12 ans des crimes du 28 septembre 2009 : voici le mémorandum de Pottal-Fii-Bhantal à Mr. Karim A. A. Khan QC, procureur de la CPI

28 septembre 2021 à 21 09 04 09049

New York, le 28 Septembre, 2021.

À l’attention de M. Karim A. A. Khan QC,
Procureur de la CPI
Boîte Postale 19519
2500 CM, La Haye
Pays-Bas

Cher Mr. Khan,
En ce jour du 28 Septembre, les guinéens commémorent le douzième anniversaire des crimes
contre l’humanité perpétrés en 2009 en Guinée. Il en est ainsi de plusieurs militants
d’organisation des droits de l’homme à travers le monde.
Le rapport de la commission de l’ONU avait déterminé que les massacres furent des crimes
prémédités contre l’humanité. Les promesses d’enquêtes approfondies et la perspective de la
traduction en justice des présumés coupables avaient soulevé un espoir parmi les guinéens; celui
de l’arrêt des cycles de répression qui ont marqué l’histoire du pays. Mais, douze ans après, on
note qu’aucun progrès n’a été fait sur le dossier. Conséquemment, la Guinée continue à être le
théâtre de crimes d’état qui restent impunis.
Notre organisation, Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon, se bat depuis douze ans pour que justice
soit rendue aux victimes et pour un procès des accusés. Une recherche rapide dans les archives
de vos services donnera un aperçu des actions que nous avons menées dans ce sens. Des
démarches similaires ont été menées par de nombreuses organisations des droits de l’homme, des
institutions multilatérales de l’ONU et des représentations diplomatiques accréditées à Conakry.
Ces multiples injonctions et démarches n’ont toujours pas porté fruit. Divers facteurs expliquent
le déni de justices sur ce tragique dossier. Parmi eux, il faut noter les menés dilatoires de Mr.
Alpha Condé ainsi qu’une négligence tragique de la classe politique guinéenne dont les militants
furent les victimes des massacres. Il faut souligner en outre, la léthargie coupable de la CPI, en
particulier de votre prédécesseur, Madame Fatou Bensouda.
En ce jour anniversaire, Pottal-Fii-Bhantal vient encore une fois interpeller la CPI sur le dossier.
Ci-après, il y a un rappel succinct des démarches que nous avons menées. En pièces jointes il y a
un échantillon des déclarations que nous avons faites sur le dossier durant les manifestations
annuelles à l’ONU ou suite à des annonces sur les crimes.
 Février 2012 : suite à l’inculpation d’officiers des forces de l’ordre qui, à ce jour, sont non
seulement toujours en poste, mais ont été élevés en grade.
 Août 2014 : un communiqué suite à une déclaration publique de Mr. Alpha Condé
demandant l’abandon du dossier des massacres
 Juillet 2015 : une demande adressée aux autorités du Burkina-Faso sur le traitement de faveur
offert à Daddis Camara qui est inculpé de crimes contre l’humanité

 Octobre 2015 : une lettre d’interpellation adressée à Fatou Bensouda suites à ses propos
tendancieux sur les élections présidentielles.
 Mars 2016 : une lettre suite à la nomination de Mathurin Bangoura, inculpé de crimes contre
l’humanité, au poste de gouverneur de la capitale Conakry par Alpha Condé.
 Décembre 2016 : une lettre aux autorités sénégalaises demandant l’organisation d’un procès
au Sénégal, suite à l’arrestation de Toumba Diakité.
 Novembre 2019 : une lettre d’interpellation à Fatou Bensouda questionnant sa passivité sur le
dossier.
Le laxisme de la CPI sur les crimes du 28 Septembre 2009 a permis d’incruster davantage la
violence politique avec l’administration de Mr. Alpha Condé. Dans leur grande majorité, les
guinéens déplorent ce laxisme de la CPI. Ils savent que toute amorce de sortie de crise doit
s’appuyer sur un préalable incontournable, l’éradication de l’impunité. Le récent coup d’état
militaire a révélé un profond désir des guinéens de rompre avec l’état hors-la-loi et l’impunité.
Pour éviter que le pays ne retombe dans un nouveau cycle de violence, il y a urgence que la CPI
agisse sur le dossier du 28 Septembre 2009. À cet égard, nous avons adressé à la junte un
mémorandum demandant de faire d’une priorité l’organisation des procès des crimes contre
l’humanité de 2009. Une copie a été adressée à vos services et est jointe à ce mémorandum.
Les destinées d’une nation se jouent dans l’organisation de ces procès. Nous espérons de votre
part une réponse à la mesure des enjeux.
Nous sommes à votre disposition pour toute clarification sur nos démarches. Des membres de
notre organisation ainsi que de nombreux guinéens restent disponibles pour aider à la réalisation
de cet impératif.
En même temps, nous voudrions réitérer notre détermination à mener jusqu’au bout ce combat
essentiel contre l’impunité qui saborde les aspirations de nos concitoyens.
Veuillez croire à nos salutations distinguées.
La Commission Centrale de Coordination du Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon.

  1. Représentants des membres permanents du conseil de sécurité des nations-unies
  2. Conseil de sécurité et de paix de l’union africaine
  3. Commission de la CEDEAO
  4. Bureau du commissaire des nations unies aux droits de l’homme.
  5. Commission des nations unies sur la violence à l’égard des femmes.
  6. Représentants de l’union européenne en guinée, ambassades de France, des États-Unis,
    d’Angleterre, de chine et de Russie en guinée.
  7. Représentant de l’union européenne auprès de l’ONU
  8. Système de justice mondiale du département d’état des États-Unis
  9. Ambassades de guinée auprès des nations unies et des États-Unis
  10. HUMAN RIGHTS WATCH / FIDH / OGDH
  11. Associations guinéennes de victimes : AVIPA, AFADIS, AGORA
  12. International Crisis group
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Réduction du prix du carburant : acteurs sociopolitiques et citoyens saluent la mesure à Kankan

28 septembre 2021 à 20 08 37 09379

Depuis ce mardi, 28 septembre 2021, le prix du litre de carburant est passé de 11.000 à 10.000 francs guinéens à la pompe. Cette baisse du prix des produits pétroliers est une volonté du CNRD (la junte militaire qui dirige actuellement la Guinée) d’alléger les souffrances et d’améliorer les conditions de vie de la population guinéenne. Et, dans la préfecture de Kankan, ce geste des nouvelles autorités de Guinée est hautement salué, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la capitale de la Haute Guinée.

Cette décision annonçant la baisse du prix du carburant à la pompe est intervenue hier soir, lundi 27 septembre. Et, c’est avec joie que Yayi Diané, habitant de la commune urbaine de Kankan a appris cette nouvelle.

« C’est une bonne décision, tout le monde s’attend à ce que les choses deviennent plus simples pour les guinéens. Personne n’aime la souffrance. Les nouvelles autorités ont fait un rabais de 1000 francs. Si elles peuvent aller en dessous de ça aussi, toujours c’est pour l’intérêt des citoyens. Parce que quand c’est doux, c’est doux. Et, quand c’est difficile, c’est difficile », a dit Yayi Diané.

Le même sentiment se lit sur le visage de Bakary Kaba, ancien président de la délégation spéciale de Kankan. Il estime que cette baisse du prix du carburant va permettre aux populations de mieux vivre.

Bacary Kaba, ancien président de la délégation spéciale de la commune urbaine de Kankan

« On remercie très vivement le Colonel Mamadi Doumbouya qui a cherché des voies et moyens pour nous soulager. Sinon, l’augmentation du prix du carburant avait beaucoup pesé sur la population. On est pauvre d’abord ; et, je crois que quand la pauvreté s’alourdit, c’est encore plus grave. On le remercie infiniment, on prie Dieu pour lui, on souhaite qu’il applique ses bonnes idées qu’il nous a montrées. Il a la bénédiction de toute la ville de Kankan. Cette réduction va nous permettre de mieux vivre », a déclaré Bakary Kaba.

De son côté, Lancinè Condé, le secrétaire général du Bloc Libéral à Kankan, apprécie cette baisse du prix du carburant. Mais, il ne préfère pas sauter de joie tout de suite.

Lancinè Condé, secrétaire fédéral du Bloc Libéral

« C’est appréciable, c’est à féliciter. L’augmentation du prix du carburant par le gouvernement de monsieur Alpha Condé (le président déchu) était une décision de trop qui a motivé son renversement par la junte. Et, si nous voyons que cette même junte prend à bras le corps les préoccupations de la population en baissant le prix du litre du carburant, on prend note par rapport à l’acte posé. Nous veillons strictement à tout ce qu’ils sont en train de faire ; et, nous nous abstenons de les apprécier jusqu’à un certain niveau. Mais, pour le moment, nous avons confiance », a laissé entendre cet homme politique.

Pour sa part, Bintou Mady Kaba, le président de la coalition nationale pour la paix en Guinée, exulte par rapport à cette mesure prise par le CNRD. Et, il demande l’implication du syndicat des transporteurs pour que cette baisse du prix du carburant ait une incidence sur la vie des populations en faveur desquelles elle est intervenue.

Bintou Mady Kaba, président de la coalition nationale pour la paix en Guinée

« Nous l’avons accueilli avec beaucoup de joie, parce que c’est une volonté que le CNRD exprime par rapport à l’amélioration des conditions de vie des citoyens. C’est vrai que le CNRD s’est manifesté en réduisant le prix du litre de carburant de 1000 francs ; mais, il faudrait que tous les acteurs impliqués dans le processus jouent leur rôle pour que cela soit bénéfique pour la population. Je veux surtout parler du syndicat des transporteurs et des administrateurs des marchés. Parce que s’il y a réduction, ça voudrait dire que nous devons sentir sur le marché que le carburant à baisser de prix », a-t-il indiqué.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Boké : chauffeurs et passagers se réjouissent de la baisse du prix du carburant

28 septembre 2021 à 20 08 23 09239

La baisse du prix du carburant, annoncée hier par le comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), est accueillie avec beaucoup de joie à Boké. Chauffeurs et passagers se réjouissent de cette décision du colonel Mamadi Doumbouya, le chef de la junte militaire qui dirige actuellement la Guinée, rapportent le correspondant de Guineematin.com sur place.

Près de deux mois seulement après avoir connu une hausse, le prix du carburant est revu à la baisse. Le litre d’essence, qui était vendu à 11.000 francs, coûte désormais 10.000 francs. Ainsi en a décidé le colonel Mamadi Doumbouya, à la tête de la junte militaire qui a renversé le président Alpha Condé. Annoncée hier à la télévision nationale, cette décision est très applaudie par Mamadou Saliou Bah, un citoyen rencontré ce mardi, 28 septembre 2021, à la gare routière de Boké.

Mamadou Saliou Bah, passager

« Je remercie les autorités militaires pour cette décision. Parce que nous avons l’espoir qu’elle va réduire un peu la cherté de la vie que nous connaissons aujourd’hui et permettre aux Guinéens de souffler un peu. Je pense que suite à ce geste, les prix des denrées de première nécessité et tous les autres prix vont diminuer, parce que le prix du carburant a une incidence sur tout cela. Je demande aussi aux chauffeurs de suivre le mouvement en diminuant le prix du transport », a lancé ce citoyen, qui se rend à Conakry.

Souleymane Traoré, chauffeur

Chez les transporteurs aussi, la baisse du prix du carburant est bien appréciée. « Cette diminution concerne tous les Guinéens, tout le monde est content de ça. Pour l’instant, je n’ai pas encore diminué le prix du transport, j’attends que le syndicat se prononce là-dessus. Quand ils vont parler, je vais respecter ce qu’ils diront. Je suis sûr que le prix du transport va baisser, parce que c’est la hausse du prix du carburant qui avait entraîné son augmentation », a dit Souleymane Traoré, chauffeur sur la ligne Boké-Conakry.

Mamadou Lama Diallo, chauffeur sur la ligne Boké-Diaoubhé (Sénégal), se dit également satisfait de cette décision. Il demande aux autorités de faire face aussi au mauvais état des routes pour faciliter le transport des citoyens et leurs biens. « Nous sommes très contents de la diminution du prix du carburant.  Avec ces militaires, nous avons compris qu’il est possible de se comprendre entre Guinéens. S’ils peuvent poursuivre cette dynamique en ramenant le prix du litre d’essence à 9.000 (prix auquel il était vendu jusqu’au 3 août 2021), l’impact sera encore plus significatif.

Aussi, je demande aux autorités de la transition de se tourner vers nos routes et de voir leur état. Vraiment je demande au CNRD d’entretenir les routes pour faciliter le transport urbain et interurbain », a lancé ce transporteur. De son côté, le syndicat des transporteurs de Boké n’a pas encore réagi à cette décision du colonel Mamadi Doumbouya, revoyant le prix du carburant à la baisse.

De Boké, N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628-98-49-38

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Vol de 10 kg de riz à Faranah : Youssouf Oularé condamné à 7 ans de prison

28 septembre 2021 à 19 07 32 09329

En audience correctionnelle hier, lundi 27 septembre 2021, le tribunal de première instance de Faranah a condamné Youssouf Oularé (un jeune voleur récidiviste) à 7 ans de prison. Ce jeune homme était poursuivi pour « vol » portant sur 10 kilogrammes de riz, a appris Guineematin.com à travers son correspondant dans la préfecture de Faranah.

Selon nos informations, Youssouf Oularé est un « multirécidiviste » de faits de vol qui a été plusieurs fois jugé et condamné par le tribunal de première instance de Faranah. Et, cette fois, il était devant cette juridiction pour le vol de 10 kilogrammes de riz. Mais, le tribunal n’est pas allé de main morte pour le sanctionner. Il lui a infligé une peine de 7 ans de prison.

« Effectivement, le 20 septembre 2021, nous avons reçu un procès verbal à l’encontre du nommé Youssouf Oularé. Ainsi, le dossier a été orienté en flagrant délit ; et, c’est ce qui a conduit le prévenu devant le tribunal correctionnel ce 27 septembre.

Pendant les débats, il a été constaté que Youssouf Oularé est un habitué des faits. Il a été plusieurs fois arrêté et traduit devant le tribunal pour les mêmes faits de vol qui sont sa spécialité. Il appartient à un groupe organisé qui opère généralement la nuit au niveau des boutiques et des concessions. La particularité de son cas, c’est qu’il a été une fois condamné à une peine assorti de sursis. Pour la seconde fois, il a été arrêté, jugé et condamné à une peine de 6 mois ferme qu’il a purgée. Et, par la suite, il a été arrêté pour les mêmes faits de vol. Cette fois, on s’est dit qu’il fallait imprimer une dose sérieuse tenant aux circonstances aggravantes, le tout se reposant sur les dispositions des articles 373 et 374 du code pénal qui parlent non seulement des faits de soustraction frauduleuse, article 373 et article 374 qui met l’accent sur le vol aggravé. C’est-à-dire le vol commis avec au  moins 2 des 8 circonstances aggravantes énumérées par le code pénal. C’est une réponse que le tribunal correctionnel a donné aux agissements antisociaux de ce prévenu », a expliqué Mamoudou Magasouba, procureur de la république près le tribunal de première instance de Faranah.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tel : 620241513/660272707

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Massacre du 28 septembre : le colonel Mamadi Doumbouya rend hommage aux victimes

28 septembre 2021 à 19 07 25 09259

Le douzième anniversaire du massacre du 28 septembre 2009 n’a pas laissé indifférent le président du CNRD (comité national du rassemblement pour le développement). Le colonel Mamadi Doumbouya a mis l’occasion pour rendre hommage aux victimes de ce tragique événement.

