Guinée : à l’heure du renouveau politique

31 mars 2019 à 21 09 38 03383

Libre Opinion : En Guinée, le moins qu’on puisse dire est que le paysage politique change de forme et de fond au gré d’un mouvement incessant de va-et-vient de politiciens plus préoccupés à trouver une ruche où ils pourront se nourrir, qu’à défendre des convictions proches des aspirations du Peuple au nom duquel ils parlent tous.

Des plates-formes se font et se défont dans le vacarme étourdissant d’une absurde guerre des egos. A peine nées, certaines implosent d’elles-mêmes pour une banale allusion ou une simple phrase prononcée, si ce n’est simplement pour une raison inavouable d’intérêts bassement matériels ou financiers.

Le pire dans cette cacophonie est que l’intox s’invite dans le débat et l’unité de la Nation prend un sacré coup lorsque le discours sécrète et amplifie la stigmatisation d’un groupe ou d’une ethnie.

Sous de tels auspices, comment ne pas donner raison à VOLTAIRE qui a dit que « la politique a sa source dans la perversité plus que dans la grandeur de l’esprit humain ».

Le temps s’écoule, indifférent aux présomptions et prophéties des uns et des autres, et la Guinée avance inexorablement vers de grandes échéances électorales : législatives avant fin 2019 et présidentielle fin 2020. Deux rendez-vous à ne pas manquer pour auréoler notre démocratie du nimbe de la maturité et de la fiabilité.

Pour ne parler que du plus proche, à savoir les législatives, je dirai que celles-ci méritent la plus grande attention et les plus sérieux préparatifs.

En effet, la santé et la vitalité de la démocratie d’un pays s’apprécient en fonction de l’efficacité de son Parlement à incarner une véritable séparation des pouvoirs, en exerçant pleinement et souverainement ses fonctions.

Cette Institution constitutionnelle est en réalité la plus importante dans le fonctionnement de l’Etat, si elle s’affirme non pas comme une caisse de résonance, mais comme un creuset fécond du pluralisme politique, une expression condensée des aspirations du Peuple dont elle est l’émanation.

Il faut donc un choix judicieux des citoyens qui la composent et qui en tout lieu et en toute circonstance n’agissent que dans l’intérêt supérieur de la Nation. Le laxisme et le favoritisme appuyé d’un véritable marchandage financier des places, constituent des fléaux qu’il est impératif d’éliminer de nos pratiques au moment de l’établissement des listes de candidature à la députation.

Pour mieux répondre à ces exigences dont dépendent la vigueur et l’immortalité de notre démocratie, le paysage politique doit s’enrichir de l’arrivée sur la scène politique de nouveaux acteurs aptes à apporter un souffle novateur à la lutte pour la consolidation de la culture démocratique et la réalisation des objectifs de développement économique.

Ces nouveaux protagonistes doivent s’illustrer par une autre façon de faire la politique, c’es-à-dire bannir toute stratégie de diabolisation de l’adversaire et toute propension à se servir du Peuple (l’Etat) plutôt que de le servir.

Ils existent ces citoyens hors de tout soupçon, au regard du respect de la morale sociale et des lois du pays. Ils sont identifiables à travers leurs actions désintéressées au service de la collectivité.

A ce niveau de ma réflexion, il me vient à l’esprit le nom d’un certain Diallo Sadakadji, que je n’ai jamais vu, ni connu, si ce n’est à travers sa philanthropie devenue proverbiale.

Il y a quelques années, il avait créé son Parti et la nouvelle fut retentissante provoquant une frayeur chez certains qui redoutaient à juste raison de le voir ratisser large dans l’électorat de sa région naturelle, électorat jusque-là mobilisé au service quasi-exclusif de l’UFDG.

Son irruption dans l’arène politique aurait brouillé bien de cartes, tant il est vrai qu’il est proche du peuple dont les éléments les plus déshérités sont les bénéficiaires quotidiens et réguliers de ses incomparables largesses.

La dimension humaine de ce personnage humble et discret, pèserait de tout son poids sur la balance de la répartition des suffrages populaires.

