Un taxi-motard tué par balle à Sonfonia : des gendarmes accusés

8 octobre 2019 à 19 07 45 104510

Les descentes sur le terrain des forces de l’ordre occasionnent souvent des morts d’hommes à Conakry. La dernière en date a eu lieu dans la nuit d’hier à aujourd’hui, mardi 08 octobre 2019, au secteur Hafia 1, du quartier Sonfonia, dans la commune de Ratoma. Une descente des gendarmes sur les lieux a coûté la vie à Amadou Oury Bah, un conducteur de taxi moto, tué par balle.

Après le débarcadère de Kaporo, un autre jeune homme a perdu la vie lors de l’intervention d’un groupe de gendarmes, postés au PA situé dans ledit secteur, a expliqué à Guineematin.com des membres de la famille. Amadou Oury Bah, âgé de 20 ans, a reçu une balle à bout portant avant de rendre l’âme.

Mamadou Alpha Bah, père de la victime

Selon Mamadou Alpha Bah, père de la victime, son fils était assis au terrain de football avec certains de ses amis quand des gendarmes, à bord d’un pick-up, sont venus les pourchasser. « J’ai dîné avec mon fils la nuit. Ensuite, il s’est levé pour rejoindre ses amis qui étaient assis au terrain, non loin de notre domicile. C’est alors qu’un groupe de gendarmes, posté dans le secteur ici, est venu pour les attraper. C’est ainsi que certains se sont mis à fuir. Lui, il a dit qu’il ne va pas fuir puisqu’il ne se reproche de rien. Mais, il a été pourchassé. Ils l’ont fait tomber à côté d’une concession avant d’ouvrir le feu sur lui. La balle lui a transpercé le ventre pour sortir au dos ».

Par ailleurs, Mamadou Alpha Bah a expliqué que les gendarmes avaient menacé pendant la journée de tirer sur toute personne qu’ils trouveraient sur les lieux. « Aux environs de 17 heures, ces mêmes gendarmes basés au PA ici sont passés au terrain. Ils ont dit qu’ils viendront la nuit et que quiconque ils trouveraient là-bas, qu’ils vont tirer sur lui. Je peux pardonner chez Dieu ; mais, je ne pardonne pas aux gendarmes qui ont tué mon fils. Parce qu’ils ont fait exprès pour le tuer. Mon fils n’a ni menti, ni volé, il n’avait rien de mauvais sur lui. Ils l’ont tué parce qu’ils se sentent forts. Je ne pardonne pas la mort de mon fils. Je vais user de tous les moyens pour que justice soit rendue », a-t-il promis.

Madame Bah Ramatoulaye Barry, mère du défunt Amadou Oury Bah

Pour sa part, madame Bah Ramatoulaye Barry, mère du défunt, a également dit sa tristesse face à cette terrible épreuve. Elle dénonce le fait qu’au lendemain de ce meurtre, les gendarmes soient revenus pour tirer du gaz lacrymogène dans la concession du défunt. « Ce que je sais, c’est que mon fils a été tué par des hommes sans foi. Hier, toute la journée, j’étais avec lui. Comme s’il savait qu’il allait me quitter pour toujours, hier, il a passé toute la journée à mes côtés… La nuit, il m’a dit qu’il partait passer un peu de temps avec ses amis, qu’il n’allait pas durer puisqu’il devrait être matinal au boulot. Son père venait de lui acheter une nouvelle moto, il devait aller faire le taxi-moto. Je prie Dieu de rendre justice, car c’est Lui qui nous a créés tous et c’est Lui qui a le pouvoir sur nous tous. Ce qui m’a encore plus fait mal, c’est qu’au moment où nous sommes en train de pleurer mon fils, les mêmes gendarmes sont venus jeter encore du gaz lacrymogène sur nous ce matin, accompagné d’injures grossières ».

Mamadou Baïlo Diallo, chef de secteur de Hafia 1

De son côté, Mamadou Baïlo Diallo, chef de secteur de Hafia 1, qui a suivi cette affaire toute la nuit, a fustigé l’attitude des forces de l’ordre. Il a mis l’occasion à profit pour interpeller les autorités au plus haut niveau sur ce qui se passe actuellement dans son secteur. « Bien que l’enfant soit tué, ce matin encore, les mêmes gendarmes sont venus pour semer la terreur dans le secteur. Ils sont venus frapper tout le monde ici (femmes, jeunes, enfants, vieux, etc.) et jeter des bombes lacrymogènes dans les concessions, notamment celle où le défunt habitait. Aujourd’hui, nous avons plusieurs personnes qui ont été blessées par les gendarmes. J’ai été témoin de tout ce que je vous dis. J’exhorte le haut commandement de la gendarmerie à ouvrir des enquêtes sérieuses pour identifier le ou les coupables de ce meurtre ».

Amadou Oury Bah était originaire du secteur Sounkaya, relevant du district de Kolia, dans la sous-préfecture de Linsan, à Lélouma.

Guineematin.com présente ses condoléances les plus attristées à sa famille.

Paix à son âme, amine !

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Identification des électeurs à Kaloum : « nous allons arrêter le travail, si la CENI…»

8 octobre 2019 à 19 07 42 104210

Entamée il y a quelques jours, l’opération d’identification des électeurs en prélude aux élections législatives prévues le 28 décembre prochain, ne se passe pas sans quelques difficultés à Kaloum. En plus du faible engouement, les membres des CAERLE se plaignent de leurs conditions de travail, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans les différentes commissions administratives d’établissement et de révision des listes électorales de la commune de Kaloum, ce n’est pas le grand engouement. Ce mardi, 08 octobre 2019, les électeurs ne s’étaient pas encore mobilisés pour retirer leurs fiches d’identification.

« Pour le moment, il n’y a pas d’engouement autour du recensement. D’après ce que j’ai constaté, les gens ne sont pas informés, la CENI n’a pas communiqué suffisamment autour de cette opération. Donc, c’est nous-mêmes qui passons dans les concessions pour informer les gens et leur dire de venir récupérer leurs cartes », explique Morlaye Camara, vice-président de la CAERLE de Manquepas (secteur Mamayimbé).

Aboubacar Keita, président de la CAERLE n° 4018 de Boulbinet

Ce sentiment est partagé par Aboubacar Keita, président de la CAERLE n° 4018 de Boulbinet (secteur Ousmane Conté). Il estime aussi que les électeurs ne se mobilisent pas parce qu’ils ne sont pas bien informés. « C’est le manque d’information au niveau de la population. Les gens ont confondu les choses, certains disent que c’est pour préparer le troisième mandat ou bien la nouvelle constitution. Il faut que la CENI passe par les médias pour informer la population », lance cet agent.

