Siguiri : le sous-préfet de Doko lapidé par des jeunes de Tonguin1

28 septembre 2019 à 17 05 57 09579

Le sous-préfet de Doko a passé un sale temps hier, vendredi 27 septembre 2019, dans le district de Tonguin1. Il a été chassé par des jeunes munis de pierres et autres projectiles, a appris Guineematin.com à travers son correspondant à Siguiri.

Namory Doumbouya était allé dans la localité, en compagnie de son adjoint Nanamoudou Kamissoko, pour installer un nouveau président de district. Mais, les jeunes de Tonguin1 ne voulaient pas de la personne choisie pour les diriger. Ils sont sortis donc pour empêcher contre cette installation. A l’aide de pierres et d’autres projectiles, ils ont chassé les responsables en question.

« Nous avons perdu notre président de district. Alors, le sous-préfet, sans consulter la population, est venu choisir une personne pour le remplacer. Nous sommes venus lui dire que nous ne voulons pas de la personne qu’il a choisie.

Mais, il est parti malgré tout, faire confirmer la personne choisie par le préfet en disant à ce dernier que c’est le choix des citoyens. Hier, il était venu installer son président, donc nous sommes sortis tous pour le lapider », a expliqué Djanko Dansoko, un habitant de la localité.

Joint au téléphone par Guineematin.com, le sous-préfet Namory Doumbouya n’a pas voulu s’étaler sur le sujet. Il s’est contenté de dénoncer une manipulation, sans donner plus de précisions. « C’est une manipulation, mais je rendrai compte à mes chefs hiérarchiques », a-t-il déclaré.

De leur côté, les manifestants se réjouissent d’avoir empêché l’installation du nouveau président de district « que le sous-préfet voulait imposer ».

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Banankoro : les femmes du RPG AEC réclament une MUFFA dans leur localité

28 septembre 2019 à 17 05 27 09279

Les femmes et les jeunes du RPG Arc-en-ciel de Banankoro ont organisé une rencontre hier, vendredi 27 septembre 2019, dans la sous-préfecture. Il était question d’expliquer aux militants les activités que les responsables locaux du parti sont en train de mener pour soutenir le projet de nouvelle constitution, a constaté le correspondant de Guineematin.com sur place.

C’est au siège du RPG Arc-en-ciel à Banankoro que cette mobilisation a eu lieu. Les responsables et les militants du parti au pouvoir ont massivement pris part à la rencontre. Ils ont échangé autour des préparatifs d’un carnaval de soutien au président Alpha Condé et son projet de nouvelle constitution. Et, c’est Ibrahima Sory Condé, le porte-parole des jeunes du RPG Arc-en-ciel de Banankoro, qui a fait le point de la situation devant les militants.

« Nous avons contribué à hauteur de 45 millions de francs pour acheter des uniformes pour les femmes et les jeunes du parti, pour qu’enfin nous puissions organiser dans un bref délai, un carnaval de soutien au président de la République, le professeur Alpha Condé. Nous avons pu mobiliser ces fonds pour montrer aux gens combien nous aimons le président depuis plus trente ans.

Il dit qu’il va mourir avec les anciens du parti que nous sommes, et nous allons aussi mourir avec lui. Car nous n’avons plus où aller », a-t-il déclaré.

Les femmes du parti présidentiel ont mis l’occasion à profit pour adresser une doléance au président Alpha Condé. Par la voix de Fanta Kaba, la présidente de la section RPG Arc-en-ciel de Banankoro 2, elles ont sollicité l’ouverture dans leur localité d’une MUFFA, une banque de proximité initiée par le président lui-même pour appuyer les activités des femmes.

« Ce que nous souhaitons aujourd’hui, c’est l’ouverture immédiate d’une MUFFA dans notre sous-préfecture. Nous n’avons rien bénéficié, nous les femmes et les jeunes de Banankoro. Certes, il y avait des incompréhensions entre nous, mais c’est fini. Le RPG c’est le RPG, nous sommes tous égaux avec les nouveaux adhérents. Je termine par réitérer à l’endroit du président que les femmes de Banankoro veulent d’une MUFFA pour aider leurs maris et leurs enfants », a-t-elle lancé.

A rappeler qu’il y a trois ans, les femmes de Banankoro avaient cotisé à hauteur de 60 millions de francs pour faciliter l’ouverture d’une MUFFA dans la sous-préfecture. Mais, cet argent a disparu à Kérouané où il avait été déposé. Plus personne n’en parle aujourd’hui.

De Banankoro, Moussa Oulen Traoré pour Guineematin.com

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Mines : le Consortium SMB-Winning paie plus d’1 milliard de taxes superficiaires aux collectivités de Boffa, Boké et Télimélé

28 septembre 2019 à 16 04 28 09289

Communiqué : Dans le cadre du respect du Code Minier en vigueur en République de Guinée, le Consortium SMB-winning a procédé, vendredi, 27 Septembre au paiement des taxes superficiaires se chiffrant à un montant total d’un milliard soixante-trois millions huit cent soixante-six mille quatre-vingt virgule quatre-vingt-douze francs guinéens (1.063.866.080,92 GNF).

Il s’agit là, de onze (11) communes dont Sept (07) dans la Préfecture de Boké, une (01) de Boffa et trois (03) autres de la préfecture de Télimélé qui dit-on, sont les heureuses bénéficiaires de ces taxes, exercice 2019 destinée surtout, au développement continuel des collectivités précitées.

De l’avis du responsable juridique et fiscal de la SMB, Me Abdoulaye Sampil, «Comme il est de coutume, chaque année, la SMB, notre institution, s’acquitte vis-à-vis des communautés riveraines ceci, à travers le payement des taxes superficiaires de ses permis de recherche et d’exploitation situés dans les localités de Boffa, Boké et Télimélé.

Ce qui, d’ailleurs, constitue une obligation pour nous .Et nous esperons que ces fonds serviront au développement de ces collectivités.»

Un discours suivi de la remise officielle des différents chèques aux élus locaux, en présence de leurs receveurs respectifs.

Faut-il souligner que les communes de Tanènè, Dabiss, Malapouya, Bintimodia, Kolaboui, Kanfarandé et Boké centre, préfecture de même nom, ont respectivement perçu des montant dont voici le tableau : 234.012.379,80 GNF ; 471.410.110,49 GNF ; 26.867.127,45 GNF ; 1.241.295,32 GNF ; 6.006.722,72 GNF ; 157.589.448,67 GNF ; 142.150.610,57 GNF.

Quant à la Commune Rurale (CR) de Kolia (Préfecture de Boffa) a reçu à son tour, un chèque de 861.808,41 GNF.

Tandis que les communes rurales de Daramagnaki, Konsotami et Missira (Télimélé), ont bénéficié respectivement de : 6.531.361,10 GNF ; 5.686.843,46 GNF et 11.508.372,92 GNF.

Visiblement satisfait, Mohamed Dione Coumbassa, l’un des vices maires de la Commune Urbaine de Boké a indiqué :

«Au nom des bénéficiaires, nous disons que ce geste du Consortium SMB-winning est un acte civique qui mérite d’être encouragé pour le bonheur de chacun et de tous.»

Présent à la cérémonie, M. Naby Camara de la Direction Préfectorale des Mines et de la Géologie de Boké (DPMGB), s’est exprimé : «Je suis très content de la SMB dont les opérations de paiement des taxes se sont passées dans les règles de l’art. Cela prouve que le Consortium SMB-Winning suit les exigences du Code Miner et les textes réglementaires régissant le fonctionnement des Sociétés minières en Guinée ».

