Affaire 3ème mandat : voici ce que BAKAYOKO demande à Alpha Condé

17 octobre 2019 à 18 06 08 100810

Lettre Ouverte : A Monsieur le président de la République, professeur Alpha Condé

Monsieur le président de la République,

Aucun pays n’interdit la modification de sa Constitution. Les plus civilisés, la France, l’Allemagne, l’Angleterre, le Canada, les Etats-Unis… le font très souvent. Ce qui est interdit, c’est de la modifier en sa faveur. Moi je n’ai pas lu votre texte mais vous qui l’avez fait rédiger, savez bien qu’il est à votre faveur, donc interdit. Il ne me s’emble pas nécessaire de commenter ce sujet parce que cela n’est pas l’objet de ma lettre.

Monsieur le président de la République,

Je vous écris uniquement pour attirer votre attention sur le fait que j’ai remarqué qu’aujourd’hui, vous et votre homologue ivoirien Alhassane Ouattara êtes en train de répéter l’histoire de vos aînés Ahmed Sékou Touré et Félix Houphouët Boigny, hier.

Hier (1958), Félix Hophouët Boigny voulait bel et bien une indépendance totale et dire « NON » à la proposition du Général De Gaulle mais sa ruse de pousser Ahmed Sékou Touré à prendre les devants, plonger dans les flots rapides du fleuve et se noyer, lui avait permis de rectifier le tir.

Aujourd’hui (2019), Monsieur le Président de la République, ne commettez pas la même erreur qu’Ahmed Sékou Touré et n’acceptez pas qu’Alassane Ouattara qui veut bel bien un 3ème mandat fasse la même ruse que Félix Hophouët Boigny, vous pousse à prendre les devants pour plonger dans les flots rapides du fleuve et vous noyer pour lui permettre, sans aucun doute, de rectifier le tir.

Monsieur le président de la République,

Contrairement aux autres opposants, moi je ne vous demande même pas de renoncer au 3ème mandat que vous désirez tant, parce que cela également n’est pas l’objet de ma lettre même si je suis conscient d’avoir le devoir de vous le dire.

Je vous demande simplement de ne pas le faire avant votre « ami » Alassane Ouattara, c’est à dire de ne pas laisser celui-ci vous faire aujourd’hui exactement ce que Félix Houphouët Boigny avait fait hier à son « ami » Ahmed Sékou Touté.

Monsieur le président de la République,

Pour éviter que les Ivoiriens se moquent de nous en disant qu’ils sont éternellement plus malins que nous, au nom du peuple de Guinée, je vous demande humblement, Monsieur le président de la République, de laisser, cette fois-ci, Alassane Ouattara prendre les devants et plonger. S’il se noie, vous aurez la chance et la bénédiction de savoir quoi faire.

Veuillez agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Abdourahamane BAKAYOKO

Président des DÉMOCRATES GUINÉEN

Lire

Conakry : la journée ville morte du FNDC peu suivie

17 octobre 2019 à 17 05 48 104810

La journée ville morte, lancée par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), est peu suivie dans certaines parties de Conakry, ce jeudi 17 octobre 2019. Après les violences meurtrières des 3 derniers jours, notamment sur la route Le Prince, le mot d’ordre est peu observé dans la circulation routière, même si boutiques et magasins sont fermés à de nombreux endroits. C’est le cas sur l’axe Sonfonia-Cimenterie, a constaté sur place Guineeematin.com à travers un de ses reporters.

Après 3 jours de manifestations intenses à Conakry et dans plusieurs autres villes de la Guinée contre le projet de 3ème mandat pour Alpha Condé, le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) avait appelé à une journée ville morte pour ce jeudi.

Mais, de Wanindara à la Cimenterie, en passant Sonfonia et la T10, sur la route Le Prince, cet appel est peu suivi. Le redéploiement des PA (Points d’Appui) et les nombreuses patrouilles sur les lieux ont calmé pour le moment les ardeurs des manifestants qui ont payé un lourd tribut avec près de 10 morts suite à l’intervention des forces de l’ordre.

Selon un responsable d’un PA, interrogé par notre reporter au marché de la Cimenterie, aucune perturbation ou manifestation n’a été signalée depuis hier mercredi.

De la Cimenterie, en passant par Sonfonia, T7 et Wanindara, la circulation est normale. De nombreux véhicules, taxis et véhicules appartenant à des particuliers, empruntent librement le tronçon même si ce n’est pas l’engouement habituel.

Cependant, au marché de la Cimenterie, les boutiques et magasins sont fermés. Seules les femmes étalagistes sont visibles.

Les agents des services de sécurité sont toujours stationnés au niveau des endroits sensibles. Des pick-up patrouillent le long de la route Le Prince.

Depuis Sonfonia, Mohamed DORE Pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

Lire

Postes à pourvoir à EDG: des cadres de l’institution en conclave avec des experts Canadiens

17 octobre 2019 à 17 05 36 103610

Le Conseil d’Administration de la société Electricité de Guinée (EDG) a lancé les travaux préparatoires de la sélection du personnel de direction de cette institution. La rencontre, tenue ce jeudi, 17 octobre 2019, à Conakry, s’inscrit dans le cadre du programme de redressement de la Guinéenne d’Electricité au lendemain de la fin du contrat de gestion avec Veolia, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La réunion de ce jeudi a regroupé le Conseil d’Administration d’EDG, le collège syndical, le représentant de la Banque Mondiale en Guinée et les consultants du cabinet Canadien SG Groupe. Les échanges ont tourné autour de la procédure et des critères de sélection liés au recrutement d’une trentaine de personnes pour occuper des postes de management au sein de la société.

Elhadj Bah Ousmane, président du Conseil d’Administration d’EDG

Le ministre conseiller du président de la République et président du Conseil d’Administration d’EDG, Elhadj Bah Ousmane, a expliqué les objectifs de cette démarche. « Nous sommes engagés dans le cadres des investissements consentis pour améliorer la qualité de service à EDG, donc de procéder à des réformes profondes aussi bien sur le plan des infrastructures que sur la gestion elle-même. C’est une exigence que le programme de redressement impose, parce que nous avons l’outil de production qui s’améliore de plus en plus. Il faudrait aussi procéder au renforcement des capacités du personnel qui doit exploiter cet outil de production, de distribution de l’énergie électrique. A ce titre, un consultant a été recruté, il a exposé son programme de travail. Nous allons, pour les prochaines jours, mettre ce programme de travail en œuvre et nous allons l’évaluer progressivement », a t-il expliqué.

De son côté, le président du cabinet Canadien Groupe SG, Constantin Temcheff, a indiqué les exigences de son cabinet. « L’exigence, c’est d’avoir, premièrement, toutes les informations auxquelles nous aurons besoin, l’organigramme, tout ce qu’il y a en gestion des ressources humaines au niveau de l’organisation. Notre mission, c’est d’identifier les candidats pour à peu près une trentaine de postes. Et chaque poste généralement a des critères différents, des postes de management ».

