Plusieurs milliards sortis pour accueillir Alpha Condé : la déception de Fodé Oussou

30 octobre 2019 à 23 11 46 104610
Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG

Les partisans du président Alpha Condé annoncent une grande manifestation pour l’accueillir demain, jeudi 31 octobre 2019, à l’aéroport de Conakry. Mais, déjà, de nombreuses voix s’élèvent dans le pays pour dénoncer les milliards de francs guinéens débloqués par les organisateurs pour rendre la fête agréable. C’est le cas de Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG qui dénonce une saignée financière au préjudice au contribuable guinéen.

Selon le vice-président du principal parti de l’opposition, ce comportement est très décevant de la part des tenants du pouvoir. « C’est un sentiment de déception qui m’anime aujourd’hui. Je ne peux pas comprendre qu’on soit dans une République et qu’on banalise ainsi la fonction présidentielle. J’ai l’impression que monsieur Alpha Condé ne s’est pas rendu compte de 2010 jusqu’à aujourd’hui qu’il est le président de la Guinée. Quand on est président de la République, on ne doit pas accepter d’être président d’un parti politique. Le président doit être au-dessus de la mêlée, il doit traiter tous les Guinéens au même pied d’égalité. (…) Donc, nous considérons que si le président accepte de se faire recevoir par le RPG arc-en-ciel et ses partis alliés, il doit se considérer à partir de cet instant comme étant le président du RPG Arc-en-ciel. Ils veulent se comparer au Front National pour la Défense de la Constitution, puisque le 24 octobre, nous sommes parvenus à mettre plus d’un million de personnes. C’est le seul pays au monde où on peut voir un président de la République qui veut vérifier sa popularité par son parti politique en dehors de la campagne électorale », a-t-il expliqué.

Poursuivant, Dr Fodé Oussou Fofana a fait savoir que si le président devait montrer qu’il est populaire, il devait non pas le démontrer par la foule, mais par son bilan. « Ils sont en train de dilapider tous nos fonds. Ils ont sorti beaucoup d’argent. Il y a au minimum 27 milliards de nos francs qui ont été débloqués rien que pour cette réception du président de la République. Il est demandé à tous les ministres de la République, chacun doit payer 100 millions de francs Guinéens. Pour la commune de Matoto, 150 millions ont été débloqués ; pour la commune de Matam, à peu près 600 millions ont été sortis des caisses ».

Par ailleurs, Fodé Oussou dénonce la mobilisation de tous les fonctionnaires pour cette réception. « Il a été demandé aux fonctionnaires d’abandonner leur travail pour être à l’aéroport. La directrice générale de l’hôpital Donka a écrit un courrier officiel demandant à tous les travailleurs cet hôpital d’abandonner les malades et d’aller à l’aéroport de Conakry. Des milliards sont dépensés pour prendre des bus, pour aller dans les villes, dans les sous-préfectures, pour ramasser les gens et les amener. Parce qu’ils veulent montrer à Alpha Condé ce qu’il ne mérite pas. Monsieur Alpha Condé a un problème de légitimité. Il a l’impression qu’il n’a personne. Il veut à partir de ça, mobiliser du monde, pour dire à la communauté internationale vous avez vu, c’est une partie des Guinéens qui ne veut pas de moi… »

En outre, Dr Fodé Oussou Fofana a indiqué que les organisateurs de cette réception n’ont adressé aucun courrier à aucune commune de la capitale. Et c’est pourquoi, annonce-t-il, l’UFDG n’adressera plus de courrier à l’occasion d’une éventuelle mobilisation qu’elle va appeler à l’occasion de l’arrivée du président de l’UFDG. « Le RPG Arc-en-ciel et ses alliés n’ont adressé aucun courrier à aucune autorité ; aucun maire n’a reçu aucun courrier pour cette réception. Aussi, le gouverneur n’a pas été saisi. Comme c’est le RPG arc-en-ciel et puisqu’ils veulent faire de la Guinée un parti-Etat, l’autorisation est donnée d’office. Je veux savoir pourquoi on nous empêchait de marcher sur l’autoroute ? Maintenant, si le président du RPG arc-en-ciel prend l’autoroute jusqu’au palais Sékhoutouréyah, nous n’aurons aucune obligation. Quand on aura envie de recevoir le président Cellou, on n’écrira à aucun maire, on n’écrira à aucune autorité, on ne s’adressera jamais à un Gouverneur. Lorsque le président Cellou va sortir d’ici, nous allons le recevoir et la seule voie que nous allons utiliser, c’est l’autoroute. Ce qui est valable pour monsieur Alpha Condé en tant que président du RPG, doit être valable pour tous les leaders des partis politiques », a-t-il lancé

Enfin, Dr Fodé Oussou Fofana a fait savoir que cette sortie massive d’argent des caisses de l’Etat aura un impact négatif sur l’économie guinéenne. « Un euro est actuellement évalué à 10 mille 200 francs guinéens. A partir de demain, un euro va coûter 10 mille 300 ou 10 mille 500 francs guinéens au minimum. Ça veut dire qu’il y aura l’inflation parce qu’ils ont sorti beaucoup d’argent. Deuxièmement, monsieur Alpha Condé et le RPG arc-en-ciel ne sont pas capables, n’ont plus la confiance et l’estime des guinéens. Les fonctionnaires des impôts, de la douane, le port autonome et les autres travailleurs du secteur public ne travailleront pas. Ils seront réquisitionnés. Ils vont faire des listes comme au temps du PDG. Tu ne viens pas, tu es licencié », dénonce l’opposant.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 62 09 08 18

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Conakry : un bébé avec des malformations « étonnantes » reçu au CHU Donka

30 octobre 2019 à 23 11 31 103110
Dr. Mamadou Moustapha Diallo, médecin au service de néonatalogie de l’hôpital national Donka

Dans la nuit d’hier à aujourd’hui, mercredi 30 octobre 2019, un bébé de sexe féminin avec de nombreuses malformations, a été reçu au service de néonatalogie de l’hôpital national de Donka. Les médecins évoquent diverses raisons pour expliquer la forme très étonnante de ce bébé vivant.

Selon un médecin qui s’est confié au reporter que Guineematin.com a dépêché sur place, le bébé a été reçu à ce service quelques temps après sa naissance au Centre Médical Communal de Matam. Il a une taille de 51 cm, un poids de 2350 grammes, avec un périmètre crânien de 32 cm.

Dans ses explications, Docteur Mamadou Moustapha Diallo, qui a reçu le nouveau-né, est revenu sur un certain nombre de constats qu’il qualifie de rares. « J’ai constaté à la réception qu’il y a beaucoup d’anomalies, surtout au niveau de la peau, au niveau des organes et des membres, en un mot un syndrome poly malformatif. Il y avait un ectropion oculaire, il y avait une peau qui est rugueuse et sèche et qui avait la forme des écailles de poisson. C’est purement génétique, ça peut être dû aux infections, surtout chez la maman. Mais, c’est quand même des cas dont l’analyse médicale doit être approfondie », a-t-il fait savoir.

En outre, Dr Diallo a dit que ceux qui assimilent ce genre de maladies aux sorciers ou aux diables n’ont qu’à tourner leurs regards vers la science. « Après l’examen clinique, nous, nous avons constaté une maladie qu’on appelle l’ichtyose congénitale. Je dois dire à ceux qui pensent que c’est une affaire de diable ou sorcier, il faut se référer à la science d’abord avant de dire quoi que ça soit. La science est là pour éclaircir les choses. Ce sont des maladies caractérisées par une contraction au niveau des membres, due à la sécheresse de la peau. Si vous dites que vous régularisez les membres, ça entraîne des légions, et si on ne prend pas vite en charge, ça entraîne des infections », a précisé le médecin.

Docteur Diallo a profité de notre entretien pour lancer un appel à toutes les bonnes volontés pour la prise en charge du nouveau né. « Je lance un appel à tout un chacun d’œuvrer pour la prise en charge de ce bébé parce que je vois que la famille est très inquiète, surtout le papa. Depuis qu’il a envoyé le bébé, il est là à se poser beaucoup de questions, est-ce c’est une personne ou non. Mais moi, je l’ai rassuré que c’est un être humain. Donc, c’est des cas qui peuvent arriver. Je demande une fois encore à chacun de se mettre à la place des parents du bébé pour sa prise en charge, surtout les services spécialisés, notamment la dermatologie, l’ophtalmologie, la chirurgie pédiatrique » a lancé monsieur Diallo.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 622919225 / 666919225

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Le FNDC repousse la marche funèbre : voici le communiqué

30 octobre 2019 à 20 08 18 101810

« Le FNDC prend acte de la panique généralisée qui pousse les autorités guinéennes à perdre le peu d’humanité qui leur restait. Le FNDC exige que les autorités libèrent les dépouilles des martyrs des manifestations de la semaine dernière pour qu’ils soient dignement enterrés dans les plus brefs délais. Le FNDC informe l’opinion nationale et internationale qu’il repousse la marche funèbre pour le repos des âmes de ses martyrs à une date ultérieure qui sera confirmée dès que possible », indique le FNDC, dans un communiqué publié dans la soirée de ce mercredi, 30 octobre 2019.

Guineematin.com vous propose l’intégralité de ce communiqué :

La scène de désolation à laquelle nous avons assisté aujourd’hui à la morgue de l’hôpital Ignace Deen, témoigne du degré de cruauté et d’irresponsabilité atteint par les autorités guinéennes.

Plus de deux semaines après l’assassinat sauvage des participants aux manifestations du 14, 15 et 16 octobre organisées par le FNDC, onze corps attendent d’être inhumés.

Faisant exception à la tradition qui voudrait qu’un corps soit enterré sitôt après la constatation du décès, les familles des victimes ont dû patienter tout ce temps pour que soient élucidées les circonstances de la mort de leurs enfants.

Croyant que leur traumatisme était sur le point de prendre fin, ces familles se sont rendues tôt le matin à la morgue de l’hôpital Ignace Deen pour procéder à la levée des corps et enterrer leurs enfants conformément au programme préalablement convenu avec la commission d’organisation des funérailles mise en place par le FNDC.

Le spectacle immoral auquel se sont livrées les autorités guinéennes est indigne d’un pays foncièrement attaché aux valeurs religieuses dans lesquelles le respect dû aux morts est sacré.

Décidés à ne pas autoriser la marche funèbre préconisée par le FNDC, les autorités guinéennes ont préféré militariser tous les alentours de la morgue en refusant tout accès aux lieux, sous prétexte qu’un communiqué du Ministre de la Santé a prétendu que l’autopsie des corps n’est pas achevée.
Ce communiqué du Ministère de la Santé qui est en porte-à-faux avec la procédure en vigueur a été diffusé alors que la notification de la fin de la procédure de retrait des corps avait déjà été faite, par les mêmes autorités, aux avocats des familles depuis la mi-journée d’hier, 29 octobre.

Le FNDC prend acte de la panique généralisée qui pousse les autorités guinéennes à perdre le peu d’humanité qui leur restait.

Le FNDC exige que les autorités libèrent les dépouilles des martyrs des manifestations de la semaine dernière pour qu’ils soient dignement enterrés dans les plus brefs délais.

Le FNDC informe l’opinion nationale et internationale qu’il repousse la marche funèbre pour le repos des âmes de ses martyrs à une date ultérieure qui sera confirmée dès que possible.

Ensemble, Unis et Solidaires, Nous vaincrons.

Conakry, le 30 octobre 2019

La Coordination nationale du FNDC

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Faranah : un enfant échappe de justesse à la mort dans un incendie

30 octobre 2019 à 19 07 42 104210

Une case a pris feu dans la nuit du mardi à ce mercredi, 30 octobre 2019, dans la commune urbaine de Faranah. Un enfant de 14 ans qui dormait à l’intérieur a été sauvé de justesse mais tous les biens qui étaient à l’intérieur ont été brûlés, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

L’incendie s’est produit à 23 heures alors que le jeune Sambouya dormait dans la case. Heureusement, ses parents dont Mama Sacko veillaient dehors au moment des faits. Ce sont eux qui ont accouru pour alerter l’enfant afin qu’il puisse sortir avant qu’il ne soit trop tard.

« Hier nuit, on était assises ici à 23 heures en train de causer, mon enfant était couché dans la case. Peu de temps après, ma coépouse a dit qu’il y a le feu derrière, j’ai répondu en disant que c’est peut-être des gens qui sont en train de brûler des ordures. Mais, quelques instants plus tard, on s’est rendu compte que c’est la case qui a pris feu. J’ai appelé mon enfant en criant pour lui dire de sortir parce que la case a pris feu. Les voisins ont accouru pour nous secourir. L’enfant est sorti sain et sauf mais les tout le contenu de la case a été brûlé, rien n’est sorti », explique l’institutrice Mama Sacko.

Cette dame s’interroge sur l’origine du feu et se dit inquiète de cette situation. « C’est peut-être quelqu’un qui a mis le feu sur la case parce que le feu est venu de l’extérieur et non de l’intérieur. Mais, on ne sait pas qui ça peut être. On a demandé au petit s’il n’a pas de problèmes avec ses camarades, il dit qu’il n’a aucun avec ses amis. Mais c’est inquiétant parce que si nous aussi on dormait comme lui, il n’allait peut-être pas sortir vivant », a-t-elle dit.

A noter que les incendies sont récurrents surtout en saison sèche dans la commune urbaine de Faranah qui compte encore de nombreuses cases.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com
Tel : 00224 620 24 15 13 / 660 27 27 07

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Dysfonctionnement, bagarre entre travailleurs : la MC2 de Kindia fermée

30 octobre 2019 à 19 07 31 103110

Comme nous l’annoncions précédemment, la Mutuelle Communautaire de Croissance (MC2) de Kindia connait des problèmes de fonctionnement depuis début 2019. Cette situation a conduit à une bagarre entre deux travailleurs de la structure de micro-finance et la fermeture de ses locaux il y a quelques jours, a constaté un correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Cela faisait plusieurs mois déjà que cette mutuelle, mise en place pour appuyer les groupements de jeunes dans leurs activités génératrices de revenus, ne parvenait plus à donner des crédits aux demandeurs. Certains accusent les membres du Conseil d’Administration de la MC2 d’avoir contracté des dettes qu’ils n’ont pas remboursées. Ce qui aurait conduit à la faillite de la structure de micro-finance. Mais le 16 octobre dernier, la crise qui mine la mutuelle a connu une nouvelle évolution. Ce jour-là, une bagarre a éclaté entre Aguibou Bah, membre du Conseil d’Administration de la Mutuelle Communautaire de Croissance, et Ibrahima Diabaté, le comptable. Ce dernier accuse la présidente du CA d’avoir orchestré cette situation pour s’accaparer de l’argent restant dans la caisse.

« J’ai été victime d’une attaque de la part d’Aguibou Bah, un membre du Conseil d’Administration. Un coup orchestré par la présidente du CA dans le but de voler. Lors de la réunion, il n’y avait que 4 membres du Conseil d’Administration, il était question de voir l’état de la caisse. Moi le comptable et ma caissière, nous avons sorti l’argent du coffre et ils (les 4 membres du Conseil d’Administration) ont compté, ils trouvé un montant de 11 534 000 GNF, puis on a remis l’argent dans le sac. Ensuite, la présidente du CA délègue à nouveau deux personnes pour aller vérifier l’intérieur du coffre avec nous. J’ai dit qu’il n’y a pas de problème, mais on y va avec le sac qui contient l’argent. Immédiatement, la présidente a dit que le sac ne bouge pas. Aguibou, dans le but de forcer la situation, est allé jusqu’à me blesser au cou et au doigt. Mais, nous avons réussi quand même à sauver le sac pour le remettre dans le coffre-fort. Parce que j’ai su que c’est les 11 534 000 qu’ils veulent récupérer et je suis parti porter plainte. Mais, un membre du conseil du nom de Sylla Ibrahima Sory m’a carrément dit : tu ne peux rien même si tu vas à la justice. Et jusqu’à présent, le problème traine a la gendarmerie et Bah Aguibou qui m’a blessé est libre », s’indigne le comptable, Ibrahima Diabaté.

Interrogée sur cette situation, la présidente du Conseil d’Administration, Fatoumata Cissé, a expliqué que la fermeture de la MC2 n’est pas due à un quelconque problème. Elle vise simplement à faire le point de la situation, assure-t-elle. « Nous sommes en train de faire la situation de la caisse parce qu’on ne peut pas travailler durant 2 ans sans connaitre le fonctionnement de la comptabilité en tant que présidente du CA. C’est pourquoi je tenais à ce que les choses soient claires la semaine passée.

Et je vous garantis que dans 2 ou 3 jours tout rentrera en ordre et que les portes seront rouvertes. Mais, ce n’est pas parce que les gens on refusé de rembourser l’argent que la communauté ne bénéficie plus de prêts dans notre microfinance. C’est parce que la Banque mondiale fait des études pour voir comment nous financer de nouveau. Si je mens, renseignez-vous sur les autres MUFFA et MC2 de Conakry à N’Zérékoré ».

