Coopération : le directeur Afrique d’ONU-Habitat chez Damaro Camara

8 juillet 2021 à 21 09 26 07267
Honorable Louncény Camara et Oumar Sylla, Directeur du Bureau régional pour l’Afrique d’ONU-Habitat basé à Nairobi

Le président de l’Assemblée nationale guinéenne a reçu en audience ce jeudi, 8 juillet 2021, le directeur du bureau régional pour l’Afrique d’ONU-Habitat. Honorable Amadou Damaro Camara a échangé avec son hôte sur la coopération entre la Guinée et l’institution onusienne, notamment dans le domaine de l’urbanisation, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Oumar Sylla, Directeur du Bureau régional pour l’Afrique d’ONU-Habitat basé à Nairobi

Au sortir de la rencontre, Oumar Sylla, directeur du bureau régional pour l’Afrique d’ONU-Habitat, basé à Nairobi (Kenya), a expliqué les motifs de sa visite à l’Assemblée nationale guinéenne. « L’objectif de cette audience avec monsieur le président de l’Assemblée nationale, c’est de raffermir le partenariat entre ONU-Habitat et le gouvernement de la République de Guinée. Comme vous le savez, ONU-Habitat, c’est l’agence spécialisée sur les questions d’urbanisation. Nous avons développé une collaboration fructueuse avec la République de Guinée pendant les 4 dernières années. Et nous soutenons beaucoup d’initiatives en matière d’urbanisation.

Notamment le développement de la politique nationale urbaine, la revue de la législation urbaine, le développement du schéma d’aménagement du territoire, qui sont des outils très importants pour planifier mais aussi anticiper sur l’extension urbaine des villes au niveau de la Guinée, mais en même temps, utiliser ces villes comme étant des poumons de développement économique et de création d’emplois et de richesse. Donc, c’est la raison pour laquelle ce travail ne pourra pas se faire sans avoir une collaboration avec les ministères clés mais aussi avec l’Assemblée nationale, qui est détentrice de la législation mais aussi d’un soutien politique nécessaire pour pouvoir encore étendre les interventions d’ONU-Habitat à travers tout le pays », a dit M. Sylla.

Honorable Louncény Camara, président de la commission habitat, aménagement du territoire, transport, énergie et hydraulique à l’Assemblée nationale

De son côté, Honorable Louncény Camara, président de la commission habitat, aménagement du territoire, transport, énergie et hydraulique à l’Assemblée nationale, s’est réjoui de cette rencontre. Il salue particulièrement la décision d’ONU-Habitat d’ouvrir un sous-bureau à Conakry. « Ce qu’on peut retenir de cette rencontre, c’est que l’ouverture faite par ONU Habitat vers l’Assemblée nationale est une première. Et nous saluons surtout la déclaration de M. Sylla par rapport à l’objectif assigné au bureau régional mais aussi à l’ouverture d’un sous-bureau à Conakry pour être plus proche des demandeurs que nous sommes. Ceci nous permet de travailler directement.

Comme il l’a dit, Conakry-Nairobi, ce n’est pas loin, mais c’est aussi loin. Parce que s’il faut toutes les fois prendre le vol pour Nairobi, il va s’en dire que certaines demandes de la Guinée risqueraient d’attendre, parce que les moyens ne sont toujours pas là pour permettre à nos pays de mettre en application leur politique. Donc, dans ce cadre, je voudrais féliciter ONU-Habitat pour cette innovation, qui devrait permettre à la Guinée de mettre en œuvre sa politique, et surtout mettre en œuvre la déclaration de l’Afrique à la conférence de Tito en septembre 2016 », a dit l’ancien ministre de la ville et de l’aménagement du territoire.

Madame Ana Fonseca et Honorable Amadou Damaro Camara

A noter que juste après cette rencontre, le président de l’Assemblée nationale a reçu aussi en audience la cheffe de mission de l’organisation internationale pour les migrations (OIM) en Guinée, Ana Fonseca. Ils ont discuté de plusieurs questions, notamment les risques liés à la migration irrégulière et les efforts à consentir pour soutenir la jeunesse guinéenne, en vue de lutter efficacement contre cette forme de migration.

Mme Ana Fonseca, cheffe de mission de l’Organisation Internationale pour la Migration en Guinée

Mohamed Guéasso DORÉ et Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Nanfo Diaby déboutée par la Cour suprême : « la Guinée sera attaquée devant la justice de la CEDEAO »

8 juillet 2021 à 21 09 05 07057
Ismael Nanfo Diaby

La Cour suprême a rendu ce jeudi, 8 juillet 2021, son arrêt dans le dossier opposant l’imam Ismaël Nanfo Diaby aux autorités religieuses de Guinée. Elle a rejeté la requête de sursis à exécution introduite contre la décision du secrétariat général des affaires religieuses, interdisant au leader religieux qui dirige la prière dans la langue maninka de parler au nom de l’islam. Et cette décision de la plus haute institution judiciaire du pays est accueillie avec beaucoup de déception par l’avocat de Nanfo Diaby. Pour Me Salifou Béavogui, la Cour suprême n’a pas dit le droit dans cette affaire.

« Nous avons clamé haut et fort que la décision de la ligue islamique viole la Constitution de la République de Guinée, notamment en son article 15, ainsi que toutes les autres lois qui favorisent la liberté de culte. Chaque décision de la ligue islamique viole un des principes sur lesquels repose notre État de droit. Il s’agit du principe de la laïcité qui signifie que toutes les religions se valent en Guinée, aucune religion ne prime sur l’autre.

C’est l’une des principales libertés fondamentales qui vient d’être foulée au sol par la justice de notre pays.  Désormais, il est clairement établi que les juridictions guinéennes ne peuvent plus dire le droit dans cette affaire. Il n’y a plus à se tromper : la justice guinéenne n’a pas le courage et ne dira plus jamais le droit dans l’affaire de M. Nanfo Diaby, qui est dans ses droits de prêcher dans la langue qu’il maîtrise le mieux », a estimé l’avocat.

Par conséquent, le conseil de l’imam Ismaël Nanfo Diaby annonce qu’il va saisir la Cour de justice de la CEDEAO. « A la sortie de cette audience, des dispositions seront prises pour saisir la Cour de justice de la CEDEAO. Nous n’avons plus d’autres alternatives que d’aller à la Cour de la CEDEAO. Parce que la justice guinéenne, par crainte, par non application de la loi, a refusé de restituer à mon client sa liberté, nous irons à l’international pour faire valoir nos moyens dans les meilleurs délais.

La Guinée sera attaquée devant la Cour de justice de la CEDEAO et nous pensons que cette Cour est tellement indépendante qu’elle n’aura aucune crainte de dire le droit. Et cette décision va s’imposer sur la Guinée et mon client aura la paix du cœur. Il va continuer à  prêcher sa foi religieuse », a indiqué Me Salifou Béavogui. 

Cette décision intervient alors l’imam Nanfo Diaby est incarcéré à la prison civile de Kankan. Le 26 mai 2021, le tribunal de première instance de Kankan l’a condamné à 12 mois d’emprisonnement dont 6 assortis de sursis et au paiement d’une amende de 500 mille francs pour troubles à l’ordre public. Ce procès faisait suite à la décision du leader religieux d’organiser la prière de l’Aïd El Fitr à son domicile avec ses partisans.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com 

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Genre et équité : l’Agence belge de développement accompagne le Ministère de la Santé

8 juillet 2021 à 18 06 36 07367

Le ministère de la Santé a procédé, hier, mercredi 7 juillet 2021, au lancement officiel des activités du service Genre et équité (SGE). La cérémonie a connu la présence de plusieurs cadres du département, des responsables d’autres ministères, des Partenaires Techniques et Financiers ainsi que de la société civile. Elle vise à faire connaître ce service par les acteurs nationaux et internationaux, et initier la prise en compte du genre et de l’équité dans les interventions de toutes les directions du ministère de la santé.

