Les mots et les maux du ministre : «… notre patron veut se servir »

8 août 2021 à 20 08 25 08258
Habib Yembering Diallo

Cher ami, 

Je sais qu’il serait indécent de demander à un patriote comme toi si tu suis l’évolution de la situation politique, économique et sociale de notre pays. Comme tu l’as su donc, l’équipe à laquelle j’appartiens a décidé de procéder à une augmentation du prix du carburant. Et ce à un moment où la planète entière baisse et subventionne les prix pour les citoyens. 

Dès lors, il est inutile de te dire que je n’ai jamais été favorable à cette augmentation. Mais solidarité gouvernementale obligeant, j’ai fait le mieux que je pouvais : me taire. Quand la question a été soulevée devant toute l’équipe, j’ai préféré m’abstenir de tout commentaire. Surtout dans le sens d’encourager cette augmentation. Ce qui fait de moi un suspect de ramer à contrecourant. Une nouvelle fois, je me suis rendu compte qu’il est peu enviable d’assumer certaines responsabilités.

Il serait totalement superflu de te dire que cette décision a creusé davantage le fossé entre nos concitoyens et mon équipe. Laquelle semble vivre ses derniers jours. Parce qu’il n’y a pas que la population qui est mécontente. Le patron, lui-même, est dans tous ses états. Il a le sentiment d’avoir été trahi par certains d’entre nous. Sans disposer de preuve, je pense qu’il en veut particulièrement à notre chef. Il croyait que celui-là devait et pouvait l’aider à faire la différence avec ses prédécesseurs. Malheureusement, il se trouve que jamais par le passé le pays n’a connu autant de difficultés qu’aujourd’hui. Notamment en terme de dégradation de nos routes. 

Mais, parler des seules routes donnerait l’impression que je désigne ma collègue qui s’occupe de ce secteur comme seul responsable de la situation. Or, ce n’est pas le cas. Je ne veux pas trouver un seul bouc émissaire à la situation actuelle de notre pays. Surtout pas une ministre qui vient d’arriver. Ceci écrit, parmi nous, il y a certains qui sont plus responsables que d’autres. Le chef d’équipe par exemple. Pour moi, quand on accepte une responsabilité comme la sienne, on doit l’assumer jusqu’au bout. 

On entend souvent les gens faire un raccourci en disant que le président ne laisse pas son Premier ministre travailler. Si cela était le cas, il ne peut en revanche pas l’empêcher de démissionner. Tu me diras que c’est plus facile à dire qu’à faire. Oui. Mais, si chaque Premier ministre empêché de travailler par celui-là même qui l’a nommé jetait l’éponge, la situation aurait changé. Mais, si celui qui est empêché de travailler reste à son poste, c’est qu’il veut non pas servir mais se servir. 

Un gouvernement n’est pas différent d’un projet, d’un programme ou d’une entreprise. Pour éviter une situation à laquelle notre pays est confronté, il y a des préalables. On doit identifier les priorités, fixer les objectifs, mettre en place les moyens et bien évidemment faire une évaluation. Ce qui n’est pas fait par mon équipe. Ou plutôt par son chef. A un momentdonné on avait institué une évaluation des ministres. Mais c’était beaucoup plus une mise en scène qu’une vraie évaluation. Comme au cinéma ou au théâtre, les caméramans venaient se poster devant la Primature. Les ministres venaient se faire filmer. Et le tour est joué. 

Je te vois sourire en disant que je veux prendre la place de mon patron. Il ne s’agit pas de cela. Même si, par ailleurs c’est le cas, ce serait légitime que je veuille être à sa place. En clair, moi Premier ministre, les choses changeraient. Et positivement. Chaque ministre serait obligé de faire son travail ou se faire renvoyer. Moi, Premier ministre, il y aurait la trilogie : objectif, réalisation et évaluation. Et plus loin sanction. Positive ou négative. Mais c’est le laisser aller qui a mis notre pays dans cette situation. Comment peux-tu comprendre que les cinq pays limitrophes au nôtre soit tous mieux lotis que nous. Encore une fois, je t’entends murmurer qu’il parle comme un opposant. Il ne s’agit pas de cela. Il s’agit d’un jugement objectif, rationnel et impartial. 