Constantin Temcheff, président du cabinet Canadien Groupe SG

En outre, Constantin Temcheff a expliqué comment va s’effectuer le recrutement pour les 30 postes à pourvoir. « On est là pour proposer à l’organisation de recruter au conseil d’administration, de combler ces 30 postes. Et prochainement, nous allons développer une annonce qui sera publiée dans les médias. Et une fois qu’on reçoit les candidatures, on passe par la procédure normale des critères de sélection. On fait une évaluation sur CV, on regarde si la personne a des compétences et expériences nécessaires et on fait les entrevues par téléphone ou par Skype. Ceux qui seront retenus après cela, on les convoque à passer des entrevues avec des psychologues industriels et 2 à 3 candidats par postes vont être proposés au Conseil d’Administration », a-t-il fait savoir.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 00224623532504

Lire

N’Zérékoré : le préfet accuse, le FNDC réplique

17 octobre 2019 à 17 05 22 102210
Elhadj Sory Sanoh, préfet de N’zérékoré

La tenue d’une conférence débat sur la nécessité de changer l’actuelle Constitution guinéenne a réveillé les tensions à N’Zérékoré. Organisée par un collectif d’enseignants favorable au projet de nouvelle Constitution, la rencontre a connu la présence des autorités locales : gouverneur, préfet et maire de N’zérékoré. Mais, elle a été perturbée par des opposants à ce projet qui sont venus jeter des pierres dans la salle de l’ENI où se tenait la rencontre. Quelques heures après, le préfet de N’Zérékoré a fait une sortie médiatique dans laquelle il accuse le FNDC de vouloir troubler l’ordre public, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

« De sources digne de foi, une réunion à laquelle ont pris part certains membres du FNDC a eu lieu mercredi soir vers 19 h 30’ dans le quartier Koyapoulou. Au cours de cette réunion, certaines dispositions visant à troubler l’ordre public ont été ciblées. Il s’agit d’une manifestation de rue pour demander le départ du préfet et du gouverneur, la répartition dans le quartier Horoya d’un montant reçu à cet effet, la projection d’une réunion dans le district de Nyampara dans les jours à venir pour dispositions à prendre pour l’assaut, la mobilisation des jeunes des villages voisins de la ville afin de grossir les rangs », a annoncé Elhadj Sory Sanoh, appelant les « instigateurs de ce projet à la retenue ».

Le préfet prévient que « toute manifestation non autorisée sera dispersée par les forces de sécurité et les auteurs seront conduits devant la justice. Je demande à tous les jeunes des 22 quartiers d’observer une vigilance pour barrer la route comme le 14 octobre à l’ennemi qui a déjà échoué à N’Zérékoré », a-t-il lancé.

Job Lucas Kpoghomou, coordinateur régional du FNDC à N’Zérékoré

Mais, cette sortie a été aussitôt démentie par les mis en cause. Interrogé par Guineematin.com, Job Lucas Kpoghomou, le coordinateur régional du FNDC à N’Zérékoré, a démenti catégoriquement les propos du préfet Elhadj Sory Sanoh. « C’est archi-faux ce que le préfet a dit. Quand il dit que nous sommes allés quelque part pour tenir une réunion et on a donné de l’argent aux jeunes, il ne sait même pas ce qu’il veut dire. Il sait que ce qu’il a fait hier ce n’est pas bon, c’est pourquoi il veut se racheter. Le FNDC ne se cache pas. Nous, on n’est pas cachés. Tout ce qu’on fait, on écrit et on montre à tout le monde. Donc, le préfet raconte du n’importe quoi », a laissé entendre l’opposant à un 3ème mandat d’Alpha Condé.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Lire

Tueries de manifestants en Guinée : les promesses du PM à la coordination Haali-Poular

17 octobre 2019 à 17 05 04 100410

Dans l’après-midi de ce jeudi, 17 octobre 2019, le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana a reçu une délégation de la coordination nationale des Foulbhés et Haali-Poular. Après lecture et remise d’une copie de la déclaration de la coordination nationale, le Premier ministre a dit sa surprise d’apprendre les exactions des forces de l’ordre dans certains quartiers de la ville de Conakry.

Entouré d’un certain de ses conseillers, le chef du gouvernement a promis à la délégation conduite par Elhadj Ousmane Fatako Baldé de faire arrêter les incursions des hommes armés dans les domiciles privées où des exactions indescriptibles et des meurtres sont perpétrés depuis le lundi dernier, premier jour des manifestations contre un troisième mandat du président Alpha Condé.

A l’issue d’une quarantaine de minutes d’entretien, les sages de la coordination nationale des Foulbhés et Haali-Poular de Guinée ont quitté Kassory Fofana et son entourage avec l’espoir qu’il tiendra sa promesse pour une fois afin que les citoyens ciblés par les agents des forces de défense et de sécurité recouvrent la liberté de vivre chez eux en sécurité.

A suivre !

Lire

Ville morte contre un 3ème mandat en Guinée : la journée partiellement suivie à Labé

17 octobre 2019 à 16 04 30 103010

L’appel du Front National pour la Défense de la Constitution à une journée ville morte a été partiellement suivi à Labé. Même si certaines activités ont repris timidement ce jeudi, 17 octobre 2019, la ville reste toujours paralysée, selon le constat d’un correspondant de Guineematin.com sur place.

Après trois jours de manifestations de rue, le FNDC a appelé à une journée ville morte ce jeudi. La structure composée de partis d’opposition, d’acteurs de la civile et de syndicats entre autres, a demandé aux Guinéens de rester à la maison pour protester encore une fois contre le projet de changement de l’actuelle Constitution qui permettrait au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Et, ce mot d’ordre a été respecté par certains habitants de Labé, mais pas tous.

Contrairement aux trois précédents jours pendant lesquels tout était à l’arrêt, certaines activités ont fonctionné ce jeudi dans la ville. En plus de l’administration qui a travaillé ce jour, certains commerçants ont ouvert partiellement les portes de leurs boutiques et d’autres hommes de métiers vaquent à leurs occupations. Au marché Yenguéma (marché de vente de condiments), on constate une grande affluence. Vendeuses et clientes se bousculent sur place après avoir passé trois jours à la maison.