Fatoumata Cissé a démenti aussi les informations faisant état du refus des membres du Conseil d’Administrations de payer les dettes qu’ils ont eux-mêmes contractées. « Vous avez, moi j’ai toujours des crédits. Parce que c’est moi qui suis la garantie de tous ceux qui contractent des dettes ici. Même si c’est vous qui venez prendre de l’argent sans rembourser, c’est moi qui endosse la responsabilité car je suis chef. Donc même si c’est X ou Y qui prend de l’argent ici, c’est au compte de nous les membres du CA », s’est-elle défendue.

A suivre !

De Kindia, Mohamed M’Bemba Condé pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 88 88

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Refus de libérer les corps pour les funérailles : Me Bamba dénonce le ministère de la Santé

30 octobre 2019 à 19 07 12 101210
Me Kpana Emmanuel Bamba, président de la LIGUIDHO

Le ministère guinéen de la Santé s’est illustré négativement en publiant un communiqué mardi soir, 29 octobre 2019, sur la situation des corps des jeunes tués lors des manifestations appelées par le FNDC les 14, 15 et 16 octobre dernier.

Le département dirigé par Edouard Niankoye Lamah a laissé entendre que les autopsies ne sont pas terminées et que les familles ne pouvaient pas récupérer les corps ce mercredi pour les enterrer comme c’était prévu. Me Kpana Emmanuel Bamba, le président de la Ligue Guinéenne des Droits de l’Homme (LIGUIDHO) voit dans cette démarche, une atteinte grave à l’indépendance de la justice.

« A notre avis, le ministère de santé n’a pas la compétence de prendre une telle décision dans la mesure où après la commission d’une infraction, c’est le procureur de la République et éventuellement s’il y a un juge d’instruction qui est saisi, ce sont les deux qui sont compétents pour pouvoir gérer les conséquences immédiates de cette crise. Donc, dès lors qu’à la suite des manifestations il y a commission d’infractions, il y a eu des cas de morts, le procureur est le seul compétent avec un juge d’instruction de gérer la situation des cas de morts.

C’est le juge d’instruction qui commet, à la suite d’une ordonnance, un expert c’est-à-dire un médecin légiste, et les résultats de l’examen, de l’autopsie sont communiqués au dossier de la procédure, donc au juge d’instruction. Donc pour nous, dès lors que la suite de la crise est gérée par la justice, il ne revient qu’à la justice de donner des informations relatives à la suite de cette procédure. Donc, si le ministère de la santé s’immisce ainsi dans cette affaire, nous pensons qu’il y a une atteinte grave au principe de l’indépendance de la justice », a-t-il réagi.

L’activiste des droits de l’Homme rappelle que le parquet de Dixinn a ouvert une information judiciaire suite à ces différents meurtres. Selon lui, il revenait donc à celui-ci de communiquer sur ce dossier. « Nous, organisations de défense des droits de l’Homme, nous avions exigé l’ouverture d’une information. Et certainement vous avez appris que le parquet d’instance, par exemple le tribunal de Dixinn, a informé qu’il y a eu l’ouverture d’une information et que les enquêtes étaient en cours. Donc pour nous, c’est seulement ce parquet ou le juge d’instruction qui a été saisi, qui doit se prononcer normalement sur la suite de la procédure », souligne Me Kpana Emmanuel Bamba.

A rappeler que suite au refus du gouvernement de leur rendre les corps des 11 jeunes tués lors des manifestations contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé des 14, 15 et 16 octobre dernier, les parents des victimes et le FNDC ont dû reporter les obsèques qui devaient avoir lieu ce mercredi, 30 octobre 2019. Les funérailles sont programmées encore pour demain, jeudi. Reste à savoir si les autorités accepteront cette fois de rendre les corps.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Kankan : tenue de la 1ère session du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance

30 octobre 2019 à 18 06 38 103810

Quelques jours après sa mise en place, le Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD) de Kankan, a tenu sa première réunion ce mercredi 30 octobre 2019. La rencontre, organisée dans la salle de délibération de la mairie, avait pour but de soumettre au débat, avant son adoption, le contenu du règlement intérieur devant régir le fonctionnement de cette structure. C’était en présence des autorités municipales, des responsables des services de sécurité et des responsables de l’appareil judiciaire avec l’accompagnement technique du département d’Etat Américain à travers l’ONG COGINTA, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Abdoulaye Dalaba Diallo, chargé de programmes à COGINTA

C’est pour lutter efficacement contre la délinquance et la criminalité dans la commune urbaine de Kankan que le Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD) a été créé. « Avec la réforme du secteur de la sécurité, le CLSPD est un volet de la police de proximité. Il faut faire de sorte que les policiers et les citoyens travaillent main dans la main afin d’enrayer l’insécurité dans les quartiers », a rappelé Abdoulaye Dalaba Diallo, chargé de programmes à COGINTA.

Après la formation des membres, un règlement intérieur élaboré a été soumis aux représentants des différentes communautés vivant dans la localité. Selon Abdoulaye Dalaba Diallo, « c’est une rencontre des membres du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance. Nous venons en appui technique pour les aider à préparer cette session afin qu’ils puissent adopter le règlement intérieur et aussi définir des projets allant dans la sens de la sécurité dans les quartiers de la commune urbaine de Kankan ».

Laye Camara, SG de la commune urbaine de Kankan et coordinateur du CLSPD

Après les discussions, les critiques, des suggestions ont été apportées par les uns et les autres. Au final, les participants se sont donné rendez-vous la semaine prochaine pour l’adoption du règlement intérieur. C’est ce qu’a laissé entendre Laye Camara, secrétaire général de la commune urbaine de Kankan et coordinateur du CLSPD. « Nous avons projeté la date du 07 novembre pour que le règlement soit adopté. En ce moment, on aura le temps de faire les corrections qu’il y a à faire et on aura un document bien conçu parce que tout le monde n’as pas eu à faire la lecture de ce document. C’est ce qui explique le report de son adoption au 07 novembre », a révélé Laye Camara.

Aly Touré, membre du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance

Au sortir de cette rencontre, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, Aly Touré, membre du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance, a dit ce que cette structure va apporter comme changement à Kankan. « L’action du CLSPD, c’est d’agir en amont à l’effet de prévenir la commission des infractions. Donc, c’est la prévention de la délinquance. Lorsque cet organe va entrer complètement en vigueur et qu’il va commencer effectivement à agir, ça va alléger les charges de la justice du point de vue statistiques criminelles par rapport à la commission des infractions au niveau de la commune urbaine de Kankan et ses environs », a-t-il laissé entendre.

A noter que cette initiative de la mise en place de Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance s’étend sur plusieurs autres communes de Conakry, mais aussi à Siguiri, Dubréka, Coyah, Kindia et Labé.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Report des obsèques des jeunes tués à Conakry : « le comble de l’ignominie »

30 octobre 2019 à 17 05 09 100910

Des réactions de colère continuent de se faire entendre suite au refus du gouvernement guinéen de rendre les corps des jeunes tués en marge des première manifestations du FNDC des 14, 15 et 16 octobre dernier à Conakry à leurs familles pour leur inhumation. Mamadou Ciré Diallo, conseiller communal à la mairie de Ratoma et coordinateur général du mouvement Akhadan, dénonce un acte qui prouve « la haine » des autorités du pays vis-à-vis du peuple de Guinée. Ce jeune leader de l’axe qui s’est exprimé au micro d’un reporter de Guineematin.com, juge inconcevable et inacceptable cette décision du gouvernement.

« Parler de cette situation est vraiment déplorable, lamentable, dommage. Parce que la seule chose qui nous restait, nous africains, c’est de sacraliser la vie humaine, vivre dans notre tradition. Mais malheureusement, nous voyons que la boulimie du pouvoir, la ferme volonté de contredire le peuple, d’aller vers une dictature, poussent le gouvernement guinéen à bouillir les corps de nos victimes qu’eux-mêmes ils ont assassinés et de les manger crus devant nous. Il est à noter qu’à la morgue d’Ignace Deen, il y a 11 corps tous couchés là, et les familles ont décidé communément avec le FNDC d’inhumer les corps de leurs enfants aujourd’hui. Et, c’est avec amertume et un grand regret que nous avons appris sur les ondes de la RTG hier soir que les corps ne peuvent pas être disponibles aujourd’hui. C’est pitoyable, c’est triste pour le pays … », a-t-il fustigé.