Je voudrais, pour terminer, te dire que je souhaite que, d’une manière ou d’une autre, que le patron de mon patron soit au courant du contenu de ce courrier. L’objectif est clair : ça passe ou ça casse. S’il prend cette prise de position négativement, il me renvoie. Ou s’il trouve qu’elle est fondée, il essaie. Dans tous les cas, je souhaite que tu fasses en sorte qu’il en prenne connaissance. A toi de voir par quel moyen. Ce que je peux te dire c’est que si jamais c’est la deuxième hypothèse qui se produit, tu en récolteras les fruits. 

Sur ce, je vais m’arrêter là en te demandant de transmettre mes salutations à madame et aux enfants. 

Ton ami, le ministre. 

Habib Yembering Diallo, joinable au 664 27 27 47. 

Toute ressemblance entre cette histoire ministérielle et une autre n’est que pure coïncidence. 

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Guinée : liste des prisonniers politiques contre le 3ème mandat d’Alpha Condé

8 août 2021 à 11 11 58 08588

Comme on le sait, la répression des manifestations n’avait pas suffit au régime actuel pour imposer un troisième mandat du président Alpha Condé en République de Guinée. Face à ceux qui menaçaient d’empêcher le changement de la constitution (opéré le 22 mars 2020) et la réélection du champion du RPG (le 18 octobre de la même année), le régime avait trouvé une autre stratégie : ramasser les principaux acteurs (ou soupçonnés de l’être) contre le 3ème mandat.

Ainsi, d’octobre 2019 à janvier 2021, plusieurs dizaines de responsables, militants et sympathisants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés et conduits à la maison centrale de Coronthie. Beaucoup d’entre eux y sont toujours sans jamais avoir été jugés à plus forte raison condamnés. 

Récemment, quatre de ces prisonniers (qui sont de hauts responsables de l’UFDG) ont bénéficié d’une liberté conditionnelle. Les autres croupissent toujours en prisons et leurs cas font de moins en moins l’objet de débat dans la cité.

C’est sans doute pour un peu changer cette monotonie que l’UFDG (qui semble avoir mis sous veilleuse ses menaces de reprendre les manifestations de rue après les examens nationaux ?) a communiqué aux médias guinéens ce dimanche, 08 août 2021, une liste de 86 prisonniers politiques.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’intégralité de cette liste :

LISTE DÉTENUS POLITIQUES CORONTHIE

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Labé : 3 filles agressées par 2 jeunes mécaniciens

8 août 2021 à 10 10 37 08378
image d’archive

Dans la soirée d’hier, samedi 07 août 2021, trois filles qui sortaient se récréer ont été victimes d’agression dans la commune urbaine de Labé. Les démoiselles qui quittaient leur le secteur Domby (quartier Daka1) pour se rendre à la rivière de Thialakoun (aménagée pour se récréer) ont été agressées par des jeunes qui leur ont barré la route. Elles ont été violentées et l’une d’entre elle a été blessée à l’aide d’une arme blanche que détenaient leurs agresseurs qui leur ont finalement retiré tous leurs biens. Mais, peur après cette agression, les malfaiteurs ont été arrêtés par des agents de la garde communale de Labé, a appris un correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

C’est aux alentours de 18 heures que les trois filles ont entrepris de se rendre à Thialakoun pour se recréer. En cours de route, elles ont été surprise par l’apparition de deux jeunes qui les ont menacées avant de les dépouiller de tous leurs biens. 

« On se rendaient à Thialakoun pour nous recréer comme c’est le week-end. C’est en cours de route que nous avons été attaquées par deux jeunes. Ils nous ont menacées à l’aide d’un couteau et nous ont sommées de leur donner nos téléphones en nous menaçant de mort. On a discuté chaudement puisqu’on ne voulait pas qu’on nous dépouille de nos biens. Mais, comme ils étaient plus forts que nous et ils étaient armés tous de couteau, ils ont réussi à nous retirer nos trois téléphones (un de marque Samsung et deux Tecno) plus une somme de 40 000 francs guinéens. C’est dans cette bagarre que l’un d’entre eux m’a  blessée au niveau de m’a main. Parce que j’ai résisté. Sinon, il voulait me poignarder… », a notamment Fatoumata Binta Diallo. 

