Guinée : les syndicats de l’éducation mettent de côté leurs égos et s’unissent pour une cause commune

25 septembre 2021 à 20 08 18 09189

Voir toutes les factions rivales du SLECG se donner les mains pour travailler ensemble, était inimaginable il y a quelques mois. Mais le vent de changement qui souffle en Guinée après la chute du régime Alpha Condé a permis de réunir ne serait-ce que temporairement les camps d’Aboubacar Soumah, Kadiatou Bah et Oumar Tounkara. Ils ont tenu une réunion avec les responsables des autres syndicats de l’éducation ce samedi, 25 septembre 2021, à Conakry, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Organisée à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry, cette rencontre a connu la présence des trois groupes rivaux du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), le syndicat national de l’éducation (SNE), la fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE) et le syndicat de l’enseignement supérieur (SNAESURS). Ces organisations syndicales ont décidé de mettre de côté leurs égos pour produire un mémorandum commun à remettre au CNRD, la junte militaire au pouvoir.

« Suite à la rencontre avec le président du CNRD, le colonel Mamadi Doumbouya, il nous a été instruit d’aller vers l’unité d’action syndicale et de produire un mémorandum commun qui sera déposé au niveau de la junte pour dire nos préoccupations, mais aussi nos propositions de solutions quant à la conduite d’une transition inclusive et apaisée. C’est la raison pour laquelle toutes les structures syndicales de l’éducation ont mis leurs égos de côté pour voir en face la défense des intérêts moraux et matériels des enseignants pour qu’à l’avenir, nous puissions parler d’une même voix », a déclaré Michel Pépé Balamou, le secrétaire général du SNE.

Il précise que cette rencontre leur a permis d’échanger sur leur collaboration et de mettre en place une commission technique, composée de deux membres de chaque structure syndicale, qui va faire le travail. « Le mardi 28 septembre, cette commission viendra proposer aux secrétaires généraux, les résultats de ses travaux. C’est à l’issue de cette validation que nous, secrétaires généraux, allons convoquer tous les enseignants à une assemblée générale pendant laquelle nous allons faire lecture du mémo et recueillir bien entendu les avis des enseignants, les intégrer si nécessaire dans le mémo avant de l’imprimer et le signer.

Et enfin, nous allons demander une audience auprès des nouvelles autorités pour qu’on puisse leur remettre main à main le mémo et qu’on puisse avoir une concertation verbale avec eux. C’est ce qui va nous envoyer vers une ouverture des classes apaisée », a dit le syndicaliste. A noter toutefois, que cette rencontre a débuté sur fond d’agitation. Certains membres du SLECG d’Aboubacar Soumah ont exprimé leur colère après avoir appris l’existence d’une autre version du SLECG, qui serait dirigée par Oumar Tounkara, ancien adjoint d’Aboubacar Soumah. Mais l’esprit d’unité des leaders syndicaux a pris le dessus. Ce qui a permis de faire retomber la tension et le bon déroulement des travaux.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Un bébé retrouvé mort dans un WC à Kankan : « la mère a reconnu avoir jeté son enfant… »

25 septembre 2021 à 15 03 21 09219

Comme annoncé précédemment, le corps sans vie d’un bébé de cinq mois a été retrouvé dans un WC, à Karifamoriah, une sous-préfecture située à 7 kilomètres de la ville de Kankan. L’enquête menée par la police a conduit à l’interpellation de la mère de l’enfant, qui aurait fini par reconnaître avoir jeté son bébé dans cette fosse septique.

Selon une source proche de la famille, la mère du bébé, Djénè Kaba, a reconnu devant les agents du commissariat de police de Kankan s’être débarrassée de son enfant. Elle aurait expliqué avoir profité de l’absence des membres de sa famille pour jeter sa fille dans le WC. Une information confirmée par le vice maire de la commune rurale de Karifamoriah, joint au téléphone par le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

« Au cours de son enquête, la police a eu des soupçons sur la mère du bébé. Elle a expliqué cela aux membres de sa famille. C’est ainsi que les parents ont mis la pression sur leur fille, qui a fini par reconnaître son acte. Elle a dit que c’est elle qui a jeté son enfant dans le trou. Actuellement, elle est détenue au commissariat de police de Kankan », a expliqué Karamo Touré.

« Nous allons continuer à sensibiliser les citoyens pour freiner cette pratique. Mais nous comptons aussi sur les autorités judiciaires. Il faut sanctionner l’auteure de ce crime à la hauteur de son acte. Car, si cela est fait, ça peut dissuader d’autres personnes qui voudraient commettre de tels actes inhumains », a ajouté le vice maire de Karifamoriah.

Selon nos informations, le parquet du tribunal de première instance de Kankan est déjà saisi de cette situation. Le dossier devrait lui être transmis très prochainement.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA Guineematin.com

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Administration du CNRD : voici la liste complète des gouverneurs et préfets du pays

25 septembre 2021 à 14 02 07 09079

Depuis le 5 septembre 2021, le colonel Mamadi Doumbouya et son équipe du comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) gèrent les destinées de la Guinée. Après avoir renversé le régime Alpha Condé, les militaires ont dissout le gouvernement et les institutions républicaines ; mais aussi, ils ont mis de nouvelles personnes à la tête de l’administration déconcentrée.

En attendant de connaître les membres de la junte militaire au pouvoir et du gouvernement de transition, Guineematin.com a répertorié pour vous les prénoms et noms des gouverneurs et préfets, nommés par les nouvelles autorités du pays et installés dans leurs fonctions entre le 6 et le 10 septembre 2021. Nous vous proposons ci-dessous leur liste complète :

Zone spéciale de Conakry 

Gouverneure : Général de brigade M’Mahawa Sylla

Région administrative de Boké 

Gouverneur : Colonel Sékouba Camara

                  Préfets

Boké : Colonel Fodé Aboubacar Sylla

Boffa : Colonel Ibrahima Barry

Fria : Colonel Yaya Kalissa

Gaoual : Colonel Fassama Condé

Koundara : Colonel Bangaly Condé

Région administrative de Kindia 

Gouverneur : Général Ibrahima Kalil Condé

                         Préfets :

Kindia : Colonel Abdel Kader Mangué Camara

Coyah : Colonel Alpha Oumar Cissé

Dubréka : Colonel Elhadj Sékouba Sacko

Forécariah : Colonel Alsény Camara

Télimélé : Colonel Augustin Fancinadouno

Région administrative de Mamou 

Gouverneur : Colonel Aly Badra Camara

                        Préfets :

Dalaba : Colonel Mohamed Bangoura

Mamou : Colonel Bienvenue Lamah

Pita : Colonel Abdoulaye Sylla

Région administrative de Faranah 

Gouverneur : Colonel Malick Diakité

                     Préfets: 

Dabola : Colonel Mohamed Niang

Dinguiraye : Colonel Mamady Touré

Faranah : Colonel Jean Louis Kpoghomou

Kissidougou : Colonel Cécé Maoumy

Région administrative de Kankan 

Gouverneur : Général Aboubacar Sidiki Diakité

                        Préfets :

Kankan : Colonel Etienne Tounkara

Kérouané : Colonel Cécé Richard Haba

Kouroussa : Colonel Cheick Alpha Diabaté

Mandiana : Colonel Mamady Dembélé

Siguiri : Colonel Mamady Condé

Région administrative de Labé 

Gouverneur : Colonel Tamba Kalas Tolno

                            Préfets :

Koubia : Colonel Mohamed Lamine Camara

Labé : Colonel Sény Sylain Camara

Lélouma : Colonel Bassia Léno

Mali : Colonel Pévé Zoumanigui

Tougué : Colonel Souleymane Camara

Région administrative de N’Zérékoré

Gouverneur : Général Mohamed Lamine Keita

                         Préfets :

Beyla : Colonel Douramoudou Keïta

Guéckédou : Lieutenant-colonel Daman Oulen Dioumessy

Lola : Colonel Ousmane Diallo

N’Zérékoré : Colonel Sékou Keïta

Macenta : Colonel Lancinè Diallo

Yomou : Colonel Karamo Boké Camara

Les nouveaux administrateurs territoriaux, tous issus des rangs de l’armée de terre et de la gendarmerie, comptent 4 généraux dont une femme, et 37 colonels et lieutenants colonels.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél: 628 08 98 45

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Concertations nationales : les aviculteurs se disent « oubliés » par le CNRD

