Violences policières en Guinée : ce qu’en dit le porte-parole de la police

15 mars 2019 à 21 09 18 03183

La journée internationale de lutte contre les violences policières, quoique méconnue en Guinée, a été célébrée ce vendredi, 15 mars 2019. En Guinée, la police nationale n’a pas bonne presse aux yeux de très nombreux observateurs. Les violences policières, exercées sur des citoyens sans défense, sont récurrentes aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur du pays.

Mais, le contrôleur général de police Mamadou Camara, directeur central de la sécurité publique et porte-parole de cette institution, pense plutôt le contraire. Il l’a fait savoir ce vendredi, à l’occasion d’une interview a accordée à un de nos reporters.

Décryptage !

Guineematin.com : aujourd’hui, c’est la journée mondiale de lutte contre les violences policières. A cette occasion, nous avons rencontré des citoyens qui se plaignent de violences perpétrées par des agents de la police à Conakry. En tant que porte-parole de cette institution, quelle est votre réaction face à ces plaintes ?

Mamadou Camara : merci de m’avoir posé cette question et merci surtout pour le fait que nous revenions sur cette question très sensible. Je voudrais d’abord revenir en arrière pour vous dire que depuis 2010 et dans le cadre de la réforme du secteur de sécurité, la police a eu beaucoup de formations dans ce sens. Et nous avons eu à faire, dans le cadre de la réforme des services de sécurité, deux activités.

La première activité, c’est une réforme institutionnelle, et la deuxième activité menée c’est dans le cadre de la formation et de la sensibilisation des fonctionnaires de police qui évoluent non seulement dans les commissariats centraux mais aussi dans toutes les unités de police à travers la ville de Conakry. Je préciserai d’ailleurs qu’au jour d’aujourd’hui, la capitale Conakry a eu la chance d’abriter dans tous les sept (7) commissariats centraux la doctrine de police de proximité.

Donc, ceci est à l’actif du gouvernement mais aussi des partenaires techniques et financiers qui ont bien voulu accompagner le gouvernement guinéen et la police nationale particulièrement. Et, dans le cadre de la réforme institutionnelle, nous avons aujourd’hui des instruments qui sont à disposition des citoyens dans le cadre des violences policières. C’est autant vous dire que les responsables à tous les niveaux, chacun en ce qui le concerne, sait qu’aujourd’hui il y a une restructuration de l’inspection générale des services de police.

Cette inspection générale de police est là à l’écoute des citoyens mais aussi des policiers eux-mêmes. Parce qu’il se trouve souvent que certains policiers eux aussi sont victimes de la part des chefs. Mais, il se trouve également que certains citoyens aussi sont victimes de la part des chefs. Mais également, certains citoyens se trouvent être victimes des policiers. Donc cette institution a été suffisamment outillée dans ce sens pour recevoir les plaintes contre les policiers.

Et tout policier qui se comporterait mal vis-à-vis d’un citoyen ou qui serait auteur d’une violence contre un citoyen est passible devant cette institution qui est l’inspection générale des services de police. Et, bien que ce ne soit pas la seule institution qui est mise en place dans le cadre de la réforme, puisqu’il y a le conseil de discipline, toute chose qui n’existait pas avant.

Donc aujourd’hui, tout policier qui se comporterait très mal vis-à-vis d’un citoyen, ou qui se serait rendu coupable de violence policière à l’encontre d’un citoyen est passible devant le conseil de discipline qui peut prendre des décisions jusqu’à la radiation pure et simple. Donc, c’est autant vous dire aujourd’hui que c’est des trucs auxquels toutes les structures de la police veillent au grain. La violence policière au niveau de la police nationale est devenue une histoire.

Comme vous le savez, même si c’est un délinquant primaire ou endurci, quand il est pris pour des faits de criminalité sur le terrain, il n’est plus soumis à une violence policière. Comme vous le savez, on le dit souvent, que l’aveu n’est pas une preuve. Donc, on ne frappe plus dans les commissariats de police un citoyen pour qu’il avoue sa forfaiture, ni au niveau des unités, ni au niveau de n’importe quel service.

Ces violences sont révolues et n’existent plus. Et tout citoyen qui se sentirait victime de violence est libre de porter plainte contre le policier devant les institutions que je viens de vous citer, notamment il y a l’inspection générale des services de police, mais aussi il y a le conseil de discipline qui peut être saisi par le département par rapport au comportement indélicat d’un agent de police.

Guineematin.com : on sait quand même que la police n’a pas bonne presse aux yeux de l’opinion. D’un côté, il y a des agents de maintien d’ordre qui sont régulièrement pointés du doigt pour des agissements disproportionnés lors des manifestations de rue ; et de l’autre, il y a les agents de la police routière qui sont accusés de rackets et de violences sur les routes. Etes-vous conscients de cette situation ?

Mamadou Camara : oui, vous savez que tous ces instruments que je viens de vous citer ont été mis en place pour réprimer avec la dernière énergie le comportement indélicat de ces agents de police qui au cours des maintiens d’ordre, qui au cours de l’établissement de l’ordre, qui au cours de la régulation de la circulation, qui au cours des patrouilles, ils font des rackets. Nous en sommes conscients, il y a des brebis galeuses. Mais, je peux vous dire que c’est avec la dernière énergie que désormais les policiers sont réprimés par rapport à cet état de fait.

Je ne dis pas que ça n’existe pas, c’est vrai, il y a toujours des agents indélicats, mais ils le font à leurs risques et périls. Parce que, si un agent est pris dans ce cadre-là, rien n’empêche les instruments dont nous disposons aujourd’hui pour le faire passer devant le conseil de discipline. Parce que, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le directeur général de la police nationale et tout son staff traitent ces questions avec une tolérance zéro. Nous sommes là pour la sécurisation des personnes et de leurs biens.

Et, il est très mauvais que des policiers se comportent mal avec les citoyens. Et, ces éléments incontrôlés de fois qui peuvent surgir et qui peuvent agir sur les citoyens, nous mettons beaucoup d’instruments en place aujourd’hui pour que ces éléments soient repérés et qu’ils soient sanctionnés à la dimension de la forfaiture commise sur les citoyens. Et ce qu’il faut savoir aussi, certains citoyens ne peuvent pas avoir une bonne presse de la police.

Parce que vous savez que la police, entre-autres en plus de la sécurisation des personnes et de leurs biens, elle est chargée aussi de l’application des lois et des règlements. Alors, dire à quelqu’un d’évoluer dans la limite de sa liberté et l’interdire ou l’empêcher d’évoluer dans le spectre de la liberté d’une autre personne, ça fait mal.

Donc, cette mission d’application des règlements et des dispositions en vigueur en général fait mal à certains citoyens au point qu’ils ne voudront pas aimer la police. Par contre, il y a d’autres citoyens qui comprennent bien que la police est dans son rôle d’application des lois et des règlements mais aussi a l’obligation de la sécurisation des personnes et de leurs biens sans distinction de race ni d’ethnie.

Guineematin.com : dans cette restructuration dont vous venez de parler, est-ce qu’il y a par exemple des cours de droits de l’Homme qui sont dispensés aux agents de police ?

Mamadou Camara : ce que nous pouvons vous dire, il y a non seulement un bureau des droits de l’homme et des droits humanitaires au niveau de la police nationale. Ce bureau existe et il est animé par un officier de police qui, régulièrement, passe dans les unités de police pour réitérer ces notions de droits de l’homme et des droits humanitaires. Et à cela, il faut préciser que chaque fois que la police agit sur le terrain, nous avons un dispositif que nous mettons en place sur papier.

Et parmi les consignes que nous mettons dans ledit document, il y a le respect des droits de l’homme et des droits humanitaires qui est toujours mentionné en bonne et due forme. Donc ces dispositions sont prises pour indiquer aux agents qui sont sur le terrain que la hiérarchie tient au respect des Droits de l’homme. Et ce notions sont développées même actuellement à l’école de police.

Guineematon.com : vous dites que des sanctions sont prises contre des agents indélicats. Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’agents sanctionnés ?

Mamadou Camara : je ne peux pas vous citer nommément quelques exemples, mais je suis certain qu’il y a eu beaucoup de cas pour lesquels les sanctions ont été envisagées, lorsqu’un agent se met devant une infraction à la loi pénale. Aujourd’hui, nous avons plusieurs policiers que nous-mêmes nous avons déférés devant les tribunaux.

