Considéré comme une grave agression à l’environnement et un acte de pollution des eaux du fleuve Sankarani, l’exploitation de l’or par le moyen de drague a été interdite à Mandiana par le gouverneur de Kankan, Sadou Keïta. Mais, en dépit de cette interdiction, cette forme nocive d’exploiter de l’or vient de refaire surface à Mandiana. On apprend que des burkinabés et des maliens, soutenus par certains groupes de jeunes de Mandiana, ont encore installé des machines sur les berges du Sankarani. Et, même le maire de la commune urbaine de Mandiana, Ibrahima Sira Diakité, serait impliqué dans cette course aux intérêts égoïstes, au grand dam des populations.

Il y a quelque mois, le gouverneur de Kankan s’était rendu dans la préfecture de Mandiana avec des agents de sécurité (gendarmes et militaires) pour chasser des orpailleurs et brûler les dragues installées sur le fleuve Sankarani. Sadou Keïta avait à l’époque réitéré l’interdiction d’exploitation de l’or dans ce cours d’eau très vital pour les populations de la commune urbaine de Mandiana. Mais, le répit des chasseurs du précieux métal jaune n’a été que de courte durée. Certains ont déjà repris le chemin du fleuve et y ont installé des machines de drague. Ils ont même commencé à exploiter de l’or sur place. Et, selon des sources concordantes, ce sont des maliens et des burkinabés qui ont investi les lieux pour pratiquer cette « exploitation sauvage ». Et, des jeunes de Mandiana, qui ont des intérêts dans cette exploitation, encouragent la pratique et font la guerre à ceux qui veulent faire respecter l’interdiction d’exploitation.

« Il y a deux groupes de jeunes actuellement à Mandiana : nous qui ne sommes pas favorable à l’exploitation de l’or sur le fleuve et ceux qui sont favorable à cette ptratique. Ces derniers disent que le pourcentage qu’ils gagnent là-bas c’est pour la rénovation de la grande mosquée. Pourtant, à deux reprises les dragueurs maliens et burkinabés ont été chassés d’ici. Après leur départ, l’eau du fleuve devient inutilisable. Pourtant, c’est au fleuve Sankarani que les citoyens de Mandiana se soulagent en eau. C’est pourquoi on a dit que ce n’est pas possible ; mais, nous avons l’autre camp qui nous complique la tâche. Ils ont parlé de la mosquée, mais en réalité ils empochent l’argent », a expliqué Aboubacar Bayo, un des jeunes opposés aux dragues sur le Sankarani.

Cependant, joint au téléphone par notre rédaction, Djoumè Diallo, celui qui est présenté comme le leader des jeunes qui soutiennent l’activité des dragueurs à Mandiana, a fait savoir qu’il n’est au courant de rien et qu’il se trouve actuellement à plus de 150 kilomètres de Mandiana.

« Je sais qu’il y a deux ans les dragueurs ont été chassés sur le fleuve Sankarani ; mais, je ne sais s’ils sont de retour ou pas. Moi je suis à 170 kilomètres de Mandiana avec mes machines à la recherche de l’or. Je ne suis ni de près ou de loin associé à ça », s’est-il défendu.

Pourtant, nos sources sont formelles sur le soutien que Djoumè Diallo apportent aux dragueurs. Elles assurent que Djoumè est actuellement à Mandiana, contrairement à ce que celui-ci annonce pour assoir sa défense dans cette affaire.

Egalement, selon des sources proches de cette affaire, le maire de Mandiana, Ibrahima Sira Diakité, est informé de la présence des dragueurs maliens et burkinabés sur le fleuve Sankarani. Mais, il ne sévit pas, parce qu’il percevrait trois (3) grammes d’or par jour des mains de ces dragueurs. Seulement, joint au téléphone par la rédaction régionale de Guineematin.com à Kankan, l’autorité communale de Mandiana a balayé d’un revers de la main ces accusations.

« Vous savez, le fleuve Sankarani traverse plusieurs communes. Donc, je ne sais pas de laquelle vous parler. Sinon, moi je ne suis pas au courant de la reprise des dragueurs sur le fleuve Sankarani », s’est défendu le maire Ibrahima Sira Diakité.

Cependant, contrairement au maire qui semble donner sa langue au chat, le préfet de Mandiana, Mohamed Lamine Doumbouya, avoue avoir été informé de la reprise des activités de drague sur le fleuve Sankarani. Et, l’autorité préfectorale assure que des dispositions sont déjà prises pour « rétablir l’ordre » pour le bien-être des populations de Mandiana.

« L’affaire de dragues à Mandiana n’est pas quelque chose de nouveau, c’est une lutte permanente. Nous sommes permanemment en mouvement contre les propriétaires des dragues. Donc, effectivement on a reçu l’information et on a mobilisé les forces de défenses et de sécurité pour rétablir l’ordre. Nous avons aussi remonté l’information au gouverneur de Kankan », a dit Mohamed Lamine Doumbouya. 

De Kankan, Aboulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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