25 septembre 2021 à 13 01 07 09079
Alhousseiny Diallo, vice-président de l’association nationale des producteurs de viande de volaille

Même s’il n’y a eu encore aucune communication officielle sur le sujet, beaucoup pensent que les concertations nationales menées par le CNRD sont arrivées à leur terme. Car après les rencontres du jeudi, 23 septembre 2021, le comité national du rassemblement pour le développement n’a plus fait de communiqué pour convier de nouveaux acteurs à ces discussions. Ce qui amène les aviculteurs à se sentir exclus du processus ou alors oubliés par la junte militaire au pouvoir. Une situation que le vice-président de l’association nationale des producteurs de viande de volaille a déplorée dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com ce samedi, 25 septembre 2021.

« Nous avons appris que la concertation nationale est terminée, alors que nous, les aviculteurs, nous n’avons pas été reçus par les autorités. Pourtant, nous savons très bien combien de fois ce secteur est important. Aujourd’hui, les pays les plus puissants au monde sont des pays producteurs de volaille. C’est le cas des États-Unis, de la Chine, du Brésil, de la France, entre autres. Ce sont des pays qui mettent ce secteur au premier rang.

Aujourd’hui, l’Arabie Saoudite est en train de se tourner vers l’agriculture au lieu de se concentrer uniquement sur le pétrole. Puisque c’est l’agriculture qui donne plus d’emploi, plus de visibilité et c’est ce qui éradique la famine dans un pays. Mais ici, nous avons vu les nouvelles autorités consulter même les tenanciers des bars et des motels, nous qui sommes dans l’aviculture, nous n’avons pas été consultés. Nous demandons au chef de l’Etat, le colonel Mamadi Doumbouya, de nous recevoir pour qu’on lui expose aussi nos problèmes », a sollicité Alhousseiny Diallo.

Pour démontrer l’importance du secteur avicole, M. Diallo indique que la Guinée importe chaque année, près de 50.000 tonnes de poulets congelés par an. « Si nous développons ça sur le plan local, on peut avoir plus de 100.000 emplois directs et indirects. C’est l’un de secteurs phares pour le développement d’un pays. C’est pourquoi, nous nous demandons comment on peut ignorer le secteur avicole dans des concertations aussi importantes pour le décollage du pays. Nous avons vraiment des mots à dire au président du CNRD. Nous avions déjà préparé un mémorandum à transmettre au président et on était bien préparés pour le rencontrer.

Nous voulons être écoutés, parce que nous avons de sérieuses difficultés dans notre secteur d’activité. La plupart des poulets importés dans notre pays sont la source de plusieurs maladies telles que la diarrhée, la fièvre typhoïde et même les maladies cardio-vasculaires. Ce sont des poulets qui ne sont consommés ni aux États-Unis, ni en Europe. La Guinée est l’un des rares pays de l’Afrique de l’Ouest qui continue à importer des poulets congelés », a dit le vice-président de l’association nationale des producteurs de viande de volaille.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél: 622 68 00 41

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Transition en Guinée : Dr Mory Mandiana Diakité aux leaders politiques de notre pays

25 septembre 2021 à 12 12 15 09159
Dr Mory Mandiana Diakité, écrivant

Libre opinion : Chers leaders politiques ! 