Ce membre de la commission d’organisation des funérailles des victimes estime que tout le peuple de Guinée devrait hausser le ton pour fustiger cette attitude des autorités du pays. « Aujourd’hui, c’est tout le pays qui doit pleurer. C’est tout guinéen, partout où il se trouve qui doit s’indigner parce que c’est le comble de l’ignominie. Vous n’êtes pas sans le savoir que le FNDC a déclenché les manifestations le lundi 14 octobre. La manifestation a eu beaucoup d’envergure, beaucoup d’engouement parce que l’Etat même qui est censé respecter nos lois, a décidé par le biais du Premier ministre, chef du gouvernement, de faire prévaloir l’ordre à la loi. Cela, dans un pays où le président de la République a juré de respecter et de faire respecter la loi. Quelqu’un sort parce qu’il est tout simplement Premier ministre pour dire qu’il préfère l’ordre à la loi.

Et cette phrase, du fait que le gouvernement a voulu aveuglement la respecter, nous a conduits à ce que nous avons connu les 14, 15 et 16 octobre. Vouloir préférer l’ordre à la loi a fait que nous avons perdu 13 jeunes qui ont été tués par les forces de défense et de sécurité. Et par après, le gouvernement prend conscience pour dire qu’ils sont prêts à autoriser les manifestations. Quelques jours après, le FNDC mobilise plus d’un million 500 mille personnes en Guinée, avec une marche pacifique qui n’a enregistré aucun mort, aucun blessé. Suite à cela, le Premier ministre et les membres du gouvernement qui l’ont suivi devraient tout simplement prendre conscience et reconnaitre qu’ils sont responsables de la mort de ces guinéens », a dit Ciré Diallo.

A rappeler que le FNDC et les membres des familles des victimes ont reporté les obsèques qui étaient prévues ce mercredi, 30 octobre 2019, à demain jeudi. Reste à savoir toutefois s’ils pourront récupérer les corps pour cette fois encore alors que la réception du président Alpha Condé, qui rentre d’un séjour à l’étranger, est prévue ce même jour.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Réception d’Alpha Condé à Conakry : les écoles, les marchés et l’administration seront fermés (Préfet)

30 octobre 2019 à 17 05 07 100710
Aziz Diop, préfet de Kankan

La pression monte dans les zones réputées être des fiefs du parti au pouvoir en Guinée, le RPG Arc-en-ciel, à quelques heures de la réception du président Alpha Condé à Conakry. De nombreuses rumeurs ont été distillées sur les réseaux sociaux, faisant état de l’envoi de bus à Kankan en vue de convoyer des militants à Conakry pour ladite réception. Le préfet, Aziz Diop, dément et promet que Kankan sera paralysé demain jeudi, 31 octobre 2019, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

On raconte que de nombreux bus, chargés de militants, devraient quitter les fiefs du RPG-AEC, notamment en Haute-Guinée, pour aller grossir la mobilisation de demain jeudi à Conakry. Mais, Aziz Diop dément et promet une forte mobilisation à Kankan. « Les gens spéculent qu’en Haute Guinée, il y a des bus qui sont venus pour aller grandir le nombre des Conakrykas. On n’a pas besoin d’aller à Conakry, la Guinée ce n’est pas Conakry, ce n’est pas Conakry qui va décider du sort de la population de la Haute Guinée. C’est à Kankan ici qu’on va prouver à la face du monde qu’on a notre mot à dire. Vous allez voir demain la grande manifestation à Kankan, mettant maintenant le Pr Alpha Condé dans l’obligation de nous présenter une nouvelle constitution », a-t-il laissé entendre.

Pour Aziz Diop, la ville de Kankan sera paralysée demain à cause de la réception du président Alpha Condé à Conakry. « Pas de marché demain, pas de boulot demain, c’est le chef administratif qui arrive à l’aéroport de Conakry. Nous voulons marquer le coup à Kankan pour dire que c’est une symbiose. Ça se passera dans toutes les préfectures de la Haute Guinée pour prouver qu’au-delà de Conakry, on a aussi notre mot à dire », a expliqué le préfet.

Selon certaines informations qui circulent dans la cité, le Président serait attendu à Kankan demain jeudi dans le cadre d’une tournée après son bain de foule à Conakry. Le préfet balaye d’un revers de la main et promet la tenue prochaine d’une manifestation de soutien à la nouvelle Constitution. « Alpha Condé ne viendra pas, mais nous sommes dans l’esprit du président. Il a ses représentants administratifs, il a ses militants et ses responsables politiques qui épousent sa philosophie politique. Donc, ceux qui disent qu’il va venir, je m’inscris en faux, ce n’est que des rumeurs. Mais très prochainement, la population de Kankan va l’inviter pour lui dire voilà Kankan, voilà ce qu’on veut, le koudaïsme et la continuité dans le progrès », a martelé l’ancien activiste de la société civile.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Lutte contre le blanchiment des capitaux : des agences immobilières sensibilisées à Conakry

30 octobre 2019 à 16 04 56 105610

Dans le cadre de la lutte contre le blanchiment des capitaux dans le secteur immobilier, l’Association Guinéenne pour la Transparence (AGT) organise un atelier de sensibilisation des acteurs du secteur à Conakry. Les travaux qui ont démarré ce mercredi, 30 octobre 2019, regroupe des participants venus de plusieurs pays d’Afrique et d’un invité en provenance de Berlin (Allemagne), a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté, Mamadou Taran Diallo, en compagnie d’un représentant de Transparency International.

Oumar Kana Diallo, président de l’association guinéenne pour la transparence

Selon Oumar Kana Diallo, président de l’association guinéenne pour la transparence, « cet atelier vise à accroître la pression auprès des immobiliers, des architectes et des auxiliaires de justice en faveur de la lutte contre le blanchiment d’argent en adoptant des approches multipartites. Le but recherché est d’avoir l’engagement politique de tous et de toutes en vue de mettre en place des mécanismes anti-corruption capables de prévenir, détecter, signaler et sanctionner le blanchiment des produits d’activités illicites et criminelles ayant cours en Guinée et dans la sous-région ».

Venu de Berlin au nom de Transprency International pour prendre part à cet atelier, Samuel Kaninda a salué l’engagement du gouvernement guinéen pour avoir pris des mesures sur le plan légal, législatif mais aussi institutionnel dans la lutte contre la corruption en général. Cependant, le représentant de Transparency International estime que toutes ces dispositions prises en Guinée et d’autres pays de la sous-région n’ont pas permis d’avoir de résultats escomptés.

Samuel Kaninda de Transparency international

« Nous peinons à obtenir des résultats probants qui impactent ou apportent un changement au vécu quotidien des citoyens. La lutte contre la corruption, la lutte contre le blanchiment des capitaux ont pour objectif ultime l’amélioration du vécu quotidien de nos populations. Et, ce n’est qu’à ce prix que ça aura un sens, et toutes ces luttes pourraient obtenir l’adhésion de ces citoyens qui en comprendront le sens. Sinon, nous aurons toutes nos initiatives mais celles-ci n’auront aucun impact sur ce qui est du développement de nos pays. L’un des problèmes que nous avons aussi, c’est que ces institutions que je viens de citer n’ont pas souvent des cadres de coopération », a-t-il regretté.

Mamadou Taran Diallo, ministre de la citoyenneté et de l’unité Nationale

De son côté, Mamadou Taran Diallo, ancien activiste de la transparence aujourd’hui ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté, a reconnu que « l’immobilier est un terreau favorable pour ceux qui sapent, par des faits de corruption, de trafic d’armes et de drogue, se livrent finalement à essayer d’introduire dans le système légal, de l’argent acquis dans des systèmes mafieux. La préoccupation de cette lutte est déjà prise en compte par la République de Guinée, par le professeur Alpha Condé et son gouvernement. Une fois que nous avons des lois, une fois que nous avons des règles, c’est de faire en sorte que nous puissions les utiliser.

C’est souvent dans la mise en œuvre que nos Etats ont des difficultés. Il est important donc que les acteurs de la société civile, étant des acteurs indépendants et autonomes, puissent faire des plaidoyers pour ne pas dire faire le pressing pour que cette lutte soit menée à bout. Le dispositif et la volonté politique existent en Guinée, et je pourrai vous dire tout ce qu’il y a pour accélérer et renforcer cette lutte, le gouvernement est disposé », a assuré le ministre.

Siba Guilavogui pour Guineematin. com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Jeunes tués lors des manifs du FNDC : les parents des victimes en colère contre le gouvernement

30 octobre 2019 à 15 03 06 100610
Mme Mariama Diallo, mère de feu Abdoulaye Sow (Timbo), tué à Wanindara, le 15 octobre

Deux semaines après la mort de leurs enfants, les familles des jeunes tués lors de manifestations contre un troisième mandat en Guinée appelées par le FNDC les 14, 15 et 16 octobre 2019, espéraient récupérer leurs corps ce mercredi, 30 octobre, pour procéder à leur inhumation. Malheureusement, le gouvernement a refusé de leur rendre les corps, arguant que les autopsies ne sont pas encore terminées. Déçus, les parents de certaines victimes ont réagi au micro d’un reporter de Guineematin.com qui était à la morgue de l’hôpital Ignace Deen de Conakry, où se trouvent les corps.

