Une partie du quartier Hamdallaye aussi risque d’être touchée par le déguerpissement en cours dans le quartier Dar-es-salam. Des agents de l’habitat, en compagnie des services de sécurité, se sont rendus hier, vendredi 24 mai 2019, dans cette zone, pour dire aux habitants concernés de libérer les lieux, a appris un reporter de Guineematin.com, à travers de ses reporters.

Surprise, étonnement et inquiétude, ce sont les sentiments qui sont perceptibles actuellement au secteur du quartier Hamdallaye. Cela, suite à la menace de démolition de plusieurs maisons dans cette localité comme c’est le cas déjà à Dar es-salam, où de nombreuses habitations ont été rasées par des machines. Dans l’après-midi de ce vendredi, les habitants de cette zone dont les maisons ont été marquées de croix rouges, s’activaient à sortir leurs affaires de leurs maisons avant l’arrivée des machines casseuses.

Amara Sylla qui habite les lieux depuis 1977 est l’un des citoyens concernés. Il ne comprend pas cette décision des autorités d’autant plus que la zone n’est pas proche de la décharge publique située à Dar es-salam. « Au départ, on nous avait bien dit qu’on n’est pas concerné par ce déguerpissement. On nous avait invités à la commune de Ratoma pour dire que nous qui sommes du côté de Hamdallaye, on n’est pas concerné par ce déguerpissent, c’est ceux qui sont à Dar s-Salam qui sont concernés.

Les agents de l’habitat étaient venus ici, ils ont mis des croix sur nos bâtiments, mais quand nous leur avons montré nos pièces, ils nous ont dit qu’on n’est pas concernés. Depuis lors, aucune personne n’est venue ici pour nous dire un seul mot. C’est seulement aujourd’hui entre 12 heures et 14 heures que des gendarmes et des agents de l’habitat qui avaient dit que nous on n’est pas concernés, sont revenus ici pour nous dire de dégager, qu’ils vont casser nos bâtiments. Vous voyez, ils ont déjà cassé deux de mes bâtiments. Ils ont commencé par ici.

Maintenant où est-ce que ma famille et moi allons rester ? Moi je suis là depuis 1977. Nous sommes plus de 40 personnes ici. Il n’y a aucun locataire. Le château qui est là, celui qui alimente le palais présidentiel en eau, est construit ici à ma présence. C’est moi qui ai donné mon bâtiment où tous les matériels du chantier ont été gardés. Jusqu’à présent, on ne m’a pas payé ça encore. Mais, moi j’ai laissé tomber ça pour la nation.

Maintenant, si la contrepartie c’est de venir casser mes bâtiments, me déloger avec ma famille, je donne à Dieu. Alpha Condé a fait ce qu’il peut faire, c’est Dieu qui va le payer. Dieu payera suffisamment Alpha Condé et son Gouvernement en Guinée ici. Alpha Condé est venu pour détruire la Guinée et non pour la construire. Mais, moi je ne quitterai pas ici. Ceux qui viendront casser mes bâtiments n’ont qu’à venir, ils me trouveront ici », met en garde Amara Sylla.

Mamadou Diouldé Barry, ingénieur génie civil, se dit aussi surpris de ce revirement de situation. « Nos maisons ont été cochées depuis l’année dernière, on est allé rencontrer l’habitat avec nos document parce que là c’est le lotissement de Taouyah Minière, lot 4310. Tous nos documents sont archivés à l’habitat de Coléah. On est allé là-bas, on a vérifié et on a trouvé que c’est bien nous sommes archivés, le lotissement est exactement fait en 1981.

On a tous nos documents, il y a même des gens qui ont leur titre foncier. On est allé rencontrer le service habitat du gouvernorat de Conakry l’année dernière, il est venu mettre des zéros sur les croix qu’il avait mises sur les bâtiments. Il a annulé tout. A notre grande surprise, on vient nous dire aujourd’hui de libérer les lieux. C’est vraiment dommage ! » Se désole ce citoyen.

En attendant le début de la casse des maisons dans cette localité, les citoyens menacés de déguerpissement ont, pour la plupart, sorti leurs affaires et passent la nuit à la belle étoile.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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