Par contre, les écoles restent toujours fermées. A certains endroits, on a constaté la présence des responsables dans les établissements scolaires, mais les enseignants et les élèves brillent par leur absence. Les banques primaires et le marché central de la ville restent également fermés. Dans les rues, les traces laissées par les manifestations de ces derniers jours sont encore fortement visibles. Et dans les échanges, plusieurs citoyens se disent déterminés à descendre à nouveau dans la rue pour contraindre le président Alpha Condé à renoncer à son projet de troisième mandat.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

Lire

Journée ville morte du FNDC : notre constat (Bambéto-Sonfonia)

17 octobre 2019 à 16 04 04 100410

Après 3 jours de manifestations contre le changement de la constitution en faveur du président Alpha Condé, le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) avait appelé à une journée ville morte ce jeudi, 17 octobre 2019. Cet appel n’est suivi que très peu sur certaines parties de la route Le Prince, notamment entre Bambéto et Sonfonia, dans la commune de Ratoma, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La Guinée a enregistré ces derniers jours des violences meurtrières, consécutives à la volonté du pouvoir en place d’octroyer à Alpha Condé un 3ème mandat. Pour maintenir la pression sur les promoteurs du contesté projet de nouvelle constitution, le FNDC avait appelé à faire de ce jeudi une journée ville morte.

Le long de la route le Prince, théâtre de violents affrontements entre manifestants contre un troisième mandat et agents des forces de l’ordre, les activités économiques sont encore au ralenti, même si la circulation redevient relativement normale. Entre Hamdallaye et la route transversale numéro 7 (Sonfonia), même si la plupart des stations services sont ouvertes, les boutiques et magasins sont quasiment fermés dans la journée de ce jeudi.

Il est à noter que la circulation a timidement repris. Elle est fluide de Bambéto à Cosa, mais boutiques, magasins et pharmacies sont fermés. Des pick-up de la police et de la gendarmerie sont positionnés à plusieurs endroits des deux côtés de la route Le Prince. Les marchés de Koloma et de Cosa ont repris leur ambiance habituelle, avec moins d’affluence tout de même.

A quelques pas du carrefour de Cosa, sur la route de la cité Enco5, des boutiques et des magasins sont ouverts. A ENCO 5, quelques étalagistes ont repris leurs activités. Il en est de même pour les boutiquiers et autres marchands.

Entre la T5 à la T6, peu de taxi-motards sont visibles. Là également, Des pick-up des forces de l’ordre sont stationnés au niveau de tous les carrefours réputés être chauds lors des manifestations.

À l’abri du soleil, des agents des forces de l’ordre, appartement fatigués, sont visibles sous des hangars situés non loin de leurs pick-up.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 00224622919225 / 666919225

Lire

Manifestations anti-3ème mandat en Guinée : les inquiétudes de l’IRE de Boké

17 octobre 2019 à 15 03 47 104710

Comme annoncé précédemment, les manifestations appelées par le FNDC contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé paralysent les activités depuis le lundi, 14 octobre 2019, à Boké. Depuis le début de ces mouvements de protestation, il n’y a pas eu cours dans les écoles de la ville. Même si les encadreurs et les enseignants sont présents à leurs lieux de travail, les élèves, eux, ne vont pas en classes. Une situation inquiétante pour l’inspecteur régional de l’éducation de Boké, qui craint un scénario comme celui enregistré l’année dernière. Dans un entretien avec un correspondant local de Guineematin.com, Moriba Sidibé tire la sonnette d’alarme et lance un appel aux parents d’élèves.

Moriba Sidibé, inspecteur Régional de l’éducation de Boké

« Comme l’année dernière, les cours ont repris, mais les enfants ne viennent pas. Surtout depuis le début des manifestations. Les enseignants sont là mais les enfants traînent toujours les pas. Je pense que tout le monde devait tirer des leçons de l’année passée. C’est vrai que les parents d’élèves ont peur des mouvements par-ci par-là, mais moi c’est en tant qu’inspecteur que je leur demande de laisser les enfants venir. Surtout que depuis qu’on a commencé, on n’a jamais violenté un élève dans une école. Il faut que les parents laissent donc les enfants venir à l’école. Que tout le monde se rappelle du scénario de l’année passée. Et, je crains fort que la même chose ne se répète cette année. Cette fois-ci nous voulons de bons résultats, nous voulons même des lauréats à Boké. Mais pour cela, il faut que les élèvent viennent à l’école et qu’ils acceptent d’étudier », a dit l’IRE de Boké.

Reste à savoir si cet appel tombera dans de bonnes oreilles.

De Boké, Abdourahmane N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628-98-49-38

Lire

Communiqué du site objectif224

17 octobre 2019 à 15 03 31 103110

L’Administration générale du site d’informations objectif224.com, informe ses nombreux lecteurs, qu’en raison d’une panne technique survenue le week-end dernier, ils sont privés des services de leur quotidien en ligne.

Toute l’équipe d’objectif224.com s’excuse des gros désagréments qui vous ont été causés par ce black-out.

Nous vous assurons que depuis la survenue de cette panne, des techniciens s’efforcent d’arrache-pied, à y remédier dans les meilleurs délais.

A terme, vous retrouverez un site d’informations plus facile d’accès, mieux fourni et plus à cheval sur l’actualité.

L’Administrateur Général

Talibé Barry

Lire

Affaire 3ème mandat : ce que le gouverneur de Labé dit aux manifestants

17 octobre 2019 à 15 03 13 101310
Madifing Diané, Gouverneur de la région administrative de Labé
Madifing Diané, Gouverneur de la région administrative de Labé

Le gouverneur de la région administrative s’est exprimé ce jeudi, 17 octobre 2019, sur les manifestations anti-3ème mandat organisées pendant les trois précédents jours dans la ville de Labé. Madifing Diané, qui a animé une conférence de presse dans les locaux du gouvernorat, a déploré la violence qui a caractérisé ces manifestations de rue. Il a même accusé certains manifestants de détenir des armes dont ils serviraient pour s’en prendre aux forces de maintien d’ordre, rapporte un correspondant de Guineematin.com sur place.

« J’ai partagé la grande souffrance avec vous ces derniers temps. Difficilement les citoyens ont pu avoir des condiments ces derniers temps. Mais, malgré la violence extrême des manifestants, nous avons exigé de nos forces de l’ordre la retenue. Je tiens à les féliciter et à les encourager. Ce mercredi, nous n’étions pas devant une manifestation citoyenne mais devant une véritable insurrection. Les services de sécurité ont détecté dans les rangs des marcheurs, des jeunes armés de pistolets de fabrication locale avec des cartouches, des frondes, des lance-pierres ainsi que des coupe-coupe. Par ce comportement, j’ai enregistré dans les rangs de mes unités certains blessés dont un grièvement », a-t-il indiqué.

Pour appuyer ses propos, le gouverneur a présenté à la presse certaines armes qui auraient été saisies sur certains manifestants. Il a annoncé dans le même temps des dispositions prises pour faire face à cette situation, mettant en garde les manifestants. « Je tiens à informer que toutes les dispositions légales en état de légitime défense sont prises en vue de mieux sécuriser notre population et protéger nos agents de sécurité. En conséquence, j’invite les chefs des familles, les chefs des secteurs, les chefs des quartiers et les responsables à tous les niveaux à s’impliquer, parce qu’il y va du devenir et de l’avenir de notre population. Car nombreux sont, dans cette marche, des enfants de moins de 15 ans qui participaient aux barricades et au rançonnement de nos citoyens.