Médecin Colonel Rémy Lamah, ministre de la santé

L’activité a été rendue possible grâce au soutien de l’Agence belge de développement, Enabel, dans le cadre de son projet ‘’Elle décide’’, financé par le Royaume de Belgique. La création d’un service Genre et Équité au sein du Ministère de la Santé répond au besoin de lutte contre les inégalités des sexes et promouvoir l’égalité femmes hommes. « La mise en place de ce service dans mon département permettra d’œuvrer à la formation et l’intégration systématique du genre dans les programmes de santé. Le but recherché est de repositionner résolument les femmes dans le développement sur les plans politique, économique et social du pays », a indiqué le ministre de la santé, médecin Colonel Rémy LAMAH, qui a présidé cette cérémonie.

Remerciant Enabel pour avoir financé cette initiative, le Ministre a souligné qu’elle contribuera à « faciliter l’avancée des questions relatives au genre ». Il a ensuite rappelé que la Guinée « adhère également à l’idée que l’approche genre constitue le meilleur moyen pour parvenir à un développement inclusif et durable », avant de formuler le souhait que cette approche du genre soit effectivement « un outil de développement, de programmation et de planification afin de réduire de manière drastique les disparités entre les hommes et les femmes ». 

Madame Krista VERSTRAELEN, représentante Résidente d’Enabel en Guinée

La Représentante Résidente d’Enabel en Guinée, Mme Krista VERSTRAELEN, a pour sa part, indiqué : « le Service Genre et équité est un acquis. Il lui appartient de montrer la voie, de contribuer à accélérer le changement, avec une vision claire, des objectifs réalistes et des indicateurs chiffrés. Nombreux sont les chantiers auxquels il faudra s’attaquer. Je pense notamment à la promotion de bonnes pratiques genre au sein du Ministère. Je pense à la justice dans la rémunération. Je pense à la levée des freins à la poursuite des vocations et des carrières pour les femmes. Je pense aussi à la formation, cela reste un levier essentiel pour avancer. En tant que partenaire, Enabel accompagnera toutes les initiatives dans ce sens ».

Madame Ramatoulaye Camra, Cheffe de Cabinet du ministère des Droits et de l’Autonomisation des femmes

Représentant la ministre des Droits et de l’Autonomisation des femmes, Mme Ramatouye CAMARA, cheffe de cabinet du département, a d’abord invité les autres départements ministériels à « emboîter le pas » au Ministère de la Santé. Poursuivant, elle a indiqué : « pour nous, c’est une avancée. Avoir un tel service au sein du ministère va permettre la promotion de l’égalité entre hommes et femmes. C’est-à-dire que les droits des femmes seront mieux pris en compte. Nous félicitons le ministre d’avoir entamé cette démarche et d’avoir organisé cette rencontre en vue de présenter ce service à tous les acteurs nationaux et internationaux, afin de lui permettre d’être efficace et d’atteindre les objectifs fixés. Nous sommes satisfaits et nous nous réjouissons ».

À noter que le soutien au service Genre et équité s’inscrit dans la continuité d’autres actions qu’Enabel a engagées avec le Ministère de la Santé, à savoir : Les formations, équipements et sensibilisations dans le cadre de la riposte à la COVID-19Le renforcement des soins obstétricaux et néonataux d’urgence. La formation des prestataires de soins sur la prise en charge des violences basées sur le genre conformément aux directives de l’OMS et avec une approche centrée sur les droits humains. La formation et les expériences pilotes sur la recherche action avec les directions régionales et préfectorales de la santé. Le financement basé sur les résultats en vue d’améliorer la qualité des soins mais aussi une prise en charge gratuite des violences basées sur le genre dans les centres de santé. 

Malick Diakité pour Guineematin.com

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Conakry : 10 jeunes condamnés pour violation du couvre-feu

8 juillet 2021 à 18 06 04 07047

Dix jeunes ont été condamnés ce jeudi, 8 juillet 2021, à Conakry, pour avoir violé le couvre-feu nocturne. Ils ont écopé de quatre mois d’emprisonnement assorti de sursis, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ils sont au total 27 jeunes dont une fille dans ce dossier. Ils ont tous été interpellés dans la nuit du 4 juillet 2021, à Conakry, pour avoir violé le couvre-feu (qui s’étend de 00h à 4h du matin) en vigueur dans la capitale guinéenne et ses environs (Coyah et Dubréka). Inculpés pour « attroupement interdit et voie de fait », ces jeunes ont été placés sous mandat de dépôt le 5 juillet, à la Maison centrale de Conakry.

Mais à l’ouverture de procès, ce jeudi 8 juillet, seulement 10 d’entre eux étaient présents dans la salle d’audience. Les 17 autres auraient été testés positifs à la Covid-19, la pandémie qui a amené le président Alpha Condé à décréter l’état d’urgence sanitaire en Guinée, instaurant notamment un couvre-feu nocturne. Se succédant à la barre, les prévenus ont reconnu avoir été interpellés à des heures tardives par la police.

« On était arrêtés en groupe devant une boîte de nuit. A l’arrivée de la police, les autres ont pris la fuite. Et moi, les agents m’ont attrapée », a expliqué Fanta Sylla, la seule fille du groupe.

Mamadou Sita Diallo aussi était allé en boîte de nuit, lorsque la police l’a mis aux arrêts, au quartier Nongo. « Nous étions nombreux dans la boîte.  Et c’est là-bas que la police est venue nous arrêter aux alentours de 00h. Si je savais que la police allait nous arrêter, je n’allais pas sortir », a dit cet élève.

Par contre, Sékou Keïta, lui, dit avoir été arrêté à Taouyah, alors qu’il était sorti chercher à manger. « J’étais sorti pour chercher à manger aux environs de 23 heures. J’étais seul et je cherchais du poulet. C’est ainsi que les policiers sont venus m’arrêter », a soutenu le jeune homme.

Dans ses réquisitions, le procureur a fait remarquer que ces jeunes ont violé le couvre-feu, qui est l’une des mesures prises par les autorités pour lutter contre la propagation de la Covid-19 en Guinée. C’est pourquoi, Daouda Diomandé a demandé au tribunal de condamner les prévenus à 6 mois d’emprisonnement assorti de sursis. Une demande à laquelle s’est opposé l’avocat de la défense. Me Alsény Aïssata Diallo dénonce une instrumentalisation de la pandémie à des fins politiques.

« Le gouvernement est en train de politiser cette maladie pour réduire la liberté des gens juste pour maintenir son 3ème mandat. Il faut que les gens puissent se mouvoir. On ne peut pas nous enterrer vivants dans ce pays. Pourquoi le parquet demande 6 mois d’emprisonnement avec sursis pour quelqu’un qui est allé chercher à manger ? Donc nous vous demandons d’être clément et de statuer sur siège en les libérant purement et simplement », a plaidé Me Diallo.

Finalement, le tribunal a déclaré les prévenus coupables des faits d’attroupement interdit et voie de fait pour lesquels ils sont poursuivis, les condamnant à 4 mois d’emprisonnement assorti de sursis. Les 10 jeunes ont pu donc recouvrer leur liberté, après avoir passé quelques jours en prison. Quant aux 17 autres qui sont déclarés positifs au coronavirus, ils se trouvent au centre de traitement installé dans l’enceinte de la Maison centrale de Conakry. Lorsqu’ils sortiront de là, ils passeront également devant le tribunal de Dixinn.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Conseil des ministres : voici le compte rendu intégral de ce 08 juillet

8 juillet 2021 à 17 05 57 07577
Amara Somparé, ministre de la Communication

Conakry, le 8 Juillet 2021 – La session ordinaire du conseil des ministres, s’est tenue, ce jeudi 8 Juillet, de 10h30 à 12h, par vidéoconférence, sous la Présidence, de son Excellence, Professeur Alpha Condé, Président de la République.

Les points inscrits à l’ordre du jour, étaient les suivants :

1- Messages de son Excellence Monsieur le Président de la République 

2- Compte rendu de la session du conseil interministériel du Mardi 6 juillet 2021

3- Décisions

I-               Au titre du premier point de l’ordre du jour,

Monsieur le Président de la République, son Excellence, Professeur Alpha Condé, a instruit la Ministre en charge de l’action sociale d’effectuer une enquête de terrain dans chacune des préfectures afin de faire l’état des lieux de la violence contre les enfants. Il a rappelé que la promotion des droits des femmes et la protection de l’enfance constituent la clé de voûte de son projet de société.