En plus de la faible affluence des électeurs, d’autres problèmes sont constatés sur le terrain. Des problèmes qui touchent les membres des commissions administratives d’établissement et de révision des listes électorales (CAERLE). Et, cela risque sérieusement de porter atteinte au bon déroulement de l’opération.

Morlaye Camara, vice-président de la CAERLE de Manquepas

« Nous n’avons pas de chaises où s’asseoir. Il faut qu’on aille emprunter des chaises et des tables chez les voisins pour pouvoir travailler. Et, lorsqu’on part pour emprunter les chaises, les gens nous disent de payer. Depuis qu’on a commencé à travailler, nous n’avons pas reçu de primes et on ne mange pas. Le président de notre CAERLE est venu, il nous a dit de travailler aujourd’hui jusqu’à 14 heures. Si la CENI n’arrive pas à remplir nos conditions, nous allons arrêter le travail », menace Morlaye Camara.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Révision fichier électoral : faible affluence devant les CAERLE de Dixinn

8 octobre 2019 à 19 07 26 102610

Les opérations de révision du fichier électoral en prélude aux élections législatives prévues le 28 décembre prochain ont démarré le dimanche, 06 octobre 2019, dans la commune de Dixinn, à Conakry. Cette première phase est consacrée à l’identification des électeurs. Mais, selon le constat d’un reporter de Guineematin.com, cette activité ne suscite pas de l’engouement chez les citoyens.

Ce mardi, 08 octobre 2019, à 10 heures du matin, Ibrahima Dioubaté, le président de la Commission Administrative d’Etablissement et de Révision des Listes Electorales (CAERLE) de Dixinn centre 1 et les membres de la commission, sont assis en train d’attendre les électeurs. Comme lors des deux précédentes journées, les habitants de cette localité ne se mobilisent pas encore pour cette opération d’identification des électeurs.

Ibrahima Dioubaté, président de la CAERLE numéro de Dixinn centre 1

« Depuis avant-hier, le lancement a été fait. Tout est là disponible. Mais, nous remarquons qu’il n’y a pas assez de monde. Les gens viennent mais c’est un à un. Ce qui est tout de même une habitude en Guinée. Au début, il n’y a pas beaucoup de monde. C’est seulement vers la fin que vous allez voir le monde devant vous. Peut-être au courant de la semaine les gens viendront nombreux. En tout cas, nous nous sommes là prêts, nous les attendons », explique Ibrahima Dioubaté.

En ce qui concerne le déroulement des opérations sur le terrain, le président de cette CAERLE assure que tout se passe bien jusque-là. « Tous ceux qui sont venus pour retirer leurs formulaires ont pu les retrouver. Nous avons reçu deux personnes ici qui sont recensées ailleurs, mais on a pu régler ce problème puisqu’on les a orientés vers là où ils pourront retrouver leurs formulaires. On leur a dit que les 10 premiers jours sont consacrés à la révision, et quand les machines viendront, eux aussi, ils viendront pour se faire enrôler. Pour le moment, c’est l’identification qu’on est en train de faire », a dit monsieur Dioubaté.

Au niveau de la CAERLE n° 22 qui réunit les secteurs 1, 2 et 3 du quartier Dixinn centre 1, la mobilisation n’est également pas au rendez-vous ce mardi. « Au niveau de cette CAERLE, les travaux se passent plus ou moins bien. Les gens ne viennent pas en grand nombre, ils viennent quand même petit à petit. Hier par exemple, on a pu enregistrer 650 résidents, 55 décès et 100 déplacés », a laissé entendre le président de cette commission, Jules Bangoura.

Jules Bangoura, président de la CAERLE N°22 de Dixinn centre 1

Autres questions qui restent en suspens autour de cette opération, c’est celles liées aux primes et à la restauration des agents sur le terrain. Pour l’heure, leur nourriture n’est pas prise en charge par la CENI. Pendant que certains sont assistés par les chefs de quartiers, d’autres se débrouillent eux-mêmes à trouver à manger. « On ne nous a rien dit en ce qui concerne les primes et la restauration. Nous nous débrouillons nous-mêmes pour le moment et nous ne nous plaignons pas. Mais dans 10 à 15 jours, nous allons commencer à demander. Et, nous sommes sûrs qu’on va donner quelque chose au fil du temps ».

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 00224622919225 / 666919225

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Plaintes des CAERLE : « nous ne gagnons pas à manger »

8 octobre 2019 à 19 07 15 101510

La distribution des formulaires d’identification des électeurs en prélude aux élections législatives du 28 décembre 2019 a démarré depuis quelques jours dans la capitale guinéenne. La démarche, qui vise à identifier et relever les anomalies avant l’établissement des listes électorales, ne connait pas un réel engouement. En plus de certaines anomalies signalées, les agents déployés sur le terrain n’ont pas de frais de nourriture et ne connaissent pas la valeur de leurs primes, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est le cas au quartier Kipé Dadia, dans la commune de Ratoma, où de nombreuses plaintes sont enregistrées dans la journée de ce mercredi 08 octobre 2019.

Diarra Camara, vice-président de la CAERLE du secteur 1 de Kipé

Selon Diarra Camara, vice-président de la Commission Administrative d’Etablissements et de Révision des Listes Electorales (CAERLE) du secteur 1 de Kipé, les citoyens de temps en temps pour récupérer les formulaires. « Je peux vous dire jusqu’ici, la situation est bonne depuis que nous avons commencé ce processus, le dimanche 06 octobre. Les citoyens viennent de temps en temps pour récupérer leur formulaire de fiches d’identification. Par jour, nous pouvons dire qu’il y a une soixantaine de personnes qui viennent récupérer leurs cartes », a-t-il expliqué.

En outre monsieur Diarra Camara a fait savoir que quelques anomalies ont été enregistrées sur les fiches d’identification. « Nous avons enregistré quelques anomalies sur les fiches de renseignements, tels que les cas de doublons des fiches d’identification. Il y a une personne qui reçoit deux fiches renseignement, il y en a également d’autres qui ont leur date de naissance modifiée, il y a des déplacés. Mais, nous arrivons à nous en sortir. Depuis que nous sommes là, nous nous débrouillons nous même pour le moment, nous avons demandé aux commissaires certains éclaircissements par rapport à ça. Pour le moment nous sommes là et l’esprit patriotique nous anime, même s’il y a des difficultés on s’en passe parce que c’est notre patrie avant tout », a-t-il laissé entendre.

Thiemoko Sylla, président de la CAERLE du secteur 3 Gassamayah, quartier Kipé Dadia

Au secteur 3 Gassamayah, du quartier Kipé Dadia, Thiemoko Sylla, président de la CAERLE, parle également de doublons et de citoyens qui n’ont pas retrouvé leurs fiches d’identification. « L’évolution de la distribution se passe bien, il n’y a pas eu assez de problèmes. Depuis dimanche, les gens viennent chercher leurs fiches d’identification. Seulement, nous avons enregistré le cas de deux doublons, nous avons également enregistré 18 cas qui n’ont vu leurs fiches », a-t-il révélé.

Cependant, Thiemoko Sylla n’a pas caché son agacement face à un certain flou qui entoure leur situation, entretenue par la CENI. « Depuis que nous avons commencé ce processus, nous ne connaissons même pas les primes qui nous seront donnés après ce travail, sans oublier que nous ne gagnons pas également de quoi manger, de 8 heures à 18 heures. Ce sont les femmes qui sont à côté qui nous servent de la nourriture. Mais, nous voulons savoir combien il vont nous donner comme prime pour ce travail ».

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Aziz Diop aux opposants : « Kankan, ce n’est pas Conakry… »

8 octobre 2019 à 18 06 50 105010
Aziz Diop, préfet de Kankan

La manifestation programmée par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) pour le 14 octobre 2019 trouble le sommeil des autorités de Kankan. Au lendemain de cette annonce, un communicant de l’Union des Fores Républicaines (UFR) à Kankan, semble être dans le collimateur du préfet Aziz Diop. Selon Ibrahim Simakan, le préfet l’aurait convoqué après un appel à la mobilisation lancé sur les réseaux sociaux pour la manifestation du FNDC, dont l’UFR est le fer de lance, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Tout semble être parti d’une publication sur les réseaux, dans laquelle Ibrahima Simakan, membre du bureau exécutif national des jeunes de l’UFR, appelle à la mobilisation. « Un rendez-vous à ne pas manquer, le lundi 14 octobre 2019 à Kankan, tous ensemble pour dire non au 3ème mandat et au referendum ».

Quelques heures après cette publication, son auteur dit avoir reçu un appel de la part du directeur préfectoral de la jeunesse l’informant qu’il est convoqué par le Préfet ce mardi, 8 octobre 2019, au bloc préfectoral au même titre que le président de la jeunesse et le chef du quartier Missira. « A 16 h, c’est d’abord le président de la jeunesse de notre quartier qui m’a appelé pour me dire que le préfet a besoin de nous, mais il ne m’a pas dit pourquoi. Ensuite, le directeur préfectoral de la jeunesse aussi m’a appelé pour me dire la même chose. Ainsi, j’ai informé les responsables de l’UFR et du FNDC à Kankan. Selon mes analyses, hier j’ai fais une publication sur la manifestation programmée par le bureau national du FNDC, parce que Kankan n’est pas en marge de la Guinée, nous on est prêt à respecter le programme du bureau national du FNDC, donc je pense que c’est pour ça que j’ai été convoqué par le préfet », a-t-il expliqué.

Selon nos informations, la rencontre entre le préfet, le président des jeunes et le chef du quartier Missira a eu lieu, mais Ibrahima Simakan n’y a pas pris part. « Je n’ai pas été appelé par le Préfet, c’est le directeur préfectoral de jeunesse et le président de la jeunesse de notre quartier qui m’ont appelé. Le préfet est une personnalité, mais je ne suis pas aussi n’importe qui à Kankan. Il peut m’appeler pour me dire qu’il veut me voir ».

Selon Moussa Keïta, président de la jeunesse du quartier Missira, qui a pris part à la rencontre, la préfet a dit qu’il veut la paix dans la cité « J’ai été à la rencontre, le préfet m’a dit qu’il veut la paix à Kankan, qu’il ne veut pas de soulèvement. Il nous a demandé de sensibiliser les gens pour ne pas qu’il y ait la pagaille à Kankan. Le préfet ne nous a pas dit si la publication de Simakan a quelque chose à voir avec la convocation, mais il a dit qu’il veut rencontrer chaque quartier pour la sensibilisation ».

Interrogé par le reporter de Guineematin.com, Aziz Diop a balayé d’un revers de main les accusations de Simakan et soutient que le jeune se fait de la publicité. « Franchement, je ne comprends pas ce jeune que je n’ai jamais rencontré, que je n’ai jamais appelé. Il est en quête de publicité et je ne lui donnerai pas cette opportunité. Ce qu’il faut savoir, à Kankan, il y a une majorité présidentielle, il y a des jeunes comme lui qui soutiennent la nouvelle constitution, et jusqu’au moment où je vous parle, je n’ai pas reçu un écrit de qui que ce soit pour dire qu’il y a une manifestation à Kankan le 14. Kankan, ce n’est pas Conakry. La réunion que j’ai tenue ce matin, c’était dans le cadre de la sécurisation du quartier, vous savez qu’il y a une recrudescence du banditisme à Kankan », a laissé entendre monsieur Diop.

La dernière fois que le FNDC a manifesté à Kankan, ses membres avaient été pris à partie par certains militants du RPG. C’était le 30 avril 2019. Il reste à savoir ce qu’il en sera le lundi 14 octobre dans une ville acquise au parti au pouvoir.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Kankan : un enseignant retrouvé mort dans un puits

8 octobre 2019 à 17 05 43 104310

Le corps sans vie d’un homme de 42 ans a été retrouvé dans un puits ce mardi, 08 octobre 2019, dans la commune urbaine de Kankan. Les circonstances dans lesquelles il s’est retrouvé dans ce puits restent encore floues, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Sékou Keita, c’est le nom de la victime. Il est le fils d’Ibrahima Kalil Keita, président du conseil de quartier de Bordeaux. C’est tard la nuit que sa famille l’a retrouvé mort dans un puits. Cela, quelques jours seulement après avoir échappé de justesse à une noyade dans une rivière.

Ibrahima Kalil Keita, président du conseil de quartier de Bordeaux

« Le samedi passé, en provenance de la localité de Babila (Préfecture de Kouroussa), il a glissé et est tombé dans l’eau. Les pêcheurs l’ont prêté secours. Le dimanche matin, je suis allé le chercher pour le faire admettre à l’hôpital où il a suivi un traitement. A 18 heures, nous sommes rentrés à la maison. Toute la journée du lundi, il n’y a avait aucun problème chez lui en dehors du fait qu’il se plaignait de douleurs au niveau du ventre. Pendant que nous dormions la nuit, vers 1 h 55 minutes, j’ai été alerté par sa femme me disant que mon fils a disparu. Quand nous sommes sortis, nous avons constaté que sa paire de chaussures, sa bouilloire remplie d’eau et sa torche se trouvaient auprès du puits qui était ouvert. C’est ainsi que nous avons regardé et avons trouvé son corps dans le puits », a expliqué le père du défunt.

Le chef de quartier de Bordeaux précise que son fils ne souffrait pourtant d’aucune maladie mentale. « Il n’en souffrait pas. C’était même un instituteur à Kouroussa plus précisément dans la localité de Troban, dans la sous-préfecture de Babila », souligne Ibrahima Kalil Keita, qui se dit affligé par cette mort. « Nous nous attendons tous à la mort. Mais, le fait qu’il soit mort jeune, c’est ce qui nous afflige le plus ma famille et moi ».

Sékou Keita a été inhumé ce mardi au grand cimetière de Korkoudouni. Il laisse derrière lui une veuve et deux enfants.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Retrait des fiches des électeurs à Conakry : « on est là sans rien recevoir de la part de la CENI… »

8 octobre 2019 à 17 05 34 103410

La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) continue de dérouler son chronogramme dans la perspective des élections législatives du 28 décembre 2019. L’heure est à la distribution des fiches d’identification des électeurs dans de nombreux secteurs et quartiers de Conakry. A Simbaya 2, dans la commune de Matoto, cette opération se déroule tant bien que mal même si les membres des Commissions Administratives d’Etablissement et de Révision des Listes Électorales (CAERLE) se plaignent de la CENI, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon nos informations, cette opération de distribution des fiches de renseignement des électeurs a débuté entre le 05 et le 06 octobre. La démarche vise à permettre aux citoyens de s’assurer de la conformité des informations avec la réalité. Elle vise également à régler les cas de doublons, de décès, de déménagement, de condamnation et autres anomalies qui peuvent entacher le fichier électoral.

Aux dires des membres de la Commission Administrative d’Etablissement et de Révision des Listes Electorales (CAERLE) de Simbaya 2, les citoyens ont fait preuve de motivation dès le premier jour dans la récupération des fiches. Selon Djibril Camara, membre de la CAERLE de Simbaya 2, « nous avons commencé il y a de cela 4 jours aujourd’hui mardi, 08 octobre 2019. Mais, depuis que nous avons entamé ce travail, tout se passe très bien avec les citoyens à Simbaya 2, parce qu’on est là à identifier les personnes décédées, déplacées ou condamnées. Voilà une tâche qui nous a permis à se situer sans avoir rencontré un certain nombre de dilemmes depuis que nous avons commencé ».

Toutefois, Djibril Camara a fait savoir qu’ils sont abandonnés à eux-mêmes depuis le début, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) n’ayant pas pensé à leur trouver à manger. « On est là sans rien recevoir de la part de la CENI depuis 4 jours maintenant. Nous sommes chez notre frère, chez le chef de quartier, Ibrahima Savané. C’est lui qui prépare à manger pour nous chaque jour depuis que nous sommes là, parce que nous luttons tous pour que les citoyens aient leurs cartes », a-t-il indiqué.

Certains citoyens ont rencontré des difficultés pendant cette distribution des fiches. Ils n’ont tout simplement pas retrouvé leurs noms. Pour Mama Adama Camara, membre de la CAERLE de Simbaya 2, ces insuffisances seront résolues lors des prochaines étapes.

« Nous sommes là pour distribuer les cartes et je représente le district Condé Boungny qui n’a toujours pas reçu sa fiche. Mais, notre chef m’a rassuré de récupérer la fiche dès demain, mercredi matin. Concernant les citoyens qui viennent récupérer les fiches et qui ne trouvent pas leurs noms, ça c’est dû à l’absence de la machine qui les a enregistrés. Donc, une fois la venue de la machine, nous pourrons facilement leur restituer leurs cartes à travers leurs empreintes », a-t-elle expliqué.

Mouctar Baldé pour Guineematin.com

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Démocratie en péril en Guinée : le FNDC fait la manche

8 octobre 2019 à 16 04 32 103210

Après avoir annoncé le début des manifestations contre un troisième mandat pour Alpha Condé ou le premier d’une nouvelle République, le FNDC tend la main ! Composé de partis politiques et d’organisations de la société civile, le Front national pour la défense de la démocratie compte sur la générosité des Guinéens et des démocrates du monde pour garnir ses caisses.

Guineematin.com vous propose ci-dessous et « gratuitement » le communiqué du FNDC

Guinée : contribution financière pour le FNDC

“En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non”. Article 27.

L’alternance démocratique consacrée par la constitution de 2010 est fortement menacée. Le Président Alpha Condé, âgé de 81 ans, démocratiquement élu en 2010, puis en 2015, veut changer la constitution pour se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son second et dernier mandat en décembre 2020.

En réponse à cette grave situation qui hypothèque la paix, la cohésion sociale et la stabilité des institutions, le FNDC s’est constitué pour s’opposer à toute forme de tripatouillage de la constitution guinéenne en vue d’offrir à Monsieur Alpha Condé, une présidence à vie.

Qu’est-ce que le FNDC ?

Le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) est un mouvement citoyen de masse dont l’objectif est la défense de l’intangibilité constitutionnelle de l’article 27 qui dispose que : “Le président de la République est élu au suffrage universel direct. La durée de son mandat est de cinq ans, renouvelable une fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non”.

Le FNDC a été lancé le 03 avril 2019 et regroupe : la société civile, des syndicats, des partis politiques, des avocats, des associations de femmes et de jeunes, des organisations socio-professionnelles, des universitaires, des artistes, des citoyens engagés et autres…

Pourquoi cette campagne de collecte ?

En dépit de l’adhésion massive au FNDC et de la mobilisation résolue des populations dans toutes les régions du pays, le combat est loin d’être gagné. Car, pour des intérêts égoïstes, les ennemis de la démocratie sont déterminés à opérer un coup d’Etat constitutionnel. Ils détournent des ressources publiques et utilisent illégalement d’importants moyens de l’Etat pour corrompre, faire la propagande et réprimer toute forme de contestation.

Au regard du développement de la situation qui prévaut, le combat du FNDC doit impérativement passer à un stade supérieur et crucial. Cela exige la mobilisation de ressources adéquates sous la forme d’une contribution volontaire. Cette campagne de levée de fonds dénommée Contribution Financière Citoyenne (CFC) s’adresse à tous nos compatriotes où qu’ils soient, à tous les défenseurs de la cause guinéenne ainsi qu’à tous les amis de la démocratie à travers le monde.

A quoi serviront les fonds collectés ?

Les fonds collectés serviront à financer les activités et actions de mobilisations citoyennes qui vont s’intensifier dans les jours et semaines à venir. Il s’agit de l’organisation des manifestations, de la logistique, des divers frais de coordinations, de l’assistance judiciaire et médicale, de la communication, de transport, etc…

Quel que soit le montant de votre contribution, il sera vivement apprécié. Car ce sera un don qui servira à défendre la démocratique, la stabilité de la Guinée mais aussi à aider des personnes victimes ou menacées de répression.

Pour plus de détails, cliquez sur la vidéo Les raisons de la collecte des fonds du #FNDC pour écouter le message du Coordinateur National du FNDC. Et cliquez sur ce lien pour faire votre contribution citoyenne

https://www.gofundme.com/f/guinee-contribution-financiere-contre-un-3eme-man?teamInvite=0gKOWUdGrTief5V75NUUQyBmrgBjrEWsBGT1nG6Q8n3I4GWjNX4li26zfj2B6YsA

Exprimez votre engagement et solidarité en scandant : Amoulanfé ! (ça ne marchera pas) !