Pourquoi Elhadj Sadakhadji ne réactiverait pas son Parti et aller à l’assaut de la prochaine législature ? Il a le bon profil qu’il faut pour s’engager dans cette belle aventure, le seul pari qui lui reste à gagner après que la fortune lui ait souri avec tant d’éclat et de plénitude.

Tidiane Diallo

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France : Mamoud Diallo obtient une carte de séjour après un acte de bravoure

31 mars 2019 à 21 09 12 03123

Un jeune demandeur d’asile guinéen, qui avait sauvé fin janvier une femme agressée dans l’est de la France, va recevoir une carte de séjour, a-t-on appris samedi auprès d’un de ses proches.

« Il n’a pas obtenu le droit d’asile, mais l’État (français) a tenu compte
du fait qu’il existe un risque pour lui de retourner dans son pays en raison
de violences familiales », a précisé à l’AFP Stéphane Poulle, qui l’héberge
depuis son arrivée en France il y a un an.

Mamoud Diallo, ressortissant guinéen de 20 ans, va recevoir une carte de séjour « vie privée et familiale ». « Cette protection lui donne le droit de travailler et d’étudier en toute légalité », a poursuivi M. Poulle.

Commis de cuisine stagiaire dans une association à Autrans (est), Mamoud Diallo était venu au secours d’une employée gravement blessée au visage par un autre collègue muni d’un couteau le 29 janvier. Alerté par des cris alors qu’il ramassait les assiettes de vacanciers dînant dans une pièce voisine, le jeune stagiaire, orphelin et analphabète, s’était précipité sur lui.

Malgré son petit gabarit, le demandeur d’asile était parvenu à maîtriser l’agresseur, bien plus imposant que lui, à l’éloigner de la victime, et à le calmer. « Il lui a dit +Chef, il ne faut pas toucher aux filles+ », a raconté à l’AFP le maire de la ville d’Autrans, Hubert Arnaud.

Une fois la pression retombée, Mamoud Diallo et l’individu s’étaient remis au travail dans la cuisine, le temps que les secours et les forces de l’ordre interviennent.

Son geste avait été salué par une vague d’éloges et les gendarmes en charge de l’enquête avaient appuyé sa demande de régularisation auprès de la préfecture régionale. « Il est hyper heureux. Cette scène l’a beaucoup marqué mais il a revu la jeune femme blessée. Désormais, il souhaite rentrer chez les pompiers », a raconté Stéphane Poulle.

Samedi matin, Mamoud Diallo a été distingué de la médaille de la ville d’Autrans.

Par l’AFP

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Ligue 1(J16): le Horoya corrige le Hafia !

31 mars 2019 à 19 07 28 03283

Opposé au Hafia de Conakry ce dimanche au stade du 28 septembre de Conakry au compte de la 16ème journée de la ligue 1 guinéenne, le Horoya AC s’est largement imposé devant son adversaire. Les rouge et blanc l’ont emporté par 4 buts à 0, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Dans ce match aussi important pour les deux clubs, le Horoya AC a pris aussitôt les choses en main. Absent lors du précédent match, le nigérien Mohamed Djibo a ouvert la marque pour le club de Matam à la 7ème minute de jeu. Le Hafia pousse et frôle l’égalisation à la 37ème minute sur une balle en retrait de Yakubu Hubu pour son gardien, interceptée par l’attaquant du Hafia, Cheick Mohamed Camara.

Mais, heureusement pour le Horoya, l’attaquant est signalé en position de hors-jeu par le premier assistant. Un peu plus tard, le Hafia obtient un coup de pied arrêté sur une faute de Alsény Camara commise sur Ndongo Willy. Le capitaine des verts, Souleymane Badji, tente d’égaliser mais il bute sur le portier du HAC, Moussa Camara. Le score reste de 1-0 à la pause.

À la reprise, le Horoya domine son adversaire et Boniface Haba signe le break pour son équipe à la 46ème minute. Ocansey Mandela, d’un tir somptueux (46ème) et Mohamed Djibo, auteur d’un exploit individuel (86ème), inscrivent les 3ème et 4ème buts du Horoya AC.

Avec cette victoire, le quadruple champion de Guinée remonte à la deuxième place du championnat avec 26 points, juste derrière le Santoba FC, actuel leader avec 27 points.