Décryptage !

Alpha Abdoulaye Diallo, père de feu Mamadou Aliou Diallo, tué par balle à Cosa : le comité d’organisation de ces funérailles nous avait informés de l’inhumation de nos enfants ce mercredi. Nous, parents de victimes, sommes tous là pour récupérer les corps. Mais, on vient de nous informer que nous ne pouvons pas aussi récupérer les corps de nos enfants. Nous vous exhortons (s’adressant aux responsables du FNDC qui organisent les funérailles) de nous aider à avoir les corps de nos enfants. Parce qu’on ne peut pas comprendre qu’ils (les gouvernants, ndlr) tuent nos enfants et qu’ils refusent encore qu’on prenne leurs corps pour aller les enterrer. Ça, nous ne sommes pas d’accord.

Nous vous prions de parler au gouvernement pour qu’il nous permette de récupérer nos morts et que nous puissions les enterrer conformément à nos coutumes. Cela, pour que le monde entier sache aussi que c’est eux qui ont tué nos enfants. Je suis le père de Mamadou Aliou Diallo, un jeune qui a été réveillé par sa mère aux environs de 13 heures. Il a pris ses ablutions et est allé prier à la mosquée. Ensuite, il s’est rendu chez ses amis vers Bantounka. Et c’est en cours de route qu’il a été tué par les forces de l’ordre. Il n’était pas un bandit et ne participait même pas à une manifestation, c’était un jeune qui supportait toutes les charges de sa famille.

Mamadou Bobo Bah, oncle de Thierno Sadou Bah, tué par balle à Wanindara : des agents des forces de l’ordre sont entrées dans notre cour, ils ont tiré sur deux de nos enfants : Thierno Sadou Bah et Mamadou Karfa Diallo. Depuis qu’ils ont été tués, ça fait 14 jours depuis que les corps sont ici à la morgue, jusqu’à présent ils n’ont pas été enterrés. Quand la commission (mise en place par le FNDC) nous a appelés pour nous dire qu’ils seront enterrés ce mercredi, nous étions contents. Et aujourd’hui, nous sommes venus récupérer les corps, on nous dit que les corps ne sont pas disponibles. Jusqu’à présent, les familles sont en deuil, nous continuons le deuil car depuis qu’ils sont morts, ils ne sont pas enterrés. Nous demandons votre aide pour qu’ils nous restituent les corps de nos enfants et que nous puissions les enterrer dignement.

Madame Mariama Diallo, mère de feu Abdoulaye Sow (Timbo), tué à Wanindara : ils ont tué nos enfants. Ce que nous leur demandons, c’est de nous restituer les corps pour que nous puissions les enterrer. Quand un parent a un décès, son souhait c’est de récupérer le corps et l’enterrer le même jour. Mais, tu as un décès, impossible pour toi de récupérer le corps de ton enfant. Dites-leur de nous restituer les corps de nos enfants. Ce qu’ils ont fait comme ça, nous ne leur pardonnons pas. Abdoulaye Sow a été tué alors qu’il était sorti pour acheter son petit-déjeuner, il avait même acheté le haricot. Et, c’est derrière notre cour qu’il a été tué par balle. Nous ne croyons pas à la justice guinéenne, nous n’avons pas espoir en elle parce que toutes les personnes qui ont été tuées depuis 2011 jusqu’aujourd’hui, aucune justice n’a été rendue pour elles. Nous, nous ne croyons qu’à la justice divine. Puisse Dieu nous rendre justice. Je prie Dieu que ceux qui ont tué nos enfants subissent sa rigueur.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Le gouvernement oblige le FNDC à reporter les obsèques : Sidya Touré révolté

30 octobre 2019 à 13 01 50 105010

Comme annoncé précédemment, le Front National pour la Défense de la Constitution s’est résolu à reporter les funérailles des personnes tuées en marge de ses manifestations des 14, 15 et 16 octobre 2019, à Conakry. Les obsèques qui étaient prévues ce mercredi, 30 octobre, sont renvoyées à demain, jeudi. Une décision due au refus du gouvernement de rendre les corps des victimes à leurs familles. Si les autorités invoquent les autopsies en cours pour justifier ce refus, l’opposant Sidya Touré, lui, dénonce une déshumanisation de la vie politique guinéenne, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

« Je n’ai réellement pas de mots pour exprimer ma déception et surtout ce que nous observons ce matin. On ne peut pas déshumaniser la politique guinéenne à ce point-là. Un enterrement chez nous, dans notre culture, c’est quelque chose de sacré, c’est notre dernière demeure à tous. Ces jeunes gens et enfants ont été tués dans des conditions abominables. Le fait de leur rendre hommage aujourd’hui et de les enterrer correctement, même quand on est membre de ce gouvernement on peut avoir un peu d’humanité et se dire qu’on ne peut pas faire ça.

Les parents sont là, nous sommes tous venus, il n’y a aucune contestation : enlever les corps et aller les enterrer. Nous sommes arrivés à un tel degré dans ce pays que vous constatez tous comment est-ce que ces parents qui sont là, depuis 14 jours quelque fois depuis que leurs enfants sont morts, n’arrivent pas à récupérer les corps pour les enterrer. Il n’y a pas de possibilité d’accepter un tel comportement », a dit le président de l’UFR.

Selon l’opposant, ce refus du gouvernement de rendre les corps des victimes aujourd’hui est motivée tout simplement par la réception que le pouvoir compte réserver au président Alpha Condé, qui rentre demain d’un séjour à l’étranger. « Je dois avouer que c’est simplement parce que demain on veut faire un montage pour recevoir Alpha Condé avec des militaires habillés en civil, avec des milliards de francs guinéens distribués partout dans les quartiers. Mais ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une manifestation du FNDC, c’est un enterrement, il faut avoir un peu de respect. Mais, on a l’impression que ce pays ne respecte rien. En tout cas quand il s’agit de ce gouvernement, tout est possible.

Alors, nous nous préparons à une telle éventualité. Et je dois dire à tout un chacun, nous restons vigilants par rapport à cela. Moi, je suis venu pour représenter les partis politiques, mais il y a ici le responsable du FNDC qui normalement dirige la délégation, il va en tirer les conséquences et dans les heures à venir, nous allons publier un communiqué. (…) Les informations qu’on nous a données, c’est qu’hier à 17 heures, les corps étaient là, tout était prêt. On nous avait dit que la seule chose qui restait c’était les rapports d’autopsie à signer et que cela pouvait être signé à n’importe quel moment. Donc ce qui se passe aujourd’hui relève de la décision politique pure, voilà ce que nous déplorons », a-t-il conclu.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Vers une meilleure gestion du foncier en Guinée, la société civile entame une série d’actions

30 octobre 2019 à 13 01 11 101110

Parvenir à une gestion rationnelle et durable du foncier en Guinée, telle est l’ambition de la plate forme multi-acteurs mise en place avec l’appui de ACORD Guinée, Association de Coopération et de Recherches pour le Développement et ses partenaires comme la FAO, l’Agence Française de développement et la Coopération allemande. Une centaine de participants venus des départements de l’Agriculture, de l’Environnement, de l’Aménagement de la ville, mais également de la société civile et du milieu universitaire étaient présents.

Prenant la parole, le Directeur Pays de ACORD, Macky BAH dira que « notre pays est confronté à de nombreux problèmes lies au foncier malgré les efforts fournis par l’Etat Guinéen et l´OMVS, les résultats enregistrés ne sont pas encore à la hauteur des attentes. Dans cette zone du bassin du fleuve Sénégal (Moyenne Guinée), vitale pour la sécurité alimentaire du pays, la dégradation des espaces ligneux (forêts classées, notamment), la dégradation de l’environnement à travers la coupe abusive du bois, les cultures itinérantes sur brûlis, la surexploitation des mares et autres plans d’eau constituent des défis majeurs aujourd’hui pour la survie des populations. Face à ces défis, le Gouvernement Guinéen a engagé, depuis 2013, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, un processus de réforme foncière transparent, inclusif et participatif en vue de mieux adapter ses instruments juridiques dans une perspective de sécurité alimentaire viable et durable. A ce titre, dans ce processus réformateur, deux feuilles de route ont été parallèlement élaborées : (i) une étude issue de l’organisation des États Généraux sur le Foncier et de la réalisation du Cadre d’Analyse de la Gouvernance Foncière sous l’égide du Ministère de la Ville et de l’aménagement du territoire et (ii) une étude sur « la situation foncière dans le secteur agricole et en milieu rural».