Ensemble unis et solidaires, nous vaincrons !

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Education : qui pour sauver l’école primaire Franco-arabe de Sonfonia centre ?

8 octobre 2019 à 16 04 07 100710

L’école primaire Franco-arabe de Sonfonia centre est certainement en voie de disparition. Et, il n’y a personne encore pour la sauver. Cette situation inquiète les responsables de l’établissement qui se sentent abandonnés par tout le monde, a constaté un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Cette école élémentaire publique est vieille de 26 ans. Selon son directeur adjoint, Ousmane Soumah, elle a été construite en 1993 par des citoyens. Et depuis, elle n’a pas connu de rénovation. « Cette école a été construite par la communauté villageoise à l’époque. Depuis ce temps jusqu’à nos jours, l’État n’a rien construit ici. C’est cette même école que vous voyez ici en état de dégradation totale ».

Composé de 6 salles de classe, cet établissement d’enseignement Franco-arabe comprend aujourd’hui un effectif de 500 élèves dont 152 filles et 17 enseignants. Mais, l’infrastructure est tellement délabrée qu’elle ne ressemble plus à une école. Les murs, le toit, les portes et fenêtres et même les tables-bancs, tout est complètement usé. Si rien n’est fait pour rénover cette école, il n’y aucun doute qu’elle sera fermée dans un futur proche.

Pourtant, les responsables de l’établissement disent avoir mené beaucoup de démarches dans ce sens sans succès. « On écrit souvent des lettres de soutien adressées au gouvernement et des demandes d’aide à l’endroit des personnes de bonne volonté, mais ces démarches n’ont toujours pas eu de suite favorable. Les écoles franco-arabe sont complètement oubliées. Mais, je crois que le bon Dieu ne va pas nous laisser tomber. Nous prions tous les jours pour que nous ayons quelqu’un qui pourra penser à cette école pour nous sortir dans l’ornière », indique Ousmane Soumah.

En 2018, cette école primaire Franco-arabe avait présenté 49 candidats à l’examen d’entrée en 7ème année pour 19 admis. Et l’an dernier, elle avait présenté 45 candidats pour seulement 5 admis. Un échec que le directeur adjoint de l’établissement explique par la perturbation des cours.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel: +224 622 07 93 59

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Rentrée universitaire : grand enthousiasme chez certains étudiants de Kankan

8 octobre 2019 à 13 01 52 105210

A l’image des autres institutions d’enseignement supérieur du pays, l’Université Julius Nyerere de Kankan a entamé l’année universitaire 2019-2020 hier, lundi 07 octobre 2019. Même si cette rentrée a été morose, les étudiants rencontrés sur le campus par le correspondant de Guineematin.com à Kankan étaient plutôt enthousiastes et motivés à reprendre les cours.

En cette première journée de la nouvelle année universitaire, l’heure était aux opérations d’inscription et de réinscription des étudiants. Des opérations qui ne connaissent pas encore un grand engouement. Car peu d’étudiants ont rejoint le campus ce lundi. C’est le cas de Mamady Sylla, étudiant au département Lettres Modernes.

Mamady Sylla, étudiant au département Lettres Modernes

« J’ai un sentiment de satisfaction par rapport à la reprise des cours aujourd’hui. C’est normal après les vacances de revenir suivre les cours. Je lance donc un appel à mes amis de venir s’inscrire et de se faire réinscrire. Aujourd’hui, on n’a pas fait cours parce qu’il y a des préalables, mais la réussite de l’année universitaire dépend d’abord du début de cette année », estime cet étudiant visiblement motivé à démarrer les cours.

Le même enthousiasme se ressent chez Oumar Cissé qui arrive pour la première fois à l’Université. Il est heureux de retrouver ses amis au campus universitaire. « Ce n’est pas facile d’être admis à l’Université. Je suis très content d’être ici. Même si on n’a pas encore procédé à l’inscription pour le moment et on n’a pas non plus commencé les cours, ça fait quand même du bien de partager ses instants de campus avec les amis », soutient-il.

Djenabou Condé, orientée au département Mathématiques de l’Université de Kankan

Djenabou Condé, orientée au département Mathématiques de l’Université de Kankan, est venue aussi se faire inscrire. « Je suis venue pour me faire inscrire, mais je constate qu’il y a peu d’étudiants présents sur place. Je suis vraiment contente d’être là, c’est ici que j’ai choisi, et c’est ici qu’on m’a orienté. J’invite vraiment tout le monde à venir pour qu’on puisse bien débuter les cours », a-t-elle lancé.

Selon certains, le manque d’engouement autour des opérations d’inscription et de réinscription s’expliquerait par les frais jugés élevés auxquels les étudiants doivent s’acquitter. L’inscription coûte 250 000 et la réinscription 200 000 francs guinéens.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Marché de Gbessia : quand l’odeur des urines asphyxient les vendeuses

8 octobre 2019 à 12 12 53 105310

Depuis quelques temps, une situation déplorable se passe au niveau du pont de Gbessia sur l’autoroute Fidel Castro. Des citoyens ont transformé les lieux en toilettes où ils viennent faire leurs besoins biologiques. Cette situation affecte sérieusement les femmes qui vendent dans les environs. Elles ont du mal à respirer à cause des mauvaises odeurs, ont-elles expliqué à un reporter que Guineematin.com a dépêché sur place.

M’mah Diawara, vendeuse en bordure du marché de Gbessia

M’mah Diawara est vendeuse de citrons en bordure du marché de Gbessia, c’est-à-dire à quelques microns du pont situé à cet endroit. Un endroit difficile à vivre pour elle. Car chaque jour, elle doit faire face aux odeurs irrespirables des urines déversées sous ce pont, devenu une toilette pour certaines personnes. « Ce qui nous fatigue ici, ce sont les odeurs nauséabondes des urines. Chaque matin, si nous voulons vraiment vendre ici, il nous faut acheter de l’eau de javel pour nettoyer ici. On ne connait pas l’identité réelle de ceux qui font ça, parce que c’est pendant la nuit qu’ils viennent uriner ici. Quand ils viennent pendant la journée, je m’oppose à eux en leur disant que ce n’est pas une toilette ici. Nous souffrons ici beaucoup », déplore cette dame.

Hawa Kourouma, vendeuse en bordure du marché de Gbessia

Les mêmes plaintes se font entendre chez Hawa Kourouma, vendeuse de concombre au même endroit. « On souffre ici mais on n’a pas de moyens pour faire face à cette souffrance quotidienne. Quand nous sommes là, on ne peut pas tranquillement. Ces odeurs des urines nous causent même des maladies, actuellement moi je souffre de la grippe. Si les autorités pouvaient nous aider, ça allait vraiment nous faire plaisir ».

