Front contre un 3ème mandat : pourtant, Alpha Condé aurait pu aider le RPG…

3 avril 2019 à 22 10 15 04154

Comme indiqué dans une précédente dépêche de Guineematin.com, les forces sociales et politiques de la Guinée ont lancé un mouvement anti troisième mandat ce mercredi à Conakry. Ce front commun pour la sauvegarde des acquis démocratiques dans notre cher pays- et qui a ainsi commencé officiellement ses activités de lutte contre le coup d’Etat constitutionnel voulu par le régime Alpha Condé et tous les promoteurs d’une troisième dictature en République de Guinée ce 03 avril 2019- sera sans coloration politique, ethnique, religieuse ou professionnelle.

Le RPG vient de loin

Tout d’abord, il importe de rappeler que le RPG est né des cendres du MND (le Mouvement national démocratique). Ce mouvement clandestin avait été créé en 1977 par Alpha Condé, feu Pr Alfa Ibrahima Sow, Bayo Khalifa et d’autres. Au fil du temps, le MND s’était d’abord mué en UJP (Unité, Justice, Patrie), avant de se transformer en RPG (Rassemblement des patriotes guinéens), puis au Rassemblement du peuple de Guinée (en gardant le même sigle, RPG).

Dans sa besace, le parti (dominé par le très autoritaire Alpha Condé, devenu seul maître à bord) a marqué les esprits aux côtés d’autres figures politiques guinéennes, notamment Bâ Mamadou de l’UNR, Siradiou Diallo du PRP, Jean Marie Doré de l’UPG, Charles Pascal Tolno du PPG… Ce parti est surtout connu pour avoir des militants déterminés et très engagés, même si son leader est considéré par certains comme un opposant peureux, qui a souvent fui les manifestations de rue, contrairement au téméraire Bâ Mamadou par exemple…

A l’issue des joutes électorales, les Guinéens ont accordé au RPG du professeur Alpha Condé les résultats suivants :

–           19, 55% des voix à la présidentielle du 19 décembre 1993 ;

–          19 députés élus le 11 juin 1995 (sur les 114) ;

–          16, 9 % à la présidentielle du 14 décembre 1998 (derrière le Général Lansana Conté, réélu avec 56,1 % et Bâ Mamadou qui était arrivé 2ème avec 24,6 % voix) ;

–          52, 52 % à la présidentielle du 07 novembre 2010 ;

–          53 élus (sur 114 députés) aux élections législatives du 28 septembre 2013 ;

–          57, 85 % des voix à la présidentielle du 11 octobre 2015

Le géant RPG succombera-t-il dans la tourmente ?

Cette ultime victoire du RPG (rebaptisé RPG arc-en-ciel en 2010) par un coup KO à la présidentielle du 11 octobre 2015 pourrait bien être l’apogée de ce parti qui a semblé lier son avenir à celui de son incontesté leader. Un des effets secondaires du mouvement anti troisième mandat- qui regroupe d’abord les adversaires du régime- pourrait engendrer, à long terme, des démissions de certains cadres et proches du pouvoir. Il n’est pas à exclure que des figures insoupçonnées du RPG soutiennent la constitution et les progrès démocratiques de la Guinée face à la volonté du chef de l’Etat (81 ans) et à ceux qui le poussent à s’accrocher au pouvoir jusqu’à sa mort, comme Sékou Touré et Lansana Conté…

Les dindons de la farce !

Que le président Alpha Condé finisse par accepter de se plier au respect de la Constitution et ne pas se représenter après 2020 ou pas, les cadres du parti présidentiel pourraient regretter leur choix au bout de la contestation. Le parti risque même de se désagréger par manque de leader accepté de tous, lorsque le projet de pouvoir à vie échouera et que des élections « démocratiques » seront organisées, même sous Alpha Condé ; si ce dernier ne le fait que par contrainte, à l’issue des mouvements de protestation…

Sous la première République, ce sont Sékou Touré et ses hommes qui faisaient et défaisaient les puissants du pays. Le PDG, parti unique, était plus que fort et ses cadres s’imposaient naturellement sur tous les autres citoyens. La mort du dictateur a presque enterré le parti. Trente-cinq ans après, le PDG ne parvient à faire élire aucun député sur les 114 de l’Assemblée nationale, ni aucun maire sur les 342 circonscriptions de la Guinée ! Et, cet ancien géant politique de la Guinée ne peut même plus imaginer dans ses rêves revenir à la tête du pays qu’il a pourtant eu le temps de gérer comme sa propriété privée, pendant 26 années… Même Aminata Touré, la bien aimée fille de Sékou Touré, a dû se présenter comme candidate indépendante (et s’éloigner ainsi de l’idéologie de son défunt père) pour se faire élire à la mairie de Kaloum…

Sous la deuxième République, le Général Lansana Conté, père de la démocratie en République de Guinée, pouvait même décider où son parti, le PUP, devait « prendre » et où il allait « laisser gagner » ses opposants. Après sa mort, le PUP, comme le PDG, est incapable d’avoir ni un député, ni un maire sur l’ensemble du territoire national…

Premier à accéder à la magistrature suprême de la Guinée par la voie électorale, Alpha Condé ne semble pas aujourd’hui vouloir être l’exception ! Son parti, non plus, refuse de s’inspirer des échecs des deux anciens partis au pouvoir. L’unique voix de l’honorable Saloum Cissé (secrétaire général par intérim du RPG arc-en-ciel et premier vice-président de l’Assemblée nationale)- qui avait hasardé un pronostic d’une victoire du RPG arc-en-ciel en 2020 sans le président historique- a été étranglée. L’homme aurait été tellement critiqué que lui-même se serait rétracté. « C’était une bêtise politique » avait alors commenté Amadou Damaro Camara, qui a pris le dessus et qui ne fait plus mystère de son soutien à une présidence à vie pour l’homme « providentiel », Alpha Condé.

« Les révolutions n’ont lieu que quand les modérés se laissent conduire par des furieux, et les clairvoyants par des aveugles » (Chauvot de Beauchêne).

A ce jour, on peut être le plus nul et le moins vertueux de la République, mais quand on est capable de mettre entre parenthèse sa dignité pour insulter ceux qui soutiennent le respect de la Constitution et l’alternance en Guinée, on peut se faire nommer au poste de son choix. Ce qui, évidemment, met beaucoup de cadres et intellectuels guinéens dans un dilemme : choisir la démocratie dans son pays ou les délices du pouvoir finissant ! Ce sont eux qui haïssent le plus ce débat portant sur le changement (ou modification) de la Constitution qui permettrait au professeur Alpha Condé de continuer à diriger la Guinée après 2020. Ces cadres souhaitent que ce débat se fasse le plus tard possible, le temps pour eux de s’enrichir au maximum et de placer les leurs, avant de se présenter à la dernière minute comme étant de ceux qui n’avaient JAMAIS hésité de soutenir le respect des règles démocratiques…

« On échoue plus souvent par timidité que par excès d’audace », estime David Grayson

Au-delà de ce qui aurait pu muer le militant Alpha Condé en prédateur de la démocratie, il est à s’interroger sur le mutisme des cadres valeureux du RPG arc-en-ciel, qui auraient pu demander au chef de l’Etat de soutenir un des leurs ? Car, Dieu sait qu’au-delà des acteurs connus du grand public- et qui ont déjà l’étoffe de se faire accepter à une élection présidentielle- de nombreux autres hauts cadres (dont certains ne travaillent même pas dans le secteur public) pouvaient porter haut l’étendard jaune du RPG arc-en-ciel. Malheureusement, ils risquent tous de payer cher la facture de leur avarice d’aujourd’hui par le bannissement politique qui sanctionnera inéluctablement la chute de leur système, s’ils cherchent à entraver la marche du peuple de Guinée vers une démocratie véritable…

Nouhou Baldé pour Guineematin.com

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Front anti 3ème mandat : « préparez-vous au combat parce qu’il va arriver », lance Sidya Touré

3 avril 2019 à 19 07 21 04214

Comme annoncé précédemment, le Front National pour la Défense de la Constitution qui était annoncé depuis quelques jours, a été lancé ce mercredi, 03 avril 2019, à Conakry. Composé des principaux acteurs de la société civile guinéenne, des opposants, de certains syndicats et de défenseurs des droits de l’Homme, le mouvement se donne pour objectif, d’empêcher toute forme de modification de la Constitution qui devrait permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat en 2020.