Ainsi, l’objectif de cette rencontre selon Macky BAH, « vise à mener des réflexions sur les synergies à développer en vue d’une meilleure cohésion et coordination des activités et des politiques dans le cadre de la gouvernance foncière. Il s’agira également d’échanger sur le processus des réformes foncières engagées par le Gouvernement Guinéen en vue de réactualiser le plan d’actions élaboré en 2018 pour la dissémination et l’opérationnalisation des Directives volontaires au niveau national, dans les communes rurales (CR) et dans le bassin du fleuve Sénégal ».

M.BAH poursuit en rappelant que depuis 2017, de nombreuses actions entreprises ont permis jusque là « d’œuvrer vers une gouvernance responsable des régimes fonciers applicable aux terres, aux pêches et aux forêts dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale (Directives Volontaires) constituent un outil pertinent pour aborder les enjeux et les défis à relever au regard du développement durable et de la sécurité alimentaire, notamment en milieu rural : terroirs communautaires non délimitées et souvent mal cernées, surfaces agricoles utiles non exploitées, aménagements publics et privés non valorisés, espaces ligneux dégradés, zones de parcours des éleveurs transhumants non matérialisées, zones agricoles non délimitées, mares surexploitées, accès à la terre pour les couches sociales à statut précaires souvent peu ou pas assuré…. ». C’est pourquoi, un des défis de la plate forme, selon lui, sera de contribuer à résoudre ces questions notamment en milieu rural, où les problèmes fonciers sont plus pressants, à cause notamment du droit coutumier et des conflits liés à la terre, notamment l’accès difficile pour les femmes à ces terres.

Il est ensuite revenu à Mme Aïssata YATTARA de la CNOPG, la confédération nationale des organisations paysannes, de se réjouir de la tenue de cette rencontre, qui, espère t’elle, permettra de prendre en compte les besoins réels des « petits producteurs » en milieu rural, confrontés à de nombreuses difficultés à l’image de l’accès aux terres, les moyens techniques et logistiques pour développer l’agriculture, pilier de tout développement durable.

Quant au Représentant du Représentant de la FAO, M. Mohamed Sankoumba FADIGA, ces initiatives s’inscrivent dans les priorités de son institution qui visent à contribuer à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté. Il s’agira, d’engager des actions en vue de réactualiser le plan d’action de la dite plate-forme, dans le cadre du projet régional qui vise à intégrer la République de Guinée dans un projet intitulé, « une gouvernance foncière améliorée pour une prospérité dans le cadre de l’OMVS, l’organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal… ».

Il a terminé son propos, en réitérant toute la disponibilité de son institution à poursuivre l’appui à ACORD GUINEE, pour une gestion durable des ressources naturelles en général et les questions agricoles et foncières en particulier, et à l’amélioration de la sécurité alimentaire en Guinée aux cotés de l’Etat Guinéen.

Présidant la cérémonie, le Secrétaire Général du Ministère de l’Agriculture, M. Famoi BEAVOGUI, soutiendra que « la question du foncier est une question à la fois complexe, délicate et sensible, qui ne saurait être résolue sans un cadre juridique approprié et une large sensibilisation des acteurs concernés par le secteur. Faute de quoi, nous allons continuer à assister à des conflits liés à la terre, des conflits parfois aux conséquences incalculables, pouvant aboutir à des pertes en vie humaines, comme ce que l’on constate dans certaines régions du pays… ».

Cette rencontre est une occasion aussi de partager les expériences vécues par les acteurs sur le terrain, dans le cadre de la gestion des terres, des pêches et des ressources en eau, dans un contexte de changement climatique et des différents conflits liés à leurs gestions. Toujours selon M.BEAVOGUI, son département a élaboré des actions comme la tenue des états généraux sur le foncier et les enjeux fonciers, le diagnostic du foncier rural en République de Guinée, ceci avec l’appui des partenaires techniques et financiers du pays.

Ces actions, devraient permettre à une meilleure gestion des ressources naturelles dont le foncier dans notre pays, dira l’intervenant, avant de signifier que son département sera toujours disponible à poursuivre l’accompagnement des acteurs dans cette perspective.

La présentation des initiatives en cours dans la mise en œuvre de la plate forme multi-acteurs en ce qui concerne « la loi d’orientation agricole, les activités de communication sur le foncier, les directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forets ».

Pour mettre en œuvre toutes ces initiatives justement, un plan d’action avec l’identification des actions prioritaires a été élaboré et amendé pour la circonstance.

Les travaux se sont achevés sur une note d’espoir et d’engagement, le tout, dans la perspective d’une gestion responsable et durable du foncier en Guinée, pour le bénéfice des populations rurales surtout, qui souffrent justement des problèmes liés au foncier.

Idiatou CAMARA pour Guineematin.com et radioenvironementguinee.org

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Parking de l’aéroport de Conakry : un taxi prend feu avec des bouteilles de gaz…

30 octobre 2019 à 12 12 14 101410

Les défaillances se multiplient à l’aéroport international de Conakry Gbessia. Après la découverte d’un corps sans vie à Casablanca sur la trappe d’atterrissage d’un avion en provenance de Conakry, c’est un taxi qui a pris feu récemment dans le parking payant de l’aéroport. Aucune information n’a encore filtré sur le propriétaire du taxi ni sur les raisons de sa présence sur les lieux, encore moins la présence du gaz.

Il y a quelques jours, un taxi a pris feu au milieu du parking. Selon des informations confiées à Guineematin.com ce mercredi, 30 octobre 2019, c’est aux environs de 2 heures du matin que le taxi contenant du gaz a pris feu. « C’est un taxi qui a explosé dans le parking auto payant de l’aéroport international de Conakry Gbessia il y a quelques jours aux environs de 2 heures du matin. Il y avait des bouteilles de gaz dans le taxi. Les enquêtes sont en cours. La sécurité a été enfin renforcée à l’entrée du parking. Mais, il a fallu qu’il y ait cet incident pour que l’on renforce la sécurité sur les lieux ».

Ce qui est aujourd’hui très préoccupant, estime notre interlocuteur, c’est le laxisme qui prévaut à l’aéroport de Conakry. « La SOGEAC (Société de Gestion et d’Exploitation de l’Aéroport de Conakry) doit revoir sa copie pour le bien de tous », conseille-t-il.

A un moment où le cas du corps d’un voyageur clandestin retrouvé à Casablanca demeure un mystère, l’on se demande si ce cas d’explosion d’un véhicule dans le parking payant sera élucidé.

Malgré la nomination d’une nouvelle équipe dirigeante à la SOGEAC, les conditions de sécurité à l’aéroport de Conakry ne rassurent pas, à un moment où l’Afrique de l’Ouest est sous la menace du terrorisme, du trafic de drogue et des êtres humains, de la circulation des armes légères et de petit calibre….

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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Interdiction de QNET en Guinée : et les nombreuses victimes de cette société de commerce en ligne ?

30 octobre 2019 à 11 11 51 105110

Le gouvernement guinéen s’est finalement résolu à interdire les activités de QNET sur toute l’étendue du territoire national, en raison d’un millier d’interpellations d’étrangers venus clandestinement en Guinée répondre à une offre d’emploi de cette fameuse société de commerce en ligne, procédé ces derniers temps par les services de sécurité de la République, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Cette décision conjointement signée par les ministres en charge de l’Administration du Territoire, de la Justice et de l’Economie intervient au moment où plusieurs citoyens guinéens se disant victimes d’escroquerie de la part des « agents QNET » peinaient à se faire entendre dans toutes les régions naturelles de la Guinée par les autorités du pays.

A Labé seulement, ils sont près de 350 victimes à se tordre de douleurs et fondre en sanglot quand elles se rappellent ce qu’elles ont perdu en numéraire et en nature pour avoir connu et traité avec « les leaders » Thierno Malal Diallo, Fatoumata Binta Diallo, Fatoumata Foli Diallo et Alghassimou Diallo, tous agents de cette société de commerce en ligne dans la région.

C’est le cas de madame Ramatoulaye Barry, une pauvre dame illettrée à qui l’antenne QNET Labé a vendu une formation à distance, qui consiste à s’installer derrière ordinateur, se connecter pour suivre des cours académiques dispensés par des universités asiatiques à travers internet. Pour comprendre la cruauté avec laquelle ces « agents QNET » ont toujours opéré en Guinée, imaginez que quelqu’un profite de votre absence pour venir à la maison trouver votre grand-mère qui n’a jamais fait les bancs, n’a jamais connu l’école des blancs et lui tend un papier en lui disant que c’est une formation à distance à suivre sur le net en vue d’avoir facilement d’argent.