Récemment, il y a eu un policier au niveau du commissariat central de Coyah qui a été interpellé par le commissaire central de Coyah et qui a été déféré. En plus, il y a deux autres policiers et des officiers au niveau du commissariat central de Mafanco qui ont été interpellés et déférés par la police.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Violences policières en Guinée : des victimes témoignent

15 mars 2019 à 21 09 16 03163

En Europe et dans certains pays d’outre atlantique, le 15 Mars de chaque année est consacré à la célébration de la journée internationale de lutte contre les violences policières. En Guinée, cette journée est très peu connue et sa célébration n’est pas en mise en valeur. Cependant, le comportement des policiers à l’égard des citoyens, est loin d’être irréprochable.

Les brutalités policières sont manifestes et la plus part des victimes évitent de porter plainte par peur de représailles ou parce qu’ils n’ont pas foi à la justice, a appris un journaliste de Guineematin.com.

Dans la capitale Conakry, les violences policières sont surtout observées à l’occasion des manifestations politiques ou sociales. Lors des opérations de maintien de l’ordre public, les policiers sont souvent accusés d’usage excessif de la force.

Sur l’axe Cosa-Hamdallaye (les quartiers chauds lors manifestations), il n’est pas rare d’entendre des citoyens se plaindre des « excès » des forces de l’ordre. « Les policiers se sont introduits dans notre cour pour renverser nos marmites qui étaient au feu. Ils ont cassé les vitres de mon véhicule. Ils ont frappé mon vieux père. Les policiers ont jeté des cailloux sur nos fenêtres », entend-on dans les témoignages après chaque manifestation.

A l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences policières, ce Vendredi 15 Mars 2019, Guineematin.com est allé à la rencontre de certaines victimes de brutalités policières. Elhadj Amadou Tely Barry est un jeune étudiant. Il a pris une balle lors d’une manifestation d’élèves à Bambeto, alors qu’il était tranquillement assis derrière la concession familiale.

« Tout s’est passé très vite. Il y avait des jets de pierres entre des policiers et des jeunes au carrefour de Bambeto. Nous, on était ici (derrière leur cour), tranquillement assis, quand les agents ont commencé de tirer du gaz lacrymogène. C’est en ce moment aussi qu’on a tiré une balle qui m’a atteint.

On m’a immédiatement évacué à l’hôpital mère et enfant, puis à l’hôpital sino-guinéen de Kipé. Mais, le même jour, un autre jeune avait reçu une balle et un second a été intentionnellement fauché par un pick-up de la police », a-t-il expliqué.

Dans ce quartier (Bambeto) où les manifestations politiques ou sociales dégénèrent souvent, Elhadj Amadou Tely Barry indique que les populations sont traumatisées à l’effet de voir les agents des forces de l’ordre.

« Vous savez que les femmes ne peuvent pas courir. Et, quand il y a des manifestations, les jeunes viennent s’arrêter derrière la cour des gens. Quand ça dégénère, les jeunes s’en fuient dans le quartier. Les policiers les pourchassent, mais comme les jeunes sont très habiles, ils s’échappent toujours. Très énervés, les policiers jettent du gaz lacrymogènes dans les cours. Cela affecte beaucoup les femmes et les enfants.

Et, quand le calme revient, si tu n’as ta carte d’identité, en passant, on te bastonne, on prend tes téléphones et tout ce tu as dans tes poches. Et, si personne n’intervient pour toi, ils (les agents) te mettent dans leur pick-up… Ici, les gens sont traumatisés. Parce qu’en dehors des manifestations, ce sont les agents de la BAC (Brigade Anti-Criminalité) qui brigandent souvent les gens ici », a expliqué ce jeune étudiant.

De son côté, monsieur Mamadou Alpha Diallo vit encore avec les séquelles d’une violence policière dont il a été victime au cours de l’année 2015. C’était à l’occasion d’une manifestation de l’opposition guinéenne.

« J’ai été victime de part et d’autre. A chaque fois qu’il y a affrontement entre les jeunes et les policiers, ces derniers viennent faire des exactions à la maison. Ils cassent nos biens, ils blessent nos parents, ils frappent nos mamans et ils cassent tout ce qu’ils trouvent dans la concession…

Personnellement, c’est le 08 Février 2015, au lendemain d’un meeting de l’opposition, il y a eu une manifestation ici (à Bambeto). Je suis revenu du service et j’ai trouvé que les policiers étaient en lutte avec des jeunes. J’ai quand même réussit à entrer dans ma concession. Mais, quelques instants après, j’ai entendu ma maman pleurer. Quand je suis allé me renseigner, j’ai trouvé que les policiers ont cassé les fenêtres de la maison.

Ils ont détruit tout ce qui était dans la cour. Je suis resté là à consoler ma maman quand un agent, muni d’un lance grenade, est venu derrière moi. Il a voulu me cogner sur la nuque, mais heureusement pour moi, j’ai tourné la tête et j’ai envoyé le bras. J’ai eu une fracture fragmentée et luxation très importante… J’ai fait une intervention chirurgicale et un traitement à l’indigénat, mais jusqu’à présent, je ne peux pas me laver le visage avec ce bras là. Je vis encore avec cette infirmité…

Après moi, les policiers sont venus trouver mon père qui est âgé de plus de 80 ans, ils l’ont cogné avec une pierre sur la tête. Difficilement on a pu maîtriser le sang. C’est la poudre de café qu’on a utilisé, parce qu’on ne pouvait pas sortir. Ils ont aussi frappé mon jeune frère. Ce dernier a fait deux à trois mois avant de pouvoir s’asseoir…», a-t-il expliqué tout en précisant que les policiers profèrent des injures et des menaces de mort à chaque fois qu’ils interviennent à Bambeto.

A l’image de nos deux précédents interlocuteurs, nombreux sont les citoyens qui se plaignent de brutalités policières à Conakry. Cependant, pour des raisons justifiées ou non, la plus part des victimes ne portent pas plainte contre les auteurs présumés (policiers) des actes de violences. Certains craignent des représailles alors que d’autres ne font tout simplement pas confiance à la justice.

Mais, en ce qui le concerne, monsieur Mamadou Alpha Diallo dit avoir tenté vainement une action en justice. « Je suis allé à l’escadron de Hamdallaye, ils ont dit y a beaucoup d’agents là-bas. Donc, ils ne savent pas qui est l’auteur de mon agression. J’ai porté plainte contre X, mais comme il y a des gens qui sont en train d’être tués et rien n’est fait. Donc, celui qui a une fracture peut s’estimer heureux », a-t-il conclu.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Horoya-Orlando : « nous avons une finale en face de nous », dit Patrice Neveu

15 mars 2019 à 20 08 16 03163

Le Horoya AC de Conakry reçoit Orlando Pirates demain samedi, 16 mars 2019 à Conakry. Un match comptant pour la 6ème et dernière journée de la phase de groupes de la ligue des champions africaine. L’entraîneur du HAC qualifie cette rencontre de finale, en raison de ses enjeux pour les deux équipes. Patrice Neveu l’a dit en conférence de presse d’avant match, ce vendredi.

C’est bien sûr une finale que le Horoya AC et Orlando Pirates vont disputer ce samedi au stade du 28 septembre de Conakry. Car, les deux équipes peuvent, chacune, se qualifier pour les quarts de finale, selon le résultat de ce match. Patrice Neveu, l’entraîneur du Horoya, s’attend à un match difficile, mais il compte bien l’emporter.

« Nous avons une finale en face de nous, l’aspect tactique ne compte pas dans ce genre de matchs. Mais nous avons travaillé dur pour faire le résultat au terme de ce match. Mes joueurs et moi sommes conscients de ce qui nous attend. J’ai l’expérience de jouer des matchs à Conakry par le fait d’avoir été sélectionneur du syli, et j’espère que la qualification sera de notre côté », a déclaré le technicien français.

Engagement et optimisme, c’est ce qu’affiche aussi l’entraîneur d’Orlando Pirates. Le club sud-africain vient à Conakry avec l’objectif d’arracher la qualification. « Le Horoya et Orlando sont deux grandes institutions du football africain. Le Horoya est une équipe qui joue bien au ballon, qui a énormément de qualités sur le plan offensif que nous.

Mais aujourd’hui, notre ambition c’est de continuer la compétition, et pour le faire il nous faut gagner. Je suis venu avec toutes les ressources possibles, tous les atouts D’Orlando pour remporter la victoire », a laissé entendre Milton Stredovic.

A rappeler qu’au match aller, Orlando Pirates l’avait emporté (3-0) en Afrique du Sud. Pour ce retour, le Horoya tentera de prendre sa revanche. Le champion de Guinée qui est privé de deux de ses joueurs : Abou Mangué et Sebe Baffour, n’a besoin que d’un nul pour se qualifier.

Abdoul Aziz Sow pour Guineematin.com

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Droits des consommateurs en Guinée : « dire que tout va bien, c’est une grosse erreur »

15 mars 2019 à 18 06 35 03353

La journée internationale des droits des consommateurs a été célébrée ce vendredi, 15 mars 2019. Une journée qui intervient à un moment où les consommateurs guinéens sont à la croisée des chemins avec un marché inondé de produits impropres à la consommation. Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com, Ousmane Keïta, président de l’Union des Consommateurs de Guinée (UCG) a fait l’état des lieux dans notre pays.

Chaque 15 mars, l’humanité célèbre la journée internationale des droits des consommateurs. Une façon de montrer aux consommateurs qu’ils ont des droits qui sont à respecter.

En faisant l’état des lieux dans notre pays, Ousmane Keïta, président de l’Union des Consommateurs de Guinée, a dit que la situation est peu reluisante. « Parce qu’il y a beaucoup à faire dans tous les domaines, que ça soit dans le domaine de la téléphonie cellulaire, que ça soit dans le domaine de la sécurité alimentaire.

Il y a beaucoup de travail à faire, dire que tout va bien, c’est une grosse erreur. Mais, on va dire que les politiques, les stratégies et les moyens sont mis en œuvre par les différents acteurs tant au niveau du gouvernement que de la société civile pour que les choses aillent mieux ».

En ce qui concerne le respect des droits des consommateurs dans notre pays, Ousmane Keïta a souligné que cela est dû à la méconnaissance des droits par les consommateurs eux-mêmes. « Avant que ces droits ne soient respectés, il faut que ces droits soient connus. Nous estimons que le consommateur doit d’abord connaitre son droit. Pour dire que je suis lésé, c’est que tu connais.

Aujourd’hui, il y a beaucoup de plaintes sur la téléphonie cellulaire, beaucoup de consommateurs se plaignent pour nous dire attention, sur tel opérateur la communication va trop vite. Il le dit, mais il n’amène aucun justificatif. En ce moment-là, vous comprendrez que pour pouvoir prendre en compte sa requête, ça nous sera très difficile », a expliqué Ousmane Keïta.

Pour freiner cette méconnaissance de leurs droits par les consommateurs guinéens, Ousmane Keïta annonce qu’ils « vont faire la promotion des droits des consommateurs à travers une communication très pointue, que ça soit au niveau des médias ou en termes de sensibilisation. Une fois que chacun connait son droit, à partir de là, chacun pourra mieux se défendre. Donc, notre stratégie c’est de commencer par la promotion des droits des consommateurs ».

La question relative à l’arraisonnement puis la disparition d’un camion contenant de faux médicaments n’a pas été occultée par le président de l’Union des Consommateurs de Guinée. Ousmane Keita a précisé que c’est Medicrime qui est chargé de lutter contre les produits prohibés mais, il peut donner son avis. « Nous ne sommes pas policiers, nous nous battons pour l’intérêt des consommateurs. Nous ne connaissons pas réellement les tenants et les aboutissants dans cette action.

Tout ce que nous savons, c’est que d’après nos informations, ce camion a disparu dans l’enceinte de la Gendarmerie et que c’est un haut gradé de cette structure qui a été mis aux arrêts. S’il s’avère que ce haut gradé est impliqué dans ce cercle-là, je pense que des mesures coercitives seront prises très rapidement de façon à donner l’exemple aux autres autorités qui auraient l’intention de commettre de tel acte », souhaite-t-il.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Déguerpissement à Kipé 2 : témoignage émouvant d’une veuve, mère de 6 enfants

15 mars 2019 à 17 05 54 03543

L’impitoyable démolition en cours à Kaporo Rails et Kipé 2, dans la commue de Ratoma, a plongé les victimes dans la désolation. Parmi ces victimes, qui se comptent par milliers, le cas de madame Mouminatou Barry est exceptionnel. Veuve et mère de sept (6) enfants, la bonne femme est aujourd’hui désemparée après le passage des bulldozers du ministre, Dr Ibrahima Kourouma.

Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com, ce vendredi 15 mars 2019, madame Mouminatou Barry, refugiée chez son frère à Kissosso, est revenue sur sa mésaventure.

Depuis quelques jours, les bulldozers du ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire sont en action à Kaporo Rails et Kipé 2, des zones dites réserves foncières de l’Etat. Les populations de cette zone de Conakry ont été humiliées et chassées de leurs habitations par les autorités guinéennes sans aucune mesure d’accompagnement.

Parmi ces victimes, figure Mouminatou Barry, veuve et mère de six enfants, dont des élèves. Refugiée chez son frère à Kissosso, dans la commune de Matoto, elle ne sait plus à quel saint se vouer. « Mon feu mari avait construit des maisons pour nous à Kipé 2 vers les années 1998. Il s’agit d’un appartement de quatre chambres et salon, une douche et un magasin et un autre appartement de deux chambres et salon et une douche interne.

Vous remarquerez la tristesse dans laquelle je suis aujourd’hui. Mon mari est décédé il y a sept (7) ans, me laissant avec six enfants, dont certains sont à l’école. Aujourd’hui, mes enfants ne fréquentent plus l’école, la famille s’est éparpillée. Moi, je suis chez mon frère ici à Kissosso. Nous avons tout perdu, même nos places où nous vendions ont été détruites », a-t-elle dit, pleine de tristesse.

Devant les difficultés qu’elle connait aujourd’hui, Mouminatou Barry, très éprouvée et malade, demande l’appui des bonnes volontés. « Depuis la casse des maisons à Kipé 2, je suis très malade. J’ai subi un choc qui m’a rendu malade. Nous avons été victime d’une injustice. Nous implorons la grâce divine. Nous nous en remettons à Dieu pour l’injustice dont nous avons été victime de la part du gouvernement. Toute aide qui viendra des personnes de bonne volonté nous réjouira ».

Interrogé par notre reporter, Mamadou Dian Barry, frère ainé de madame Mouminatou Barry, a dit avoir appris avec douleur la casse du domicile de sa sœur. « Je suis un peu âgé aujourd’hui et je n’ai pas assez de moyens. Moi-même je suis en location ici à Conakry. Mais, ma sœur a eu un malheur, il est de mon obligation de la recevoir.

Nous allons manger ce que nous avons. C’est en Sierra Leone que son époux vivait, c’est de là-bas qu’il est venu construire. Il est mort, si le gouvernement n’a pas eu autre choix de venir casser leur maison, nous nous remettons au bon Dieu, seul Lui pourra effacer cette injustice », a-t-il laissé entendre.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Exécution des décisions de justice : le Procureur de Siguiri en conclave avec les huissiers

15 mars 2019 à 16 04 53 03533

Le parquet du Tribunal de Première Instance de Siguiri a rencontré les huissiers de justice de la préfecture ce vendredi, 15 mars 2019. La démarche visait à échanger autour de la problématique de l’exécution des décisions de justice, des modalités de signification et exécution des décisions de justice, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

C’est le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Siguiri, Alghassimou Diallo, qui a eu cette initiative. Cette rencontre est consécutive à une plainte des justiciables sur les huissiers.

Durant une longue heure, monsieur Diallo a rappelé aux huissiers le caractère professionnel que doit revêtir leurs actions sur le terrain. « Quand les gens se résignent à saisir le tribunal, malgré le mal qu’ils auraient fait par endroit, s’ils se résignent à saisir et que le tribunal décide, la meilleure façon de rendre justice à ce monsieur qui a exercé un droit citoyen, c’est d’exécuter la décision de justice.

Et, c’est vous qui exécutez les décisions de justice. Je suis conscient de la mauvaise foi de certains citoyens à ne pas prendre vos actes. Mais, il faudrait que vous faites violence sur vous-mêmes, comme c’est vous les professionnels, pour ne pas que le citoyen perde ses droits par votre faute. Je ne peux pas vous apprendre comment vous devriez signifier ou notifier, c’est votre travail, c’est votre quotidien », a laissé entendre le procureur.

Pour Alghassimou Diallo, les huissiers doivent faire preuve de pédagogie, d’autant plus qu’ils ont à faire à des citoyens analphabètes. « Nous devions faire en sorte que, si les citoyens doivent perdre les droits, que ça soit leur fait, cela ne doit être notre fait, les professionnels que nous sommes.

Pour ce qui est de l’exécution des décisions de justice, comme nous avons à faire avec des populations qui ne sont pas allées à l’école, il faudrait que la décision, avant l’exécution, qu’elle soit notifiée à toutes les structures de base : le chef de secteur, le chef de quartier et le maire doivent être notifiés de l’exécution. Vous devriez être pédagogiques », a conseillé le procureur.

Un des huissiers, en la personne de maître Karamo Camara, a promis de faire preuve de professionnalisme avant de déplorer l’attitude de certaines autorités. « Nous vous remercions pour cet entretien et nous vous promettons que nous ferons preuve de professionnalisme, comme vous le souhaitez. Mais, nous avons des problèmes sur le terrain pendant l’exécution. Dès fois, les autorités s’opposent à l’exécution », a fait savoir l’huissier de justice.

De Siguiri, Bérété Lanceï Condé pour Guineematin.com

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Prix de l’Excellence : 10 professionnels de santé distingués pour leur combat quotidien

15 mars 2019 à 16 04 02 03023

Dix (10) professionnels de la santé ont reçu des satisfecits hier jeudi, 14 mars 2019, des mains de l’ONG La Tabala. La remise de ces prix de l’Excellence Dr Gabriel Sultan a eu lieu dans la salle des fêtes de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, en présence de certaines personnalités et de plusieurs étudiants des Facultés de Médecine et de Pharmacie de cette Université, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est à la suite d’une enquête que l’ONG La Tabala a menée dans plusieurs structures sanitaires, en 2018, que ces dix (10) professionnels de santé ont été distingués. Il s’agit de cinq (5) médecins, trois (3) pharmaciens, un (1) laborantin et un (1) infirmier. Une initiative de l’ONG La Tabala qui s’inscrit dans le cade de son programme d’appui à l’amélioration du système de santé en Guinée.

Pour Abdoulaye Kaba, président de ladite ONG, la remise de ce Prix d’excellence, Dr Gabriel Sultan est un signe de reconnaissance, de récompense et de motivation pour les personnalités qui se sont distinguées dans leurs services respectifs. « Vous avez vu dans l’historique, Dr Gabriel Sultan est un homme qui a consacré toute sa vie non seulement à promouvoir la santé en Guinée, mais aussi le bien-être des guinéens.

Donc, nous avons mené des enquêtes autour des personnalités de la médecine. Et les enquêtes ont révélé que cet homme a fait quelque chose qui est différent des autres. Puis, nous avons trouvé que des personnalités se sont fait remarquer positivement dans leurs différents services.

C’est pourquoi, nous avons voulu, dans le cadre de la promotion du système de santé en République de Guinée, décerner un prix au nom d’un homme qui s’est investi en faveur de la santé des populations guinéennes, à des personnalités qui ont aussi preuve d’excellence dans leur travail », a fait savoir monsieur Kaba.

Par ailleurs, le président de l’ONG, lui-même bénéficiaire d’un satisfecit donné par le CNOSCG pour ses innovations, a fait ressortir les perspectives. « D’abord, nous allons mettre en place un conseil consultatif qui va amender les critères de choix pour les prochaines enquêtes, puisque nous, nous sommes là comme un organe de propagande, nous allons faire la propagande.

Ensuite, toujours dans le cadre de la promotion de la santé, nous avons mis en place une commission qui travaille actuellement sur un projet portant sur le respect de l’éthique, de la déontologie et de la responsabilité médicale dans le structures sanitaires du pays », a expliqué Abdoulaye Kaba.

Dans la foulée, Dr Dansa Kourouma, président du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG), a indiqué qu’on ne peut pas mettre en place un système de santé robuste sans investir dans l’éducation de la population. « C’est pourquoi nous société civile, nous estimons que la Guinée n’est pas malade parce qu’il n’y pas de médecins. La Guinée est malade parce que l’environnement n’est pas propre. Alors, promouvoir la santé, promouvoir les médecins, distinguer les médecins, c’est une façon de redonner à la société son rôle…

Parce que, plus vous éduquez la population, plus la promotion de la santé trouve du terrain. Donc, une fois encore nous, nous estimons que, c’est une analyse déjà faite par l’OMS, les médecins et les hôpitaux n’interviennent dans l’offre, dans la santé que dans l’ordre de 15 à 17 % des cas. Vous vous imaginez, 45 % c’est l’environnement, c’est l’eau potable et c’est l’habitude de vie », a fait savoir Dr Dansa Kourouma.

Cependant, le président du CNOSC a déploré le fait que les personnalités ayant excellé dans leurs domaines ne soient reconnues qu’après leur mort. « La Guinée a des problèmes. Les Guinéens ne célèbrent que les morts. Quand on est vivant, vos mérites sont bafoués. La culture de l’excellence passe inévitablement par la reconnaissance du mérite de quelqu’un à son vivant.

Il ne faut pas attendre qu’on soit allongé au palais du peuple pour faire des symposiums ronflants. Il faut reconnaître ses mérites à son vivant, ça aura de l’influence sur son espérance de vie. Et ça va l’aider à amplifier les bonnes actions. Mais, si vous le faites après sa mort, cela s’appelle tout simplement de l’hypocrisie », a déploré Dansa Kourouma.

A noter que les récipiendaires ont remercié les l’ONG La Tabala, structure organisatrice de l’événement, et ont promis de s’investir davantage dans l’amélioration et le renforcement du système de santé de la République de Guinée.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Boké : le conseil communal adopte un budget annuel de plus de 5 milliards de francs

15 mars 2019 à 15 03 25 03253

La session ordinaire du conseil communal de Boké a pris fin hier jeudi, 14 mars 2019, dans les locaux de l’hôtel de ville. Pendant trois jours, les conseillers communaux se sont penchés sur le budget de la commune au compte de l’année 2019, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Le procès-verbal de délibération a été lu par le secrétaire général de la commune, Elhadj Nouhan Kaba. « Au titre du budget communal, exercice 2019, les conseillers communaux, après discussions et amendements, ont adopté le projet de budget communal 2019, équilibré en recettes et en dépenses, à un montant de cinq milliards deux cent soixante douze millions six cent quatre-vingt quatorze mille neuf cent quatre vingt quatorze (5.272.694.994) GNF ».

Selon nos informations, à la suite des trois jours de débats, la session budgétaire a abouti à des recommandations, exposées par le secrétaire général de la commune, Elhadj Nouhan Kaba : « mettre en place les commissions techniques de travail au sein du conseil communal ; faire payer aux transporteurs de sable et ceux des personnels de société une taxe journalière; aménager les cimetières ; valoriser les sites touristiques, etc » .

Dans son intervention, le maire de la commune urbaine de Boké, Mamadouba Tawel Camara, appelle les citoyens à une meilleure collaboration pour permettre aux élus locaux d’atteindre leurs objectifs. Il a également demandé à la communauté de payer les taxes pour permettre le bon fonctionnement de la mairie. «Le développement incombe à chacun des citoyens et citoyennes de la commune urbaine. Il faudrait que chacun accepte de payer les taxes, les droits de marché. C’est comme cela que tout le monde participe en même temps au développement de notre Boké natal », a laissé entende le maire.

C’est le directeur du cabinet du gouvernorat de Boké qui a présidé la cérémonie. Dans son allocution, Elhadj Baba Dramé a demandé aux conseillers de relever le défi en travaillant la main dans la main pour le développement de la commune. « Le budget, c’est l’évaluation de ce que vous entendez obtenir pour une année, qu’on appelle les recettes et ce que vous entendez prévoir en dépenses.

Pour le moment tout est prévisions. Pour que cela soit des réalisations, il faut la participation de chacun d’entre vous. Sans le langage commun, ce budget ne sera que théorique. Alors, je vous invite tous à l’union, pour faire de ce budget une réalité », a-t-il conseillé.

De Boké, Abdourahmane N’Diaré Diallo pour Guineeemtain.com

Tél : 628 98 49 38

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Jacques Gbonimy tacle Alfred Mathos : « c’est un jeu de perdant qu’il est en train de faire »

15 mars 2019 à 13 01 13 03133

Une guerre de leadership divise en ce moment le parti de Feu Jean Marie Doré, l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG). Le mandat de maître Jean Alfred Mathos a été écourté lors d’un congrès organisé le 03 mars 2019 à Conakry. Les congressistes ont mis à la tête du parti, Jacques Gbonimy, ancien commissaire à la CENI. Depuis, les deux hommes ne tissent pas le même coton et chacun revendique la tête du parti.

Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com, hier jeudi 14 mars 2019, Jacques Gbonimy est resté formel sur le fait qu’il est désormais le seul président de l’UPG. Il attend la validation de son élection par le Ministère de l’Administration et de la Décentralisation.

Guineematin.com : le mercredi dernier, votre challenger, maître Jean Alfred Mathos, était ici au siège de l’UPG. Il a dit qu’il demeure le président légitime de l’UPG. Que répondez-vous ?

Jacques Gbonimy : c’est aussi simple. Il y a eu un congrès ordinaire qui l’a élu en 2016 et, depuis ces deux ans et demi, rien n’a été fait. Ceux qui l’avaient élu ont décidé encore d’aller à un congrès extraordinaire pour renouveler les structures du parti. Il était d’accord et j’ai été élu président à l’issue de ce congrès-là. Je crois qu’il est en train de distraire le peuple. Ce qui est clair, je suis le président de l’UPG et on attend le papier du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation qui va valider ce congrès.

Tout ce qu’il raconte, c’est sur les ondes et c’est dans le quartier. Hier il a regroupé un monde ici. Depuis qu’il est là, on n’a jamais vu un mouvement de soutien derrière, pendant même sa mandature. Les élections communales sont passées, on n’a pas vu un mouvement de soutien après lui, ce n’est pas maintenant qu’il a des problèmes qu’il va payer des groupes folkloriques pour dire qu’il a un mouvement de soutien.

Guineematin.com : Jean Alfred Mathos soutient que son mandat n’est pas arrivé à terme et qu’il n’y avait pas nécessité d’organiser un congrès. N’a-t-il pas raison ?

Jacques Gbonimy : c’est par ignorance des textes fondamentaux de l’UPG. Les textes sont clairs. A l’article 43, il est dit que le bureau politique peut, sous son initiative, convoquer un congrès ordinaire ou extraordinaire et également, à l’initiative de 1/3 des sections on peut aller à un congrès extraordinaire. Le congrès peut être simplement pour discuter des problèmes ou il peut être électif. C’est ce qui est arrivé. Tous les congressistes étaient d’accord pour aller aux élections.

Guineematin.com : est-ce que le quorum avait été atteint lors du congrès qui vous a porté à la tête de l’UPG ?

Jacques Gbonimy : sur 32 sections, 23 étaient présentes. Le quorum était largement atteint. Sur les 35 membres du bureau politique, dont une dizaine ne venait plus aux réunions, il y avait 19 présents. Parce que quand les gens ont appris qu’il y a congrès, beaucoup sont venus. Dix-neuf personnes ont émargé dans nos pages ici. Le problème n’est pas là, c’est de voir quel est son bilan depuis les deux années et demi.

Guineematin.com : qu’est-ce que vous reprochez concrètement à Jean Alfred Mathos ?

Jacques Gbonimy : le parti lui reproche d’abord la léthargie du bureau politique qu’il a dirigé. Le mauvais résultat des élections communales et lui personnellement sa présence en tant que deuxième conseiller de l’UFR dans la commune de Ratoma. Un président d’un parti ne peut pas être conseiller aux élections communales d’un autre parti. S’il avait à présenter une liste, pourquoi ne pas présenter une liste de l’UPG ? Il dit partout que c’est pour mobiliser les militants pour que le parti soit présent à Conakry.

Ce n’est pas la première fois que l’UPG présente des listes à Conakry. Les élections de 2005, moi j’étais candidat de l’UPG sur une liste communale à Matoto. Et cette fois-ci, ce n’est même pas l’UPG, c’est l’UFR qui a présenté une liste et lui en tant que président du parti UPG, il est allé être deuxième sur la liste. Il n’est même pas premier, c’est vraiment par méconnaissance de la vie politique. Sans quoi, il ne devait pas rabaisser notre parti jusqu’à ce niveau.

Guineematin.com : que comptez-vous faire pour le parti avec ce bicéphalisme ?

Jacques Gbonimy : non, il n’y a pas de bicéphalisme, il s’agite. C’est un congrès qui l’a élu, c’est ce même congrès qui m’a élu. Nous sommes des légalistes, on attend la réponse du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation parce que le rapport du congrès a été déposé au ministère. C’est le ministère de tutelle qui prend toutes les décisions par rapport aux partis politiques.

Guineematin.com : est-ce qu’il y a une médiation en cours pour aplanir les divergences ?

Jacques Gbonimy : il y a la famille Doré, par son représentant, qui nous a invités à une concertation le samedi prochain. On attend de voir ce qui va se passer là-bas. Aucune médiation sur le plan politique.

Guineematin.com : si la famille Doré vous demandait de céder face à Alfred Mathos, quelle sera votre réaction ?

Jacques Gbonimy : céder par rapport à quoi ? Ils vont se baser sur quoi pour me dire de céder ? Celui qui est élu maintenant, c’est lui qu’on doit suivre. S’ils ne veulent pas, maintenant on attendra les textes légaux.

Guineematin.com : est-ce que vous envisagez l’option judiciaire ?

Jacques Gbonimy : peut-être c’est lui (Alfred Mathos) qui va aller à l’option judiciaire. Mais, c’est d’abord le MATD qui gère les partis politiques, les affaires politiques se gèrent au ministère de l’Administration du territoire. Ce n’est pas à la justice.

Guineematin.com : quel est votre message à l’endroit des militants de l’UPG ?

Jacques Gbonimy : je demande aux militants de rester sereins et que la situation va se normaliser et nous allons aller à l’essentiel. La distraction-là va finir un jour. C’est un jeu de perdant qu’il est en train de faire. Sa médiatisation, aller de radio en radio, les problèmes ne se règlent pas là-bas. C’est pour simplement peut-être expliquer ou se faire entendre, mais il y a des choses qu’on lui reproche et que ça devait peut-être se régler au sein du parti, mais pas sur les médias.

Interview réalisée par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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3ème mandat pour Alpha Condé ? « ce sera une erreur monumentale », avertit Kabèlè Camara

15 mars 2019 à 12 12 24 03243

La question du 3ème mandat est aujourd’hui sur toutes les lèvres en Guinée. Même si le principal concerné, le professeur Alpha Condé, ne s’est pas encore ouvertement prononcé sur la question, mais il y a des signes qui trompent pas. D’ici là, des voix s’élèvent pour clouer au pilori les agitateurs et autres promoteurs d’une modification de la Constitution en faveur de l’actuel locataire du palais Sékhoutouréyah.

Parmi les nombreux adversaires de cette idée, figure maître Abdoul Kabèlè Camara, président du parti Rassemblement Guinéen pour le Développement (RGD). Dans une interview accordée à un reporter de Guineematin.com, maître Kabèlè a dit tout le mal qu’il pense de cette question.

Guineematin.com : vous multipliez les rencontres avec les acteurs politiques guinéens. Après Cellou Dalein et Sidya Touré, on vous a vu avec Dr Faya Millimouno. Quel est l’objectif de ces rencontres ?

Abdoul Kabèlè Camara : le Rassemblement Guinéen pour le Développement (RGD) a élaboré un calendrier de visite à l’intention de tous les partis politiques, progressistes, patriotes, qui sont en train de se battre pour la consolidation des acquis démocratiques ; mais surtout pour l’alternance démocratique en Guinée, en un mot, pour la consolidation et la préservation de notre Constitution.

Le RGD se fait le devoir de rendre visite à tous les partis politiques, sans exclusion, et leur adresser ce message de large coalition de l’ensemble des partis politiques, non pas pour se dresser contre un parti ou un homme ; mais simplement, dans l’intérêt exclusif et supérieur de notre pays et de nos braves populations qui ont besoin de paix, de justice, de sécurité et qui ont besoin de sortir de la pauvreté. Ces rencontres s’inscrivent dans ce sens. Qu’est-ce qui est essentiel pour nous aujourd’hui en Guinée ?

Quelque soit nos sensibilités politiques, nous devons nous lever tous pour mener une action commune : celle de la préservation de notre Constitution. Il ne faut pas y toucher, il ne faut pas tenter de violer la Constitution, notamment les dispositions des articles 27 et 154. La Constitution, émanation de l’œuvre du CNT, qu’elle soit bonne ou mauvaise, est une Constitution qui nous a permis de gérer notre nation pendant presque bientôt 10 ans, depuis l’arrivée du président en exercice.

Donc, si cette Constitution était considérée comme mauvaise, dès 2011, on aurait dû lancer le processus de changement. Maintenant, il y a tout un programme qui attend les guinéens. Les élections législatives ne sont pas organisées, le mandat des députés a expiré. D’ailleurs, on s’est amusé à faire proroger ce mandat de façon illimitée parce qu’aucune date précise n’a été fixée pour la fin de cette prorogation. Les élections présidentielles sont à nos portes.

D’ici un an et demi, on doit organiser ces élections, c’est la fin du mandat du Président de la République. Devons-nous rester les bras croisés et regarder faire ? Ou faut-il se lever, lancer l’alerte au maximum pour que la loi soit respectée dans ce pays à commencer par la loi fondamentale qui est la constitution guinéenne ?

Donc, c’est pour cette raison que le RGD s’est levé pour conduire des missions de prise de contact avec les autres partis politiques, les anciens, les plus jeunes, toutes les forces vives pour que nous puissions parler le même langage et entreprendre la même action. Je le dis, et en connaissance de cause, que certains sont en train de manœuvrer pour faire admettre l’idée d’un changement de la Constitution.

Nous le savons, nous connaissons les démarches qui sont en train d’être entreprises en ce moment, en coulisse : on distribue de l’argent, nous le savons. Un groupe de femmes est contacté, des groupes de jeunes sont mis sur le chantier pour essayer de distiller cette information concernant le 3ème mandat. Ça sera une erreur monumentale, parce que c’est la meilleure façon de trahir la confiance du peuple de Guinée.

Guineematin.com : qui soupçonnez-vous être derrière ces manœuvres ? Le président de la République ?

Abdoul Kabèlè Camara : mais c’est lui qui a intérêt.

Guineematin.com : selon vous, qui a intérêt à soutenir ces manœuvres ?

Abdoul Kabèlè Camara : mais, c’est celui qui a intérêt. Ecoutez ! L’alternance démocratique, à mon avis, tout le monde en a besoin. Tous les partis politiques, même le RPG a besoin d’alternance. Si nous voulons parler d’une démocratie réelle, même le président de la République actuellement en fonction a besoin d’alternance démocratique puisque, lui-même a toujours souhaité cette alternance démocratique pendant tout le combat politique qu’il a mené du temps du général Lansana Conté et avant lui.

Je pense que c’est un constat. Il a toujours parlé de démocratie, de justice. Le cas échéant, il devra être celui-là qui sera sur la première ligne de combat pour défendre la démocratie, la Constitution. Ne pas toucher à la durée du mandat : un mandat renouvelable une fois et en aucun cas, les deux mandats ne peuvent être dépassés. Donc, celui-là qui s’est battu pendant des années ne devra pas être aujourd’hui sur la première ligne pour violer la Constitution, pour organiser une fraude à la Constitution.

Il ne le fera pas, je suis sûr et certain. Mais, il y a certaines personnes mal intentionnées tout simplement pour des besoins que nous connaissons tous parce qu’ils sont accrochés à l’Etat, ils tentent de lui faire croire que le 3ème mandat est possible. C’est une erreur grave, une trahison, une fraude à la Constitution qui va être organisée.

A cause de cela, le peuple sera là devant et nous tirerons les fondements de la mobilisation du peuple : des dispositions des traités internationaux, des directives de l’UA, de la CEDEAO et également du droit international. C’est très simple et c’est pourquoi dans certains pays, la désobéissance civile est organisée.

Guineematin.com : pensez-vous qu’une telle action va être enclenchée ici aussi ?

Abdoul Kabèlè Camara : bien sûr, parce que le peuple de Guinée ne l’acceptera pas. C’est ma conviction profonde et c’est ce que les sondages ressortent aujourd’hui.

Guineematin.com : est-ce que vous travaillez dans ce sens ?

Me Abdoul Kabèlè Camara : le Président lui-même n’a qu’à faire le sondage au niveau de la population. Il comprendra que le peuple de Guinée n’acceptera pas un 3ème mandat, il n’acceptera pas un changement de Constitution. Il n’y a que des gens mal intentionnés qui, pour des besoins qui leur sont propres, tentent de distiller cette information. Mais, le peuple de Guinée, dans sa grande majorité, est contre. Et, c’est un couteau à double tranchant.

A supposer qu’ils organisent un référendum, si le NON l’emporte, il sera en ce moment l’artisan de son propre départ de la présidence parce qu’il aura été désavoué par le peuple. Et, quand un Président est désavoué, il n’a plus aucun intérêt à rester en fonction. Il organise des élections présidentielles le plus rapidement pour dire au revoir au peuple.

Nous souhaitons que le Président en exercice sorte grandi de ses deux mandats et qu’il puisse passer le relais à d’autres dignes fils du pays et assurer ainsi la continuité et préserver de la manière la plus exemplaire en Afrique de l’alternance démocratique. Le Sénégal vient d’être cité comme exemple, pourquoi pas la Guinée ? Le Mali, le Niger, la Côte d’Ivoire, pourquoi pas la Guinée ? Dans notre sous région, les exemples font légion.

Guineematin.com : vous avez parlé d’une grande coalition des acteurs politiques pour barrer la route au Président de la République au cas où il serait tenté de rester au pouvoir après 2020. Mais, on voit que déjà l’opposition est divisée avec d’un côté l’Opposition Républicaine et de l’autre, la Convergence de l’Opposition Démocratique. Dans quel camp on peut classer votre parti ?

Abdoul Kabèlè Camara : l’opposition n’est pas divisée. Sur ce chapitre, nous défendons la même cause, la Constitution guinéenne. C’est à la portée de tout le monde. On peut avoir des sensibilités différentes. Quand les élections législatives arriveront, il y aura concertation entre les partis politiques. Les partis élaboreront des chartes communes. A l’occasion des élections présidentielles, les partis qui pensent qu’ils peuvent s’unir pour aller vers les élections présidentielles, il n’y a aucun problème. Donc ça, ce n’est pas la division.

Mais aujourd’hui, qui touche à la Constitution, touche aux guinéens, quelque soit leur sensibilité, y compris le RPG. Le RPG défend les principes démocratiques à ce que je sache. Donc, le RPG aussi a intérêt à défendre la consolidation et la préservation de la Constitution. Je le dis et je le répète, tant qu’aussi longtemps, on n’appliquera pas correctement les lois et les règlements intérieurs, notre pays va prendre du recul. Il n’y aura pas de démocratie.

Regardez, quand un président issu d’un parti et qui a été candidat de ce parti, il devient élu. Normalement, il doit quitter la scène politique. Il doit s’éloigner des tendances politiques puisqu’il est de facto, le Président de tous les guinéens. Mais, à quoi on assiste ici en Guinée ? Un Président est élu, normalement il doit passer le relai à un autre secrétaire général ou à un président, lui ne devrait plus aller animer les conférences du parti au siège puisqu’il est le Président de tous les guinéens.

En y allant, il fait de la stigmatisation, provoque la division, la préférence d’une fraction du peuple par rapport à une autre. Donc, c’est de l’injustice. C’est la violation de tous les principes fondamentaux. Le Président doit s’éloigner de toutes les tendances et rester à équidistance des partis. Bien entendu, c’est un être humain et il a été porté à la tête de l’Etat non pas par son parti seulement. Il est élu par le peuple de Guinée au suffrage universel. Son parti n’est pas un parti majoritaire. La preuve, au 1er tour de 2010, quel était son pourcentage ?

C’est la coalition de plusieurs groupes de guinéens patriotes qui l’a porté au pouvoir. En conséquence, il doit rester à équidistance. Mais, il ne le fait pas. Il est au RPG, anime les réunions du RPG, donne des directives au RPG, souvent contre les autres partis. C’est une prise de position systématique en violation flagrante des règles élémentaires de la démocratie. Monsieur le Président de la République doit arrêter de telles manœuvres politiques.

Il doit mettre fin à cela d’ici la fin de son mandat en 2020. Si non, sa situation pourrait s’aggraver, il va quitter la scène politique de façon catastrophique. Parce qu’on n’aura pas reconnu l’homme du peuple qu’il se prônait avant 2010, l’homme de la démocratie, de la justice qu’il se réclamait. Ce serait en ce moment la violation de ses propres aspirations.

Guineematin.com : est-ce que depuis que vous avez quitté le gouvernement vous avez rencontré le Président Alpha Condé ?

Me Abdoul Kabèlè Camara : non. Pourquoi le rencontrer ? Je ne suis pas du genre à aller faire le salamalec à un Président qui a limogé un ministre, ou bien aller encore se mettre à genoux pour demander un poste. Quand je suis rentré en Guinée en 1990, j’ai décidé de travailler dans la profession libérale. Travailler pour moi-même, c’est pourquoi j’ai opté pour le barreau. Je suis devenu avocat après la magistrature au Sénégal. J’ai gardé mon indépendance et je garde cette indépendance encore. Ceux qui pensent que maître Kabèlè peut aller courir pour demander de poste, ils se trompent.

Je suis en rupture avec une telle personnalité et ceux-là aussi qui pensent qu’avec maître Kabèlè, le RGD travaille pour un parti politique, fut-il le RPG ou pour un autre, fut-il un Président Alpha Condé, ils se trompent. Maître Kabèlè n’est dépendant de personne. Il ne dépend que de Dieu, il a foi en Dieu et il est profondément musulman. Personne ne peut me manipuler et je ne manipulerais jamais le RGD au bénéfice d’un autre groupe. Le RGD est un parti comme le RPG, l’UFDG, l’UFR, le BL et les autres partis. Tous ceux qui partageront le même idéal que nous, je leur tendrai la main.