A ce titre, il a demandé à la Ministre d’élaborer un plan d’actions visant à lutter contre les violences faites aux enfants notamment, celles qui ont lieu en milieu scolaire.

La Ministre devra faire un compte-rendu régulier au Gouvernement sur l’évolution de la situation.

Le Chef de l’Etat, a ordonné au Ministre en charge de l’enseignement pré-universitaire de procéder à un état des lieux exhaustif dans chaque Région administrative, des établissements retenus comme centres d’examens en vue de la tenue prochaine du Baccalauréat unique, ceci pour garantir le bon déroulement de cet important examen national.

Le Président de la République, a autorisé le Ministre en charge des finances à faire adhérer la Guinée à l’Agence pour l’Assurance du Commerce en Afrique (ACA). Cette adhésion permettra à la Guinée de bénéficier de l’appui de l’Agence à la promotion de l’investissement, du commerce intra régional et international à travers la garantie des risques souverains, des risques politiques et des risques commerciaux.    

Le Chef de l’Etat a réitéré avec autorité, l’impérieuse nécessité pour l’ensemble du Gouvernement de se conformer aux règles prescrites par le Code des Marchés Publics en insistant tout particulièrement sur le fait que l’Appel d’Offre ouvert doit demeurer le principe de base de la commande publique. A ce titre, il a exigé de tous les Ministres de faire preuve de proactivité et de célérité dans la planification des achats publics sectoriels afin que les procédures dérogatoires à l’appel d’offre ouvert soient désormais marginales. 

Dans le même ordre d’idée, le Président de la République a instruit le Premier Ministre, de veiller à ce qu’un audit approfondi soit effectué sur les contrats publics dans le cadre de l’évaluation de la dette intérieure.

Monsieur le Président de la Républiquele Professeur Alpha Condé a instruit le Ministre en charge de la Défense Nationale de se mettre en rapport avec l’Administration et le Contrôle des Grands Projets en vue de réaliser une étude qualitative portant sur les diverses constructions réalisées et en cours de réalisation dans l’enceinte des camps militaires, ceci pour établir leur conformité avec les caractéristiques techniques définies lors de la passation du marché initial. Il a également recommandé que l’expertise du génie militaire soit plus régulièrement sollicitée dans le cadre de l’exécution de tels travaux de génie civil pour une meilleure maîtrise des coups y afférent.

Le Chef de l’Etat a instruit la Ministre en charge des Travaux Publics de s’assurer que les opérations de curage des caniveaux sont confiées prioritairement dans chaque quartier aux jeunes y résidant.

Dans le même ordre d’idées, il a demandé à la Ministre de prendre des dispositions urgentes en vue de sceller les caniveaux de la voirie urbaine de Conakry afin d’empêcher leur obstruction par des déchets et autres débris. Il a rappelé que cette mesure est un impératif pour la sécurité des populations tout particulièrement en cette période hivernale. 

Le Président de la République, a également ordonné à la Ministre d’explorer des solutions techniques innovantes visant à améliorer la qualité du revêtement des routes en terre afin d’accroître leur durabilité.

Monsieur le Président de la Républiquele Professeur Alpha Condé a ordonné au Ministre en charge des Affaires étrangères d’opérer un inventaire précis des Organisations Internationales auxquelles la Guinée est affiliée tout en faisant ressortir un état détaillé du paiement à date des cotisations y afférentes.

Il a indiqué que désormais, l’adhésion de la Guinée à de telles instances internationales devra répondre au double impératif de la rationalité socio-économique et de l’efficacité.

Le Président de la République a instruit le Ministre en charge de la Santé d’envisager des mesures pouvant aller jusqu’au confinement préventif à l’endroit des voyageurs en provenance de pays enregistrant une forte recrudescence des cas positifs de COVID 19. 

En outre, au regard de la virulence accrue des différents variants du Coronavirus et compte tenu de leur présence dans certains pays voisins, Le Président de la République a exhorté l’ensemble du Gouvernement de veiller au strict respect, par la population, des mesures restrictives édictées dans le cadre du plan de riposte sanitaire. 

Enfin, le Chef de l’Etat a instruit le Premier Ministre à veiller scrupuleusement à ce que des mesures urgentes soient prises pour la mise en ligne du Code des Investissements dans la plateforme digitale développée en partenariat avec la Banque Africaine de Développement (BAD).

I-               Au titre du deuxième point de l’ordre du jour, 

Le Premier Ministre a fait le compte rendu de la session ordinaire du Conseil Interministériel du 6 juillet 2021

Le Conseil a entendu successivement :

La Ministre de la Citoyenneté et de l’Unité Nationale quia fait une communication relative à l’organisation de la conférence internationale sur le droit au développement (Dialogue Santa Cruz). 

La Ministre a rappelé que lors de son passage au titre du troisième Examen Périodique Universel, la République de Guinée a formalisé son intention d’être État Pilote dans la réalisation du droit au développement. Au regard de nombreux efforts fournis par le Gouvernement Guinéen, l’Organisation des Nations Unies a accédé à la demande de notre pays.  

Cette conférence internationale sur le droit au développement a pour but de sensibiliser et de stimuler les discussions au sein des communautés, pour renforcer la réalisation des droits économiques, sociaux et culturels et le droit au développement. Elle poursuit quatre principaux objectifs à savoir :

–      Remédier au déséquilibre dans la compréhension des droits de l’homme, qui sont indivisibles, interdépendants, intimement liés et requièrent une attention égale, conformément à la Déclaration et au Programme d’action de Vienne ;

–       Fournir une plateforme pour un dialogue constructif afin de faire progresser les Droits économiques, sociaux et culturels et le droit au développement vers un seuil plus élevé dans l’élaboration des politiques et d’améliorer leur opérationnalisation et leur impact dans la pratique ;

–      Stimuler la recherche, l’analyse et le dialogue en vue de faire une différence dans la pratique sur le terrain ;

–      Promouvoir l’Agenda 2030 et les objectifs du développement durable, par la mise en place de nouveaux partenariats qui aideront effectivement à contribuer concrètement à la réalisation de ces défis.

La République de Guinée sera le troisième pays dans le monde à organiser cette conférence après l’Ukraine et le Soudan, et le premier pays en Afrique de l’Ouest.  

La conférence internationale de haut niveau sur le droit au développement de Conakry se tiendra en modes présentiel et virtuel, le 13 Juillet prochain, autour du thème central : La contribution du développement à la protection des droits de l’homme. 

Au cours des débats, les observations ont essentiellement porté sur : (i) la nécessité de modifier le sous thème 3 de la conférence (à élaborer) et (ii) la nécessité de mettre l’accent sur les secteurs dans lesquels la Guinée a des avantages comparatifs.

Au terme des débats, le Conseil a donné son soutien à la Ministre pour la tenue de cet important événement.

Le Ministre de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation quia fait une communication relative à la situation des infrastructures scolaires au Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation.

Le Ministre a dans cet exercice présenté la situation des infrastructures scolaires publiques en terme aussi bien de rénovations que de nouveaux besoins, tant au primaire qu’au secondaire. Il s’agit des salles de classes, des latrines, des forages, des bâtiments administratifs et des logements pour les chefs d’établissements sur toute l’étendue du territoire national.

Le Ministre a informé que les effectifs des élèves des écoles primaires ont connu une augmentation régulière entre 2006 et 2008 en passant d’Un Million Deux Cent Cinquante Milles enfants à plus de Deux Millions, avec le poids de l’école publique en régression sur la période, passant de 76% à 68%.

