« Faites des T-Shirt, des banderoles pour dire non au 3ème mandat », demande Fodé Oussou

13 avril 2019 à 18 06 30 04304

Le temps passe et le débat s’intensifie autour d’une modification de la Constitution pour permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG, s’est prononcé à nouveau sur cette question à l’occasion de l’assemblée générale hebdomadaire de l’UFDG de ce samedi, 13 avril 2019. L’opposant a invité les militants de son parti à répondre coup sur coup aux promoteurs d’un troisième mandat pour Alpha Condé, a constaté Guineematin.com à travers ses reporters qui étaient sur place.

C’est avec un T-shirt estampillé « Non au 3ème mandat » que Dr Fodé Oussou Fofana est apparu ce samedi au siège de l’UFDG. L’opposant qui a présidé à l’assemblée générale du principal parti d’opposition du pays, a appelé les militants de la formation politique à faire comme les promoteurs d’une nouvelle Constitution. C’est-à-dire, confectionner aussi des T-Shirts, banderoles et pancartes pour dire non au troisième mandat.

« Sur le 3ème mandat, ce que je vous demande, c’est de faire des T-shirts pour dire Non au 3ème mandat. Vous portez vos T-shirts et vous allez en ville. Faites des banderoles, affichez vos banderoles. Si on descend vos banderoles, vous descendez les banderoles des pyromanes. La Guinée nous appartient tous. Quelqu’un peut nous intimider ici ? Si tu veux un 3ème mandat, c’est ton problème. Nous, nous ne voulons pas d’un 3ème mandat et on va manifester », a dit l’opposant.

Pour lui, en tentant de modifier la Constitution pour briguer un nouveau mandat, le président Alpha Condé devient comme un putschiste. « Une nouvelle Constitution, c’est comme un coup d’Etat, il n’y a aucune logique. C’est comme si monsieur Alpha Condé est devenu Samuel Doe ou Moussa Dadis Camara.

Il faut un militaire pour faire un coup d’Etat et dire que la constitution est suspendue. Ce que je vous demande, vous qui êtes sur les réseaux sociaux, faites la liste des gens qui font la promotion du 3ème mandat. Il faut les identifier, les regrouper pour que les gens sachent quels sont les ennemis du peuple de Guinée », a demandé Fodé Oussou Fofana.

L’autre sujet abordé par le président de l’UFDG au cours de cette assemblée générale, c’est bien la mise en place des conseils des quartiers qui tarde encore à intervenir. L’opposant annonce que si le pouvoir refuse d’installer les élus, son parti installera les siens.

« Je vous demande de faire la liste des quartiers où nous avons gagné et nous allons donner un délai à Boureima Condé et à Alpha Condé, pour dire que si les chefs de quartiers ne sont pas installés, nous allons installer nos chefs de quartiers. On ne peut pas se battre, faire la campagne, gagner les quartiers et que quelqu’un décide à notre place », prévient Dr Fodé Oussou Fofana.

Alpha Assia Baldé et Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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L’UFR à l’offensive : « allez gâter toute cérémonie pour le 3ème mandat »

13 avril 2019 à 18 06 21 04214

La naissance des mouvements pro et anti troisième mandat pour le président Alpha Condé continue d’alimenter les débats dans la cité. Ce sujet d’actualité, qui fait couler actuellement beaucoup d’encre et de salive, a polarisé les débats au siège de l’Union des Forces Républicaine(UFR) ce samedi, 13 avril 2019, à l’occasion de son assemblée générale, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette rencontre politique a été présidée par le responsable de la communication de l’UFR, Ahmed Tidiane Sylla, entouré des membres du bureau politique national.

Dans son discours, le responsable de la jeunesse de l’UFR, Aly Badara Koné, a pris la parole pour vanter les actes des citoyens qui s’opposent aux mouvements des pros troisième mandat ou de modification de la Constitution. «Je remercie les citoyens et les jeunes qui, à travers le pays, sabotent les rassemblements pro-troisième mandat.

Dès que vous apprenez qu’ils organisent une cérémonie pour le troisième mandat, allez gâter la cérémonie. C’est pourquoi, je dis chapeau aux citoyens de Matam, de Bonfi, aux citoyens de Coyah et de Boké qui se sont vigoureusement opposés aux opportunistes du 3ème mandat », a-t-il lancé.

Par ailleurs, Aly Badara Koné s’est ouvertement insurgé contre la banderole accrochée au palais du peuple, siège du parlement guinéen. Il demande aux députés d’enlever ladite banderole. « Je demande aux députés qui siègent à l’Assemblée Nationale de tout faire pour enlever la banderole qui incite la promotion du 3ème mandat. Les députés ne sont pas des citoyens qu’on peut interpeller à tout moment.

C’est un citoyen spécial. Donc, je leur demande de porter leurs tricolores, et comme parmi eux, il y a des jeunes, ils montent pour faire descendre cette banderole affichée à la façade du palais où siège les députés. Il n’y a aucun policier en République de Guinée, il n’y a aucun gendarme en République de Guinée, qui peut empêcher un député de faire ça », pense-t-il.

En outre, Badra Koné a laissé entendre que l’Assemblée Nationale ne doit pas faire la promotion d’un parti politique. « Si l’Assemblée Nationale fait la promotion d’un parti, elle cesse d’être l’Assemblée Nationale. Aucun intellectuel, aucun homme réfléchi, aucun patriote, ne peut se permettre de mettre de telles affiches au Palais du Peuple qui abrite l’Assemblée Nationale. Ceux qui ont fait ça sont des dictateurs, des apatrides, des inconscients », a-t-il martelé.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620 589 527/654 416 922

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N’zérékoré : une trentaine d’élèves et d’étudiants à l’école de la lute contre le VIH/Sida

13 avril 2019 à 17 05 42 04424

Le Centre d’Ecoute, de Conseil et d’Orientation des Jeunes (CECOJE) de N’zérékoré, en collaboration avec le comité régional de lutte contre le VIH SIDA, a organisé ce samedi, 13 avril 2019, un atelier de formation des jeunes sur l’intégration de l’éducation sexuelle en milieu scolaire et universitaire. Présidée par l’inspecteur régional de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, la rencontre vise à mettre en place et à former des clubs scolaires et universitaire de santé dans certaines établissements de N’zérékoré, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Ils sont au total 34 jeunes et encadreurs, venus des différents clubs antisida installés dans les établissements scolaires et universitaire de N’zérékoré à prendre part à cette rencontre.

Sékouba Traoré

Selon Sékouba Traoré, responsable du CECOJE local, « le gouvernement a prévu l’intégration de l’éducation sexuelle en milieu scolaire et universitaire. Nous, en tant que structure de base, nous devons contribuer à cette initiative de l’État qui consiste à faciliter l’intégration de l’éducation sexuelle en milieu scolaire et universitaire. Donc, c’est pour cela que nous nous avons décidé, en collaboration avec le comité national de lutte contre le Sida, à travers sa direction régionale, de mettre en place les clubs antisida au niveau des établissements scolaires et universitaire qui ne seront composés que des élèves et des étudiants, qui auront pour mission de sensibiliser et de mobiliser leurs collègues mais aussi de leurs parents en vue de faire la promotion de l’éducation à la santé sexuelle et reproductive dans les écoles et dans leurs familles respectives ».