Et, je tiens à prendre toute la responsabilité. J’ai donné instructions avec toutes des dispositions légales à toutes mes forces que ça soit de défense ou de sécurité qui désormais ne se feront pas tirer dessus par un voyou dans les rangs, s’exclamant au nom d’une marche citoyenne. Maintenant que nous avons l’assurance que ceux qui sont armés ne sont pas des manifestants que reconnaissent ceux qui sont à l’origine de cette marche, ça nous donne le droit de prendre nos responsabilités. Qu’ils marchent comme ils veulent. Mais s’ils deviennent agressifs, nous serons agresseurs aussi. A bon entendeur salut ! », a prévenu Elhadj Madifing Diané.

A noter que le déploiement de l’armée dans la ville a mis fin aux manifestations, mais la plupart des activités restent toujours paralysées à Labé. Selon le gouverneur de cette région, les manifestants interpellés seront jugés conformément à la loi.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

Lire

Tueries de manifestants en Guinée : le GOHA dénonce les agents de sécurité qui se comportent comme des loubards

17 octobre 2019 à 13 01 30 103010
Chérif Mohamed Abdallah, président du GOHA

« Le GOHA invite tous les opérateurs économiques à rester vigilants, car ceux qui sont sensés assurer la sécurité de leurs personnes et leurs biens se sont comportés en loubards qu’ils ont charges de traquer en défonçant les commerces et en les vidant de leur contenu. Cela au vu et au su de la hiérarchie », dénonce le Groupe organisé des Hommes d’Affaires (GOHA), dans une déclaration publiée dans la journée de ce jeudi, 17 octobre 2019.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de cette déclaration :

Déclaration du GOHA

A l’instar de la communauté nationale et internationale, le Groupe Organisé des Hommes d’Affaires (GOHA) a vécu avec indignation et tristesse les actes de pillage, de répression disproportionnée, voire d’assassinat des paisibles citoyens, pour certains dans leurs domiciles.
Le GOHA s’incline devant les dépouilles des valeurs citoyens tombés pour que les idéaux démocratiques pour lesquels certains avaient déjà payé le même prix ne soient pas remis en cause par un groupe d’hommes.
Par la même occasion, le GOHA présente ses condoléances au peuple Guinéen en général, et aux familles éplorées en particulier. Que la terre de Guinée qu’ils ont défendu jusqu’à donner de leur vie leur soit légère.
Le GOHA invite le peuple Guinéen à ne pas céder au démon de la division sociale. En réponse à la tragédie que la nation traverse, nous devons rester un et indivisible. Nous devons garder à l’esprit que cette situation n’a rien d’ethnique. Elle est plutôt le faite par des individus hostiles à l’unité nationale.
Le GOHA invite tous les opérateurs économiques à rester vigilants, car ceux qui sont sensés assurer la sécurité de leurs personnes et leurs biens se sont comportés en loubards qu’ils ont charges de traquer en défonçant les commerces et en les vidant de leur contenu. Cela au vu et au su de la hiérarchie.
Le GOHA condamne les arrestations des citoyens qui n’ont eu pour tort que de solliciter le maintien d’un Etat de droit dans notre pays. C’est pourquoi, le GOHA réaffirme son adhésion totale à la lutte du FNDC et invite tous ses membres à apporter tout le soutien nécessaire afin que triomphe le pouvoir du peuple.
Ensemble, nous vaincrons ; divisés, ils vaincront.
Que Dieu apporte son assistance bienveillante au peuple Guinéen qui en a plus que besoin face à ceux qui prêchent la division.
Conakry le 17 octobre 2019
Le président
Chérif Mohamed Abdallah

Lire

Procès d’Elie Kamano et Cie : « nous pensons que nos clients seront remis en liberté demain »

17 octobre 2019 à 13 01 08 100810
L’artiste guinéen engagé, Elie Kamano, arrêté le lundi dernier, premier jour des manifestations contre un troisième mandat du président Alpha Condé

Le procès de l’artiste guinéen Elie Kamano et 26 autres opposants à un troisième mandat pour le président Alpha Condé s’est ouvert hier, mercredi 16 octobre 2019, au tribunal de première instance de Mafanco (Conakry). Mais peu après l’ouverture, l’audience a été renvoyée au vendredi, au grand dam des avocats de la défense, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

A leur arrivée au tribunal, les 27 prévenus ont affiché un mental fort et une détermination sans faille. Mais après leur identification, le procureur a sollicité le renvoi des débats à demain, vendredi. Une demande à laquelle se sont opposés les avocats de la défense, qui l’ont jugé inopportune. Malgré tout, le tribunal a accédé à la demande en renvoyant l’audience au 18 octobre. Me Alsény Aïssata Diallo, l’un des avocats des prévenus, espèrent que cette fois sera la bonne et que leurs clients seront libérés à l’issue des débats.

Me Alsény Aïssata Diallo, un des avocats de l’artiste Elie Kamano

« Nous pensons que demain on va en finir une bonne fois pour toutes avec ce dossier et que nos clients seront remis en liberté parce qu’ils n’ont commis aucune infraction. Vous avez vu, à Coyah ils ont libéré nos clients, à Dubreka aussi ils ont libéré nos clients, je pense que les magistrats qui sont là vont faire la même chose. Parce que ce qui reste clair, c’est que le mouvement en cours contre un troisième mandat est irréversible. Donc, ce n’est pas avec une main qu’on peut empêcher le soleil de briller », a déclaré l’avocat.

Elie Kamano et les 26 autres prévenus dans ce dossier ont été interpellés le lundi, 14 octobre 2019, première journée des manifestations appelées par le Front National pour la Défense de la Constitution pour barrer la route au changement de la Constitution voulu par le pouvoir et qui permettrait au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Ils sont poursuivis pour « attroupement illégal, troubles à l’ordre public… »

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

Lire

Ville morte contre un 3ème mandat en Guinée : le FNDC satisfait du bilan à la mi-journée

17 octobre 2019 à 12 12 58 105810

Les manifestations du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) contre le 3ème mandat pour Alpha Condé se poursuivent. Après les trois journées meurtrières, la structure avait invité à observer une journée ville-morte ce jeudi, 17 octobre 2019. Joint au téléphone par un reporter de Guineematin.com, Oumar Sylla, plus connu sous le nom de Foniké Menguè, coordinateur du FNDC, se réjoui de l’observation de cette journée par les citoyens de Conakry.

« La journée ville est largement suivie à Conakry, parce que les banques sont fermées, les boutiques et magasins sont aussi fermés. Les entreprises sont également fermées ce jeudi. A la mi-journée, nous sommes satisfaits du suivi du mot d’ordre de journée ville-morte à travers la ville de Conakry », a laissé entendre Foniké Menguè.

A la question de savoir quelle va être la prochaine étape, le coordinateur du FNDC a expliqué qu’une réunion est prévue ce jeudi dans la soirée pour se pencher sur le sujet. « Nous allons nous retrouver ce jeudi soir pour tirer les leçons de cette manifestation, de cette journée ville morte. Au cours de cette rencontre, il sera aussi question des perspectives, de ce qui sera fait dans les prochains jours jusqu’à ce que nos revendications aboutissent », a dit Oumar Sylla.

Il faut rappeler que le FNDC a appelé à ces manifestations pour contrer les velléités du président Alpha Condé de se maintenir au pouvoir en Guinée au-delà de son mandat légal. En trois jours de manifestation, au moins dix (10) jeunes guinéens ont été assassinés par balles suite à l’intervention des forces de l’ordre.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineemati.com

Tél. : 628 17 99 17

Lire

Guinée : Haali Poular demande l’arrêt des exactions des forces de l’ordre sur les citoyens

17 octobre 2019 à 12 12 37 103710

Dans une déclaration rendue publique dans la matinée de ce jeudi, 17 octobre 2019, la Coordination Nationale des Foulbhés et Haali-Poular de Guinée a demandé au président Alpha Condé de renoncer à son projet de nouvelle constitution, l’arrêt des exactions, l’interdiction aux forces de l’ordre de pénétrer dans les concessions, la libération des responsables du FNDC et de toutes les personnes arrêtées et emprisonnées à l’occasion des manifestations relatives à la nouvelle constitution ou au troisième mandat… ».

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’intégralité de cette déclaration :

Elhadj Ousmane Fatako Baldé, président de la Coordination des Foulbhés et Haali-Poular

Conakry, le 16 Octobre 2019

DÉCLARATION DE LA COORDINATION NATIONALE DES FOULBHES ET HAALI-POULAR DE GUINÉE RELATIVE A LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE ACTUELLE DU PAYS :

La Coordination Nationale des Foulbhés et Haali-Poular de Guinée, est particulièrement préoccupée par la dégradation actuelle du climat socio-politique et sécuritaire du Pays.

Considérant la volonté affichée des autorités gouvernementales à changer la constitution afin de permettre au Président de la République, de briguer un troisième mandat en 2020 ;

Considérant que le nombre et la durée du mandat font partie des dispositions intangibles de la constitution de 2010, c’est-à-dire qu’elles ne peuvent point faire l’objet de révision ;

Considérant que cette situation a provoqué une cristallisation des positions entre partisans et adversaires du changement de constitution ou du troisième mandat ;

Considérant que les violences enregistrées lors des manifestations du 14 et 15 Octobre 2019, ayant entraîné au moins huit morts, soixante-dix blessés par balles, une centaine d’arrestations et de dégâts matériels importants, ne sont que la conséquence de cette cristallisation.

La Coordination Nationale des Foulbhés et Haali-Poular de Guinée demande humblement :

  • Au Président de la République, dans un souci de préservation de la paix et de la quiétude sociale, de renoncer sagement à ce projet de nouvelle constitution conflictogène et de respecter la constitution de 2010 en vigueur sur laquelle il a prêté serment par deux fois, et a juré de respecter et de faire respecter ;
  • Aux autorités gouvernementales et locales, de prendre toutes les dispositions appropriées pour garantir la sécurité des personnes et de leurs biens, de permettre aux associations et aux citoyens l’exercice de leurs droits et libertés conformément aux lois en vigueur ;
  • Aux partis politiques et à la société civile, de faire preuve de responsabilité et de retenue dans l’exercice de leurs droits et libertés constitutionnels de manifester, afin de préserver la quiétude sociale.
    En outre, pour promouvoir l’apaisement et restaurer la confiance et la sérénité, la Coordination Nationale des Foulbhés et Haali-Poular de Guinée recommande aux autorités :
  • L’arrêt des exactions en cours dans les quartiers de Conakry et à l’intérieur du pays ;
  • L’interdiction aux forces de l’ordre de pénétrer dans les concessions ;
  • La libération des responsables du FNDC et de toutes les personnes arrêtées et emprisonnées à l’occasion des manifestations relatives à la nouvelle constitution ou au troisième mandat ;
  • De prendre en charge les blessés couchés dans les hôpitaux ;
  • De diligenter des enquêtes pour retrouver les auteurs des crimes commis et de les traduire en justice ;
  • De privilégier le dialogue et la concertation entre tous les acteurs, pour aplanir les divergences, apaiser les cœurs et les esprits.

La Coordination Nationale des Foulbhés et Haali-Poular de Guinée, présente ses sincères condoléances aux familles éplorées et souhaite prompte rétablissement aux blessés.

Elhadj Ousmane Fatako Baldé, Président de la Coordination Nationale des Foulbhés et Haali-Poular de Guinée (CNFHPG)

Lire

Yomou : liberté provisoire pour 3 opposants à un 3ème mandat

17 octobre 2019 à 12 12 15 101510

Les opposants au projet de changement de l’actuelle qui devrait permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat continuent à défiler devant la justice guinéenne. Après ceux de Conakry, Coyah, Kindia et Mamou, les membres du FNDC arrêtés à Yomou ont comparu ce jeudi, 17 octobre 2019, devant la justice de paix de la ville. La justice leur a accordé une liberté provisoire et a renvoyé le procès à la semaine prochaine, a appris Guineematin.com de sources locales.

Ils sont trois prévenus dans ce dossier. Bernard Kpoghomou, Antony Haomou et Charles Kpoghomou ont été interpellés par les forces de l’ordre le lundi, 14 octobre 2019, alors qu’ils s’apprêtaient à manifester dans la rue pour dénoncer le projet de troisième mandat du président Alpha Condé. Poursuivis pour « attroupement illégal sur la voie publique », les trois prévenus ont tous plaidé non coupables.

Mais, les débats n’ont duré que quelques minutes. La justice a décidé de renvoyer l’audience au mardi, 22 octobre prochain pour permettre aux avocats de la défense de rallier Yomou. En attendant, les trois prévenus ont été remis en liberté avec obligation de se présenter à la justice lors de la prochaine audience.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

Lire

Mort d’un jeune à Mamou : le témoignage pathétique d’un père en larme

17 octobre 2019 à 11 11 07 100710
Boubacar Baïlo Barry, père du jeune Thierno Aliou tué par balle à Mamou

« Quand on tire sur quelqu’un à la poitrine et que la balle sorte par le dos, on ne peut pas dire que c’est une balle perdue. S’il avait reçu la balle aux pieds ou aux bras, on pouvait dire que c’est une balle perdue. Mais, sur la poitrine ? Cela veut dire qu’ils (les agents de sécurité) ont tiré à bout portant », a indiqué monsieur Boubacar Baïlo Barry, après l’enterrement de son fils, Thierno Aliou Barry, au cimetière de Kôdala, dans le quartier Kimbely, commune urbaine de Mamou, ce mardi, 15 octobre 2019.