Abdoul Gadiri Kébé, secrétaire général de ce marché

Du côté des autorités du marché de Gbessia justement, on dit avoir tenté de mettre fin à cette situation, mais sans succès. Aujourd’hui, Abdoul Gadiri Kébé, le secrétaire général de ce marché, se montre impuissant. « Nous sommes très contents de votre venue ici. En ce qui concerne le problème d’urine sous le pont, on a fait notre mieux. Le commissaire Mandjou, quand il était venu nouvellement, il avait mis une équipe dynamique qui était là pour sillonner pour ne pas que les gens urinent là-bas. On avait même écrit sur les pancartes qu’il est interdit d’uriner là-bas et que tout contrevenant s’expose au payement d’une amende de 500 000 francs. Mais, le marché est très difficile à gérer. Dès que certains agents de sécurité ont été déployés ailleurs, on n’a pas pu maîtriser la situation. Ce sont des gens qui sont anormales et des soulards qui se livrent à cette pratique. Il y a aussi des personnes malintentionnées qui sont parmi nous. Ils le font le plus souvent la nuit. On ne peut pas se bagarrer contre des fous et des délinquants sinon les gens vont nous traiter de fous et de délinquants aussi », estime ce responsable du marché de Gbessia.

Tout porte à croire donc que cette situation, quoique difficile à supporter pour les vendeuses qui passent leurs journées à côté du pont de Gbessia, devrait bien se poursuivre encore. Et on ne sait pas jusqu’à quand.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Bangouyah cherche enseignants : « tous nos enfants sont devenus conducteurs de taxi-moto »

8 octobre 2019 à 12 12 32 103210

Peu avant la réouverture des classes, un des correspondants de Guineematin.com s’est rendu dans la sous-préfecture de Bangouyah, située à 35 kilomètres sur la route de Télimélé. Une des plus oubliées de cette préfecture par nos autorités. Et, parmi les préoccupations des citoyens locaux, il y a le manque d’enseignants. Ce qui pousse les enfants loin des écoles. Aujourd’hui, dans cette sous-préfecture, le droit à l’éducation des enfants est visiblement foulé au sol par les autorités éducatives…

Selon des témoignages recueillis sur place, les enseignants qui sont mutés dans cette sous-préfecture n’acceptent quasiment pas d’y aller. Les quelques rares qui y vont ne durent pas sur les lieux. Et, ceux qui acceptent de servir là-bas n’y érige pas domicile. Ils font la navette entre le centre-ville de Kindia et Bangouyah ; et, ils ne dispensent les cours que trois jours dans la semaine. Conséquences, les élèves finissent par quitter les tables-bancs et deviennent conducteurs de taxi-moto ou apprentis-chauffeurs. Ce, au grand dam de leurs parents qui assistent impuissants à ce triste sort.

Ousmane Barry,

« Notre collège est là ; mais, il n’existe que de nom. Il n’y a pas d’enseignant. Même cinq matières ne sont pas enseignées ici. L’école primaire qui est là aussi, le directeur se trouve au centre-ville de Kindia. Il ne fait que trois jours ici. Donc, si l’école reste comme ça, c’est vraiment une inquiétude pour nous. Les enfants n’étudient pas. Ceux qui doivent faire le collège ont tous abandonné à cause du manque d’enseignants. C’est difficile pour nous. Quand tu envoies ton enfant en ville où il n’a pas de soutien, encore moins un parent qui peut l’encadrer, il ne pourra pas étudier. C’est ce qui fait que tous ces enfants sont devenus apprentis de véhicules ou conducteurs de taxi-moto. Par exemple, moi, j’encadre trois enfants qui font le collège. Ils sont tous orphelins de père et leur mère n’a aucun moyen pour leur permettre de continuer les études en ville. Ici, nous n’avons que deux professeurs pour tout le collège. Je ne connais même pas leurs noms, parce qu’ils ne sont pas logés ici. Après les cours, ils rentrent en ville. Notre école a été renouvelée ; mais, il ne fonctionne pas. Nous sommes dans l’obscurité. Au moment où ma génération étudiait ici, les enseignants venaient avec leurs familles. Aujourd’hui, tous les enseignants qui sont là sont logés en ville. Les enfants n’étudient pas du tout ici », a dénoncé, Ousmane Barry, citoyen de Bangouyah.

Apparemment, le taux de déscolarisation est très élevé dans cette sous-préfecture qui se trouve à 35 kilomètres de la commune urbaine de Kindia, sur « l’ancienne » route nationale Kindia-Télimélé. Il n’y a pas de statistiques disponibles ; mais, les habitants de Bangouyah sont unanimes sur la question.

Selon M’ma Hawa Camara, la présidente des femmes de Bangouyah, c’est le manque criard d’enseignants dans leurs écoles et le manque de moyens des parents qui poussent les enfants à abandonner prématurément les études.

M’mahawa Camara

« Nos enfants n’ont pas d’enseignants. Nos responsables (le sous-préfet et le maire) ont tout fait ; mais, ça ne marche pas. Si un professeur a cours aujourd’hui, après son cours, il rentre en ville. Même si vous lui donnez une place ici, il refuse d’y rester. On ne sait pas pourquoi. Et, pourtant, les enfants sont l’avenir de Bangouyah… Quand on envoie nos enfants en ville, c’est pitoyable. Parce qu’ils n’ont pas un bon tuteur et le problème de nourriture se pose aussi. En plus, comme ils n’ont pas le niveau, les enfants abandonnent complètement l’école. Cette année aussi, la même crainte s’installe chez nous les parents. Parce qu’on se demande si les enseignants qui étaient là l’année dernière vont accepter de revenir… Les enfants qui ont décrochés l’examen d’entrée en 7emeannée sont là pour le moment. Mais, si les enseignants ne viennent pas, on va forcément les amener en ville pour le collège. Ça fait presque six ans qu’il n’y a pas d’enseignant ici. Ceux (les contractuels communautaires) qui sont recrutés par notre directeur d’école sont payés par les parents ; et, la mensualité est fixée à 3 000 francs. Mais, payer ça aussi est tout à fait un problème. Car, les parents n’ont pas les mêmes moyens. Aujourd’hui, tous les enfants de Bangouyah sont devenus des conducteurs de taxi-moto. Et, cela n’est pas un avenir pour un enfant qui veut être une relève de demain », a expliqué M’ma Hawa Camara.

