Au terme des journées de concertation nationale sur le hadj organisées par le gouvernement guinéen, du 19 au 21 mars 2019 au Palais du peuple de Conakry, les participants ont ressorti au moins quatre urgences à régler en vue d’éviter aux pèlerins guinéens le calvaire vécu les années précédentes, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Dans une résolution comprenant quinze recommandations, il est mentionné l’urgence pour le gouvernement guinéen, d’honorer sa dette de 16 milliards de francs guinéens envers le royaume d’Arabie Saoudite, de désigner la compagnie aérienne qui doit transporter les 9000 candidats au pèlerinage, de fixer le coût du pèlerinage et de donner la date de démarrage des inscriptions des candidats au pèlerinage.

Pour le président du comité interministériel chargé d’organiser ces journées, le ministre d’Etat des transports, Aboubacar Sylla, qui présidé la cérémonie de clôture, le gouvernement fera face à ces urgences dans un bref délai.

« C’est une initiative du Président de la république qui estime qu’il n’est pas normal que les Guinéens candidats au pèlerinage, subissent tant de souffrance aussi bien au départ qu’à l’arrivée à la Mecque. Il a demandé l’organisation de ces journées réunissant tous les acteurs en vue de trouver des voies et moyens pour améliorer le hadj des Guinéens.

Puisqu’il n’est pas normal que les Guinéens souffrent plus que ceux qui sont dans notre environnement immédiat. Dans les 48 h ou 72 h, il faut choisir l’avionneur, déterminer les frais du pèlerinage, le délai strict des inscriptions, et régler également ce montant de 16 milliards au titre du hadj 2018… », a expliqué le ministre Aboubacar Sylla.

Du côté du secrétaire général des affaires religieuses, Elhadj Aly Jamal Bangoura, il indique que l’engagement du président de la République est un véritable ouf de soulagement pour son département.

« Nous saluons cette belle initiative du Chef de l’Etat qui vise à qualifier les conditions d’organisation des opérations du pèlerinage au départ et à l’arrivée. Nous nous réjouissons de l’initiative du président Alpha Condé qui a décidé de décentraliser les inscriptions. Elles se feront désormais dans les capitales des régions du pays.

Pour la réussite du pèlerinage, il faut compter sur l’accomplissement des conditions élaborées par le royaume d’Arabie Saoudite qui exige le préfinancement de plusieurs opérations comme l’obtention du visa, les taxes dans les aéroports, et bien d’autres…. Et depuis 2015, les opérations du hadj sont entièrement informatisées par l’Arabie Saoudite. Malheureusement, nous nous étions absents avec la maladie à virus Ebola », a précisé le premier Chef religieux du pays.

Pour la présidente directrice générale de Guinée voyage, l’une des principales agences qui opèrent dans le hadj, Hadja Aïssatou Bella Diallo, les Guinéens doivent se détromper.

« Le Hadj, ce n’est pas un cadeau. Les Saoudiens sont en train de réorganiser ce secteur pour faire de lui, la 2ème source de revenu après le pétrole. C’est à nous de respecter leur règlement. De faire les choses en temps réel. Avec le Saoudien, il n’est pas question de lui dire à cause de Dieu aide moi à faire quoi que ce soit. Il te répond non, non… Nous attendons du gouvernement donc, l’application de toutes les recommandations issues de ces journées de concertation. Puisqu’en Arabie Saoudite, tout ce qui est mal fait, c’est des pénalités à payer.

C’est de l’argent perdu pour un pays. C’est pourquoi, je demande au gouvernement guinéen de faire la même chose que les Saoudiens. Autrement dit, faire respecter les règles à tous les niveaux et surtout, sanctionner négativement ou positivement toute personne impliquée dans le processus. C’est ce qui pourra aider le pays à avoir une bonne image, éviter les retards et diminuer la souffrance des pèlerins », a dit la patronne de Guinée voyage.

Présents aux journées de concertation sur le hadj, les guides religieux se sont fait entendre. Dans le passé, plusieurs d’entre eux ont déploré le manque d’organisation, de coordination et de professionnalisation des agents désignés pour cette tâche. Pour Hadja Aminata Moustapha Kallo, guide, cette année, tout cela doit changer.

« Au cours des débats, nous avons soulevé cette question. Nous pensons que cette année, le choix des guides se fera correctement. Il n’y aura pas d’amateurisme », estime cette dame du secrétariat des affaires religieuses.
Dans les résolutions adoptées à l’unanimité des participants, après les amendements, 15 points ont été retenus parmi lesquels, la sélection d’un nombre important de guides professionnels.

Au moins un guide pour 50 pèlerins. Egalement l’âge des candidats a été fixé dans la tranche de 18 à 80 ans. Et l’enrôlement des personnes très âgées et malades décommandé.

La sécurisation des documents de voyage, la qualification de la restauration en évitant de transporter des femmes commerçantes qui se font passer pour des restauratrices, mettre fin à l’envahissement des logements des pèlerins guinéens par nos compatriotes résidents en Arabie Saoudite, ont été recommandés.

L’hébergement des pèlerins n’est pas passé inaperçu. Désormais, il faut 3 à 4 pèlerins par chambre au lieu de 7 personnes à plus.

A rappeler que ces dernières années, l’organisation du Hadj a connu d’importants manquements. Ce qui a causé beaucoup de souffrances aux pèlerins aussi bien à Conakry qu’à la Mecque. L’année dernière par exemple, au lieu de 30 à 40 jours, certains pèlerins ont passé jusqu’à 3 mois à la Mecque avec un cortège indescriptible de souffrances.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 45

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