Entamées avant-hier par le Ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, les opérations de démolition des maisons d’habitation au quartier Dar-es-Salam, dans la commune de Ratoma, se sont poursuivies hier, vendredi 24 mai 2019. Cette deuxième journée a été sanctionnée par le marquage de plusieurs autres maisons qui n’étaient pas préalablement concernées. Un mort et un blessé par balle ont été enregistrés sur les lieux, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon des informations recueillies sur place, ces opérations de déguerpissement n’ont pas fait que des dégâts matériels. Elles ont également entrainé la mort d’une personne et un jeune homme a été blessé par balle.

Aux dires de monsieur Boubacar Baldé, habitant de la localité depuis 1985, sa voisine du nom de madame Adama Hawa Diallo, a fait une crise le jeudi soir avant de rendre l’âme dans la matinée de ce vendredi à l’hôpital Ignace Deen. « C’est une femme qui a perdu son mari. Elle vivait ici avec sa seule maman qui est veuve aussi et qui n’arrive plus à marcher d’ailleurs. Madame Adama Hawa Diallo est tombée hier devant moi. Elle a piqué crise et c’est ainsi que jel’ai envoyé au CHU Donka qui nous a référé à Ignace Deen. C’est ce matin qu’on m’a annoncé qu’elle est finalement morte. Mais, voir une personne tombée subitement comme ça, c’est autre chose. C’est parce que je suis un homme si non, je pouvais piquer crise aussi. La femme était mère de quatre enfants et est âgée de 42 ans environs. Elle est originaire de Mali Yembéring et elle habite dans ce quartier depuis 1983 », a-t-il expliqué.

Pour sa part, Issiagha Bangoura, porte-parole des riverains de la décharge de Dar-es-Salam, a expliqué aux journalistes qu’un jeune élève en classe de 9ème année au collège de Bonfi a été blessé par balle. « Il se nomme Mohamed Sylla, âgé de 16 ans, élève en classe de 9ème année au collège Bonfi. Il a reçu une balle au niveau de son ventre et depuis hier, il se trouve au CHU de Donka où il a subi une intervention chirurgicale. Ils ont tiré sur l’enfant au niveau du ventre et les intestins sont sortis. Avant, le gendarme a dit : je veux te tirer et il a tiré. Ceux qui étaient là avec lui ont dit : nous, on quitte ici parce que nous sommes des frères, nous ne voulons pas parce que parmi nous, il y a des gens qui sont prêts à tuer. Ils nous ont conseillé de replier à cause de Dieu parce que s’ils ne parviennent pas, c’est les militaires vont venir pour nous déguerpir. Finalement, on a accepté et on a travaillé en frères. Nous avons passé des messages de sensibilisation. C’est pourquoi il n’y a pas eu de riposte aujourd’hui. On a demandé à tout le monde de rester tranquille, ils vont faire de nous ce qu’ils veulent et Dieu va les juger ici avant leur mort », raconte-t-il.

A en croire, Issiagha Bangoura, le ministre d’Etat, ministre de l’Industrie et des PME, Tibou Kamara, qu’un d’entre eux aurait appelé au téléphone, a donné l’espoir qu’il va prendre leur situation en main. « Quelqu’un d’entre nous nous a dit qu’il a appelé le ministre Tibou Kamara et que celui-ci a dit qu’il va gérer la situation. Donc, Tibou Kamara est le seul espoir pour nous aujourd’hui. En tout cas, s’il n’est pas le meilleur, il est l’un des meilleurs ministres qui est prêt à dire la vérité », ajoute-t-il.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin