Comme annoncé précédemment, les 44 opposants à un troisième mandat pour Alpha Condé arrêtés lors de la marche pacifique organisée le 13 juin 2019 à N’zérékoré par l’antenne locale du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont été fixés sur leur. Le tribunal de première instance de N’zérékoré a rendu son verdict dans cette affaire hier, jeudi 20 juin 2019.

La juridiction a relaxé 22 d’entre eux pour délit non constitué et condamné les 22 autres à des peines allant de 3 à 6 mois de prison avec sursis et au payement d’une amende de 500 mille francs guinéens chacun. Après la publication du verdict, les avocats de la défense ont réagi au micro de l’envoyé spécial de Guineematin.com à N’zérékoré.

Décryptage !

Me Pépé Koulémou : les faits articulés contre nos clients n’étaient pas constitutifs des délits à eux reprochés. C’est pourquoi, nous avons bien soutenu qu’ils soient tous relaxés pour infraction non constituée. Alors, nous avons été suivis partiellement par le tribunal correctionnel de N’zérékoré qui a bien voulu relaxer certains prévenus et condamner d’autres. Nous devons faire appel au respect de la loi aussi bien par les gouvernants que par les gouvernés. Tous les Guinéens : ministres ou citoyens ordinaires comme vous, comme moi, devons tous respecter la loi. Nous avons dit hier que force doit rester à la loi, ce n’est pas parce que quelqu’un est ministre, préfet, gouverneur qu’il va inviter, inciter le peuple de Guinée à la violation de la loi.

Nous sommes ici pour demander l’application de la loi et c’est ce que nous avons pu faire hier. Nous nous sommes rendu compte véritablement que nos clients n’avaient rien fait pratiquement. Mais, qu’est-ce qui intéresse en réalité le peuple de Guinée ? C’est la paix sociale, l’unité nationale, donc nous avons plaidé de manière à ce que les gens soient rétablis dans leurs droits. Parce qu’ils ont été arrêtés, pour nous, arbitrairement. Nous avons estimé que leur arrestation n’est pas fondée.

Il y a même des élèves qui revenaient de l’école qui ont été interpellés, immobilisés et placés sous mandat de dépôt. Il y a également des gens qui venaient de la brousse qui ont été interpellés et placés sous mandat. Il y aussi des charretiers qui ont été arrêtés et mis sous mandat de dépôt. Nous avons donc fait une véritable guerre de procédurale avec monsieur le procureur et voilà que le tribunal correctionnel a bien voulu trancher comme il a tranché.

Me Salifou Béavogui : nous étions venus pour le triomphe du droit, nous l’avons obtenu. Merci au tribunal de première instance de N’zérékoré, merci aux autorités judiciaires. Nos clients sont libérés tant bien que mal : il y a eu des relaxés, comme l’a rappelé le doyen Me Pépé Koulémou et il y a eu des condamnés. Nous avons relevé appel, mais notre objectif c’était d’obtenir leur libération. Loin de toute menace, nous avons à l’œil monsieur le gouverneur de la ville de N’zérékoré, monsieur le préfet et monsieur le maire. Nous leur demandons de rester dans le cadre de leur administration pure et simple.

La prochaine fois, nous ne saisirons aucun procureur parce que nous avons compris que le procureur n’a pas le courage d’interpeller le gouverneur comme il l’a fait rapidement pour des jeunes gens. Donc la prochaine fois qu’ils (le gouverneur, le préfet et le maire de N’zérékoré) sortiront de leur position pour essayer de troubler l’ordre public, ils reviendront à la barre. Si N’zérékoré ne peut pas les juger, nous demanderons devant une autre juridiction pour que justice soit faite. Ça, que chacun se rassure. C’est loin d’une menace mais nous parlons en tant qu’avocat de la défense.

Propos recueillis par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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