Dr Diawara Foussény

Prenant la parole, Dr Diawara Foussény, coordinateur régional adjoint du comité national de lutte contre le sida, a donné un aperçu général du VIH/SIDA dans le monde avant de faire la situation du virus dans la région de N’zérékoré. « Aujourd’hui, la stratégie mondiale portant sur le VIH gravite autour de trois objectifs : 90% de la communauté doit pouvoir connaître son statut d’ici 2020, les 90% qui connaissent leur statut doivent être mis sur ARV (Anti Rétro Viraux), et les 90% des personnes mises sur ARV doivent avoir un taux de Virus dans le sang qui est presque négatif. Et pour atteindre ces objectifs, il faut miser sur la prévention, et le volet le plus important de la prévention, c’est le dépistage. Donc, on doit inviter, exhorter la communauté d’aller vers les structures sanitaires pour se faire dépister. Aujourd’hui, nous avons plus de 133 000 personnes sous ARV (médicament contre le VIH). Après la région de Conakry, N’zérékoré est la deuxième région la plus infectée du VIH, selon tous les rapports. Donc, je vous invite à transmettre ce que vous avez appris ici à la communauté », a lancé Dr Diawara.

N’Daye Bibatou

Pour sa part, N’Daye Bibatou, étudiante à l’Université de N’zérékoré, département Mathématiques, au nom de ses camarades, a remercié les organisateurs avant de promettre de partager les connaissances acquises à cet atelier. « Nous sommes très contents de la qualité de cette formation, parce que ça y va de notre intérêt, étant jeunes filles et jeunes hommes, parce que connaître les causes et les conséquences des maladies sexuellement transmissibles afin de sensibiliser les jeunes qui propagent actuellement les IST, est un atout. Alors, au retour dans nos différents établissements, nous allons transmettre ce que nous avons appris ici à nos collègues et nos communautés respectives afin de pousser les jeunes à se faire dépister », a promis l’étudiante.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo LAMAH pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 620 16 68 16/666 89 08 77

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Tirage au sort de la CAN 2019 : les Guinéens très confiants

13 avril 2019 à 17 05 19 04194

Les équipes qualifiées à la CAN 2019 connaissent désormais leurs adversaires lors des phases finales de cette compétition continentale. La Guinée va affronter le Nigeria, le Burundi et Madagascar. Les quatre équipes se sont retrouvées dans la poule B à l’issue du tirage au sort effectué dans la soirée d’hier, vendredi 12 avril 2019. Ce tirage est-il favorable pour le Syli national ? Un reporter de Guineematin.com a posé la question à certains habitants de Conakry. Nous vous livrons ci-dessous ce qu’ils en disent.

Décryptage !

Ousmane Barry, gérant d’un bar café : je pense qu’avec cette poule, la Guinée pourra franchir le cap du premier tour. Mais, l’objectif de la Guinée n’est pas seulement de dépasser le premier tour. L’objectif du Syli doit être de jouer la finale ou au moins les demi-finales. On a toujours joué les quarts de finale mais on n’est jamais parvenu à dépasser ce stade. Cette fois, on a des joueurs qui évoluent dans des bons clubs européens. C’est pourquoi je pense que ce groupe est vraiment jouable et que la Guinée à de fortes chances d’aller plus loin.

Kalil Kaba, chauffeur : j’espère bien que la Guinée va sortir de ce groupe sans problème. C’est vrai que le Nigeria est favori sur papier, mais la Guinée aussi peut dominer le Burundi et Madagascar pour être au moins deuxième et se qualifier pour le tour suivant.

Abdoul Kader Kourouma, professeur d’Histoire : j’ai suivi le tirage avec intérêt, je me dis que chaque équipe a une opportunité à saisir. Si nous regardons notre poule, on peut se dire qu’on pourra bien faire quelque chose. Je crois que dans notre poule, le Nigeria est naturellement favori. Mais à côté, si nous écartons le Nigeria, je crois que la Guinée est mieux placée pour prendre la deuxième place. Mais puisque c’est une compétition de football, tout est possible.

Moi je me dis que si on regarde un peu les potentialités du Nigeria et de la Guinée, on peut dire qu’avec l’apport des binationaux, nous avons une chance à saisir et qu’on peut même sortir premier de cette poule. Le syli national, ce qui me soulage maintenant, on a à faire à une nouvelle génération de joueurs qui, non seulement sont instruits mais aussi les joueurs, pour la plupart, ont suivi la formation dans des centres de formation en Europe. Donc je me dis que les mentalités ont évolué, il y a l’esprit d’émancipation. Il n’y a plus ce problème de ce qu’on appelle le clan qui existait auparavant dans le groupe qui peut jouer sur la performance de l’équipe.

Saïfoulaye Barry, diplômé sans emploi : au regard de cette poule, je me dis que la Guinée va s’en sortir et qu’elle passera pour le second tour. La Guinée a les atouts qui lui permettent de se qualifier et même de remporter la CAN. Cette fois-ci je porte une grande confiance à l’équipe nationale de Guinée. On n’avait jamais eu une équipe avec autant de joueurs qui évoluent dans des grands clubs en Europe. Donc, je pense qu’on peut même battre le Nigeria et se classer premier de ce groupe.

Propos recueillis par Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Guinée : lancement d’une plate-forme de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme

13 avril 2019 à 16 04 53 04534

L’association guinéenne pour la transparence (AGT) a procédé ce Samedi, 13 avril 2019, au lancement d’une plateforme numérique de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. La cérémonie s’est déroulée à l’hôtel de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, en présence du ministre de l’Unité nationale et de la citoyenneté, Elhadj Mamadou Taran Diallo, qui a présidé les travaux dudit lancement, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Financée par l’Union européenne et administrée par ‘’Transparency internationale’’, la plateforme numérique de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme regroupera en son sein, des informations de sept pays de l’Afrique de l’ouest. Mais, pour le moment, c’est seulement la Guinée et le Nigéria qui ont encore réussi à finaliser leurs plateformes.

Selon l’association guinéenne pour la transparence, le but de cette plateforme est de suivre le progrès des pays dans la mise en œuvre de standards internationaux et des engagements pris par les autorités nationales en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux ; mais aussi de permettre aux journalistes d’investigation d’avoir accès à des informations et analyses faites par les ONG ; et, enfin, de permettre au public de trouver les ressources nécessaires en un seul endroit.

« Dans cette plateforme, on trouve des normes et des recommandations cruciales obtenues à travers une enquête réalisée auprès des acteurs impliqués dans la lutte contre le blanchiment des capitaux en Guinée », a indiqué Oumar Diallo le président de l’association guinéenne pour la transparence.

Pour le président de la cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) de Guinée, Koly Mara, les pays sont actuellement sous la menace des criminels financiers. Et, soutient-il, « chaque pays doit prendre des dispositions pour être moins vulnérable. Et, lorsqu’un pays ne prend pas les mesures préventives, cela permet aux criminels financiers de venir investir de l’argent sale. Et, tout le monde sait que l’argent sale tue l’économie ».

Pour sa part, le ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté a commencé par rappeler que la Guinée dispose déjà d’une loi anti-corruption. Mais, soutient-il, il va falloir se battre pour la mise en œuvre de toutes les réglementations.

Par ailleurs, le ministre Elhadj Mamadou Taran Diallo a présenté cette plateforme comme une source de sécurité pour les journalistes d’investigations.

« Le fait qui nous réunit aujourd’hui est un thème d’actualité et une préoccupation partagée… Il va falloir qu’on continue à créer, développer et renforcer une presse d’investigation dans notre pays. Parce qu’au lieu qu’il y ait de la calomnie, de la dénonciation simple, comme cette plateforme va être mise en place, nous avons des professionnels de médias capables de récolter des faits, de détenir ces faits et de les afficher quelque part. Quel que soit l’article qui est produit ou l’attaque qui aura été faite après, lorsque vous êtes motivés, ce sera d’abord la propre promotion du journaliste, sa sécurité et ça sera aussi une source d’information importante pour les utilisateurs que nous sommes », a dit Elhadj Mamadou Taran Diallo tout en invitant l’association guinéenne pour la transparence à faire vivre cette plateforme et d’en faire une source sure d’information.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Koyin : la Zihara de Saïkou Saliou Balla prévue les 26, 27 et 28 avril

13 avril 2019 à 16 04 39 04394
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Communiqué : Le Diwal de Koyin, les descendants, amis et alliés de l’érudit Saïkou Saliou Balla mo Koyin, ont la grande joie d’annoncer au gouvernement, aux autorités administratives, politiques et religieuses à tous les niveaux, aux ressortissants de la Préfecture de Tougué en Guinée et à l’extérieur, à tous les diwés du Foutah Djallon, ainsi qu’à toute la UMMA Islamique, qu’ils organisent la première édition de la Ziyara dénommée : ZIYARA SAIKOU SALIOU BALLA MO KOYIN.