Comme annoncé dans nos précédentes dépêches, un jeune élève a été tué par balle le lundi dernier, 14 octobre 2019, à la première journée des manifestations contre un troisième mandat appelées par le front national pour la défense de la constitution (FNDC). Et, monsieur Boubacar Baïlo Barry (le père de la victime) assure que son fils n’était pas sorti pour manifester. Mais, « il a été tué à bout portant » alors qu’il cherchait à rejoindre un poste de gendarmerie où un de ses cousins était détenu.

Thierno Aliou Barry, tué par balle à Mamou

Guineematin.com vous propose ci-dessous l’intégralité de l’intervention de ce vieil homme qui a perdu à tout jamais un fils pour lequel il nouait une grande admiration ; surtout après s’être félicité de son admission au BEPC (brevet d’étude du premier cycle) session 2019.

« Le lundi matin, Thierno Aliou est allé à l’école. Quelque temps après, il est revenu à la maison. Quand je l’ai interrogé, il m’a dit qu’ils n’ont pas fait cours. Je lui ai alors demandé de laver ma moto. Et, je me suis rendu en ville pour acheter des piles pour ma torche ; parce que ça fait trois jours que nous n’avons pas de courant. Quand je suis revenu de la ville, on s’est attelé à nettoyer les abords de notre cour. Et, c’est à midi qu’on a arrêté ce travail. On est resté à la maison jusqu’à 14 heures. C’est après la prière de 14 heures qu’un enfant est venu me dire que mon neveu a été interpellé par les agents de la FOSSEPEL (nom encore donné à la brigade de gendarmerie mobile N°12 à Mamou, NDLR). Quelques temps après, un autre jeune est venu nous dire que mon neveu a été sérieusement battu et conduit à l’hôpital régional. C’est ainsi que je me suis rendu à l’hôpital pour vérifier. Mais, mon neveu n’y était pas. Je suis revenu chez moi vers 16 heures. Et, mon enfant (Thierno Aliou Barry) qui a été tué nous a dit qu’il va aller voir dans quel poste de gendarmerie ou de police mon neveu est détenu. Mais, notre route qui passe devant le poste de la FOSSEPEL était barrée. Cependant, comme il connait très bien le quartier, il a emprunté des ruelles pour aboutir à l’union musulmane (une école franco-arabe, NDLR). Son arrivée sur ce lieu a coïncidé aux affrontements entre les jeunes manifestants et les agents des forces de l’ordre. Dès qu’il (Thierno Aliou) est apparu, les agents ont ouvert le feu sur lui. La balle l’a atteint à la poitrine et elle est sortie par son dos. Il est tombé et il a rendu l’âme sur le champ. Cela s’est passé après 17 heures. Les jeunes ont conduit son corps à l’hôpital. C’est après qu’un jeune, un de nos voisins qui l’avait reconnu, a appelé son père pour lui dire de venir m’informer que mon fils a été fusillé. Ce voisin est venu en courant chez moi. Il détenait son téléphone en main. Il m’a passé son fils ; et, ce dernier m’a dit que mon enfant a été tué. C’est ainsi que je me suis rendu à l’hôpital. Quand je suis arrivé aux urgences, j’ai vu une mare de sang devant la porte. Les gens se sont mis à me présenter des condoléances. J’ai passé plus d’une heure en train de taper à la porte des urgences pour qu’on me permette de voir mon fils. C’est quand j’ai supplié les médecins en disant que quoiqu’ils fassent, si mon fils est mort ils ne pourront pas le ramener à la vie, qu’ils ont accepté d’ouvrir la porte. Lorsque je suis entré dans la salle, ils m’ont montré le corps. J’ai vu les traces de la balle, je l’ai embrassé et je suis sorti des urgences pour informer ma famille. Nous sommes restés à l’hôpital jusqu’à 20 heures ; mais, ils nous ont dit qu’on ne peut pas récupérer le corps. On est alors rentré chez nous pour y passer la nuit. Ce mardi, nous sommes encore partis à l’hôpital. Et, vers 11 heures, on nous a rendu le corps de Thierno Aliou. On l’a enterré après la prière de 14 heures. C’est comme ça que ça s’est passé. Thierno Aliou n’est jamais sorti manifester. Il est âgé de 18 ans ; et, c’est cette année qu’il a eu le brevet. Il fait partie des six enfants qui ont été admis au brevet dans tout notre quartier. Je demande aux autorités de dire aux agents de la sécurité de ne pas tirer sur les enfants des gens. Ceux qui tirent sur les gens, si on enquête un peu, on verra qu’ils sont apparentés à ceux qu’ils tuent. S’ils ne sont pas liés par le sang, ils sont au moins tous des guinéens. Je demande à la justice de dire la vérité dans cette affaire. Il faut que les agents arrêtent de tirer sur les gens comme s’ils tuaient des singes. Quand on tire sur quelqu’un à la poitrine et que la balle sorte par le dos, on ne peut pas dire que c’est une balle perdue. S’il avait reçu la balle aux pieds ou aux bras, on pouvait dire que c’est une balle perdue. Mais, sur la poitrine ? Cela veut dire qu’ils (les agents de sécurité) ont tiré à bout portant », a dit Boubacar Baïlo Barry au bord des larmes.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Lire

Abus des forces de l’ordre à Koloma : témoignage d’une victime

17 octobre 2019 à 11 11 06 100610

Depuis le début des manifestations anti-troisième mandat appelées par le FNDC, les forces de l’ordre font des exactions dans les quartiers situés le long de la route le Prince, à Conakry. En plus des jeunes tués par balles dans cette zone, fief de l’opposition, plusieurs autres citoyens ont été blessés et d’autres interpellés jusque dans leurs concessions.

Hier mercredi, 16 octobre 2019, un reporter de Guineematin.com avait donné la parole à une des victimes de ces arrestations arbitraires perpétrées à Koloma Soloprimo. Abdoul Salam Diallo, enseignant, est revenu sur son interpellation par la police.

« Ce mercredi matin, nous avons fait l’objet d’arrestation devant une boutique, où moi j’étais parti juste pour chercher du pain. Je suis sorti avec un billet de 5000 francs. C’est pendant que j’échangeais avec le boutiquier que le pick-up de la police a fait irruption sur les lieux, on ne pouvait pas s’enfuir. Ils ont arrêté tous ceux qui étaient là-bas et nous ont mis dans leur pick-up. On était une dizaine de personnes y compris des adultes et des sages. Moi, j’ai été conduit à la police de Koloma où j’ai passé quelques heures en détention. J’ai été libéré avec d’autres avoir payé des montants allant de 100 mille jusqu’à 1 million de francs, selon les négociations. Mais, d’autres ont été conduits à des destinations que nous ne connaissons pas », a-t-il témoigné.

