La consommation de chanvre indien, réprimée par la loi, touche une proportion importante de la couche juvénile. De nombreux cas arrivent au tribunal où des peines de prison sont prononcées contre les prévenus. C’est dans ce cadre qu’un groupe de 11 jeunes gens est poursuivi au tribunal correctionnel de Dixinn pour détention et consommation de chanvre indien. Le parquet a requis hier mercredi, 16 janvier 2019, jusqu’à un an de prison contre trois d’entre eux, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est à l’occasion d’une patrouille, organisée par les forces de l’ordre, que ce groupe a été interpellé le 13 décembre 2018. Tous ont été arrêtés dans différents quartiers et à des moments différents dans la commune de Ratoma : les uns à Kaporo et à Kipé, d’autres à Bambéto et Kakimbo.

Placés sous mandat depuis cette date, ils ont à tour de rôle défilé à la barre du tribunal correctionnel de Dixinn pour répondre des faits de détention et de consommation de chanvre indien. Si Abdoulaye Baldé a reconnu les faits, les autres ont tout nié en bloc.

Selon Abdoulaye Baldé, « les agents m’ont arrêté au niveau des rails de Kakimbo. J’avais 8 boules de chanvre indien avec moi. Je m’apprêtais à rouler une boule pour fumer. Et, les agents sont venus dans leurs pick-up pour m’interpeller. Ils m’ont arrêté seul, je n’étais pas en groupe ». Il a toutefois promis au tribunal de ne plus reprendre ce genre de pratiques.

Par contre, les autres prévenus se sont inscrits dans une logique de dénégation.

Selon Mamadou Baïlo Bah, il n’a jamais fumé même de la cigarette. « Les agents m’ont arrêté dans un kiosque à Kaporo-rails pendant que je prenais mon déjeuner. Moi, même de la cigarette je ne fume pas, à plus forte raison la drogue », soutient-il.

Le même argument sera avancé par Saliou Diallo, conducteur de mototaxi. « Après le travail, j’avais faim. J’ai garé ma moto, j’ai commandé le café au lait dans un kiosque à Kipé. Pendant que je prenais mon repas, les agents sont venus mettre tout le monde au respect. Ils ont pris les téléphones et l’argent des gens avant de les libérer. Comme moi j’ai refusé de donner mon téléphone, ils m’ont déposé à la gendarmerie. Jusqu’à présent, ma moto est à la gendarmerie » a-t-il expliqué.

Quand à Oumar Bah il dit qu’il a été arrêté dans le marigot de Kakimbo où il était allé faire la lessive. « Ils sont venus m’interpeller au marigot. J’ai laissé tous mes habits là-bas. Ils m’ont déposé à la gendarmerie à moitié nue. Ils n’ont rien trouvé avec moi, rien ».

Après les explications des uns et des autres, le procureur a pris la parole pour rappeler les faits. Dans ses réquisitions, Daouda Diomandé va demander la libération de Boubacar Barry, Abdoulaye Bah et Mamadou Oury Diallo, pour délit-non constitué.

Par contre, monsieur Diomandé a demandé « qu’il plaise au tribunal de retenir Cécé Tonamou, Alpha Oumar Barry, et Abdoulaye Baldé dans les liens de la culpabilité et de les condamner à un an de prison ».

Pour les cinq autres prévenus, le procureur va requérir 6 mois de prison, assortis de sursis, et 500 mille francs guinéens d’amende chacun.

L’affaire a été renvoyée au 23 janvier 2019 pour la délibération.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel 654 416 922/664 413 227

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