Abdoul Aziz Sow pour Guineematin.com

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Hommage à Bah Oumar : l’Expert et le Sportif

31 mars 2019 à 18 06 41 03413

Sa taille olympique le prédisposait tout naturellement à devenir basketteur jusqu’à la consécration à la NBA (championnat de Basketball nord américain). Mais, il s’en est plutôt servi pour prendre de la hauteur et dominer tout le monde :

En classe d’abord, du primaire à l’université, où il obtint une Licence en Sciences Economiques et Comptables avec toute la fierté d’appartenir à la brillante promotion Mao Tsé Toung, celle de Lansana Kouyaté, Ahmed Tidiane Souaré, Fodé Bangoura, Michel Kamano, Souleymane Cissé, Aline Barry, Boubacar Prince Diallo. Ensuite, sur les terrains vagues de football de Madina avec les Mané Bangoura avant de les quitter définitivement pour devenir un dirigeant jusqu’à la fédération guinéenne de football.

A partir de ce moment, Bah Oumar va porter une triple casquette. Il est professeur d’université, Expert Comptable au ministère de l’Information et membre actif de la faîtière du football guinéen.

Il est nommé inspecteur général des services de l’information, puis chef de cabinet dudit département. Sa maîtrise des dossiers et son intégrité en font une terreur des bandits à col blanc.

C’est au football que Bah Oumar va donner la plénitude de ses talents, pour avoir vécu intensément ses ombres et ses lumières dans ce Conakry du football princier.

Il connait tous ses acteurs et a partagé l’enfance et l’adolescence avec la plupart d’entre eux, dont certains ont fait partie de la légende du Hafia, du Horoya et du Syli national.

De l’équipe du pharmacien, Baba Sakho, à celle de Salifou Camara Super V, de Bruno Bangoura jusqu’au comité de normalisation de Mohamed Lamine Nabé, Bah Oumar a toujours été un parfait connaisseur des textes et un ardent défenseur de leur stricte application avec rigueur et vigueur.

C’est pourquoi, il est souvent apparu comme un incompris, alors que c’est toujours sous le prisme d’une culture immense et plurielle que ses arguments étaient placés, contrairement à ceux de culture approximative qui versaient dans l’activisme et le pédantisme.

C’est justement la brillante formation de Bah Oumar qui lui vaudra d’être nommé secrétaire général de la grande chancellerie de Guinée. Un poste stratégique de grande souveraineté qui ne l’éloignera pas cependant du football. Il le vivait intensément, en cherchant quotidiennement les informations sur les compétitions et les résultats obtenus par les équipes guinéennes.

Et, comme tous les matins des jours ouvrables, je le rencontrais au petit déjeuner au restaurant EPI D’OR, en face de la cité de chemin de fer. Je prenais soin d’être à jour pour répondre à ses nombreuses questions. La délivrance du neveu que je suis venait de la montre de l’oncle Bah Oumar qui regardait l’horloge et l’heure pour être à son bureau.

Alors, il demandait à son chauffeur de démarrer, en remettant au lendemain la suite des discussions. Sans rien me dire, il réglait ma note à la caisse et la tenante me disait que quelqu’un avait payé pour moi.

Bah Oumar faisait partie du cercle des amis d’enfance de Malik Condé, le frère cadet du professeur Alpha Condé, comme Koto Dia et Cheick Mohamed Fofana. Quand on sait tout l’amour que le chef de l’Etat garde pour ce petit frère, parti au moment ou son combat politique d’une quarantaine d’années était récompensé, on peut deviner son affliction suite au décès de Bah Oumar dont les parents, comme bon nombre des fils du Timbi, descendirent très tôt sur la côte au point que leur progéniture est fondamentalement de culture Soussou sans avoir renié leur identité peule.

C’est pourquoi, le directeur de cabinet de la présidence de la République, Ibrahima Kalil Kaba, qui avait à ses cotés le Grand Chancelier des Ordres, le Général Kaba 43 Camara, et l’ancien Premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré, était à la réception de la dépouille mortelle de Bah Oumar, le vendredi 29 mars 2019 à l’aéroport de Conakry.

