes politiques avertis qui sont en prison. Ils savent qu’ils sont victimes de l’arbitraire », a notamment indiqué l’opposant, en rappelant que quatre de ces prisonniers politiques ont déjà perdu la vie à la Maison centrale et que plusieurs autres y sont malades dont Abdoulaye Bah, ancien président de la délégation spéciale de Kindia.

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Manque d’infrastructures, tremblements de terre… les impactés de Souapiti interpellent les autorités

4 juillet 2021 à 20 08 30 07307

L’Union des impactés de Souapiti a effectué une visite cette semaine dans la sous-préfecture de Kollet, à Télimélé. Les responsables de cette ONG sont allés constater les effets néfastes de la construction de ce barrage hydroélectrique dans cette localité. Un constat qui s’est révélé très amer et sur lequel ils ont attiré l’attention des autorités guinéennes, a constaté un envoyé spécial de Guineematin.com sur place.

Cette mission de l’Union des impactés de Souapiti a visité trois localités de la sous-préfecture de Kollet, dans la préfecture de Télimélé. Il s’agit des districts de Konkouré, Kouria et Garama. Et le constat qu’ils ont fait sur le terrain est très amer : la construction du barrage hydroélectrique de Souapiti a entraîné des conséquences dramatiques dans ces localités. Une situation que déplore Billo Bah, secrétaire chargé à la mobilisation de l’Union des impactés de Souapiti.

Billo Bah, secrétaire chargé à la mobilisation de l’Union des impactés de Souapiti

« Nous sommes impactés de diverses manières. La première, il y a la dislocation de certaines familles déguerpies. Ensuite, il y a les biens de ces populations qui ne sont pas encore définitivement compensés, donc la nécessité est là. Les villages qui sont partiellement déguerpis n’ont pas d’infrastructures sanitaires, scolaires et routières. Les champs des gens sont complètement inondés, il n’y a plus de domaines où on peut cultiver, tout est envahi par l’eau.

Et plus grave encore, la vie des gens est vraiment en danger parce qu’il y a des tremblements de terre qui sont enregistrés dans les localités impactées depuis 9 mois maintenant. Aujourd’hui, les murs de beaucoup de maisons sont fissurés et risquent de s’effondrer. Les gens ont peur même de passer la nuit dans leurs maisons », a-t-il indiqué.

Salifou Bangoura, sinistré

Face à cette situation préoccupante, l’Union des impactés de Souapiti interpelle les autorités guinéennes. « Nous demandons au président de la République et son gouvernement ainsi qu’à l’ensemble des ONG, de faire face à ce que nous vivons actuellement ici. Notre souhait, c’est d’avoir de l’électricité mais aujourd’hui, vu la situation qui prévaut chez nous, on se demande s’il faut continuer à vivre ici. Et quelle garantie le gouvernement peut nous donner pour cela.

Nous souhaitons aussi que les biens qu’on a perdus à cause de ce projet soient compensés dans les meilleures conditions. Les pertes sont énormes : au niveau des habitations impactées, il y a plus 442 cases qu’on a pu identifier d’abord. Les maisons en tôle, on a plus de 138. Le nombre de villages qui n’ont pas d’infrastructures sanitaires et éducatives est de 27 d’abord, parce que le travail n’est pas encore terminé. Seuls le Pr Alpha Condé et son gouvernement peuvent nous aider à traverser ce calvaire », a dit Billo Bah.

Mamadouba Camara, maire de la commune rurale de Kollet

Les préoccupations de l’Union des impactés de Souapiti sont largement partagées par les autorités locales. Le maire de la commune rurale de Kollet a salué et encouragé la démarche de cette ONG. « L’Union des impactés de Souapiti est en train de nous appuyer et d’aider aussi la communauté. Donc nous saluons et nous encourageons cette démarche, qui y va de notre intérêt à tous. Car elle vise à nous aider à avoir la quiétude chez nous. Donc je demande à l’Union de prendre courage et de passer par les meilleurs moyens qui peuvent nous aider », a dit Mamadou Camara.

De retour de Kollet, Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59  

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Réouverture des frontières : un accord entre la Guinée et le Sénégal contre les opposants

4 juillet 2021 à 19 07 21 07217

Les frontières entre la Guinée et le Sénégal pourraient être rouvertes dans les jours à venir. C’est du moins ce qui ressort de la présentation ce dimanche, 4 juillet 2021, d’un Accord de coopération militaire et technique entre le Gouvernement de la République du Sénégal et celui de la République de Guinée, signé par les ministres en charge de la Défense des deux pays le 19 juin dernier à Accra, au Ghana, en marge du sommet de la CEDEAO.

Cet accord entre les deux États apportera un ouf de soulagement aux populations des deux pays et même le celles de l’espace de la CEDEAO qui utilisent cet axe routier (Guinée-Sénégal) où le commerce transnational connaît un progrès habituellement florissant.