Juste après la cérémonie de lancement officiel de ce front, qui a eu lieu au siège de la PCUD, à Kipé Dadya, un reporter de Guineematin.com a recueilli les réactions des leaders de l’opposition guinéenne sur la question. Nous vous livrons ci-dessous ce qu’ils en disent.

Sidya Touré, président de l’UFR : à partir d’aujourd’hui, c’est le point de départ. Tous les Guinéens doivent se mobiliser pour savoir quels sont ceux qui sont opposés à cette possibilité et ceux qui veulent vivre de la sueur et du sang de nos populations, simplement pour des questions de convenance personnelle mais surtout pour des questions d’argent, il faut le dire clairement.

Je dois vous dire, pour ceux qui sont plus jeunes, je me retrouve dans cette salle et je suis vraiment quelque peu peiné. En 2006, nous nous sommes révoltés ici contre le général Conté et nous avons créé les forces vives qui sont un peu ce que nous faisons aujourd’hui. Il nous a laissés, pendant trois jours, discuter au palais du peuple.

Il y avait là Alpha Condé, moi-même, Jean Marie Doré, Bâ Mamadou et j’en passe. Vous voyez un peu ce qu’un militaire était capable de faire ? Est-ce qu’on peut aller faire une telle réunion au palais aujourd’hui ? Conté nous a laissés faire parce qu’il voulait écouter son peuple. Ceux à qui nous avons à faire aujourd’hui n’ont pas d’autres objectifs que personnels. Nous devons nous battre contre cela. Nous n’avons aucune raison de ne pas le faire. Donc, nous disons aux et uns autres : préparez-vous au combat parce qu’il va arriver. Nous empêcherons que notre pays sombre.

Me Abdoul Kabèlè Camara, président du RGD : tous ceux qui tentent d’anesthésier la conscience du peuple de Guinée, peuple de 1958, épris de liberté, de justice, de travail noble, désormais, c’est l’union sacrée de toutes les forces sociales et politiques, tous les fils de Guinée. Nous ne faillirons pas à ce devoir. Hier, un citoyen nous a interpellés, que si nous laissons passer ce coup d’Etat constitutionnel, ils descendront dans la rue contre nous. Alors, à bon entendeur salut ! Nous devons nous donner la main, désormais c’est l’union sacrée contre le 3ème mandat, contre ce coup d’Etat constitutionnel.

Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG : je vais saisir cette opportunité pour lancer un appel à nos compatriotes membres des forces de défense et de sécurité pour qu’ils s’inspirent du comportement de leurs collègues de l’Algérie parce qu’Alpha leur a inculqué le virus de la haine et de la violence. La Guinée n’a pas une autre armée, n’a pas une autre police, une autre gendarmerie que celles que nous avons. Ils risquent d’avoir en face leurs frères, leurs sœurs, leurs compatriotes. Il faut qu’ils aient un comportement républicain.

Le comportement républicain, c’est bien sûr la défense de l’intégrité territoriale, mais aussi la défense de la République. Qui dit défense de la République, c’est la défense de la constitution. Il ne faut pas qu’ils fassent preuve de naïveté en suivant aveuglement monsieur Alpha Condé qui a envie de réprimer tout ce qui se dresse sur son passage dans sa velléité de s’octroyer une présidence à vie.

Au nom de mes collègues et du peuple de Guinée tout entier, nous leur lançons un appel pour qu’ils prennent leurs responsabilités en adoptant une attitude républicaine, respectueuse des droits des citoyens qui ont le droit de manifester. C’est dans la constitution de la République, de s’opposer eux-mêmes avec nous, contre le coup d’Etat constitutionnel que monsieur Alpha Condé veut perpétrer en Guinée. Je sais que parmi eux, il y a des patriotes qui ne manqueront pas d’apporter dans les formes appropriées leur soutien au peuple de Guinée.

Dr Faya Millimono, président du Bloc Libéral : Dady a attendu la fin de son second mandat pour appeler les Guinéens à un débat. Nous sommes d’accord de débattre mais il y a une question sur laquelle, il n’y aura pas de débat. Le 3ème mandat, c’est une question qui a été clairement réglée par notre constitution. Il n’y aura donc pas de débat sur cette question. Alpha Condé a un choix à faire : le premier, il a encore un an et quelques mois. S’il veut terminer, qu’il respecte la loi. Mais, s’il choisit de mettre le pied sur l’accélérateur pour un autre mandat, nous allons écourter celui qu’il fait maintenant.

Dr Ousmane Kaba, président du PADES : la question qui est posée à la Guinée est claire : est-ce que nous sommes un pays qui voudrait respecter la constitution et les lois ou bien nous sommes un pays qui est d’accord pour s’enfoncer dans la tyrannie ? Nous sommes à un carrefour de notre histoire. A ce carrefour, les hommes de bonne volonté doivent se réunir. La Guinée a toujours été unie lorsque l’enjeu en vaut la peine.

Ce matin, le rassemblement que nous avons, c’est un rassemblement qui vient du tréfonds du peuple de Guinée qui sent que sa liberté est en jeu, ça dignité est en jeu. Nous devons être capables de relever ce défi.
Je souhaite que le débat ne soit pas personnalisé. Le président de la République, je suis sûr, qui a combattu pour la démocratie, va obéir à la loi. Nous avons aujourd’hui beaucoup d’hommes et de femmes qui ont des intérêts avec cette tyrannie.

Ils ne cherchent que leurs intérêts personnels. Tous ceux qui cherchent leurs intérêts personnels, trouveront la Guinée sur le chemin. Nous sommes la Guinée…

Nous devons quelque chose à cette jeunesse. Les premiers politiciens ont donné l’indépendance à ce pays. Jusqu’à présent nous, nous n’avons pas été capables de délivrer la prospérité économique qui est notre promesse. Au moins, laissons-les un pays démocratique, défendons les acquis de la démocratie.

Propos recueillis par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

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03 avril 1984 : « ce coup d’Etat a mis la Guinée en retard », dit Elhadj Momo Bangoura

3 avril 2019 à 18 06 54 04544

Le 03 avril 1984, une semaine après la mort de Sékou Touré, l’armée guinéenne prenait le pouvoir après 26 ans de règne du PDG-RDA. Trente cinq (35) ans après ce coup d’Etat, les anciens dignitaires de ce régime gardent encore les souvenirs de cette date qui a vu le système s’écrouler comme un château de cartes.

Pour parler de cette date, qui fait de moins en moins parler d’elle, un reporter de Guineematin.com est allé à la rencontre du doyen Elhadj Momo Bangoura, aujourd’hui président d’honneur du PDG-RDA, qui fut entre-autres, gouverneur de région.

Guineematin.com : il y a de cela 35 ans depuis que les militaires ont pris le pouvoir en renversant le PDG-RDA. Vous qui avez été un des acteurs de la gouvernance du PDG, que représente cette date pour vous ?