Cette double culture a fondé toute l’existence de Bah Oumar dans la veine du guinéen tout court, ouvert généreux et solidaire de toutes les nobles causes qui constituent les piliers de la nation.

Comme la géographie est la première composante de l’histoire, dans ce déroulé paradisiaque de Donghol Touma jusqu’à la baie de Sangaréyah, le Timbi a également sa partie Soussou. Le Sokili avec le village de Démoukoulouma se brassent et s’embrassent des communautés diverses unies et réunies, solides et fortes d’un ancrage séculaire.

Voilà ce qui explique la dimension plurielle, l’envergure dynamique et la grandeur sublime de Bah Oumar, homme de dialogue et de rigueur que la mort vient de nous arracher.

Il était du clan des Ndioboyankés, donc descendant de Ndiobo, le frère aîné de Kalidou, aïeul des Kaldouyankés, tous deux fils de Boukari, fils de Aldiouma, dit Maoundé, fils de Saïkou Aldiouma, fils de Saïkou Aldiouma ibn Ilo, fils de Bodhéwal, le troisième garçon de l’arabe, Oughbata Boun Nafsi, un disciple de Saïdinà Oumar ibn Khattab et de la princesse peule Madioumaou.

Traditionnellement, les Ndioboyankés habitent Labé-Dhépéré et ont le patronyme Diallo. Mais, par petites migrations, certains se sont installés dans le Timbi et ont le pris patronyme Bah, le plus fréquent dans le Diwal.

Comme le disait l’autre, l’écriture de DIEU n’a pas de gomme. Bah Oumar a incarné, sa vie durant, les valeurs de noblesse, de courage, de culture et de fraternité agissante. Un exemple qui n’est pas légion de nos jours et que nous devons tous nous approprier afin de maintenir solide et forte la chaîne de solidarité.

Bah Oumar rejoindra sa dernière demeure au cimetière de Cameroun demain, lundi 1er avril 2019, après la levée du corps à la morgue d’Ignace Deen et la prière à la mosquée Fayçal.

Paix à son âme, amine !

Amadou Diouldé Diallo, Journaliste-historien

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Faranah : les antennes locales de la CONABPAG installées

31 mars 2019 à 11 11 42 03423

Après Kindia et Mamou, la Coopérative Nationale des Boulangers et Pâtissiers de Guinée (CONABPAG) s’est rendue à Faranah pour mettre en place ses antennes locales. Le bureau régional et celui préfectoral ont été élus et installés hier, samedi 30 mars 2019, dans la ville. La cérémonie a connu une forte mobilisation des membres de la coopérative et des autorités locales, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Cette rencontre a été présidée par le préfet de Faranah, Ibrahima Kalil Keïta. A l’issue du vote des boulangers et pâtissiers de la région, Elhadj Aliou Sarayah Barry a été élu à la tête du bureau régional, composé de 15 membres plus 4 conseillers, et Mamoudou Bailo Barry a été porté à la tête du bureau préfectoral de la CONABPAG, composé de 13 membres et 3 conseillers. Ces deux bureaux sont élus pour un mandat de 3 ans, renouvelable une fois.

Après la mise en place de ses antennes, Mamadou Adama Diallo, président national de la CONABPAG, s’est réjoui du bon déroulement de ces élections avant d’inviter les élus à l’union et au travail, pour permettre l’atteinte des objectifs que se fixe la Coopérative Nationale des Boulangers et Pâtissiers de Guinée.

De son côté, Elhadj Aliou Sarayah Barry, le nouveau président du bureau régional de la CONABPAG de Faranah, a remercié les boulangers et pâtissiers pour la confiance placée en lui. Il s’est ensuite engagé à travailler avec les autorités de Faranah. « Nous vous remercions pour cette confiance que vous avez porté en nous. Nous demandons votre soutien inconditionnel pour la survie de notre coopérative. Nous vous invitons à l’union, à la fraternité.

Je prends ici l’engagement solennel que le bureau qui est sorti de cette assemblée travaillera étroitement avec l’ensemble des autorités de Faranah pour une meilleure satisfaction de tous. J’invite par la même occasion l’ensemble des boulangers et pâtissiers de notre région à s’unir d’avantage autour d’un même objectif qui est celui de l’entente et de l’amour pour une franche et loyale collaboration afin de développer notre noble métier », a exhorté monsieur Barry.

