Plus de mille personnes ont pris part à la « marche blanche », organisée à Rouen (en France) ce vendredi, 26 juillet 2019, pour rendre hommage à Mamoudou Barry, le jeune universitaire guinéen de 31 ans, tué une semaine plutôt à Canteleu. Munis de pancartes, de banderoles, les marcheurs ont dit « Halte au racisme », tout en réclamant justice pour ce docteur en droit et enseignant-chercheur à l’université de Rouen.

Mille quatre cent personnes (selon l’AFP qui cite la police) étaient autour de la famille Barry pour rendre hommage à l’universitaire guinéen. Avec des photos de Mamoudou Barry sur des pancartes, des banderoles et des t-shirts, la foule a réclamé justice tout au long de la marche qui est partie de l’université de Rouen pour aboutir au palais de justice.

« Halte au racisme ! Justice pour Mamoudou » ou encore « A bas le racisme ! Justice pour docteur ! » ont été scandés par les marcheurs.

Cette marche, selon Hady Barry, ami de la famille de l’universitaire guinéen et membre de l’association des guinéens de France, « c’est aussi pour dire qu’en 2019, on ne peut plus se faire tuer pour ce que l’on est ».

Dans une allocution à Paris-Normandie, le vice-président de l’association des guinéens de Normandie a qualifié « d’ignoble » le meurtre du Docteur Mamoudou Barry.

« On est là pour dire à tout le monde que ce qui est arrivé est ignoble. On est tous égaux. La France, c’est la mixité », a-t-il dit en marge de cette marche à laquelle plusieurs membres de la communauté africaine et guinéenne de France ont pris part.

Dans la foulée des discours, les collègues, le frère et la femme de Mamoudou Barry se sont adressé à la foule qui était présente à l’université de Rouen avant le début de la marche. « Merci à tous du soutien que vous m’apportez. Ça me touche beaucoup », a lâché dans un sanglot, la veuve de docteur Mamoudou Barry.

« C’était un homme gentil dont les raisonnements alliaient rigueur et finesse », a témoigné Carine Brière, sa directrice de thèse, tout en déclarant que « l’université de Rouen n’oubliera pas le Dr Barry ».

De son côté, Me Jonas Haddad a mis en garde contre toute récupération de cette affaire.

« Nous ne tolérerons aucune récupération. En même temps, nous devons être lucides. Lorsque son agresseur prononce les mots qu’il a prononcés avant de lui asséner les coups mortels, il est à l’origine d’un crime raciste », a lancé l’avocat de la famille de la victime (cité par l’AFP).

Pour rappel, Dr Mamoudou Barry, enseignant-chercheur à l’université de Rouen a été mortellement agressé la semaine dernière (vendredi 19 juillet) par un homme qui l’a roué de coups dans la rue à Canteleu, après avoir proféré des « propos racistes » à son égard. L’universitaire de 31 ans, marié et père d’un enfant de deux ans a succombé à ses blessures. Sa mort a immédiatement suscité l’émoi en France, en Guinée et dans le reste du monde. Partout, des voix se sont faits entendre pour dénoncer avec force ce « crime raciste ».

Trois jours après l’agression de Dr Mamoudou Barry (le lundi 22 juillet au matin), un homme qui serait âgé de 29 ans a été interpellé et placé en garde à vue. Une garde à vue qui sera levée « pour raison médicale ». Et, le suspect serait actuellement hospitalisé.

Mamoudou Barry venait de soutenir une thèse de droit sur les « Politiques fiscales et douanières en matière d’investissements étrangers en Afrique francophone » le 27 juin dernier à Rouen.

Selon l’AFP, SOS Racisme (qui s’est portée partie civile dans ce dossier) a appelé à organiser des rassemblements et des marches dans les villes de France entre vendredi et dimanche « pour dire non au racisme antinoir et non à toutes les formes de haine raciste ».

A noter qu’une marche de solidarité à Mamoudou Barry a également été organisée ce vendredi à Conakry, où une centaine de personnes s’est rassemblée devant l’ambassade de France pour dénoncer le meurtre de ce jeune universitaire guinéen.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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