Fête de l’Aïd El Fitr : un important dispositif sécuritaire mis en place à Conakry (Police)

3 juin 2019 à 20 08 58 06586

Un dispositif sécuritaire particulièrement important sera déployé à Conakry et ses environs demain mardi, 04 juin 2019, jour de la célébration de la fête marquant la fin du Ramadan. C’est le porte-parole de la police nationale qui a annoncé la nouvelle lors d’une conférence de presse tenue dans l’après-midi de ce lundi, 03 juin, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon le contrôleur général de police, Mamoudou Camara, c’est à la demande du ministre de la sécurité et de la protection civile qu’un dispositif a été conçu dans le cadre du maintien de l’ordre dans la circulation. Et, à cet effet, trois services ont été requis pour accompagner la direction centrale de la sécurité routière. Il s’agit de la direction centrale des unités d’intervention (CMIS), les commissariats centraux de la ville de Conakry ainsi que les services de la police judiciaire. Ils prendront en compte avant, pendant et après la fête du Ramadan.

« Le dispositif qui est déjà mis en place a bien fonctionné durant le mois de Ramadan, et cela a permis la fluidité de la circulation dans les zones critiques au niveau de la ville de Conakry. C’est ce qui nous a permis d’amender les imperfections et ensuite de prévoir une coordination et une supervision du dispositif qui a été en place », a annoncé le porte-parole de la police nationale.

Par rapport à la fête qui donne lieu souvent à des embouteillages ou à des accidents de la circulation, le contrôleur général de la police a fait savoir que c’est le dispositif déjà existant depuis le début du mois de Ramadan qui sera renforcé. A la seule différence, dit-il, il y a non seulement la sécurisation des itinéraires ; mais aussi, la sécurisation des lieux de prières.

« Nous avons conçu un dispositif où nous avons encore impliqué la direction centrale des unités d’intervention (CMIS), les commissariats centraux de la ville de Conakry ainsi que les services de la police judiciaire pour que chacun en ce qui le concerne procède à la sécurisation des itinéraires mais aussi des lieux de prière dans les différentes communes de Conakry ».

L’officier de police se réserve cependant de donner de chiffres exacts sur le nombre d’agents qui composent ce dispositif. « C’est purement confidentiel à nous. Ce qui est important ce que nous prenons en compte tous les facteurs. Et il faut savoir que ce n’est pas seulement que la route nous sécurisons. Il y a aussi les lieux de prières qui attirent des milliers de personnes. Ces lieux seront sécurisés tant au niveau de Conakry qu’au niveau de Coyah et Dubréka. Nous ne prenons aucun risque et nous ne minimiserons aucune intersection », a-t-il rassuré.

Le général Mamadou Camara précise que le plan de supervision et de coordination ne vise pas les usagers, mais ce que les policiers eux-mêmes font sur le terrain pour éviter des exactions et le mauvais comportement de certains agents sur le terrain.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

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Veille de la fête de Ramadan : certains coiffeurs se plaignent de la rareté des clients

3 juin 2019 à 20 08 27 06276

Dans quelques heures, les fidèles musulmans de Guinée vont célébrer la fête maquant la fin du mois de Ramadan. A l’heure des préparatifs, les ateliers de coiffure de Conakry connaissent fortunes diverses. Si certains coiffeurs se plaignent de la rareté des clients, d’autres refoulent tout simplement du monde, a constaté sur le terrain Guineematin.com à travers un de ses reporters.

A quelques heures de la fête de l’Aïd El-Fitr, certains salons de coiffure connaissent un grand engouement. C’est le cas du Salon Afro de Patricia Lamah, situé au quartier Kipé Dadia, dans la commune de Ratoma. Selon Patricia Lamah « il y a de l’engouement, le monde est là. C’est depuis trois jours qu’on a ouvert, les clients viennent tous les jours. On se rend compte qu’il y a beaucoup de personnes qui se sont préparées pour cette fête là.

Si je fais une comparaison, je dirai qu’il y a une grande différence entre l’année passée et cette année, parce que cette année il y a beaucoup de clientes qui viennent, il y a beaucoup de femmes qui se sont préparées et qui veulent se coiffer aux cheveux naturels. Donc, nous voyons qu’il y a un changement au niveau des femmes suite à notre sensibilisation qu’on a faite sur le tissage et la dépigmentation. Je suis très ravie de voir tout ce beau monde opter pour le naturel », a fait savoir la jeune coiffeuse.

Plus loin, Patricia Lamah justifie cette affluence au niveau de son salon par le fait que ses prix sont abordables. « Aujourd’hui, il y a beaucoup de monde qui retourne vers le naturel et les prix sont plus abordables. Imaginez-vous que quelqu’un qui veut faire le brésilien doit payer de 3 à 4 millions, alors que pour faire une coiffure Nabi, on le fait à 50 mille francs. C’est encore moins cher et c’est plus joli. Chez moi ici, j’ai ouvert, c’est pour que le service soit accessible à tous.

C’est pour qu’une élève du lycée, une étudiante à l’université puisse venir se faire coiffer ou une femme entrepreneure ou une femme employée de banque puisse venir se faire coiffer. Donc, c’est pour que le service soit de qualité et accessible à toutes. C’est pour ça que j’ai ouvert ce centre afin que tout le monde puisse y trouver son goût. On travaille ici de 7h à minuit, parfois jusqu’à 2h du matin.

Pour les coiffures, le plus souvent, les clientes qui viennent optent pour des coiffures avec leurs cheveux. Donc, c’est avec 50 mille francs guinéens. Avec 50 mille tu peux faire une très belle coiffure. Mais il y a d’autres prix. Ça varie en fonction aussi des modes puisque nous avons ici des modes qui vont jusqu’à 1 million 500 mille ou 2 millions, c’est notamment les looks », a-t-elle indiqué.

Du côté de Nongo, Fatoumata Sylla se plaint de la rareté des clients. Cette étudiante pratique la coiffure depuis longtemps. Selon elle, « je ne reçois pas beaucoup de clientes. Les clientes viennent de temps en temps, puis aujourd’hui, il n’y a que 3 clientes ici. Je pense que les clientes viendront après. Mais pour le moment, je n’ai assez de clientes », déplore la Fatoumata Sylla.

A la question de savoir les raisons de ce manque d’engouement pour son salon, Fatoumata Sylla pense que c’est la conjoncture qui le veut ainsi. « Cette rareté peut s’expliquer par la conjoncture économique actuelle. Ici, moi ma coiffure c’est 50 mille FG. Mais, si je dis aux clientes, c’est 50 mille, elles disent que c’est trop. Certaines disent qu’elles n’ont que 20 mille FG, d’autres disent 15 mille, D’autres 10 mille. Moi aussi, je vois que les moyens ne sont pas là. Donc, je ne peux pas les laisser partir parce qu’à l’heure là, il n’y a pas d’argent. A l’heure là, c’est difficile », a-t-elle laissé entendre.

Ce sentiment est partagé par Mohamed Lamine Camara, coiffeur au même quartier de Nongo, dans la commune de Ratoma. « La fête se prépare, il y a un peu d’engouement malgré la galère. Ça fait trois jours que je suis là. Les clients viennent quand même petit-à-petit, puisque chez moi ici, ce n’est pas cher comme chez les autres. Ici, je coiffe à 5 000 francs par personne.

Par contre, chez les autres, on fait à 10 mille ou à 15 mille francs guinéens. Moi j’ai diminué, parce qu’à l’heure là, tout le monde souffre. La conjoncture est là. Il y a la galère bien sûr, mais ça va passer. C’est le bon Dieu qui donne l’argent et c’est lui qui retire encore », a laissé entendre le jeune homme, fataliste.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin

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Religion : la fête du Ramadan sera célébrée demain mardi en Guinée

3 juin 2019 à 20 08 17 06176

C’est officiel, la Guinée va célébrer l’Aïd El Fitr, la fête marquant la fin du Ramadan, demain mardi, 04 juin 2019. L’annonce a été faite dans une déclaration du secrétariat général des Affaires religieuses, publiée dans la soirée de ce lundi sur les ondes de la radio nationale.

Guineematin.com souhaite bonne fête à tous les fidèles musulmans de Guinée.

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Justice : un mandat d’amener décerné contre Bobody Camara

3 juin 2019 à 17 05 55 06556

Le Tribunal de Première Instance de Kaloum a décerné un mandat d’amener contre l’homme d’affaires Aboubacar Bobody Camara, alias « le roi Bobody nana Kouassi 1er », ce lundi 3 juin 2019. Ce mandat fait suite à son refus de comparaître devant le tribunal à l’audience de ce lundi où il est « régulièrement cité » dans un dossier correctionnel, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Aboubacar Bobody Camara, est poursuivi avec sa maman, Hadja Mabinty Yattara, et son frère, Salifou Camara (Papin), pour violence, injures, menaces et vol au préjudice de la veuve Camara née Yarie Keïta. Cette affaire est pendante devant ce tribunal depuis le 21 janvier 2018. Après plusieurs audiences, le dossier a été programmé ce lundi pour les plaidoiries et réquisitions.

Mais, seul le prévenu Salifou Camara, alias Papin, qui a répondu présent lorsque le dossier a été appelé par le juge Aboubacar Hafia Bah.

Constatant l’absence des deux autres prévenus à savoir Aboubacar Bobody et sa maman, le procureur va solliciter au tribunal d’appliquer l’article478 et suivant du Code de Procédure Pénale. Cette disposition donne droit au tribunal de décerner un mandat d’arrêt contre tout prévenu qui refuse de comparaître sans motif valable. Selon Ousmane Sankhon, « cette affaire a été renvoyée ce lundi pour réquisition et plaidoirie.

Le dossier a été renvoyé en leur présence. Et parmi les 3 prévenus, c’est un seul qui a répondu. Nous trouvons cela anormal et inacceptable. C’est seulement en Guinée qu’on voit ce genre de situations. Le gouverneur de la ville de Conakry a été convoqué et il a comparu. Et Bobody qui réside à Kaloum ici est régulièrement cité mais, sans aucun motif valable, il refuse de comparaître.

En tant que ministère public, je sollicite l’application de l’article 478 et suivant du code de procédure pénale guinéen, de décerner un mandat d’arrêt contre lui avant de renvoyer le dossier pour toujours les réquisitions et plaidoiries », a martelé le procureur.

Pour contrecarrer les arguments du procureur, le conseil des prévenus a fait comprendre au tribunal que l’absence de Hadja Mabinty Yattara est justifiée. « Hadja Mabinty Yattara est allée faire le pèlerinage à la Mecque. Donc là, le motif est valablement justifié. Donc, je vous demande de ne pas suivre le procureur, mais de renvoyer simplement le dossier pour les réquisitions et plaidoiries. Ce jour, je viendrai avec les prévenus. Mais, ne décernez pas de mandat contre eux. Je serai là ce jour avec eux », a-t-il promis.

La défense, par la voix de maitre Salifou Béavogui, va demander au tribunal de suivre les réquisitions du procureur. « Il faut exiger la comparution de Bobody Camara. Il est régulièrement cité dans ce dossier, mais actuellement le prévenu est en train de parader avec les autorités. Il faut exiger sa comparution par l’application de l’article 478 et suivant », a sollicité l’avocat.

Au terme de ses observations, plus ou moins longues, le juge Aboubacar Hafia Bah a, dans sa décision, décerné un mandat d’amener contre Aboubacar Bobody Camara avant de renvoyer le dossier au 17 juin 2019 pour les réquisitions et plaidoiries.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620 589 527/654 416 922

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Ministère des investissements et des partenariats Publics Privés : Gabriel Curtis fait le point des réalisations

3 juin 2019 à 17 05 44 06446

Les ministres du gouvernement Kassory continuent de passer devant les médias pour parler du bilan du régime d’Alpha Condé depuis son arrivée au pouvoir à nos jours. Ce lundi, 03 mai 2019, c’était au tour du ministre en charge des Investissements et des Partenariats Publics Privés (MIPPP). Gabriel Curtis a mis l’occasion à profit pour parler des acquis de son département et annoncer les perspectives, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Dans son intervention, le ministre Gabriel Curtis a commencé par expliquer les objectifs et missions du ministère en charge des Investissements et du Partenariat Public-Privé avant de parler des réalisations et acquis dudit département. Selon lui, depuis 2011, la Guinée s’est engagée dans un ambitieux programme de réformes.

« La mise en œuvre de plus de 80 réformes a permis au pays d’être primé en 2014 parmi les quinze pays les plus réformateurs au monde et d’être classée en 2019 parmi les trois Etats les plus réformateurs d’Afrique de l’Ouest, selon le rapport Doing Busness de la Banque Mondiale.

Ces efforts ont eu une incidence positive sur les indices majeurs de perception qui se sont améliorés : le classement Doing Busness, le Guinée a progressé de 27 places depuis 2012 et occupe le 152ème rang sur 190 pays, son meilleur score, à date. Le rapport annuel sur la compétitivité du World Economic Forum (Davos) où la Guinée est classée 126ème sur 137 pays. Elle n’était pas éligible pour être évaluée.

De 2010 à 2019, plus de 130 évènements promotionnels ont été organisés en Guinée, en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique pour encourager les investissements en Guinée. Pour preuve, des pays qui ne sont pas des partenaires traditionnels de la Guinée s’y intéressent. On peut citer l’Autriche, la Turquie et les Pays Bas », a-t-il annoncé.

Parlant de la promotion du secteur privé guinéen, Gabriel Curtis a dit que des efforts ont aussi été faits dans ce domaine. Selon lui, « le département a initié le programme « Accélérateur » qui s’insère dans la mise en œuvre de la stratégie de développement du secteur privé en Guinée (SDSP). L’objectif de ce programme est de renforcer l’écosystème entrepreneurial dans les régions administratives du pays et d’accompagner les entrepreneurs au plus fort potentiel dans leur développement et leur expansion au niveau régional voire international. (…)

Le PIPPP participe activement à la mise en œuvre de la Lettre de politique nationale du Contenu local avec notamment la création prochaine de l’Observatoire du contenu local à la Primature. Outre au sein de ses Direction nationales chargées de la promotion du secteur privé, des investissements privés et du Contenu local, le MIPPP promeut activement les artisans locaux. Les meubles notamment : les tables et les chaises qui se trouvent à la réception ont été confectionnés avec du bois local et par des menuisiers locaux. Un espace d’exposition des produits traditionnels guinéens a été aménagé à la réception du département », soutient-t-il.

En outre, le ministre a indiqué que l’Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP) a, de 2014 à 2019, facilité « la création de 38 000 entreprises soit, selon une étude, près de 114 000 emplois ; la dématérialisation de la création d’entreprises (SYNERGUI) ; la réduction des délais de création de 2 mois à 24 heures (80%) ; la baisse des coûts de création des entreprises ; la possibilité de création des entreprises à l’étranger ».

En dépit des « nombreuses réalisations », Gabriel Curtis annonce que son département envisage de belles perspectives pour les investissements et les partenariats Publics Privés. « Nous envisageons la mise en place de la politique d’assistance à 500 entreprises nationales ; l’organisation de la 2ème édition du programme Accélérateur (dans les régions) ; l’organisation d’un SADEN régional ; l’amélioration du climat des affaires pour intégrer le top 100 du Doing Business de la Banque Mondiale d’ici 2021 ; finaliser l’étude sur la compétitivité-pays avec l’Institut National des Statistiques (avec l’appui de la commission économique pour l’Afrique des Nations Unies-CEA) pour que notre pays soit le plus attractif possible (ZLECA) », a-t-il annoncé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com
Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Faire de la Guinée un pays émergent : « les discours ne suffisent pas », selon l’ancien maire de Labé

3 juin 2019 à 16 04 53 06536

Au cours d’un entretien qu’il a accordé ce lundi, 03 juin 2019, à la rédaction régionale de Guineematin.com, l’ancien maire UPR (Union pour le Progrès et le Renouveau) de Labé, Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo a rappelé ce proverbe mandingue plein de sagesse : « on a beau soutenir le mensonge par des colonnes, il finira un jour par s’écrouler.»

L’ancien maire UPR de Labé, Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo semble avoir été inspiré par ce constat personnel au vitriol: « la triste réalité que nous vivons encore après tant d’années de pratique de la souveraineté nationale reste dominée par l’état de pauvreté des populations, les frustrations de toutes sortes, le culte de la personnalité, le réseautage au mépris de la culture de l’excellence, l’intolérance politique et la mal gouvernance. Autant de tares responsables de ce grand retard économique, social et culturel de la Guinée, considérée pourtant comme un scandale géologique, en raison des énormes potentialités qu’elle recèle » a-t-il entamé.

Poursuivant son diagnostic sans complaisance, l’ancien maire de Labé enfonce le clou : « placée parmi les pays les plus pauvres et les plus endettés du monde, la Guinée, malgré la propagande, peine à sortir de cette situation désastreuse, faute d’une volonté politique ferme et d’un engagement solide de la classe au pouvoir.»

Un petit fait pour illustrer cette affirmation du doyen Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo : « sous le régime du Général Lansana Conté, un ministre louait le chef de l’Etat dans une intervention télévisée qui, dans sa générosité avait octroyé à chaque sous-préfet du pays, une moto de service. Dans la même semaine, un communiqué lu sur les antennes de radio Dakar (RTS) annonçait la mise à la disposition de chaque sous-préfet du pays profond un véhicule 4X4 de service. Voilà qui est suffisant pour montrer que la Guinée n’est comparable qu’à elle-même » ajoute-t-il.

Par ailleurs, précise-t-il, la volonté politique pour un changement qualitatif dans la gestion du pays est régulièrement exprimée par le gouvernant à travers des expressions reprises comme le refrain d’une chanson : « … pour faire de la Guinée un pays émergent. »

A l’en croire, la notion d’émergence est complexe, difficile à cerner, compte tenu des critères très variés sur lesquels réponde l’appellation. Plus simplement, croit-il savoir, un pays émergent est plus près du développement que du non développement.

Pour se faire comprendre davantage, il a tout simplement rappelé que sont dans la catégorie de pays émergents l’Inde, le Pakistan, le Maroc, l’Algérie, l’Afrique du Sud, le Nigéria, l’Egypte et bien d’autres encore.

Et si d’aventure les masses protestent et réclament un changement dans une situation donnée, le communicateur puise dans un champ d’expressions consacrées pour trouver à chaque cas de figure, les éléments de réponse à apporter à la revendication. A cet effet il n’est pas rare d’entendre dire : « mon département est en train de réfléchir ; cette question fait partie des priorités du gouvernement ; le projet se déroule conformément aux recommandations du chef de l’Etat ; le projet avance à grands pas, et le chef de l’Etat y veille personnellement» ou encore « le gouvernement a réuni les moyens et nous sommes en train de chercher l’entreprise avec laquelle négocier ; bientôt la Guinée pourra se doter de ceci ou de cela et même donner son excédent de courant électrique aux pays voisins » et patati ! et patata !

A force de revenir sur ces expressions, « on découvre aisément l’odieuse technique qui consiste pour l’essentiel à cacher la vérité aux citoyens impétueux pour faire espérer en un avenir radieux et ce, dans toutes les directions de la vie collective et individuelle, bref, tout est utilisé pour le faire rêver et l’aider à oublier sa misère.»

C’est à ce niveau que l’ancien maire UPR de Labé, Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo a jugé utile de rappeler très vite ce proverbe mandingue plein de sagesse : « on a beau soutenir le message par des colonnes, il finira un jour pour s’écrouler.»

Il a rappelé également cette vérité coranique : « le sourd et l’entendant ne sont pas égaux. Quand un sourd vous tourne le dos, vous avez beau le rappeler, il ne vous entendra pas. »

Aussi, insiste-t-il, pour réussir « dans cette noble ambition de faire de la Guinée un pays émergent, il est indispensable de conduire cette démarche sur une base solide et sûre : se doter d’un système éducatif très performant qui bénéficierait de par sa rigueur une reconnaissance internationale. Sait-on d’ailleurs le nombre de diplômes guinéens invalides à l’extérieur, obligeant la malheureuse victime en quête d’emploi ou de formation, à changer d’option pour reprendre ses études ?

Si à côté de nous, l’Université Cheick Anta Diop de Dakar, l’une des plus anciennes de l’espace francophone et connaissant une véritable audience, occupe cette année la 58ème place parmi les 200 premières et meilleures universités d’Afrique, la Guinée, quant à elle, est ‘’hors classement’’. Ce qui signifie qu’elle n’est représentée sur aucune liste de palmarès. »

Puis « si donc l’Université guinéenne pouvait s’inspirer de l’exemple qu’offre l’Université Sorbonne de Paris, pour réduire son émiettement pour un but purement mercantiliste, en se regroupant, l’enseignement et la recherche gagneraient beaucoup en qualité. Ce qui pourrait à la longue ouvrir à notre institution une place dans l’environnement international, dans le monde de la science. »

Au sens de l’ancien maire de la commune urbaine de Labé, Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo, il existe aussi d’autres préalables incontournables : « l’eau et l’électricité, une industrie lourde et légère, des infrastructures routières et ferroviaires pour relier toutes les localités, véritables pôles économiques, car ces voies d’accès sont pour le pays ce que le sang représente pour le corps vivant. Il faudrait également concevoir une nouvelle politique agricole, assurer une gestion saine et transparente des ressources minières et halieutiques, dans l’intérêt du pays, sans exclusif.

Il faudrait organiser des élections libres et crédibles, instaurer une justice juste et forte comme le disait l’écrivain, mathématicien, philosophe français, Blaise Pascal, dans ses pensées : il est juste que ce qui est juste soit fort, que ce qui est fort soit juste, car la justice sans la force est discréditée, la force sans la justice est tyrannie.

Ce ne sont donc pas les discours qu’il faut mais des actes. Ce qui suppose que tout dirigeant fera montre d’un état d’esprit, d’une attitude toujours en adéquation avec la ligne choisie et les objectifs fixés à terme. Dans l’état actuel des choses, il sera difficile à la Guinée de devenir un pays émergent avant l’horizon 2063», conclu notre interlocuteur.

Depuis Labé, Kawou Seydi pour Guineematin.com

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Education : « nous sommes sûrs que l’Etat va engager certains qui ne sont pas des professionnels »

3 juin 2019 à 15 03 39 06396

Le Collectif des Enseignants Contractuels de l’ISSEG et des ENI (CECIE) continue son combat pour l’intégration de ses membres à la Fonction Publique guinéenne. C’est pour faire le point de l’évolution de ces démarches que le collectif a organisé une réunion d’information hier dimanche, 02 juin 2019. C’est les locaux de l’Institut Supérieur des Sciences de l’Education de Guinée (ISSEG) à Lambanyi, qui ont servi de cadre à la réunion, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Après avoir rencontré les responsables du ministère de l’Education Nationale et ceux du ministère de la Fonction Publique, le bureau exécutif du CECIE a convié ses membres à une réunion de restitution.

C’est le président du Collectif qui en a fait le compte-rendu à ses camarades. Selon Mamadou Kindy Diallo, « nous avons eu à rencontrer les autorités du ministère de l’éducation et présentement nous avons notre lettre d’audience qui est auprès du ministère. Nous attendons impatiemment la tenue de l’audience. Secundo, nous avons eu à rencontrer les autorités du ministère de la fonction publique.

Ce qui est sûr, ils nous ont fait comprendre que le dossier avance. En tout cas, le travail qui est abattu par les deux ministères est un travail incommensurable. Parce que ces travaux visent à restaurer le statut particulier des personnels de l’éducation. Nous sommes convaincus que cette lutte va porter fruit ».

Poursuivant, Mamadou Kindy Diallo a rappelé que « le Collectif des Enseignants Contractuels issus de l’ISSEG et des ENI est né pour défendre deux causes. La première, c’est de nous battre pour restaurer le statut selon lequel, tous les personnels issus des instances de formation éducative soient intégrés sans concours, ni test à la fonction publique. La seconde, c’est que tous les contractuels professionnels de l’éducation, ayant activement servi l’Etat durant la période de l’impasse éducative déclenchée par le SLECG, soient intégrés à la fonction publique sans concours, ni test.

Nous estimons, en vertu de toutes les avancées, de toutes les batailles d’idées, que nous sommes à une étape supérieure. Parce qu’en vertu de toutes les relations, de toutes les informations qu’on a reçues par rapport à notre situation, nous estimons déjà que nous aurons un dénouement heureux. Nous sommes à quelques pas de la réussite de cette bataille-là, nous estimons qu’on l’a gagnée ».

Par ailleurs, le président du Collectif est revenu sur les listes des enseignants issues du recensement fait par la coordination des enseignants contractuels et sur celle dont dispose le département de l’Education. Selon Mamadou Kindy Diallo, une comparaison entre ces deux listes doit être faite pour « voir ceux qui sont dans les règles. A l’issue de cela, ils vont délibérer sur leur sort. Pour le moment, nous les sortants de l’ISSEG et des ENI, nous estimons que notre liste a été publiée il y a de cela un mois. Nous ne sommes plus là-bas, nous attendons autre chose ».

Cependant, le président du Collectif n’a pas pleine confiance dans le processus de comparaison des deux listes publiées. « Par exemple dans la commune de Kaloum, l’agent de la gestion des ressources humaines a reçu que 87 noms sur toute la commune. Et nous, nous estimons que Kaloum dépasse 87 personnes. Et naturellement, Fria a reçu que 05 noms, Coyah 25 noms. La question qu’on se pose : est-ce que le gouvernement a été fidèle à la liste déposée par la coordination ou est-ce que le gouvernement a demandé à la coordination de faire recommandation d’une liste ?

Quand même, nous sommes sceptiques à ce travail-là, parce que l’Etat connait qui est qui, l’Etat a les mutations de ceux qui ont servi, l’Etat connait qui a fait quoi et qui mérite d’être engagé. Je crois bien s’il y a une volonté de la part de l’Etat à engager les gens, il aurait dû le faire. Nous sommes sûrs et certains que l’Etat va engager certains qui ne sont pas des professionnels de l’éducation.

Mais, ce qui leur aurait été dit, c’est qu’ils seront soumis à une formation intense d’une année pour bénéficier d’une habilité pédagogique et didactique leur permettant d’exercer convenablement cette profession qui est celle d’enseigner », a fait savoir Mamadou Kindy Diallo.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Religion : voici comment doit se comporter le musulman le jour de la fête de Ramadan (interview)

3 juin 2019 à 15 03 23 06236

Les fidèles musulmans s’apprêtent à célébrer la fête marquant la fin du mois saint de Ramadan. Un mois marqué par la maitrise de soi, des prières et invocations pour bénéficier de la miséricorde divine. Le jour de la fête, il arrive que des fidèles musulmans, après avoir passé un mois de pénitence, reprennent des comportements répréhensibles.

Pour parler du comportement d’un musulman le jour de la fête, un reporter de Guineematin.com a donné la parole à Oustaz Mamadou Oury Diallo, directeur du centre Alhadis pour les sciences légiférées, imam râtib de la mosquée de Nassroullaye 3, dans la commune de Ratoma.

Guineematin.com : la communauté musulmane s’apprête à fêter l’Aïd el Fitr ou la fête marquant la fin du mois de Ramadan. Quel est le comportement que le fidèle musulman doit adopter le jour de la fête ?

Oustaz Mamadou Oury Diallo : nous remercions le Tout Puissant Allah pour sa grâce et sa miséricorde, qui nous a accordé des actes d’adoration que nous célébrons tous les jours et tous les mois, notamment dans le mois de Ramadan, donc un mois de pénitence, un mois d’exercice, un mois de rapprochement d’Allah. Et vous savez que maintenant, nous tendons vers la fin de cette adoration, vers la fin du mois de Ramadan. Cette fin aussi est marquée par une fête symbolique pour la communauté musulmane, pour fêter, entrer dans la joie, dans la satisfaction parce que nous avons adoré Allah durant 29 ou 30 jours.