Le chef de cabinet du gouvernorat de Faranah et représentant du gouverneur de la région à cette rencontre, a salué aussi le bon déroulement de cette assemblée générale. Ibrahima 2 Sylla a lancé également une invite à l’endroit des dirigeants du bureau régional des boulangers et pâtissiers de Faranah.

« Ce que je vais demander à l’équipe régionale, comme vous l’avez fait tout de suite, j’aurais souhaité humblement que de la même manière, l’équipe régionale se déplace dans ces 4 préfecture pour présenter aux autorités administratives et locales ceux qui sont chargés désormais de gérer le secteur du pain dans la région (…)

Avec cette organisation, je suis sûr qu’il y aura une amélioration de la qualité et de la quantité, et que cette amélioration de quantité et de qualité va être accompagnée de l’hygiène pour chacun d’entre nous. Car, celui qui fait le pain, s’il manque d’hygiène, celui qui consomme son pain peut être facilement contaminé et tout le monde sera ainsi contaminé », a-t-il espéré.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com
Tel : 00224 620 24 15 13

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Conakry : la magie et sa démystification au centre d’une conférence débat

31 mars 2019 à 10 10 48 03483

Le Palais du Peuple de Conakry a servi de cadre à une conférence débat portant sur la magie et ses démystifications. Cette conférence a été organisée par l’association Africa Magie Moderne Internationale (A.A.M.M.I), dans l’après-midi d’hier samedi, 30 mars 2019, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Animée par le professeur malien Mamadou Babou Niang, cette conférence débat a connu une forte mobilisation des communautés malienne, sénégalaise, et burkinabé vinant en Guinée. Devant un auditoire attentionné, le conférencier a cité plusieurs types de magies dont la magie blanche, celle noire, la sorcellerie…

Parlant de la magie noire qui est celle pratiquée en Afrique, le professeur Mamadou Babou Niang a interpellé l’assistance notamment sur les magiciens qui prétendent multiplier de l’argent. « Faites beaucoup attention. Dieu n’a pas confectionné l’argent, ce sont les êtres humains qui ont confectionné l’argent. Tant que tu ne travailles pas, tu ne peux pas avoir de l’argent.

Donc, le marabout qui te dit : si tu me donnes un million je vais te donner 100 milliards, d’où viendront les 100 milliards qu’il fait sortir ? Au lieu de prendre ton argent, pourquoi ne pas faire ces 100 milliards pour lui-même ? Donc la magie est basée sur les travaux sataniques. C’est des travaux sataniques basés sur le mensonge, sur l’escroquerie », a-t-il expliqué.

Le conférencier rappelle d’ailleurs que la magie est interdite par toutes les religions divines. Et, ajoute-t-il, « beaucoup de maladies sont de nos jours provoquées par la magie noire basée sur le secret du démon ».

Joignant la théorie à la pratique, le professeur Niang a fait plusieurs démonstrations pour démystifier et démentir les agissements des sorciers et autres marabouts et féticheurs à travers lesquels ils impressionnent et trompent les gens non-initiés.

Présent à cette conférence, la maire de Kaloum qui était la marraine de la rencontre, a salué cette initiative qui permet d’expliquer aux jeunes générations certaines valeurs culturelles africaines qui sont aujourd’hui abandonnées. « L’Afrique a perdu ses valeurs. Nous nous sommes rabattus complètement et entièrement sur l’occident en oubliant que nos valeurs ancestrales ont permis à nos aïeux d’être centenaire, de vivre longtemps et surtout de vivre en bonne santé », a déploré Aminata Touré.

La maire de la commune de Kaloum regrette que la mystification soit devenue quelque chose qui est courant en Guinée. Ce qui « cause d’énormes préjudices à l’égard des femmes notamment ».