Le Ministre a également indiqué que sur la foi des statistiques remontées par les structures déconcentrées (DCE et DPE) et le service des Infrastructures Scolaires du MENA, la Guinée compte en 2021 : (i) 8114 écoles primaires publiques dont 36% sont à cycle complet c’est-à-dire qui ont 6 classes et plus (principalement dans les grandes agglomérations) et 64% sont à cycle incomplet (particulièrement en milieu rural) et 14% d’écoles en hangars ou en construction précaire ; (ii) 740 établissements du secondaire dont 569 collèges, 85 lycées et 78 collège-lycées ; dans cet effectif 24 établissements sont en cycle incomplet et 14 en hangar ou en construction précaire.

Au cours des débats, les observations ont porté sur la nécessité :

–      de prévoir les aires de jeux et infrastructures sportives dans le cadre de la réhabilitation des infrastructures scolaires;

–      de prendre en compte la problématique de l’insuffisance ou du manque d’enseignants et de cantines scolaires ;

–      de mettre l’accent sur la qualification des enseignants ;

–      de se rapprocher de l’Institut National de la Statistique pour l’identification des écoles à réhabiliter ;

–      d’évaluer le coût des infrastructures scolaires et procéder à la planification du processus de passation des marchés publics ;

–      de rendre d’abord opérationnelles les infrastructures déjà existantes ;

–      d’inscrire cette problématique à l’agenda des États Généraux de l’Éducation et ;

–      de tenir compte des procédures de marchés pour éviter le gré à gré.

Au terme des débats, le Conseil a donné son soutien au Ministre et recommandé d’examiner cette question dans un cadre plus harmonieux et holistique des problématiques du secteur éducatif au cours des États Généraux de l’Éducation. A cet effet, les Ministres du système éducatif ont été invités à proposer à la session prochaine du Conseil Interministériel, un calendrier et les thématiques des états généraux de l’Éducation. Ainsi, ces assises inaugureront la série d’états généraux instruits par le Président de la République qui concerneront aussi plus tard les secteurs de la Sécurité, de la Justice et de la Santé.

La Ministre de l’Action Sociale et de l’Enfance quia fait compte rendu relatif à l’élection de la Guinée au statut de pays pionnier au sein du partenariat mondial pour mettre fin à la violence à l’encontre des enfants.

La Ministre a expliqué que le regard positif et les appréciations des institutions du Système des Nations Unies spécialisées sur les droits humains et particulièrement sur les Droits des Enfants se matérialisent par deux faits importants.

Le premier est relatif à la correspondance du Directeur Exécutif du Partenariat Mondial pour mettre fin aux Violences à l’encontre des Enfants, par laquelle le Gouvernement guinéen a reçu des chaleureuses félicitations pour avoir réussi à interdire tous les châtiments corporels des enfants, grâce à la promulgation du Code de l’Enfant. La Guinée devient ainsi le 61ème État au monde à réaliser cette importante réforme pour les enfants.

Le second est l’annonce par le Directeur Exécutif du Partenariat Mondial pour mettre fin aux Violences à l’encontre des Enfants, de l’élection de la République de Guinée au statut de ‟Pays Pionniers ”au sein du partenariat contre la violence.

Le partenariat mondial regroupe à ce jour 26 Pays Pionniers, et la Guinée devient ainsi le 27ème pays au monde et ce, grâce au leadership du Président de la République.

Au terme de l’exposé, le Conseil a félicité la Ministre pour l’atteinte de ce résultat, lui a recommandé de faire ressortir les statistiques sur les efforts consentis par le Gouvernement pour mettre fin à la violence à l’encontre des enfants en Guinée et l’a exhortée à poursuivre la dynamique entreprise.

Le Conseil a également entendu, 

La Ministre des Travaux Publics quia fait le compte rendu relatif à l’état d’exécution des mesures prises pour minimiser les risques liés à l’interruption du trafic routier en période de pluies 2021 ainsi que la situation des travaux de reconstruction des routes Coyah-Dabola et Coyah-Farmoriah.

La Ministre a informé qu’en plus du programme d’entretien routier 2021-2022, des travaux d’entretien d’urgence ont été programmés sur l’ensemble du territoire national. A cet effet, l’appel d’offre ouvert en mars 2021 a permis d’attribuer 31 marchés de travaux inscrits au programme d’entretien 2021-2022. Ces marchés comportent une tranche ferme financée par le FER et une tranche optionnelle se rapportant à la phase 2 du programme devant être financée par le BND. A date, près de 80% des entreprises adjudicataires sont effectivement mobilisées sur les différents sites.

Le programme de curage et de nettoyage des caniveaux de voiries de Conakry, exécuté suivant la méthode HIMO, a été lancé avec la participation des services des autres ministères concernés. Le financement de ce programme d’un cout global de 16 Milliards de GNF est entièrement assuré par le FER. Ce programme a permis de contractualiser avec 108 PME et d’employer environ 2500 jeunes et 1500 femmes sur la période allant de Mai à Août 2021.

Par ailleurs, du 31 mai au 07 Juin 2021, une mission du Ministère a été déployée sur tous les sites des chantiers du pays pour s’enquérir de l’effectivité du démarrage des travaux. Dans ce cadre et pour la redynamisation des structures déconcentrées du Ministère, un Service d’Intervention Rapide est mis en place. De même, 25 jeunes ingénieurs, par équipe de 3, ont été affectés dans les Directions Régionales des Travaux Publics avec en perspective un plan de renforcement progressif des capacités de ces structures de suivi.

Du 03 au 05 Juin 2021, une mission conduite par la Ministre s’est rendue sur les chantiers de reconstruction des routes Coyah-Dabola réalisée en 1 lot unique de 355Km par l’entreprise CRBC et EGIS (mission de contrôle) ainsi que l’axe Coyah-Farmoriah qui est réalisé en deux lots de 35,4Km et 39,6 Km respectivement par Henan Chine et Cira/Gauff (mission de contrôle) et CGC et GIC-Mali (mission de contrôle). L’objectif de cette mission de la Ministre était de constater l’application effective des mesures spécifiques convenues avec l’entreprise CRBC des travaux de la route RN1 Coyah-Dabola, afin d’assurer le trafic routier en saison des pluies. Il s’agissait également d’identifier et d’évaluer les solutions d’itinéraires alternatifs, en cas d’extrême nécessité.

En ce qui concerne le détour sur la route Forécariah-Séguèyah, il s’agissait de confirmer la capacité de cette route à supporter l’augmentation du trafic des poids lourds si le dégagement et le contournement de la route Coyah-Kindia devenaient nécessaires. la Ministre a soutenu que l’état de cette route est satisfaisante avec quelques besoins d’amélioration à la sortie de Forécariah et á l’entrée de Séguèyah qui feront l’objet du prochain programme d’entretien.

La Ministre propose d’organiser une réunion regroupant le Ministère des Travaux Publics, l’ACGP, l’Entreprise des travaux CRBC et la mission de Contrôle EGIS pour faire le point de la situation du projet, le cas échéant, envisager des sanctions adéquates en cas de non-respect des obligations contractuelles.

Par ailleurs, dans le cadre de la mise en œuvre du projet Coyah-Dabola, la Ministre a porté à la connaissance du Conseil qu’un accord a été trouvé entre son Ministère et l’Entreprise chinoise CRBC. Cet accord aurait obtenu l’assentiment du Chef de l’État.

Au terme de l’exposé, le Conseil a félicité chaleureusement la Ministre pour la pertinence du diagnostic posé et les dispositions prises pour la réhabilitation des routes. Le Conseil a demandé au Pool économique de veiller à assurer la disponibilité du budget destiné à l’exécution de ce programme prioritaire du Gouvernement.

Amara SOMPARE, Ministre de l’Information et de la Communication

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement

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Alpha Condé veut assainir Conakry : « impliquez les jeunes dans le curage des caniveaux »

8 juillet 2021 à 17 05 50 07507

De plus en plus, « Conakry, ville d’ordures » remplace l’expression d’antan qui disait de la capitale guinéenne « la perle de l’Afrique de l’Ouest ». Les ordures sont un peu partout et elles ont même tué neuf personnes à Conakry, le mardi 22 août 2017 ! Et, le Gouvernement en avait profité pour chasser les habitants de Dar-Es-Salam au profit de la décharge, installée au milieu des habitations de ce quartier qui relève de la commune de Ratoma.