Maintenant, la fête ne signifie pas désobéissance, la fête ne signifie pas d’aller au delà des limites, car l’Islam est une religion complète qui a légiféré sur l’ensemble des aspects d’un bon musulman, que ça soit entre lui et sa femme ou entre lui et ses voisins ou de sa communauté avec laquelle il est en train de mener une vie. Le jour de la fête est un jour de remerciement d’Allah qui nous a accordés la santé, une longue vie et nous avons pu observer cet acte d’adoration. Donc, il faut fêter conformément aux règles qui régissent la fête d’un musulman.

Guineematin.com : quelles sont ces règles ?

Oustaz Mamadou Oury Diallo : le musulman est appelé, le jour de la fête, d’invoquer le nom d’Allah, après avoir consommé une chose, parce que pour marquer la fin du ramadan, il faut essayer de montrer aux gens que le jeûne est fini en consommant quelque chose avant d’aller à la prière. Donc, c’est une règle et aussi un règlement et le musulman est appelé à invoquer le Tout Puissant Allah en allant au lieu de la prière en disant « ALLAHOU AKBAR, ALLAHOU AKBAR, LAILAHA ILALLAH ALLAHOU AKBAR, ALLAHOU AKBAR WA LILLAHILHAMDOU ».

Le début, c’est dès que le musulman s’oriente vers le lieu de la prière jusqu’à ce qu’il revient à la maison. Donc, il est appelé à faire ces invocations. Il est aussi légiféré que le musulman essaye de se rendre beau parce que c’est le jour de la fête, il ne doit pas sortir entre les gens pendant qu’il est mal habillé. Si la personne a les possibilités pour se rendre belle en s’achetant de nouveaux habits, elle peut le faire. Et si aussi elle n’a pas les possibilités, elle doit recycler ses anciens habits en les rendant beaux comme il n’a pas les capacités financières lui permettant d’acheter une tenue de fête.

Guineematin.com : le plus souvent, certains fidèles musulmans empruntent deux voies. C’est-à-dire la route utilisée à l’aller ne sera pas celle empruntée au retour. Est-ce normal d’agir ainsi ?

Oustaz Mamadou Oury Diallo : oui, il est aussi demandé aux musulmans d’emprunter deux voies. Une route pour aller accomplir la prière et une autre pour le retour. Voilà quelques règlements, voilà quelques comportements que le musulman doit adopter le jour de la fête.

Guineematin.com : que dire de ceux qui n’empruntent pas deux voies pour aller à la prière ?

Oustaz Mamadou Oury Diallo : il n’y a pas de sanction qui est réservée contre ces gens là. Seulement, il n’a pas respecté la sounna du prophète Paix et Salut sur Lui. Mais, celui qui a emprunté une seule route n’a aucune sanction. Donc, il n’y a pas de sanction réservée à celui qui n’a pas utilisé les deux routes. Mais, l’idéal voudrait que le musulman utilise deux voies ce jour-là.

Guineematin.com : est-ce qu’il est conseillé de veiller le jour de la fête ?

Oustaz Mamadou Oury Diallo : aller se promener ou se recréer n’est pas du tout interdit en principe. C’est aller faire des désobéissances qui est condamné, par exemple consommer de l’alcool ou entretenir des rapports charnels. En ce moment, la sortie devient illégale et illicite. Mais, sortir en tant que tel pour aller prendre un jus ou un gâteau n’est pas interdit ce jour par la religion musulmane.

Guineematin.com : quel message avez-vous à lancer aux fidèles musulmans qui vont lire ces lignes ?

Oustaz Mamadou Oury Diallo : mon message, c’est d’appeler mes frères et sœurs musulmans à se conformer de plus aux enseignements de l’islam. Nous avons fait une observation pendant le mois de ramadan, la ville de Conakry est très belle par ce que les musulmans sont conformes, ils sont soumis à la volonté d’Allah. Il n’ya pas de musique, pas de vol, pas de braquage tout le monde était content du fait que les maux dont souffrait la population sont stoppés.

Donc, nous pouvons changer comme on a la possibilité de le faire, c’est de continuer à se soumettre avant, pendant et après le Ramadan. Le musulman est celui qui se soumet à Allah. La seule différence est qu’il doit renforcer cette soumission pendant le mois de Ramadan. Il faut suivre le bon chemin, car c’est celui-là qui mène vers Allah.

Propos recueillis par Touré Amadou Oury pour Guineematin.com

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Préparatifs de la fête de Ramadan : pas d’engouement au marché central de Boké

3 juin 2019 à 13 01 49 06496

Quelques heures avant la fête de fin du mois saint de Ramadan, vendeurs et acheteurs se plaignent dans la ville de Boké. Si les uns dénoncent la rareté des clients, les autres pointent du doigt la cherté des prix sur le marché, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La communauté musulmane s’apprête à célébrer la fête de l’Aïd El Fitr dans une conjoncture compliquée. Dans la ville de Boké, les plaintes ne manquent pas de part et d’autre. Sur le terrain, ce n’est pas le grand engouement au grand dam des marchands.

Selon Amadou Baïlo Diallo, les clients ne se présentent pas chez lui pour faire des achats, même si les prix sont abordables. « Cette fois ci, il n’y a pas de mouvement. En tout cas, ce n’est pas comme les fêtes passées. Pourtant, les prix ne sont pas chers et rien n’a été augmenté à l’occasion de la fête », a-t-il expliqué.

Même son de cloche de la part de Mamadou Yéro Diallo, un vendeur de chaussures au marché central de Boké. Ce marchand accuse la crise née de la vente de l’acajou. « Dieu merci, on ne se plaint pas trop. Mais la dernière fête, on a vendu mieux. Mais, on comprend la situation. Ici à Boké, tout est lié au marché d’acajou. Et cette fois ci, tout le monde dit que ça n’a pas marché encore. C’est ce qui fait que les anciens clients n’achètent plus », estime notre interlocuteur.

Les clients ne sont pas en marge des plaintes exprimées à la veille de la fête de fin de Ramadan. Pour Mohamed Lamine Coumbassa, un client rencontré par notre reporter, la cherté des prix expliquerait le manque de clients. « Je suis venu chercher deux complets et une paire de chaussures. Mais, les prix sont chers quand même. On me dit qu’un pantalon est à 95.000FG. Mais, comme on ne peut pas rester sans porter les habits neufs, c’est pour cela qu’on se sacrifie pour les payer à ce prix.»

Il faut rappeler que porter des habits neufs le jour de la fête est recommandé par la région musulmane. Mais le plus souvent, la pauvreté empêche certains fidèles d’y faire face surtout à Boké, Zone Economique Spéciale, où les compagnies minières brassent des centaines de milliards de francs guinéens.

De Boké, Abdourahmane N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tel : 628 98 49 38

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« D’ici 50 ans, si rien n’est fait, tout le monde se retrouvera sur les côtes », prévient un député

3 juin 2019 à 13 01 28 06286

Une mission composée de députés et de membres de plusieurs départements ministériels a séjourné récemment dans la préfecture de Boké. Conduite par le président de la commission environnement, pêches et développement rural et durable de l’Assemblée nationale, l’Honorable Sékou Benna Camara, cette forte délégation de l’exécutif et du législatif guinéens est allée échanger avec les responsables locaux autour d’une éventuelle élaboration d’une loi protégeant le littoral de notre pays, a constaté un envoyé spécial de Guineematin.com qui était sur place.

C’est dans la salle de conférence de la préfecture de Boké que les membres de cette mission ont rencontré les responsables locaux, dont le maire de la commune urbaine, l’Honorable Mamadouba Tawel Camara et le secrétaire général des collectivités, Jean Béavogui, représentant le préfet.

Dès l’entame des travaux, le directeur général du milieu marin et zones côtières du ministère de l’environnement, Mohamed Lamine Sidibé, a procédé à la projection d’un documentaire sur l’état dégradé des côtes maritimes guinéennes devant les maires, secrétaires généraux de communes et sous-préfets des 8 collectivités côtières sur les 10 que compte la préfecture de Boké.

Puis, le maire de la commune de Boké, suivi du chef de la délégation, par ailleurs président de l’alliance des parlementaires et élus locaux pour la protection du littoral en Afrique de l’Ouest, (APPEL), se sont relayés pour dire à l’assistance l’objet de la rencontre portant sur des consultations et échanges en vue d’établir une loi protégeant le littoral guinéen, à l’image des autres pays membres d’APPEL (le Sénégal, le Cap Vert, la Sierra Léone, le Libéria, la Mauritanie,…).

Ils ont expliqué que littoral, zone de rencontre de la terre, de la mer et même de l’atmosphère, se trouve être sérieusement menacé en Guinée. Long de plus 300 km et couvrant 5 préfectures et la capitale, le littoral guinéen présente un environnement très dégradé particulièrement à Boké, où l’exploitation minière, la coupe abusive du bois de la mangrove, le nombre croissant de ports miniers, la pratique de la culture sur brûlis par endroits, les feux de brousse entre autres sont légion.

Face à cette situation alarmante, le représentant de la société civile de Boké à cette rencontre, Elhadj Sékou Souaré, a exprimé à la mission sa préoccupation. « Par rapport aux sociétés minières, nous avons des problèmes. Quand les gens font le dragage, cela fait des dégâts sur les activités côtières. Le Kapatchèse et le fleuve Rio Nunez sont régulièrement perturbés par les activités portuaires en général et le mouvement des barges et navires dans la zone.