Elhadj Momo Bangoura : le 03 avril 1984, c’est la finalité du combat de la guerre que le PDG-RDA, que la Guinée indépendante a eu à subir dès le lendemain de la proclamation de la République, le 02 octobre 1958. Nous avons voté NON, le 28 septembre 1958 et la Guinée a été proclamée indépendante le 02 octobre 1958. Et très curieusement, cela a fait beaucoup de mal à la France. Parce que, les conséquences du vote du 28 septembre 1958, cela a eu pour conséquences la dislocation de l’empire colonial français.

Les autres territoires africains ont demandé eux aussi leur indépendance et cela a eu lieu en 1960. Donc, pour la France, l’agent causal de la dislocation de son empire, c’est le vote de la Guinée. C’est pourquoi, la France nous avait déclaré la guerre d’indépendance. Et, quand je dis déclaration de guerre d’indépendance, ce n’est nullement par exagération, non. Les décideurs français l’ont dit eux-mêmes, que c’est eux qui ont déclaré la guerre à la Guinée. Nous avons aujourd’hui les documents incontestables pour ça.

Par exemple, le dernier gouverneur de l’AOF, Pierre Messmer, il a fait son livre, je l’ai à la maison ici. L’ultime secrétaire général du Général De Gaule, Jaques Foccart, j’ai ses documents ici. Et, c’est lui que le Général De Gaule avait désigné pour tuer, mais il n’a pas réussi à la faire. C’est à un an avant la mort d’Ahmed Sékou Touré, Jaques Foccart est venu à Conakry ici. Il est venu se présenter à Ahmed Sékou Touré, « je viens te demander pardon. J’ai tout fait pour t’assassiner, je n’ai pas réussi à le faire.

Cela m’est arrivé rarement, je te demande pardon, je suis venu pour ça ». Ahmed Sékou Touré a accepté ce pardon. C’était en 1983, un an avant sa mort. C’est pour vous dire que ce que je dis, ce n’est pas par exagération, ni par invention. Les complots dont on vous parle ici, les ragots qu’on vous raconte ici, que Sékou Touré inventait des complots pour tuer des intellectuels, ce sont des ragots, ce sont des mensonges grossiers. J’ai des livres des agents secrets français. Il y a par exemple La Piscine, c’est un livre de deux agents secrets français.

Ils ont écrit dans ce livre que le Général De Gaule a donné l’ordre de faire des complots en Guinée ici. Et, pendant plus de 20 ans, il y a eu ces complots-là ici. Le point culminant de ces complots a eu lieu à Conakry ici. C’est l’agression du 22 novembre 1970. Cette agression-là, était conduite par des portugais.

Pour quelle raison ? Parce que la Guinée-Bissau, qui est notre voisine, avait pris les armes contre les Portugais pour leur indépendance. Et la Guinée-Bissau avait comme base, Conakry ici, avec leur chef, Amilcar Cabral. Donc, c’est pourquoi le Portugal a été à la tête de cette agression. Mais malheureusement pour eux, l’agression a échoué et les agresseurs ont échoué.

Guineematin.com : la prise du pouvoir par l’armée guinéenne en 1984 a mis fin au régime du camarade Ahmed Sékou Touré. Pour vous, les militaires auraient dû laisser le PDG-RDA continuer son règne ?

Elhadj Momo Bangoura : normalement, la suite du pouvoir devait continuer. Les personnes devaient changer, mais le pouvoir devait continuer. Mais, après la mort d’Ahmed Sékou Touré, ceux qui ont eu à combattre le régime d’Ahmed Sékou Touré étaient là encore, même pendant les funérailles de celui-ci.

Par exemple, le Premier ministre Français, Pierre Monroua, était-là. C’est en ce moment que les militaires ont été préparés à succéder au régime d’Ahmed Sékou Touré. Et, le 03 avril 1984, les militaires ont pris le pouvoir. Ils ont alors arrêté tous les dignitaires du PDG-RDA, y compris moi. Nous avons tous été arrêtés le 03 avril 1984. Mais, nous, nous n’avons fait qu’une journée au Camp Alpha Yaya.

Guineematin.com : à votre avis, qu’est-ce qui a changé en Guinée après le coup d’Etat du 03 avril 1984 ?

Elhadj Momo Bangoura : ça, c’est autre chose. L’économie guinéenne a été mise à terre. Parce que les usines, les industries qui étaient installées à Conakry ici et à travers toute l’étendue de la Guinée ; ces usines-là, au nom de ce qu’ils appellent le système structurel, les usines ont été supprimées. Par exemples, le complexe textile de Sanoyah, l’Entreprise des Tabacs et Allumettes de Guinée (ENTAG) ont été supprimés. L’huilerie de Dabola ou-bien l’usine qui fabriquait les outils agricoles à Mamou, tout cela a été supprimé du temps du régime militaire.

Guineematin.com : d’aucuns saluent des avancées avec la venue des militaires au pouvoir. Il y a notamment la libération des prisonniers qui étaient détenus au Camp Boiro, l’instauration du multipartisme politique, le libéralisme économique. N’est-ce pas là des actions salutaires ?

Elhadj Momo Bangoura : non, je n’appelle pas ça actes salutaires. La prise du pouvoir par l’armée n’est pas un acte salutaire. Vous avez entendu parler du Camp Boiro. Mais au fond, pourquoi Camp Boiro ? Il y avait un commissaire de police du nom de Mamadou Boiro qui a été jeté de l’avion par un groupe de militaires qui a été arrêté à Labé. Eh bien, c’est le commissaire de police Mamadou Boiro qui devait les conduire à Conakry ici en prison. Mais, en plein vol, ils ont jeté Mamadou Boiro à terre. Il est mort écrasé à terre. C’est le gouvernement d’Ahmed Sékou Touré pour pérenniser son nom, a donné le nom de ce commissaire au Camp Boiro.

Guineematin.com : beaucoup de personnes saluent des avancées avec la venue des militaires au pouvoir. Qu’en dites-vous ?

Elhadj Momo Bangoura : je te dis que les prisonniers ont été libérés avant la mort d’Ahmed Sékou Touré ! Je veux parler des prisonniers de la guerre d’indépendance. Ils ont été libérés avant la mort d’Ahmed Sékou Touré.

Guineematin.com : est-ce que selon vous, le coup d’Etat du 03 avril 1984 a mis la Guinée en retard ?

Elhadj Momo Bangoura : dans mon entendement, ça a mis la Guinée en retard. Parce que les usines ont été détruites, on a mis en chômage des milliers de travailleurs à travers la Guinée. Voilà la situation.

Guineematin.com : vous avez vécu les trois régimes de Sékou Touré à Alpha Condé en passant par Lansana Conté. Quelle comparaison pouvez-vous faire de ces trois régimes ?

Elhadj Momo Bangoura : ça, c’est la vie de la nation. Quand nous accédions par exemple à l’indépendance, la Guinée était à un niveau donné. Pendant les 26 ans du PDG-RDA, sous l’égide d’Ahmed Sékou Touré, il y a eu un progrès considérable qui a été constaté en Guinée ici, malgré la guerre que nous subissions. Parce qu’effectivement, nous avions subi la guerre. Donc, malgré cette guerre-là, il y a eu un progrès considérable sur l’étendue du territoire national et cela dans tous les domaines.

Guineematin.com : quel est le mot de la fin ?