Quatre ans après, le Gouvernement peine toujours à trouver la bonne solution. Après plusieurs mois pendant lesquels ils imposaient une fermeture des routes de la capitale chaque dernier samedi entre 6 heures et 11 heures pour l’assainissement de Conakry, nos dirigeants ont finalement abandonné cette initiative parmi les moins intelligentes d’ailleurs de la gouvernance Alpha Condé. Aujourd’hui, le pouvoir chercher à curer les caniveaux.

Dans son compte rendu du conseil des ministres de ce jeudi, 08 juillet 2021, le porte parole par intérim du Gouvernement annonce que le président Alpha Condé a « instruit la Ministre en charge des Travaux Publics de s’assurer que les opérations de curage des caniveaux sont confiées prioritairement dans chaque quartier aux jeunes y résidant ».

À en croire ce compte rendu du ministre Amara Somparé, le chef de l’Etat aurait même demandé à la Ministre de prendre des dispositions urgentes en vue de sceller les caniveaux de la voirie urbaine de Conakry afin d’empêcher leur obstruction par des déchets et autres débris. Il a rappelé que cette mesure est un impératif pour la sécurité des populations tout particulièrement en cette période hivernale. Le Président de la République, a également ordonné à la Ministre d’explorer des solutions techniques innovantes visant à améliorer la qualité du revêtement des routes en terre afin d’accroître leur durabilité ».

À suivre !

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Kankan : un jeune homme retrouvé mort dans une voiture

8 juillet 2021 à 16 04 17 07177

Un jeune homme a été retrouvé mort dans une voiture ce jeudi, 8 juillet 2021, à Kankan. Cette découverte macabre a eu lieu dans un garage situé au quartier Missiran. Ni l’identité du défunt, ni les circonstances de son décès ne sont pour le moment connues, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la ville.

C’est l’odeur que dégageait le corps qui a attiré l’attention des apprentis mécaniciens. Et lorsqu’ils ont ouvert la portière de la voiture pour vérifier, ils ont été surpris et terrifiés. Ils ont en effet, trouvé le corps sans vie d’un adolescent bien posé derrière la direction du véhicule. Les jeunes ont immédiatement appelé leur maître pour l’informer de leur découverte. Et selon Mory Kaba, le défunt ne travaille pas dans son garage.

« Je prenais mon petit-déjeuner, lorsque mes apprentis qui m’ont appelé pour me dire qu’un corps sans vie est retrouvé dans notre garage. Le petit (le défunt) ne travaille pas ici, on ne le connait même pas ici. Quant à la voiture (dans laquelle le corps a été retrouvé, ndlr), elle est garée là depuis longtemps. Cela fait plusieurs jours que nous n’avons pas regardé ce véhicule, parce qu’il est en panne. On ne sait pas comment ce jeune est mort ni comment son cops est arrivé ici », a indiqué Mory Kaba, le chef du garage.

Informé de cette découverte macabre, le président de la jeunesse du quartier Missiran s’est rendu sur les lieux pour constater les faits. Et ce qu’il a vu l’amène à s’interroger. « On m’a appelé pour le dire de venir vite parce qu’il y a un corps sans vie qui est retrouvé ici. A mon arrivée, j’ai informé les autorités du quartier, le commissaire central de la police et les agents de la Croix-Rouge. Je trouve cela curieux parce qu’en voyant le corps, on a l’impression qu’il a été transporté ici pour être mis dans le véhicule », a dit Moussa Keïta.

A noter que le corps avait commencé à se décomposer, et des traces de sang sont visibles sur le nez du défunt. Après le constat de la police, Mamadou Lamine Diallo, substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan (qui s’est également rendu sur le terrain), a instruit les services de sécurité d’envoyer le corps à la morgue de l’hôpital régional. Ils vont chercher à l’identifier et à déterminer les circonstances de sa mort.

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com 

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Gaoual : 9 enseignants pour plus de 900 élèves à l’EP Alpha Yaya Diallo

8 juillet 2021 à 14 02 25 07257

Créée en 1934 (pendant la période coloniale), l’école primaire Alpha Yaya Diallo de Gaoual est le plus ancien et le plus grand établissement d’enseignement élémentaire de la ville. Elle compte aujourd’hui plus de 900 élèves, dont 120 candidats à l’examen d’entrée en 7ème année de cette année. Mais selon son premier responsable, rencontré ce mercredi 7 juillet 2021 par un journaliste de Guineematin.com, cette école est confrontée de nos jours à un sérieux problème d’enseignants. C’est grâce à la présence des contractuels communautaires que tous les élèves de l’établissement parviennent à suivre les cours.

Mamadouba Soumah, directeur de l’école primaire Alpha Yaya Diallo de Gaoual

« Nous avons un problème d’enseignants ici. Nous avons 14 groupes pédagogiques avec plus de 900 élèves, et nous n’avons que 9 enseignants titulaires. Les 5 autres enseignants qui sont là sont des contractuels communautaires, ils sont payés par les parents d’élèves. Ils sont avec nous depuis 4 ans, et ce sont les parents qui cotisent en raison de 1000 francs ou 2000 francs chacun pour les payer.

Mais, il faut être vraiment patriote pour accepter d’enseigner pour un salaire de 200 mille ou 300 mille francs par mois. Donc nous avons un manque criard d’enseignants, pas seulement dans cette école, mais dans tout Gaoual. Vous pouvez voir une école de 4 classes avec un seul enseignant titulaire, tout le reste, ce sont des contractuels communautaires », a confié Mamadouba Soumah, le directeur de l’école primaire Alpha Yaya Diallo de Gaoual.

En plus du manque d’enseignants, le plus grand établissement d’enseignement élémentaire de Gaoual est confronté aussi à un taux élevé d’abandon scolaire. Une situation que déplore M. Soumah et qui s’explique, selon lui, par plusieurs facteurs. « Beaucoup d’élèves ne terminent même pas leur cycle primaire. Parce que souvent, si les parents n’ont pas de moyens, ils préfèrent faire sortir l’enfant de l’école et l’envoyer faire autre chose. Ou alors l’enfant lui-même, par manque de soutenance, abandonne l’école. Lorsque l’exploitation de l’or a commencé récemment à Gaoual, beaucoup d’enfants avaient abandonné les études pour aller travailler dans les mines, ça nous a causé d’énormes difficultés.

Et puis, il y a beaucoup de parents qui donnent leurs filles en mariage alors qu’elles sont en 5ème ou 6ème année. Ils les donnent en mariage en pleine année scolaire sans même informer les responsables de l’école. L’autre facteur qui cause les abandons scolaires, c’est l’exode rural. Certains enfants vont très tôt en aventure pour pouvoir aider leurs parents dans la recherche du quotidien. Parfois, ce sont les parents eux-mêmes qui demandent à leurs enfants d’aller en ville pour chercher du travail », a indiqué ce responsable éducatif.

Mamadou Saliou Diallo

De Gaoual, Amadou Lama Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tel. 621686148

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MICROCREDIT : à Beyla, le CRG mobilise ses adhérents

8 juillet 2021 à 13 01 17 07177

Le Crédit Rural de Guinée, la plus grande institution de microfinance en Guinée, multiplie les efforts pour encourager ses adhérents dans le cadre de la campagne agricole qui a commencé depuis plusieurs semaines. « Nous avons bien débuté la campagne agricole. Même si certains adhérents sont encore réticents, nous comptons poursuivre notre stratégie visant à appuyer les paysans », a déclaré Daouda Condé, délégué régional du CRG à Beyla.

Beyla est une préfecture du sud-est de la Guinée, à la frontière entre la Côte d’ivoire et le Libéria, à plus de 1000 km de la capitale Conakry. Pour l’année 2021, toutes activités confondues, le CRG a prévu un budget d’environ 11,2 milliards de francs guinéens (GNF).

« C’est un montant important dans les endroits éloignés comme Beyla, où la population est très active mais dispose de peu de moyens de concrétiser ses projets », affirme Condé.