Que ce soit la pèche ou l’agriculture, toutes nos activités sont menacées. Des huiles sont déversées en mer, et les mouvements des navires sont ressentis de Kamsar jusqu’à Kanfarandé. Les plaines et les zones agricoles sont submergées par la mer », a souligné cet activiste de la société civile.

Bocar Morin, maire de Kamsar

D’ailleurs, la commune urbaine de Kamsar, devenue une véritable zone portuaire, présente un visage environnemental aggravant. Le maire de la commune, Bocar Morin, déplore les dégâts causés sur l’environnement par les sociétés minières de la place. « Dans mon village, le riz ne donne plus. Le poisson, on n’en gagne plus. Les plants fruitiers : les manguiers par exemple, et les animaux domestiques et aquatiques sont morts. On a tout perdu.

Parlant de la ville de Kamsar, on n’a pas d’eau potable. On nous a donné des forages, mais l’eau qui sort n’est pas propre à la consommation. L’eau puisée c’est comme du reste d’huile. Donc, ce n’est pas bon pour la consommation et je souhaite que la mission se rende sur les lieux, à Taïbé, (son village,ndlr) pour apprécier ce qui se passe sur le terrain », a dit le maire de la cité industrielle de Kamsar.

Sékou Benna Camara, Député

En clôturant les débats, l’honorable Sékou Benna Camara, a rassuré les participants de la disponibilité de l’Assemblée nationale et des départements techniques engagés, à prendre en compte toutes les préoccupations des populations dans l’élaboration de la future loi sur le littoral. « Les scientifiques ont dit que si on ne fait pas quelque chose, dans 50 ans, les populations vont se retrouver anarchiquement au bord de la mer.

La loi que voulons élaborer, c’est une comme une feuille de route. C’est elle qui va réguler l’occupation des zones côtières, le type de constructions portuaires. Elle permettra également d’harmoniser les textes de loi existant en la matière et permettre une meilleure collaboration entre les départements impliqués dans la protection du littoral guinéen, apportant une solution aux conflits d’intérêts qui existent par ci et par là », a souligné le chef de mission.

A noter que seules les communes de Malapouya et Sangarédi n’étaient pas représentées à cette rencontre. Parce qu’elles sont classées comme étant non côtières. Mais, selon les intervenants, même ces deux collectivités ne sont pas l’abri de la dégradation environnementale actuellement observée à Boké.

Ces consultations qui ont démarré depuis le début du mois de mai, ont été menées successivement à Forécariah, Coyah, Dubréka, Boffa et Boké avant de prendre fin à Conakry. Elles ont été réalisées grâce au soutien financier de l’Union Internationale de la Conservation de la Nature, UICN, basée à Dakar, au Sénégal.

De retour de Boké, Abdallah BALDE pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 45

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En réponse à la tribune du Pr. Zogbélémou : halte au tripatouillage de la Constitution et à la manipulation du Peuple !

3 juin 2019 à 12 12 42 06426

Par Nadia NAHMAN et Maître Amadou DIALLO : Sans qu’il ne soit nécessaire de s’appesantir sur les desseins inavoués que servait la tribune du Professeur Togba Zogbélémou-laquelle trahissait assez aisément la préoccupation de son auteur d’assurer une assise légale et scientifique au projet anticonstitutionnel de troisième mandat-la présente contribution part de la vive réprobation intellectuelle qu’elle a déclenchée dans les milieux universitaires et académiques.

En effet, certains juristes, constitutionalistes ou non, se sont évertués à déconstruire, dans le cadre d’une analyse juridique solide, rigoureuse et méthodique, ce qui s’apparente plus à un véritable plaidoyer au service d’une nouvelle Constitution qu’à une démonstration objective et académique. S’il y a un aspect qui fait l’unanimité et qui constitue l’épine dorsale de l’argumentation du Professeur Zogbélémou, c’est bien l’impossibilité pour le Président de la République de faire adopter une nouvelle Constitution par voie référendaire sur la base de l’article 51 de la Constitution en vigueur, étant entendu que cette disposition renvoie exclusivement au référendum de type législatif et non constitutionnel. Afin d’éviter toute redondance, nous n’en rajouterons pas à la littérature juridique prolifique déjà existante. Nous nous nous emploierons plutôt à apporter un éclairage nouveau sur le pouvoir constituant et les circonstances de l’émergence d’une nouvelle Constitution (I) sans oublier de rappeler les instruments juridiques régionaux qui garantissent le principe de l’alternance démocratique tout en organisant des sanctions contre les auteurs de changement anticonstitutionnel (II).

  • Le pouvoir constituant et les circonstances de l’émergence d’une nouvelle Constitution

Il convient de rappeler tout d’abord que les dispositions combinées des articles 27 et 154 de la Constitution du 7 mai 2010 qui garantissent le principe de l’alternance démocratique, empêchent le Président de la République de s’octroyer un troisième mandat. Tout mandat supplémentaire ou glissement de mandat en cours serait, en l’état actuel du droit positif, inconstitutionnel. C’est pour contourner ces dispositions intangibles que le pouvoir envisage illégalement l’élaboration d’une nouvelle Constitution par voie de référendum. Or, contrairement à l’avis exprimé par le Professeur Togba Zogbélémou dans sa tribune, il est incontestable que l’article 51 de la Constitution prévoit non pas un référendum constitutionnel mais un référendum législatif. Il sied de rappeler que l’article 51 de la Constitution guinéenne exige un avis de conformité de la Cour constitutionnelle pour tout projet et toute proposition de loi initiés dans ce cadre. De même, l’article 22 alinéa 3 de la Loi organique sur la Cour constitutionnelle dispose : « La Cour constitutionnelle exerce un contrôle de constitutionnalité du projet ou de la proposition de loi référendaire préalablement au vote du Peuple ». Or, il serait difficilement imaginable qu’un contrôle de constitutionnalité de la nouvelle Constitution à l’ancienne puisse être opéré alors même que la nouvelle conduirait à l’abrogation de l’ancienne. Ce qui sous-entend que cet article 51 ne peut servir de base légale pour proposer une nouvelle Constitution.

Le pouvoir constituant originaire est celui d’édicter une première, ou nouvelle Constitution. Il suppose donc une rupture de l’ordre constitutionnel antérieur à la suite d’une révolution, d’un coup d’État, d’une guerre avec occupation du sol national ou de la création d’un nouvel État. Le pouvoir constituant comprend ainsi un processus révolutionnaire qui est la rupture illégale de l’ordre constitutionnel. Or, rien en l’espèce ne justifie objectivement et raisonnablement l’élaboration d’une nouvelle Constitution au détriment de la révision, si tant est que l’objectif poursuivi demeure véritablement l’amélioration de la Constitution en vigueur.

Le pouvoir constituant originaire se caractérise par une nature particulière. Il naît dans le fait pour ensuite seulement créer le droit. Il est rebelle à toute théorisation juridique c’est-à-dire qu’aucune règle même juridique ne peut lui être imposée. Il est par définition souverain. Toutefois, la question qui se pose n’est pas de savoir s’il est souverain ou non, mais s’il est juridique ou non, c’est- à dire encadré par le droit, ce qui n’est pas tout à fait la même chose selon le Professeur agrégé de Droit public Jean-Philippe Derosier. 

S’il n’est pas juridique, il peut s’affranchir du droit et faire effectivement et totalement ce qu’il veut. Si ce pouvoir est juridique, il est nécessairement encadré par le droit. Il peut tout à fait être souverain tout en étant juridiquement et constitutionnellement encadré.

La souveraineté qui est posée à l’article 2 de la Constitution ne signifie pas que la souveraineté nationale qui appartient au peuple s’exerce de n’importe quelle façon. Elle s’exerce par ses représentants et par la voie du référendum dans les formes prévues par la Constitution.

L’article 2 de la Constitution en vigueur dispose en effet : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants élus et par voie de référendum. Aucune fraction du peuple, aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice. La souveraineté s’exerce conformément à la présente Constitution qui est la Loi suprême de l’État… ».  Faut-il rappeler également que le référendum d’initiative populaire qui permet au peuple d’initier et d’adopter une loi n’existe qu’en Suisse, en Italie et en Autriche. Il n’existe pas en Guinée et même en France, patrie des droits de l’homme, car c’était l’une des revendications des Gilets jaunes. Autrement dit, la liberté d’opinion et d’expression reconnue aux citoyens guinéens ne leur confère pas un droit d’initiative pour convoquer un référendum législatif ou constitutionnel.

La liberté d’expression est un droit fondamental mais pas un droit absolu. Elle ne peut être invoquée pour porter atteinte à l’unité nationale ou au fonctionnement démocratique des institutions comme le prévoit l’article 4 de la Constitution. Se servir de la liberté d’expression pour violer les dispositions de la Constitution constitue un abus de droit. Ne peuvent donc prétendre au bénéfice de la liberté d’expression ceux qui l’utilisent à des fins perverses, en sapant notamment les dispositions considérées comme intangibles par notre Constitution. Les membres du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) et tous les citoyens qui se battent pour le respect de la Constitution ne font que leur devoir en application de l’article 22 de notre Loi fondamentale en vertu duquel « chaque citoyen a le devoir de se conformer à la Constitution, aux lois et aux règlements ».