Elhadj Momo Bangoura : bon, je suis actuellement à la maison. Je bénéficie de deux retraites. Sur le plan administratif, j’ai maintenant plus de 30 ans de retraite. Quand les militaires ont pris le pouvoir, le CMRN (Comité Militaire de Redressement National) a constitué un programme à la radio et à la télévision. Ce programme était chargé de vilipender à Ahmed Sékou Touré, le père fondateur de la nation guinéenne. Quand j’ai constaté cela, j’ai écrit personnellement au gouvernement le priant à cause de Dieu et de son prophète (PSL) lui demandant de me mettre à la retraite.

C’est ainsi qu’on m’a mis à la retraite. Donc, j’ai été mis à la retraite par anticipation pour ne pas participer à cette action-là. Alors, je n’ai repris les actions que quand on a parlé de la création des partis politiques en 1991, 1992. Là, nous avons relancé le Parti Démocratique de Guinée (PDG) parce que le parti avait été supprimé le 03 avril 1984. Après 20 ans, avec mon âge avancé, j’ai demandé ma mise à la retraite dans ce parti-là aussi. A l’heure actuelle, je ne suis que le président d’honneur du PDG-RDA.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Affaire viande pourrie : Modibo Barry blanchi et libéré par le tribunal de Kaloum

3 avril 2019 à 18 06 08 04084

Le restaurateur, Mamadou Djouma Barry, plus connu sous le nom de Modibo, gérant du célèbre restaurant Modibo, a été blanchi ce mercredi, 03 avril 2019, par le tribunal correctionnel de Kaloum. Il était poursuivi pour atteinte à la santé publique, suite à la découverte d’une quantité de viande pourrie dans son restaurant. Le tribunal l’a relaxé pour délit non établi à son encontre, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Après avoir passé près de six semaines de détention, Modibo est réparti libre du tribunal correctionnel de Kaloum ce mercredi. Il a été déclaré non coupable des faits d’atteinte à la santé publique.

Son arrestation, en février dernier, par les agents du secrétariat à la présidence chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le crime organisé, dirigé par le Colonel Moussa Tiegboro Camara, avait fait couler un flot d’encre à Conakry. Les agents avaient accusé Modibo de vendre de la viande pourrie dans son restaurant, situé à Kaloum.

Une version que l’intéressé a catégoriquement rejetée devant le TPI de Kaloum. Il a expliqué devant la juridiction que la viande pourrie ne lui appartenait pas et que les agents qui l’ont arrêté voulaient tout simplement lui extorquer de l’argent. Des explications qui ont emmené le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kaloum, à demander la relaxe du mis en cause.

Après plusieurs audiences, le restaurateur a été libéré ce mercredi 03 avril 2019. Pour le tribunal, les faits reprochés à Modibo ne sont pas établis à son encontre. « Le tribunal constate que les faits reprochés à Modibo ne sont pas établis à son encontre. Par conséquent, le renvoie des fins de la poursuite », a dit la présidente du tribunal, madame Mariama Doumbouya.

Au sortir de la salle d’audience, l’avocat de la défense, maître Dinah Sampil, entouré de Modibo Barry et de sa famille, a dit sa satisfaction. « Comme vous le constatez, l’émotion est très vive en ce moment, parce que la décision vient de tomber. Les premiers sentiments que nous avons, ce sont des sentiments de satisfaction, parce que nous avons obtenu la libération de notre client.

La loi a été appliquée de façon correcte, entière, totale, sans parti pris, sans hésitation et sans peur. Nous avons suivi les débats. En aucun moment, il n’a été démontré à l’encontre de mon client un quelconque fait délictuel. C’est que d’ailleurs le procureur lui même avait reconnu pour demander à ce que Modibo Barry soit relaxé purement et simplement pour délit non constitué. Et, c’est ce que le juge vient de décider », a annoncé maître Sampil.

En outre, l’avocat n’exclut de porter plainte contre les agents du service du Colonel Tiegboro Camara. « Ce n’est pas exclu de porter plainte contre ce service, parce que ce n’est pas facile. J’allais même dire que c’est inacceptable que, pour un sentiment simplement méchant, on puisse envoyer quelqu’un en prison pour ce temps, alors qu’on a conscience que ce qu’on met sur sa tête n’est pas réelle », a-t-il lancé.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620 589 527/654 416 922

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Cacophonie à la tête de l’AGEPI : Gaston Morel et Kalil Sylla placés sous contrôle judiciaire

3 avril 2019 à 17 05 07 04074

La cacophonie qui mine l’Association Guinéenne des Editeurs de la Presse Indépendante (AGEPI) a connu un tournant ce mercredi, 3 avril 2019. Moussa Iboun Conté, président contesté, est opposé au camp d’Alpha Abdoulaye Diallo, récemment « élu » par une partie des membres à la tête de l’AGEPI. Deux des sept partisans du nouvel élu ont été inculpés et mis sous contrôle judiciaire au tribunal de première instance de Kaloum, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La guerre de leadership qui mine l’AGEPI est désormais entre les mains de la justice. Après avoir été entendus ces derniers jours à la DPJ (Direction de la Police Judiciaire), deux d’entre eux ont été placés sous contrôle judiciaire, apprend-on.

Selon Alfoussény Magassouba, conseiller juridique de Moussa Iboun Conté, « deux personnes ont déjà été placées sous contrôle judiciaire. Il s’agit du vice-président, André Morel Gaston, et Ibrahima Kalil Sylla, chargé de la communication. Ils ont été inculpés aujourd’hui chez le juge d’instruction Diawara. Ils sont inculpés pour usurpation de titre, soustraction frauduleuse de l’imprimé de l’AGEPI à partir duquel ils ont tenu leur congrès et circulation de tracts.

Pour les autres, puisqu’il s’agit de deux plaintes séparées, à savoir Alpha Abdoulaye Diallo, Ibrahima Tawel Camara, Mamadou Aliou Diakité, Sandouno, l’officier de police judiciaire en charge de leur dossier n’a pas encore fini le travail. Leur dossier sera bientôt transféré au juge ».

En outre, Alfoussény Magassouba a fait savoir que les bureaux de l’AGEPI, occupés par le groupe dirigé par Alpha Abdoulaye Diallo, seront défoncés pour revenir à Iboun Conté. « On a obtenu l’ordonnance de l’ouverture forcée des lieux, sur instruction de madame la présidente du tribunal de première instance de Kaloum, par suite du constat d’huissier. Donc, la gendarmerie ira dès demain pour exécuter cette ordonnance. Ils seront déguerpis de là. Nous sommes forts de ça », a-t-il dit.

Joint au téléphone, aux environs de 15 h 47 mn, Alpha Abdoulaye Diallo n’était pas en état de réponde. « Je suis dans un bureau, je ne peux vous parler. Rappelez-moi vers 18 heures », a laissé entendre le directeur de publication de l’hebdomadaire Le Populaire.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. 628 17 99 17

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Guinée : la Commission de suivi du code de bonne conduite des partis politiques sonne le tocsin

3 avril 2019 à 16 04 39 04394

La Commission de Suivi du Code de Bonne Conduite des partis politiques en Guinée (CSCBC) a fait une déclaration ce mercredi, 03 avril 2019, à la maison de la presse de Coléah. La démarche visait à faire l’analyse de la situation sociopolitique liée au respect dudit code, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

A l’entame de sa communication, le et porte-parole du directoire de la commission s’est tout d’abord félicité de l’installation effective des exécutifs et conseils communaux. Ensuite, Mamadou Fofana du PEDN (Parti de l’Espoir pour le Développement National) a dit que « le directoire, dans son rôle de veille, de consolidation de la paix et de renforcement de la culture démocratique, a relevé quelques constats dont entre-autres :

Le retard dans l’installation des exécutifs communaux, le retard dans la désignation et l’installation des conseils de quartiers et districts, le retard dans l’élection et l’installation des conseils régionaux, le choix d’une solution politique en lieu et place de l’application de la loi à la faveur de l’élection.