En 10 mois de fermeture, de nombreux opérateurs économiques et transporteurs ont perdu des biens. Et même un apprenti a trouvé la mort. Pour les deux Etats, ce sont d’importantes sommes d’argent liées aux taxes qui sont perdues chaque mois à cause de cette décision politique.

Mais, cet accord entre les deux pays pourrait viser les opposants au 3ème mandat d’Alpha Condé, notamment Sékou Koundouno et Ibrahima Diallo, exilés au pays de la Téranga.

Cet Accord de 25 articles qui entre en vigueur dès sa ratification par les deux pays est reconductible après une durée de cinq ans. En son article 4, l’Accord présente de sérieuses menaces pour les opposants au régime de Conakry. Il stipule : « Chaque partie s’engage à tout mettre en œuvre pour empêcher que son territoire ne soit utilisé pour des actes subversifs, de déstabilisation ou de sabotage contre l’autre partie ». Comment de telles dispositions seront-elles interprétées et mises en oeuvre par les décideurs et particulièrement les services de sécurités des deux pays ?
Attendons de voir !

Comme on le sait, c’est en pleine campagne électorale pour son troisième mandat que le président Alpha Condé avait décidé de fermer, unilatéralement, il y a bientôt un an, les frontières entre la Guinée et trois pays frontaliers : le Sénégal, la Sierra Léone et la Guinée Bissau. Si la Sierra Léone et le Sénégal ont accepté de signer des accords avec les autorités guinéennes pour rouvrir leurs frontières, ce n’est pour le moment pas le cas du Général Umaro Sissoco Embaló. Le président Bissau guinéen s’était même fâché en demandant aux chefs d’Etat de la CEDEAO de dire la vérité au président Alpha Condé, qu’il n’a pas le droit de fermer les frontières avec ses voisins, alors qu’il n’y a aucune menace de guerre… Mais, ces propos datent d’il y a déjà près de deux semaines (précisément du samedi 19 juin), à l’occasion des travaux de la 59ème session ordinaire de la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO. Qui sait si notre Général-président et son homologue, le Professeur-président n’ont pas changé d’avis…

À suivre !

Abdoul Gadirou Baldé pour Guineematin.com

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Assemblée Nationale : voici la composition du nouveau Bureau exécutif

4 juillet 2021 à 18 06 35 07357

Comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches, l’Assemblée nationale a procédé au renouvellement de son Bureau exécutif, conformément à l’article 20, alinéa 4 de son règlement intérieur, qui dispose qu’à la « fin de chaque session ordinaire, il est procédé au renouvèlement des membres du Bureau du parlement ».

Et, ce dimanche, 4 juillet 2021, en plus du Président de l’Institution, Honorable Amadou Damaro Camara, élu pour la durée de la législature, la presque totalité des membres sortants ont été reconduits. Il en est de même pour les Présidents des trois Groupes parlementaires qui composent l’Assemblée nationale, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

A l’issue du vote à bulletin secret, organisé à cet effet, sous la présidence du président de l’Assemblée nationale, c’est Hadja Aïssatou Bobo Baldé, jusque-là membre de la Commission des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger, qui a fait son entrée à la place de l’Honorable Zalikatou Diallo, nommée dans le gouvernement.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose la composition du nouveau Bureau exécutif :

1.   Président : Honorable Amadou Damaro Camara Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

2.   Première vice-présidente : Honorable Aïssatou Bobo Baldé  Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

3.   Deuxième vice-président : Honorable Dr Fodé Soumah, RPG/ Arc-en-ciel

4.   Troisième vice-présidente : Honorable Djakagbè Kaba Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

5.   Quatrième vice-président : Honorable Alpha Ibrahima Sila Bah PGRP/ Groupe parlementaire Rassemblement républicain

6.   Cinquième vice-président : Honorable Mohamed Fodé Soumah GeCi/Groupe parlementaire Alliance patriotique

Les questeurs

7.   Premier questeur : Honorable Michel Kamano Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

8.   Deuxième questeur : Honorable Zénab Camara Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

Les secrétaires parlementaires

9.   Première secrétaire Parlementaire : Honorable Domani Doré Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

10.                Deuxième secrétaire Parlementaire : Honorable Bakary Diakité Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

11.                Troisième secrétaire Parlementaire : Honorable Souleymane Douno Kéïta Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

12.               Quatrième secrétaire Parlementaire : Honorable Nestor Kagbadouno Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

13.               Cinquième secrétaire Parlementaire : Honorable Ibrahima Sory Diallo ADC-BOC/ Groupe Rassemblement républicain

14.                Sixième secrétaire Parlementaire : Honorable  Abdoulaye Sanoh, MPDG/ Groupe Alliance patriotique

Les Présidents de groupes Parlementaires.

15.               Groupe Parlementaire Rpg-arc-en-ciel : Honorable Aly KABA

16.                Groupe Parlementaire Rassemblement Républicain : Honorable Ibrahima Deen TOURE

17.                Groupe Parlementaire alliance patriotique : Honorable Dembo SYLLA

Ce Bureau exécutif, est appuyé par 12 Commissions permanentes et une Commission Spéciale, renouvelées elles, en début de la session. Chacune d’elle est composée d’un Président, de deux Vice-présidents et d’un Secrétaire. A côté d’elle, il y a le Rapporteur général de l’Assemblée nationale, qui a rang de Président de Commission. Unanimement, tous les Présidents de Commissions et le Rapporteur général ont été reconduits. Il s’agit :

1.    Commission des affaires économiques, financières, du plan et de la Coopération : Honorable Togba Traoré, Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

2.    Commission de l’administration générale et des lois : Honorable Mamady Kandé, Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

3.    Commission des Affaires étrangères et des guinéens de l’étranger : Honorable Mohamed Habib Baldé, Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

4.    Commission des Mines et industries : Honorable Eva Cross, Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

5.    Commission Défense et sécurité : Honorable Djéné Saran Camara, Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

6.    Commission des sports, art, culture et santé : Honorable Bintou Touré, PGPD/Alliance patriotique

7.    Commission Aménagement du territoire de l’énergie et de l’hydraulique : Honorable Louncény Camara, Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

8.    Commission Environnement, développement durable et rural : Honorable Mohamed Dorval Doumbouya, Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

9.    Commission Commerce : Honorable Cheick Fanta Mady Camara, Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

10. Commission Education : Honorable Dr Sékou Kouréssi Condé, Arena/Alliance patriotique

11.               Commission Fonction publique, des affaires sociales et religieuses : Honorable Dr Saliou Bella Diallo, Hafia/ Rassemblement républicain

12. Commission Communication : Honorable Alhouseïny Makanéra Kaké, Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

13.               Commission Contrôle et Comptabilité : Honorable Ibrahima Sory

          Traoré, Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

14. Rapporteur Général : Honorable Aboubacar Adama Sylla, Rpg/ Arc-en-ciel (Majorité)

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Guinée : Hadja Aïssatou Bobo Baldé élue première Vice-présidente du Parlement

4 juillet 2021 à 18 06 27 07277
Hadja Aïssatou Bobo Baldé, première Vice-présidence du Parlement

Conformément aux dispositions de l’Article 20, alinéa 4 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, les députés ont procédé au renouvellement de leur Bureau exécutif dans l’après-midi de ce dimanche, 4 juillet 2021. Et, sans surprise, ce point qui a été la toute dernière activité inscrite à l’ordre du jour a permis aux députés de remplacer l’Honorable Zalikatou Diallo, nommée il y a quelques mois à la tête du ministère de l’Unité nationale et de la citoyenneté.

Et, selon un journaliste de Guineematin.com qui suit les travaux parlementaires, c’est l’Honorable Aïssatou Bobo Baldé qui a bénéficié de la confiance des élus. Native de la préfecture de Tougué. La nouvelle numéro 2 du parlement guinéen, élue pour la deuxième fois consécutive sur la liste nationale du parti au pouvoir, le RPG arc-en-ciel, était jusque-là membre de la Commission Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger de l’Assemblée nationale.

Selon un haut responsable de la majorité présidentielle, cette promotion est droite ligne de la stature de la députée qui comptabilise 25 ans de militantisme au sein du parti du professeur Alpha Condé.

A suivre !

De l’Assemblée nationale, Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Débat d’orientation budgétaire : les révélations du ministre des finances

4 juillet 2021 à 18 06 07 07077

Le débat d’orientation budgétaire 2021, a pris fin hier, samedi 03 juillet 2021, après deux jours de débats à l’Assemblée nationale et en séance plénière, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Après la séance des questions des députés, ce fut le tour des membres du pouls économique et financier de l’Etat de prendre la parole et d’apporter des réponses.

A la suite du ministre du Budget, le ministre de l’économie et des finances, Mamady Camara a concentré son intervention sur le non-paiement de la dette intérieure de l’Etat, qui est régulièrement revenu dans les débats

Selon l’argent du pays, les autorités ont lancé depuis 2012 en accord avec l’AFD qui a recruté sur appel d’offre un cabinet d’audit de revoir les dettes des entreprises privées. Les résultats de cet audit ont permis un désintéressement assez substantiel des créances du secteur privé. En novembre 2017, on a payé dans ce cadre-là 43 milliards, en août 2018, 59 milliards ont été payés, décembre 2018, 124 milliards. En juillet 2019, 74 milliards, en août 2019, un montant de 79 milliards et enfin en mai 2020, une enveloppe de 5 milliards ont été payés.

D’après Mamady Camara, des efforts très importants ont été faits par le gouvernement pour éteindre graduellement les créances du secteur privé dans les livres du trésor public.

