L’idée d’une nouvelle Constitution préoccupe le RPG Arc-en-ciel, qui continue à vanter « la nécessité de l’adopter », même si de nombreux guinéens y sont carrément opposés. L’assemblée générale du parti au pouvoir, tenue à son siège ce samedi 25 mai 2019, a essentiellement tourné autour de cette idée. La rencontre a été présidée par Alhassane Diakité, membre du Bureau Politique National du parti, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans son intervention, M’Bany Sangaré, secrétaire général de la jeunesse du RPG et
Directeur Général de l’office guinéen des chargeurs (OGC), a justifié les raisons qui ont poussé le RPG arc-en-ciel à soutenir le projet d’une nouvelle Constitution. « Il est du devoir du président de la République, élu par le peuple de Guinée, de soumettre à sa population le projet de nouvelle Constitution. Ce projet de loi, le peuple appréciera, le peuple dira s’il adhère ou non. C’est pourquoi, il y a plusieurs mois qu’en République de Guinée, des citoyens ont manifesté leur désir, leur volonté que la Guinée soit dotée d’une nouvelle loi. Vous-même vous le constatez, çà et là, Kindia, dans toutes les préfectures : Fria, Coyah, des maires des communes de la Forêt, des maires des communes de la Haute Guinée, les citoyens se sont manifestés partout pour dire oui à une nouvelle Constitution. Un parti politique, son rôle principal, c’est l’encadrement des masses populaires. Et la direction nationale, est chargée d’appliquer naturellement cette orientation. Il faut qua la direction soit en phase avec le peuple, parce que le peuple a un besoin pressant. C’est pour cette raison que la direction nationale du parti a lu la semaine dernière sa déclaration solennelle et au cours de laquelle cette volonté s’est exprimée pour dire que le RPG adhère à ce que le peuple demande, parce que le peuple et le RPG sont en phase », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, M’Bany Sangaré accuse la Constitution issue de la transition de 2010 d’être en déphasage avec les réalités de la Guinée actuelle. « Pour ne vous donner que deux exemples : notre parti, le RPG arc-en-ciel, est un parti panafricain. Le peuple de Guinée, depuis 1958 jusqu’aujourd’hui, est solidaire aux objectifs majeurs du panafricanisme. Tous les projets africains, le peuple de Guinée est membre à part entière. Cette loi d’aujourd’hui, n’a pas été capable de tenir compte de cette aspiration du peuple de Guinée. Deuxième raison, quand nous prenons l’organisation des élections législatives en République de Guinée, notre Assemblée nationale comporte 114 députés. Dans la répartition de ces 114 députés, la Constitution actuelle ne tient pas compte du partage équitable des quotas en fonction des tailles des circonscriptions que notre pays connait. Si vous prenez l’exemple des préfectures de Siguiri et de la commune de Kaloum, Kaloum n’a que 40 mille ou 50 mille électeurs, alors que Siguiri a à peu près 400 mille à 500 mille électeurs. Et Kaloum a deux députés, Siguiri a deux députés. Voilà des incohérences qui ont été relevées par la direction nationale du parti pour dire oui, c’est logique qu’une nouvelle Constitution soit en Guinée parce que le peuple le veut, le peuple en a besoin », a-t-il ajouté.

Dr Hady Barry

S’exprimant sur les injures et menaces qui fusent de partout contre le projet de nouvelle Constitution en Guinée, Dr Hady Barry, secrétaire général du ministère de la Coopération, a invité les opposants au projet d’instaurer un débat d’idées et d’éviter les injures. « Au jour d’aujourd’hui, je crois que la personne la plus indiquée par les lois de la République de Guinée pour demander au peuple de Guinée s’il voulait changer la Constitution, c’est bien celui qui a été élu au suffrage universel par le peuple souverain de Guinée. Alors, ce que je demanderai à tous ceux qui sont contre une nouvelle Constitution, c’est d’arrêter d’insulter, d’arrêter de faire des intimidations, d’arrêter de proférer des malédictions. Parce qu’on a appris que si tu insultes quelqu’un et qu’il ne te réponde pas, l’injure va faire le tour de la terre pour revenir là où l’injure était sortie. Si tu profères des malédictions contre quelqu’un, si la personne ne répond pas, la malédiction fera le tour de la terre, pour revenir rentrer dans la maison là où la malédiction avait été proférée », a-t-il prévenu.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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