Communiqué transmis par le service de communication de la SMB

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Conakry : la journaliste de Guineematin et le cadreur d’Espace libérés

28 septembre 2019 à 15 03 32 09329

Depuis 13 heures 40, ce samedi, 28 septembre 2019, plusieurs jeunes de la capitale guinéenne sont détenus par des agents de la police, dans une cour située près du stade du 28 septembre. Leur crime, c’est d’avoir publiquement manifesté leur solidarité au camarade Ahmed Sékou Touré, premier président de la Guinée indépendante et à ses compagnons.

Dénommé « Les Sékoutouréistes », ce mouvement a initié une marche pacifique pour commémorer le choix historique de la Guinée le 28 septembre 1958.

Malheureusement, le régime Alpha Condé, qui ne fait rien pour perpétuer cette date historique, a déployé des agents de la police qui ont irruption sur la marche, tiré des gaz lacrymogène, pourchassé les manifestants et arrêté ceux qu’ils ont pu.

Parmi les personnes arrêtées, après avoir inhalé suffisamment de gaz, il y avait une journaliste de Guineematin.com et un cadreur de la télévision privée Espace.

Détenus pendant plus d’une heure (de 13 heures 40 à 14 heures 47′), Salimatou Diallo et Ibrahima sory Camara ont été finalement libérés. Nous remercions très confraternellement tous les journalistes et responsables qui ont facilité cette libération.

Guineematin.com dénonce cette arrestation illégale et la détention de notre journaliste.

Nouhou Baldé

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Perturbation d’une marche à Conakry : une journaliste arrêtée

28 septembre 2019 à 14 02 03 09039

Le régime Alpha Condé continue sa logique de réprimer toute forme de manifestation en République de Guinée. Une marche d’un mouvement dénommé « les Sékhoutouréistes » vient d’être dispersée au niveau de Dixinn.

Et, parmi les personnes arrêtées par des agents de la CMIS (compagnie mobile d’intervention et de sécurité), il y a mademoiselle Salimatou Diallo, journaliste-reporter à Guineematin.com, qui filmait cette marche depuis deux heures et qui relayait des vidéos en direct sur notre page Facebook officielle.

Salimatou Diallo, journaliste à Guineematin.com dans un pick-up de la CMIS

« Je suis journaliste ! Je suis journaliste ! Je ne suis pas manifestante », criait-elle avec insistance au moment où on les faisait embarquer dans un pick-up de la CMIS, alors qu’elle nous expliquait au téléphone ce qui se passait sur place.

Guineematin.com dénonce cette autre violation de la liberté de la presse en Guinée et exige la libération de sa journaliste.

Le mouvement « Les Sékoutouréistes », composé essentiellement des jeunes adeptes de l’idéologie du premier président de la Guinée indépendante, a annoncé cette marche depuis plusieurs jours pour commémorer le « NON » de la Guinée, en 1958, au référendum proposé par la France du Général Charles de Gaulle.

A rappeler que la répression des manifestations a entraîné plus de cent morts dont la plus part par balles réelles à Conakry depuis l’élection du président Alpha Condé au pouvoir.

La rédaction

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Guinée : vers la réalisation d’ambitieux projets d’énergie solaire et éolienne

28 septembre 2019 à 11 11 44 09449

La Guinée s’est engagée dans un vaste programme de mise en œuvre de projets de construction d’une usine de montage de panneaux solaires, d’une installation d’unités d’énergies solaires et éoliennes et de stations de pompage à eau et leurs accessoires. Une initiative appuyée par l’Alliance Solaire Internationale et conforme aux engagements pris lors de la COP 21 sur le Climat à Paris en 2015. C’est pour faire le point sur l’évolution des travaux que le ministre de l’Energie, Dr Cheikh Taliby Sylla, et une délégation de l’Alliance Solaire Internationale ont animé une conférence de presse dans la journée d’hier vendredi, 27 septembre 2019, au siège du département a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Une délégation de l’Alliance Solaire Internationale (ISA) séjourne dans notre pays depuis le 22 septembre dernier. Après avoir été reçue par le ministre des Affaires étrangères, et celui des Finances, la mission a conféré ce vendredi avec le ministre guinéen de l’Energie, Dr Cheikh Taliby Sylla.

Dr Cheick Taliby Sylla, ministre guinéen de l’Energie

Dans son discours, le ministre a rappelé le contexte dans lequel l’Alliance Solaire Internationale a été mise en place. « C’est lors de la conférence sur les changements climatiques, tenue du 30 novembre au 12 décembre 2015 à Paris, qu’il a été décidé par les Etats d’unir leurs forces pour sauver notre environnement, pour améliorer le climat en vue d’assurer une meilleure condition de vie des peuples de notre planète. C’est ainsi que les Etats se sont mis d’accord, ils ont signé une convention liée au climat. Mais, en marge de la réunion de Paris, la COP 21, la République française et l’Inde se sont retrouvés, pour créer l’Alliance Solaire Internationale. C’était à Paris. Cette alliance a été créée pour donner une nouvelle dynamique de développement de l’énergie solaire à travers le monde, mais plus particulièrement dans la zone où l’irradiation mensuelle solaire est très importante, comme le cas de notre pays. Sans hésiter, à la COP22 qui s’est tenue à Marrakech, la République de Guinée, à travers notre ministère, nous avons procédé à la signature de cette convention. Et, la convention soumise au conseil des ministres, l’accord a été donné de transmettre cette convention de cet accord-cadre à notre parlement qui, à l’unanimité, l’a voté. C’est ce qui fait que la Guinée est membre fondateur de cette Alliance et 15ème pays à avoir ratifié cette convention », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, le ministre de l’Energie a indiqué que des efforts sont entrain d’être fournis pour que la Guinée puisse utiliser des énergies renouvelables et non polluantes. « Il est important de souligner que l’énergie est en grande quantité dans notre pays. (…) Déjà, nous sommes dans un projet de 20 millions de dollars pour développer les projets pour l’irrigation, les toits solaires pour certaines universités et les hôpitaux. Aujourd’hui, il est important de rappeler que le transit énergétique des énergies fossiles commence à être une réalité. Pour permettre à notre pays de garder le leadership, il est important de penser à l’énergie solaire. Et, le projet est déjà engagé. Nous connaissons aujourd’hui quels sont les sites à aménager, quels sont également les potentiels guinéens. Les potentiels solaires aussi, on est en train de travailler là-dessus. Mais pour y arriver, on doit s’impliquer dans la fabrication de ces équipements sur place, dans notre pays. Et ça, nous sommes en train de nous atteler à cela aussi. Nous avons demandé à fabriquer sur place les panneaux solaires, les kits solaires. Pour ce qui concerne les kits solaires, nous sommes en train de les développer à Forécariah », a-t-il révélé.

Pour sa part, K S Poli, chef de mission de l’Alliance Solaire Internationale, a dit que l’Afrique n’est pas le plus grand pollueur mais subi les conséquences de cette pollution. Selon lui, l’idée de cette alliance est de développer l’énergie solaire en Afrique, particulièrement en Guinée à travers la construction très prochaine d’une usine. « Nous avons lancé plusieurs projets. Le premier projet, c’est le pont solaire à usage agricole, mais aussi pour développer le système d’adduction d’eau potable. Le deuxième programme que nous avons lancé, c’est le programme d’installation de toits solaires. C’est un programme qui vise à développer des mini-centrales solaires. Et enfin, un programme qui a été lancé tout dernièrement pour développer les véhicules fonctionnant à l’énergie solaire et qui inclut le système de stockage à l’énergie solaire. Nous comptons développer les batteries pour rendre disponible l’énergie solaire, même la nuit ».