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com
Tel: 620 589 527/654 416 922

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Causes, conséquences et prise en charge de la Constipation…Pr N’diouria Diallo dit tout à Guineematin

31 mars 2019 à 9 09 34 03343

La constipation, rareté ou difficulté de l’évacuation des matières fécales, est un réel problème de santé. De nombreux citoyens s’en plaignent à un moment où la question de l’hygiène alimentaire se pose avec acuité. Pour parler des causes de la constipation, de ses manifestations et de sa prise en charge, un reporter de Guineematin.com a rencontré Professeur Abdourahmane N’diouria Diallo, ce mercredi 27 mars 2019.

Ce médecin de renom est Professeur en hépato-gastro-entérologie, enseignant-chercheur à la Faculté de Médecine de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry depuis 1992, président de l’ONG SOS Hépatites-Guinée.

Guineematin.com : la constipation est un souci de santé qui revient régulièrement. Qu’est-ce que c’est ?

Pr Abdourahmane N’diouria Diallo : la constipation n’est pas une maladie. Elle est la manifestation d’une anomalie d’évacuation spontanée des selles. En termes simples, c’est la difficulté à évacuer les selles. Vous savez, le ventre constitue le deuxième cerveau de notre organisme, qui a au moins 200 millions de neurones. Le ventre abrite une colonie de bactéries dont l’activité a un impact sur la personnalité de l’individu, sur l’équilibre interne. Ces bactéries-là jouent un rôle fondamental dans la putréfaction et la fermentation des aliments. Elle peut aussi entrainer une suffocation avec une impression de mort imminente.

Guineematin.com : comment peut-on en arriver à une constipation ? Quel est le mécanisme ?

Pr Abdourahmane N’diouria Diallo : Dieu a fait de l’Homme une machine parfaite, qui a plusieurs organes ayant besoin de beaucoup d’énergie pour son fonctionnement normal. D’où la prise de repas, la prise de différents aliments énergétiques. Après la bouche, l’estomac, l’aliment digéré est absorbé dans les intestins sous forme de nutriments. Et, les résidus, les déchets non digérés qui en résultent subissent une putréfaction et une fermentation sous l’effet des bactéries avec formation de gaz. Il a été remarqué qu’en Europe, le transit peut durer 70 heures avec un poids de 150 grammes de selles.

En Afrique, il est dit que le transit dure en moyenne 36 heures avec un poids de 450 grammes de selles. Cette différence est liée à l’ingestion d’aliments avec des fibres non digestibles. En Afrique on mange en quantité, alors que les autres mangent en qualité. Le poids des selles varie selon les individus mais, surtout en fonction de ce qu’on mange. Les selles normales peuvent contenir jusqu’à 75 à 80 % d’eau, plus du mucus, des cellules intestinales, de la graisse, des protéines et autres, ayant tous échappé à la digestion. D’où la vraie définition scientifique de la constipation.

Donc, la constipation est essentiellement basée sur deux éléments : la fréquence de la défécation et la consistance des selles. Autrement dit, il est admis qu’il y a constipation, s’il y a une diminution de la fréquence des selles. Quand on fait moins de 3 selles par semaine, on est constipé. C’est-à-dire, quand on fait deux jours sans aller aux toilettes, on est constipé.

Ensuite, quand on une anomalie dans la consistance des selles, c’est-à-dire, des selles dures, des selles fragmentées, ou des selles en crottin, on est constipé. Puis, quand on a une défécation difficile, autrement il ya des efforts de poussée pour sortir les selles, on est aussi constipé. Quand on a une sensation de blocage incomplet, ou de blocage anorectal impliquant des manœuvres digitales, c’est-à-dire qu’on est obligé d’envoyer le doigt à côté de l’anus pour pousser la sortie des selles, c’est qu’on est constipé.

Guineematin.com : est-ce qu’on peut dire qu’il y a des degrés de constipation ?

Pr Abdourahmane N’diouria Diallo : on parle parfois de constipation de transit, caractérisée par un trouble de la progression des matières fécales dans le côlon, autrement dit le passage des matières fécales dans le côlon. Il y a aussi la constipation distale ou terminale, caractérisée par un trouble de l’évacuation au niveau du côlon, du sigmoïde ou du rectum.

La 3ème catégorie, c’est quand on a une anomalie du bol fécal. Donc, on parle de digestion normale, quand il y a arrivée normale d’une selle normale, dans un côlon normal. Maintenant, si la selle n’est pas normale, si l’arrivée de cette selle n’est pas normale, si le gros intestin dans lequel transitent ces selles n’est pas normale, vous aurez une constipation.