De Kindia, Mohamed M’Bemba Condé pour Guineematin.com

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N’Zérékoré : les jeunes du RPG-AEC choisissent Pépé 2 Haba pour la députation

8 octobre 2019 à 10 10 15 101510
Pépé 2 Haba, candidat des jeunes pour la députation

Le coordinateur régional du RPG Arc-en-ciel à N’zérékoré, Elhadj Adama Kéita, a conféré avec les responsables locaux du parti dans la journée du dimanche dernier, 06 octobre 2019. La démarche visait à échanger avec les jeunes du parti au pouvoir, venus présenter Pépé 2 Haba, secrétaire général de la jeunesse, qu’ils ont choisi pour briguer la députation à l’occasion des législatives prévues en décembre prochain, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

C’est au domicile d’Elhadj Adama Kéita que cette rencontre s’est tenue en présence des 22 chefs de quartier, des responsables des femmes du RPG, des secrétaires généraux des quartiers de la commune urbaine. Pépé 2 Haba a été présenté à l’assistance, choisi par les jeunes du parti, pour briguer le poste de député uninominal de N’zérékoré.

Antoine LAMAH, président de la jeunesse de Nakoyakpala

Selon Antoine LAMAH, président de la jeunesse de Nakoyakpala, et porte-parole des jeunes, « nous sommes venus présenter notre candidat, notre frère et ami, Monsieur Pépé 2 Haba, au bureau du RPG Arc-en-ciel. Parce que Pépé 2 Haba est un fils qui est discipliné, c’est un fils dont on a beaucoup de confiance et on a beaucoup fait ensemble. Et, il s’est beaucoup battu pour nous. C’est pourquoi, pour être reconnaissants, nous l’avons choisi pour nous représenter, parce que les anciens n’ont rien foutu. On veut maintenant un jeune député ».

Mais pour y arriver, Antoine Lamah est convaincu qu’il faut se remobiliser. C’est pour cela qu’il invite les militants et sympathisants à se faire recenser et à voter massivement. « Je demande à la jeunesse et à nos mamans de voter massivement pour notre fils, pour que notre fils gagne cette place là. Présentement c’est notre candidat, et je dirai à tout le monde de voter pour le RPG pour que notre fils soit député afin de faire quelque chose pour N’zérékoré », a lancé monsieur Lamah.

Prenant la parole, Pépé 2 Haba, candidat des jeunes pour la députation, a salué la confiance placée sur sa personne pour un poste aussi important. « C’est une marque de confiance qu’ils ont placé en moi. L’homme est toujours jugé par son passé. C’est eux qui ont exprimé le désir et ils sont venus me présenter aux responsables du parti, pour exprimer leur sentiment. Et j’espère bientôt qu’ils ne seront pas déçus. Je pense bien que le choix qui a été fait n’est pas un choix au hasard…».

Abondant dans le même sens qu’Antoine Lamah, Pépé 2 Haba a invité les militants à la mobilisation générale. « La force des militants, c’est à partir des urnes. Quand on aime un candidat, le premier rôle qu’on doit jouer, c’est d’aller se faire recenser dans les bureaux ou dans les CAERLES (Commissions Administratives d’Etablissement et de Révision des Listes Électorales) »

Elhadj Adama Keita, coordinateur régional du RPG arc-en-ciel

En réponse, Elhadj Adama Keita, coordinateur régional du RPG arc-en-ciel, dira qu’il prenait bonne note de la proposition des jeunes et a promis de faire passer le message à qui de droit.

Il reste à savoir si le candidat choisi par la jeunesse fera l’unanimité des responsables du parti au pouvoir.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo LAMAH pour Guineematin.com

Tél : (00224) 620 16 68 16/666 89 08 77

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Baisse d’activités, chute de la monnaie, interdiction de voyage… Ce qui menace la Guinée

8 octobre 2019 à 9 09 06 100610
Le président Alpha Condé menacé par des manifestations contre son projet de nouvelle Constitution

Comme on le sait, hier, lundi, le Front national pour la défense de la constitution (FNDC) a fixé au lundi prochain, 14 octobre 2019, le début des manifestations contre le changement de la Constitution. Un changement qui permettrait au président Alpha Condé de faire un troisième mandat ou un premier de la quatrième République (ce qui revient à la même chose : rester au pouvoir à la fin de son deuxième et dernier mandat en 2020).

Depuis, certains pensent à du déjà vu, étant donné que les principaux pourvoyeurs de manifestants (l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et l’UFR de Sidya Touré) étaient dans les rues en début de mandat du président actuel. Mais, erreur !

Les manifestations contre un troisième mandat ne sont en rien comparables à celles qui avaient été enregistrées en Guinée entre 2012 et 2013, quoique violentes et paralysantes. A l’époque, Alpha Condé venait d’être élu ; et, surtout, ses promesses faisaient encore rêver tant en Guinée qu’au niveau international…

Les manifestations annoncées contre sa volonté de changer la Constitution dans l’unique but de se maintenir au pouvoir sont d’abord et avant tout soutenues par l’opinion publique nationale et internationale, avide d’alternance, la sève nourricière de la démocratie. Et, leur répression (comme celles de 2012 et 2013) déclenchera quasi automatiquement une réaction de la communauté internationale. Des membres des forces de sécurité pourraient être poursuivis au niveau international, de même que les officiels du Gouvernement, de la présidence de la République et tout autre acteur qui s’afficherait comme promoteur de la violation de la Constitution. C’est à ce niveau que les listes déjà publiées par le FNDC et la lettre adressée à la Cour Pénale Internationale pourraient servir…

Par ailleurs, l’annonce du début des manifestations dès le lundi prochain sème déjà le doute sur la réalisation des activités prévues par des ONG et institutions la semaine prochaine. Ce qui entraîne une baisse d’activités, donc de financement des projets en faveur de la Guinée ! « Notre programme pourrait être reporté puisque nous ne pouvons pas sortir s’il y a des troubles dans la ville », a annoncé un partenaire au téléphone de Guineematin.com hier soir.

Bref, comme sous Lansana Conté, la volonté du régime Alpha Condé de changer la Constitution pourrait d’abord entraîner la baisse des activités. Pour faire face à la demande sociale et payer au moins les salaires, les autorités useront de la planche à billets. Ce qui entraînera la chute de la monnaie. Et, les prévisibles répressions des manifestants conduiront inéluctablement à des sanctions au niveau international comme l’interdiction de voyage, le refus d’asile pour « les criminels » et au bout du compte la fin du régime…

Le président Alpha Condé peut-il encore sortir par la grande porte ?

Il suffit au chef de l’Etat d’annoncer officiellement qu’il ne sera pas candidat et de s’engager à passer la main au nouvel élu pour tout décrisper. Et, la mise en oeuvre de cet engagement permettrait au président Alpha Condé d’éviter à la Guinée toute autre velléité de se maintenir au pouvoir à la fin de son mandat ; surtout, de barrer la route à tous ceux qui rêvent d’accéder à la magistrature suprême de notre cher pays par un putsch militaire ou la pression de la rue…

A suivre !