Par rapport aux recettes non fiscales, jugées faibles les honorables députés, Mamady Camara n’est pas d’accord. Et pour cause.

« Dans tous les pays du monde, les recettes non fiscales représentent la portion congrue. Tout le reste est constitué de recettes fiscales. La douane et les impôts. Nous avons fait beaucoup de progrès, à partir de la signature du pacte de doublement des recettes », a précisé Mamady Camara.

Comme résultats, poursuit le ministre, sur 3 mois : mars, avril à mai, en 2020, on a réalisé 195, 070 e recettes non fiscales. Pour la même période en 202, on a mobilisé 344,15 milliards. Soit une augmentation de 76%. On ne peut dire de ce point de vue que les recettes non fiscales sont faibles. On aurait pu faire mieux cette année si  l’immatriculation des véhicules était effective. Ensuite, les sociétés dans lesquelles l’Etat est actionnaire, il y a des dividendes qui sont payées à partir du mois de juillet de chaque année. Cela aussi va se refléter dans les recettes de fin d’année et du 3ème trimestre de l’année », s’est défendu le ministre de l’économie et des finances, qui a promis de s’inscrire dans le même ordre d’idées de travailler pour le bien-être des populations guinéennes.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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L’or de Gaoual, exonérations, recettes… les annonces du ministre du Budget au Parlement

4 juillet 2021 à 17 05 43 07437
Ismaël Dioubaté, ministre du Budget

Après avoir présenté le document de cadrage budgétaire pluriannuel 2022-2024 la veille, dans le cadre du débat d’orientation budgétaire (DOB), le Ministre du Budget, Ismaël Dioubaté, est revenu, hier, samedi 3 juillet 2021, devant les députés pour répondre aux préoccupations soulevées pendant les débats, a constaté le journaliste de Guineematin.com qui suit les débats à l’Assemblée nationale.

Évolution du budget, le train de vie de l’Etat, la dégradation de l’environnement, la découverte d’or à Gaoual, la corruption, l’hôpital Donka, cas du secteur privé, du Code général des impôts, les infrastructures, les exonérations accordées à certaines sociétés, l’éducation, la santé, la maîtrise de la pandémie du covid-19, le doublement des recettes à l’horizon 2024… ce sont entre autres questions que les députés ont posées au ministre du Budget.

En ce qui concerne l’évolution du budget, notamment des recettes de l’Etat et le solde, Ismaël Dioubaté, en économiste aguerri, a expliqué aux députés le concept de solde de base, actuellement à 13 %.  L’ambition du gouvernement est de porter ce taux à l’horizon 2024  à 18% et de miser sur 20 % plus tard qui est le taux moyen dans l’espace de la CEDEAO.

L’autre question lancinante était liée au taux de croissance. Dans le document du cadrage macroéconomique, ces hypothèses vont de 5,4 % en 2022 et 5,3 % pour 2023 et 2024, alors que le taux de croissance réel en 2020 est de 7,1%. Le ministre  a expliqué que pour le cas guinéen, le taux de croissance est porté par les mines. Se voulant réaliste, il a dit aux députés, chiffres à l’appui, avec 80 millions de tonnes d’exportation de la bauxite par an, qu’il ne s’attend pas à de gros investissements dans le secteur avant 2026. Mais en 2026, avec l’arrivée du Simandou dans le secteur, ce taux de croissance pourra à nouveau augmenter significativement.

De la réduction du train de vie de l’Etat, le ministre soutient que depuis 2018, le titre 3 du budget, relatif au fonctionnement des départements est amputé de 20% pour accorder le strict minimum.

Contrairement à ce que pensent beaucoup de citoyens sur la déperdition des taxes et impôts, Ismaël Dioubaté soutient que tout ce qui est importé en Guinée est taxé. Ces sont les impôts indirects qui ne sont pas payés. Mais, promet le ministre du Budget, tous les restaurants, les pharmacies, les supérettes sont recensés. Les gens paient les droits de douane, ils ne paient pas les impôts à l’intérieur. C’est de cela qu’on va s’occuper désormais et réduire les déperditions de l’impôt.

Par rapport à l’épineuse question des exonérations, récemment soulevée par le FMI, le Chef du département des impôts, prend un engagement devant les élus du peuple. C’est celui de rester fidèle à la loi.

« Le 27 avril 2021, j’ai pris un arrêté suspendant toutes les exonérations qui n’obéissent pas aux règles. Il y a beaucoup de Conventions qui dérogent au Code des investissements que nous sommes en train d’analyser un à un », a souligné le ministre.

Sur les menaces qui planent sur le budget. Le ministre évoque principale menace, la pandémie liée au Covid-19 avec tous les risques endogènes possibles. Les autres risques, souligne-t-il, sont idéologique.