Ensuite, monsieur Poli a rassuré la partie guinéenne que « l’Alliance Solaire Internationale a pris note du souhait du ministre de l’Energie à mettre en place une usine de fabrication, pour que la Guinée puisse fabriquer au niveau local des équipements solaires des batteries et des panneaux solaire afin que le pays puisse devenir exportateur d’équipements solaires. Nous ferons en sorte d’aider la Guinée à développer l’usine de fabrication ici. Nous avons également rencontré les différents départements ministériels. Au cours de ces rencontres, il est ressorti que les principaux challenges aujourd’hui, ce sont les coûts. Nous nous sommes engagés auprès des ministères, notamment le ministère des finances, à aider la Guinée à accéder à des technologies innovantes et à des prix abordables ».

Le chef de mission de l’Alliance Solaire Internationale a fait remarquer que l’autre besoin exprimé par la Guinée est de bénéficier d’une assistance pour renforcer les capacités de ses cadres techniques sur les applications solaires. Là-dessus, monsieur K S Poli a dit « que c’est une demande que nous allons prendre en considération et qui devrait se réaliser dans les meilleurs délais ».

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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29è Journée nationale de la Jeunesse à Siguiri : communiqué

28 septembre 2019 à 11 11 29 09299
Mouctar Diallo, ministre de la jeunesse et de l’emploi des jeunes

Sous le haut patronage du Président de la République, la célébration du 29ème anniversaire de la Journée Nationale de la Jeunesse se tiendra du 04 au 06 Octobre 2019 à Siguiri, dans la région de Kankan sous le thème : « Jeunesse, Paix et Développement Durable ».

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Conakry : 28 nouveaux volontaires du corps de la paix prêtent serment

28 septembre 2019 à 10 10 46 09469

Après 3 mois de cours suivis au centre de formation américain de Bagakoundou, situé à Dubreka, vingt-huit (28) volontaires du corps de la paix ont prêté serment ce vendredi, 27 septembre 2019, à Conakry. Dans les prochains jours, ils seront déployés à l’intérieur du pays pour enseigner dans des écoles pendant deux ans, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La présence du corps de la paix en Guinée vise à favoriser un échange culturel et linguistique entre guinéens et américains. C’est dans ce cadre que ces 28 enseignants sont arrivés dans notre pays. Avant leur déploiement sur le terrain, ils ont suivi une formation de trois mois pour apprendre le français et les langues locales. Une formation couronnée par un succès, selon Audu Besmer, chargé d’affaires à l’ambassade des Etats-Unis en Guinée.

Audu Besmer, chargé d’affaires à l’ambassade des Etats-Unis en Guinée

« C’est avec un immense plaisir que je m’adresse à vous cet après-midi à l’occasion de l’assermentation de notre dernière classe de 28 volontaires du corps de la paix. Tous les 28 qui sont arrivés le 3 juillet, ont terminé leur programme de formation avec succès et réaffirment leur engagement. Le corps de la paix est un élément important du partenariat entre les USA et la Guinée depuis 1963, année de l’arrivée ici des premiers volontaires. Je tiens personnellement à remercier le personnel et les formateurs techniques qui ont encadré ces volontaires tout au long de leur formation initiale. Je tiens également à remercier le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation pour leur coopération tellement indispensable au succès du programme », a déclaré le diplomate américain.

Sébastean Zenzo Selarque

En prêtant serment, les volontaires du corps de la paix ont pris l’engagement d’accomplir correctement leur mission sur le terrain. Celle de contribuer à la formation des élèves guinéens. « Je suis venu en Guinée pour être professeur de mathématiques au lycée Pathé Diallo de Mandiana. Et, je compte apporter mon soutien aux autres enseignants ainsi qu’aux élèves de là-bas afin d’améliorer le système éducatif dans cette localité », a promis Sébastean Zenzo Selarque, l’un des volontaires.

Dr Diéné Keïta, ministre de la coopération internationale et de l’intégration africaine

Présente à cette cérémonie, la ministre guinéenne de la coopération internationale et de l’intégration africaine, Dr Diéné Keïta, a remercié le corps de la paix pour le soutien qu’il apporte à la Guinée. « Je voudrais vous dire au nom du président de la République et au nom du Premier ministre toutes mes félicitations. La philosophie du corps de la paix est absolument unique. Vous êtes là pour partager ce que votre pays a de plus beau : sa générosité et son courage. Merci pour mon pays, merci pour tous les jeunes guinéens qui vont bénéficier de cette générosité ».

Parmi ces 28 nouveaux volontaires du corps de la paix, il y a dix-huit(18) professeurs de mathématiques ; huit (8) professeurs de sciences (Physique, Chimie et Biologie) ; et deux (2) professeurs de langue anglaise. Ils seront répartis entre les préfectures de Kindia, Boké, Gaoual, Mamou, Dalaba, Pita,Tougué, Mali,Télémélé, Dabola, Dinguiraye Kouroussa, Kankan, Siguiri, Mandiana, Kissidougou et Guéckédou.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 623532504

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Guinée : dix ans après le massacre de Conakry, l’ONU réclame un procès

28 septembre 2019 à 10 10 28 09289

28 sept 2019 (AFP) – La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de
l’Homme a appelé samedi les autorités guinéennes à « accélérer » l’organisation du procès des auteurs du massacre d’opposants lors d’une attaque perpétrée par l’armée il y a dix ans dans un stade de Conakry.

« L’impunité règne depuis trop longtemps en Guinée et empêche les cicatrices des victimes de guérir. La paix et la réconciliation durables ne seront pas atteintes tant que justice et responsabilité ne seront pas maintenues », a déclaré Michelle Bachelet dans un communiqué.

Le 28 septembre 2009, les forces de défense et de sécurité et des militaires avaient battu, poignardé et tué par balles des opposants au régime militaire, rassemblés dans le plus grand stade de Conakry pour réclamer que le président autoproclamé depuis décembre 2008, Moussa Dadis Camara, ne se présente pas à la prochaine élection présidentielle.

L’instruction sur le massacre est clôturée depuis fin 2017, mais la date du
procès n’a toujours pas été fixée.

Une Commission d’enquête internationale nommée par l’ONU a établi en décembre 2009 que l’attaque « a fait au moins 156 morts et disparus, dont un certain nombre de femmes décédées des suites de violentes agressions sexuelles », a rappelé le Haut-Commissariat dans un communiqué.

Ce rapport a accablé les autorités de l’époque, expliquant qu’elles ont modifié les lieux du crime. Des détenus ont par ailleurs été torturés, au moins 109 filles et femmes ont été victimes de violences sexuelles et des cadavres ont été enterrés dans des fosses communes.

La Commission a également conclu que ce massacre constitue un « crime contre l’humanité », et a conclu à la responsabilité pénale individuelle de plusieurs responsables guinéens, dont Moussa Dadis Camara.

« Bien que la Commission d’enquête ait recommandé il y a près de dix ans aux autorités guinéennes de poursuivre les responsables et d’indemniser les victimes, peu de progrès tangibles ont été enregistrés jusqu’à présent », a déploré Mme Bachelet, appelant les autorités à « accélérer l’organisation du procès ».

« Ces procédures judiciaires tant attendues – si et quand elles auront réellement lieu – devraient garantir la responsabilité à la fois dans l’intérêt des victimes et renforcer l’état de droit dans l’ensemble du pays », a-t-elle souhaité.

La Haut-Commissaire a souligné que les efforts pour engager des poursuites et organiser une procédure judiciaire « ont été extrêmement lents et n’ont pas abouti à un procès ni à des condamnations réelles des responsables ».

« Il est particulièrement préoccupant qu’un certain nombre de hauts fonctionnaires mis en accusation soient toujours en poste et ne soient pas encore traduits en justice », a-t-elle conclu.