Guineematin.com : alors, est-ce qu’on peut se rendre compte soi-même qu’on est constipé ? Autrement dit, est-ce qu’il est facile de détecter une constipation ?

Pr Abdourahmane N’diouria Diallo : les spécialistes reconnaissent qu’il y a trois types de constipés. Il y a ceux qui croient l’être et qui ne le sont pas ; il y a ceux qui le sont, qui s’en plaignent et qui consultent les médecins ; et ceux qui le sont et qui ne s’en plaignent pas. Mais, il y a une forme atypique de constipation. C’est ce qu’on appelle la fausse diarrhée. C’est quand les matières fécales, au niveau de l’intestin, provoquent une irritation, une sortie de l’eau de la paroi du côlon qui va diluer les matières fécales.

C’est-à-dire, c’est quelqu’un qui est constipé, il fait deux semaines voire un mois, et les selles provoquent une hypersécrétion d’eau, une sorte de diarrhée, c’est ça la vraie constipation. C’est une fausse diarrhée, qui trompe les gens. Mais, c’est une vraie constipation. Donc, il faut être spécialiste pour savoir qu’une fausse diarrhée est une vraie constipation.

Guineematin.com : quelles sont les causes de la constipation ?

Pr Abdourahmane N’diouria Diallo : quand on a des affections thyroïdiennes, cela entraine des troubles de sécrétion de l’insuline, de la sécrétine, de l’adrénaline, ça perturbe la tonicité et il y a constipation. Il y a des lésions de la paroi du côlon qui entraînent des anomalies de la motricité, déclenchant une constipation. Quand il y a une tumeur bénigne ou maligne du côlon, quand il y a des infiltrations de la paroi, quand il y a des tumeurs externes… il y aura constipation.

Il y a également beaucoup de médicaments qui peuvent entraîner secondairement une constipation. C’est le cas de l’Atropine, qui est un antidouleur. Presque, tous les médicaments qu’on prend en Psychiatrie, contre la dépression, les sédatifs, les neuroleptiques, les opiacés. Il y a également les médicaments qu’on prend en cardiologie, en neurologie, contre le parkinson. Bref, tous ces médicaments-là peuvent donner secondairement une constipation.

Il y a aussi des maladies, quand on a par exemple des problèmes de sécrétion au niveau de la bouche, au niveau de l’estomac, au niveau du bulbe avec les sels biliaires qui permettent la digestion des protéines… Quand ces secrétions-là sont insuffisantes, minimes ou faibles, la digestion se fera difficilement. Les affections des organes de l’homme ou de la femme, comme la prostatite, une tumeur de la prostate, cela peut compresser le gros intestin par où passent les selles, quand une femme a des infections au niveau des annexes, de l’utérus, des ovaires,… ça peut entraîner une constipation.

La femme en grossesse aussi a une constipation par deux mécanismes : il y a un mécanisme mécanique, au fur et à mesure que l’enfant grandit, il va compresser le gros intestin ; mais, il y a un autre mécanisme hormonal, la progestérone. Les gens qui ne marchent pas, qui ne font pas de mouvement, qui sont alités, cela gêne la motricité de l’intestin. On peut parler aussi de l’état émotif du sujet. L’équilibre psychologique assure la motricité intestinale, quelqu’un qui est stressé, qui est émotif, qui est dépressif, ça entraîne une perturbation de la motricité intestinale.

On peut évoquer le cas des individus qui ne boivent pas beaucoup d’eau, quand il ne reçoit pas d’eau, cela va se répercuter sur les selles qui seront fragmentées, elles seront durs et cela ralenti la progression du bol fécal. Parmi les causes qu’on peut citer aussi, c’est les causes occasionnelles. Quelqu’un qui change ses habitudes alimentaires, quelqu’un qui change de logement, qui voyage, aura une constipation occasionnelle.

