Dans l’après-midi de ce mardi, 3 août 2021, une quinzaine de femmes extractrices de sable sur les berges du fleuve Milo ont protesté contre une décision de la mairie de Kankan. Les autorités locales leur a demandé de libérer cet espace situé au bord du fleuve Milo où elles stockent leurs chargements de sable destinés à la vente. Mais, les femmes manquent de temps pour écouler le sable déjà extrait et stocké à l’endroit qu’on veut transformer en espace de loisir, a appris le correspondant de Guineematin.com basé à Kankan.

Kaké Kaba, porte-parole des femmes

« On a fait 40 ans ici ! Et, c’est cet après-midi qu’ils sont venus pour nous demander de quitter les lieux. On sait que c’est un domaine de l’État ; mais, ils devaient nous informer à temps, avant qu’on ne fasse l’extraction du sable. Maintenant, nous ne refusons pas de quitter ; mais, ils doivent nous laisser vendre les tas de sables qui sont là. On leur a même proposé d’acheter nos stocks ; mais, ils ont proposé un prix dérisoire qu’on ne peut pas accepter. Maintenant, ils disent vouloir mettre des clôtures sur nos tas de sable. Nous demandons au président de la République d’intervenir, il ne faudrait pas qu’on nous traite comme si on n’était pas des guinéennes. Nous sommes des veuves et c’est ici qu’on gagne nos vies », a notamment plaidé Kaké Kaba, porte-parole de ces femmes.

Mory Colophon Diakité, maire de la commune urbaine de Kankan

Interrogé à ce sujet, Mory Colophon Diakité, le maire de la commune urbaine de Kankan, a reconnu n’avoir pas informé les femmes à temps. Toutefois, il laisse entendre qu’un compromis a été trouvé avec elles. « C’est le conseil communal qui a voté l’aménagement de cet espace qui se trouve au bord du fleuve Milo. Les garages Auto et Moto qui étaient là-bas ont été déguerpis. Mais, il se trouve que les femmes aussi extraient le sable du fleuve pour vendre. La vérité est qu’elles n’ont pas été informées à temps que le travail devrait commencer maintenant. Mais, on leur a proposé de venir et nous nous sommes entendus. C’est soit le promoteur (qui veut embellir les lieux) achète leur sable ou alors on leur trouve un coin où elles continueront à vendre le sable », a rassuré le premier citoyen de Kankan.

À rappeler que depuis des années, certains citoyens de Kankan s’adonnent à cette activité d’extraction de sable sur les berges du fleuve Milo. Une pratique pourtant jugée néfaste sur l’environnement. Désormais, c’est un espace de récréation qui sera aménagé sur cette partie du fleuve pour le plaisir de la couche juvénile.

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin