Kabassan Oulaba Kéita

On croyait l’affaire Kabassan Oulaba Kéita, ancien directeur général de la Société de Gestion de l’Aéroport de Conakry (SOGEAC), définitivement close. Mais, elle resurgit de façon inattendue. Kabassan, soupçonné de détournement de 4 milliards de francs guinéens quand il gérait la SOGEAC, aurait été sommé de rembourser le montant en question, a appris ce vendredi, 26 avril 2019, Guineematin.com d’une source proche du dossier.

Des soupçons de détournement de près de 4 milliards de francs guinéens ont longtemps pesé sur Kabassan Oulaba Kéita dans la gestion de la SOGEAC, une entreprise mixte, dont 49% des parts se trouvent être détenus par l’Agence Française de Développement, l’aéroport de Paris et la chambre de commerce de Bordeaux.

Selon une source généralement bien informée, un huissier de justice a été commis à l’effet de chercher à faire rembourser les montants présumés avoir été détournés au préjudice de la SOGEAC. « Le 19 avril 2019, un huissier muni d’une sommation interpellative de payer, a effectué un tour au domicile de Kabassan. Mais, l’auxiliaire de justice n’aurait pas rencontré le sieur Kéita. Il aura fallu la deuxième tentative, quelques jours plus tard, pour que l’huissier puisse déposer l’acte à Kabassan. Un acte dans lequel il est sommé de payer un montant de 880 millions de francs guinéens », croit savoir notre source.

Joint au téléphone par un reporter de Guineematin.com dans la soirée de ce vendredi, 26 avril 2019, Kabassan Kéita a dit ne rien savoir. « Je ne suis pas au courant de ça. Il faut demander ça à l’huissier. Je ne suis pas au courant », a-t-il dit laconiquement.

En effet, un gouffre financier de plus de quatre milliards de francs guinéens avait été mis à jour à la SOGEAC. L’ex DG, promu il n’y a pas longtemps conseiller à la présidence de la République, était pointé du doigt dans ce qui s’apparentait à « une non-conformité entre certaines dépenses effectuées et les autorisations budgétaires validées par le Conseil d’Administration de la SOGEAC ».

Fausses factures, surfacturation, faux contrats, location de limousines pour des randonnées à Paris aux frais de la SOGEAC… Voilà entre-autres reproches faits à l’ex DG.

Ainsi, Le Conseil d’Administration de la SOGEAC, lors de sa 62ème session, tenue à Conakry le 22 novembre 2017, a constaté que « les observations sur les procédures et règles de gestion n’étaient pas observées par la Direction Générale ».

Devant ce comportement peu orthodoxe, le Conseil d’Administration avait saisi les cabinets d’audit FFA-Ernest & Young et Lombonna le 27 novembre 2017. La démarche visait à « diligenter une revue de conformité de certaines dépenses des exercices allant du 1er janvier 2016 au 31 octobre 2017. Les dépenses visées sont notamment : entretien, réparations et maintenance ; missions et réceptions, avantages en nature, dons et libéralité, investissement mobilier, mobilier et travaux ».

Le travail effectué, le rapport d’audit a été finalement déposé au CA de la SOGEAC. Aussitôt, une correspondance en date du 02 février 2018, signée du président du CA, est adressée à Kabassan. Il lui est transmis le rapport d’audit « pour commentaires et justificatifs ».

Un Conseil d’Administration, tenu le 29 mai 2018 à Conakry, a mis en lumière des comportements peu orthodoxes dans la gestion, au point de fâcher les partenaires français qui menaçaient à l’époque de se retirer. Ce CA avait eu pour conséquences à l’époque de restreindre la marge de manœuvre de Kabassan. Les mesures suivantes avaient été prises : interdiction d’engager la SOGEAC pour toute somme dépassant 50.000.000 de francs guinéens ; restriction des décaissements des dons et libéralités ; suspension de la fameuse Carte Visa de l’entreprise qu’il utilisait à volonté sans justificatifs ; convocation d’un Conseil d’Administration exceptionnel le 22 juin 2018 à Paris, avait-on appris.

Ce conseil d’Administration se tiendra bien le 22 juin à Paris avec de nouvelles exigences posées par les partenaires français. « Les partenaires français lui ont retiré leur confiance. Ils ont non seulement demandé son départ, mais aussi le remboursement des montants détournés qui s’élèveraient à 4 milliards de francs guinéens », avait confié à Guineematin.com une source proche du dossier.

C’est entretemps qu’un décret, en date du 13 janvier 2019, est tombé, limogeant Kabassan de son poste de DG de la SOGEAC. Plus tard, il sera promu au poste de conseiller à la présidence.

Nous y reviendrons !

Une synthèse réalisée par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 17 99 17

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