Quelqu’un qui fait une grève de la fin, quand il y a des calamités, des guerres civiles, il peut y avoir de constipation occasionnelle. Un malade qui a beaucoup de fièvre, parce qu’on perd de l’eau avec la fièvre, peut faire de la constipation occasionnelle. Les enfants nourris au biberon avec du lait de mauvaise qualité peut faire une constipation…

Guineematin.com : la constipation entraîne quoi finalement ?

Pr Abdourahmane N’diouria Diallo : à la longue, une constipation va donner une impression de gros ventre, avec une intolérance alimentaire, une gêne abdominale, des douleurs, une douleur sourde (le malade n’arrive pas à déterminer la douleur). Surtout, la constipation donne des maux de tête. Elle donne un vertige, une insomnie, une perte d’appétit, et en fin de compte, elle va aboutir à un amaigrissement. On peut également noter des conséquences psychosociales.

Les gens constipés ont une mauvaise haleine, leur bouche va sentir avec une haleine fétide. C’est des gens, soit ils sont rejetés, ou alors eux-mêmes ne fréquentent plus certains milieux, comme la mosquée, les lieux de travail, ça devient gênant. C’est un problème très sérieux. Quand on est constipé à la longue, ça entraine une fatigue sexuelle. Tout ceci peut entrainer des troubles psychologiques, sans compter les crampes, les sensations de masse électrique. Les selles dures peuvent aussi entrainer des fissures anales et ça fait très mal.

Guineematin.com : comment se fait la prise en charge d’un patient souffrant de constipation et quel conseil donnez-vous ?

Pr Abdourahmane N’diouria Diallo : l’objectif, c’est l’amélioration de la qualité de vie par l’amélioration du confort somatique et psychologique. On ne traite pas une constipation pour améliorer le dolichocôlon ou pour soigner une colite installée. Le malade constipé a besoin d’un interrogatoire, on doit l’accueillir correctement. L’interrogatoire doit être rigoureux : bien accueillir le malade, bien l’écouter, l’accepter avec toute la pudeur. Vous savez qu’en Afrique, les zones ano-génitales sont des sujets tabous.

Donc, pour parler de ça, il faut de la pudeur, il faut un tact, il faut le temps aussi. Il y en a qui n’aiment pas le mot constipé en public. Parfois, ils demandent même de sortir les assistants, parce que la constipation est liée aux gaz. Il faut ensuite trouver les facteurs déclenchant : c’est l’école, c’est le bac, c’est le diplôme, il n’y a pas de boulot, c’est l’aventure, c’est la polygamie, c’est des problèmes financiers… En Guinée, tout le monde est stressé : les enfants, les jeunes, les femmes, les hommes.

Donc, il faut rechercher et élimine le stress. Puis, les abus, les médicaments traditionnels, les médicaments importés, les pullules contraceptives chez les femmes. Après l’interrogatoire, le principe fondamental, c’est les règles d’hygiène diététique en première intention. Il faut un régime alimentaire normal. Il faut qu’on arrête de prendre 3 plats de riz par jour. Dans l’alimentation, il faut privilégier la qualité par rapport à la quantité. Il faut avoir un petit déjeuner de Roi, un déjeuner de Prince, mais le dîner pauvre.

Il faut dîner léger et très tôt, pas au delà du crépuscule. Ce qui est fondamental, l’individu doit prendre 1,5 à 2 litres d’eau par 24 heures. Il faut aussi se méfier des additifs comme cube Maggi. Il faut prendre 5 sortes de fruits et légumes par jour : papayes, ananas, pastèques, mangues, oranges… Il faut avoir un rythme alimentaire régulier, des repas pris à des heures fixes. En outre, il est très important de se mouvoir, de faire du sport. Il faut faire un sport non-violent.

Quelqu’un est victime de constipation, le premier reflexe à faire, c’est de choisir une heure fixe à laquelle il est présent à la maison, il va à la toilette à l’heure fixe, même s’il n’a pas envie de faire défécation. Il s’assoit sur le pot, mais sans journal, sans ordinateur, sans téléphone, sans calculatrice. Autrement dit, il ne faut pas calculer, ne penser qu’à une chose : faire sortir les selles. L’individu crée ce réflexe, l’entretien et le respecte pour toute la vie. Car, le stress et l’empressement sont les ennemis du transit…

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 17 99 17

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