Naturellement, la préfecture de Gaoual, nouvelle zone aurifère du pays, s’est invitée dans les débats. Mais pour le ministre, Gaoual est un phénomène que le gouvernement ne maîtrise pas. «  Gaoual est un phénomène qu’on ne maîtrise pas d’abord. Par ce qu’il n’y a aucune étude qui prouve qu’il y a de l’or dans cette préfecture. Il faut approfondir les études pour répondre à toutes ces interrogations », a-t-il soutenu.

Par rapport à la protection de l’environnement, Ismaël Dioubaté appelle à l’engagement citoyen.

« J’ai fait une mission en Sierra Léone, j’ai constaté que de Pamélap jusqu’à la frontière avec le Liberia, je n’ai vu aucun feu de brousse du côté léonais et par endroit même il y a des arbres plantés. L’aspect climatique dans le pays, n’est pas une question des Nations Unies. La question est locale. Il faut absolument qu’on mette fin aux feux de brousse et à la coupe abusive du bois. Vous les élus du peuple, vous devez nous aider à ce niveau auprès de vos mandants. Avec les fonds FODEL et d’ANAFIC, il faut mettre au sein des politiques et décentralisations le reboisement et contrôle de la coupe du bois. C’est intéressant », conseille Ismaël Dioubaté.

Plus loin, le Chef du département du Budget a évoqué l’option entreprise par le Président de la république d’améliorer sensiblement les recettes de l’Etat, en passant du simple au double.

« Le doublement des recettes en 2022, c’est possible. Cette année, nous sommes passés à 50% en 2022, nous serons à 100 %. Nous serons dans la logique du Président qui pense qu’il y a assez de niches, il faut aller les chercher. Avec les institutions financières internationales, plus vos côtes sont élevées et plus vous avez la facilité à lever des fonds avec les bailleurs. Pour preuve, je vous donne un seul segment du Guichet unique. C’est-à-dire le DDI et le DDE. Avant le Guichet unique c’était entre 340 millions à un milliard. Aujourd’hui, la moyenne est de 19 milliards. Ma conviction est que si on vous dit de faire 10, battez-vous à faire 20… », a martelé le ministre qui a également laissé d’autres segments de cette question à la charge du ministre de l’économie et des finances et du gouverneur de la Banque centrale..

Le tronçon Labé-Madina Ghounass, lancé depuis de 13 ans, garde toujours 25 km, non achevés du côté guinéen. Sans ambages, Ismaël Dioubaté, parle de honte. « Il nous a vraiment manqué de suivi. On va faire l’effort pour terminer cette partie. Parce que c’est vilain et c’est une honte… »

En ce qui concerne la situation de l’hôpital Donka, l’Etat veut le mettre en Concession pour sa gestion, a révélé le ministre. Parce que simplement selon lui, il y a beaucoup de cliniques à Conakry qui fonctionnent avec le matériel pris dans cet établissement sanitaire. « Le Président qui a fait entièrement rénové et équipé l’hôpital Donka, ne veut pas prendre le risque de perdre ces équipements ultra modernes ».

Pour les questions relatives aux primes accordées aux Gouverneurs, préfets et Sous-préfets, à travers l’ANAFIC, le plaidoyer en direction des élus locaux, notamment des maires, ne passe pas aux yeux du patron du Budget.

« Les maires sont les gestionnaires de la cité et ont d’autres recettes qui les permettent de vivre. Ce qui n’est pas le cas pour les administrateurs territoriaux », a asséné le ministre

Du secteur privé, Ismaël Dioubaté, n’est pas tendre. Il a dénoncé la fausseté de certains opérateurs qui établissent habituellement trois bilans.

Un bilan pour les Banques où ils les font miroiter que tout est bon. Un deuxième pour l’administration où ils ressortent le cataclysme et le troisième, le réel aux actionnaires. Message de fermeté à l’endroit du secteur privé. Désormais il nouvel outil est en gestation pour établir tout bilan. Ce sera en ligne et conforme aux normes actuelles en la matière.

Pour le ministre du budget, l’Etat fera son rôle pour l’épanouissement secteur privé guinéen. « Tous les instruments et mécanismes qui doivent favoriser leur essor seront pris. Mais l’Etat sera exigeant sur les mécanismes de contrôle et de gestion. Un secteur privé c’est avec de grands banquiers et de projets structurants », a martelé Ismaël Dioubaté.