Cette cérémonie se déroulera dans la mosquée de Koyin missidé les 26, 27 et 28 Avril 2019, soit les 20, 21 et 22 Sabbordu Suumayé.

Les organisateurs souhaitent la présence et la participation effectives de tous les musulmans de tous les horizons à cette cérémonie religieuse dont la clôture est prévue le dimanche 28 avril à partir de 10 heures. Elle est placée sous le signe de la bénédiction sur nos morts, de l’union et la paix pour notre pays.

Tous et toutes à Koyin les 26, 27 et 28 avril 2019 pour la première édition de la ziyara Saikou Saliou Balla Mo Koyin.

Koyin, le 12 avril 2019

Le Notable de la famille

Elhadj Mamadou Bobo Baldé

Imam de la grande mosquée de Tougué

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Présidence de la République : le ministre Bah Ousmane menace de quitter Alpha Condé

13 avril 2019 à 16 04 11 04114

Le ministre conseiller spécial du président Alpha Condé menace de jeter l’éponge. Bah Ousmane est, en effet, en colère contre certains agissements du régime actuel. Il l’a exprimé lors de l’assemblée générale hebdomadaire de son parti, ce samedi, 13 avril 2019, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

A l’origine de la colère du président de l’UPR, deux éléments se dégagent. Le plus fondamental est le silence « coupable » des autorités face au retard du remplacement du maire UPR de Leymiro, Abdoul Aliou Salle, décédé en début d’année.

A Leymiro, l’UPR avait eu 5 conseillers sur les 17 au terme des élections communales de février 2018. Dans la coalition qui a remporté l’exécutif, le parti NFD de Mouctar Diallo a obtenu 2 conseillers à égalité avec le RPG. Les 8 autres ont été élus sur la liste de l’UFDG.

« A l’élection du bureau exécutif de la commune rurale de Leymiro, l’UPR a remporté le poste de maire. Les deux autres alliés ont eu chacun un poste de vice maire. Mais depuis le décès de notre maire, nous avons tout fait pour le remplacer, en vain. Comme c’est ainsi, nous voulons savoir qui se cache derrière cela », a dit le leader de l’UPR.

A défaut de récupérer le poste de maire, l’allié d’Alpha Condé annonce qu’il va quitter ses fonctions de ministre d’État, conseiller spécial du président de la République. « Nous ne pouvons pas accepter cela. Il faut que cela soit clair. Si nous n’avons pas notre poste de maire, eh bien, nous libérons la fonction que nous occupons. C’est d’abord le parti, c’est lui qui a nous mis là-bas, si ses intérêts sont bafoués, nous ne pouvons pas être d’accord », a dit Elhadj Ousmane Bah devant ses militants.

Le président de l’UPR promet d’ailleurs de publier prochainement une déclaration dans ce sens. Comme pour dire que les relations entre Alpha Condé et son allié de toujours ne sont plus au beau fixe.

L’autre point de discorde entre les deux alliés est relatif à la campagne de reconnaissance et de soutien du Fouta au président de la République, initiée par le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, Mouctar Diallo. Une initiative que ne partage pas Elhadj Ousmane Bah. Du moins dans la forme. Pour le leader de l’UPR, la dignité vient avant toute chose. « Nous tenons à préserver notre dignité, elle est plus importante pour nous que tout le reste ».

Reste à savoir quelle sera la réaction du président de la République face à cette menace de son allié de longue date.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 628089845

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Bantama Sow titille l’UFDG : « …qui se rabat sur la fibre ethnique »

13 avril 2019 à 16 04 00 04004

Au cours de son assemblée générale de ce samedi 13 avril 2019, le RPG Arc-en-ciel a enregistré une adhésion de jeunes « transfuges » de l’UFDG, principal parti de l’opposition en Guinée. Promoteurs de la continuité pour le président Alpha Condé, ces jeunes ont été présentés avec tambour et trompettes. La séance a été présidée par la députée Hadja Djalikatou Diallo, en présence de nombreux militants, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le mouvement « Alpha Reste » a été présenté à l’assemblée générale du parti au pouvoir de ce samedi. Ce groupe de jeunes, qui serait venu de l’UFDG, a annoncé son soutien aux actions du président Alpha Condé. Mieux, ces jeunes se sont engagés à faire campagne en faveur du maintien au pouvoir d’Alpha Condé au-delà de 2020.

Sanoussy Bantama Sow, ministre des Sports et baron du RPG, s’est réjoui de la venue de ces jeunes avant de tirer à boulets rouges sur l’UFDG, comme il sait bien le faire.

« On peut tromper le peuple pour une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. Certains voulaient faire croire au peuple de Guinée que le RPG est un parti malinké, que le RPG est un parti violent, que le RPG est un parti sectaire. Mais, les masques vont tomber. Vous qui êtes venus au RPG, nous vous souhaitons la bienvenue. Ceux qui n’ont aucune solution pour la Guinée, ne savent pas ce que le peuple de Guinée veut, se rabattent toujours sur la fibre ethnique. Ils vont dire que puisque nous venons de la même région, puisque nous sommes issus de la même ethnie, suivez-moi. C’est notre tour. Quelqu’un de vous vient de dire tout à l’heure que c’est Dieu qui donne le pouvoir. C’est vrai. En 2010, le peuple de Guinée avait prié Dieu qu’Il donne le pouvoir à celui qui sera à même de développer la Guinée. Sur les 24 candidats, Dieu a donné le pouvoir à Alpha Condé. Ils ont trompé une partie du peuple pour un temps, la vérité a triomphé. Alpha Condé, c’est l’homme du changement », a dit Bantama Sow sous les applaudissements nourris des militants.

Elhadj Sékou le Gros Camara

Abondant dans le même sens, Elhadj Sékou le Gros Camara, membre du mythique groupe Bembeya Jazz National, qui a parlé au nom du Mouvement Citoyen de Guinée, a dit avoir vécu tous les régimes en Guinée. Selon lui, le régime du président Alpha Condé dépasse de loin tous les régimes précédents. « Celui qui vous parle a aujourd’hui 80 ans. J’ai 80 ans, je n’ai jamais fait six mois en dehors de la Guinée. Je n’ai pas fait deux semaines de maladie pendant ces 80 ans-là. Donc, je suis un homme de terrain… Aujourd’hui, ce n’est plus le moment de parler d’un bilan du professeur Alpha Condé. Les millions de citoyens à travers la Guinée, à travers le monde, savent ce que le professeur Alpha Condé a fait. Donc, ne faisons pas perdre le temps aux militants en faisant un bilan du président Alpha Condé. Il n’en a pas besoin. Il a besoin aujourd’hui d’entendre que le peuple lui demande encore de continuer. Le peuple de Guinée est reconnaissant au président Alpha Condé. Je suis le témoin oculaire de tous les temps. Parce que depuis l’avènement d’Ahmed Sékou Touré, depuis l’avènement du CMRN du Général Lansana Conté, depuis l’avènement de Moussa Dadis Camara, depuis l’avènement de Sékouba Konaté, et enfin du professeur Alpha Condé, j’ai vu la Guinée défiler comme à la télé. J’ai écrit au bureau politique ce que le peuple de Guinée veut entendre. S’il plaît à Dieu, le samedi prochain, à la Blue zone de Kaloum et ensuite dans toutes les Blues zones créées, vous allez revoir le Bembeya Jazz porté le message des citoyens au peuple de Guinée », a-t-il promis.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224 628 09 08 18

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« Nous allons utiliser toutes les voies légales pour que ce 3ème mandat ne se réalise pas » (PADES)

13 avril 2019 à 15 03 45 04454

Le débat autour de l’élaboration d’une nouvelle Constitution permettant à Alpha Condé de briguer un troisième mandat continue de faire couler encre et salive. La question était à l’ordre du jour de l’assemblée générale hebdomadaire du PADES, ce samedi, 13 avril 2019. Les responsables de la formation politique d’opposition ont invité leurs partisans à se lever comme un seul homme pour barrer la route aux promoteurs d’un troisième mandat, rapporte un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Ce n’est plus un secret pour personne. Certains proches du président Alpha Condé ont clairement exprimé leur souhait de voir le locataire du palais Sékhoutouréya modifier l’actuelle Constitution pour briguer un nouveau mandat. La campagne de promotion d’une nouvelle Constitution a été lancée et des meetings ont déjà eu lieu dans ce sens dans plusieurs villes du pays.

