Le Président, la Constitution et l’Opposition

20 octobre 2019 à 22 10 58 105810
Thierno Yaya Diallo, Président du Mouvement Guinée Moderne

Libre Opinion : La sortie du Président de la République analysée montre combien l’objectif, quoique renié, est antidémocratique. Tout tourne autour de jeux, de calculs, de manigances pour duper le peuple.

Prenons textuellement ses paroles « Dans cette nouvelle constitution, il ne s’agit pas de troisième mandat mais de l’adopter à l’ère du temps donc à la modernité ». Jusque-là nous pouvons dire que le Président a peut-être raison – les pincettes sont nécessaires – alors qu’il déclare qu’il ne sera pas candidat en 2020 !

Toutefois, dans la logique de son tripatouillage, sans même s’en rendre compte, le Président Condé ajoute « mais l’opposition ayant peur d’une défaite aux élections crie au troisième mandat ». Précisons que nous ne sommes pas des demeurés, s’il n’a pas la volonté cachée d’un surplus de mandat illégal pourquoi parle-t-il d’élection ? Ainsi parlé, l’opposition guinéenne, une certaine je dois préciser, a raison de crier haut et fort.

En effet, tous les arguments de modernité et soi-disant évolutionnistes ne sont pas mal en soi mais, dans ce registre, ils le sont, ils servent de maquillage et d’imposition à un troisième mandat.

Dans la tête du Président Condé, la modernité y est peu représentée, la volonté de sauver la Guinée n’y pèse que le poids d’une plume tandis que le troisième mandat, diantre ce mandat illégal encore une fois de plus, est le nœud gordien inavoué – mais pas avec malice – qui lui triture la pensée.

L’autre versant du motif de la pérennisation au pouvoir du Président Condé n’est-il pas une question de sécurité. Autrement dit, ne craint-il pas d’être poursuivi pour mauvaise gestion des deniers publics d’où son accrochage au pouvoir ?

Et enfin prenant l’exemple sur la fréquence des changements de constitution, le Président Condé enfonce le clou en s’attaquant au chef de l’opposition guinéenne mais en réalité il se trompe de cible. En effet notre problème est systémique. Si depuis des décennies, les hommes se sont alternés dans les plus hautes sphères de l’Etat sans évolution dans la manière de gouverner, c’est parce que nous n’avons pas un problème de personne mais de système. C’est ce système qui demeure et qui reconduit les mêmes tares.

Est-ce que c’est de ce système que les guinéens veulent ? Sommes-nous conscients que les pires moments et crises de notre jeune nation, qu’ils soient ethniques ou politiques sont le fait de ce système ? Sommes-nous conscients que tant que les régimes, portés par des hommes, se succèdent sans changement de système, la démocratie bégaiera, car les faits vont se répéter ? En d’autres termes, le combat démocratique sous-tendu par l’alternance générationnelle doit avoir lieu, elle est la seule garante d’une réforme en profondeur, dont les porteurs soufflent la nouveauté et le sang neuf – la rupture – ce sera le nouveau départ. Ils doivent être le modèle qui devrait s’imposer en Guinée, comme cela se passe en Europe et quelques parts en Afrique. Pour cela, ce régime doit surseoir à sa volonté machiavélique, ainsi soufflera un vent nouveau porteur d’espoir, d’expertise et de modernité.

Par ailleurs, dans 10 jours, les délais officiels d’enroulement sur la liste électorale seront épuisés sans que les populations guinéennes puissent aller valider leur nom sur la liste. Est-ce que c’est le plan de nous exclure du vote ?

Nous ne terminerons pas cette tribune sans appeler le régime à libérer les prisonniers politiques dont le seul tort est de s’opposer au projet de référendum. Solennellement nous demandons leur libération !!!

Nous présentons aussi nos condoléances les plus attristées aux familles éplorées et souhaitons prompt rétablissement aux nombreuses personnes blessées.

Thierno Yaya Diallo, Président de Guinée Moderne

Lire

Plainte contre QNET à Labé : les victimes en conclave pour « gagner la bataille »

20 octobre 2019 à 19 07 24 102410
Hadja Fatoumata Baïlo Diallo, présidente de l’antenne régionale de l’ANP à Labé

La coordination des femmes se disant victimes de QNET, du nom de cette société de commerce en ligne, vient d’organiser une réunion de concertation au domicile de leur coordinatrice, Hadja Fatoumata Baïlo Diallo, pour renforcer la mobilisation générale des membres du collectif et des bonnes volontés autour de leur cause, en vue de gagner la bataille judiciaire en examen, depuis pratiquement 2 ans, au Tribunal de Première Instance (TPI) de Labé, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée, à travers la vidéo ci-dessous.