Et, l’installation de certains exécutifs communaux a provoqué de nouvelles violences dans plusieurs localités du pays, la nature et la qualité des opérations d’installation des exécutifs communaux a remis en cause la crédibilité des élections et la légitimité de certains élus.

La faible visibilité ou le manque d’informations régulières sur le chronogramme d’installation des exécutifs communaux a exacerbé le climat de méfiance entre l’ensemble des acteurs d’une part, et d’autre part, entre les partis en lice, la politisation à outrance, la corruption et l’intimidation ont influencé négativement le processus électoral à certains niveaux ».

En outre, la prorogation du mandat des députés et le retard dans la publication du rapport ’audit du fichier électoral par la CENI ont été autres points évoqués par la commission. « Le directoire de la Commission de Suivi du Code de Bonne Conduite des partis politiques observe avec une attention soutenue la situation qui prévaut au niveau du parlement.

En effet, au terme du mandat de la législature actuelle, et vu que les élections n’ont pas pu être organisées à date, contrairement aux dispositions de l’article 2 du Code de Bonne Conduite, la Cour Constitutionnelle a prorogé la législature jusqu’à l’organisation des élections législatives prochaines.

La nouvelle CENI, récemment recomposée à la faveur de la promulgation de la loi L/2018/044/AN, tarde à annoncer son projet de chronogramme électoral et ce, depuis son installation intervenue le 21 janvier 2019. Dans le souci d’une bonne préparation des élections législatives, le directoire constate le retard lié à la publication des résultats de l’audit du fichier électoral réalisé en 2018 », a laissé entendre Mamadou Fofana.

Pour corriger les imperfections constatées, la commission a fait des recommandations à l’endroit de tous les acteurs impliqués dans la vie sociopolitique guinéenne :

·     A l’Assemblée Nationale, procéder à la réforme de la loi électorale guinéenne avant les prochaines échéances électorales, ce, au regard des anomalies, ambiguïtés et limites constatées dans l’application du code électoral actuel.

·     Au  Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), aux partis politiques et aux listes indépendantes, veiller à l’application des dispositions des articles 99, 100, 101, 103 et 104 du code électoral révisé de 2017 dans le processus de désignation et d’installation des membres des conseils de quartiers et de districts.

·   Au MATD et aux conseils communaux, organiser les élections des conseils régionaux et du conseil  de ville pour la zone spéciale de Conakry, conformément aux dispositions des articles 115, 116 et 118 du code électoral révisé de 2017. Diffuser à temps et respecter le chronogramme lié à l’installation des membres des conseils de quartiers et de districts.

·    Aux partis politiques, respecter et vulgariser le code de bonne conduite des partis politiques signataire.

·    A la CENI et au MADT, publier les résultats de l’audit du fichier électoral réalisé en 2018, procéder à un nouveau recensement général des électeurs conformément aux dispositions du code électoral, assurer le respect de la qualité et le mode de conservation des pièces justificatives des électeurs enrôlés, assurer la protection des données collectées conformément aux lois nationales, sous-régionales et internationales en matière électorale et de la sécurité des personnes, organiser les élections législatives dans les plus brefs délais ».

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Affaire 3ème mandat : le Front National pour la Défense de la Constitution lancé à Conakry

3 avril 2019 à 16 04 24 04244

La mobilisation contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé a connu une étape importante ce mercredi, 03 avril 2019. Un mouvement anti-troisième mandat dénommé Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) a été lancé officiellement aujourd’hui.

Il est composé des Forces Sociales de Guinée, des principaux opposants du régime en place, des défenseurs des droits de l’Homme et des syndicats. A l’occasion de la cérémonie de lancement qui a eu lieu au siège de la PCUD, à Kipé Dadya, en présence des opposants Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Dr Ousmane Kaba, Me Abdoul Kabèlè Camara…, Abdourahmane Sanoh, le président de la PCUD et leader des Forces Sociales, a lu une déclaration devant les médias.

Dans cette déclaration, le Front National pour la Défense de la Constitution « met en garde contre le recul démocratique et les graves risques encourus pour la stabilité et la sécurité en Guinée et dans la Sous-région, ainsi que le chaos qui pourrait en résulter ».

Il dénonce « un projet de Coup d’Etat civil mal inspiré, une provocation de trop envers notre Peuple », et appelle les Guinéens « à la mobilisation en vue d’une farouche opposition au troisième mandat ».

  DECLARATION 001.FNDC.19

Le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) préoccupé par la volonté d’accaparement du pouvoir d’Etat par le Président de la République, M. Alpha Condé, met en garde contre le recul démocratique et les graves risques encourus pour la stabilité et la sécurité en Guinée et dans la Sous-région, ainsi que le chaos qui pourrait en résulter.

Les promoteurs du changement de Constitution, un groupuscule d’individus réputés pour leur cynisme, doivent savoir que leur projet de Coup d’Etat civil mal inspiré, est une provocation de trop envers notre Peuple, dont la patience au cours des Huit dernières années n’était que sagesse.

Mesurant la progression de la détérioration de la situation sociopolitique et au regard des actes d’intimidation par une justice soumise, à l’égard de ceux qui s’opposent légitimement au troisième mandat, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) :

Prend à témoin l’opinion nationale et la communauté internationale sur les graves conséquences possibles, si les mesures conséquentes ne sont pas prises dès maintenant pour contenir et anéantir cette volonté de troisième mandat ou de glissement de mandat ;

Appelle toutes les Guinéennes et tous les Guinéens à la mobilisation en vue d’une farouche opposition au troisième mandat, par une manœuvre de quelques individus véreux qui vivent de la misère de nos compatriotes ;

  • Demande à Monsieur le Président, Monsieur Alpha Condé de renoncer instantanément à toute ambition de s’éterniser au pouvoir en violation de la constitution et de ses serments devant le peuple lors de ses investitures ;
  • Mets en garde toutes les personnes complices de cette manœuvre qui répondront de leurs actes devant les juridictions compétentes ;
  • Appelle le peuple au calme et à la sérénité habituelle et l’invite à ne pas céder à la provocation face à l’appel du 24 Mars 2019 du Président Alpha Condé à l’affrontement ;
  • Exhorte le Peuple à la vigilance et l’invite à être prêt à répondre au mot d’ordre ;
  • Invite tous les citoyens guinéens partout sur le territoire national et dans le monde à taire leur divergence pour la circonstance pour créer des cellules citoyennes contre le troisième mandat, une imposture de trop.

Dans les jours à venir des actions seront menées pour sauver la constitution de la République.

Conakry, le 03 avril 2019

Le Front National pour la Défense de la Constitution

(FNDC)

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N’zérékoré : les boulangers et pâtissiers mettent en place leurs antennes locales

3 avril 2019 à 15 03 21 04214

La Coopérative Nationale des Boulangers et Pâtissiers de Guinée (CONABPAG) continue de mettre en place ses antennes à l’intérieur du pays. Après Kindia, Mamou et Faranah, la CONABPAG a posé ses valises à N’zérékoré où elle a procédé à la mise en place de ses antennes locales.

La cérémonie, organisée hier mardi, 02 avril 2019, a connu la présence des membres du bureau national, de la chambre régionale du commerce de Conakry, des autorités administratives et communales, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

C’est la maison des jeunes de N’zérékoré qui a servi de cade à cette assemblée générale élective qui a permis de mettre en place l’antenne régionale et préfectorale de la CONABPAG. Une centaine de boulangers, vendeurs de pains et pâtissiers, venus de partout de la région de N’zérékoré, ont pris part à la rencontre.