Une situation qui doit interpeller le peuple de Guinée, selon Mohamed Kaba, coordinateur des administratives du Parti des Démocrates pour l’Espoir. « Ce qui est en train de se passer est extrêmement grave et doit attirer notre attention. On est en train de confisquer le pouvoir du peuple, au profit du chef de l’État qui va vers, si vous voulez, un troisième mandat. Il faut être très vigilant », a-t-il dit.

Mohamed a tenu aussi à répondre aux promoteurs d’un troisième mandat qui mettent en avant l’argument selon lequel, le président Alpha Condé a besoin d’un peu plus de temps pour parachever son œuvre. « Il a bien travaillé peut-être pour eux mais ça ne doit pas l’empêcher de respecter la loi s’il est légaliste. Et mieux, il a juré sur cette Constitution de respecter la loi lui-même et de faire respecter la loi par les autres. Donc ça veut dire qu’en aucun cas, il ne peut se dédire par rapport à ce qu’il a juré. On ne peut dire une chose et faire son contraire », a déclaré l’opposant.

Parlant du Front National pour la Défense de la Constitution, créé récemment pour barrer la route au projet de nouvelle Constitution, ce responsable du PADES a clarifié la position de sa formation politique. « Nous avons dit que nous allons participer à ce front et nous avons fait des propositions concrètes. Un plan de stratégie par rapport aux activités qui vont se faire. Nous allons y participer mais par les voies les plus autorisées. Notre parti est un parti de paix, un parti qui prône la non-violence.

Nous n’avons jamais soutenu les actes de vandalisme, les actes de violence, les actes où on porte atteinte à la vie et aux biens des citoyens. Nous allons nous battre, nous allons empêcher par le débat, nous allons utiliser toutes les voies légales qui sont à notre disposition pour que ce troisième mandat qui peut mettre en danger notre pays, ne se réalise pas », a-t-il dit.

Siba Guilavogui pour Guineematin. com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Remous sociaux à Kolaboui : voici les dessous des manifs des jeunes (interview)

13 avril 2019 à 11 11 49 04494

Comme annoncé précédemment, des jeunes de Kolaboui, dans la préfecture de Boké, étaient dans la rue il y a deux jours pour exprimer leur colère devant le manque d’électricité. Mais, ce manque de courant électrique dans cette localité n’est que la partie visible de l’iceberg, dans une région où l’exploitation outrancière des ressources minières contraste avec la misère des populations.

Dans un entretien accordé à un envoyé spécial de Guineematin.com, à Kolaboui dans la soirée d’hier, vendredi 12 avril 2019, Tibou Diaby, secrétaire général du bureau de la jeunesse de cette sous-préfecture est revenu sur la genèse des manifestations répétées dans la localité. Il a mis à profit cet entretien pour parler de l’impact négatif de cette exploitation minière sur leur localité et du refus des miniers et de l’Etat d’investir pour le développement de Kolaboui.

Guineematin.com : vous avez manifesté jeudi contre le manque du courant électrique dans votre sous-préfecture. Ce n’est pas une première à Kolaboui. Quelle est la racine de ce problème ?

Tibou Diaby : tout a commencé par le non-respect par l’Etat de ses engagements. Chaque fois qu’on réclame nos droits, qu’on menace d’aller en grève, il y a des fausses promesses qui viennent. La dernière manifestation, quand on a voulu la déclencher, ils nous ont dit de trouver une place où poser le reste des poteaux et transformateurs. Chaque fois qu’on demande, ils placent des arguments. Tout le problème est à ce niveau. Dans toute la sous-préfecture, la seule centrale est celle que vous voyez-là. Cette jeunesse se sacrifie. Il y a certains parmi eux qui dorment ici sans salaires.

On a détecté ce que l’ANAIM (Agence Nationale des Infrastructures Minières) apportait comme carburant, c’était moins par rapport à ce qui a été annoncé. Normalement, c’est 1200 litres pourun seul groupe par jour. Mais nous, on recevait 500 litres ici. Et les 500 litres pratiquement, ne pouvaient pas suffire de 18 heures 30 à 06 heures 30. Donc, tout le problème a commencé là. Finalement, on a pu détecter et ils nous ont dit que c’est 750 litres. On a persisté, on a creusé, on a vu que c’est 1200 litres. Ça, c’est la version officielle de l’ANAIM. Donc, après nos calculs, on a constaté une perte annuelle de plus de 6 milliards de nos francs.

Guineematin.com : quelles sont les personnes qui sont impliquées dans ce détournement ?

Tibou Diaby : ça, c’est entre l’ANAIM et ses agents. Parlez, vouloir dénoncer quelqu’un ici, ça va être un autre problème. Mais, tout le problème se trouve au niveau de l’ANAIM. Tout Kolaboui a 16 districts et chaque district a ses secteurs. Le district central qui est là, Kolaboui a 11 secteurs. Les 11 secteurs, pratiquement il y a six (6) qui n’ont pas le courant. Et l’Etat a programmé mordicus qu’il va envoyer nos poteaux. C’est près de 200 poteaux qui peuvent suffire normalement pour les 11 secteurs du district central. C’est là-bas où tout a commencé.

Ça fait une année d’emblée que nous sommes en train de nous battre afin de trouver une solution à ce problème de courant. Voyez, Kolaboui, c’est un lieu stratégique. Quand vous voyez le trajet Malapouya-Dapilon, ça prend pratiquement assez de choses. Le taux d’exploitation de la bauxite est très élevé ici à Kolaboui. Nous sommes aujourd’hui à des millions de tonnes par an. Vu tout ce problème, les gens sont frustrés à l’intérieur.

Guineematin.com : vous pensez qu’avec toute cette exploitation, Kolaboui devait bénéficier en termes d’infrastructures et de services de la part des miniers mieux que ça ?

Tibou Diaby : bien-sûr. Vous avez vous-même constaté tout au long de votre trajet que nous n’avons pas d’infrastructures dignes de nom qui puissent valablement représenter Kolaboui. Le bâtiment que vous voyez en face, c’est le centre culturel, ça a été décroché par la jeunesse. C’est Fadi qui est en train de nous construire ça, il nous a promis un terrain de football. Un bâtiment neuf sera construit derrière ici. Mais, ce n’est pas suffisant.

On a de sérieux problèmes ici : on n’a pas d’eau, on n’a pas d’électricité. Et, quand vous regardez les impacts environnementaux, c’est un autre problème aussi. Sinon, avant la saison pluvieuse, à pareille heure, les mangues sont mures. Mais regardez comment ça vient, ça c’est à cause des poussières.

Guineematin.com : parlons de cette dernière manifestation. On apprend que des jeunes se sont attaqués à des biens de l’Etat.