Depuis près de deux décennies vous vous battez pour l’instauration de la démocratie et la bonne gouvernance dans notre pays. À l’occasion des élections de 2010, un d’entre vous est finalement devenu Président de la république, en l’occurrence, Pr. Alpha Condé. Ces élections bien qu’ayant été estimés libres et transparentes, étaient tout de même émaillées de fraudes et de violences. Au terme des négociations menées sous la houlette de la communauté internationale, Mamadou Cellou Dalein Diallo, son principal challenger, a reconnu sa défaite. Mais ce dernier va-t-il accepter une nouvelle défaite face à un autre candidat ? Et s’il est déclaré vainqueur par l’organe censé proclamer les résultats des élections, son principal challenger va-t-il lui aussi accepter les résultats ? Surtout si celui-ci est issu ou soutenu par l’ethnie adverse, probablement celle du Président de transition. Que fera alors le gouvernement de transition ? Et en cas de cacophonie ou confusion, que va faire l’armée ? Il faut rappeler qu’en dépit de l’élection d’Alpha Condé et la reconnaissance des résultats par Monsieur Mamadou Cellou Dalein Diallo, les manifestations sanglantes avaient toujours continué de belle manière. Le mot d’ordre de ces manifestations était entre autres le départ de Bakary Fofana, Président de la CNI et la révision de la liste électorale. Il était considéré être proche du Président Condé, probablement, à cause de leur appartenance à une même ethnie. Son départ était d’ailleurs l’une des conditions posées par l’opposition pour sa participation aux prochaines élections législatives. Beaucoup de citoyens, issus essentiellement de l’ethnie du chef de file de l’opposition, perdirent leurs âmes dans ces violences. Bref, l’opposition a empêché le Président Condé de travailler paisiblement pour la mise en œuvre de son projet de société. Et si le chef de file de cette même opposition devenait le Président de la République, à son tour, qu’est-ce qui prouve qu’il ne sera pas lui aussi empêché par la future opposition, la mouvance d’hier ? Comme l’a dit l’autre, je cite : la folie c’est de faire les choses de la même manière et s’attendre à des résultats différents. La classe politique de notre pays est victime de la folie, cécité politique. 

Chers leaders politiques ! 

En faisant une rétrospective, on se rend compte que les élections sont une infime partie de notre problème. La priorité doit être d’abord les réformes politiques, afin de renforcer les institutions du pays, tout en élaborant un modèle de démocratie adaptable à nos réalités concrètes. Pour cela, il faut un sursaut patriotique. Chacun de nous doit accompagner cette nouvelle transition, afin de mettre en place des institutions fortes, qui garantissent la démocratie et les droits de l’homme. Rien ne sert à anticiper les élections, dans l’espoir peut-être que ces réformes seront opérées par le Président qui sera élu. Si c’est ce dernier qui doit le faire, il faut s’attendre à des réformes opportunistes, pourtant crisogènes. Les charges électorales obligeant. 

Chers Leaders politiques ! 

Que devons-nous faire pour éviter des élections communautaires ou ethniques, dans lesquelles chacun vote pour le candidat de sa région ? Voilà l’équation à laquelle on doit trouver une réponse appropriée, avant d’aller aux élections; au risque de sombrer davantage dans les violences, voire une guerre civile. Ce sera utopique de croire qu’après les élections, le vainqueur pourra résoudre la question de l’identité culturelle, dont souffre chroniquement notre pays. On a inconsciemment dépassé la ligne rouge. Autrement dit, tant qu’on ne réforme pas le système politique, tant que le vote est identitaire, il faut s’attendre à une nouvelle transition politique. L’armée continuera à s’immiscer dans les affaires politiques, avec l’échec de la classe politique. On sera simplement champion en perpétuel recommencement, retour à la case départ. 

Chers leaders politiques ! 

On a perdu dix ans gratuitement à cause de la ruse des uns et des autres. Et dix ans ce n’est pas dix jours. Ceux qui avaient 40 ans en 2010, ont quel âge aujourd’hui ? Dix ans de violences gratuites ! Dix ans de méchanceté ! Dix ans d’orgueil ? Dix ans de gabegie ! Dix ans de médiocrité ! Ça suffit. On n’en veut plus. Ayez pitié de la Guinée et des Guinéens maintenant. On a trop souffert pour rien. 

Chers leaders politiques ! 

Vous faites partie de la deuxième vague d’opposants, composée essentiellement d’anciens ministres et des premiers ministres. Vous avez généré des fonds publics avant de devenir opposants. Et on ne vous a pas auditionné de votre gestion du bien public. De grâce, ayez pitié de nous maintenant ! Nous les sans voix, on n’en veut plus. Chers Leaders politiques ! Il doit avoir une culture de l’alternance à la tête de vos différents partis politiques d’abord. Sinon, sachez que vous êtes tous de futurs dictateurs. Car, un parti qui n’est pas géré suivant les règles démocratiques, si ce parti accède au pouvoir, il faut s’attendre à la dictature, un pouvoir absolu. Malheureusement les partis sont tous taillés sur mesure. Leur survie dépend de leurs fondateurs. C’est toujours les mêmes personnes, avec les mêmes propos, parfois haineux. Alors que le culte de personnalité est une menace sérieuse pour la survie d’un parti. Le cas du RPG est illustratif. Il est en train de subir les conséquences du culte de moi. Tout se résumait à la personne du PRAC. Ce parti attend ses funérailles. À qui la faute ?