A ce jour, plus de 6,6 milliards GNF de crédit ont été octroyés à diverses cibles qui ont renforcé ou poursuivi leurs activités dans des domaines aussi divers que le commerce, les équipements, les prêts fonctionnaires ou encore l’agriculture.

Selon Condé, à la fin du mois de juin le montant du crédit agricole accordé aux adhérents du CRG était de plus 1,4 milliards GNF sur une enveloppe globale prévue de 3,2 milliards GNF. « Nous trouvons que le niveau de prêts n’a pas encore atteint les objectifs que nous nous sommes fixés mais nous restons optimistes », tempère le délégué régional du CRG à Beyla.

Cette année, les produits visés dans le cadre du crédit agricole sont essentiellement les intrants agricoles, les frais de labour et les bœufs de labour.

Dans le domaine agro-pastoral, Beyla est l’une des localités les plus dynamiques du pays.
Le CRG couvre plus de 2500 villages parmi les plus reculés de la Guinée, ce qui lui donne un avantage non négligeable par rapport aux autres institutions de microfinance, pour la plupart cantonnées dans les centres urbains.

Par Cheick Soumah

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Ismaël Condé après sa condamnation : « je me repens et présente mes excuses au président de la République »

8 juillet 2021 à 12 12 16 07167
Ismaël Condé, premier vice maire de Matam et membre du bureau exécutif de l’UFDG

Comme annoncé précédemment, Ismaël Condé, premier vice maire de Matam et membre du bureau exécutif de l’UFDG, a été situé sur son sort. Le tribunal de première instance de Mafanco (Conakry) a rendu ce jeudi, 8 juillet 2021, sa décision dans le double procès de l’opposant. La juridiction l’a renvoyé des fins de poursuite dans le premier dossier, mais l’a condamné dans le second à 3 ans 4 mois d’emprisonnement ferme et à 30 millions de francs d’amende.

Cette décision suscite un sentiment « très mitigé » chez Ismaël Condé, qui a réagi juste après devant les micros des journalistes présents au tribunal. « Aujourd’hui, je suis animé d’un sentiment très mitigé. D’un côté, je suis extrêmement fier d’être blanchi pour des accusations d’escroquerie, de complicité et d’entrave. Ce sont des accusations très graves. Car dans ce procès, c’est mon honneur et ma réputation qui étaient en jeu. Je suis très content du fait que le droit a été dit dans ce procès.

De l’autre côté, je suis très peiné d’être condamné pour des accusations d’injures, d’offense sur la personne du chef de l’Etat. Je ne suis pas un homme qui utilise les injures et les offenses pour faire passer ses idées. Surtout que mon opposition avec le président de la République ne se situe pas au niveau de sa personne physique. Ce qui m’oppose aujourd’hui à lui, ce sont des principes et des valeurs démocratiques auxquels nous avons tous souscrit dans un passé récent », a déclaré l’opposant.

Ce dissident du parti au pouvoir qui a rejoint le principal parti d’opposition du pays a mis l’occasion pour adresser un message au président Alpha Condé. « Excellence monsieur le président de la République, si par mes publications sur les réseaux sociaux il est arrivé que je vous offense et vous injurie, sachez que ce n’était nullement pas l’expression d’une volonté manifestée. De ce fait, mettez ça dans le cadre d’une faute de jeunesse. Je me repens en vous présentant mes sincères excuses pour ces injures et offenses », a dit Ismaël Condé.

Ces dernières semaines, plusieurs opposants qui étaient détenus à la Maison centrale de Conakry ont été graciés, après avoir présenté des excuses et demandé pardon au président de la République. Reste maintenant à savoir si le premier vice maire de Matam connaîtra le même sort.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Dr Louncény Nabé aux députés : « le franc guinéen s’est stabilisé depuis septembre 2020 »

8 juillet 2021 à 11 11 53 07537
Dr Louncény Nabé, Gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG)

Le dimanche dernier, 4 juillet 2021, les membres du pool économique et financier du gouvernement (les ministres Mamady Camara, de l’économie et des finances, et Ismaël Dioubaté du Budget, ainsi que le Gouverneur de la Banque centrale, Dr Louncény Nabé) étaient à l’Assemblée nationale pour répondre aux questions des députés après la présentation, la veille, du document de cadrage budgétaire pluriannuel (2022-2024), a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Dans sa sérénité habituelle, le patron de la Banque centrale, à la suite des deux ministres cités plus haut, a tenu à apporter des informations sur la situation financière du pays ; et, particulièrement, sur le comportement de la monnaie guinéenne, dont la dépréciation est perçue par tous.

De la problématique du taux de change du franc guinéen et à sa dépréciation par rapport aux principales devises étrangères (euros et dollars), « C’est vrai qu’il a glissé continuellement », concède-t-il, tout en précisant que par moment, ce glissement a été un peu plus fort.

« De 1986 jusqu’aujourd’hui, le franc guinéen est passé de quelques 300 francs pour un dollar américain à un peu moins de dix mille aujourd’hui, le franc guinéen a glissé un peu continuellement… Par moment, ce glissement a été un peu plus fort. Mais, depuis septembre-octobre 2020, le Franc guinéen s’est stabilisé sur le marché officiel de change et sur le marché parallèle, il s’est même consolidé. En juin, juillet août, septembre 2020, sur le marché parallèle, le Franc guinéen était à dix mille six cent francs (10 600 GNF) pour un dollar. Aujourd’hui, on est à moins de dix mille francs pour un dollar. Dans notre histoire monétaire, c’est la première fois que cela se présente. Contrairement, à certaines limites déformées par un certain nombre de personnes, l’Etat s’est désendetté auprès de la Banque centrale depuis 2011 quand le gouvernement a décidé de fonctionner à base caisse », a expliqué l’argentier du pays.

Cependant, Dr Nabé, reconnaît que le pays a connu deux périodes sanitaires d’exception (2014-2016) marquées par Ebola et depuis 2020, par le Covid-19.

« Toutes les deux périodes ont bénéficié de la compréhension et la collaboration pour les éléments de réponse avec les Institutions de Breton Wood. Mais, depuis, beaucoup d’efforts ont été consentis pour ramener cet endettement à des niveaux compatibles avec la loi. En moyenne, on est au-dessous du plafond statutaire depuis le début de l’année », a expliqué le Gouverneur de la Banque centrale.

Par ailleurs, Dr Louncény Nabé a consacré une bonne partie de son intervention à parler des politiques et programmes développés par la BCRG depuis 2011. Une dynamique qui suit le cours des principales monnaies et le cours des matières premières. Des efforts qui le permettent de dire qu’en Afrique parmi tous les pays qui ont leurs monnaies indépendantes, aucun ne va mieux que la Guinée.

« Je pourrai vous dire que nous faisons mieux que beaucoup d’autres pays africains, même parmi ceux qui sont cités en exemple », a déclaré le gouverneur.

Pour lui, le taux change dépressif dont a parlé le ministre du Budget lors de son exposé, est lié aux exportations (de la bauxite, ndlr). Mais en rien, poursuit Dr Nabé, l’inflation n’est liée à cela mais plutôt à la crise sanitaire. « Nous avons des instruments pour calculer cela », soutient le gouverneur, visiblement confiant sur l’état de santé de la monnaie nationale.

Pour réussir le pari d’une monnaie forte et d’une économie compétitive, Louncény Nabé, énumère des conditions de transparence pour que le secteur privé puisse se mouvoir dans des conditions idéales.

« A la BCRG, il y a une centrale à risque qui est mise en place. On poursuit les séries de réformes avec la centrale de bilans et ces réformes sont en cours. C’est le cas du fonds de garantie et de prêts aux entreprises. Ce fonds est créé par décret et les membres du Conseil d’administration, nommés. Le processus de recrutement du Directeur est en cours. Le capital est libéré par l’Etat…Tout cela, c’est pour permettre aux opérateurs de bien évoluer en comptant non pas sur l’Etat mais sur leurs propres efforts », a souligné le principal banquier du pays.