AFP

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Dalaba : le budget préfectoral n’a financé aucune action de développement en 2018

28 septembre 2019 à 10 10 18 09189
Alpha Boubacar Kaala Bah, préfet de Dalaba

Le budget préfectoral de Dalaba n’a financé aucune action de développement en 2018, année à laquelle toutes les recettes fiscales recouvrées auraient été utilisées dans les dépenses de fonctionnement ordonnées par le préfet, Alpha Boubacar Kaala Bah, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée, à travers la vidéo ci-dessous.

C’est bien ce qui ressort du rapport annuel présenté par les autorités préfectorales de Dalaba lors de la conférence régionale de gouvernance, exercice 2019, de la Région Administrative Mamou organisée à Pita le jeudi, 26 septembre 2019, sous la présidence effective du gouverneur, Amadou Oury Lemy Diallo.

Alpha Boubacar Kaala Bah, préfet de Dalaba

« Le budget préfectoral de Dalaba, exercice 2018, s’équilibrait en recette et en dépense à la somme de 209 millions 506 mille francs guinéens. Prévisions, 209 millions 206 mille 764. Emissions, 209 millions 506 mille 764. Recouvrements, 209 millions 506 mille 764. Dépenses, 209 millions 506 mille 764 francs guinéens. Les dépenses ont été exclusivement de fonctionnement. Aucune action de développement n’a été réalisée » martelé le directeur des microréalisations de la préfecture de Dalaba, Fodé Baro qui a présenté le rapport de sa préfecture, au nom de son préfet, Alpha Boubacar Kaala Bah.

En faisant une lecture attentive de ces chiffres, l’observateur averti pense directement à un cadrage comptable. Car, on ne sait pas quelle est la baguette magique qui a été utilisée par les autorités préfectorales de Dalaba et ses services techniques pour réussir un recouvrement de 100% en matière de recettes fiscales ? A moins que ça soit le résultat d’une mauvaise évaluation de l’assiette fiscale locale.

Pendant ce temps, le même rapport révèle une insuffisance d’agents de sécurité au niveau de la police et de la gendarmerie, que toutes les motos des sous-préfets sont dans un état défectueux, et que la plupart des lampadaires solaires ne s’allume plus, faute d’entretien. A cela, il faut ajouter que les infrastructures réalisées à Dalaba au cours du 56ème anniversaire de l’Indépendance de la Guinée n’ont reçu aucun équipement.

Depuis Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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Accident de la circulation : une dame et son bébé tués à Kobaya

28 septembre 2019 à 10 10 05 09059

Un accident de la circulation s’est produit dans la soirée d’hier, vendredi 27 septembre 2019, au quartier Kobaya, dans la commune de Ratoma. C’est un minibus transportant de sacs de farine en provenance de Wanindara (T5) qui a dérouté, percutant une dame et sa fille. Ces dernières ont trouvé la mort et le chauffeur du véhicule a été grièvement blessé, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters qui s’est rendu sur place.

Ibrahima Idrissa Camara, secrétaire administratif du bureau du quartier Kobaya

Juste après l’accident, Ibrahima Idrissa Camara, secrétaire administratif du bureau du quartier Kobaya, a été informé. Et, il s’est rendu précipitamment sur les lieux. « C’est à mi-chemin que mon ami que je venais d’accompagner m’a appelé pour m’informer de ce cas d’accident. Je suis venu en courant. J’ai trouvé que ce véhicule était renversé, les quatre pneus en l’air. Les gens se sont mobilisés, et devant moi on a pu sortir trois blessés. On a donc demandé à ce que la foule nous aide à relever le véhicule. Ensuite, on a mené des enquêtes pour savoir où est le chauffeur, ce dernier était grièvement blessé. Un médecin de bonne foi, l’a récupéré pour l’envoyer dans sa clinique pour les premiers soins.

Après les soins, pour sa propre sécurité, nous l’avons envoyé à la police pour le confier là-bas. Cela, en attendant que des enquêtes approfondies ne soient faites. Le véhicule quittait la route Le Prince pour la transversale nord. Selon le chauffeur, sur le flanc de la montagne, il a voulu rétrograder, le frein a lâché. Donc, pour ne pas causer assez de dégâts, il a viré à sa gauche pour tenter de remonter vers sa provenance. Malheureusement, il s’est butté aux gens, notamment une marchante », témoigne monsieur Camara.

Conduites à l’hôpital, Saran Sidibé, âgée d’une trentaine d’années, vendeuse de friperie, et son bébé de 6 mois Mariama Sidibé, ont succombé à leurs blessures. Ibrahima Idrissa Camara regrette les accidents de la circulation récurrents dans cette zone, et appelle les autorités au plus haut niveau de faire face à cette situation. « Il faut que l’Etat revoie cette transversale T5. L’Etat doit l’interdire aux camions et aux véhicules chargés. Chaque année, ce sont des cas d’accidents graves qui se produisent sur cette route. Si l’Etat prend ses responsabilités, interdit cette route aux grands camions et poids lourds, et mets des panneaux de signalisation, les citoyens seront sauvés », a-t-il laissé entendre.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Macenta : les autorités s’engagent à consolider la paix et le dialogue social

28 septembre 2019 à 2 02 05 09059

La délégation composée des députés issus des trois groupes parlementaires, du représentant du président de l’Assemblée nationale, d’un cadre du département de l’unité nationale et de la citoyenneté, d’un membre du Groupe national de contact, d’une responsable de la société civile et d’un expert du HCDH, a été reçue le jeudi dernier, 26 septembre 2019, par les autorités préfectorales de Macenta en vue de plaider pour la consolidation de la paix et le dialogue social en Guinée, a constaté Guineematin.com, à travers son envoyé spécial.

A Macenta, comme dans les préfectures de Kissidougou et de Gueckédou, la mission des parlementaires a procédé à la présentation du projet dont elle est porteuse et intitulé « Appui au dialogue et participation politique inclusive en Guinée ».

Au nom du préfet Sékou Mohamed Diallo, en congé, les secrétaires généraux des collectivités et de l’administration ont souhaité la bienvenue à la délégation avant de prendre l’engagement de travailler à la réussite de cette mission à Macenta.

Dans la salle de réunion de la préfecture où le maire, les religieux, les acteurs de la société civile, le procureur, les forces de défense et de sécurité, les représentants des partis politiques, les jeunes et les femmes ont pris part à la rencontre, le Président délégué du projet, Dr Jean Edouard Sagno, par ailleurs Directeur de cabinet de l’Assemblée nationale, a expliqué de long en large le contexte, les objectifs et les résultats attendus de ce projet de 18 mois ainsi que les partenaires impliqués dans sa mise en œuvre.

En retour, Elhadj Bilifan Traoré, le secrétaire général de l’administration, s’est réjoui de cette visite et s’est engagé à contribuer à la promotion de la paix et du dialogue à Macenta.

« L’étape de Macenta, nous voulons qu’elle soit une étape réussie. L’objet de la mission intéresse tout le monde. La paix et le dialogue intéresse tous les Guinéens », a indiqué M. Traoré.

A son tour, le secrétaire général chargé des collectivités, Elhadj Mohamed Diakité a souligné que le passage de la délégation enchante aussi bien les autorités que les populations de Macenta.

« Pour celui qui connait ce qui se passe dans le pays présentement, il est nécessaire qu’il y ait ces contacts afin d’échanger les points de vue pour aplanir les choses et préserver la paix en Guinée. Quand on considère la Guinée comme nous la voyons actuellement, on voit que le brassage ethnique est là, le métissage des populations est là, cela montre que toutes les populations ont le besoin de consolider la paix … », a affirmé M. Diakité avant d’ouvrir la réunion élargie aux autres composantes de la préfecture.