Selon la coordinatrice de ce collectif de victimes de QNET, Hadja Fatoumata Baïlo Diallo, présidente de l’antenne régionale de l’Alliance Nationale Patriotique (ANP) à Labé, cette rencontre de concertation avait pour objectif l’élaboration de nouvelles stratégies de combat en vue de gagner la bataille judiciaire pendante depuis pratiquement 2 ans devant le Tribunal de Première Instance (TPI) de Labé.

« Quand tu as à faire à des bandits, tu ne dois pas traîner les pas. Vous êtes témoins des sanglots que vous avez vécus dans mon salon ici. Ce n’est personne qui va vous l’apprendre. Nous comptons nous battre jusqu’au bout pour récupérer ce qui nous a été extorqué. Nous n’avons pas peur des intimidations. Nous n’avons rien à donner pour corrompre mais nous n’allons pas reculer. Aujourd’hui, les plaignantes de Labé sont au nombre de 287 personnes. Nous allons tous nous transporter devant les autorités s’il plait à Dieu. Ils auront à choisir entre les escrocs et les victimes. Mais, nous n’allons pas reculer. Nous allons récupérer ce qu’on nous a extorqué, s’il plait à Dieu » a-t-elle expliqué.

La rencontre a recommandé de tendre la main à toutes les bonnes volontés susceptibles d’aider ces pauvres dames à être rétabli dans leur droit à la fin de cette procédure.

« Ce que nous pouvons faire, toutes les plaignantes, c’est de venir ensemble devant ceux qui expriment le désir de nous aider soit pour leur raconter comment on nous a extorqué, soit leur expliquer comment ils veulent que nous extorquions nos semblables. S’ils veulent nous voir au complet pour se rassurer que nous atteignons ce nombre. Car, les victimes sont plus nombreuses que ce chiffre, parce que, vous avez suivi celui qui nous a extorqué, avouer sur les ondes que ceux auxquels il a extorqué font 2000 personnes. C’est vrai parce qu’il est avec les autorités. C’est un serpent vert dans les feuilles. Mais, nous n’aurons pas peur, si Dieu accepte, toute personne qui veut nous aider, quel que soit la forme avec laquelle elle souhaite nous aider, nous sommes prêtes. Nous serons entièrement à sa disposition jusqu’à ce que l’objectif soit atteint » a-t-elle ajouté avant de lancer un appel à ceux qui sont victimes « d’escroquerie de la part de QNET ».

« Ils doivent savoir qu’ils doivent se lever, hausser le ton pour alerter les autorités qu’ils sont victimes d’escroquerie. Ceux qui ont escroqué ne perdent pas de vue cette réalité. Le problème, c’est comment récupérer. La plainte a été remise à qui de droit. Si ceux qui ont reçu notre plainte font ce qu’ils doivent faire, c’est tant mieux. Nous, nous avons fait tout ce qu’une victime doit faire. S’ils ne se remuent pas, nous, nous allons nous remuer, parce que c’est nous qui en souffrons, et non eux. Ceux qui n’ont pas porté plainte ne doivent pas croire que ce que ceux qui nous ont escroqué leur souffle à l’oreille que nous les plaignantes nous fatiguons inutilement, que nous n’allons pas récupérer ce qui nous a été extorqué. Ils ne doivent pas croire que cela est vrai. Ils ne vont pas leur souffler de venir renforcer le camp de ceux qui vont récupérer. Pour nous, jusqu’à preuve du contraire, le président est responsable de ce qui nous arrive. Si nous récupérons, c’est l’Etat qui nous a extorqués. Si nous ne récupérons pas, c’est l’Etat qui nous doit parce que c’est l’Etat qui a autorisé ces gens à extorquer les citoyens. Aujourd’hui, cela a détruit beaucoup de ménages, couper beaucoup de relations sociales. Il y a même des gens qui en sont morts. Aujourd’hui, c’est une triple perte. Rien ne va plus entre toi et celui qui t’a recruté. Rien ne va plus entre toi et ceux que tu as recruté. Rien ne va plus entre toi et celui qui a reçu l’argent. Tu n’as ni parent, ni amis, ni fortune. Les victimes qui n’ont pas porté plainte, ne doivent pas croire qu’ils vont rester tranquille jusqu’à ce que ceux qui leur ont extorqué viennent leur restituer leur argent. Ou bien jusqu’au moment où l’Etat va rembourser ce qu’on vous a extorqué. Chacun doit se lever pour récupérer sa sueur, s’il est convaincu qu’il en est victime » a-t-elle conclu.

