Manifestations à Dubreka : « les jeunes ont seulement manqué de patience », dit le maire

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Elhadj Alseny Bangoura, maire de la commune urbaine de Dubréka

Comme annoncé précédemment, des citoyens des quartiers Tersè, Yorokoguéya et Gbéréyiré, dans la commune urbaine de Dubreka, ont manifesté encore hier, mercredi 23 janvier 2019, contre les sociétés ALAM et AMG qui exploitent des carrières de granite dans ces localités. Ces citoyens réclament depuis trois jours la construction d’infrastructures de base chez eux. Mais, le maire de la commune urbaine de Dubreka, Elhadj Alseny Bangoura, interrogé par l’envoyé spécial de Guineematin.com sur place, désapprouve la démarche des manifestants.

« Il vous souviendra qu’avant l’installation de l’actuel conseil communal, il y avait une délégation spéciale. Cette délégation spéciale était limitée, elle était là pour liquider les affaires courantes. Donc, elle n’avait pas la possibilité d’engager des dépenses aussi importantes en termes de construction d’écoles et d’autres choses encore. Quand le problème a été posé, moi je leur ai dit : venez on va en parler. Ils (les habitants des quartiers concernés par le mouvement) ont dit non, ils ne peuvent pas se déplacer, il faut que l’autorité se déplace. C’est ce qui a été fait.

Le secrétaire général des collectivités, certains conseillers et moi-même avons fait le déplacement pour aller les rencontrer, échanger avec eux, voir qu’est-ce qu’on peut faire pour eux maintenant parce qu’on peut faire quelque chose pour eux. Mais, ils n’ont pas voulu nous comprendre, nous nous sommes retournés. Ils ont continué à barricader les routes, ils ont continué à faire du bruit dans le quartier. C’est ce qui a amené l’autorité au plus haut niveau, c’est-à-dire la préfecture, à prendre des dispositions pour que la route ne soit pas barrée », explique le maire.

Pour Elhadj Alseny Bangoura, les revendications des populations de Tersè, Yorokoguéya et de Gbéréyiré sont légitimes. Mais, il estime que ces citoyens ont manqué de patience. « Ces jeunes demandent qu’on fasse une école, un collège pour eux, ce qui est possible. Moi je leur ai dit que c’est possible de faire une école, c’est possible de démarrer la construction d’un collège. Je l’ai annoncé lors de ma prise de service. J’ai dit qu’il y a certains quartiers que je connais, où il y a un besoin d’infrastructures qui se fait ressentir. Il s’agissait de Yorokoguéya qui a besoin d’un collège. Ce collège va servir Gbéréyiré, Tersè et Yorokoguéya. Je connais parce que les enfants de là-bas, après l’école primaire, ils sont obligés de venir jusqu’à Dubreka ville, ce qui n’est pas normal. Donc, il faut un collège.

Ça, c’est possible parce qu’il y a les ressources, il faut savoir les chercher. Ça va être un élément de mon plan de développement cette année. Et d’ailleurs, je suis en train de préparer un dossier d’appel d’offre concernant la construction d’un collège de six (6) classes. Donc, ils ont aussi demandé un forage, c’est possible. Hier, quand j’ai appelé le chef de quartier, il m’a fait comprendre qu’ils ont des chargements de granite en réserve. Ces chargements de granite peuvent être valorisés et ça peut nous permettre de faire un forage. Donc, les jeunes ont seulement manqué de patience, sinon les demandes sont réalisables », a-t-il fait remarquer.

De retour de Dubreka, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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