Justement après la présentation du projet, des débats ont eu lieu pour aider les uns et les autres à être au même niveau d’information sur les promoteurs du projet, sa durée, son coût, les partenaires impliqués et les moyens à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs fixés. A savoir maintenir la paix avant, pendant et après les échéances électorales.

Ce projet dénommé « Appui au dialogue et participation politique inclusive en Guinée » a été concocté par le Système des Nations Unies à travers le Haut Commissariat aux Droit de l’Homme, HCDH, et le Programme des Nations Unies pour le Développement, PNUD, et porté par l’Assemblée nationale et le département de l’unité nationale et de la citoyenneté. Ce, en vue de préserver la paix et l’unité nationale dans le pays dans un contexte préélectoral préoccupant.

Après Macenta, la mission va se rendre le vendredi à Beyla où elle va rencontrer les différentes composantes socioprofessionnelles et organiser un forum pour mieux présenter le projet et échanger avec les participants.

Parallèlement, dans les autres régions naturelles du pays, les travaux se poursuivent avec le même rythme.

En Haute Guinée la mission a animé un forum à Siguiri ce jeudi, alors que les délégations parties en Moyenne Guinée et en Basse côte ont fait des visites conjointes à Dalaba et Boffa ce 26 septembre 2019.

Depuis N’Zérékoré, Abdamllah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Gassama Diaby : « un bon peuple fabrique des bons dirigeants »

28 septembre 2019 à 1 01 42 09429
Khalifa Gassama Diaby, ancien ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté

Chers compatriotes,

Je m’exprime ici en tant que citoyen Guinéen, fils de ce pays, enfant de cette terre qui m’a vu naître. Je m’exprime en homme libre, ce que j’ai toujours été, ce pourquoi je me suis toujours battu, pour chaque Guinéen et Guinéenne. Parce que la liberté, est une condition essentielle de notre humanité et de notre dignité.

Je m’exprime sans amertume, je ne peux l’avoir, je suis parti en homme libre, avec le cœur rempli d’amour et de paix.

Je n’ai pas de comptes à régler, de combat personnel à mener.

Je vous parle aujourd’hui pour vous dire à quel point je suis préoccupé et attristé par l’état, la situation et les perspectives qui se dessinent pour notre pays et notre peuple.

Pour vous dire à quel point tous ceux et toutes celles qui restent attachés à l’honneur et la dignité de ce pays sont aujourd’hui attristés et peinés par l’état et l’avenir de notre pays et de son peuple.

Pour vous dire à quel point les fils et filles de ce pays sont orphelins de notre rêve collectif émancipateur et d’avenir serein et fraternel.

Chers compatriotes,

Ni hier ni aujourd’hui je n’ai été membre d’une formation politique dans ce pays. Et cela n’est pas prêt d’arriver.
Je veux rester un homme libre, choisir librement et en conscience les combats à mener , et les mener jusqu’au bout, s’il le faut, au prix de ma vie.
J’ai choisi mon parti, j’ai choisi mon camp, j’ai choisi mon ethnie, j’ai choisi mon maître, j’ai choisi mon combat, c’est le peuple de Guinée, l’ensemble du peuple de Guinée, la totalité du peuple de Guinée, sans laisser personne en dehors de cette entité juridique et politique qui ne peut être que le seul lieu à incarner une politique d’espérance et de dignité individuelle et collective retrouvées

Je ne cherche pas de pouvoir, je n’ai pas de parti politique, je n’en ai jamais eu.

Je ne suis candidat à rien, ni aujourd’hui ni demain, je ne suis candidat à aucune élection, à aucun poste.

Mon combat est un engagement citoyen, c’est le combat d’un fils du pays , qui veut être fier de son pays et voir chaque fille et fils de ce pays vivre heureux, dignement et en liberté.

Chers compatriotes

Notre situation nationale est suffisamment compliquée, attristante, préoccupante, et cela engage.
Cela engage chacun d’entre nous, individuellement et collectivement, en conscience, aujourd’hui et demain…pour garantir notre renaissance nationale et notre refondation morale et éthique.

Un seul combat mérite d’être mené par chacun d’entre nous et au bénéfice de chacun d’entre nous, celui de faire de se pays, une terre de liberté, de fraternité, de justice, d’égalité et de dignité pour chaque guinéenne et chaque guinéen.

Citoyens de Guinée,

Nous sommes englués dans un piège moral infernal dans notre pays, depuis très longtemps.
Au lieu de choisir la justice pour combattre l’injustice, nous préférons opposer l’injustice à l’injustice. Quelle Catastrophe !
Au lieu de choisir la vérité pour combattre le mensonge, nous usons du mensonge pour combattre d autres mensonges. Quel Désastre !
Au lieu d’user de l’amour pour détruire toutes ces haines qui étranglent ce pays, nous combattons les haines par d’ autres haines. Quel Drame !

On ne construit pas une nation sur du sable mouvant…

Le peuple de Guinée doit défendre les idéaux d’humanisme, de libertés , de justices et de démocratie inscrits dans les lois de la république et dans les textes internationaux auxquels nous avons librement adhéré.
En attendant nous sommes tristement incapables de donner pleine vie à ses idéaux:
d’égalité , de liberté , de fraternité
Le droit à la vie, A la santé A l’éducation
Le principe de solidarité.
Le principe d’État de droit
Le principe de citoyenneté
L’idéal de nation

Chers compatriotes,

(Que tous ceux et celles qui ne méritent pas ces paroles à venir me pardonnent, que nos aînés me pardonnent, que nos mères et pères fondateurs de ce pays me pardonnent)
Mais, disons les choses comme elles sont :

Notre société est malade. Notre pays est malade.
Il est malade de son peuple fataliste, schizophrène et manipulable à souhait.
Il est malade de ses institutions qui ne représentent qu’elles mêmes et ceux qui y trouvent leurs intérêts
Il est malade de ses structures politiques qui perpétuent nos travers handicapants et deviennent les complices/victimes d’une impasse qui les sclérose.
Il est malade de sa société civile qui au delà de sa bonne foi, n’a pas été capable de construire un discours propre, capable de critiquer , de s’opposer et de proposer sans paraître politique ou politicien.
Il est malade de ses responsables religieux qui ont perdu le courage de défendre les plus faibles, de défendre la justice et la vérité au nom de l’intérêt général et de la foi religieuse.
Il est malade de sa jeunesse, qui est globalement devenue une marchandise et un instrument politique au service non pas de la nation, de la patrie mais des individus, de groupes d’individus ou de communauté.

Il est malade de ses incohérences, il est malades de ses irresponsabilités, il est malade de son immoralité. Il est malade de sa culture de haine et d’exclusion.
Il est malade de l’inadaptabilité de ses institutions à son histoire et à ses cultures.
Il est malade de ses impasses structurelles.
Il est malade de ses élites.
Il est malade de ses responsables sociétaux et moraux.
Il est malade de sa cupidité honteuse et irresponsable.
Il est malade de ses mensonges.
Il est malade de ses fourberies.
Il est malade de ses injustices.
Il est malade de sa détestation du savoir et de ceux qui savent. La religion de l’argent et du gain matériel devenant plus importante que les vertus éthiques et patriotiques.
Il est malade de ses ambiguïtés
Il est malade de violence concrète et symbolique.

Chers compatriotes,

Nous sommes devenus si malades, que le mal être et la tristesse se sont emparés de nous et de notre quotidien.
Regardez nos visages, nos faits et gestes, dans la circulations, dans les quartiers, dans les bureaux et même dans les familles, ils sont défigurés par la tristesse et la lourdeur de notre mal être matériel et psychologique.
Chacun devient le responsable du malheur de l’autre. Justifiant ainsi sa haine de l’autre. Pendant ce temps, et ce depuis 60ans, de sa grande générosité imaginaire, les gouvernants jettent quelques miettes à ce misérable peuple, qui s’en délecte sans honte, encore moins de colère, et mieux avec les prières pour les généreux gouvernants ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui.