Nouhou Baldé pour Guineematin.com

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Le président des Artisans de Guinée décrié : « il faut qu’il parte maintenant »

8 octobre 2019 à 8 08 26 102610
Karim Doumbouya, président des jeunes bijoutiers de Guinée

Elhadj Boubacar Fofana, le président de la Fédération Nationale des Artisans de Guinée (FENAG) est décrié par certains membres de la structure. C’est Karim Doumbouya, le président des jeunes bijoutiers de Guinée, qui a confié l’information à un journaliste de Guineematin.com hier, lundi 07 octobre 2019. Il assure que lui et ceux qui ont la même position que lui sont bien décidés à faire partir leur président pour en place une nouvelle équipe dirigeante.

« Ça fait maintenant 9 ans depuis que son mandat est fini et il ne cherche même pas à renouveler son mandat ou à organiser des élections pour que quelqu’un d’autre puisse le remplacer. C’est ce qui a fait que maintenant nous les artisans, nous avons formé un bloc pour le faire partir afin qu’on organise une nouvelle élection. Il faut qu’il parte maintenant, il doit partir, il n’est même plus question qu’il organise les élections. Il est à la tête de cette fédération il y a bientôt 20 ans, et jamais il n’a voulu organiser une seule élection.

Chaque fois qu’on lui dit d’organiser l’élection, il dit d’attendre qu’il consulte la base alors qu’il n’a pas besoin de consulter la base puisque les textes indiquent que quand le mandat finit, il faut organiser l’élection. Mais 2004, aucune élection n’est organisée. Il reste toujours là alors que les choses ne marchent pas. Maintenant, les artisans veulent son départ pour qu’on trouve une nouvelle génération pour l’artisanat », indique Karim Doumbouya.

En plus de l’expiration de son mandat, il est reproché à Elhadj Boubacar Fofana son manque de dynamisme. Karim Doumbouya estime que l’actuel président ne fait rien pour les artisans. « S’il y avait de l’amélioration des conditions de vie et de travail des artisans, peut-être qu’on aurait essayé de négocier, mais là rien ne bouge au niveau du secteur de l’artisanat en Guinée. On ne sent même pas que l’artisanat existe en Guinée. C’est-à-dire du ministère jusqu’à la FENAG rien ne bouge. Dans les autres pays, les artisans sont bien organisés, ici ça n’existe pas.

Normalement, c’est la fédération nationale des artisans des Guinée (FENAG) qui doit organiser les foires artisanales en Guinée, mais si le président de la fédération n’est plus en règle comment on peut parler de l’organisation de foires dans ces conditions par la fédération ? C’est impossible. C’est le ministère même qui se charge de l’organisation des foires et invite les artisans. Ce qui ne se doit pas. C’est les artisans qui doivent organiser les foires artisanales », a-t-il laissé entendre.

Le président des jeunes bijoutiers de Guinée annonce des manifestations de rues à venir pour contraindre le président de la Fédération Nationale des Artisans de Guinée à quitter son poste. « Nous comptons faire des manifestations pour le faire quitter. On prépare les manifestations pour alerter les autorités ».

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel : 00224 622 919 225 / 666 919 225

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Séries télévisées sur l’éducation sexuelle des enfants : Ce qu’en dit Dr. Alhassane Chérif

8 octobre 2019 à 6 06 56 105610

Les chaines de télévision étrangères sont de nos jours très prisées dans les foyers à travers la Guinée. Des chaines comme Novelas, Zee Magic et autres inondent les concessions, regroupent femmes et enfants, qui maîtrisent par chœur les noms de tous les protagonistes. Mais, l’on remarque souvent dans certains épisodes des scènes choquantes, liées au sexe et qui peuvent heurter la sensibilité, notamment des mineurs. Pour parler de ce sujet, un reporter de Guineematin.com s’est entretenu ce vendredi, 4 octobre 2019, avec Dr Alhassane Chérif, Psychologue clinicien, Psychanalyste, professeur d’université et écrivain.

Les chaines de télévision indiennes, brésiliennes, mexicaines, philippines et autres montrent souvent des images indécentes, en présence le plus souvent de femmes et de jeunes téléspectateurs. A défaut de toute censure, ces images ne sont pas sans conséquences sur les mineurs.

Selon Dr Alhassane Cherif, la sexualité est une question taboue dans les sociétés africaines en général, et celles guinéennes en particulier. Donc, suivre ces chaines de télévision en présence des enfants peut souvent avoir de graves conséquences sur leur éducation, soutient notre interlocuteur. « Chez nous en Afrique, et en Guinée spécifiquement, tout ce qui est sexualité est tabou. Ça ne se discute pas entre parents et enfants. Donc pour ainsi dire, les enfants volent ici l’image. L’image qui est vue, ils l’interprètent à leur manière. (…) Les chaines Novelas peuvent avoir deux impacts possibles sur les enfants : ou l’enfant devient précoce. C’est-à-dire qu’il veuille découvrir très tôt la sexualité, il se livre à la sexualité alors qu’il n’a pas d’information. Là, il peut arriver pas mal de problèmes. Soit l’enfant est un peu dégouté de cela et se rétracte, se freine par rapport à la sexualité. Il y a les deux versants. Donc, il faut carrément interdire ça aux enfants parce que ça a des conséquences sur leur éducation, sur leur devenir de femme », a-t-il prévenu.

En outre, Dr Cherif déplore le fait que de nos jours, la sexualité soit devenue précoce, sans aucune éducation en la matière pour les adolescents et adolescentes. Selon lui, ce comportement peut-être dû au laisser-aller constaté à travers les séries télévisées. C’est pourquoi, Dr Cherif suggère l’éducation parentale pour faire face à ce défi. « Maintenant, la pratique de la sexualité en Guinée est précoce, c’est plus en avance que maintenant. Parce qu’avant, la fille venait au mariage sans avoir faire l’amour avec un homme. Mais maintenant, il parait que c’est dépassé. Mais, même quand c’est dépassé, il faut qu’on suive. Il faut qu’il y ait une vraie information, une vraie éducation sexuelle pour ainsi dire pour que l’enfant soit informé de tout ce qu’il voit. Mais le tabou en Afrique, on ne parle pas de sexualité avec ses enfants. C’est la honte, ça ne se fait pas. Alors que les mamans, avec leurs filles, elles doivent en parler. Cela, avant même l’arrivée des premières menstrues, quelles en parlent, pour dire voilà ce que tu as vu là, quand tu va te marier, tu vas embrasser ton mari, tu vas faire l’amour avec lui. Mais malheureusement, ça ne se dit pas. C’est cela aussi un des problèmes. Donc pour éviter tout ça, il faut interdire certaines visions d’images à l’enfant en bas âge », a-t-il conseillé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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