Du côté des accusés, on soutient que rien de tout ceci n’est vrai. Qu’au sein de QNET, il faut travailler: « celui qui ne travaille pas ne peut rien avoir » laisse-t-on entendre.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com
Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

Lire

Labé : les membres du FNDC rendent visite à la famille d’Ibrahim DIALLO

20 octobre 2019 à 18 06 36 103610

Une délégation de la coordination régionale du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) de Labé a rendu une visite de courtoisie et de soutien à la maman du camarade Ibrahim DIALLO kidnappé, avec d’autres combattants de la démocratie et injustement détenus, depuis plus d’une semaine maintenant.

« Nous avons rencontré une mère qui est fière de son enfant et du combat qu’il mène », a martelé le coordinateur régional, Mamadou Habib BAH.

« Notre visite l’a davantage réconfortée et elle a déduit ce qui est arrivé à son enfant et autres membres du FNDC pouvait arriver à n’importe qui », renchérît Madame Yacine Diallo, cheffe de la délégation.

Visiblement très émue, elle a d’emblée fait des prières pour la réussite du combat : « j’ai compris que mon enfant n’est pas seul. J’écoute souvent les radios locales. C’est un combat juste et noble que vous êtes en train de mener. Vous avez mon soutien. Je prie et prierai pour la réussite de votre combat ».

A préciser que le verdict du procès d’Ibrahim DIALLO et Cie est attendu ce mardi 22 octobre 2019 au tribunal de première instance de Dixinn.

La cellule de communication

Lire

Arrestation des militaires en Guinée : voici les explications de l’Armée

20 octobre 2019 à 17 05 37 103710
image d’archive

Depuis quelques jours, certaines familles se plaignent de l’arrestation (certains parlent de la disparition) de leurs enfants, époux, frères… militaires. Le plus souvent, ceux qui se confient à Guineematin.com parlent d’appels téléphoniques de la hiérarchie ; mais les soldats qui répondent ne reviennent plus et on apprend plus tard que l’intéressé est mis aux arrêts.

Pourtant, le ministère de la Défense nationale explique qu’il n’y a rien d’illégal dans cette procédure. Les militaires arrêtés seraient soupçonnés de vol et auraient ainsi été interpellés par des enquêteurs. Ils seront traduits devant le tribunal militaire, apprend-on.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, les précisions du service de communication du ministère de la Défense nationale :

Suite au vol d’armes perpétré au mois de juillet 2019 par un groupe de militaires qui se sont nuitamment introduits au magasin d’armement du bataillon des blindés du Camp Alpha Yaya Diallo, le procureur militaire, saisi du dossier, s’est rendu sur les lieux et a confié l’enquête à la brigade de recherches de Matam.

Les enquêteurs ont déféré les présumés auteurs arrêtés (une vingtaine au total) au parquet militaire du Tribunal militaire de Conakry. Lequel a saisi un juge d’instruction dudit Tribunal.

Les enquêtes se poursuivent pour boucler le dossier en vue de la tenue très prochaine du procès.

AUCUN groupe et AUCUNE entité particulière ne sont ni visés, ni ciblés par le Tribunal militaire. Tous les mis en cause sont (et seront) assistés de leurs avocats tout au long de la procédure.

A suivre !

Lire

Sortie de crise en Guinée : « il faut que le pouvoir fasse une concession »

20 octobre 2019 à 17 05 18 101810

La crise politique qui secoue la Guinée préoccupe plus d’un. Et, de plus en plus de voix s’élèvent pour proposer des solutions de sortie de crise. C’est le cas de Dr Moustapha Keïta, coordinateur de l’Union pour le Progrès et le Renouveau (UPR) à Dubreka.

Interrogé par un reporter de Guineematin.com à l’issue de l’assemblée générale de de la formation politique du samedi, 19 octobre 2019, il a regretté les manifestations en cours dans le pays avec les morts, blessés et interpellations qu’elles engendrent. Ce responsable de l’UPR appelle les parties concernées au dialogue afin de résoudre cette crise. Il invite aussi le pouvoir à faire des concessions pour permettre d’apaiser les tensions.

Décryptage !