Drôle de pays que le nôtre.
Tout le monde a bien fait, personne n’est responsable ni coupable de Rien, Nous sommes pauvres, misérables, nos parents et grands parents, de kassa à yomou, vivent dans la misère depuis l’indépendance, et….Nul coupable, nul responsable.
Nous sommes désormais un pays mortel, souillé, notre âme se dissous dans nos indignités quotidiennes et honteuses.
Nous nous croyons immortels, nous ne sommes cependant plus vivants.
Nos corps bougent, notre âme se lasse de nos fantaisies suicidaires et de nos caprices égocentriques.
Oui nous sommes un pays malade, et face à cette maladie collective, les discours politiques n’y feront rien.

A peine sortis d’une crise, une autre frappera aussitôt à nos portes. Parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Les immeubles apparaissent, les infrastructures en tous genres apparaissent, l’humanité elle, disparaît. Nos fraternités s’affaissent, nos dignités se figent dans nos imaginaires.

Face à notre incapacité ou notre refus à créer de nouveaux Hommes, on relègue au second plan ce qui demeure l’essentiel pour une nation: l’humain, la dignité, le savoir, le savoir être, le savoir vivre, la justice, l’égalité et la liberté. Pendant que l’un apparaît….l’autre à déjà foutu le camps..

Nous continuons à casser les thermomètres pour faire disparaître la fièvre.
Au lieu de se poser sereinement la question des causes, nous passons notre temps à disserter inlassablement sur les effets de nos anémies et de nos maladies collectives.

Même cette affaire de 3eme ou de modification constitutionnelle, n’est que le résultat et les effets de notre maladie.
Pourquoi nous et pas les autres ?
Pourquoi chez nous et pas chez les autres ?

Cette question ne devrait pas se poser aujourd’hui,

L’accepter, c’est tuer pour toujours notre espérance démocratique
L’accepter, ce serait une forfaiture morale grave
L’accepter, c’est valider que le passé avait raison, alors que nous savons à quel point ce passé nous coûte encore aujourd’hui
L’accepter c’est valider l’idée que la parole, l’engagement et le serment n’ont point de valeur.
L’accepter, c’est se dédire et compromettre l’avenir.

Pour un pays qui a toujours plus besoin de repères et de socles moraux et éthiques, ce serait un désastre immense et un saut en arrière aux conséquences incalculables.
J’espère qu’il est encore temps d’éviter cela à ce pays, à ce peuple.
Je formule cette prière et exprime vivement ce vœu

Chers compatriotes,

Nous n’avons que la haine et la destruction parfois même l’humiliation de l’autre comme projet politique, comme projet de société, voir même comme ambition personnelle.
Nous n’avons que manœuvres, diversions et mensonges comme idéologie politique….
Nous n’avons que violence et exclusion comme vision et stratégie politique.
Pendant ce temps, le souverain peuple de Guinée croupit et crève dans la pauvreté, dans la misère, dépourvu qu’il est de sa maturité, de sa responsabilité et de sa dignité.

Nos systèmes de pensée, nos habitudes de langages sont truffés de mécanismes qui génèrent une violence invisible, qui peut s’immiscer dans nos attitudes et nos expressions familières, sans que nous en ayons conscience.

(Ceux qui n’ont plus rien à gagner n’ont également plus rien à perdre )

Il faut donner à la politique sa lettre de noblesse, sa raison d’être….servir le peuple, protéger les guinéens et leur garantir une vie de dignité, d’honneur et de juste épanouissement libre.

Chers compatriotes,

Je voudrais nous inviter tous à nous interroger sur cette attristante et troublante réalité de notre pays:

Pourquoi en Guinée, ceux et celles qui disent la vérité ont plus peur, que ceux et celles qui disent et vivent du mensonge ?
Pourquoi il est plus pénible et risqué en Guinée de dire le vrai que de défendre le faux ?
Pourquoi dans notre pays il est plus aisé de vivre heureux avec mensonge que de vivre heureux avec la vérité ?

Je dis aux porteurs de vérité, de ne pas avoir peur, de laisser entre les mains du créateur ultime, Dieu, et leur vie et leur survie, de dire et d’assumer la vérité, mais sans offense et sans haine.
Sinon cette vérité perd son sens et sa force.

Puisque la vérité est le fondement de toute vie sociale heureuse, harmonieuse et juste. Sans elle, puisqu’elle doit être dite et défendue y compris contre ses propres intérêts, ses propres affinités, ses propres logiques, la vérité libère l’homme de l’asservissement.
Elle peut rendre triste, Parce Quelle nous impose parfois de contrarier et de peiner nos affections, nos affinités et nos intérêts du moment.
Mais elle est indispensable, elle est le plus solide fil des liens sociaux durables et sans rupture.

Parce que la vérité n’est vérité que lorsqu’elle est dite et subie sans distinction pour ceux qu’on aime, et pour ceux hélas qu’on dit ne pas aimer.
Au regard de la déchéance morale qui frappe notre pays, la vérité comme mère de la justice, de la liberté et du fondement national, sera notre libératrice.

La Guinée sera ou ne sera pays, la vérité vaincra ou ne vaincra pas.
Voilà le chemin de notre dignité collective, voilà le chemin de notre épanouissement individuel et collectif.

Chers compatriotes,
Si nos appartenances identitaires, politiques, sociales, religieuses et opportunistes nous poussent à ignorer et à offenser le vrai, la vérité, nous rendrons inéluctablement impossible l’émergence d’une nation démocratique qui garantira à chacun d’entre nous liberté, justice, fraternité et dignité.

Cette entreprise ne conduira qu’au désastre…

Alors chers compatriotes
je vous le dis ici aujourd’hui et pour demain…, déchirez vous, haïssez vous , humiliez-vous pour que les puissants puissent vivre heureux…

Car au commencement comme au final il n’est question que de cela…
Et non de la communauté, de l’ethnie, de la religion ou des opinions politiques.
Il est question des forts et des faibles,
Il est question de ceux qui peuvent se défendre, se protéger et de ceux qui ne le peuvent pas.
Il est question de ceux qui vivent au jour le jour et de ceux qui n’ont aucun souci de ce genre.
Il est question de ceux qui sont  » bien nés  » et de ceux qui sont supposés ne pas l’être.
Il est question de ceux dont la voix porte et de ceux qui crient leurs douleurs dans l’indifférence générale
Il est question de ceux qui jouissent des libertés et de ceux qui n’en ont pas les moyens.
Opposer les plus faibles et les plus fragiles entre eux est une des techniques politiques les plus vieilles de l’humanité. Hélas!
Rien de positif ne sortira de cette fracture, de cette déchirure

Une famille divisée n’est jamais une famille forte…
Une famille divisée n’est jamais une famille créative
Une famille divisée n’est jamais une famille protégée..
Une famille divisée n’est jamais heureuse

Chers compatriotes,
Il nous faut reconstruire une société d’humanisme démocratique et bienveillante.

Combien de vies et de rêves brisés, broyés dans ce pays depuis l’indépendance jusqu’à nos jours?
Combien d’âmes détruites, humiliées depuis l’indépendance jusqu’à nos jours?
Combien de familles brisées, détruites, anéanties, humiliées depuis l’indépendance jusqu’à nos jours?
L’humanité sacrifiée sur l’autel de nos cœurs assombris, de nos ambitions inappropriées, de nos esprits possédés par l’iblis

L’humanité est au dessus de tout, telle est son essence et son énergie.
Même les supposés coupables ont droit à la dignité humaine, ont droit à leur humanité sauvegardée.
Sans esprit de vengeance, ni chasse aux sorcières nous devons faire l’inventaire de notre histoire pour restaurer notre commune dignité.

