Après trois jours de manifestations qui ont engendré dix morts et plusieurs blessés, le président Alpha Condé refuse toujours de renoncer à son projet de nouvelle constitution qui lui permettrait de bénéficier d’un troisième mandat. Au contraire, la télévision publique continue la propagande de soutien comme si de rien n’était.

C’est pourquoi, le front national pour la défense de la constitution a appelé les Guinéens de tous les bords à poursuivre les manifestations pour la préservation de la démocratie chèrement acquise sous la junte militaire. Mais, contrairement aux trois premières journées, c’est une journée ville morte qui a été décrétée demain, jeudi 17 octobre 2019, sur toute l’étendue du territoire national.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’intégralité de ce communiqué du FNDC :

Les manifestations du FNDC qui ont débuté le lundi 14 octobre 2019 se sont poursuivies sur l’ensemble du territoire national les mardi 15 et mercredi 16. A Conakry comme à l’intérieur du pays, la mobilisation des citoyens a été grandiose malgré les intimidations et la répression.

Le courage, la détermination et le sens de responsabilité des manifestants observés le lundi et le mardi ont continué à prévaloir la journée du mercredi. Le FNDC s’en félicite et encourage les populations à persévérer.

Comme d’habitude, les forces de l’ordre qui jouissent toujours d’une impunité totale pour les crimes commis lors des manifestations politiques, ont réprimé dans le sang. Le bilan, à l’heure qu’il est, est de dix morts par balles dont cinq élèves et étudiants, soixante-dix blessés par balles (dont dix dans un état critique) et des dégâts matériels importants. En plus d’Abdourahmane Sanoh et de ses collègues de la coordinationation du FNDC, plus de 200 personnes dont une centaine à Conakry avec plusieurs mineurs, 42 à Mamou, 27 à Boké, 10 à Guéckédou, 13 à Marela et plusieurs à Yomou, ont été injustement arrêtées et déférées devant les tribunaux. Nous exigeons leur libération immédiate et sans conditions.

Alors que les partisans du changement de Constitution manifestent librement avec la bénédiction des Préfets et la protection des forces de l’ordre, les adversaires du projet de troisième mandat sont arrêtés, bastonnés, jetés en prison et parfois tout simplement froidement abattus.
Les incursions des forces de l’ordre dans les domiciles des citoyens, avec son corollaire de violences physiques et verbales, ont augmenté d’intensité pendant cette troisième journée du mercredi.

Le FNDC condamne énergiquement cette répression sanglante et ces comportements inhumains des forces de l’ordre et réitère son exigence d’enquête indépendante pour identifier et déférer devant les tribunaux les auteurs et commanditaires de ces crimes odieux. Le FNDC présente ses condoléances les plus attristées aux familles éplorées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

Le FNDC déplore et condamne les tentatives de communautarisation par le pouvoir d’un combat citoyen qui transcende les clivages politiques et ethniques, et qui a provoqué un sursaut national et une véritable union sacrée des guinéens autour des valeurs essentielles que sont la démocratie et l’État de droit.

Après cette troisième journée de manifestation toute aussi réussie, le FNDC APPELLE A LA POURSUITE DES MANIFESTATIONS PAR L’OBSERVATION, LE JEUDI 17 OCTOBRE 2019, D’UNE VILLE MORTE SUR L’ENSEMBLE DU TERRITOIRE NATIONAL.

Ensembles, Unis et Solidaires, Nous vaincrons.

Conakry, le 16 octobre 2019

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