Chers leaders politiques !

Pour une stabilité sociopolitique durable, il faut une recomposition du paysage politique. Ceci est absolument impératif. Et comme toujours, je continue à croire que le bipartisme ou le multipartisme dans un système de présidence tournante est mieux indiqué pour notre pays. C’est-à-dire une gouvernance à tour de rôle impliquant les quatre régions naturelles, de façon démocratique. Cela donnera une chance égale à chaque identité culturelle ou région de participer à la gestion des destinées de notre pays, notamment la présidence de la République. Sans discrimination aucune. La pomme de discorde étant la présidence de la république.

Convaincu que votre préoccupation majeure du moment est la tenue des élections dans un bref délai, je vous prie de bien vouloir m’excuser si vous trouvez mes propos offensants.

Dr Mory Mandiana DIAKITE 

Ingénieur agronome

Enseignant-chercheur

Écrivain

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Souleymane Bah (OGDH) répond aux magistrats : « ce qu’ils ont fait est choquant »

25 septembre 2021 à 10 10 42 09429
Souleymane Bah, président de l’OGDH

Un choc. C’est ce qu’a ressenti Souleymane Bah, le président de l’organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH), après avoir suivi le spectacle désolant auquel se sont livrés certains magistrats guinéens lors de leur rencontre avec le colonel Mamadi Doumbouya. Devant le président du CNRD, la junte militaire qui dirige actuellement la Guinée, plusieurs juges et procureurs ont reconnu avoir violé leur serment. Ils ont dit avoir cédé à la pression des autorités politiques, en posant des actes contraires à la loi, sous le règne du président Alpha Condé. 


« Nous avons toujours dénoncé l’attitude des magistrats guinéens, parce qu’ils sont inféodés à l’exécutif. Maintenant, eux-mêmes l’ont dit, ils ont fait leur mea culpa. C’est vraiment choquant. Des gens qui ne devraient pas être en prison y sont par le fait de leurs comportements. Les prisonniers politiques ont été maintenus là-bas pendant près d’un an sans jugement, alors que selon eux, ils ont été pris en flagrant délit. Normalement, un flagrant délit doit être jugé immédiatement. Mais pour les faire souffrir, on les garde en prison, afin de les démoraliser. Ce n’est pas bien. Le juge doit jouer son rôle parce qu’il a prêté un serment qu’il doit respecter », a déclaré le président de l’OGDH dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com ce vendredi, 24 septembre 2021.

Pour l’activiste des droits de l’homme, cela prouve que les nouvelles autorités guinéennes doivent « nettoyer » le secteur judiciaire guinéen. « On dit souvent qu’un pays ne vaut que ce que vaut sa justice. La vérité est que nous n’avons pas de justice, donc il faut carrément nettoyer là-bas. Les nouvelles autorités ont dit que la justice sera leur boussole, alors il faut nettoyer nettement et clairement le système judiciaire guinéen, c’est-à-dire mettre les hommes qu’il faut, convaincus là-bas. Je pense que si tout doit marcher comme il se doit, c’est la justice qu’il faut refonder fondamentalement pour y mettre les hommes qu’il faut. C’est vrai, ils ne sont pas tous mauvais. Parmi eux, il y en a qui sont bons. Mais ces derniers temps, on a été déçus devant les comportements de certains juges et procureurs », a dit M. Souleymane Bah.

Mamadou Yaya Diallo pour Guineematin.com

Tel : 622 67 36 81

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Tueries de manifestants : la CSCBC demande au CNRD de faire la lumière sur ces crimes

25 septembre 2021 à 9 09 56 09569

Poursuivre un dialogue franc et inclusif avec tous les acteurs politiques et sociaux pour une transition réussie et apaisée, faire l’état des lieux des cas de violences et de destruction des biens matériels privés et publics afin de dédommager les victimes, élucider les cas de morts dans le cadre des manifestations politiques et rendre justice aux victimes…

C’est entre autres ce que la commission de suivi du code de bonne conduite des partis politiques en République de Guinée demande au comité national du rassemblement pour le développement (CNRD).