Chers compatriotes,

Nous sommes si confortables à tenir Alpha Condé, Cellou dalein diallo, Sidya Touré, Lansana Kouyaté, Faya Millimono ou je ne sais qui d’autre, responsables de nos malheurs, de nos soucis , de nos impasses, de nos échecs.
C’est si confortable ; mais, c’est faux!
Nous, le peuple, nous sommes les principaux responsables de nos malheurs et de nos misères. Lorsque le maître, le souverain peuple décide d’abandonner sa responsabilité, il devient l’esclave de la situation, et ne serait se plaindre de sa propre et lâche complicité.
Il est plus aisé pour un bon peuple, d’avoir des bons dirigeants, qu’un peuple fataliste, sectaire communautariste, peu sensible à l’injustice quand il n’est pas directement concerné, peu attaché aux valeurs et aux principes qu’il dit réclamer.

Ainsi, il est plus facile d’opposer les pauvres à se détester entre eux
Il est plus facile de rendre les uns responsables des malheurs des autres
Il est plus facile.
Il est écrit où que nous ne pouvons pas vivre ensemble, heureux?
Qui a dit cela ? Qui a décidé cela si ce n’est nous mêmes et nos propres faits, gestes et mots ?
Nous nous gargarisons d’une factice fierté nationale, alors que nous restons encore, des générations après, honteusement conditionnés par des créations anthropologiques et coloniales
Le peulh est ainsi….
Le Malinké est comme ça
Le Soussou est comme si
Le kissi est ainsi
Le Guerze est de la sorte…
Le toma pense ainsi..
Des schémas de pensée artificiellement construits, sont si obsessionnellement transmis de générations en générations, rendant inefficient tout génie créateur et toute volonté nationale, démocratique et humaniste.

Chers compatriotes,

Les peuples méritent leur dignité, à défaut ils resteront dans l’indignité.
Les peuples méritent la justice, à défaut l’injustice restera leur quotidien
Les peuples méritent leur liberté, à défaut ils seront des esclaves..

Jamais un peuple qui n’incarne pas les valeurs de justice, de liberté, de dignité, de fraternité, n’aura une vie sociale et politique prometteuse et apaisée ( fondée sur celles ci.)

Les peuples n’ont des gouvernances que ce qu’ils méritent.
Les peuples n’ont de leurs politiques que ce qu’ils valent.
Il est tellement facile et si aisé, à chaque fois, à chaque occasion, à chaque crise, de se construire un ou des ennemis expiatoires. C’est confortable.

La société guinéenne est devenue si malhonnête, que la vérité est vécue comme une véritable offense par des gens! !!!

Si nous étions un peuple fidèle aux valeurs universelles de dignité, de vérité, d’honneur, de justice, de libertés, d’égalité, de fraternité et de légalité, ( pour chacun et pour tous) aucune des crises et des souffrances qui assaillent ce pays ne seront.
Si nous étions un peuple si fidèle à l’amour et à la fraternité, nous ne serons pas si facilement manipulables pour des déchaînements de haines et d’outrances contre l’autre.

Si nous étions un peuple si attaché à la vérité , ce pays ne deviendrait pas un endroit de mensonges et de mauvaises foi.

Si nous étions un peuple si attaché aux valeurs de démocratie, les débats auxquels on assiste dans notre pays seront impensables.

Nous sommes un peuple qui se ment à lui même.
Nous sommes un peuple qui attend de ses dirigeants, de ses acteurs politiques et publics des vertus et des valeurs auxquels il ne croit pas lui même, auxquels il demeure infidèle.

Un bon peuple (un peuple qui chérit la digne humanité et la justice et la liberté) fabrique des bons dirigeants, un mauvais peuple ne saurait en fabriquer que des dirigeants à son image.

Mais, à chacun d’entre nous, qu’on se souvienne , que notre patrie commune la Guinée, est et devrait être au dessus de tous nos intérêts, tous nos égoïsmes, toutes nos lâchetés.
Ainsi, le devoir sacré de chaque guinéen est de faire en sorte que ce pays retrouve la grandeur de sa dignité et de son honneur.
Et cela n’est possible que dans le respect des valeurs d’humanité, de principes démocratiques universels.
Des lors la Guinée sera éternelle , Car elle porte fièrement l’étendard de la liberté , de la justice et de la dignité.

Chers Compatriotes,

Au lieu de défier le sous développement, la misère, l’injustice et toutes les formes d’aliénation, nous passons notre temps à défier le bon sens, à défier la normalité, à défier la logique, à défier la justice, à défier l’humanisme , à défier toutes les sacralités de l’idée nationale et démocratiques les plus élémentaires.

Avec les réseaux d’intérêts, nous voulons tout défier dans ce pays,

L’ambiance démocratique, détruite…
Alors qu’il nous faut être capable de construire sans détruire
D’unir, sans exclure
De refonder sans offusquer.
De combattre sans humilier
D’être ferme et intransigeants sans être arrogant et humiliant.

Car aux lendemains des victoires ou des défaites, la vie doit reprendre et continuer……

La règle du jeu de la démocratie c’est de convaincre ,pas de soumettre.

On s’imagine en Guinée , les uns et les autres qu’en insultant, en agressant, en diffamant, on arrivera à faire changer d’avis aux uns et aux autres. Impossible.

Soumettre n’est pas démocratique. Et la victoire de la soumission est toujours de courte durée.

Chers compatriotes,

Nous pouvons, ensemble, changer ce pays dans la fraternité, la justice et le respect mutuel, en réfondant son socle moral et éthique et en lui assignant une destinée heureuse et glorieuse.
Ensemble, nous pouvons rendre la Guinée, à travers les valeurs qu’elle épousera, dignement grande et éternelle….et rendre ses filles et fils heureux et dignes de vivre ensemble.
C’est cela la démocratie, une volonté commune de vivre libre et heureuse.
Si nous le voulons , nous le pourrons.
Que Dieu bénisse notre pays la Guinée
Que Dieu bénisse l’ensemble du peuple de Guinée et l’ensemble des filles et fils de Guinée.
Vive la Guinée !
Vive la République !
Vive la démocratie!

Je vous remercie.

Khalifa Gassama Diaby

Ancien Ministre de l’Unité Nationale et de la Citoyenneté

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Vote du 28 septembre 1958, agressions contre la Guinée… les souvenirs d’Elhadj Momo Bangoura

28 septembre 2019 à 0 12 36 09369
Elhadj Momo Bangoura, compagnon de l’indépendance

La Guinée s’apprête à célébrer la date historique du 28 septembre, marquant le vote en 1958 contre la communauté Franco-africaine proposée par le Général De Gaulle. Un vote qui a ouvert les portes de l’indépendance à la Guinée, après soixante ans d’exploitation coloniale.

Pour parler de cette date historique du 28 septembre, un reporter de Guineematin.com a donné la parole dans la journée d’hier, vendredi 27 Septembre 2019, à Elhadj Momo Bangoura, compagnon de l’indépendance. Ce témoin de cette époque est également ancien membre du PDG RDA, qui a dirigé la Guinée au lendemain de l’indépendance pour 26 années, est revenu sur le vote du 28 septembre et de la gestion de la Guinée sous le régime de Sékou Touré.