Tibou Diaby : non, il n’y a pas eu destruction de biens. Le rond-point là, on a dit aux gendarmes de ne pas intervenir. Parce que nous, on a la maitrise de nos enfants. Chaque fois que nous manifestons ici, nous évoluons pratiquement avec les enfants. Et ces enfants-là n’écoutent que ce groupe-là. Mais, ce petit dérapage-là, cette goutte d’eau qui a débordé le vase, c’est dû à l’entêtement des forces de l’ordre. Parce qu’ils sont venus ici pour faire des va-et-vient inutiles. Nous, on avait déjà enlevé les barrages, il n’y avait personne dans les rues.

Donc, ils faisaient des allers-retours pour juste provoquer. Ils quittaient Conakry, ils ont vu des enfants en bordure de route, c’est-à-dire les riverains qui étaient là, paf ! Il y a eu altercation. Ils ont commencé à lancer du gaz lacrymogène. Vous savez, les cases ont horreur du soleil. A 15 heures zéro, ils ont visé une case, la case a pris le feu et carrément, ça a voulu prendre les magasins.

N’eut été la collaboration de la population, de la communauté, les magasins-là allaient partir en fumée. Au moment où nous essayions de maîtriser le feu, ils continuaient à nous lancer encore le gaz lacrymogène. On ne sait pas maintenant si c’est cette pagaille qui arrange les forces de l’ordre ou autre chose. C’est un peu là notre inquiétude.

Guineematin.com : on apprend aussi que le véhicule du préfet a été attaqué. Parlez-nous en !

Tibou Diaby : non. C’est aujourd’hui qu’il y a eu ce dérapage. Parce qu’hier nuit, il y a eu d’autres problèmes encore. Les forces de l’ordre soutiraient de l’argent, les enfants aussi profitaient ailleurs. C’était le plus fort qui gagnait maintenant sur le terrain. On a enregistré ça. Il y a eu d’énormes pertes. Certains ont perdu 600 milles, d’autres 3 millions, ainsi de suite. Les gendarmes sont accusés dans ces cas de vol, mais comme on n’a pas de preuves palpables, tangibles contre eux, c’est ça. Parce que, tu ne peux pas filmer un gendarme en train de te fouiller.

C’est à la suite de cela que les enfants ont répliqué en attaquant les engins de certaines sociétés comme SOGEA SATOM. Maintenant, le même groupe de gendarmes est sorti pour intervenir. Des malfrats ont été arrêtés par les agents de sécurité que nous avons mis en place et remis aux forces de l’ordre.

Guineematin.com : concrètement, qu’est-ce que vous demandez à l’Etat, aux sociétés minières qui évoluent ici à Kolaboui ?

Tibou Diaby : nous demandons premièrement, la construction des écoles. Nous n’avons pas d’écoles ici. Certains enfants marchent à des distances allant jusqu’à 15 kilomètres pour leur école. Nous voulons des écoles de métiers qui puissent recevoir des milliers d’enfants. Parce que c’est notre relève. Notre souci aujourd’hui, c’est comment ces enfants seront formés. On veut aussi de l’électricité, de l’eau et la construction d’infrastructures à Kolaboui.

Propos recueillis à Kolaboui par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Manifs contre le manque de courant à Kolaboui : « il y a des dessous », dit le sous-préfet

13 avril 2019 à 11 11 23 04234

Les jeunes de la sous-préfecture de Kolaboui, dans la préfecture de Boké ont manifesté avant-hier, jeudi 11 avril 2019. Ils ont érigé des barricades sur la route pour protester, disent-ils, contre les délestages électriques dans la localité. Mais, pour le sous-préfet de Kolaboui, les manifestants avaient d’autres motivations inavouées, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes qui s’est rendu sur place.

La commune rurale de Kolaboui était en ébullition le jeudi, 11 avril dernier. De nombreux jeunes de la localité sont sortis ériger des barricades sur la route pour empêcher la circulation. Les manifestants protestaient contre les délestages électriques constatés actuellement dans la localité. Des délestages qui sont dus à une panne technique, explique Morlaye Sylla, électromécanicien et gestionnaire du groupe électrogène qui alimente la localité en courant.

« Le groupe de 600 KVA que nous avons, n’arrive plus à alimenter tout le monde en même temps. Depuis une semaine maintenant, nous avons instauré un système de rotation. Si on donne aujourd’hui le courant à un quartier, demain aussi, on donne à un autre. Ça, les jeunes ne l’ont pas aimé. C’est pourquoi, ils se sont révoltés, ils ont dit qu’ils n’accepteront pas le tour-tour », a-t-il confié à l’envoyé spécial de Guineematin.com à Kolaboui.

De son côté, Ibrahima Sory Camara, directeur général de Global Energie, entreprise en charge de la distribution du courant à Kolaboui, indique que l’augmentation de la demande en courant a rendu le réseau de distribution incapable de satisfaire tout le monde. C’est pourquoi, il souhaite la concrétisation des promesses faites par le ministère en charge de l’Energie pour leur permettre de s’adapter à l’augmentation de la population.

« Il y a toujours une lenteur par rapport à la concrétisation des promesses faites par les autorités. Les autorités avaient promis de nous envoyer des câbles électriques et des poteaux supplémentaires. Mais jusque-là, on n’a rien vu. Aujourd’hui, certains secteurs et d’autres périphéries de Kokaboui ne reçoivent pas convenablement le courant électrique. C’est pourquoi, chaque fois, il y a des petits remous dans la cité.

Aujourd’hui, le matériel que nous avons, avec la population qui augmente de jour en jour, l’armoire électrique ne parvient pas à supporter. Pour parer à ce problème, nous lançons un appel aux autorités, au ministère de l’Energie et à EDG, de nous envoyer des transformateurs et des câbles pour qu’il y ait l’accalmie dans la cité », a-t-il dit.

Egalement interrogé sur cette situation, le sous-préfet de Kolaboui, lui, estime qu’il y a d’autres raisons inavouées qui sont derrière la manifestation des jeunes de la localité. Mamadouba Yakha Camara ne comprend pas la version selon laquelle, ils protestaient contre le manque de courant. « On avait compris qu’une manifestation se préparait. Donc, on a essayé d’expliquer aux jeunes que le manque de courant est dû à une panne technique sur le réseau. Nous leur avons dit que tout était en train d’être fait pour réparer la panne. Ils avaient commencé à comprendre.

Il était question qu’on se retrouve hier à 11 heures. Mais, à notre fort étonnement, dès 4 heures du matin, les enfants ont érigé des barricades partout. On a tenté de négocier, mais impossible. (…) On a constaté que ces manifestations ne sont pas faites que pour le retour du courant, il y a des dessous qu’on cherche à savoir. Sinon, on ne peut pas comprendre que tu prétendes revendiquer quelque chose, on te donne cette chose, et tu continues à revendiquer pour la même chose.

A 19 heures hier, on a lancé le groupe. A 20 heures, une bande de jeunes a débarqué ici pour menacer le gardien, l’obligeant à éteindre le groupe. Il a fallu qu’on revienne avec force pour allumer le groupe. C’est pourquoi je dis que ça, ce n’est plus un problème de courant. Sinon, même si le courant qui est venu c’est partiel, on devait laisser cela. Mais, pourquoi ils ont dit qu’il faut éteindre le groupe et de surcroît la nuit ? s’est-t-il interrogé.

Néanmoins, le sous-préfet annonce des dispositions prises pour résoudre le problème lié au manque du courant. « Déjà, les techniciens d’EDG sont arrivés. On s’est retrouvé avec la commune pour en discuter. Ils veulent s’installer ici maintenant et régler ce problème de courant de façon définitive », a rassuré Mamadouba Yakha Camara.