Ce citoyen de Koloma Soloprimo ajoute que d’autres personnes dont des jeunes filles ont été arrêtées dans leurs domiciles. Selon lui, les agents de maintien d’ordre procèdent à ces interpellations juste pour rançonner les citoyens. « Trois filles ont été arrêtées dans notre quartier ici, dans leur propre concession par des agents de maintien d’ordre. Ces derniers ont pénétré de force dans la concession avant de ramasser les filles et les emmener avec eux. Elles ont été envoyées quelque part à Matam. Leurs parents ont dû payer de l’argent pour les faire libérer. C’est vraiment déplorable ce qui se passe actuellement. Je demande aux forces de l’ordre de bien vouloir faire leur travail avec professionnalisme. Si les agents veulent arrêter des gens, qu’ils arrêtent les manifestants et non innocents qui sont dans les quartiers », a lancé Abdoul Salam Diallo.

A noter que toutes les activités sont à l’arrêt depuis lundi dans la zone Hamdallaye-Bambeto-Cosa. Contrairement aux deux précédents jours, des échauffourées entre manifestants et forces de l’ordre ne sont pas encore signalées ce mercredi dans la zone. Les citoyens sont confinés dans leurs domiciles par les policiers et gendarmes qui mettent la main sur quiconque se hasarde à sortir.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Lire

Coyah : 5 membres du FNDC relaxés, le vice-maire en prison

17 octobre 2019 à 10 10 17 101710

La procédure judiciaire engagée contre des manifestants qui s’opposent au projet de 3ème mandat pour Alpha Condé a été entamée avec la comparution des prévenus à Conakry, Mamou, Kindia et Coyah hier mercredi 17 octobre 2019. Si dans les 3 premières villes, les dossiers ont été renvoyés pour la suite des débats, les réquisitions et plaidoiries ou le verdict, cinq des six prévenus de Coyah ont été tout simplement libérés par la justice, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Six personnes, dont le vice-maire, Ousmane Camara, étaient jugées à Coyah hier mercredi en rapport avec les manifestations du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) contre le 3ème mandat pour Alpha Condé. Pendant l’audience, tenue au Tribunal de Première Instance de Coyah, les prévenus ont nié les faits pour lesquels ils étaient jugés.

Les cinq premiers, mis aux arrêts le lundi 14 octobre, étaient jugés pour participation à une manifestation non autorisée sur la voie publique. Pendant les débats, les prévenus ont nié les faits.

Selon nos informations, le procureur, Fallou Doumbouya, a requis la relaxe. C’est donc sans surprise que le tribunal, par la voix du juge, Cheikh Ahmed Tidjane N’Diaye, a relaxé les prévenus pour délit non constitué.

Quant au vice-maire, Ousmane Camara, mis aux arrêts de façon « spectaculaire » le dimanche, veille de la manifestation contre le 3ème mandat, il est poursuivi pour « manœuvres et actes susceptibles de porter une atteinte grave à la sécurité publique ».

Son avocat, maitre Moussa Diallo, dénonce un kidnapping de son client. Selon lui, « mon client a reçu un appel d’un inconnu lui demandant de voler à son secours au commissariat central de Coyah où il serait détenu. Mais, il ne trouve là que le commissaire de police de Coyah qui lui dit que le préfet voulait le rencontrer. Quand ils sont allés chez le préfet, il y a eu un échange amical avant qu’on ne lui dise de rentrer. Il est monté dans le véhicule du commissaire puisqu’ils allaient vers la même direction. Mais en cours de route, le commissaire a remis mon client à une patrouille qui l’a déposé à Conakry où il a passé la nuit du dimanche. Le lendemain, le procureur de Coyah a émis un mandat d’arrêt contre monsieur Ousmane Camara ».

Pendant l’audience d’hier, Ousmane Camara a nié systématiquement les faits pour lesquels il est poursuivi. La demande de sa mise en liberté de son avocat n’a pas prospéré, « même s’il remplit toutes les garanties de représentativité, surtout que c’est un élu local. C’est suite à l’appel du procureur que la mise en liberté n’a pas abouti puisqu’il y avait le mandat d’arrêt contre lui », a précisé maitre Moussa Diallo.

Le tribunal a renvoyé le dossier au mercredi, 23 octobre 2019, pour les plaidoiries et réquisitions. Le vice maire, Ousmane Camara, retourne à la prison civile de Coyah où il va continuer à séjourner.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Lire

Tueries de manifestants en Guinée : ARTICLE 19 dénonce

17 octobre 2019 à 9 09 51 105110

Guinée Conakry : ARTICLE 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest condamne fermement les pertes en vies humaines, les blessés par balles et les autres formes de violations enregistrées au cours d’une manifestation le lundi 14 octobre 2019 contre la réforme constitutionnelle.

ARTICLE 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest condamne fermement la répression violente de la manifestation lancée par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) en Guinée ce lundi 14 octobre 2019, et reste profondément préoccupé par le cours des événements en République de Guinée à la veille des élections législatives prévues en Décembre 2019 et à un an de l’élection présidentielle.

Au moins trois (03) morts, une dizaine de blessés par balles et plusieurs interpellations ont été recensés à la suite de la répression de la marche du FNDC à Conakry et dans plusieurs villes du pays.

Pour étouffer la marche 48 heures avant sa tenue, les forces de l’ordre ont procédé à une série d’arrestations de plusieurs acteurs de la société civile et des leaders d’opinion parmi lesquels : Abdourahmane Sanoh (Coordinateur du FNDC), Abdoulaye Oumou Sow (Blogueur), Bailo Diallo (Activiste), Badra Koné (vice-maire de la commune de Matam).

Les membres du FNDC et leurs sympathisants ont été placés sous mandat de dépôt et sont poursuivis pour « manœuvres et actes de nature à compromettre la sécurité publique ou à occasionner des troubles graves à l’ordre public », et devraient être jugés devant le tribunal de Dixinn, à Conakry ce mercredi 16 octobre 2019.

« Nous sommes profondément consternés et attristés par ces pertes en vies humaines, ces blessés par balles, les arrestations en série et toutes autres formes de violences intervenues avant, pendant et après la marche du FNDC. Garantir aux citoyens le droit d’exprimer leurs opinions politiques, y compris le droit de protester, donne un sens au système démocratique voulu par toutes les parties en Guinée et participe à la confiance des citoyens dans leur administration. Nous présentons nos sincères condoléances aux victimes et à leurs familles. Cette répression sanglante porte un coup dur à la liberté d’expression et à la jeune démocratie dans ce pays.

Elle ne doit pas rester impunie » déclare Fatou Jagne SENGHOR, Directrice Régionale de ARTICLE 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest.