En compagnie de plusieurs proches, le chef de la junte militaire qui dirige actuellement la Guinée s’est rendu en début de soirée au stade du 28 septembre 2009. Il a fait le tour de l’antre footballistique pour saluer la mémoire des personnes froidement assassinées il y a 12 ans sur les lieux. Ils ont formulé aussi des prières pour le repos de l’âme des victimes.

Le 28 septembre 2009, des milliers de Guinéens se sont rassemblés au stade du 28 septembre de Conakry pour manifester contre une éventuelle candidature du capitaine Moussa Dadis Camara (le chef de la junte militaire alors au pouvoir) à l’élection présidentielle qui se préparait. L’armée est intervenue pour réprimer violemment cette manifestation pacifique.

Selon plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, au moins 157 personnes ont été tuées, des centaines d’autres blessées et de nombreuses femmes violées. Douze ans après les faits, les victimes attendent toujours que justice leur soit rendue. L’instruction du dossier est terminée depuis quelques années, mais le procès tarde encore à s’ouvrir.

Mamadou Yaya Diallo pour Guineematin.com

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Eboulement dans une mine d’or à Mandiana : un mort et 2 blessés graves

28 septembre 2021 à 19 07 02 09029
image d’archive

Le drame s’est produit ce mardi, 28 septembre 2021, dans la mine d’or de Kankansila, à la sortie de la commune urbaine de Mandiana, sur la route de Kankan. Et, c’est un pharmacien, récemment lancé dans l’exploitation de l’or, qui y a perdu la vie. Deux autres personnes y ont également été blessées.

Selon les informations confiées à Guineematin.com, c’est peu avant midi que cet éboulement s’est produit dans cette mine qui vient d’être rouverte (après les affrontements qui y ont été enregistrés au mois d’août dernier entre les habitants de Oudiala et Mandiana1 : ndlr). Et, ce sont trois personnes qui ont été ensevelies de graviers dans la mine. Mais, deux parmi elles sont sorties sauves avec de graves blessés. Malheureusement, le troisième, un pharmacien, n’a pas cette chance. Il y a rendu l’âme.

Les blessés ont été évacués d’urgence à l’hôpital préfectoral de Mandiana. Et, le corps du pharmacien (dont ignore encore l’identité) a été transporté par des orpailleurs à Baranama (un district de la préfecture de Kankan) où il serait originaire.

De Mandiana, Mamady Konoma Keïta pour Guineematin.com

Tel : 625 81 03 26

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Saïkou Yaya (UFR) : « la transition ne doit pas être longue »

28 septembre 2021 à 18 06 49 09499
Saikou Yaya Barry, secrétaire administratif de l’UFR

Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR (Union des forces républicaines), a accueilli favorablement la charte de la transition publiée hier par le comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). L’opposant au régime Alpha Condé l’a fait savoir dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce mardi 28 septembre 2021. Il estime que ce document constitue une bonne base pour avoir des discussions solides avec les forces vives de la nation, même s’il n’approuve pas totalement son contenu.

« Je crois que le CNRD nous a donné une orientation claire. C’est une très bonne chose. C’est une base de discussions solides avec les forces vives, qui permet déjà de décanter tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à faire asseoir le troisième mandat, le changement de la constitution. Ça permet d’avoir une lisibilité sur ceux qui vont participer à la transition. La seule chose que j’aimerais dire qui peut être encore discutée à mon avis, c’est la volonté d’organiser l’ensemble des élections locales et nationales.

Je comprends le souci qu’ils ont mais, il est important de savoir que les élections locales ne font pas partie des institutions nationales, d’autant plus qu’on n’a pas installé le Haut conseil des collectivités. La transition permet de faire asseoir des institutions fortes, notamment l’Assemblée nationale et le président de la République. Après le retour à la légalité, il reviendra aux autorités élues d’organiser les élections locales, à mon sens. Donc, il serait mieux qu’on se focalise sur les élections nationales, faire en sorte qu’il y ait une Assemblée normale pour rapidement sortir de cette transition ».

L’un des constats qui attirent les attentions, c’est le fait que la durée de la transition n’a pas été mentionnée dans cette charte. Une situation que ce responsable du parti de Sidya Touré trouve normale, au vu des positions très divergentes sur la question. Il apprécie donc la décision du CNRD de traiter cette question en commun accord avec l’ensemble des acteurs concernés. Toutefois, l’ancien député prévient que le délai qui sera fixé ne doit pas être long.