Avant de céder le parloir au ministre de l’économie et des finances, avec lequel il soutient avoir de très bons rapports de collaboration, le ministre du Budget a fait un clin d’œil à la société civile. « J’aurai souhaité que Dr Dansa Kourouma soit dans la salle. Il sait pertinemment que le budget qu’il nous a soumis cette année a été doublé. Soyons sérieux, la société civile ne participer à l’élaboration du budget. Ce n’est pas son rôle. Et nous connaissons comment fonctionnent la plupart de ces organisations. Elles sont nombreuses à s’affilier aux partis politiques si elles ne sont pas entièrement membres. Cela doit cesser… », a conclu le ministre.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Parlement : plusieurs textes en débat dont le Code général des impôts, le FEDA, les juridictions de commerce…

4 juillet 2021 à 17 05 15 07157
Honorable Amadou Damaro Camara, président de l’Assemblée nationale

Les députés examinent aujourd’hui à l’Assemblée nationale un total de huit textes, a annoncé le Président de l’Assemblée nationale, à l’ouverture de la plénière, a appris un reporter que Guineematin.com a dépêché au parlement ce dimanche, 04 juillet 2021.

Ces textes qui attendent l’approbation des députés sont :

ü La loi d’habilitation du Président de la République à prendre par Ordonnance des mesures relevant du domaine de la loi ;

ü La loi portant contrôle des denrées, marchandises et services alimentaires et répressions des fraudes commerciales

ü L’Accord de coopération militaire et technique entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de la République de Guinée

ü La loi portant création, attributions, organisation et fonctionnement des juridictions de commerce

ü L’Accord de financement additionnel en réponse à la pandémie de Covid-19 en Guinée (P 176706)

ü Le Code général des impôts

ü Le texte sur le débat d’orientation budgétaire 2021

ü L’accord portant création du fonds pour le Développement des exportations en Afrique-FEDA

L’élection du Bureau exécutif de l’Assemblée nationale viendra clôturer les travaux de cette plénière de ce dimanche 4 juillet 2021.

Depuis l’Assemblée nationale, Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Bounouma (N’Zérékoré) : un enseignant tue un cultivateur dans son champ

4 juillet 2021 à 16 04 41 07417

Un enseignant a ouvert le feu sur un cultivateur dans la journée du jeudi, 1er juillet 2021, à Gomou, un secteur relevant de la sous-préfecture de Bounouma, dans la préfecture de N’Zérékoré. La victime a rendu l’âme sur place et son meurtrier a été arrêté par les services de sécurité.

Selon le maire de la commune rurale de Bounouma, interrogé par le correspondant de Guineematin.com à N’Zérékoré, le drame est survenu dans la forêt classée de Diécké. Et juste après son acte, l’enseignant s’est rendu de lui-même à la gendarmerie, expliquant avoir involontairement tiré la victime.

« C’est entre 16 h et 17 h que la gendarmerie de Bounouma m’a appelé pour me dire qu’il y a une urgence. Aussitôt, je me suis rendu là-bas pour demander au présumé auteur comment cela est arrivé. Il m’a dit qu’il était avec sa femme dans son champ. Il a dit à sa femme qu’il va chercher un gibier pour faire la sauce.

Selon lui, il était derrière une termitière, lorsqu’il a vu une antilope. Mais dès qu’il a tiré dessus, il a vu que c’est un homme qui est tombé. Directement, il a pris la fuite, il est venu dépasser sa femme pour aller au village de Gomou, un secteur de Bounouma, où il sert. Il s’est rendu directement à la gendarmerie, et les agents l’ont transféré à N’Zérékoré », a indiqué Ouo Vieux Mamy.

Le maire de Bounouma ajoute que la gendarmerie, la police et le sous-préfet de Bounouma se sont rendus le vendredi 4 juillet sur les lieux du drame. Et ils ont constaté que la victime a été tuée, non pas en brousse mais dans son propre champ. « Pour l’heure, on ne sait pas ce qui s’est réellement passé. Seule la justice pourra nous édifier sur cette situation », a dit l’autorité locale.

A noter que Nyan Soua Apollinaire, la victime, laisse derrière lui deux veuves et cinq enfants.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tél : +224620166816/666890877

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Accident de la circulation à Diankana (Kankan) : un mort et 4 blessés !

4 juillet 2021 à 16 04 18 07187

Une personne a péri et quatre autres ont été blessées dans un accident de la circulation survenu dans la nuit du samedi, 3 juillet 2021, sur la route nationale Kankan-Siguiri. C’est un camion en provenance de Bamako qui est entré en collision avec un minibus en partance pour Siguiri, a appris Guineematin.com à travers son correspondant basé à Kankan.

L’accident s’est produit à 1 heure du matin dans le district de Diankana, relevant de Karifamoriah, une sous-préfecture située à 16 kilomètres de la ville de Kankan. Un camion transportant des produits manufacturés en provenance de la capitale malienne, a heurté violemment un minibus transportant de personnes et de légumes en partance pour Siguiri. Le chauffeur du minibus a trouvé la mort et ses quatre passagers ont été blessés. Selon Thierno Nouhou Sow, l’apprenti chauffeur, ce sont d’autres passagers qui ont transporté les blessés à l’hôpital.