La CSCBC a fait ces propositions dans une déclaration publiée hier, vendredi 24 septembre 2021, que Guineematin.com vous propose de lire ci-dessous.

De la Commission de Suivi du Code de Bonne Conduite des Partis Politiques en République de Guinée relative à la situation socio-politique du pays

Le 21 novembre 2008, les partis politiques se sont engagés, pour la première fois, à signer un code de bonne conduite dans l’espace politique guinéen.

Ce Code est un texte d’engagement moral pour la consolidation de la paix et le renforcement de la culture démocratique, avec 134 partis politiques signataires à date.

En l’adoptant, les partis signataires se sont engagés à tout mettre en œuvre pour créer et maintenir un environnement de paix et de sécurité dans le cadre de l’organisation des élections afin de favoriser la cohésion sociale, l’unité nationale et la promotion de la démocratie.

La Commission de Suivi du Code de Bonne Conduite des Partis Politiques en République de Guinée (CSCBC) est un organe de veille, de la promotion de l’éthique, du fair-play politique et de l’apaisement du climat socio-politique avant, pendant et après les élections.

La CSCBC suit de près, depuis le matin du dimanche 5 Septembre 2021, l’actualité politique, caractérisée par la prise du pouvoir par le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD).

La CSCBC prend acte de cet état de fait et se félicite de l’apaisement du climat politique ainsi que des actes d’une importance capitale déjà posés par les nouvelles autorités du pays, notamment :

• La libération des détenus politiques et l’abandon des poursuites judiciaires à leur encontre ;

• L’initiative d’une série de concertations avec tous les acteurs des forces vives de la nation et des partenaires étrangers ;

• La libération du siège de l’UFDG ;

• L’ouverture progressive des frontières terrestres jusque-là fermées avec les pays voisins de la République de Guinée ;

• La volonté exprimée de faire de la justice la boussole qui orientera leurs actions….

Se fondant sur les dispositions du Code de Bonne Conduite des Partis Politiques, nous, membres de cette commission composée des représentants de partis politiques de tout bord recommandons :

⮚ Au CNRD

• De poursuivre un dialogue franc et inclusif avec tous les acteurs politiques et sociaux pour une transition réussie et apaisée.

• Faire l’état des lieux des cas de violences et de destruction des biens matériels privés et publics afin de dédommager les victimes ;

• Élucider les cas de morts dans le cadre des manifestations politiques et rendre justice aux victimes.

• Consolider les acquis démocratiques en facilitant les réformes constitutionnelles, légales et politiques et l’organisation d’élections démocratiques inclusives et crédibles ;

• Créer les conditions devant permettre le renforcement d’un climat de confiance entre les acteurs politiques conformément à l’article 1er du Code de bonne conduite des partis politiques en République de Guinée qui dispose de : « Promouvoir un esprit républicain par l’instauration d’un climat de confiance entre les partis politiques d’une part et entre les autorités compétentes et les partis politiques d’autres part »

• Définir les organes, leur fonctionnement et la durée de la Transition.

⮚ Aux Partis politiques

• Assurer l’éducation civique des militants et sympathisants conformément à l’article 12 du Code de bonne conduite des partis politiques en République de Guinée, pendant cette période de transition et au cours des processus électoraux à venir ;

• S’interdire d’utiliser la violence sous toutes ses formes et faire preuve de retenue dans les attitudes, comportements, discours et écrits ;

• Proscrire toutes attaques personnelles et/ou diffamatoires ;

• Combattre toutes les formes de violences faites aux femmes et encourager leur participation politique conformément à l’article 17 du Code de bonne conduite des partis politiques en République de Guinée qui exige des candidat(e)s et de leurs militants de : « Prévenir et dénoncer toutes formes de violence contre les femmes engagées en politique ».

⮚ À la Société Civile, la Communauté Internationale et aux Partenaires

Techniques et Financiers

• Participer activement à la sensibilisation des acteurs pour une transition apaisée ;

• Encourager et soutenir le dialogue entre les acteurs des forces vives de la nation ;

• Soutenir les réformes constitutionnelles, institutionnelles et politiques pouvant contribuer à la crédibilité des prochaines élections et à l’apaisement du climat politique

• Appuyer techniquement et financièrement le processus de transition.

Pour le Directoire de la CSCBC

Porte-Parole

Mamadou FOFANA

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