Ainsi, pour se prononcer pour ou contre un projet de loi constitutionnelle, les bons citoyens doivent attendre que la question leur soit posée dans le respect des procédures constitutionnelles en vigueur. De même, pour exiger une nouvelle Constitution, il faut qu’il y ait une rupture de l’ordre constitutionnel en vigueur ou une contestation sérieuse des Institutions en place comme indiqué précédemment. Ce n’est pas parce qu’on exige le respect des normes constitutionnelles en vigueur qu’on dénie au peuple sa souveraineté.

Le débat sur la nécessité de doter la Guinée d’une nouvelle Constitution a été introduit par les seuls tenants du pouvoir dont le but ultime est d’empêcher l’alternance démocratique pour maintenir au pouvoir le Président actuel au-delà de son second et dernier mandat. En effet, le peuple n’a pas exprimé de rejet quant à la Constitution actuelle. Le recours au peuple n’intervient que pour préparer les esprits à un passage en force visant à légitimer des opérations de tripatouillage constitutionnel. L’idée voulue est de faire croire qu’un groupe de citoyens représentent la collectivité dans son ensemble. Or, pour que l’idée de peuple soit admise, il faut qu’apparaisse une volonté commune. Le peuple n’existe que là où existe un intérêt commun. Ce n’est pas dans l’intérêt du peuple de Guinée mais dans celui d’un individu ou groupe d’individus.

En définitive, le recours au référendum, strictement encadré par les articles 51 et 152 de la Constitution du 7 mai 2010, ne peut servir de fondement légal à l’élaboration d’une nouvelle Constitution étant entendu que dans les deux cas, le référendum ne peut avoir lieu que conformément à ladite Constitution.

  • Rappel des instruments juridiques régionaux qui garantissent le principe de l’alternance démocratique et prévoient des sanctions contre les auteurs de changement anticonstitutionnel

Pour garantir les principes de l’alternance démocratique, l’article 23 point 5 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la Gouvernance dispose :

« Les États parties conviennent que l’utilisation, entre autres, des moyens ci-après pour accéder ou se maintenir au pouvoir constitue un changement anticonstitutionnel de gouvernement et est passible de sanctions appropriées de la part de l’Union :

(…) Tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique ».

A cet égard, l’article 25 points 4 et 5 prévoit des sanctions en ces termes: « Les auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement ne doivent ni participer aux élections organisées pour la restitution de l’ordre démocratique, ni occuper des postes de responsabilité dans les institutions politiques de leur État. Les auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement peuvent être traduits devant la juridiction compétente de l’Union ».

De même, l’article 1er du Protocole A/SP1/12/01 de la CEDEAO sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance additionnel au protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement de conflits, de maintien de la paix et de la sécurité prévoit dans le cadre des principes constitutionnels communs à tous les États membres, en sont point C que :

« Tout changement anticonstitutionnel est interdit de même que tout mode non démocratique d’accession ou de maintien au pouvoir ».

Le même Protocole prévoit en son article 45 des sanctions contre tout État Membre en cas
de rupture de la Démocratie par quelque procédé que ce soit et en cas de violation massive des Droits de la Personne.

De ce qui précède, il convient de noter que ces deux instruments internationaux qui garantissent notamment les principes de l’alternance démocratique en Afrique s’opposent ou interdisent l’utilisation de tout moyen ou procédé anticonstitutionnel ou non démocratique pour se maintenir au pouvoir. En effet, ces textes donnent une large définition à l’expression « changement anticonstitutionnel » et font une énumération non exhaustive des moyens ou procédés utilisés pour se maintenir au pouvoir. La Guinée, ayant signé et ratifié les deux instruments mentionnés, est tenu par le respect des engagements y découlant pour elle.

III-Propos conclusifs

Le meilleur texte ne garantit jamais la meilleure pratique. Autrement dit, un changement de Constitution ne signifie pas nécessairement un changement dans les pratiques politiques. « Au-dessous des institutions, des chartes, des droits écrits, de l’almanach officiel, il y a les idées, les habitudes, le caractère, la condition des classes, leur position respective, leurs sentiments réciproques, bref un écheveau ramifié des profondes racines invisibles sous le tronc et le feuillage visibles. Ce sont elles qui nourrissent et soutiennent l’arbre ». H. Taine, Note sur l’Angleterre, 1876.

Il n’existe aucune opposition de principe à ce que soient introduites des améliorations substantielles visant un meilleur équilibre institutionnel ou assurant un aggiornamento, celles-ci pouvant, en effet, être initiées par voie de révision, dans le respect du cadre constitutionnel en vigueur. C’est ainsi que la Constitution française du 2 octobre 1958 a été modifiée à plus des deux tiers par rapport à son écriture originelle avec des modifications aussi fondamentales que l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, le quinquennat présidentiel, la saisine du Conseil constitutionnel par les parlementaires ou maintenant par voie d’exception, et autres rénovations de la procédure parlementaire.

Au demeurant, la solution ne réside pas tant dans l’élaboration de nouveaux textes puisque les textes existants sont assez riches dans l’ensemble, mais plutôt dans leur respect.

Au lieu d’être un moyen de limitation du pouvoir des gouvernants, la Constitution a été transformée par ces derniers en un « instrument de pouvoir ». Au lieu d’être un pacte social définissant les droits et devoirs des gouvernants et des gouvernés pouvant assurer la paix civile et sociale, elle est devenue un acte unilatéral changeant en permanence au gré des intérêts des gouvernants, protégeant leur seul pouvoir pour rester en place. Pourtant, lorsque les Constitutions sont désavouées constamment et que le droit perd sa fonction originaire, le Peuple souverain sort dans la rue et dit : « ça suffit »! Non à la manipulation, Non à la corruption, Non à la répression pour se maintenir au pouvoir ad vitam aeternam.

Article co-écrit par Nadia NAHMAN et Maître Amadou DIALLO

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Siguiri : deux personnes tuées dans des éboulements à Kintinia

3 juin 2019 à 12 12 10 06106

De nouveaux éboulements se sont produits hier dimanche, 02 juin 2019 dans des mines d’or de la sous-préfecture de Kintinia (Préfecture de Siguiri). Ils ont coûté la vie à deux personnes, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Siguiri.

Le premier éboulement est survenu dans une mine d’or située dans le district de Kolifani. Le second a eu lieu dans la commune rurale de Kintinia. Dans chacun de ses accidents de travail, un mineur a été tué. C’est Mamady Camara, agent de la Croix-Rouge locale, et ses collègues, qui ont extrait les corps des trous. Il déplore ces pertes en vies humaines.

« C’est pitoyable. Ces deux victimes étaient parties chercher les frais de fête. Malheureusement, ce sont leurs corps sans vie qui sont rentrés chez eux. On a été informé d’abord du premier cas survenu à Kofilani, nous sommes allés extraire le corps de la victime. Pendant qu’on remettait ce corps à sa famille, on nous a signalés aussi celui de Kintinia Centre. Nous sommes partis aussi rechercher cet autre corps pour le remettre à sa famille », a-t-il expliqué.

A noter que les victimes sont : Ansoumane Kouyaté, 30 ans, marié et père de deux enfants ; et Fodé Diawara, 55 ans, marié à trois femmes et père de deux enfants. Ils ont regagné leur dernière demeure le même jour dans la sous-préfecture de Kintinia.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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« Nous avons demandé au président Alpha Condé d’épouser trois femmes », révèle l’imam de Labé

3 juin 2019 à 11 11 31 06316

Récemment, le président Alpha Condé a invité des religieux, venus de différentes préfectures de la Guinée, pour rompre le jeûne avec lui. Et, le chef de l’Etat en a profité pour échanger avec ses hôtes autour de plusieurs questions, dont celle de la polygamie. Un sujet qui suscite de la polémique dans le pays suite à l’adoption du nouveau code civil guinéen, interdisant à un homme d’épouser une deuxième femme sans l’accord préalable de sa première épouse.

Les imams auraient exprimé clairement leur opposition à ce texte, demandant au président de la République d’épouser lui-même trois femmes. C’est le grand imam de Labé qui a révélé l’information au cours d’un entretien qu’il a accordé à un correspondant de Guineematin.com sur place.

Selon Elhadj Badrou Bah, premier imam de la grande mosquée de Labé, « chaque préfecture a été représentée à cette rencontre. Et, c’est à cette occasion que je suis parti répondre au nom de Labé. Autour de la table, il y a eu beaucoup d’échanges entre le chef de l’Etat et nous. Chaque région administrative a mandaté un porte-parole pour parler. Et comme vous avez vu à la télévision nationale, chacun d’entre eux a remercié le chef de l’Etat de nous avoir invités à rompre le jeûne avec lui », a-t-il indiqué.

Pour ce qui est de la question sensible de la polygamie, le leader religieux a fait savoir que les sages ont demandé au président Condé de se marier à trois femmes. « Après les remerciements, comme il y a un point relatif à la polygamie qui fait débat actuellement en Guinée et qui concerne l’islam, nous avons échangé avec lui et nous lui avons fait part de notre position.

Au nom de tous les imams présents, Elhadj Mamadou Saliou Camara (grand imam de la mosquée Fayçal de Conakry, ndlr) a rappelé au président de la République que depuis le premier régime, la polygamie était interdite, mais les citoyens étaient libres de se marier jusqu’à quatre femmes.