Thierno Nouhou Sow, apprenti chauffeur

« Je dormais lorsque soudain, j’ai aperçu les phares du camion à distance. Je me suis levé pour bien porter mes chaussures. Et avant même que je ne finisse de les porter, le camion nous a percutés. Moi, je suis tombé avec le porte-bagage et les sacs de légumes. Cela a coïncidé avec l’arrivée d’un véhicule, un passager est venu soulever les bagages sur moi.

Et lorsque je me suis réveillé, je me suis rappelé que ma sœur était dans le minibus, j’ai couru pour aller la chercher. J’ai trouvé qu’elle était coincée à l’intérieur. Cela a coïncidé à l’arrivée d’un autre véhicule en provenance de Bamako, les passagers ont transporté les blessés à l’hôpital de Kankan. C’est au bloc opératoire que mon maître est décédé », a-t-il expliqué.

L’excès de vitesse et le mauvais stationnement seraient les causes de cet accident. « On est venu trouver qu’il y a une Mercedes qui était en panne et qui était mal stationnée. On roulait à vive allure et le minibus est sorti en troisième position. Il n’a pas attendu qu’on passe, donc on l’a touché », a indiqué Alpha Oumar Bah, le chauffeur du camion.

Thierno Issiaga Sow, le chauffeur du minibus qui est décédé, laisse derrière lui une veuve et un enfant. Son corps a été rendu à sa famille. Les autres blessés suivent leur traitement à l’hôpital régional de Kankan. Quant au chauffeur du camion, Alpha Oumar Bah, il est à la disposition de la gendarmerie routière pour des fins d’enquête.

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

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Labé : Hon. Cellou Baldé perd un autre membre de sa famille

4 juillet 2021 à 12 12 28 07287
Honorable Cellou Baldé

Trois mois (jour pour jour) après le décès de son cher père, le prisonnier politique, Honorable Cellou Baldé, détenu sans jugement depuis 8 mois à la maison centrale de Conakry, vient de perdre le petit frère de son feu père. L’oncle paternel de l’ancien député uninominal de Labé s’est éteint dans la matinée de ce dimanche, 04 juillet 2021 à Labé, a appris un journaliste de Guineematin.com qui est arrivé la nuit dernière dans la capitale de la Moyenne Guinée. 

Honorable Cellou Baldé a aujourd’hui le moral au talon ! Son rêve d’aller se morfondre dans les bras de son oncle pour pleurer son cher papa vient de se briser. Après x, il ne verra plus monsieur Ibrahima Baldé. Cet autre pilier de sa famille qui multipliait prières et sacrifices pour sa libération ne le verra plus jamais dans ce bas-monde. Et, comme pour le cas de son père, il y a trois mois, le responsable de l’UFDG ne verra même pas le corps de son défunt oncle. La famille a prévu l’enterrement de ce pilier de la famille Baldé dans l’après-midi de ce dimanche, après la prière de 16 heures 30, au cimetière de Donghora, dans la commune urbaine de Labé. 

Mais, au moment où tous les membres de la famille et leurs proches se mobilisent à Labé pour l’hunimation de leur parent, une seule question revient sur toutes les lèvres : les autorités judiciaires laisseront-elles enfin l’ancien député uninominal de Labé venir faire le deuil de ses parents ? On se rappelle que lors du décès de son père, honorable Cellou Baldé avait été empêché d’assister aux obsèques. Et, aujourd’hui encore, tous les yeux sont tournés vers Conakry dans l’espoir de voir leur fils venir partager le deuil avec ceux qui restent de sa famille.

De Labé, Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél: 622680041

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Les mots et les maux du ministre

4 juillet 2021 à 9 09 47 07477
Habib Yembering Diallo

Cher ami,

Quand on a atteint un certain niveau de responsabilité ce n’est pas toujours facile de se soumettre à cet exercice. Celui d’écrire. Surtout avec le papier et le stylo. Car c’est différent avec l’ordinateur qui nous aide à corriger les fautes d’orthographes et mêmes de grammaires. Mais avec le papier et le styloc’est une véritable épreuve. Une épreuve à laquelle on ne peut pas échapper tout le temps. Il arrive forcément un jour où on a quelque chose de particulier à dire à quelqu’un de particulier. Comme c’est le cas aujourd’hui. 

Je me fais donc ce devoir de t’adresser cette lettre pour me confier à toi. Dans l’espoir bien sûr que son contenu restera entre nous. Car si j’ai pris la peine de t’écrire c’est paradoxalement pour éviter que quelque personne ne soit au courant de ce que ce je veux te dire. Et le téléphone, me diras-tu ? Trop risqué. Dans la paranoïa qui est la mienne désormais, j’ai phobie du Téléphone. Je réfléchis toujours mille fois avant d’ouvrirla bouche. Craignant d’être sous écoute téléphonique.

