Projet de nouvelle constitution : la contestation devient mondiale

27 octobre 2019 à 9 09 38 103810

La barque du projet de nouvelle Constitution porté par le gouvernement guinéen prend l’eau de toutes parts. Alors que la contestation était jusqu’ici circonscrite en Guinée et sur les réseaux sociaux à travers le slogan #Amoulanfé, elle s’internationalise et touche aussi bien des pays africains qu’européens, ainsi que les États-Unis et le Canada.

Les opposants à une nouvelle constitution visant à octroyer un nouveau mandat au président Alpha Condé semblent avoir bouffé du lion. En dépit de la répression sanglante de la marche du 14 octobre (au moins 9 morts civils selon un bilan officiel, plus de 10 selon le FNDC), ils continuent à maintenir la pression. La mobilisation historique réalisée le jeudi 24 octobre 2019 à Conakry à l’appel du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) a plus que jamais galvanisé les troupes. En Guinée, mais également hors de nos frontières.

Ainsi, plusieurs manifestations ont été réalisées hier, samedi 26 octobre en Europe. A Paris, en France, ils étaient plusieurs centaines de Guinéens et étrangers à se rassembler à la place du Trocadéro pour exprimer leur opposition à une nouvelle constitution en Guinée sous la gouvernance d’Alpha Condé. On y a aperçu notamment Marie-Madelaine Dioubaté, l’ancienne candidate à la présidentielle guinéenne de 2015. Le 14 octobre, un rassemblement dispersé par la police avait été organisé devant l’ambassade de Guinée à Paris.

Ce samedi, presque au même moment, se tenait un rassemblement similaire à Genève, en Suisse. Là également des centaines de personnes, vêtues de rouge, couleur du Front et de la marche du 24 octobre, se sont rassemblées pour exprimer leur réprobation de toute volonté de confiscation du pouvoir en Guinée. Le même cri de ralliement, #Amoulanfé (ça ne passera pas, en Soussou) décliné dans d’autres langues nationales, a été entendu.

La veille, vendredi 25 octobre, c’est à Bruxelles qu’une marche s’était tenue rassemblant de nombreuses personnes à l’appel de l’antenne locale du FNDC.

De nombreux rassemblements ont été déjà organisés notamment au Libéria, en Côte d’Ivoire, à New-York, à Washington (USA), et à Ottawa, au Canada. Même exigence : l’engagement du président Condé de ne pas changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir. A cette réclamation s’ajoute désormais la demande de libération des 5 membres de coordination du FNDC incarcérés à Conakry et de tous les opposants arrêtés.

En Guinée comme à l’étranger, la contestation ne faiblit pas, au contraire. Ainsi, au Sénégal où les ressortissants guinéens sont nombreux, une manifestation est prévue à Dakar le 2 novembre prochain. Fait notable, cette marche est vivement soutenue par les organisations locales de la société civile, et notamment par l’emblématique « Y EN A MARRE ».

Et le lundi 4 novembre, ce sera autour de la Guinée (à Conakry comme en province) de prendre le relai en organisant d’autres manifestations comme l’a déjà annoncé le FNDC qui veut désormais manifester chaque lundi.

A cette pression populaire sur le pouvoir de Conakry, s’ajoute celle des personnalités (Tiken Jah Fakoly) et de la Communauté internationale qui multiplie les communiqués appelant à la retenue et mettant en garde contre les violations des droits de l’homme. Pour l’instant, le locataire du palais Sékhoutouréya vogue entre bégaiement et semblant d’intransigeance. Jusqu’à quand ? Les jours avenir nous édifieront.

Ibrahima Baldé et Saliou Bah pour Guineematin.com

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Condamnation des leaders du FNDC : « cela renforce la mobilisation contre le 3ème mandat »

27 octobre 2019 à 8 08 56 105610

Pour le secrétaire national de la jeunesse de l’Union des Forces Démocratiques (UFD), Abdoulaye Saala Bah, la condamnation des principaux leaders du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), renforce la mobilisation contre le projet de 3ème mandat pour le président Alpha Condé, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Abdoulaye Saala Bah, SG de la jeunesse de l’UFD

Au cours d’un entretien téléphonique qu’il a accordé à Guineematin.com dans l’après-midi de ce dimanche, 26 octobre 2019, le secrétaire national de la jeunesse de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFD), Abdoulaye Saala Bah, a admis que la situation sociopolitique actuelle de la Guinée reste préoccupante, en raison, dit-il, « du projet de modification de la constitution devant permettre au président Alpha Condé de briguer un autre mandat à la tête du pays ».

Il ajoute que « cette option présidentielle périlleuse, anti-démocratique et anticonstitutionnelle n’est pas de nature à favoriser un climat de paix et de stabilité en République de Guinée, dans un contexte international où l’alternance démocratique est un principe universellement admis.»
Parlant de l’arrestation et de la détention des principaux leaders du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) à la Maison Centrale de Conakry, Abdoulaye Saala Bah a expliqué que ces décisions de justice impopulaires contribuent à renforcer la mobilisation populaire contre le projet de 3ème mandat pour le président Alpha Condé.

« L’arrestation de ces personnalités de la société civile donne plus de courage au peuple de Guinée en général et à la jeunesse qui aspire à un lendemain meilleur en particulier. La lutte contre le 3ème mandat pour le président Alpha Condé continue et continuera jusqu’à la victoire finale du peuple de Guinée », a-t-il insisté et prévenu.

C’est pourquoi, le secrétaire national de la jeunesse UFD s’autorise un grand espoir mais invite les générations montantes à prendre en main leurs destins « en évitant les manipulations de certains politiques », a conclu Abdoulaye Saala Bah.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com
Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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