« Pour commencer, je m’incline pieusement devant la mémoire des personnes qui ont perdu leur vie dans cette manifestation. Je présente toutes mes condoléances aux victimes de ce mouvement qu’on n’avait pas souhaité. J’inviterais le peuple de Guinée à la retenue car ce pays-là, c’est nous qui devons le construire ensemble. Personne ne viendra construire ce pays à notre place.

Chacun peut faire un peu, et les Guinéens doivent s’entendre sur un seul principe. Notre devise c’est travail, justice, solidarité. Donc, il faut que les Guinéens s’entendent. Les guinéens ne doivent pas s’entretuer. Les Guinéens doivent aimer les uns les autres. Nous devons bâtir une nation forte pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. Et pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, il faut travailler.

J’inviterais les responsables politiques à tous les niveaux de s’écouter, de venir autour de la table du dialogue. Même au temps de la première et de la deuxième guerres mondiales, les problèmes ont trouvé leurs solutions à travers le dialogue. Donc, sans dialogue on ne peut pas avancer. Pour que ce dialogue se fasse, il faut effectivement que le pouvoir fasse une concession en libérant d’abord les prisonniers. Parce qu’il faut que ceux qui ont été pris puissent parler. Et s’ils sont incarcérés, ils ne peuvent pas dire pourquoi ils ont fait ça.

Maintenant, quand tout le monde est en liberté, je pense que le climat pourra s’apaiser. Donc, il faut que le guinéen change son discours. Les discours va-t-en guerre ne peuvent pas résoudre les problèmes. Le pays se construit avec tous les Guinéens. La Guinée a quatre régions naturelles. Et il faut que toutes ces régions-là participent au développement de ce pays ».

Propos recueillis par Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com
Tel: 620 589 527/654 416 922

Lire

Cellou Dalein sur les tueries de manifestants en Guinée : « C’est Alpha Condé le commanditaire »

20 octobre 2019 à 13 01 03 100310

À l’occasion de l’assemblée générale hebdomadaire de son parti hier, samedi 19 octobre 2019, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) s’est de nouveau exprimé sur les répressions meurtrières dont sont victimes les guinéens qui s’opposent au régime actuel. Tout en dénonçant l’imputé dont jouissent les meurtriers qui ont l’air de se plaire à ôter la vie humaine, Cellou Dalein Diallo a laissé entendre que l’actuel chef de l’Etat guinéen, le Pr Alpha Condé, est le commanditaire de ces tueries, rapporte.

Devant ses militants fortement mobilisés au siège de son parti à la Minière, le leader de l’UFDG a tout d’abord dénoncé une centaine de personnes tuées depuis l’accession du Président Alpha Condé à la magistrature suprême de la Guinée, en 2010.

« Nous sommes à 114 morts, pratiquement dans les mêmes conditions, tués à bout portant sur instruction et avec la complicité d’Alpha Condé qui garantit l’impunité aux tueurs », a confié Cellou Dalein Diallo.

Poursuivant son speech, le chef de file de l’opposition guinéenne s’est interrogé sur les raisons qui font que le président Alpha Condé n’a jamais accepté qu’une commission d’enquêtes soit mise en place pour rechercher les auteurs des crimes jusque-là commis sous sa gouvernance. « C’est parce que c’est lui (Alpha Condé) le commanditaire. Vous ne pouvez pas demander aux gens de tirer ; et, après, les interpeller et les déférer devant les tribunaux. Ils vont vous dénoncer. Donc, cette impunité qui encourage la récidive n’est que le fait de monsieur Alpha Condé », a dit Cellou Dalein Diallo. 

Pour le leader de l’UFDG, « Il y a des ministres et des agents qui exécutent les ordres d’Alpha Condé avec zèle. Et, il y a beaucoup qui ont gagné des galons en faisant du zèle dans l’exécution de ces instructions d’Alpha Condé ». Mais, assure Cellou Dalein Diallo, l’histoire interpellera tous les responsables de ces tueries de pauvres citoyens.

« Vous avez écouté les discours va-t’en guerre de Bouréma Condé (ministre de l’administration du territoire), Alpha Ibrahima Keira (ministre de la sécurité), Amadou Damaro Camara (chef de la majorité présidentielle à l’assemblée nationale). Ce sont eux tous qui sont responsables. Vous avez écouté le Premier ministre, Kassory Fofana, qui a dit qu’il préfère l’ordre à la loi. Et, dans le cadre de l’application de cette consigne, voilà les meurtres qu’on provoque. Ils sont tous responsables, mais l’histoire les interpellera », a conclu Cellou Dalein Diallo.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Lire