Jamais Sékou Touré n’a emprisonné un citoyen parce qu’il a été polygame. Avec le président Lansana Conté, la même chose. Ce dernier d’ailleurs s’est marié à trois femmes. Donc, nous avons demandé au président actuel aussi d’épouser trois femmes. C’est avec cette proposition faite au président qu’on s’est séparé », a révélé Elhadj Mamadou Badrou Bah, également inspecteur régional des affaires religieuses de Labé.

Quant aux critiques que certains citoyens font de cette rencontre entre le chef de l’Etat et les leaders religieux du pays, le grand imam de la ville pense qu’ils n’ont pas compris le sens de cette invitation. Comme pour dire que pour le moment, les partisans de la polygamie peuvent souffler et garder espoir.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo, pour Guineematin.com

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Appel à la division ? Le FNDC de N’zérékoré met en garde les autorités locales

3 juin 2019 à 10 10 54 06546

Une réunion tenue le samedi, 1er juin 2019 au gouvernorat de N’zérékoré préoccupe l’antenne locale du Front National pour la Défense de la constitution. Le FNDC condamne une manœuvre ayant pour seul objectif « la division et l’effritement de la cohésion sociale » dans la région. La structure s’est fait entendre à travers une déclaration publiée hier dimanche, 02 juin, dans laquelle elle met en garde tous ceux qui ont pris part à cette rencontre, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Selon les responsables du FNDC à N’zérékoré, cette réunion a été convoquée par le gouverneur de la région administrative de N’zérékoré. Elle a regroupé autour de lui, le préfet de N’zérékoré, les maires de la commune urbaine et de la commune rurale de Samoe, les chefs de quartiers, quelques sous-préfets et quelques cadres et responsable du RPG. « Le FNDC a pris acte du contenu de cette réunion dont les conclusions ne sont autres qu’un appel à la division et à l’effritement de la cohésion sociale.

Le FNDC N’zérékoré, démembrement du FNDC national, fidèle à ses idéaux de paix, de défense de la démocratie et de l’unité nationale, met en garde les autorités qui incitent les couches sociales à s’opposer et à s’attaquer à ses membres. Le FNDC N’zérékoré informe la population que c’est le même gouverneur qui était en service dans notre région quand la société des mines de fer Zogota a fermé à la suite d’attaques barbares perpétrées contre les paisibles populations endormies.

Le FNDC invite la population à rester vigilante, car il (le gouverneur) est encore revenu dès que les sociétés minières ont annoncé leur retour. L’allure que prennent les choses, avec les menaces qu’il fait planer sur l’unité nationale en est une preuve éloquente. Dans les jours à venir, des détails seront apportés sur les vraies raisons de son retour et son rôle joué dans le départ des sociétés minières de Lola et de Zogota », souligne la déclaration du FNDC N’zérékoré, lue par son vice coordinateur, Cécé Théa.

La structure prend le gouverneur de la région administrative de N’zérékoré pour responsable de tout incident malheureux qui pourrait intervenir dans cette région suite à cette rencontre.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Accident de circulation à Kankan : la gendarmerie routière pointée du doigt

3 juin 2019 à 10 10 18 06186

Un accident de la circulation est survenu dans la matinée du samedi 1er juin 2019, dans la localité de Baladou, située à 10 kilomètres de la commune urbaine de Kankan. Ce sont des agents la gendarmerie routière qui ont délibérément fait tomber un motard. Ce dernier a perdu connaissance avant de se retrouver plus tard à l’hôpital, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

Ousmane Condé, commerçant, se rendait à Kankan pour effectuer des achats en prélude à la fête de Ramadan. En cours de route, des agents de la gendarmerie routière lui ont demandé de s’arrêter, il a refusé d’obtempérer. Les agents l’ont poursuivi et l’ont délibérément fait tomber, explique Kadiatou Konaté, témoin des faits.

« Ma sœur et moi étions à la recherche d’un moyen de transport pour venir à Kankan, lorsqu’on a vu des gendarmes en train de pourchasser Ousmane Condé qui disait aux agents de lui pardonner.Mais, ils l’ont tapé au dos avant de lui donner un coup de pied, il est tombé juste à côté de nous. En ce moment, il y a un camion qui venait à vive à allure, heureusement il ne l’a pas touché.

Un des gendarmes est venu le relever, il l’a saisi aux collets en proférant des menaces contre lui. C’est ainsi que nous avons crié très fort et les gens sont venus. Ousmane avait perdu connaissance, le commandant de la gendarmerie l’a pris alors pour l’envoyer à l’hôpital », a-t-elle témoigné.

A l’hôpital, Ousmane Condé a repris connaissance. Il est revenu au micro de Guineematin.com sur sa mésaventure. « Je quittais Balato pour aller effectuer des achats à Kankan. Quand les gendarmes m’ont signalé, j’ai refusé de m’arrêter, c’est ainsi qu’un d’entre eux m’a poursuivi. Quand il s’est collé à moi, je lui ai dit de ne pas me faire tomber. Entretemps, son ami qui quittait Kankan s’est aussi joint à lui, ils m’ont pourchassé. Quand ils ont vu qu’ils ne pouvaient pas me faire arrêter, un d’entre eux m’a donné un coup de pied, je suis tombé et j’ai perdu conscience », a-t-il narré.

Ousmane Condé a eu la vie sauve mais il dit n’avoir pas retrouvé son argent et les biens qu’il possédait. « Je n’ai pas vu ma moto, un de mes téléphones et une somme de 15 millions qui étaient dans un sac accroché sur ma moto. J’avais 7 millions dans mes poches, c’est seulement ce montant que j’ai retrouvé. Quand ils m’ont signalé, je ne voulais pas m’arrêter parce que j’avais laissé mes pièces à la maison », soutient la victime.

Interrogé sur la question, le commandant de la gendarmerie routière de Kankan, Alfred Akoï Béavogui, a donné sa version des faits. « Comme aujourd’hui c’est un jour chômé payé, donc j’étais à la maison en train de travailler. J’ai reçu un appel me disant qu’un accident est survenu sur la nationale Kankan-Kouroussa où un gendarme est impliqué. Quand je suis arrivé sur les lieux, j’ai trouvé une foule en colère, la victime était couchée par terre avec des égratignures, je l’ai transporté à l’hôpital à bord de ma voiture, il a reçu les premiers soins. Pour les 15 millions là, je ne suis pas au courant de ça, sinon je détiens le téléphone dont il parle quand même », a indiqué l’officier.

Il assure que le gendarme qui est à l’origine de cet accident subira les conséquences de son acte. « Arrivé sur les lieux de l’accident, j’ai appelé mon secrétaire pour lui dire de faire un rapport pour déposer le gendarme en prison. Donc en ce moment, il se trouve au camp, il va être puni pour ça », a promis le numéro un de la gendarmerie routière de Kankan.

Les deux motos, celles de la victime et du gendarme sont actuellement dans les locaux du syndicat des transporteurs de Kankan. Quant à Ousmane Condé, la victime, il continue à recevoir des soins à l’hôpital de Kankan.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA, pour Guineematin.com

Tél : 00 224 627 24 13 24

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Incendie à Faranah : la case d’un militant de première heure du RPG dévorée par les flammes

3 juin 2019 à 9 09 53 06536

La série noire des incendies se poursuit dans la préfecture de Faranah. Après de nombreuses zones rurales, c’est autour de la commune urbaine de connaitre un incendie qui a ravagé une case et tout son contenu. Les faits se sont produits le samedi 1er juin 2019 au secteur Donka, du quartier Dandayah, dans la commune urbaine, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

C’est la case de Bangaly Condé, militant de première heure du RPG et électricien de profession, qui a pris feu au moment où la victime se trouvait à la mosquée. Le drame a fait plusieurs dégâts matériels avec la perte d’un million vingt cinq mille francs guinéens.

Selon la victime, « je suis resté à la mosquée pour installer le groupe électrogène. Mes enfants sont allés me trouver là-bas pour me dire qu’il y a le feu. J’ai quitté la mosquée. Quand je suis arrivé chez moi, j’ai trouvé que la charpente n’était pas tombée encore dedans avec une épaisse fumée. Personne n’osait s’approcher.

J’ai pris le courage de rentrer, parce que les gens avaient peur du courant électrique que j’ai installé dans la case. Je suis venu tirer le fil qui alimentait la concession. Mais, ça n’a rien donné. J’ai compris que ce n’était pas le courant. Personne ne pouvait s’approcher. On a laissé le feu continuer », a dit monsieur Condé.

A la question de savoir si le courant électrique n’est pas à l’origine de cet incendie, Bangaly Condé émet des doutes. « Après l’incendie, je suis rentré vérifier mes installations, pour savoir si effectivement c’est le courant qui est à l’origine du problème. J’ai demandé à Kankou, ma deuxième femme, d’où est venu l’incendie. Elle m’a dit qu’elle était couchée dans la chambre quand elle a vu le feu sous la table.

Or, sous la table, je n’ai que mes outils de travail. Il n’y a pas de courant là-bas. Si c’est sous mon lit, j’allais comprendre. Parce que, sous mon lit, j’ai plus de 4 rallonges là-bas. C’est à partir de là on branche les ventilateurs, les radios, la télévision. Mais, il n’y a pas de courant sous la table », a dit la victime.