Trouvée à l’hôpital régional de Labé, cette victime a précisé que c’est leur cri au secours qui a fait fuir leurs agresseurs.

Aussitôt informée, la garde communale s’est déployée sur les lieux. Ce qui a permis aux agents du commandant Ousmane Bah de mettre main sur les deux jeunes mécaniciens qui méditent désormais sur leur sort au commissariat central de police de Labé. 

Ousmane Bah, commandant de la garde communale de Labé

« Les trois filles étaient en promenade vers Thialakoun. C’est là-bas qu’elles ont été attaquées et leur leurs téléphones leur ont été retirés. Heureusement qu’elles ont eu le courage de crier pour chercher de l’aide. Et, finalement, c’est un vieux qui était de passage qui est venu les soutenir. Mais, comme les présumés auteurs avaient fui, ils nous ont directement contactés ; et, nous avons dépêché une équipe sur les lieux. Après quelques enquêtes, nous avons pu mettre main sur deux jeunes que les filles ont reconnus être leurs agresseurs. Il s’agit de deux jeunes, âgés de 17 et de 18 ans, tous mécaniciens et résidant au quartier Madina, dans la commune urbaine de Labé. Ils ont été transférés au commissariat central de police de Labé pour des fins d’enquête », a précisé Ousmane Bah, le commandant de la garde communale de Labé.

A rappeler que l’insécurité est devenue récurrente ces derniers temps à  Labé. Après l’assassinat d’un taximotard dans la nuit du jeudi à vendredi dans la sous-préfecture de Tountouroun par des inconnus qui courent toujours dans la nature, c’est un jeune d’une vingtaine d’années qui a tué sa mère dans le quartier Lombonna, à l’aide d’un fusil dans la même nuit.

Labé, Alpha boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Arrestation de Sorya Bangoura (UFDG-Matam) : les raisons (police)

8 août 2021 à 6 06 47 08478

Comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches de Guineematin.com, le premier responsable de la fédération de l’UFDG à Matam a été arrêté par la police avant-hier, vendredi 06 août 2021, à son domicile. Sorya Bangoura est détenu, depuis, par le commissariat de police de Matam qui a déjà libéré ses compagnons d’infortune…

Contactée au téléphone par notre rédaction, la police nationale a expliqué que le premier responsable à Matam de la principale formation politique de l’opposition guinéenne a violé une disposition de l’état d’urgence sanitaire en vigueur dans le pays.

Le contrôleur général Boubacar Kassé a expliqué à un journaliste de Guineematin.com que le conseiller communal de l’UFDG a été arrêté pour avoir ouvert une boite de nuit en cette période de propagation du Covid19. Le porte-parole de la police nationale a précisé que si le couvre-feu est instauré entre 22 heures et 04 heures, la fermeture des boites de nuit elle est en vigueur de jour comme de nuit. Donc, les agents faire une descente et procéder à des arrestations à 19 heures…

« Sorya Bangoura a une boite de nuit qu’il ouvre, alors qu’il est formellement interdit d’ouvrir des boîtes de nuit en cette période. Il y a eu une descente là-bas, on a constaté qu’il a une boîte de nuit qui est ouverte. C’est pourquoi on l’a arrêté, ce n’est lié qu’à ça et rien d’autre. Quelque soit l’heure de son arrestation, on dit que les boîtes de nuit sont hermétiquement fermées, de jour et de nuit. Maintenant, s’ils sont en porte-à-faux avec la législation en la matière, il n’y a pas de problème, il sera interpellé. Donc, il n’a pas été interpellé pour quoi que ce soit, sauf qu’il entretient une boîte de nuit », a expliqué le général Kassé.

Joints au téléphone avant, certains proches de l’opposant avaient parlé de raisons politiques, en faisant un lien avec l’annonce de la reprise des manifestations de rue par l’UFDG pour réclamer la libération des prisonniers politiques et autres. Mais, pour ce responsable de la police, ça n’a rien à voir…

« Par rapport à la pandémie du Covid-19, il est dit à tout le monde que des dispositions sont prises. Parmi elles, la fermeture des boîtes de nuit. Et, c’est de ça qu’il s’agit », a ajouté le porte-parole de la police nationale. 

Propos recueillis et décryptés par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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