Au compte de l’année scolaire 2019/2020, le Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation prévoit l’ouverture des classes pour le jeudi, 03 octobre prochain. A quelques jours de cette date, de nombreux parents d’élèves de Conakry se plaignent de la conjoncture économique et redoutent une rentrée morose à cause de la cherté de la vie. Interrogés par un reporter de Guineematin.com dans la journée d’hier vendredi, 13 octobre 2019, certains de ces parents d’élèves disent ne plus savoir à quel saint se vouer.

On est à moins de trois (3) semaines de l’ouverture des classes. Les parents d’élèves doivent faire face aux dépenses liées aux fournitures scolaires et autres frais d’écolage de leurs enfants. Avec les difficultés du moment, les plaintes ne manquent pas chez bon nombre d’entre eux.

Amara Lamine Sylla, parent d’élèves domicilié à Dixinn

C’est le cas d’Amara Lamine Sylla, parent d’élèves domicilié à Dixinn, qui estime que l’ouverture des classes ne sera pas facile cette année encore. « J’ai des enfants qui fréquentent l’école depuis cinq (5) ans. Les préparatifs vont bon train malgré la conjoncture actuelle. Particulièrement, cette année la rentrée scolaire est très difficile. Cette rentrée n’est pas favorable pour certains. Parce que si vous prenez le mode de vie des guinéens, la plupart n’ont pas les moyens. C’est pourquoi, beaucoup profitent pour envoyer leurs enfants dans les écoles publiques au détriment des écoles privées », soutient-il.

Par ailleurs, Amara Lamine Sylla a regretté l’augmentation des prix sur le marché suite à l’annonce de la date de l’ouverture des classes. « Aujourd’hui, on constate que tous les prix ont grimpé. Ici, dès qu’on annonce la rentrée scolaire, les commerçants, et tous ceux qui vendent les fournitures scolaires profitent de ça pour faire grimper les prix de ces fournitures. La rentrée est prévue le 3 octobre 2019. Mais avec cette situation, quelque soit le temps qu’on donnera aux parents d’élèves pour l’ouverture des classes, certains se trouveront toujours en manque de moyens pour avoir les fournitures scolaires des enfants ».

En outre, Amara Lamine Sylla a dénoncé le mauvais état dans lequel se trouvent certaines écoles publiques de Conakry. « Par manque d’entretien, on constate que bon nombre d’écoles ne sont pas prêtes pour la rentrée scolaire. Si vous sillonnez certaines écoles à Conakry seulement, sans parler de celles qui sont à l’intérieur du pays, vous allez trouver que certains établissements n’ont jusqu’à présent pas encore fait leur toilette… Or, à deux semaines avant la rentrée, tout devrait être prêt. Mais vous allez constater, la rentrée va se faire, mais ça serait une rentrée très moche », soutient-il.

Aboubacar Touré, Animateur Culturel,
Aboubacar Touré, Animateur Culturel

Même son de cloche chez Aboubacar Touré, Animateur Culturel, rencontré également à Dixinn. Ce parent d’élèves ne cache pas son amertume face à la conjoncture actuelle. « En tant que parent d’élèves, je me prépare petit-à-petit. Mais, le problème est que les circonstances actuelles sont économiquement dures. Nous venons à peine de sortir de la saison des pluies. Les activités ne marchent pas comme ça. Pourtant, l’achat des fournitures scolaires des enfants demande une énorme dépense. Maintenant, si dans vos activités, ça ne marche pas bien, cela crée des problèmes énormes à nous parents d’élèves. Pourtant, c’est un devoir pour nous de chercher les fournitures et d’amener les enfants à l’école. Qu’à cela ne tienne, on se prépare petit-à-petit pour mobiliser les moyens afin de payer les fournitures. Mais, j’avoue que ce n’est pas du tout facile », se désole monsieur Touré.

Alhassane Soumah, parent d’élève résidant à Coléah cité

Pour Alhassane Soumah, parent d’élève résidant à Coléah cité, dans la commune de Matam, la conjoncture actuelle est compliquée, mais les parents d’élèves n’ont pas le choix. « Je suis allé au marché de Madina pour acheter les fournitures pour mes frères. J’ai trouvé que le prix des sacs et les prix des cahiers ont monté. Un petit sac, on me dit 180 000 francs guinéens ; un paquet de cahier de 100 pages, à 25 000 francs guinéens. Ça, c’est vraiment cher. Mais en tant que parent d’élèves, on ne peut rien, on n’a pas le choix. Certains même vont s’endetter dans les banques pour acheter les fournitures scolaires. Honnêtement c’est dur, mais en tant que parent d’élève, on gère ».

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620 589 527/654 416 922

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