De Kolaboui, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com
Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Salaires des magistrats : Damaro ouvre la boite de pandore

13 avril 2019 à 9 09 51 04514
Honorable Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire RPG arc-en-ciel

Le député Amadou Damaro Camara semble avoir ouvert la boite de pandore avec sa dernière sortie médiatique sur les magistrats. Depuis le 04 Avril dernier, les hommes en robe sont sur le qui-vive et égraine les maux dont-ils souffrent. En plus de l’insécurité et du manque de protection dont ils disent être victimes, les magistrats guinéens dénoncent des conditions de vie et de travail difficiles. Et, au cours de leur assemblée générale tenue hier, vendredi 12 Avril 2019, à la cour d’Appel de Conakry, certains magistrats sont allés jusqu’à demander ce que le conseil supérieur de la magistrature est en train de faire pour les magistrats, en dehors des sanctions, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à la rencontre.

Considéré depuis un certain nombre d’années comme le corps socioprofessionnel le plus privilégié en Guinée, les magistrats brisent le silence et mettent à nu les problèmes auxquels ils sont confrontés au quotidien. Et, la motivation pour cet exercice serait venue des récentes déclarations de l’honorable Amadou Damaro Camara à leur égard.

« Damaro a dit qu’on a tout fait pour nous. Mais, tout le monde sait que les magistrats sont sans protection. Nous sommes exposés à tous les dangers. Les magistrats de l’intérieur du pays travaillent dans des conditions extrêmement difficiles. Les interventions, les trafics d’influence, les immixtions dans le traitement des dossiers en cours sont légions. Nous sommes vulnérables. C’est pourquoi, nous devons exiger de l’Etat que nous soyons protégés, que les juridictions soient protégées… », a indiqué un magistrat.

Concernant le traitement et les accessoires de salaires, les magistrats dénoncent un bulletin muet, sans aucune inscription et s’interrogent sur le rôle du conseil supérieur de la magistrature à leur égard.

« On nous a dit que le statut spécial des magistrats a été appliqué depuis la fin de l’année 2014. Mais, depuis la fin de l’année 2014, combien de magistrats ont été sanctionnés ? Combien de magistrats ont avancé en grade, en échelon ? Quand je prends mon bulletin de salaire, je vois un montant jeté. Je ne vois pas de grade, je ne vois pas d’échelon, je ne vois pas d’indemnité de transport… C’est un bulletin muet. Et, le montant qui y est inscrit n’a jamais avancé depuis 2014… Or, si on travail, on n’est pas sanctionné, on doit avancer chaque année. Je me demande ce que le conseil supérieur de la magistrature fait pour les magistrats, à part les sanctions », dénonce un magistrat sous les ovations approbatrices de ses pairs.

« Vous avez soulevé une question cruciale, capitale, fondamentale », s’est exclamé de son côté le président de l’association des magistrats de Guinée, qui dénonce d’ailleurs une violation de droit de l’homme.

« Si vous prenez la loi organique sur le statut des magistrats, un certain nombre de choses y figurent. Premièrement, le magistrat a droit à un salaire et à des accessoires de salaires en numéraire et en nature. Deuxièmement, il est dit que le magistrat avance en grade et en échelon. Et, l’avancement en échelon se fait annuellement. Ce qui veut dire que nous ne devrions pas être en position de réclamer quelque chose dans ce sens… Aucun magistrat n’a vu qu’il a avancé en grade depuis 2014. C’est une violation de droit de l’homme. Et, dans ses déclarations, Damaro a dit qu’on nous a tout donné. Alors qu’il y a des chefs de divisions qui sont mieux payés que le premier président de la Cour suprême », a indiqué Mohamed Ali Thiam, tout en précisant qu’ils vont partir des déclarations même de Damaro pour demander à l’autorité que leurs conditions de travail soient remplies.

Au cours de leur assemblée générale, les magistrats ont aussi soulevé la problématique liée au budget de fonctionnement des juridictions.

« De 2011 à nos jours, je n’ai eu qu’une seule dotation qui était composée de quatre paquets de papiers rames et deux millions de francs guinéens. Tout le papier qu’on utilise, on l’achète de nos poches, avec notre propre argent », s’est plaint un chef de juridiction.

A noter que les magistrats ont annoncé la rédaction d’une résolution pour leur protection et l’amélioration de leurs conditions de travail. Et, « les destinataires de cette résolution sont le ministre de la justice et le président de la République », ont-ils précisé.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Incendie à Faranah : plusieurs cases et leurs contenus partis en fumée

13 avril 2019 à 9 09 46 04464

Cinq cases et tous leurs contenus sont partis en fumée au cours d’un incendie qui s’est produit hier, vendredi 12 avril 2019, dans la commune urbaine de Faranah. Le feu est parti d’un tas d’ordures brûlé par des enfants, a appris Guineematin.com à travers son correspondant basé à Faranah.

C’est aux environs de 17 heures, que cet incendie s’est produit au secteur 4 du quartier Mosquée, dans la commune urbaine de Faranah. Après avoir balayé chez eux, des enfants ont brûlé les ordures. C’est ainsi que le vent a emporté le feu qui a touché la case la plus proche. Le feu s’est ensuite propagé pour toucher quatre autres cases et deux cuisines. Ibrahima Camara, l’une des victimes, déplore d’importants dégâts matériels.

« J’ai demandé aux enfants de balayer la concession. Quand ils ont fini, ils ont accumulé les ordures pour les brûler. C’est ainsi que le feu a pris la case qui était à côté, puis les toilettes et ça s’est propagé aux autres cases voisines parce que le vent soufflait. Au total, 5 cases et deux cuisines ont été consumées. On dénombre d’importantes pertes parce que tout le contenu des cases également est parti en fumée.

Moi par exemple, j’ai perdu mon lit, mes fauteuils et d’autres biens. J’ai perdu aussi une somme de 600.000 francs qui m’appartenait et une somme de 1.200.000 francs qu’on m’avait confiée. Les voisins également ont perdu beaucoup choses chez eux », explique ce sinistré.

Ibrahima Camara salue la mobilisation des habitants de la localité, qui a permis d’éviter une plus grande propagation du feu. Il déplore cependant le retard des sapeurs-pompiers. « Dès que l’incendie a commencé, on a appelé les sapeurs-pompiers à plusieurs reprises, le chef de quartier même les a appelés mais ils ne sont pas venus. S’ils venaient à ce moment-là, on aurait pu limiter les dégâts parce que c’est seulement une case qui avait pris feu. Ils ont attendu que 4 cases prennent feu pour venir maintenant. C’est pourquoi, la population s’est révoltée contre eux ».

De son côté, le chef de quartier, Mamoudou Kandé, regrette cette situation et appelle à l’aide en faveur des sinistrés. « Vraiment, les dégâts sont importants :

5 cases avec leurs contenus, tous complètement brûlés. Même une aiguille n’est pas sortie. Il y a certaines cases qui étaient remplies de denrées alimentaires comme le riz, le fonio, l’arachide en plus d’autres biens, tout a été consumé.

Vraiment, nous plaidons auprès des autorités, auprès de la population, des bonnes volontés, nous tendons la main à tout le monde pour assister ces sinistrés et leur remonter le moral. Donc, je demande l’assistance de la ville de Faranah, l’assistance des personnes de bonne volonté, l’assistance des autorités à mes citoyens qui sont aujourd’hui à la belle étoile », a-t-il lancé.