En ce qui concerne les pertes, Bangaly Condé dit avoir tout perdu. « J’avais 800 mille FG qui m’avaient été confiés par un voisin, les frais de ses concessions. Il y avait aussi mon propre argent. J’avais 225 mille FG. Je ne peux pas déterminer les dégâts matériels parce que la télévision, les ventilateurs, deux mini chaînes, les postes radio, le lit, les documents….Tout est parti en fumée », a-t-il dénombré.

Devant les pertes subies, Bangaly Condé lance un appel aux bonnes volontés pour lui venir en aide. « Tout mon problème, c’est de dire aux autorités et aux personnes de bonne volonté de me venir au secours. Là où je suis, je n’ai vraiment pas d’espoir maintenant, je n’ai plus rien en mains et je suis un déflaté de la Fonction Publique qui a fait 29 ans de chômage. Ils m’ont fait chômer à cause du parti RPG, c’était le 19 mai 1990.

C’est nous qui transportions les tracts qui disaient que le poisson pourri par sa tête. On a été les premiers à dessiner les tracts-là dans les carrefours. Donc moi, j’ai eu mon problème à partir de là, on m’a déflaté. Jusqu’à aujourd’hui, je chôme. Si aujourd’hui d’autres problèmes s’ajoutent à mon chômage… Je demande à toutes les personnes de bonne volonté de me venir au secours… »

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tel : 00224 620 24 15 13/ 660 27 27 07

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Humanitaire : la JCI Conakry Elite offre des vivres aux mendiants de la mosquée Fayçal

3 juin 2019 à 9 09 39 06396

La Jeune Chambre Internationale de Guinée, à travers son organisation locale Conakry Elite, vole au secours des mendiants qui ont élu domicile au niveau de la grande mosquée Fayçal de Conakry. La structure a offert des vivres à ces personnes démunies pendant ce mois saint de Ramadan. La remise de ce don a eu lieu le vendredi, 31 mai 2019, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le mois de Ramadan est pour les fidèles musulmans un moment de pénitence mais aussi de partage. C’est dans ce cadre que la Jeune Chambre Internationale de Guinée, en collaboration avec son organisation locale Conakry Elite, a procédé à cette distribution de vivres, 8ème du genre. Une manière de donner du sourire aux mendiants qui vivent aux abords de la grande mosquée de Conakry. Des personnes démunies qui peinent à trouver à manger.

Selon Mamadou Lamarana Sow, président de la Jeune Chambre Internationale Conakry Elite pour l’année 2019, « pendant ce mois de Ramadan, on s’est dit qu’il y a d’autres personnes qui sont présentement assises, qui ont passé toute la journée à jeûner avec leurs enfants mais qui n’ont pas de quoi couper le jeûne. Quand on pense plus loin qu’il y a une journée de jeûne qui les attend demain alors qu’ils n’ont même pas réussi à couper le jeûne d’abord, ça donne à réfléchir.

On s’est dit pourquoi ne pas initier un projet de don de vivres à l’endroit de ces démunis. Une façon pour nous aussi de contribuer à leur donner un sourire pendant ce mois de Ramadan qui, nous savons, est un mois béni. Un mois au cours duquel Allah expie les péchés des uns et des autres. Il faut signaler que c’est un projet qui n’est pas à sa première édition, cela fait 8 ans que nous menons ces activités », a-t-il dit.

Durant ces 8 éditions, la mosquée Fayçal a toujours été le seul lieu public ciblé dans la capitale guinéenne par les membres de la Jeune Chambre Internationale Guinée. Mamadou Lamarana Sow justifie ce choix par le fait que « la plupart des mendiants soient concentrés à la mosquée Fayçal. Quand nous réalisons notre projet ici, on a la possibilité de toucher un grand nombre de personnes ».

Très satisfaits de ce geste, les bénéficiaires, au nombre de 116 personnes, n’ont pas manqué d’éloges à l’endroit des donateurs. Ils ont également formulé des bénédictions et des prières. C’est le cas de cette vieille femme qui a gardé l’anonymat. « Je suis très contente de recevoir ce cadeau en ce mois de Ramadan. Ce n’est pas facile pour nous de trouver à manger, donc si ces jeunes ont pensé à nous, on ne peut que leur dire merci. C’est Dieu seul qui pourra les payer », a-t-elle formulé.

Il faut noter que les vivres offerts par la JCI à ces mendiants sont composés de riz, du sucre et du lait.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Boké : Plus de 3 milliards de francs guinéens de compensation versés au titre de la 3ème compensation par le Consortium SMB-Winning

3 juin 2019 à 9 09 15 06156

Le 26 novembre dernier, le Consortium SMB-Winning a signé trois conventions avec le gouvernement guinéen, dont l’une d’elle porte sur la construction du chemin. D’une longueur de 135 kilomètres, cette voie ferrée est un projet d’infrastructure majeur pour la Guinée, qui reliera les gisements de Santou (Télimélé) au terminal de Dapilon.

Dans le cadre de sa politique RSE et de relations communautaires, le Consortium a procédé le vendredi 31 mai au paiement d’un 3ème volet de compensation, à hauteur de 3 244 151 375 francs guinéens dans le district de Dapilon à Kolaboui. L’opération concernait les communautés des villages situées entre PK5 et PK10. Il s’agit notamment, de Danaya, Kolonkountétô, Tafougué, et Kamikolo Foulataye relevant des districts de Diassya, Léfouréboui et Satènèya, commune rurale (CR) de Kolaboui dans la préfecture de Boké.

Pour Sékou Mouctar Fofana, chargé de l’organisation des collectivités (COC) présidant la cérémonie : « L’organisation efficace et transparente du paiement des compensations par le Consortium garantit la paix sociale dans la région. De plus, c’est une opportunité pour les personnes ayant touché ces fonds pour investir dans des projets rémunérateurs sur le long terme ».

« L’objectif du Consortium est de fournir un accompagnement aux communautés qui le souhaitent afin d’investir ces sommes importantes dans des projets agricoles et entrepreneuriaux, déclare Djiba Kéita, chef d’équipe inventaire du Consortium SMB-Winning. C’est notre rôle que de nous mettre à la disposition des communautés pour les soutenir dans de nouveaux projets d’avenirs, notamment en bénéficiant des services du Consortium dans la région. »

Ansoumane Zito Coumbassa, maire de la commune rurale de Kolaboui, partage cet avis : « La compensation doit être un outil au service du développement local. Les communautés, les autorités locales doivent profiter de l’accompagnement du Consortium pour mettre en place des projets inclusifs et durables ».

Selon une bénéficaire, Hawa Bangoura, vivant à Danaya : « Le montant des compensations nous permet pour un temps de faire vivre confortablement nos familles, mais nous devons bien gérer notre argent sur le long terme pour que cela ne soit pas perdu ».

Transmis par le service de communication du Consortium SMB-Winning

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Guinée : l’article 51 de la constitution en vigueur et le fondement juridique d’une nouvelle constitution

3 juin 2019 à 8 08 54 06546

La clause limitative du mandat présidentiel est comme un refrain immuable dans le débat constitutionnel africain. S’agissant de la Guinée, dans sa constitution du 7 mai 2010, l’article 154 aurait dû mettre un terme à un tripatouillage constitutionnel.

Mais aujourd’hui, certains juristes malicieux pensent trouver dans l’article 51 le fondement juridique d’une nouvelle constitution.

Or, les tenants d’une telle position commettent une erreur manifeste d’appréciation, s’y accrochent lourdement et sans gloire.

En effet, l’actuelle constitution guinéenne n’exprime nulle part les germes de sa propre destruction, en raison même du libellé de l’article 51 qui stipule que « le Président de la République peut soumettre à référendum tout projet de loi ; mais ce projet de loi doit porter obligatoirement sur l’organisation des pouvoirs publics, sur la promotion et la protection des libertés et des droits fondamentaux…. ». Selon l’esprit du législateur, « tout projet de loi  » ne signifie pas « une nouvelle constitution « .

Il ne faut pas amputer ou détourner le texte de l’article 51 de l’esprit du législateur, mais le considérer dans sa globalité, ni plus, ni moins.

Le référendum législatif évoqué dans l’article 51 est différent de l’initiative citoyenne en Suisse.

Les conditions d’adoption d’une nouvelle constitution doivent résulter de circonstances exceptionnelles : naissance d’un nouvel État, Coup d’État, une transition politique, un blocage systémique qui rend impossible le fonctionnement des organes constitutionnels, bref toute rupture de l’ordre constitutionnel….

En tout état de cause, pour le peuple de Guinée, le plus important aujourd’hui n’est pas de promouvoir un fondement juridique d’une nouvelle constitution mais de noter l’impopularité d’une nouvelle constitution. En arrière plan, l’objectif politique majeur qui transparaît est de briguer un troisième mandat, donc un mandat de trop.

Or, ce détournement de procédure inconstitutionnel, est à la base de la démission salutaire et retentissante de Maître Cheick SAKO, Ministre d’État, de la Justice et Garde des Sceaux.

En Guinée comme ailleurs, le débat sur la clause de limitation du mandat présidentiel continue d’alimenter la vie politique qui exige le respect de l’ordre constitution.

Maître DIALLO Saliou Bobo Taran

Avocat au Barreau de Paris

Docteur en Droit Constitutionnel

Auteur d’une thèse: « Évolution constitutionnelle de la Guinée, de l’indépendance à nos jours ».

L’Université Pais 1, Panthéon-Sorbonne.

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