« Sur la durée de la transition, ils ont été prudents, parce qu’il y a trop de velléités. Beaucoup en parlent, chacun dit ce qu’il pense. Mais il est important de savoir que la transition ne doit pas être longue, parce que la transition n’est pas quelque chose qui développe un pays, elle permet de faire asseoir des institutions. Quand ça perdure, ça risque de créer des problèmes à l’interne », a laissé entendre Saïkou Yaya Barry.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Massacre du 28 septembre 2009 en Guinée : « Nous n’allons jamais oublier ce jour », dit la présidente de l’AVIPA

28 septembre 2021 à 18 06 45 09459

La Guinée a commémoré ce lundi, 28 septembre 2021, le 12ème anniversaire du massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry. A cette douloureuse occasion où les victimes continuent encore à réclamer justice contre la barbarie des forces de défense et de sécurité, l’AVIPA (association des victimes, parents et amis du 28 septembre) a tenu une conférence de presse dans la capitale guinéenne. Une conférence au cours de laquelle Asmaou Diallo, la présidente de ladite association, a rappelé les atrocités que des militaires ont commis sur de pauvres citoyens désarmés et en quête de démocratie, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.  

Officiellement, plus de 157 personnes ont été tuées et plus de 100 femmes ont été violées ce « lundi noir », 28 septembre 2009. Et, les victimes et leurs familles ne comptent pas oublier les violences et les traumatismes qu’elles ont subis de la part de l’Etat guinéen, à travers les forces de défense et de sécurité sous le CNDD (la junte militaire qui avait pris le pouvoir après la mort de feu Général Lansana Conté).

Asmaou Diallo, présidente de l’AVIPA

« Il vous souviendra que les événements du 28 septembre 2009 traduisent une phase sombre de l’histoire de notre pays. Des pauvres innocents en quête de liberté et de démocratie ont été injustement assassinés et brimés dans leur chair le lundi 28 septembre 2009. Les drames enregistrés avaient atteint des proportions qualifiés de crime contre l’humanité. Nous n’allons jamais oublier ce jour-là. Nous restons ici à rendre hommage à toutes les victimes en générale, et singulièrement aux personnes qui ont perdues leurs vies », a dit Asmaou Diallo, la présidente de l’AVIPA.

Pour Me Amadou DS Bah, l’un des avocats du collectif des victimes, il y a une lueur d’espoir avec les nouvelles autorités (le CNRD) pour qu’il y ait enfin une lumière sur ces douloureux évènements du 28 septembre 2009.

Me Amadou DS Bah, avocat, membre du collectif des victimes

« Rendre justice est une obligation régalienne d’un Etat de droit. Mais, malheureusement, cette obligation n’a pas été remplie par le gouvernement guinéen. Donc, aujourd’hui, si le régime d’Alpha Condé s’est effondré, il y a une lueur d’espoir avec les nouvelles autorités (le CNRD) qui ont placé la justice au cœur de leur engagement politique de changer la donne en Guinée.  Donc, nous, au niveau du collectif, également au niveau des victimes, c’est une chance pour nous de dire aujourd’hui que nous avons une main tendue des nouvelles autorités qui, dans leur première déclaration, ont placé la justice au cœur de leurs objectifs fondamentaux… Nos attentes sont simples : il faut rendre justice aux victimes, il faut organiser ce procès le plus tôt que possible. N’oubliez pas que depuis 12 ans nous sommes à l’attente de la justice. Donc, la junte qui est actuellement à Conakry a tous les moyens et toutes les facilités à organiser ce procès. Parce qu’à notre point de vue, ils (le CNRD) ne sont ni de près ni de loin mêlés aux événements du 28 septembre. Aujourd’hui, il n’y a plus d’handicap avec les nouvelles autorités. Nous avions déjà dit, si en 2021 il n’y avait pas de procès, nous avions envisagé de saisir la cour de la CEDEAO pour qu’elle fasse injonction au gouvernement guinéen afin d’organiser le procès. Mais, aujourd’hui, je pense que nous avons l’obligation d’accorder un délai plus ou moins raisonnable à la junte. Et, ce délai, nous pensons qu’il ne peut pas dépasser quelques semaines. Puisque tout est aujourd’hui prêt pour qu’il y ait ce procès. Les renvoies devant le tribunal sont devenus définitifs, les auteurs et commanditaires sont pour la plupart en Guinée, les victimes sont en Guinée, la salle de la cour d’appel de Conakry qui est retenue pour abriter le procès est disponible. Il n’y a plus d’obstacle ni juridique, ni matériel pour l’organisation de ce procès » a déclaré Me Amadou DS Bah.

De son côté, Olga De Azaola Gonzalez, la représentante de l’Union européenne, a laissé entendre que rendre justice dans ce dossier du 28 septembre 2009 contribuera à promouvoir la paix en Guinée.

Olga De Azaola Gonzalez

« Nous adressons nos plus sincères condoléances aux familles des victimes du massacre du 28 septembre 2009 qui méritent que justice soit faite. En faisant en sorte que la justice soit rendue aux victimes et d’autres actes de violences dans le cadre du système judiciaire formelle, la Guinée contribuera à promouvoir la paix, à rejeter toute forme de violence et à faire respecter l’Etat de droit », a-t-elle indiqué.

Pour sa part, madame Oumou Barry, l’une des victimes de la barbarie du 28 septembre, a dit pouvoir pardonner, mais elle ne pourra jamais oublier les violences qu’elle a subies.

Mme Oumou Barry, victime du 28 septembre 2009

« Les 12 années ça n’a pas été faciles pour nous les victimes, parce que le moral n’y était pas. Moi j’ai été bastonnée, molestée par des jeunes qui ont presque l’âge de mes enfants. Quand je pense à ça,  cela me fait mal. Donc, les 12 ans, ça m’a trop travaillé. Mais, le soutien de l’association m’a remonté le moral. On peut pardonner, mais on ne peut pas oublier » a dit madame Oumou Barry.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620 589 527/664 413 227

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Délits, dénis, délires et désordre en Guinée : Comment soigner les illusions fantasmatiques du changement ?

28 septembre 2021 à 18 06 17 09179

D’abord le diagnostic

De quelques manières que l’on tourne et retourne les problèmes guinéens dans sa tête, tout se passe comme si l’esprit de toute personne qui se livrait à un exercice de réflexion était en proie à la dérision. En d’autres termes, au regard de ce qui se joue et se rejoue sur la scène politique en Guinée, on est toujours médusé par ce qui s’offre au regard et qui emplit les oreilles. Si les colons ont exercé une violence sur les Guinéens pendant une soixantaine d’années, force est de constater que plus de soixante ans après l’indépendance, tous les gouvernements, qui se sont succédé à la tête du pays, ont fait de notre peuple une victime éternelle d’abus de pouvoirs. De ce fait, c’est généralement l’Etat qui se déchaîne contre ses propres citoyens. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ont payé de leur vie sans fondement ; sauf parce que tuer fait partie tout banalement des mœurs politiques dont l’Etat guinéen s’est fait l’apôtre. Cette violence inouïe et intolérable est l’exemple-type du paroxysme de la bestialité humaine. Tel l’état-nature, la récurrence de ces tragédies au quotidien, en tant que forme d’anomie sociale, est un fait saillant des dérives du pouvoir en Guinée. Mais le plus ahurissant est que ces tueries, passant pour de simples faits divers, dans l’indifférence totale des autorités tombent aux oubliettes des ténèbres de l’histoire. Ce déni mémoriel, attitude de refus de reconnaître la réalité, est une des maladies les plus graves dont souffre notre pays.

Mais la forclusion ne concerne pas que la seule violence physique sur les citoyens, car la saillance de la déliquescence porte également sur la manière de gérer le pays. Il s’agit dans les faits de celle qui affecte l’exercice du pouvoir et impose la mal-gouvernance. C’est à ce niveau que délit et déni font corps commun. Ainsi, tout poste de responsabilité devient-il une propriété personnelle de celui qui l’exerce. Et puisque « la chèvre broute dans le périmètre où on l’a attachée », chacun en fait une ligne de conduite. C’est cette situation qui a gangrené toute la société, à tel enseigne que le recul des valeurs morales se passe de tout commentaire. S’adaptant à la situation, chaque guinéen adopte le principe de la débrouillardise aux dépens de toute morale. D’où la détérioration des valeurs qui est à la base du désordre social sévissant à grande échelle. Chacun étant dans le déni du délit, la Guinée, pays de la déliquescence, s’est progressivement enfoncée dans l’abîme pour la simple raison que l’habitude s’est imposée comme seconde nature voire comme mode de vie. Ainsi, toute personne qui, tel un caméléon, ne s’adapte pas à cette manière de vivre est perçu tout simplement comme un maudit. De ce fait, afficher la différence revient, d’une certaine manière, à affronter de plein fouet la censure sociale. Il faut être et faire comme tout le monde. L’ancrage social du déni de la déliquescence fait de chaque citoyen un coupable actif ou passif qui participe de l’ambiance générale du désordre guinéen.

C’est dans ce contexte que, de pays riche en sol et sous-sol, la Guinée est devenue l’un des plus pauvre au monde où la médiocrité règne en maître absolu. L’exercice du pouvoir présupposant faire main basse sur les richesses du pays sans scrupule, toutes les nominations se font par cooptation. Résultat : le communautarisme s’est invité dans les manœuvres politiques en vue d’accéder à la magistrature suprême. C’est pourquoi on conquiert le pouvoir par la violence et on l’exerce dans la violence en feignant d’être aveugle, sourd et muet devant l’évidence de la réalité qui prévaut et tant pis pour ceux qui en sont victimes. Et puisque l’accession à un poste de responsabilité ne repose ni sur des qualités morales ni sur des compétences professionnelles, voire des acquis intellectuels, ceux qui sont généralement promus n’ont pas conscience du poids des responsabilités qui leur incombent. De ce fait, leur seule préoccupation est l’enrichissement personnel. Bilan : le pays ne s’est jamais développé à la hauteur de ses immenses potentialités économiques. Comme une coutume ancrée dans les mœurs politiques des partis au pouvoir, le PDG, le PUP et le RPG, surfant sur leur hégémonie politique, ont quasiment géré le pays à l’identique avec au menu la mal-gouvernance qui rime avec violence, mauvaise gestion et ethno-stratégie.