ARTICLE 19 tient à rappeler que ces violences fragilisent la démocratie. Le Gouvernement de la Guinée viole sa propre constitution du 07 mai 2010 en son article 10 qui stipule : « Tous les citoyens ont le droit de manifestation et de cortège. » ainsi que les instruments régionaux et internationaux auxquels la Guinée a souscrit : la charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP), la Déclaration Universelle des droits de l’Homme et des peuples (DUDH), etc.

Nous exhortons les Autorités Guinéennes à :

  • Libérer sans condition tous les activistes, leaders, membres de la société civile arrêtés pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression ;
  • Diligenter dans les meilleurs délais une enquête indépendante et transparente afin de traduire en justice les auteurs de la répression de la marche du 14 octobre 2019. Cela constituera l’un des meilleurs moyens de dissuasion contre l’usage des armes lethales contre des manifestants et de lutter contre l’impunité ;
  • Veiller au respect effectif de sa constitution, des instruments régionaux et internationaux qui garantissent les libertés publiques, en particulier la liberté d’expression.
    Fin
Lire

Manifestations contre un 3ème mandat en Guinée : les gendarmes accusés d’exactions à (Pétel) Mamou

17 octobre 2019 à 9 09 38 103810

Depuis le début de cette semaine, la ville de Mamou fait face à des violences d’une extrême gravité. Et, hier, mercredi 16 octobre 2019, n’a pas été d’un grand répit pour les manifestants anti-troisième mandat et les agents des forces de l’ordre. Ces derniers sont d’ailleurs accusés d’avoir vandalisé plusieurs boutiques à Petel, un des quartiers de la commune urbaine de Mamou où la protestation contre le projet de nouvelle constitution ne faiblit pas depuis le premier jour des protestations, lundi, a appris Guineematin.com de sources locales.

Deux morts, une trentaine de blessés dont certains par balles (selon une source médicale qui a requis l’anonymat), plus de 40 personnes interpellées : c’est le bilan encore provisoire des deux premiers jours (lundi et mardi) de manifestation dans la ville carrefour.

Depuis le début des protestations lancées par le front national pour la défense de la constitution du 07 mai 2010, la commune urbaine de Mamou est en proie à des violences d’une extrême gravité. Les manifestants anti-3ème mandat et les forces de l’ordre s’affrontent à coups de jets de pierres contre tirs de gaz lacrymogènes. Des barricades et des pneus brûlés sont visibles sur les principales artères de la ville. De l’huile de moteur est également déversée par endroit sur la chaussée.

Tenaces et prêts à en découdre, les manifestants tiennent tête aux forces de l’ordre. Par moment, ils réussissent même à les faire replier.

Dans la journée du Mardi, certains manifestants se sont introduits dans la cour du gouvernorat et endommagé plusieurs véhicules dont celui de l’inspecteur régional de la culture. Ils ont aussi réussi à accéder au local qui abrite les bureaux de l’inspection régionale des affaires sociales.

« Ils ont emporté des objets de valeur et des ordinateurs », a confié à Guineematin.com un cadre du gouvernorat, joint au téléphone.

Malgré l’appel à la retenu et au dialogue lancé aux acteurs (FNDC et autorités administratives), les échauffourées continuent d’orner le quotidien des populations de Mamou. Et, hier, mercredi, troisième jour de manifestation, les violences ont pris une autre dimension.

Ayant réussi à franchir le ‘’Pont de Petel’’, les forces de l’ordre se seraient livrées à des actes de vandalisme, tout en proférant des menaces de mort et des injures grossières à l’endroit des femmes de ce quartier.

Elhadj Alseny Sylla, habitant de Petel

« Nous étions là avec nos familles. Et, d’un seul coup, vers 13 heures, on a vu arriver les forces de l’ordre. Les agents ont directement commencé à s’attaquer aux boutiques des gens. Ils sont venus endommager ma moto qui est ici. Ils ont voulu entrer dans ma maison, ils n’ont pas pu défoncer la porte métallique qui est là. Mais, ils ont réussi à entrer chez mon voisin. Ils ont pris tout ce qu’ils ont voulu et ils l’ont sévèrement battu avant de quitter. Si vous regarder le long de la route de Petel, les agents ont fini de tout gâter », a expliqué Elhadj Alseny Sylla, un travailleur de la société électricité de Guinée (EDG).

Selon les témoignages, ces exactions des forces de l’ordre ont eu lieu en présence de Bakary Camara, le commandant de la gendarmerie départementale de Mamou. « Commandant Bakary était arrêté sous le fromager qui se trouve à côté du pont. Il a assisté à tout ce qui s’est passé ici. Et, quand je l’ai interpellé, au lieu de dire à ses hommes d’arrêter les exactions, il a plutôt ordonné aux agents de venir me battre avec les vieux qui étaient à mes côtés. Ils nous ont roués de coups. Ils ont pris aussi nos téléphones et notre argent. Et, après, ils se sont retournés, tout en promettant de revenir dans la soirée », a indiqué Mamadou Sanoussy Bah, un des commerçants qui a assisté impuissant au vandalisme de son magasin.

Mamadou Sanoussy Bah

Non loin de là, Houssaïnou Diallo formule des griefs contre les agents des forces de l’ordre qui sont intervenus ce mercredi à Petel. « Les agents sont venus donner des coups à nos portes et fenêtres. Nous étions enfermés dans la maison. La seule personne qu’ils ont réussi à avoir, c’est notre petit locataire. Il s’appelle Abdourahamane Diallo. Ils l’ont battu comme un chien, avant de vandaliser son petit conteneur rempli de marchandises. Ils ont aussi cassé tous les sots et les chaises qui étaient dehors. Ils nous ont insultés comme des enfants. Par pudeur, je ne peux pas répéter ce qu’ils nous ont dit. Mais, je sais une chose ; quelqu’un qui respect sa mère ne va jamais murmurer ces injures, à plus forte raison les dire à haute voix à l’endroit d’une femme », a expliqué Houssaïnatou Diallo, la gorge nouée.

Plutôt dans l’après-midi de ce mercredi, les échauffourées qui ont été éclaté à Pétel ont contraint le tribunal de première instance de Mamou à renvoyer l’audience des 42 personnes (interpellées lors des manifestations de lundi et mardi) à une date ultérieure.

« Dès que nous avons débuté les débats, on a appris qu’il y a des manifestants qui sont au niveau du pont de Petel et qui se dirigent vers le tribunal… C’est pourquoi le tribunal a estimé qu’il fallait renvoyer à une date ultérieure. Le temps pour nous de prendre toutes les dispositions pour continuer les débats », a dit le procureur Elhadj Sidiki Camara à sa sortie d’audience.

A rappeler que les violences enregistrées lors des manifestations contre un troisième mandat du président Alpha Condé ont déjà fait deux morts (un gendarme et un jeune élève) dans la commune urbaine de Mamou.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Lire