Quand l’affaire éclate, parce que la vieille qui rêvait d’avoir facilement une fortune se retrouve ruinée par cette relation « familiale », le présumé escroc se retranche derrière un argument du genre : « elle n’a pas travaillé. A QNET, il faut travailler. Si tu ne travailles pas, tu ne peux rien avoir».

En poussant la curiosité, on se rend compte que « travailler », c’est tromper tes proches comme « ces agents QNET » t’ont trompé.

Que dire alors de la moralité d’un universitaire qui a le courage de vendre une formation à distance à une vieille dame analphabète, illettrée et inculte contre la bagatelle de près de 8 millions de francs guinéens ?

Partout, ces mis en cause protégés encore par des hauts commis de l’Etat, ont saigné les pauvres citoyens avec le même mode opératoire : demander à la victime de donner un peu pour avoir beaucoup, à condition de trouver dans son environnement de vie des proches qui vont, eux-aussi, donner un peu. Ainsi de suite.

Maintenant que la décision du gouvernement guinéen portant interdiction des activités de QNET sur le territoire national est tombée, au moment où plusieurs juridictions de jugement du pays sont saisies contre les prétendus « leaders » pour escroquerie et complicité d’escroquerie, on est en droit de se demander quel est le sort que l’Etat guinéen réserve aux plaignants ? Même si on sait que la responsabilité pénale est individuelle et que les accusés qui se sont enrichis sur le dos des pauvres citoyens sous le regard indifférent des autorités du pays ont, au fil du temps, acquis des biens matériels.

Aux dernières nouvelles, une nouvelle plainte a été déposée, hier, mardi, 29 octobre 2019, contre « leader » Thierno Malal Diallo à la Direction Régionale de la Police de Labé. Mais, il reste pour le moment introuvable par les agents chargés du dossier à Labé.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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Urgent : l’inhumation des jeunes tués lors des manifs du FNDC reportée

30 octobre 2019 à 11 11 05 100510

C’est l’un des leaders du Front National pour la Défense de la Constitution qui a fait l’annonce il y a quelques instants. Les funérailles des personnes tuées à Conakry lors des manifestations contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé n’auront pas lieu ce mercredi, 30 octobre 2019, comme c’était initialement prévu. Le gouvernement a refusé de rendre les corps à leurs parents, obligeant le FNDC à reporter les obsèques à demain, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Malgré le communiqué publié hier soir par le ministère de Santé et annonçant que les corps ne sont pas encore disponibles puisque les autopsies ne seraient pas encore terminées, le FNDC, en commun accord avec les familles des victimes, avait décidé de maintenir le programme des funérailles des onze jeunes tombés sous les balles des forces de l’ordre lors des manifestations des 14, 15 et 16 octobre dernier à Conakry.

Ce jeudi matin, plusieurs leaders du Front National pour la Défense de la Constitution et des membres des familles des victimes ont rallié la morgue de l’hôpital Ignace Deen de Conakry pour tenter de récupérer les corps. Mais, il leur a été signifié encore une fois qu’ils ne peuvent pas récupérer les corps et qu’ils doivent attendre un peu plus, le temps que les services compétents terminent les autopsies.

C’est ainsi que le FNDC a annoncé le report des obsèques à demain, jeudi 31 octobre 2019. Une date qui sera également difficile à respecter puisque la réception organisée par le pouvoir à l’endroit du président Alpha Condé, de retour d’un séjour à l’étranger, est prévue ce même jour. Pas sûr donc que les autorités acceptent de rendre les corps demain aussi.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Retour d’Alpha Condé : le Colonel Layaly demande « à tous les Conakrykas de sortir massivement »

30 octobre 2019 à 11 11 01 100110
Layaly Camara, Directeur National des Eaux et Forêts
Layaly Camara, Directeur National des Eaux et Forêts

Les partisans du président Alpha Condé comptent mobiliser du monde demain jeudi, 31 octobre 2019, à Conakry à l’occasion du retour du chef de l’Etat de la Russie. Le directeur national des Eaux et Forêts, le colonel Layaly Camara, invite les citoyens de la capitale guinéenne de sortir massivement apour réserver un accueil chaleureux au président Alpha Condé.

En mission D’État dans la Guinée profonde, le directeur national des Eaux et Forêts suit de très près l’actualité sociopolitique dans notre pays. Dans une interview qu’il nous a accordée, le Colonel Layaly Camara est longuement revenu sur ses activités sur le terrain à Kankan et sur l’accueil à réserver au président Condé pour la journée de demain jeudi.

Mon colonel, vous êtes présentement à Kankan. Est-ce qu’on peut savoir l’objet de votre visite dans la cité de Nabaya ?

Colonel Layaly Camara : Effectivement, je suis à Kankan dans le cadre de l’évaluation des activités de l’initiative présidentielle pour le reboisement national 2019. Comme vous le savez, depuis le mois de juillet, le président a mis à la disposition du ministère de l’environnement un montant très important pour le reboisement de 1600 hectares, du jamais vu dans l’histoire de la Guinée. Donc, des activités ont été programmées et réalisées dans tout le pays. Aujourd’hui, nous sommes sur le terrain pour voir les réalités sur ce qui a été fait. Il faut rappeler que c’est 60% du montant qui a été versé pour entamer le travail. Il reste les 40% à payer mais à condition que les travaux des premiers entretiens soient menés Et, il faut noter qu’il y a une avancée positive et remarquable à tous les niveaux. La reprise des plants est totale. Seulement par endroits, il faut le reconnaitre que les premiers entretiens n’ont pas été effectués de façon correcte.

Les partisans du président Alpha Condé comptent organiser une grandiose réception en son honneur demain jeudi, le 31 octobre. Entant que partisan de ce dernier, quelle est votre appréciation d’une telle démarche ?

Colonel Layaly Camara : cette réception doit être de taille. C’est pourquoi d’ailleurs, je demande au peuple de Guinée de sortir massivement pour accueillir notre champion, car il le mérite.

Qu’est-ce-qui explique aujourd’hui votre soutien inconditionnel au président alors qu’il fait l’objet de contestations de la part de certains acteurs, notamment sur le projet de nouvelle constitution ?

Colonel Layaly Camara : non, il y aura toujours des contestations car quelque soit ce que vous faites, certains auront toujours à redire. Et aujourd’hui, personne ne peut le nier, les résultats sont là, partout avec les grands projets de développement qu’il a engagés, notamment les barrages hydroélectriques, les hôtels etc. Cela veut dire que la Guinée avance, sur le plan environnemental particulièrement, avec la réforme du secteur de sécurité et de la défense, l’environnement fait partie. Nous avons un corps habillé, le corps des conservateurs de la nature. C’est cette réforme là qui a permis a beaucoup de nos cadres d’être sur le terrain, pour faire avancer les grands défis de protection et de conservation de l’écosystème forestier.

Mon Colonel, quelle a été votre contribution personnelle pour la réussite des actions présidentielles ?

Colonel Layaly Camara : en tant que directeur national des Eaux et Forêts, je suis au premier plan, après le ministre et le cabinet, pour la réalisation du programme de l’initiative présidentielle pour le reboisement national. Pour preuve, je suis sur le terrain pour le contrôle, j’aurai pu envoyer mes agents mais j’ai préféré venir pour m’enquérir personnellement de la réalité, parce que ça me tient à cœur la réussite de cette initiative du président de la République.

Mon colonel, vous êtes à Kankan, et le président sera reçu le 31 octobre. Est-ce-que vous serez de la partie ?

Colonel Layaly Camara : bien sûr avec joie. Je suis de cœur avec tous ceux qui sont entrain de l’attendre là-bas et on est entrain de tout faire pour être là-bas pour participer à cette grandiose réception du professeur, président Alpha Condé. C’est pourquoi, une fois encore, je demande à tous les Conakrykas de sortir massivement pour lui réserver un accueil digne de son rang.

Propos recueillis par Ibrahima Kalil Diallo

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N’Zérékoré : la mairie se lance dans le désenclavement des quartiers

30 octobre 2019 à 10 10 30 103010

Les autorités communales de N’Zérékoré ont procédé hier, mardi 29 octobre 2019, au lancement officiel des travaux de reprofilage des voiries urbaines. Ces travaux vont toucher 12 quartiers de la ville et permettre leur désenclavement. Ce sont les quartiers Nien Kpama II et Gbangana qui ont servi de cadre à la cérémonie de lancement, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

La cérémonie a réuni les responsables des différents quartiers de la commune urbaine, des groupements de jeunes et de femmes ainsi que des leaders religieux fortement mobilisés pour la circonstance. Selon le maire de N’Zérékoré, Moriba Albert Délamou, ces travaux font partie du programme de développement du conseil communal qu’il dirige. « Au cours de notre première session, nous nous sommes dit qu’il faut faire le reprofilage et l’ouverture des routes jusqu’à une vingtaine de kilomètres, selon les moyens que dispose la commune.