Pour conclure, Dr Louncény Nabé, régulièrement saisi par les femmes députées sur la question d’inclusion et d’autonomisation de la junte féminine, a donné une bonne nouvelle par la mise en place d’une stratégie nationale d’inclusion économique et financière élaborée à cet effet par la Banque centrale. Le document sera prochainement soumis à l’Assemblée nationale pour son adoption, a indiqué Dr Nabé.

Après des remarques objectives sur le document de cadrage pluriannuel 2022-2024, le Président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, a déclaré prendre acte du document, au nom de la représentation nationale. Et ce, dans l’attente de la présentation de la loi de Règlement.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Urgent : l’opposant Ismaël Condé condamné à plus de 3 ans de prison

8 juillet 2021 à 11 11 24 07247
Ismaël Condé, premier Vice-Maire de Matam et membre du Bureau Exécutif de l’UFDG

Le tribunal de première instance de Mafanco (Conakry) a rendu ce jeudi, 8 juillet 2021, sa décision dans le double procès d’Ismaël Condé, premier vice maire de Matam et membre du bureau exécutif de l’UFDG. La juridiction a reconnu l’opposant coupable d’offense au chef de l’Etat et l’a condamné à plus de 3 ans d’emprisonnement ferme, a constaté un reporter de Guineematin.com qui est sur place.

Ismaël Condé  a été jugé par le TPI de Mafanco dans deux affaires différentes. Dans le premier dossier, il était poursuivi avec le maire de Matam (l’une des cinq communes de Conakry) par une PME de ramassage d’ordures pour « escroquerie, complicité, entrave à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés, les concessions et d’égalité de service public ». Le tribunal a déclaré les deux prévenus non coupables des faits qui leur sont reprochés et les a renvoyés des fins de poursuite.

Et dans le second dossier, le premier vice maire de Matam et membre du bureau exécutif de l’UFDG (le principal parti d’opposition du pays) était poursuivi pour « offense sur la personne du président de la République, production, diffusion, et mise à la disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre public par le biais d’un système informatique ». Le tribunal a déclaré l’opposant coupable dans cette affaire et l’a condamné à 3 ans 4 mois d’emprisonnement ferme et à 30 millions de francs d’amende.

A suivre !

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Guinée : voici les conséquences directes et indirectes du doublement de la taxe des appels téléphoniques (TCT)

8 juillet 2021 à 10 10 57 07577
Kaba Mamadi, Consultant en digitalisation, NTIC, TELECOM

Par Kaba Mamadi, Consultant, Spécialiste en Digitalisation/Télécom/NTIC : Dans l’attente de la promulgation du nouveau code général des Impôts dans lequel la TCT est doublée par un vote des députés à l’Assemblée nationale, on peut attirer l’attention sur les impacts que cette décision pourrait entraîner sur les consommateurs à faible revenu, les sociétés de téléphonie, mais aussi sur les recettes collectées par l’Etat dans le secteur.

Il est important de rappeler que la forte pénétration d’internet en République de Guinée a une conséquence sur l’épanouissement de la téléphonie classique qui est un pilier important dans le recouvrement des recettes en Télécommunication. Après analyse de l’évolution de la téléphonie ces dernières années et de la condition de vie de la plupart des Guinéens, le premier impact de cette décision est sur les consommateurs à faible revenu, qui peinent à avoir le minimum pour leur communication téléphonique. Imaginons que ces frais se retrouvent à la hausse !
Le deuxième impact est à la fois sur les sociétés des téléphoniques et les recettes de l’Etat dans le domaine de la téléphonie en ce sens où la croissance en téléphonie est axée sur l’élasticité du prix et de la demande qui varie de façon opposée pour la plupart du temps. C’est à dire que lorsque le prix augmente le risque que la demande baisse est très élevé. En d’autres termes, l’augmentation de la TCT entraînera une réduction considérable des minutes d’appels téléphoniques nationales et internationales.
Ainsi, ce fait nous mènera aux conséquences ci-après :

  • Beaucoup moins de recettes que celles attendues provenant de ladite taxe ;
  • Une réduction du chiffre d’affaires pour les opérateurs qui, à son tour affectera d’autres taxes comme la TARTEL qui est imposée à chaque opérateur à hauteur de 3% du chiffre d’affaire.
    Sachant que les coûts d’intégration et d’exploitation pour la plupart des opérateurs ne diminueront pas, leurs profits en téléphonie prendra un coup considérable ; et, alors, la contribution des opérateurs à l’impôt sur les bénéfices en pâtira et les recettes du secteur avec.
    Enfin, il importe de préciser que le secteur des télécommunications en Guinée a du potentiel, il est possible d’ouvrir une assiette fiscale ailleurs pouvant permettre la croissance des recettes sans impacts socio-économiques désastreux.

Kaba Mamadi, Consultant, Spécialiste en Digitalisation/Télécom/NTIC

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Des citoyens de Siguiri interpellent le gouvernement : « nous sommes dans un enfer ici »

8 juillet 2021 à 10 10 09 07097

Depuis plus de trois ans, les habitants de Siguirikoura 1, un quartier de la commune urbaine de Siguiri, vivent un véritable calvaire. Ceux qui ont des véhicules ne peuvent pas les amener chez eux, tandis que les enfants et les vieilles personnes ont du mal à se déplacer même à pied. Ils appellent les autorités guinéennes à intervenir rapidement pour les sortir de cette situation, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Lancés il y a quelques années, les travaux de bitumage des routes de Siguirikoura 1 ont suscité une grande joie et beaucoup d’espoir dans cette localité. Mais cet espoir s’est transformé en un véritable cauchemar pour ces citoyens. Les travaux sont à l’arrêt depuis plus de trois ans, et aucune mesure n’est prise pour couvrir les caniveaux qui sont ouverts dans le quartier. En plus de rendre difficile la circulation dans cette partie de la ville, cette situation représente un grand danger pour ses habitants, surtout en saison hivernale.

« Nous sommes dans un enfer ici. La société qui avait la charge d’exécuter les travaux de bitumage des routes est venue creuser des caniveaux devant nos concessions, elle a laissé ces trous ouverts pour partir. Conséquence, les gens ont du mal à se déplacer. A cause de cette situation, ceux qui ont des voitures sont obligés de les garer ailleurs pour rentrer à pied, parce que les voitures ne peuvent pas arriver chez eux. Les vieilles personnes aussi ne peuvent plus aller à la mosquée. Et l’année dernière, pendant l’hivernage, un enfant de 8 ans avait perdu la vie ici dans un caniveau », explique Moussa Keïta, citoyen.

Mamoudou Camara, un autre habitant de Siguirikoura 1, déplore cette situation qui prévaut dans son quartier. Il exhorte les autorités du pays à intervenir rapidement pour les sortir de ce calvaire. « Le président de la République doit nous aider, nous souffrons énormément. Nous avons enregistré des cas de morts ici. Et il y a même certaines écoles du quartier qui sont fermées puisqu’elles sont inaccessibles. Tout cela, parce que les travaux sont arrêtés. Nous avons appris qu’un différend oppose le PDG de l’entreprise en charge des travaux et son partenaire malien, donc nous demandons au chef de l’Etat de nous aider », a-t-il lancé.

A noter que Siguirikoura 1 n’est pas le seul quartier de Siguiri qui souffre de l’arrêt des travaux de bitumage des voiries de la ville. En mars dernier, les jeunes de Bolibana 2 et Fodéba Keïta avaient manifesté pour réclamer l’achèvement de ces travaux.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com 

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Guinée : la récente libération de prisonniers ne doit pas faire oublier le maintien en détention de près de 60 autres depuis la période électorale

8 juillet 2021 à 9 09 59 07597
Alpha Condé et son ministre de la justice, Me Mory Doumbouya

« Ces libérations ne doivent pas faire oublier que des dizaines d’autres personnes sont en détention provisoire depuis plus de sept mois, dont des opposants politiques, et qu’un activiste pro-démocratie, Oumar Sylla, est détenu arbitrairement, simplement pour s’être exprimé. Ce dernier doit être libéré immédiatement et sans conditions, tandis que les autres personnes doivent être jugées sans délai selon des procédures justes et équitables, ou libérées », a déclaré Samira Daoud, directrice régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, dans un communiqué publié par cette ONG internationale dans la matinée de ce jeudi, 08 juillet 2021.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de ce communiqué :

  • La décision de non-lieu pour 40 détenus décrispe l’espace civique  
  • Des opposants politiques renvoyés devant le tribunal
  • Le militant pro-démocratie Oumar Sylla doit être libéré

La décision de non-lieu ou de renvoi en procès concernant 97 personnes en détention provisoire depuis leur arrestation dans le contexte de la contestation de l’élection présidentielle d’octobre dernier est un pas positif vers le respect des libertés et des principes de procès équitable en Guinée, a déclaré Amnesty International jeudi 8 juillet 2021.