Mais, nous ne serons dépendants de personne. Nous garderons notre dignité, notre personnalité. Mais, nous travaillerons avec tous les patriotes. C’est pourquoi, nous avons organisé ces séries de rencontre pour d’abord féliciter et encourager les anciens qui sont sur le terrain pour toutes les actions qu’ils ont mené pendant des années ; mais, en même temps leur dire qu’il y a une urgence puisque de l’autre côté, la sauce est en train de prendre forme.

Donc, il faut que de toute urgence, nous nous levons pour dire attention, ce que vous êtes en train de préparer, nous sommes au courant. Nous connaissons toutes vos démarches, de nuit comme de jour. Nous connaissons vos stratégies et vos hommes d’ailleurs que vous êtes en train d’envoyer sur le terrain sont très maladroits parce qu’ils ne savent pas interpréter ce que vous voulez dire. Donc, faites attention et nous nous lèverons pour dénoncer des telles manœuvres.

Il faut préserver la Constitution. C’est un droit et tous les guinéens doivent dire NON au changement de Constitution et NON au 3ème mandat. Et le RGD mènera ce combat avec tous les patriotes, quelque soit leur tendance politique, leur sensibilité. L’essentiel, c’est la défense de la Constitution. C’est ce qui peut unir tous les partis politiques progressistes, y compris le RPG, s’il prône l’alternance en son sein.

Guineematin.com : parlons du déguerpissement en cours à Kaporo Rails et à Kipé 2. En tant qu’homme de Droit, quel regard portez-vous sur cette situation ?

Me Abdoul Kabèlè Camara : c’est vraiment malheureux. En Guinée, depuis plusieurs décennies, on ne prend jamais les choses par le bon bout. A supposer que ceux-là qui sont concernés par le cas de Kaporo Rails soient dans l’illégalité, l’illégalité qui n’est pas leur fait, parce qu’ils ont obtenu des documents administratifs pour s’y installer. Il y a sûrement des gens qui les ont autorisés à occuper ces domaines. Ils se sont installés, même s’il n’y a pas de fondement juridique dans l’occupation de ces domaines.

Mais, ce sont des citoyens guinéens, l’Etat a l’obligation des les écouter, de les comprendre et surtout en plein milieu scolaire, de trouver la solution idoine pour soulager la peine des uns et des autres. Essayer de tenir compte des déplacements des familles, des enfants en âge de scolarité ou qui sont déjà en session. Le premier semestre vient d’être achevé, le second est abordé. Les examens vont bientôt arriver. Il faut tenir compte de tout cela avant de prendre une décision aussi brutale.

Je pense que, quelque soit le fondement juridique sur lequel s’appui l’Etat, il a l’obligation de prendre les dispositions nécessaires pour que les choses se passent dans la dignité de la personne humaine, en tenant compte de tous ces paramètres, des personnes âgées qui ne peuvent pas se déplacer, des enfants à bas âge qui sont dans les écoles, les gens qui priaient en un lieu déterminé, même si on n’a pas démoli les mosquées ; mais, ils ne peuvent plus aller dans ces lieux de prières. Où vont-ils aller ?

C’est vrai que l’univers est le temple de Dieu, on peut prier partout ; mais, attention ! Il y a un point fixe pour les uns et les autres. Donc, vous voyez qu’il y a beaucoup de paramètres dont on devrait tenir compte. On n’a pas tenu compte et ça a été mal exécuté. On a entendu même le Président de la République dire qu’il n’a pas d’état d’âme. On applique la loi quand ça vous arrange et on ferme les yeux quand ça ne vous arrange pas. Est-ce qu’on l’a fait pour affaiblir un parti politique ? Est-ce qu’on l’a fait pour stigmatiser une population ?

Je pense que le RGD, une fois au pouvoir, mettra fin à ce nomadisme juridique et à cette gymnastique intellectuelle ou politique qui n’honore pas la Guinée. Quelques soient les circonstances, il faut tenir compte des aspirations du peuple. Quand une fraction de la population est dans l’illégalité, il y a une manière de résoudre ce problème sans coup férir.

Même si sur le fond, les gens n’avaient pas le droit de s’installer là ; mais, on doit retenir qu’ils ont été logés là par le fait de certaines personnes. Comme ce sont des guinéens, il aurait fallu trouver la meilleure formule pour soulager leur souffrance. Donc, sur la forme, il y a eu un dérapage regrettable, exécrable.

Guineematin.com : votre mot de la fin?

Me Abdoul Kabèlè Camara : c’est de demander à vous les journalistes de vous lever, comme vous l’avez toujours fait, vous avez toujours été à l’avant-garde du combat politique, pour la libéralisation des ondes, pour l’instauration de la démocratie. Continuez le combat, levez-vous dès à présent parce que vous êtes des lanceurs d’alerte. L’alerte doit être lancée pour stopper ceux-là qui sont en train de manœuvrer en coulisse pour asseoir l’idée d’un 3ème mandat, pour stopper ceux qui sont en train d’écrire dans un bureau restreint une nouvelle Constitution.

Levez-vous pour dire stop ! Arrêtez-vous, ce n’est pas dans l’intérêt du peuple. Il faut qu’on comprenne que l’intérêt de la Guinée passe par la consolidation et la préservation de notre Constitution pour que les lois et les règlements deviennent une réalité en Guinée. Qu’elles soient appliquées à l’égard de tous, pour qu’il y ait une justice, pour que la pauvreté s’éloigne de nous et que la Guinée tende vers l’émergence comme tous les pays progressistes.

Je pense que c’est le combat que nous devons mener et que je vous appelle, vous journalistes ; quelque soit votre sensibilité politique, il faut défendre la Constitution, parce que de là découle la liberté des médias et des guinéens. C’est le prix à payer. Ne vous laisser pas corrompre, c’est le message que je lance à tous les guinéens aussi. Levons-nous pour empêcher le tripatouillage et la manipulation de notre Constitution pour empêcher que la durée du mandat prévue soit violée. C’est deux mandats, non renouvelable.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Siguiri : un jeune de 17 ans pris en flagrant délit de viol sur une fillette de 6 ans

15 mars 2019 à 11 11 15 03153

Un jeune homme a été surpris entrain de violer une fillette de six (6) ans en pleine brousse dans la sous-préfecture de Kintinian, relevant de la préfecture de Siguiri. Les faits ont eu lieu hier jeudi, 14 mars 2019, aux environs de 10 heures, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Ibrahima Diakité, âgé de dix sept (17) ans, orpailleur, résidant dans la commune rurale de Kintinian, a été pris en flagrant délit de viol sur une mineure de six (6) ans. Le jeune a été surpris par des agents de la brigade de la gendarmerie de Kintinian, apprend-on.

Selon le Commandant Mara, chef de brigade de la gendarmerie de Kintinian, trois de ses agents ont été attirés par les cris de la victime en brousse. « Selon les explications que j’ai reçues, le violeur a été chargé par son tuteur d’aller chercher du bois de chauffe à bord d’un tricycle. Il a dérouté pour se rendre dans la mine pour faire le transport de gravier.

C’est au cours de l’un de ses voyages qu’il s’est croisé avec la victime qui lui a demandé de transporter les graviers de sa maman. Nous ne savons pas comment il a pu conduire la fillette en brousse. Trois de nos agents ont entendu les cris de la fillette. Quand ils sont allés voir, le jeune homme a pris la fuite. Il a été pourchassé et mis aux arrêts en ville. D’après les médecins, il y a eu viol », a expliqué l’officier de gendarmerie.

Selon le commandant Mara, le viol de cette mineure de six (6) ans est le sixième en l’espace d’un mois dans la sous-préfecture de Kintinian. Le jeune Ibrahima Diakité est détenu à la gendarmerie de Siguiri. Les agents vont l’auditionner avant de le mettre à la disposition de la justice.

De Siguiri, Bérété Lanceï Condé pour Guineematin.com

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Fin du SADEN : quatre jeunes entrepreneurs primés avec 30 millions chacun

15 mars 2019 à 9 09 48 03483

La première édition du Salon des Entrepreneurs de Guinée (SADEN), initié par l’Agence Guinéenne pour la Promotion de l’Emploi (AGUIPE) a pris fin dans la soirée d’hier jeudi, 15 mars 2019. Pendant deux jours, de nombreux acteurs ont échangé sur les démarches pouvant conduire à l’émergence d’un secteur privé fort, dans le sens d’une plus grande incitation à l’entreprenariat, a appris sur place Guineematin.com à travers de ses reporters.

La cérémonie de clôture du Salon des Entrepreneurs de Guinée (SADEN) a été présidée par le ministre de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle, de l’Emploi et du travail. Dans son discours, Lansana Komara a salué l’engouement qui a caractérisé cette première édition. Se réjouissant des thèmes débattus lors de ce salon, le ministre a promis de prendre en compte les recommandations formulées par les participants.

