Aboubacar Biro Soumah, président du Parti pour le Progrès et le Changement

Le président du PPC (Parti pour le Progrès et le Changement) est prêt à participer à un dialogue politique avec le pouvoir guinéen, à une seule condition. Il faut que les discussions soient présidées par les Nations Unies, qui veilleront aussi à l’application des conclusions qui en sortiront. L’opposant l’a fait savoir dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce mardi 8 juin 2021.

A l’image de ses collègues de l’ANAD (Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie), Aboubacar Biro Soumah n’est pas enthousiasmé par le cadre de dialogue politique permanent, mis en place récemment par le président Alpha Condé. Le président du PPC (Parti pour le Progrès et le Changement) trouve que l’histoire récente de la Guinée ne plaide pas en faveur d’un nouveau dialogue politique inter-guinéen, tel que voulu par le pouvoir. Il se demande d’ailleurs si certains Guinéens sont amnésiques pour inciter l’opposition à participer à ce dialogue.

« Nous avons à faire à un régime qui a un système communiste, où la communication communiste prend le dessus. On nous parle de ce fameux cadre de dialogue politique permanent, comme si on avait oublié notre passé récent. Nous savons qu’Alpha Condé a fait 10 ans au pouvoir, mais la Guinée n’a jamais eu un cadre de dialogue sincère et réaliste. Malgré tout, on fait aujourd’hui encore un débat dans la cité autour de ce fameux dialogue. Je me demande qu’est-ce qui ne va pas avec la mémoire de certains Guinéens. Sinon, si quelqu’un gère un pays pendant 10 ans sans respecter même sa propre signature, pourquoi inciter les gens à aller au dialogue avec lui ? » S’interroge l’opposant.

Pour expliquer son étonnement, cet allier de Cellou Dalein Diallo rappelle que depuis l’arrivée du président Alpha Condé au pouvoir, « nous avons fait 5 dialogues, dont les conclusions n’ont jamais été appliquées.  On a même vu des cadres du RPG Arc-en-ciel (le parti au pouvoir) et des membres du gouvernement nier avoir apposé leurs signatures sur un accord conclu au siège de l’UFDG. Or, Amadou Damaro Camara et Bouréma Condé avaient signé cet accord. Cela s’est passé devant moi. Mais après, ils ont nié carrément avoir apposé leurs signatures sur cet accord. Comment un pays peut aller de l’avant si ses dirigeants se comportent de la sorte ? ».

Le président du PPC précise que son camp n’est pas opposé à l’idée de dialoguer avec le pouvoir. Cependant, il n’est pas prêt à participer à un nouveau dialogue sans avoir la garantie que cette fois, l’accord qui sera obtenu sera appliqué. Et pour cela, l’opposant indique qu’il faut faire appel aux Nations Unies pour diriger les discussions et veiller à la mise en œuvre des conclusions qui en sortiront.

« Personne ne refuse le dialogue. Même au sein d’une famille, entre la femme et son mari, il y a le dialogue. Mais il faut que le dialogue soit sincère et que ce qui est conclu soit mis en application, au bénéfice de tout le monde. Mais si tel n’est pas le cas, je pense bien que le dialogue n’a pas sa place. Aujourd’hui, tout le monde a besoin de dialogue. Mais il faut que ce soit un dialogue sincère et honnête, qui sera piloté cette fois-ci par la communauté internationale, en l’occurrence les Nations Unies. On ne peut pas trouver un Guinéen qui pourra diriger ce cadre de dialogue et faire appliquer ses conclusions, car toutes les institutions sont inféodées au pouvoir exécutif », estime Aboubacar Biro Soumah.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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