A rappeler que les incendies sont récurrents en saison sèche dans la préfecture de Faranah. Cette année, avant ce dernier cas, 60 cases et tous leurs contenus sont partis en fumée le 11 mars 2019 à Oussouyah, localité située à 27 km de la ville de Faranah, 56 cases ont été consumées avec leurs contenus le 23 février 2019 à Fantoumanya, localité située à 10 km de la ville, et 46 cases autres sont parties en fumée le 22 février 2019 à Cissiya, à 16 km du chef-lieu de la préfecture.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com
Tél. : 00224 620 24 15 13

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Les calligraphes vivent-ils de leur métier ? Les confidences de Cissé Alpha

13 avril 2019 à 9 09 37 04374

Les ateliers de calligraphie foisonnent le long des principales voies et même dans les quartiers de la capitale guinéenne. Cette activité attire aujourd’hui de nombreux jeunes gens qui échappent ainsi au chômage chronique que connait notre pays. Dans une interview accordée à un reporter de Guineematin.com hier, vendredi 12 avril 2019, Alpha Cissé, calligraphe de son état, a dit son amour pour ce métier sans pour autant occulter les difficultés liées à son exercice.

Guineematin.com : comment est née votre passion pour la calligraphie ?

Alpha Cissé : moi, je suis quelqu’un qui aime dessiner et écrire. Un jour, j’ai dessiné quelque chose et lorsque mon ami a regardé, il m’a dit que tu peux être un décorateur. Ma passion vient de l’amour que j’ai pour ce travail. Le premier jour de ma vie, quand j’ai vu quelqu’un faire l’impression sur T-shirt, cela m’a beaucoup marqué. Et j’ai abandonné ce que je faisais pour apprendre la calligraphie. Au début, ce n’était pas facile. Avec mon premier maitre, j’ai rencontré des gens qui ont fait deux à trois ans avec lui. Quand je suis nouvellement arrivé, je me suis beaucoup donné. J’ai fait trois mois et j’arrivais déjà à faire la différence des choses.

Guineematin.com : cela veut dire que vous avez appris la calligraphie auprès d’un maitre pas dans une salle de classe ?

Alpha Cissé : pas à l’école, mais auprès d’un maitre à Conakry ici. J’ai fait quand même trois ans avec lui. Un jour, le maitre était très chargé et il avait un travail à rendre le lendemain. Je me suis dit que je pourrais finir ce travail la nuit et il a accepté de me laisser travailler. J’ai fait le travail toute la nuit et le client est venu payer l’argent le matin qui s’élevait à l’époque à 45 milles francs guinéens. L’argent que le client est venu payer à mon maitre et le travail que j’ai pu faire au bout de trois ans, m’ont poussé à me donner à fond. Je me suis dit que si vous voyez qu’on a donné 45 milles francs guinéens à mon maitre, moi aussi, en tout cas, il y a des millions qui m’attendent. Au début, mon maitre ne voulait pas que je passe la nuit à l’atelier, il me disait que tu vas te salir avec la peinture, mais je lui ai dit que c’est le métier que je veux. Un jour, mon maitre m’a dit qu’on allait maintenant travailler sous contrat grâce à mon sérieux et le sacrifice que j’ai fait. J’ai accepté et un jour, j’ai dit à mon maitre que je voulais travailler pour moi-même. Il m’a dit ça ne sera pas facile pour moi, je lui ai dit que j’allais me battre. Et effectivement, au début, je n’avais pas de clients. Mon premier client fut un ancien client de mon maitre. Quand il venait, il avait constaté que c’est moi qui faisais tout son travail. Lorsque j’ai quitté, il a dit à mon maitre de l’indiquer où je suis pour que je fasse son travail. C’est lui qui m’a beaucoup encouragé, il ne manquait pas de me donner des conseils.

Guineematin.com : quelles sont les matières premières que vous utilisez ?

Alpha Cissé : aujourd’hui ce n’est pas comme avant, le monde a évolué. On travaille beaucoup plus sur le numérique, c’est-à-dire tout se fait avec la machine. Avec l’ordinateur, on fait et monte la maquette, et une machine roulante qui est actuellement la première matière première. Avant, on parlait de la soie, c’est une matière de la sérigraphie qui imprime les T-shirt, il y a encore la solution. Bien sûr, ça marche un peu, mais pas comme avant, parce que le numérique a beaucoup dominé aujourd’hui.

Guineematin.com : quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Alpha Cissé : durant mes 25 années de carrière, je peux dire que les difficultés sont énormes. Nous sommes en manque de matériels. D’ailleurs, on n’a pas de boutiques de la sérigraphie dans ce pays, là où on doit payer les soies, les peintures à eau. Donc, il faut que quelqu’un aille acheter et mettre ça dans sa chambre. C’est à nous de le contacter pour qu’il nous revende à un prix très cher. Aujourd’hui, grâce aux ivoiriens qui sont venus avec l’impression numérique, on ne fait plus les bâches et les banderoles à la main. Avant, on faisait les T-shirt en sérigraphie, mais aujourd’hui, c’est en transfert. On n’a pas les matériels de transfert, comme par exemple la machine roulante qui fait les banderoles et les autocollants. Cette machine coûte 4 500 dollars, il y a le transport et le dédouanement. On travaille en sous-traitance. C’est-à-dire, quand on a un marché, on va chez les gens qui ont des machines. C’est ce problème qu’on a aujourd’hui. On a des problèmes au niveau des gros contrats, même si vous êtes capables de le faire, mais si vous n’avez pas de relations, c’est zéro. Par exemple, j’ai trouvé un travail, mais le monsieur a refusé de me donner le contrat. Il a donné le travail à quelqu’un d’autre qui est venu chez moi pour que je fasse le travail. Lorsque je suis allé déposer, le monsieur m’a vu en me disant, c’est toi ? Je lui ai dit que vous avez refusé de me donner le travail et pourtant je suis capable de le faire. La personne qui m’a donné le travail est un parent à vous, c’est pourquoi vous lui aviez donné le contrat. Si le contrat passe dans les mains d’une autre personne, on ne peut pas gagner le montant qui devait nous revenir normalement.

Guineematin.com : ce métier vous permet-il de subvenir à vos besoins ?

Alpha Cissé : effectivement, ce métier m’aide beaucoup. C’est grâce à ce métier que j’arrive à m’en sortir avec ma famille, mes enfants sont à l’école et je paie ma location. En tout cas, je n’ai pas quelque chose à demander à quelqu’un.

Guineematin.com : durant vos 25 ans de carrière, vous avez formé combien d’apprentis ?

Alpha Cissé : j’ai formé des gens qui sont devenus aujourd’hui des maitres. J’avais huit apprentis avec moi. Ce n’est pas eux tous qui ont pu continuer, mais j’ai formé au moins deux qui sont des maitres. Les autres n’ont pas pu tenir, peut-être parce qu’ils n’ont pas l’amour du métier, ils étaient venus pour l’argent. Actuellement, j’ai deux personnes en qui j’ai confiance.

Guineematin.com : plusieurs jeunes sont aujourd’hui au chômage, quel appel avez-vous à lancer à leur endroit ?

Alpha Cissé : l’appel est que j’encourage beaucoup les jeunes guinéens. Ce n’est pas parce qu’on ne peut pas réussir dans ce pays, mais j’ai remarqué une chose, les jeunes guinéens ne veulent pas travailler. Comment un maitre peut venir avant l’apprenti à l’atelier ? Tous les jours, l’apprenti va chez lui à 14 heures. Donc, c’est un signe qui prouve qu’il ne veut pas le travail. Le jeune guinéen compte trop sur l’Etat, moi je n’ai pas compté sur l’Etat. Aujourd’hui, le métier-là m’a beaucoup aidé, c’est un métier très simple. Si vous tenez à ce métier, au bout de six mois seulement vous pouvez faire quelque chose. J’encourage les jeunes guinéens à s’intéresser à ce métier, ils n’auront pas de regret. C’est un métier où il y a de l’argent.

Interview réalisée par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Abdoulaye Bangoura, tôlier : « c’est le chômage des jeunes qui m’a poussé à abandonner les études »

13 avril 2019 à 9 09 26 04264

Parmi les métiers qui sont pratiqués actuellement à Conakry et qui font vivre de nombreuses familles, figure la tôlerie. Un métier qui consiste à réparer les véhicules endommagés par suite d’accident de la circulation pour leur redonner leur forme normale. Parmi ses pratiquants, certains ont été attirés par la passion et d’autres par d’autres raisons, notamment le chômage des jeunes diplômés, a appris un reporter de Guineematin.com qui s’est entretenu avec certains tôliers exerçant à Conakry.

