Cény Lamah, âgée de 28 ans, mariée et mère et deux enfants, a comparu hier, mercredi 10 juillet 2019, devant le tribunal correctionnel de Kankan. Elle est accusée d’avoir maltraité sa fille adoptive en lui administrant des coups et blessures volontaires. Le procureur a requis 5 ans d’emprisonnement contre la prévenue, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

Cette affaire est partie d’un châtiment corporel que Cény Lamah a administré à sa fille adoptive, Thérèse Loua, âgée de 13 ans. L’acte s’est passé le 27 juin 2019, au quartier Aéroport, dans la commune urbaine de Kankan. La prévenue a mis une cuillère dans le feu pour la chauffer et elle s’en est servie pour brûler la jeune fille au niveau du ventre. La nouvelle est parvenue à l’inspection régionale de l’action, de la promotion féminine et de l’enfance, qui s’est saisie de l’affaire. Elle a recueilli la victime qu’elle a confiée à une famille d’accueil et a porté plainte contre sa tante.

Interpellée et placée sous mandat de dépôt le 05 juillet dernier, Cény Lamah a été entendue ce mercredi par le tribunal correctionnel de Kankan. A la barre, la prévenue a reconnu son acte, disant avoir agi sous l’effet de la colère. « On m’a appelé pour me dire qu’elle (la victime) a volé 60.000 francs au marché. Je suis partie rembourser l’argent et j’ai pris la fille pour rentrer à la maison. Je ne l’avais jamais frappée depuis qu’elle m’a été confiée. Mais cette fois, j’étais très en colère et je lui ai dit que je ne vais pas pardonner ça.

Donc, j’ai mis une cuillère dans le feu pour la chauffer et je lui ai dit de venir, mais elle s’est enfuie. Après, je lui ai dit d’aller se laver. Quand elle s’est déshabillée pour se laver, je suis venue la cogner avec la cuillère chaude. Elle tombée sur la cuillère et a eu des brûlures au niveau du ventre. Le lendemain, je lui ai dit d’aller ventre de l’eau au marché. Mais entretemps, j’ai constaté que la plaie s’aggravait, donc j’ai commencé à lui faire un traitement. Je regrette ce que j’ai fait », a expliqué la prévenue.

Des explications aussitôt démenties par Kourani II Konaté, assistante à l’inspection régionale de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance. Selon elle, Thérèse Loua était allée, comme d’habitude, vendre de l’eau au marché pour sa tante. A son retour, Cény Lamah a dit que l’argent n’était pas au complet : une somme de 6500 francs manquait. C’est pour cela qu’elle a sévèrement puni la petite. « Selon ce que Thérèse nous a dit, quand elle est revenue du marché, sa tante a dit qu’il manque 6500 du prix de l’eau.

C’est ainsi qu’elle a mis la cuillère sur le feu, elle a pourchassé la petite qui s’est enfuie. Elle l’a rattrapée avant de la blesser avec la cuillère chaude. Ce n’est pas tout. Thérèse nous a fait savoir qu’en plus de l’exploitation dont elle fait objet, elle est souvent battue et enfermée à la maison par sa tante. Des fois, elle lui administre du piment sur tout le corps. Elle a une autre blessure dans le dos qui semble avoir été causée par un couteau ça », a-t-elle laissé entendre.

Après avoir écouté les deux parties, le tribunal a ouvert la phase des réquisitions et plaidoiries. Dans ses réquisitions, le procureur de la République, Aly Touré, a fait savoir que cette affaire a tout pour être une affaire criminelle. Mais compte tenu des liens familiaux entre la victime et la prévenue, dit-il, le parquet a préféré l’envoyer en correction. Il a demandé au tribunal de retenir Cény Lamah dans les liens de la culpabilité, en la condamnant à 5 d’emprisonnement ferme.

De son côté, Me Kanté, l’avocat de la défense, a plaidé pour des circonstances atténuantes en faveur de sa cliente. Il a demandé à la juridiction de condamner la prévenue à une peine d’un an 6 mois de prison assortie de sursis.

Le tribunal a mis le dossier en délibéré pour décision être rendue le 24 juillet 2019.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Tél : (00 224) 627 24 13 24

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