Propositions pour guérir la Guinée de l’illusion fantasmatique du changement de pouvoir

Sur la base de ce bilan lapidaire, on peut se permettre de rappeler que bien de changements intervenus en Afrique ont suscité plein d’espoir ; mais au final c’est la désillusion totale. Aussitôt après l’accès au pouvoir d’une nouvelle équipe les habitudes déjà ancrées imposent la mal-gouvernance. D’où question comment guérir la Guinée des tares sociales qui pourrissent la vie des citoyens au quotidien ? Pour esquisser une réponse, on partira de deux principes : i) aucun pays ne peut aspirer au développement sans porter un regard sur son passé. C’est en faisant un retour en arrière qu’on répond à la question : que s’est-il passé pour que la situation socioéconomique du pays soit aussi désastreuse ? C’est ce diagnostic qui permet de poser les jalons sur la façon dont seront résolus les problèmes. ii) le deuxième principe consiste à postuler qu’aucun pays ne peut se développer sans un minimum de rationalité. Poser ce postulat revient à reconnaître la gestion routinière de la Gouvernance du pays. De ce fait, en Guinée, on gère mal le présent, à plus forte raison se préoccuper d’une projection dans l’avenir. La raison en est simple : il manque au pays des ressources humaines qualifiées et nécessaires pour se développer. Pour résoudre tous ces problèmes dans le contexte actuel :

On recommandera aux citoyens, à la société civile, aux partis politiques, aux syndicats de rompre avec le délire des manifestations publiques à la gloire des militaires qui se sont emparés du pouvoir. En adoptant cette attitude, toutes les couches et catégories sociales seront à même d’observer un minimum de lucidité et de vigilance. Dans ce cas, personne ne doit se laisser distraire par des annonces tonitruantes et illusoires, consécutives à la prise du pouvoir par des militaires qui ont besoin à présent de soutien et de légitimité. C’est ainsi que la société dans son ensemble pourra peser dans la balance et imposer à l’armée une attitude républicaine. C’est là où il y a du grain à moudre.

La couche intellectuelle ne doit guère se préoccuper de postes de responsabilité, mais son devoir est plutôt d’adopter une attitude de patriotisme en participant à une réflexion approfondie sur l’avenir du pays. Son rôle est alors de ne pas abandonner le sort du pays à la junte militaire, mais plutôt d’apporter son expertise pour remettre la Guinée sur la bonne voie.

La période de transition, qui ne doit ni être trop brève (6 mois), ni être trop longue (4 ans), doit permettre de jeter les bases d’un Etat de droit avec des réformes approfondies touchant tous les secteurs institutionnels, gouvernance, ministères, administration, éducation, justice, entre autres. De ce fait, la junte au pouvoir ne doit pas se laisser intimider par la CEDEAO et par toute autre institution, qui n’ont pas assumé leur devoir – sinon il n’y aurait eu ni troisième mandat en Guinée, ni violence accrue sur les citoyens. Le peuple de Guinée est souverain et le devoir des institutions internationales ne doit en aucun cas se borner d’une part à condamner au bout des lèvres les abus de pouvoir du président et imposer d’autre part des règles draconiennes à des militaires, auteurs d’un coup d’Etat qui allège les souffrances du peuple.

Pour que tout cela soit possible, il s’avère important dès à présent de procéder à des audits dans toutes les institutions, les ministères afin d’évaluer la manière dont la gouvernance a été menée. Les citoyens guinéens ont soif de justice et si ce travail est bien mené, il permettra de cerner toutes les malversations commises depuis 2010 jusqu’à nos jours et de traduire les coupables dans des juridictions adaptées. Ce qui revient à admettre que ni les ministres, ni le président déchu ne doivent être libres de leur mouvement avant la fin des audits.

Il s’avère important également de rouvrir le dossier du 28 septembre car si les victimes ont besoin de justice, tous les Guinéens éprouvent le besoin de comprendre ce qui s’est réellement passé et celui qui en est l’instigateur. Dans ce cas, le TPI est mieux adapté pour faire toute la lumière sur ce drame.

Enfin plusieurs aspects sont à prendre en considération par la junte militaire : i) elle doit se préoccuper de la sécurité des biens et des personnes, ii) veiller à l’amélioration des conditions de vie des citoyens, iii) se protéger contre toute influence à caractère communautariste, iv) restructurer en profondeur l’administration et les institutions en vue d’assurer leur bon fonctionnement, v) enfin la formation et l’emploi de la jeunesse doivent constituer dès à présent une préoccupation principale. Il suffira d’initier des programmes dans certains secteurs en vue d’améliorer les conditions de vie des citoyens pour résorber à grande échelle le chômage des jeunes. Un tel programme pourrait sûrement mettre fin aux drames de l’immigration.