C’est dans ce cadre-là que nous avons lancé la taxe sur les habitations et nous avons dit aux quartiers, au prorata de ce qu’ils vont fournir, les travaux vont être faits chez eux. Après tout ça, nous avons dit à notre ingénieur des voiries de passer voir quelles sont les routes qui peuvent être profilées. C’est dans ce cadre-là que nous avons choisi la journée d’aujourd’hui pour le lancement officiel des activités de reprofilage et d’ouverture des routes », a-t-il expliqué.

L’autorité locale précise toutefois que seulement 12 des 22 quartiers de la ville sont concernés par ces activités. « Sur les 22 quartiers, pour le moment, c’est 12 qui se sont acquittés de la contribution foncière des habitations. Et ce sont ces 12 quartiers qui verront certaines de leurs routes profilées », a dit Moriba Albert Délamou.

Moriba Albert Délamou, maire de la commune urbaine de N’zérékoré

Dans les quartiers concernés, ces travaux sont accueillis avec joie et enthousiasme. Pierre Lancé Sidibé, le chef de quartier de Nien Kpama II, indique que cela va soulager les citoyens de sa localité. « Nous sommes très contents par rapport aux travaux de reprofilage que viennent de lancer la municipalité. Tout ce qu’ils vont nous donner comme ordre, nous allons l’appliquer, et nous sommes engagés à réaliser l’initiative novatrice de développement de nos grands chefs envers nos quartiers. Et nous leur promettons de prendre soin des bijoux qu’ils sont en train de nous offrir. La réparation ou l’ouverture de nos routes sera vraiment bénéfique aux citoyens ».

Ces travaux seront financés à hauteur de 200 000 000 (deux cents millions) de francs guinéens. Ils seront exécutés par deux entreprises locales.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo LAMAH pour Guineematin.com

Tel : 620166816/666890877

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Téléphonie : des employés de MTN Guinée sensibilisés sur le dépistage du cancer du sein

30 octobre 2019 à 10 10 13 101310

Le mois d’octobre qui tire à sa fin est consacré à la lutte contre le cancer du sein par une vaste campagne de dépistage. C’est dans cette dynamique que la société de téléphonie mobile MTN Guinée a organisé une conférence dont le thème portait sur le dépistage du cancer du sein en ce mois dit d’octobre rose. La cérémonie a été organisée dans les locaux de la structure hier mardi, 29 octobre 2019, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette initiative a permis aux travailleurs, notamment la gent féminine, d’échanger avec les professionnels de la santé sur les causes, les moyens de traitement et de prévention du cancer du sein.

M’mahawa Sylla, chargée de l’emploi et expérience à MTN Guinée

M’mahawa Sylla, chargée de l’emploi et expérience à MTN Guinée, est revenue sur les raisons d’une telle initiative. « Chez nous, nos employés sont au centre de nos préoccupations. Comme vous le savez, la lutte contre le cancer du sein est un problème. Donc, nous avons pensé inviter les médecins pour venir apprendre à nos femmes comment se faire l’autopalpation afin de leur permettre de lutter contre le cancer du sein qui est devenu un problème aujourd’hui. Nous estimons que nos employés ont tiré le maximum de profits de la présentation qui a été faite. A priori, nous pouvons dire que nous sommes satisfaites », s’est-elle félicitée.

Dr. Aleck Marie Yansané, médecin généraliste au service d’oncologie du CHU Donka

La conférencière, Docteur Aleck Marie Yansané, médecin généraliste au service d’oncologie du CHU Donka, a affirmé que le cancer du sein est devenu un véritable problème de santé publique qu’il faut combattre. « Le cancer du sein est vraiment évitable à partir des méthodes simples de dépistage comme l’autopalpation, l’examen clinique et la mammographie pour les femmes ayant un âge de 35 ans ou plus. En évitant les facteurs de risque, on peut combattre cette maladie. Les facteurs de risque sont par exemple la consommation excessive de graisse qui peut conduire à l’obésité, la consommation faible des fruits et légumes et nous avons aussi la pollution environnementale.

Le mois d’octobre est consacré au cancer du sein et on l’appelle souvent octobre rose parce que chaque cancer aussi a sa couleur. Nous espérons que les femmes mettront en pratique les notions qu’on leur a enseignées », a-t-elle dit.

Mariama Djanké Barry de MTN Guinée

Prenant part à cette conférence-débat sur le dépistage du cancer du sein, Mariama Djanké Barry de MTN Guinée affirme avoir appris beaucoup de choses. « J’ai compris que toutes les femmes sont exposées et qu’on était mal informé par rapport au sujet. Il est très important de faire le dépistage car ça peut sauver une vie. Le cancer du sein est très répandu en Guinée selon les chiffres qu’ils ont présentés. Donc, il faut faire attention et se faire dépister », lance-t-elle.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel: 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Aliou Diallo, victime de Qnet : « ils m’ont dit que je venais de signer un contrat de 99 ans »

30 octobre 2019 à 9 09 51 105110
Mamadou Aliou Diallo, diplômé en Economie d’Entreprises

La société Qnet, engluée dans une tourmente sans précédent, vient d’être interdite d’exercer ses activités en Guinée. Depuis quelques jours, des citoyens dénoncent la société qu’ils accusent de les avoir arnaqués. C’est le cas de Mamadou Aliou Diallo, diplômé en Economie d’Entreprises. Appelé pour un entretien d’embauche à Kamsar, le jeune homme s’est fait retirer la somme de 8 millions francs guinéens par l’entreprise qui était censée lui donner de l’emploi a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans un entretien accordé à un de nos reporters hier mardi, 29 octobre 2019, Aliou Diallo dit que l’affaire remonte au mois d’août 2019. Selon lui, après ses études, il n’avait pas trouvé de l’emploi. C’est ainsi qu’à travers Mamadou Barry, un de ses amis d’enfance, il sera appelé par des gens qui disent être à Kamsar et qui voulaient lui offrir un emploi. Malheureusement, son rêve va se transformer en cauchemar.

« J’ai été contacté à travers un ami d’enfance avec qui j’ai fréquenté l’école primaire, le collège, et les études dans la même université. A la fin de nos études en 2018, mon ami est parti à Kamsar pour un entretien d’embauche dans une société minière. Et à travers lui, ils m’ont contacté aussi et m’ont demandé d’envoyer mes dossiers. Une semaine après avoir déposé mes dossiers, on m’a dit que j’étais retenu et que je devais aller pour travailler. Je suis donc allé le 5 août 2019, et j’ai été reçu par mon ami et ses collègues de l’entreprise. Le jour de l’entretien, ils m’ont dit d’éteindre mon téléphone, je me suis exécuté tout de suite. Dans la salle, ils m’ont dit de verser les huit millions de FG qu’ils m’avaient demandés. J’ai donc versé l’argent à leur niveau et m’ont donné une fiche que j’ai signée », a expliqué le jeune homme.

Mais, Mamadou Aliou dit avoir compris la supercherie quand on lui a annoncé qu’il venait de signer un contrat de 99 ans. « J’étais tellement content d’avoir du boulot que je n’ai pas regardé ce qui était écrit sur la fiche. Ce n’est qu’après qu’ils m’ont dit que je venais de signer un contrat de 99 ans. Là, j’ai tout de suite émis des doutes. Je me suis dit que ça, ce n’est pas possible. Ils m’ont ensuite dit que c’est une société de vente en ligne, Qnet. Je dis non, je ne suis pas d’accord, j’ai réclamé mon argent parce qu’au téléphone, ce n’était pas ce qu’ils m’avaient dit. Ils disent qu’ils ne peuvent plus puisque j’avais déjà effectué l’achat. Finalement j’ai compris que je ne recevrais pas mon argent, je suis rentré à Conakry », a-t-il fait savoir.

Après avoir mené de nombreuses démarches, Mamadou Aliou Diallo dit que ceux qui l’ont appelé ont chargé son ami de le rembourser. « Finalement, ils ont fait signer un document à mon ami, que c’est lui qui va rembourser mon argent, mais seulement en août 2020. Moi, j’ai cet engagement à la maison qu’il va payer l’intégralité des huit millions le 5 août 2020. Comme moi, je sais que beaucoup de personnes sont victimes de Qnet, j’invite l’Etat à prendre toutes les dispositions pour arrêter ces gens-là. Sinon, ils vont continuer à fatiguer les jeunes et leurs parents », a-t-il souligné.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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