Guineematin.com : le 28 septembre 1958, la Guinée disait non au referendum Gaulliste. Parlez nous de cette date historique

Elhadj Momo Bangoura : c’est effectivement le 28 septembre 1958 que nous avons voté NON au référendum Gaulliste et nous avons acquis glorieusement notre victoire pour l’indépendance de la Guinée, qui a été proclamé le 2 octobre 1958.Il y avait l’écrasante majorité du parti politique du PDG-RDA qui a contribué à libérer la Guinée des mains des français. Ça été la décision d’un parti politique(le PDG-RDA) qui a été aidé par d’autres partis qui étaient là. C’est à l’occasion du vote du conseil territorial de 1957 que le PDG-RDA a eu 57 voix sur 60, et le parti MSA de Barry 3 a eu trois conseillers qui ont constitué un gouvernement semi autonome avec la loi cadre Gaston Defferre. Ahmed Sékou Touré était le premier responsable de ce conseil du gouvernement, alors c’est ce conseil de gouvernement là qui a fait la campagne référendaire du 28 septembre 1958, avec l’aide de deux autres partis minoritaires, dont le BAG de Barry Dianwadou et le MSA de Barry 3. Les guinéens qui ont dit Non étaient plus d’un million trois cent, et le nombre de Oui était de cinquante six mille neuf cent. Donc, une écrasante majorité.

Guineematin.com : est-ce que vous êtes d’avis avec ceux qui estiment que la situation précaire dans laquelle la Guinée se trouve actuellement découle de ce « Non » aux français ?

Elhadj Momo Bangoura : pas du tout, ça n’a rien à avoir parce qu’il fallait se libérer du joug colonial et la Guinée n’est pas en retard elle n’a jamais été en retard que ça soit au temps de Sekou Touré que ça soit au temps du régime actuel. Le général de Gaulle est venu en Guinée le 25 août 1958 pour demander à la Guinée de voter Oui, mais Ahmed Sekou Touré qui était le chef du Parti Démocratique de Guinée, au nom du peuple de Guinée, s’est adressé à la nation et au général de Gaulle en lui disant « nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage. Nous voterons Non à l’illégalité, à l’irresponsabilité. A partir du 28 septembre nous voterons Non ». Cela a sérieusement frustré le Général de Gaulle devant sa délégation qui était venue l’accompagner. Alors, quand il s’est retiré du meeting, il a dit « monsieur, voilà un individu avec qui nous ne pourrons jamais nous entendre, nous n’avons plus rien à faire ici ». Et ils sont rentrés en France.

Guineematin.com: que s’est-il passé le lendemain du vote?

Elhadj Momo Bangoura, compagnon de l’indépendance

Elhadj Momo Bangoura : le 29 septembre 1958, l’ambiance était vraiment festive. C’était réellement la fête en République de Guinée qui est resté gravée dans la mémoire de tous ceux qui ont vécu ce jour à l’époque. En ce moment, c’était la Guinée Française qui est devenue République de Guinée. Mais après cela, la guerre nous a effectivement été déclarée et quand je parle de la guerre, je me réfère aux deux citations célèbres qui ont été dites par le dernier gouverneur général de l’AOF (Afrique Occidentale Française) qui était dans la délégation de Général De Gaulle. Quand il a compris que nous allions voter Non le 28 septembre, alors il a pris la décision en disant « j’envoie à Conakry le 25 septembre 1958 à bord d’un navire de la marine nationale une compagnie de parachutistes dans laquelle un solide commando à l’ordre écrit et signé de ma main que je fais remettre les milliards et de les transmettre aussitôt à bord du navire qui les ramènera à Dakar. Le recours à la force est autorisé jusqu’à l’ouverture du feu, j’étais et je suis encore certain qu’il était nécessaire en 1958 de traiter la Guinée sévèrement. Et le commando est venu prendre l’argent à la banque ici à Conakry. Tout l’argent que la Guinée avait en caisse a été pris pour Dakar trois jours avant le vote référendaire et ceux qui inventaient les complots ont écrit leur livre intitulé la piscine à la page 245, « le Général de Gaulle donne le feu vert pour une action globale de déstabilisation. Pendant 20 ans, les complots vont se succéder sur le sol guinéen. Le leader guinéen a contre lui l’ensemble du dispositif occidental du renseignement. La décision était prise d’éliminer Sékou Touré et d’installer par la force un nouveau régime à Conakry ». Mais, avec l’organisation de l’unité nationale, tous ces complots là ont échoué et par après nous avons subi l’agression du 22 novembre 1970, orchestré par le Portugal, la France et l’Allemagne Fédéral. Malheureusement pour eux, on les a battus. Apres cette agression, il y avait 21 français emprisonnés au Camp Boiro et les français ont procédé à une négociation sous l’égide des Nations Unies le 14 juillet 1975 après l’avènement du nouveau président français, Valery Giscard d’Estaing.

Guineematin.com : sous le régime du président feu Ahmad Sékou Touré, plusieurs guinéens ont été accusés de complots et exécutés. D’aucuns pensent que c’était des règlements de compte. Que savez-vous dans ce cas ?

Elhadj Momo Bangoura : ce sont des guinéens que les français recrutaient contre le gouvernement guinéen. Et si le complot échoue, les auteurs de ces complots ont les arrête, on les emprisonne. Il y a eu effectivement des arrestations, mais ceux qui ont mené l’agression et tous ceux qui ont été arrêtés ont été emprisonnés au Camp Boiro pendant des années et on les libère. Il y en a beaucoup qui ont été libérés et qui vivent jusqu’a présent. Ceux qui ont été exécutés, ce sont les agresseurs du 22 novembre 1970. Ils étaient pendus de Conakry à Yomou. Et, ce n’est pas le gouvernement guinéen seulement qui avait prit cette décision là, et l’ONU était venue, le conseil de sécurité a envoyé une délégation composée de cinq (5) nations, qui est venue s’informer de ce qui se passe ici et interrogé les personnes incarcérés. Et, ils se sont rendu compte qu’effectivement l’agression a eu lieu et que malheureusement pour ceux qui ont été arrêtés, c’est eux qui ont perdu. Ils ont ordonné à la Guinée de sanctionner sévèrement ceux qui faisaient partie de cette agression-là. L’OUA a exigé du gouvernement guinéen la sanction à infliger aux agresseurs du 22 novembre 1970. L’organisation des Etats Riverains du fleuve Sénégal (l’OERS), tous ceux ont exigé du gouvernement guinéen l’application de sanctions sévères contre ceux qui sont venus agresser la Guinée. C’est la raison pour laquelle les agresseurs ont été pendus de Conakry à Yomou en public.

Guineematin.com : la Guinée commémore ce samedi cette date historique du 28 septembre. Quel message avez-vous à lancer à l’endroit du peuple de Guinée?

Elhadj Momo Bangoura : le peuple de Guinée est un peuple victorieux, glorieux qui a été uni, la Guinée est constituée de différentes régions remplies de diverses ethnies. Le PDG-RDA avait eu la chance de réunir tout le peuple de Guinée et cela s’est manifesté deux fois: la première manifestation, c’est le vote du 28 septembre 1958, et la deuxième fois, c’est le 22 novembre 1970. Quand les agresseurs sont venus ici, le gouvernement a ouvert les casernes de l’armée et a distribué les armes à la population de Conakry pour faire face aux agresseurs. Moi personnellement, j’ai reçu la dotation des armes du côté de Dubréka que j’ai distribué à la population pour battre les agresseurs et on les a battus le même jour. Donc ça, c’est l’unité. Ce que je demande au peuple de Guinée, c’est de conserver cette unité. Quand on parle aujourd’hui de la République de Guinée, c’est parce qu’il y a eu l’unité entre les guinéens.

Propos recueillis par Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 224 623 53 25 04

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