Après les souhaits de bienvenue du représentant du maire, l’honneur est revenu au nouveau président régional de la CONABPAG de planter le décor. Selon Mamadou Samba Diallo, « cette mobilisation traduit l’adhésion de l’ensemble des boulangers aux objectifs de la Coopérative Nationale des Boulangers et Pâtissiers de Guinée.

Je prends ici l’engagement solennel que le bureau qui sortira de cette assemblée travaillera étroitement avec l’ensemble des autorités de N’zérékoré pour une meilleure satisfaction de tous. J’invite par la même occasion l’ensemble des boulangers et pâtissiers de notre région à s’unir davantage autour d’un même objectif qui est celui de l’entente et de l’amour pour une franche et loyale collaboration afin de développer notre noble mission ».

Pour sa part, le président national de la CONABPAG, Mamadou Adama Diallo, est revenu sur le rôle assigné à sa structure à savoir, défendre les intérêts matériels et moraux des membres dans le strict respect de la loi et contribuer au développement et à la quiétude sociale dans le pays.

Pour monsieur Diallo, « ces objectifs sont tirés d’un constat sur le terrain et auprès des membres de la CONABPAG qui sont entre-autres, assurer une fourniture correcte, et au quotidien, aux populations guinéennes d’une gamme variée de pains de qualité, d’un poids normal et d’un prix abordable ; renforcer les mesures d’hygiène sur toute la chaîne de fabrication et commercialisation… »

Prenant la parole, le directeur de cabinet du gouvernorat de N’zérékoré, Jean Smith Sandy, a salué le bon déroulement de cette assemblée régionale tout en invitant la CONABPAG à soutenir les actions du chef de l’État avant de lancer une invite aux membres des deux bureaux installés à se mettre ensemble. « Le président de la République est entrain de vous soutenir. Avant l’avènement du professeur Alpha Condé au pouvoir, il y avait qu’une seule usine de production de farine en Guinée. Et, le sac de farine coûtait 340 000 GNF.

Aujourd’hui, pour vous et avec vous, il est entrain de créer d’autres usines, d’autres moulins et aujourd’hui on a trois usines et le chef de l’État a même interdit l’importation de farine pour vous permettre de consommer guinéen, comme il a toujours dit. Alors, j’invite les membres des bureaux qui viennent d’être installés à vous entendre, à vous donner les mains pour encourager le chef de l’État à faire venir les bailleurs de fonds, les investisseurs pour développer notre pays ».

À noter que le bureau de l’antenne préfectorale de N’zérékoré est composé de 15 membres avec 3 conseillers, dont une femme. Celui régional compte 17 membres avec 5 conseillers, dont 2 femmes. Ils sont élus pour un mandat de 3 ans renouvelable.

Les prochaines étapes de cette installation des antennes de la CONAPABG sont les régions de Kankan, Labé, Boké et Conakry.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo LAMAH pour Guineematin.com

Tél :(00224) 620 16 68 16/666 89 08 77

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Musique : Cellcom Guinée apporte son soutien au groupe Espoir de Kakandé

3 avril 2019 à 14 02 10 04104

Le groupe artistique Espoir de Kakandé va sortir son nouvel album, intitulé « KAKANDE » , le vendredi 05 avril 2019. Ça sera à l’occasion d’un concert-dédicace qui se tiendra au Palais du peuple de Conakry. Cet événement culturel est sponsorisé par la société de téléphonie mobile Cellcom Guinée, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

En conférence de presse ce mercredi, 03 avril 2019, les acteurs concernés (les artistes, G4LIFE MUSIK, BOUBA DENTISTE TV5 et Cellcom Guinée) ont annoncé les couleurs de l’événement. Selon l’artiste comédien Salifou Camara, alias Action Kolo, membre du groupe Espoir de Kakandé, « ce concert, c’est aussi une occasion pour nous de jouer la comédie et d’amuser le public avec des chansons qui rappellent les valeurs du terroir ».

A en croire les organisateurs, composés de G4LIVE et BOUBA DENTISTE TV5, outre le groupe Espoir de Kakandé, plusieurs autres artistes guinéens seront présents à ce concert pour égailler le public. « Lamina Ninja de Paris, Djibrila Soumah Koumi, Petit Kandja, Bouba Touré Moria Foté, Petit Camara, Goder le révolutionnaire, Alsény Déco Bangoura, Alsény Cisco, Med Zaon Yimbaya,…ont tous confirmé leur présence, le vendredi 05 avril 2019, au Palais du peuple », ont-ils annoncé.

Cellcom Guinée qui est le sponsor officiel de ce concert sera également au rendez-vous. Et, la société de téléphonie mobile apprécie bien le travail de ce groupe. « Cellcom salue le travail de ce groupe qui joue de la musique traditionnelle qui utilise la cora, le balafon, le tamtam pour jouer. Nous soutenons la musique guinéenne et nous invitons tous nos abonnés Cellcom à venir nombreux à ce concert », a lancé Maïmouna Maréga, la cheffe du département marketing communication de Cellcom Guinée.

A noter que l’album « KAKANDE » du groupe Espoir de Kakandé, composé des artistes comédiens et chanteurs Salifou Camara alias « Action Kolo » et Lamine Camara, alias « Protocole d’Etat », est composé de 14 titres.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 45

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Manque de courant à Sangarédi : le maire de la ville appelle à la patience

3 avril 2019 à 12 12 26 04264

Depuis quelques semaines, la desserte du courant électrique a connu une nette dégradation à Sangarédi, dans la préfecture de Boké. La centrale électrique qui desservait cette localité minière s’est arrêtée, et les groupes qui ont pris le relais sont loin de couvrir la demande en électricité. Les habitants de la ville se plaignent de cette situation et les autorités appellent à la compréhension, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Depuis de très longues années, la ville de Sangarédi est desservie en électricité 24/24h. Mais actuellement, la situation est bien différente. Les habitants de certains quartiers peuvent passer une semaine sans voir le courant dans leurs foyers. Une situation qui leur rend la vie difficile, explique Amadou Oury Diallo, un citoyen de la localité.

« Sangarédi, sans le courant, est invivable. Nous on est là actuellement, malgré nous. C’est une zone bauxitique et il fait très chaud. Ici, sans le courant, on n’a même pas d’eau. En ce moment, on boit l’eau de puits. C’est impossible d’avoir de l’eau fraîche », confie notre interlocuteur.

Et, cette situation affecte sérieusement les activités des citoyens. Sékou Amadou Sylla, menuisier, peine à travailler sans électricité. « J’ai un atelier où j’ai sérieusement besoin de courant pour travailler. S’il n’y a pas de courant, mon travail est très ralenti. C’est pourquoi, je n’arrive pas à respecter actuellement les délais que je donne à mes clients. Et, quand je ne travaille pas, je ne peux pas avoir de l’argent », a-t-il dit.

Selon le maire de Sangarédi, Mamadou Houdy Bah, ce manque de courant est dû à une panne survenue au niveau de la centrale électrique installée par la CBG, qui fournit du courant à la ville. « Les installations sont très vieillissantes. Ces machines qui sont usées sont tombées en panne. Pour trouver les pièces de rechange, il faut commander de très loin. Et, l’acheminement peut prendre du temps », explique la maire.