Par qui, tu t’empresses de savoir. Par tous. Particulièrement par les services de renseignements. Je te vois murmurer pure paranoïa. Et pourtant cela pourrait être la réalité. Et pas forcément par les très redoutésservices de renseignements auxquels tu penses. Il s’agit d’autres. Plus efficace et plus redoutables. Ce sont les services de renseignements mis en place par madame et les siens. Et pourquoi ? Tu veux savoir. C’est justement c’est l’objet de cette lettre. 

Cher ami, je ne t’apprends rien en te disant que bien avant ma nomination au poste de ministre, madame et les enfants étaient loin du pays. Les premiers à partir furent les enfants. Ensuite ils ont été rejoints par leur mère. Me laissant tout seul. Avant même ma nomination, je ne voulais pas les rejoindre. Maintenantmême si je le veux je ne peux pas. D’ailleursje ne veux même pas. Le pays dans lequel ils vivent les femmes et les enfants des reines et des rois. Et les hommes leurs esclaves. 

Je suis donc un homme heureux à l’apparence. Mais très malheureux en réalité. Imagine la solitude qui est la mienne. Tant que je suis au bureau je suis à la limite en l’aise. Avec ce monde qui grouille autour de moi. Avec les dossiers aussi. Mais une fois à la maison, c’est l’enfer. Il est inutile de te dire que tous ces hommes et ces femmes qui envahissent cette maison ne cherchent que leurs intérêts. A commencer par les agents de sécurité, les chauffeurs, les femmes de maison et autres bons à rien qui ne cherchent qu’à remplir le ventre. Par exemple, les cousins et leurs cousins. Les marabouts et autres laveurs de chats. Bref, ma maison est remplie de profiteurs de tout acabit. 

Devant cette situation, mes oncles, à la fois paternels et maternels, ont dépêché une délégation très restreinte le weekend dernier à la maison. Imagine l’objectif de cette mission. Pour les miens, il est inacceptable que je sois un ministre célibataire. Je leur ai dit que je ne suis pas célibataire dans la mesure où ma femme vit. Elle n’est pas là seulement. Le plus cultivé d’ente eux m’a rétorqué que je suis un marié virtuel. Retiens bien l’expression. Car elle pourrait entrer dans le vocabulaire de notre pays. Tant ils sont nombreux désormais ces mariés virtuels comme moi. 

Mes oncles me proposent de voir dans les deux familles, à la fois paternelles et maternelles, pour choisir une jeune fille. Un véritable séisme pour moi. Car cela risque de déstabiliser mon foyer. Ou ce qui en reste. Sachant que le départ de madame a déjà déstabilisé une grande partie. Mais mon éventuel mariage avec une cousine marquerala rupture avec la première. Pire, et c’est le scénario catastrophe, mes enfants prendront faits et cause pour leur mère. Entrainant ma rupture avec eux aussi. 

Ces enfants n’ont pas l’empathie pour moi. Ilsne savent pas que je suis privé des besoins physiologiques. Ils ignorent que je suis exposé à une tentation permanente. Comme l’épreuveà laquelle la bonne me soumet régulièrement à  la maison quand elle passe et repasse devantmoi avec ses tenues provocantes. 

Pour toi, qui me connais bien, tu sais que je n’aime pas l’illicite. J’ai mené une jeunesse débarrassée de toute dépravation. Mais aujourd’hui la situation est différente. Je mange à ma faim. Mes habits sont bien entretenus. Mais si tout va bien pour le ventre, tel n’est pas le cas pour le bas ventre. Et la solution pour les miens c’est de prendre une deuxième femme. Et si je t’ai choisi pour me confier, c’est la confiance. Je voudrais que tu réfléchisses et que tu me dises ce que tu en penses. 

Si tu es favorable au projet de mariage, comment, à ton avis, je vais m’y prendre ? Notamment pour informer l’autre. Même si je crains déjà fort qu’elle ne soit au courant. Je lisais récemment sur un réseau social qu’une femme jalouse est plus efficace en enquête que FBI.  

Dès lors, tu comprends l’enjeu et la crainte que ce projet ne soit déjà un secret de polichinelle pour madame. Auquel cas, il sera un mort-né. Car en plus du chantage qu’elle et nos enfants vont exercer sur moi, il y a les siens et leurs redoutables marabouts qui vont se mettre à la tâche. Si ce n’est déjà le cas. Comme l’a fait remarquer un des oncles, je suis déjà un homme neutralisé et mis hors d’état de nuire. Ce à quoi les miens se sont engagés à lutter à leur tour. Bref, la guerre de marabouts est déclenchée entre madame et moi. Entre les siens et les miens. 

J’attends donc ton point de vue sur cette situation. Et le plus tôt serait le mieux pour moi. Car quelle que soit la décision que je vais prendre, elle doit intervenir rapidement. 

Ton ami, le ministre marié virtuel et candidat à la polygamie. 

Habib Yembering Diallo joignable au 664 27 27 47

Toute ressemblance entre cette histoire ministérielle et une autre n’est que pure coïncidence.

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