De nombreux jeunes gens sont visibles dans les rues de Conakry, exerçant le métier de cireur. Ambulants ou pas, ces jeunes sont exposés aux intempéries et se battent avec les moyens du bord pour tirer leur épingle du jeu dans une conjoncture pour le moins compliquée.

Dans l’exercice de ce métier, les difficultés ne manquent pas, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ils sont nombreux à occuper les abords des grands carrefours ou à arpenter les rues de Conakry, munis d’une caisse et de tout le matériel nécessaire au cirage et à la réparation des chaussures. Ils se battent contre vents et marrées pour tirer leur épingle du jeu. C’est ce qu’on appelle le système D.

Thierno Oumar Sall, rencontré au marché d’ENCO 5, dans la commune de Ratoma, fait partie de ce lot de jeunes qui pratiquent cette activité pour joindre les deux bouts. Interrogé par notre reporter, ce cireur et vendeur d’outils de cirage est revenu sur ses difficultés quotidiennes. « Dans notre métier, on rencontre des difficultés avec les clients. Certains viennent nous dire qu’ils veulent réparer des chaussures, ils déposent sans revenir chercher les chaussures et la place ne nous appartient pas. On vend le cirage et on fait le cirage parce que c’est deux choses inséparables ça. On ne fait pas ce métier parce qu’il y a beaucoup d’argent. Parfois, on est obligé d’arranger les chaussures de nos clients sans qu’ils donnent quelque chose ».

Parlant des relations avec les clients, Thierno Oumar Sall explique que des malentendus se produisent quelques fois. « La perte des chaussures de nos clients nous cause des problèmes, parce qu’il y a des chaussures qui vont faire avec nous deux (2) à trois (3) mois. Puis, ils viennent réclamer ça à un temps inattendu. Donc, ça devient difficile de retrouver ça, parce qu’on n’a pas des places pour stocker les chaussures. Nous sommes conscients qu’on va payer et certains profitent de l’occasion pour nous demander une somme d’argent qui ne vaut même pas la paire de chaussures perdu. Les enfants qui sont sous le chaud soleil pour exercer le métier pour arriver à leurs fins, j’ai beaucoup de compassion pour eux. Ils rencontrent certaines personnes qui les font travailler avec indication où toucher et où frotter, sans même les payer le prix que les enfants demandent. Donc tout ça, ça fait partie de notre métier ».

Pour sa part, Alpha Oumar Diallo, rencontré à Lambanyi, dans la commune de Ratoma, parle de manque d’emploi pour se livrer à cette activité. « Je suis cireur depuis longtemps. J’exerce ce métier pour gagner ma vie et subvenir à mes besoins sans demander l’aide de quelqu’un. D’ailleurs, je n’ai personne pour m’aider parce que je n’ai pas eu la chance de faire les études. C’est un problème dû au manque de moyens. Donc, je travaille toute la journée sous le soleil et je partage ça pour payer mes matériels de travail et mon manger. Je peux gagner jusqu’à 30.000 milles par jour », a-t-il fait savoir.

Abdoul Karim Barry, qui pratique le tronçon Nongo-Lambanyi, explique avoir abandonné les études pour se livrer à cette activité. « Je fais ce métier parce que je n’ai pas pu continuer mes études. Après chaque journée de travail, j’enlève le prix du cirage pour espérer que lendemain matin encore je vais travailler pour satisfaire mes besoins. C’est un métier qui n’est pas du tout facile, mais on n’a pas le choix que de le faire », a laissé entendre le jeune homme.

Amadou Mouctar Baldé pour Guineematin.com

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