Mamadou Houdy Bah appelle donc les citoyens à la compréhension et à la patience. « Je dirais à la communauté de Sangarédi de se rappeler que la CBG n’a jamais refusé de nous donner le courant. Nous appelons à leur compréhension, à leur sagesse et nous leur demandons de patienter jusqu’à ce que les machines reprennent le régime habituel », a exhorté le maire de Sangarédi.

De retour de Sangaredi, Abdourahmane N’Diaré Diallo pour Guineematin.com
Tel. 628-98-49-38

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Conakry : accusé d’avoir pendu sa copine, un menuisier s’explique devant le TPI de Dixinn

3 avril 2019 à 10 10 54 04544

Le menuisier Sékou Camara, poursuivi pour avoir pendu sa copine, Aïcha Soumah, a été entendu hier mardi 02 avril 2019, au tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la mairie de Ratoma. L’accusé, qui aurait commis ce meurtre en 2016 au quartier Sonfonia, dans la commune de Ratoma, a nié les faits, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’acte criminel pour lequel Sékou Camara est poursuivi aurait eu lieu à son domicile, à Sonfonia, le 7 juin 2016. Il est aussitôt mis aux arrêts avant d’être placé sous mandat de dépôt, trois jours plus tard.

A la barre du tribunal criminel de Dixinn, Sékou Camara a rejeté les faits de meurtre par pendaison mis à sa charge. Il est longuement revenu sur les circonstances dans lesquelles cet incident malheureux est intervenu. « Ce qui est arrivé, Aïcha voulait voyager. Elle est allée jusqu’à Accra, où elle a eu des difficultés. Elle a fait hôtellerie, et elle avait besoin de 8 millions de FG pour continuer son voyage.

Elle n’a pas pu obtenir cela. Elle m’a appelé pour me dire qu’elle n’est pas à l’aise et qu’elle va retourner en Guinée. Elle m’a dit que sir elle rentre, elle ne va plus aller chez ses parents, mais qu’elle veut rester chez moi. C’est ainsi qu’elle est venue. J’ai vu son état, j’ai essayé de remonter son moral », a dit l’accusé.

Dans ses explications, Sékou Camara a rappelé à quels moments la situation a commencé à se détériorer entre eux. « Deux semaines après sa venue chez moi, le mois de Ramadan est arrivé. Je lui ai dit que, comme c’est le mois de Ramadan qui arrive, tu vas aller rester chez ta grande sœur car tu es chez moi, mes parents ne sont pas au courant et tes parents non plus ne le savent pas. C’est ainsi que le premier jour du mois de Ramadan, de 16 h à 17 h, j’étais avec elle.

A 17 h, elle m’a dit d’aller chercher des œufs pour qu’elle nous prépare la rupture. Après ça, je suis allé à la prière. A mon retour, j’ai acheté le pain pour nous. Je suis venu à la maison, je n’ai pas trouvé Aïcha dans la chambre. J’ai fouillé toutes les chambres, je ne l’ai pas vue. Je l’ai appelée au téléphone, ça sonnait. Mais, personne ne décrochait. C’est ainsi que je suis venu vers la véranda, j’ai l’ai trouvée suspendue avec son foulard au niveau des antivols. Ses habits au sol. Je pensais qu’elle voulait m’effrayer.

C’est ainsi que j’ai pris des ciseaux pour couper le foulard et elle est tombée inerte. J’ai tiré le corps pour le faire rentrer dans la chambre. J’ai appelé sa sœur pour l’informer et elle est venue avec sa famille et des gendarmes. Ils m’ont amené au commissariat central de Sonfonia où je suis resté pendant deux jours avant d’être transféré à la maison centrale », a-t-il raconté.

En outre, Sékou Camara a juré devant le tribunal qu’il ne peut pas avoir le courage d’ôter la vie à cette fille qu’il a tant aimé et qui lui a fait deux enfants. « Aïcha Soumah est ma copine. On s’est connu depuis longtemps. Elle a fait 2 enfants pour moi. Je regrette aujourd’hui son décès, car on avait un projet de mariage.

On ne voulait pas que quelqu’un d’autre élève nos enfants. Donc, je ne sais pas comment cela est arrivé. Car, moi je ne peux pas avoir le courage de donner la mort à cette fille que j’ai tant aimé et qui a fait 2 enfants pour moi », a soutenu l’accusé à la barre.

Le tribunal a renvoyé l’affaire au mardi, 09 avril 2019, pour la comparution de la partie civile.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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Avis de décès !

3 avril 2019 à 9 09 52 04524

Les familles Sow Diallo de Matara Labé, Coumbassa, Robalo, Bah, parents, amis et alliés, ont le regret de vous annoncer le décès de leur maman, tante, grand-mère, soeur ,…madame Coumbassa née Hadja Hawaou Diallo.

Décès survenu le jeudi 28 mars 2019 à son domicile à la cité Sangoayah à l’âge de 72 ans. La défunte a occupé les postes ci-après : Directrice nationale adjointe de la promotion féminine ; conseiller chargé du tourisme au ministère du commerce, tourisme et hôtellerie ; Secrétaire général du ministère des affaires sociales de la promotion féminine et de l’enfance.

Une lecture du saint coran est prévue le vendredi 05 avril 2019 après la prière de 14 heures à son domicile à la cité Sangoyah, à coté de la mosquée. Paix à son âme !

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Prise du pouvoir par l’armée, le 03 avril 1984 : les souvenirs de Boubacar Yacine Diallo

3 avril 2019 à 8 08 18 04184

Ce mercredi, 03 avril 2019, marque le 35ème anniversaire de la prise du pouvoir par l’armée guinéenne avec à sa tête, à l’époque, un certain colonel Lansana Conté. L’armée prenait ainsi le pouvoir après les 26 ans de règne du PDG-RDA, suite à la mort du président Ahmed Sékou Touré. Un tournant décisif dans la tumultueuse histoire de la Guinée.

Pour comprendre ce qui s’est passé ce jour, un reporter de Guineematin.com a tendu son micro à Boubacar Yacine Diallo, ancien ministre de la communication, actuellement vice-président de l’INDH (Institution Nationale Indépendante des Droits Humains). A la prise du pouvoir par l’armée, monsieur Diallo était jeune reporter à Radiodiffusion Télévision Guinéenne. Il a été parmi les tout premiers à pénétrer au tristement célèbre camp Boiro où des milliers de guinéens ont été embastillés.

Décryptage !

Guineematin.com : ce mercredi, 03 avril 2019 marque le 35ème anniversaire de la prise du pouvoir par les militaires en Guinée, le 03 avril 1984. Vous avez été témoin oculaire de cette journée, racontez-nous ce qui s’est passé ce jour-là.

Boubacar Yacine Diallo : ce jour-là, assez de choses se sont passées à l’intervalle d’une journée. Je voudrais rappeler que l’armée a pris le pouvoir à 07 heures du matin. Habituellement, c’est tard la nuit, mais les militaires ont décidé d’attendre 07 heures, parce que la radio nationale ouvrait habituellement à 06 heures. Donc, ils ont décidé d’attendre 07 heures.

A 7 heures, une musique militaire est passée à l’antenne, suivie du communiqué numéro 1 lu à l’époque par le capitaine Facinet Touré ; une voix percutante qui annonçait la fin du régime Sékou Touré et qui annonçait en même temps l’arrivée des militaires au pouvoir. Et déjà, des militaires qui promettaient la construction d’un Etat de droit et de libéralisme économique…

Guineematin.com : justement, qu’est-ce qui a changé en Guinée après cette prise du pouvoir par l’armée ?

