La crise des passeports biométriques cause des dégâts aux conséquences irréversibles en Espagne. 

C’est à quand la fin du Calvaire ? 

Passage en Espagne de la dernière équipe d’enrôlement depuis Juillet 2016

Telle est la question fondamentale que les citoyens guinéens vivant en Espagne continue encore de se poser. 

Depuis l’avènement des passeports biométriques, nombreux sont les problèmes qui en dérivent. Vu l’urgence dans laquelle se trouvent certains cas, les responsables d’entités guinéennes en Espagne se sont réunis avec les autorités en Guinée, à Barcelone, à Madrid puis à Paris  pour leur faire le point de la situation. Malgré les belles paroles et  promesses tenues çà et là par ces différentes autorités, de trouver une solution urgente à ce problème de taille ; force est de constater que la situation reste intacte et le nombre de personnes affectés par cette crise de passeports ne cesse de s’accroitre jour après jour.

 Une Si longue attente !!!!

Il convient de rappeler que le dernier  et seul passage en Espagne d’une équipe d’enrôlement pour confection de passeport biométrique remonte au mois de juillet 2016. Depuis cette date, les citoyens guinéens vivant en Espagne se trouvent dans une situation d’extrême vulnérabilité. Aucune perspective ne pointe à l’horizon pour résoudre définitivement cette situation insoutenable.

 Car, la dernière opération qui était perçue comme une autre opportunité pour nombre de guinéens vivant en Espagne de se procurer du dit passeport, s’est avérée comme une grande illusion perdue.  Un communiqué datant du 18 Avril 2017 de notre Ambassade à Madrid écartait toute possibilité pour les sujets guinéens vivant en Espagne de se faire enrôler sur place  et les invitait  à se rendre à Paris.

Logiquement, il était impossible pour la majorité des sollicitant de passeports  d’effectuer un tel déplacement pour les raison suivantes :

  • Raisons stratégique et humanitaire

L’Espagne, la Grèce et L’Italie sont les principales portes d’entrée des immigrants illégaux guinéens. Plus de 80% de cette couche est composée de personnes vulnérables (mineurs non accompagnés), ou personnes sans documents ni ressources. Les organisations caritatives comme la croix rouge ou Caritas sont prêtes à les aider pour obtenir un passeport, mais déclinent toute responsabilité par rapport à leur mobilité hors du territoire espagnol.

  • Raisons financières.

La crise financière qui perdure en Espagne depuis 2008, a considérablement affecté les familles. Le prix unitaire d’un passeport est de 140 Euros. Si à cette somme il faut ajouter les frais de déplacement et de logement en France, la situation devient donc insoutenable. Malheureusement nombreuses sont les familles qui se trouvent dans cette situation de précarité financière. 

  • Les cas des nouvelles naissances.

Les bébés nés après le passage de l’équipe au mois d’août 2016 n’ont pas de document. Donc sont en situation irrégulière sur le sol européen. Il est impossible pour ces familles de se déplacer dans ce cas précis avec leurs enfants et  tout le risque que cela comporte de se déplacer en situation d’illégalité. La montée des pensées xénophobes en Europe n’invite pas à prendre de tels risques.

  • Enfin les raisons éthique et de responsabilité.

La délivrance des documents nationaux aux citoyens n’est pas une mission philanthropique, mais plutôt une exigence éthique et de responsabilité des pouvoirs publics envers  leurs citoyens

Aujourd’hui, le désenchantement, le désespoir et le sentiment d’abandon animent tous   des citoyens guinéens vivant en Espagne indépendamment de la couleur politique, ethnique ou régionale. Les familles sont lasses des conséquences désastreuses de l’impossibilité d’obtenir à temps un passeport qui est indispensable pour la plus part des gestions administratives sur le sol Espagnol.

 C´est pourquoi, dans le souci majeur d’éviter tout acte d’incivilité qui pourrait ternir l´image de notre pays à l’extérieur. Les  responsables d’entités guinéennes de l’Espagne lance ce cri de cœur. Ils demandent l’implication personnel du chef de l’Etat afin d’instruire  très urgemment les différents départements concernés pour venir soulager la souffrance des guinéens.

Au moment où nous mettons sous presse cet article, les cas de certaines personnes sont   dans une situation délicate et risques d’être irréversibles. 

La Guinée est –elle un pays d’exception au point d’être incapable de doter ses différentes délégations à l’étranger de machines pour confectionner les passeports biométriques à l’instar des autres pays voisins ?

Affaires à suivre !

 SEBOU KABA

Secrétaire général de la commission  pour la problématique  des passeports en Espagne

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