« Je voudrais vous rassurer que mon département, à travers l’AGUIPE (l’Agence Guinéenne pour la Promotion de l’Emploi), est totalement engagé pour la mise en œuvre de l’ensemble des mesures qui ont été proposées ici et pour assurer la mise en application des points qui s’imposent ou pérenniser ceux déjà en vigueur. C’est avec cette perspective que ce nouvel état d’esprit que nous soutiendrons les entrepreneurs notamment les femmes, les jeunes et la diaspora », a-t-il promis.

En outre, Lansana Komara n’a pas occulté l’appui et l’accompagnement des entrepreneurs évoluant dans des secteurs comme l’agriculture, les mines, la culture. « Le SADEN en sera la cheville ouvrière. Chers intervenants et invités, je voudrais enfin vous rappeler que l’émergence d’un secteur privé fort et la consolidation des dispositifs dans le sens d’une plus grande incitation à l’entreprenariat sont les meilleurs signaux que nous vous adressons et adressons également aux directions et aux partenaires. Pour ce faire, nous prendrons notre responsabilité pour contribuer à créer les conditions d’émergence des champions nationaux », a-t-il précisé.

A noter qu’au terme de ces deux jours de travaux, quatre jeunes entrepreneurs ont été primés pour la qualité de leurs projets. Il s’agit nominativement de Mariam Mohamed KEITA dans la catégorie engagement social CEO de Binedou Global Service (BGS) qui évolue dans la fabrication de pavés plastiques ; Aboubacar BANGOURA CEO de l’entreprise EFATAP avec son projet Taxi bateau pour Conakry dans le digital ; Hassatou Lamarana Bah, fondatrice et directrice de publication du site actualitefminine.com, dans la catégorie Médias ; et Fodé Youla dans l’agrobusiness. Les quatre lauréats ont eu chacun un montant 30 millions de francs.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Tountouroun (Labé) : vers une expropriation illégale des héritiers de Thierno Sakoba Sow

15 mars 2019 à 9 09 29 03293

Les autorités locales de Tountouroun, dont Elhadj Mamadou Saliou Sow, le maire de la commune rurale, cherchent actuellement à exproprier les héritiers de Thierno Sakoba Sow d’un domaine acheté par leur défunt père, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Pour la petite histoire, c’est Modi Daouda Diallo qui a revendu cette parcelle située dans le district de Gambie à Thierno Sakoba Sow, un notable qui était très influent dans la sous-préfecture de Tountouroun, située à 15 km du côté Est du chef-lieu de la préfecture de Labé.

Quelques temps après, le cessionnaire, Thierno Sakoba Sow, a rencontré son destin dans un incendie qui a ravagé son domicile et tout le contenu de la maison y compris ses dossiers personnels au quartier Tata I, dans la commune urbaine de Labé.

Ayant lui aussi perdu son grand frère Modi Daouda, suite à une mort naturelle, Thierno Souleymane Diallo devenu entretemps chef du district de Gambie a établi un certificat de propriété pour les héritiers de Thierno Sakoba Sow. Le document du district a, par la suite, été légalisé par le Tribunal de Première Instance de Labé.

Pendant ce temps, la parcelle a été valorisée par l’ouverture d’une gare routière dans la zone. Voyant alors des kiosques et des petites boutiques pousser sur les lieux comme des champignons, l’instituteur Alpha Mamadou Bobo Sow, ses frères et sœurs ont voulu, eux-aussi, mettre en valeur leur domaine dont une partie est utilisée actuellement comme piste de la gare routière par le syndicat des chauffeurs.

A leur grand étonnement, les autorités communales se sont farouchement opposées à ce projet de la famille de feu Thierno Sakoba Sow.

Sur la question, l’actuel maire de la commune rurale de Tountouroun, Elhadj Mamadou Saliou Sow, estime que les héritiers de Thierno Sakoba Sow doivent forcément accepter d’être expropriés, parce que, dit-il, plusieurs autres propriétaires terriens sont malheureusement concernés par cette installation unilatérale et illégale de la gare routière sur des domaines privés dans le district de Gambie.

Dans les couloirs de la Mairie de Tountouroun, certains collaborateurs du maire de la commune rurale expliquent craindre que la revendication de la famille de Thierno Sakoba Sow fasse tache d’huile dans la zone.

Par contre, Alpha Mamadou Bobo Sow, accuse les autorités communales de Tountouroun de faire du « deux poids, deux mesures » dans cette affaire : « tous les autres ont mis en valeur leurs parcelles tout autour, pourquoi les autorités communales nous empêchent nous d’aménager ce qui nous appartient ».

Saisi du dossier, le secrétaire général chargé des collectivités décentralisées de Labé, Lanciné Sangaré a prodigué des conseils aux nouvelles autorités communales. Mais, malgré plusieurs rencontres dans le bureau de ce proche collaborateur du préfet de Labé, le maire de la commune rurale de Tountouroun, Elhadj Mamadou Saliou Sow refuse catégoriquement d’entendre raison.

Ce nouvel élu s’entête à vouloir dire que les héritiers de Thierno Sakoba Sow n’ont pas le droit de chercher à exploiter ce qu’ils ont hérité de leur défunt père. Comme le ridicule ne tue pas, il est allé jusqu’à proposer que les enfants abandonnent leur parcelle pour aller construire des kiosques sur un domaine appartenant au doyen du village, parce que tout simplement il manque d’initiative dans sa gouvernance locale. Cet enseignant de profession a l’air de n’être qu’un routinier à la tête de la nouvelle équipe du conseil communal de Tountouroun.

Le dossier risque de se retrouver sur la table du président du Tribunal de Première Instance de Labé, dans les prochains jours.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com
Contacts : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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Audiences foraines à Télimélé: trois accusés écopent de 7 à 30 de prison

15 mars 2019 à 8 08 24 03243

Après deux journées d’audiences foraines à Télimélé, les décisions sont tombées dans des dossiers criminels, dans la journée de ce jeudi 14 mars 2019. Sur les six dossiers inscrits au rôle, trois ont connu leur verdict avec de lourdes peines de prison prononcées contre 3 accusés, rapportent les reporters de Guineematin.com qui ont suivi les débats.

Ouvertes le mercredi, 13 mars 2019, les audiences foraines, organisées à Télimélé, ont pris fin hier jeudi. Trois accusés dans des dossiers criminels, poursuivis assassinat, évasion de détenus, incendie volontaire, coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort, ont écopé de peines de prison de 7 à 30 ans.

Dans le premier dossier, c’est un certain Boubacar Bah, poursuivi pour l’assassinat d’un jeune de Walya, relevant du district de Soindé, dans la commune urbaine, qui a écopé de 30 ans de réclusion criminelle. Il est également condamné au payement de dix millions de francs guinéens de dommages et intérêts à la famille de la victime.

Le deuxième dossier criminel qui a connu son épilogue est relatif à des faits d’évasion de détenus, incendie volontaire et menace. L’accusé dans ce dossier, Oumar Bah, alias Bongo, a été condamné par contumace à 15 ans de réclusion on criminelle. Un mandant d’arrêt a été décerné contre lui à l’audience.

Quant au troisième dossier à avoir été vidé ce jeudi, il porte sur des faits de coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention. Amadou Diouldé Diallo, alias N’dourou, accusé d’avoir tué involontairement sa femme, a été condamné à 7 ans de réclusion criminelle.

Les trois autres dossiers criminels ont été transférés à Kindia. Leur suite sera connue le 27 mars prochain, apprend-on.

A la fin des audiences, Mamadou Dian Bora Diallo, Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Kindia, s’est réjoui du climat qui a prévalu durant ces deux jours d’intenses travaux. « Je me suis réjouis de la délibération du tribunal qui, à mon avis, permettra aux citoyens d’avoir confiance à la justice guinéenne à travers l’impartialité dans le verdict rendu ».

L’avocat de la défense, maitre Amadou Diallo, n’a pas apprécié la condamnation de son client, Boubacar Bah, à 30 ans de réclusion criminelle. Un jeune homme de 20 ans, reconnu coupable d’assassinat. « Imaginez un jeune de vingt (20) ans, condamné à trente (30) ans de prison! A sa sortie, il ne pourra être utile ni pour lui-même, ni même pour sa famille. Donc, une fois à Kindia, je vais faire un appel pour que son dossier soit revu », a dit l’avocat.

A noter qu’il y a eu forte mobilisation de la population pendant ces deux jours d’audiences. Le tout, encadré par les services de sécurité.

De Télimélé, Ousmane Dieng et Amadou Baïlo Batouala pour Guineematin.com

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