« Nous saluons l’avancée des procédures concernant les personnes arrêtées pendant la période électorale. C’est un pas positif pouvant contribuer à la décrispation de l’espace civique, caractérisé depuis le début de la période électorale par des arrestations arbitraires d’opposants et d’activistes, et une répression de presque toutes leurs manifestations », a déclaré Samira Daoud, directrice régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

Une ordonnance de renvoi datée du 29 avril 2021, consultée par Amnesty International, a acté la libération de 40 personnes à la suite d’un non-lieu, sur un total de 97 en détention provisoire depuis octobre dernier pour différents chefs d’inculpation en lien avec des discours ou des actions prises durant la période électorale. Les 57 autres détenus ont été renvoyés devant le tribunal de Dixinn dans la capitale Conakry pour être jugés.

Par ailleurs, une grâce présidentielle a été accordée les 18 et 22 juin, à quatre personnes, dont trois s’opposaient au troisième mandat du président Alpha Condé. Il s’agit de Mamadi Condé, Souleymane Condé et Youssouf Diabaté. Leur libération intervient à la suite de demandes de pardon qu’elles ont exprimées après plusieurs mois de détention.

« Ces libérations ne doivent néanmoins pas faire oublier que des dizaines d’autres personnes sont en détention provisoire depuis plus de sept mois, dont des opposants politiques, et qu’un activiste pro-démocratie, Oumar Sylla, est détenu arbitrairement, simplement pour s’être exprimé. Ce dernier doit être libéré immédiatement et sans conditions, tandis que les autres personnes doivent être jugées sans délai selon des procédures justes et équitables, ou libérées », a déclaré Samira Daoud.

Parmi les personnes renvoyées devant le tribunal de Dixinn pour être jugées, se trouvent quatre responsables de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, opposition), Ibrahima Chérif Bah, Ousmane « Gaoual » Diallo, Mamadou Cellou Balde et Abdoulaye Bah, ainsi qu’Etienne Soropogui, président du mouvement politique allié Nos valeurs communes. Amadou Djouldé Diallo, membre de la cellule de communication de l’UFDG, a lui aussi été renvoyé devant le tribunal.

Selon l’ordonnance de renvoi, les charges pour « meurtre et complicité de meurtre » ont été abandonnées contre eux mais ils sont inculpés chacun pour tout ou partie des charges suivantes : « atteinte aux institutions de la république », « trouble à l’État par la dévastation et le pillage », « participation à un mouvement insurrectionnel », « menace de violence ou de mort par le biais d’un système d’information », et « production, diffusion et mise à disposition d’autres de données de nature à troubler l’ordre public ou la sécurité publique. »

« Aucune date d’audience n’a encore été fixée, des visites leur ont été refusées, leur mandat de dépôt, arrivé à expiration, n’a pas été renouvelé, en violation du Code de procédure pénal », a déclaré à Amnesty International l’un des avocats du collectif de la défense.

Ce collectif avait annoncé en février 2021 la suspension de sa participation à la procédure, au motif du « caractère fallacieux des chefs d’inculpation, des détentions arbitraires prolongées, et de la violation répétée et intolérable des droits de la défense. »

Également parmi les 57 personnes renvoyées devant le tribunal, huit le sont pour l’attaque d’un train de la compagnie minière russe Rusal, le 23 octobre 2020 à Sonfonia (Conakry), au cours de laquelle quatre agents des services de défense et de sécurité ont trouvé la mort.

Le militant pro-démocratie du Front national pour la défense de la constitution (FNDC) Oumar Sylla, demeure en détention arbitraire depuis bientôt 10 mois. Arrêté le 29 septembre 2020 à Conakry alors qu’il s’apprêtait à participer à une manifestation organisée par le FNDC pour protester contre la candidature du président Alpha Condé à un troisième mandat, il a été condamné lors de son procès en appel le 10 juin 2021 à trois ans de prison ferme pour « communication et divulgation de fausses informations, menaces notamment de violences ou de mort ».

Après trois mois de détention provisoire, Oumar Sylla avait entamé une grève de la faim le 25 décembre 2020 pour exiger la tenue de son procès.

« Les autorités doivent immédiatement et sans conditions libérer Oumar Sylla, ainsi que toutes les personnes arbitrairement détenues pour avoir voulu exercer leur droit à la liberté d’expression », a déclaré Samira Daoud.

La santé d’au moins quatre détenus menacée

Parmi les cinq responsables de l’UFDG et de Nos valeurs communes détenus, Ibrahima Chérif Bah, 73 ans, Abdoulaye Bah, et Ousmane « Gaoual Diallo », ont été hospitalisés ces derniers mois pour des problèmes de santé, tandis que Ismaël Condé, autre opposant en détention, a été admis à l’hôpital après s’être « volontairement ébouillanté le visage et le torse avec de l’eau chaude, » selon le ministère de la Justice.

Selon des membres de la famille de Ibrahima Chérif Bah – détenu depuis le 30 novembre 2020 – contactés par Amnesty International, une évacuation d’urgence à l’étranger lui a été refusée, bien qu’il ait « des difficultés à suivre son traitement car il est compliqué de lui faire parvenir ses médicaments en raison des restrictions de voyages. »

Le ministère de la Justice avait annoncé le 20 avril 2021 son admission à l’hôpital, en rapportant que son état avait été jugé « médicalement stable » par « une équipe médicale composée d’éminents cardiologues. »

Amnesty International s’associe à l’appel formulé le 25 mars 2021 par la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, demandant aux autorités d’examiner les moyens de libérer les personnes particulièrement vulnérables à la COVID-19, notamment les détenus les plus âgés et ceux malades.

Entre décembre 2020 et janvier 2021, Amnesty International avait documenté et communiqué sur la mort de quatre personnes, dont trois militants ou sympathisants de l’UFDG, pendant leur détention provisoire à la prison centrale de Conakry.

Des pressions et menaces continuent par ailleurs d’être exercées contre des opposants politiques.

Le président et l’un des vice-présidents de l’UFDG ont ainsi été interdits de sortie du territoire à plusieurs reprises, et le passeport du président du parti a été confisqué par les autorités sans base légale, en violation de leur droit à la liberté de mouvement.

Morlaye Sylla, militant de l’UFDG en Guinée-Bissau, a reçu en 2019, 2020 et 2021 des menaces de mort de la part d’un responsable de l’ambassade de Guinée et d’un proche du consul dans ce pays, en raison de ses activités politiques et de ses publications critiques envers le pouvoir.

En dépit d’une plainte déposée en 2020 à la police judiciaire de Bissau suite à une agression, le militant a déclaré à Amnesty International qu’aucune suite n’a été donnée à ses alertes jusqu’à présent. Amnesty International appelle les autorités bissau-guinéennes à prendre les mesures nécessaires pour garantir le droit à la liberté d’expression, et faire cesser ces menaces.

Par le service de presse d’Amnesty International

Elhadj Abdoulaye Baldé, imam dans 3 mosquées de Conakry (à Wanindra, Dabondy et Madina). Il a été arrêté à son domicile à Wanindra le 28 octobre 2020 à 02 heures du matin à cause de ses opinions. Il est parmi les prisonniers qui sont toujours en détention à la Maison centrale de Conakry, sans jugement
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