Boubacar Yacine Diallo : tout de suite, ce qui a changé, c’est que les militaires ont décidé d’ouvrir le cachot du Camp Boiro et tous les pensionnaires, sans exception, ont été libérés. Cela juste après, c’est-à-dire aux alentours de 09 heures et 10 heures. Les portes impitoyables du Camp Boiro ont été ouvertes. J’ai bien le souvenir parce que j’étais jeune reporter, mais le hasard a voulu que je sois embarqué avec les grands journalistes de l’époque comme les Mamady Condé, Alkhaly Mohamed Soumah, Odilon Théa et puis quelques techniciens comme Cissé Watt, Moïse.

Et, Bago Zoumanigui, c’est lui qui a tiré trois coups de pistolet en l’air pour annoncer que les prisonniers étaient libres. Les grilles se sont ouvertes et c’est en ce moment qu’on a pénétré dans l’enceinte du Camp. On a vu des scènes horribles dans les cellules. Des gens qui ont écrit avec leur propre sang et d’autres d’ailleurs avec leurs matières fécales, je m’excuse du terme mais c’est de la réalité de l’histoire. Cela arrachait moins de larmes et plus d’horreur.

Tous ces pensionnaires ont été libérés pour ceux qui pouvaient marcher encore. Les autres ont été envoyés à l’hôpital Donka, qui est plus proche, et tous ceux qui étaient en bon état ont été transportés à travers des bus vers le Camp Alpha Yaya Diallo. Et, c’est là où j’ai vu pour la première fois, le colonel Lansana Conté qui avait juste dit : « vous êtes libres, rentrez revoir vos familles et nous nous reverrons très prochainement ».

Après, lorsque nous avons replié pour venir en direction de la radiodiffusion qui se trouvait à Boulbinet, à la hauteur de Téminétaye, les femmes ont entonné la chanson : « Sâ barâ mafindi ». Et, Moïse qui était très alerte a pu capter ce son-là et il a été diffusé comme l’ode de la prise du pouvoir par l’armée.

Guineematin.com : vous parlez de cette prison, le Camp Boiro, où des milliers de guinées ont perdu la vie et jusqu’à nos jours, soit 35 ans après, justice n’a toujours pas été rendue. Etant aujourd’hui un défenseur des droits de l’homme, comment vous percevez cela ?

Boubacar Yacine Diallo : je voudrais déjà regretter la démolition des cellules. Je pense qu’on aurait dû les garder pour la mémoire collective de notre histoire, au-delà même du fait que des gens allaient venir là se recueillir en mémoire de la disparition de leurs proches. Je me souviens lorsqu’avec le Président Conté, nous avons été à Cuba, il a visité la prison où était détenu Fidel Castro et même son pot de toilette était encore là. Son unique livre était là.

Lorsque le Président Conté a visité cette cellule, il a coulé des larmes. Je pense que la Guinée aurait pu préserver ce monument. C’est tragique mais c’est notre histoire, et on aurait pu le réhabiliter. Malheureusement, il a été démoli et je pense que justice doit être rendue. Et, la meilleure façon de rendre justice, c’est de reconnaître à ces familles là le tort qui leur a été causé.

Elles pourraient ne pas oublier, mais elles pouvaient pardonner. Je pense que, où ce pouvoir actuel ou bien un autre, on devrait y faire face. Déjà, c’est une bonne chose que le Président actuel décide d’assumer tout le passé de notre histoire. Mais, je pense qu’au-delà de ça, il faut aussi poser des actes de nature à réconforter ces familles.

Guineematin.com : il y a l’association des victimes du Camp Boiro qui continue à réclamer au moins la mise en place de stèles à cet endroit et même au niveau du pont 8 novembre appelé pont des pendus ; mais, elle n’est toujours pas entendue. Quel est votre avis sur la question ?

Boubacar Yacine Diallo : je pense que c’est le minimum qu’on puisse leur offrir, parce que leurs papas ont été parfois des artisans de notre indépendance et ils ont occupé de très hautes fonctions. Les choses se sont mal terminées pour eux, et pour l’histoire, on devrait tout simplement les immortaliser comme toutes les autres victimes. Je pense que ce que ces familles demandent, c’est le minimum. On doit pouvoir le leur apporter.

Guineematin.com : quel est votre mot de la fin ?

Boubacar Yacine Diallo : je voudrais me souvenir du Général Lansana Conté, un haut gradé qui a pris le pouvoir et qui a pu démocratiser son pays. Il a permis à des partis politiques de se constituer, il a permis des élections, même contestées mais, qui ont quand même inscrit la Guinée dans les Etats qui respectent les principes d’Etat de droit et des libertés fondamentales.

Je voudrais aussi saluer son passage à la tête de la Guinée et qui a permis la libéralisation des ondes, l’audiovisuelle en particulier. Et, je suis tout admiratif au général Lansana Conté. Je prie Dieu pour qu’il repose en paix.

Propos recueillis par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél.622 68 00 41

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Trafic de drogue : un Bissau guinéen condamné à 5 ans de prison à Conakry

3 avril 2019 à 7 07 57 04574

Le Tribunal criminel de Mafanco a rendu son verdict ce mardi, 02 avril 2019, dans le procès du Bissau guinéen, Busna Ssun Daveiga Cabelol Nafanchanna, jugé pour trafic international de drogue. La juridiction a reconnu le jeune homme coupable des faits qui lui sont reprochés et l’a condamné à 5 ans de prison, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Environ deux ans après son arrestation (qui a eu lieu le 23 mai 2017) par les services anti-drogue guinéens, Busna Ssun Daveiga Cabelol Nafanchanna est fixé sur son sort. A l’issue de son procès en cours depuis plusieurs semaines, le Bissau guinée, âgé de 35 ans et père d’un enfant, a écopé de 5 ans de réclusion criminelle.

Le tribunal qui l’a reconnu coupable de trafic international de drogue, l’a condamné également au payement d’une amende égale au triple de la valeur des 89 boules de cocaïne saisies sur lui et ordonné la confiscation et la destruction des substances saisies. La juridiction a interdit aussi au condamné le territoire de guinéen, et cela, de façon définitive.

A rappeler que lors de son procès, Busna Ssun Daveiga Cabelol Nafanchanna avait reconnu sans ambages les faits pour lesquels il était poursuivi. Il avait déclaré qu’il a été chargé d’envoyer les 89 boules de cocaïne saisies sur lui en Guinée Bissau pour recevoir en contrepartie, un montant de 2 millions de francs CFA.

« Je suis allé au Brésil pour faire des achats. Donc, j’ai quitté le Brésil en passant par le Maroc pour arriver à Conakry. Une fois à l’aéroport de Conakry- Gbessia, les gens m’ont vu et ont demandé les raisons de ma venue à Conakry. Mais, on ne s’est pas compris, car je ne comprends pas français. C’est ainsi que j’ai été arrêté, puis envoyé dans un bureau pour les vérifications. J’avais 5 boules de cocaïne que j’ai vomies dans l’avion. Quand les agents ont vu ça, ils m’ont demandé et j’ai dit que c’est de la cocaïne. Ils ont vérifié et ils ont constaté que c’est de la drogue.

Du coup, j’ai été admis dans une clinique. Et c’est là-bas que j’ai évacué 84 boules de cocaïne que j’avais dans mon ventre. On m’avait donné 89 boules de cocaïne depuis le Brésil pour envoyer à quelqu’un en Guinée Bissau. Mais, je ne connaissais pas le monsieur en question. On lui avait juste donné ma photo et mon numéro de téléphone pour qu’il puisse me rencontrer une fois en Guinée Bissau. Dans cette affaire, je devais recevoir une somme de 2 millions de francs CFA comme récompense », avait expliqué l’accusé.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com
Tél:224623532504

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