Me Issiaka Camara

Dans la matinée de ce vendredi, 12 avril 2019, nous avons trouvé Vakemon Issiaka Camara à son atelier, situé aux alentours du terrain de Kipé. Ce maître tôlier qui exerce ce métier depuis 15 ans, essaye de remettre en forme les portails d’une voiture endommagée dans un accident de la circulation. Il se montre passionné et heureux dans son travail.

« Il y a 15 ans de cela que j’exerce ce métier. Dieu m’a aidé à connaitre cette activité. C’est grâce à cela que je me suis marié et j’ai eu 5 enfants qui vont tous à l’école. C’est grâce à ce métier que je gagne toutes mes dépenses. J’ai réussi même à acheter un terrain à Dubreka », se félicite ce tôlier. Issiaka Camara souligne que c’est la passion qui l’a conduit dans ce métier et que c’est cette même passion qui l’a permis de réussir là-dans.

Me Abdoulaye Bangoura

Tout comme lui, Abdoulaye Bangoura, maître tôlier rencontré à Kakimbo, est fier aussi de son activité. Pourtant, il rêvait, dans un premier temps, de terminer les études et trouver un travail. Mais, le taux élevé de chômage chez les jeunes diplômé l’a poussé à abandonner les études pour s’adonner à ce métier.

« J’ai étudié jusqu’en 10ème année. Ce qui m’a poussé à abandonner l’école, c’est parce que je voyais beaucoup de gens qui ont fini leurs études mais qui sont assis à la maison, qui n’ont pas de travail. C’est ce qui m’a découragé. Et, cela a été une source de courage pour moi à faire le métier de tôlier. Aujourd’hui, c’est la seule activité que je peux faire dans la vie », témoigne-t-il.

S’il se dit heureux d’avoir choisi la tôlerie comme métier, Abdoulaye Bangoura n’a pas manqué d’évoquer cependant quelques difficultés auxquelles il est souvent confronté. « Actuellement, nos matériels sont chers sur le marché. C’est ce qui est un peu difficile pour moi. Nous pouvons discuter la réparation d’une voiture endommagée à 3 millions de francs.

Mais, après avoir acheté les matériels de travail, il ne nous reste pas grand-chose dans ce montant. Parce que le prix que nous fixons, c’est les matériels de travail et la main d’œuvre réunis. Donc, les matériels dont la peinture, les bouteilles d’oxygène etc. tout est cher. En plus de cela, il y a parfois des accidents de travail qui engendrent de graves blessures », explique le tôlier.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel : (00224) 622 07 93 59

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Un décorateur se fâche : « le ministre de la culture ne s’intéresse pas à notre travail »

13 avril 2019 à 9 09 14 04144

La décoration est un métier très peu pratiqué en Guinée. Pourtant, plusieurs institutions nationales et internationales font recours aux décorateurs pour des questions d’ornement. Pour parler de ce métier, un reporter de Guineematin.com hier, vendredi 12 avril 2019, a rencontré Saïdouba Camara, un artiste-décorateur-plasticien. Monsieur Camara accuse notamment le ministère de la Culture et du Patrimoine Historique d’avoir négligé ce domaine culturel.

Guineematin.com : qu’est-ce que c’est que la décoration ?

Saïdouba Camara : la décoration, c’est mixte. Quand on parle de la décoration, il y a la décoration murale, la décoration sur les tissus, la décoration sur les tableaux. Entre les décorateurs, il y a les peintres, ceux qui font le réalisme, c’est-à-dire qui regardent la photo pour faire la même chose. Ensuite, il y a les artistes plasticiens. Ces artistes là, ce sont eux qui font la création. Eux, ils ont leur main à part, leur style à part. Donc nous notre groupe est composé des artistes plasticiens. Pour être artiste plasticien, il faut être capable de créer par tes propres imaginations, être célèbre que tu sois reconnu par ton tableau. Tu dois avoir ta main à toi, ton style à toi. C’est ça l’art plastique. C’est pourquoi, le créateur est génie parce que ce qu’il fait est fruit de l’imagination. C’est pourquoi, nos professeurs disaient d’avoir notre propre main, notre propre style. Mais moi, je peux faire le portrait, je peux faire la décoration murale. En art plastique, je peux faire des tableaux originaux. J’ai participé à trois concours de la BICIGUI. J’ai travaillé aussi avec PSI sur le thème Excision. On ne fait que nous donner le thème, c’est à nous de le développer de façon artistique. L’inauguration du PNUD, c’est moi qui ai fait la décoration. Tous les tableaux qui sont là-bas, c’est moi qui les ai faits.

Guineematin.com : comment vous avez appris ce métier ?

Saïdouba Camara : ça a été un métier de passion pour moi, parce depuis que j’étais à l’école, je faisais le dessin. Mon papa ne voulait pas que je fasse le dessin. Mais, quand il a compris que j’aimais le dessin, il m’a pris et envoyé à l’atelier. C’est ainsi que j’ai commencé à fréquenter l’atelier. A chaque fois que je revenais de l’école, je partais à l’atelier décoration. Donc là-bas, je faisais des dessins, des créations par mes propres imaginations. Après ça, j’ai eu plusieurs autres formations. Des blancs sont venus à Conakry ici, nous ont formés en décoration. Chaque professeur a avait sa formation, son style à part. Donc les formations n’étaient les mêmes.

Guineematin.com : quels sont les matériaux que vous utilisez pour faire la décoration ?

Saïdouba Camara : pour le moment, faire les vrais tableaux, les matériaux manquent. On travaille actuellement avec la peinture locale. On utilise beaucoup de peinture. Pour certains tableaux, on fait le collage. Pour d’autres, la peinture simple. Pour la peinture à l’heure là, c’est difficile. On vend la peinture à la papeterie, ça coûte cher. Pour ce qui est des prix, un couteau peut coûter 100 mille, la peinture se négocie entre 10 mille et 15 mille l’unité. Mais le paquet c’est 20 mille. La peinture de 200 ml coûte à l’heure où je vous parle là, à la papeterie, 100 mille francs guinéens. Pour faire un tableau, il nous faut 5 couleurs différentes : rouge, jaune, vert, noir et blanc.

Guineematin.com : comment ce fonctionne ce métier en Guinée ? Est-ce que vous parvenez à vous en sortir ?

Saïdouba Camara : avant, ça marchait bien, mais à l’heure là, ça ne marche pas. Certains parmi nous sont obligés de faire le bricolage, c’est-à-dire avec les pancartes, les banderoles, les T-shirt. On a travaillé sur beaucoup de tableaux, mais ça ne marche. Donc, on n’a plus le courage et l’Etat ne nous accompagne pas. Le ministre de la culture ne s’intéresse pas à notre travail alors qu’il y a des institutions internationales qui ont besoin de nous. Mais, on n’est pas soutenu par l’Etat. C’est ça le problème. Même ceux qui nous accompagnaient là ont cessé, parce qu’ils ont constaté peut être que l’Etat ne nous accompagne pas.

Guineematin.com : à combien se vend un tableau ?

Saïdouba Camara : avant, on vendait un tableau entre 300 et 500 mille francs guinéens. Mais maintenant, les choses coûtent chères et les tableaux ne marchent pas trop. Actuellement, on est obligé de vendre les tableaux entre 800 mille et un million francs guinéens. Donc, nous demandons au gouvernement de nous aider, parce que ce que nous faisons, c’est purement culturel. Et, c’est l’honneur de la Guinée d’avoir des artistes dans ce domaine là.

Propos recueillis par Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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