Aujourd’hui, la Guinée se situe à un grand tournant de son histoire ; ou elle emprunte la bonne voie à suivre, ou alors elle s’égare encore pour longtemps. De la même manière, deux voies s’offrent aujourd’hui au CNRD : i) assurer une bonne transition, organiser des élections libres et transparentes et entrer dans l’histoire, ii) ou alors se cramponner au pouvoir avec son lot de protestations et de chaos. Feront-ils preuve d’esprit critique pour échapper à la tentation du pouvoir ? L’avenir réserve sans doute aux Guinéens bien de surprises bonnes ou mauvaises.

Alpha Ousmane Barry, professeur des Universités en France

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CNT : Dr Diao Baldé déplore la « faible représentativité » des partis politiques

28 septembre 2021 à 18 06 09 09099
Dr. Diao Baldé, président du parti UGN

Dr Diao Baldé, président de l’Union pour la Guinée Nouvelle (UGN), n’est pas totalement satisfait du contenu de la charte de la transition, publiée hier soir par le CNRD (comité national du rassemblement pour le développement). Même s’il salue certains aspects, l’opposant au régime Alpha Condé relève quelques insuffisances dans le document qui servira de constitution pendant la transition.

Les réactions continuent de se faire entendre au sein de la classe politique guinéenne, suite à la publication de la charte de la transition. Le président de l’Union pour la Guinée Nouvelle (UGN), Dr Diao Baldé, s’est exprimé sur le sujet dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce mardi 28 septembre 2021. Ce membre de l’ANAD (l’alliance politique dirigée par Cellou Dalein Diallo) s’est réjouit de certains points contenus dans ce document, notamment l’exclusion des dignitaires du régime Alpha Condé du conseil national de transition (CNT).

« Ce qui est extrêmement important que j’ai trouvé dedans, c’est le fait d’exclure systématiquement tous les anciens membres du gouvernement et tous les membres des institutions dissoutes. Ça, c’est une excellente chose. Ça va permettre un petit renouvellement et de mettre à l’écart les gens qui ont chaque fois l’esprit de plaisantins, parce qu’ils n’accordent pas du sérieux à la vie politique. Il faudrait aujourd’hui que les gens croient à la politique, qu’ils se retrouvent à la politique, parce que c’est la seule structure logiquement qui peut parler au nom du peuple, qui peut définir et mettre en place tous les instruments de développement dans la cité. Elle réglemente aussi la vie dans la cité », a-t-il souligné.

Par contre, le président du parti politique, Union pour la Guinée Nouvelle (UGN), n’apprécie pas le fait que la durée de la transition n’a pas été mentionnée dans cette charte. « Le seul handicap que je trouve personnellement dans cette charte, c’est que la durée de la transition n’a pas été déterminée. Il serait très important que cette durée soit inclue dans cette charte. Le deuxième élément, vous le savez, les forces vives sont tellement diluées, c’est très difficile de faire la part des choses.

Et de l’autre côté aussi, on a mis 8 personnes ressources qui reviennent en fait au CNRD. Ce que j’ai aussi constaté, c’est que toute l’orientation politique, sociale et économique pendant la transition, c’est systématiquement sous la coordination de l’armée. En plus, il n’y a aucune structure juridique qui pourrait être saisie en cas de manquement, nulle part il est indiqué la redevabilité des membres du CNT et du CNRD, malgré le fait qu’ils ont réhabilité la Cour suprême ».

Dr. Diao Baldé, président du parti UGN

Dr Diao Baldé déplore aussi la faible représentativité des partis politiques au conseil national de transition (CNT). « Je trouve peu la représentativité des partis politiques dans le CNT (15/81), parce que comme je le dis, l’aboutissement de tout cela reviendra aux politiciens. Mais, peut-être qu’ils sont animés par l’idée de ne pas mettre trop de politique dans la transition pour éviter d’avoir un facteur de blocus devant.

Je souhaite vivement qu’il y ait la parité, qu’il y ait l’équilibre régional dans tout ce qu’on fait. Sinon, ça n’a pas de sens. Regardez aujourd’hui au niveau de ceux qui gèrent, tous les chefs de cabinet des départements ministériels, tous les gouverneurs, les préfets, vous avez vu ce qui se passe. Il faut tirer les leçons du passé et mettre la Guinée dans toute sa dimension », conseille le président de l’UGN.  

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Charte de la transition : Taran Diallo salue « un bon pas vers la bonne direction »

28 septembre 2021 à 18 06 00 09009
Alpha Oumar Taran Diallo, président de l’Alliance Démocratique pour le Renouveau (ADR)

Le président de l’Alliance Démocratique pour le Renouveau s’est exprimé ce mardi, 28 septembre 2021, sur la charte de la transition publiée hier par la junte militaire au pouvoir. Alpha Oumar Taran Diallo apprécie positivement le contenu de ce document, qui constitue à ses yeux « un bon pas vers la bonne direction ». Pour cet opposant au régime Alpha Condé, cela prouve que le comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) est en train de tirer les leçons du passé. Il l’a dit dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce mardi 28 septembre 2021.

« Mon analyse est qu’il y a des sources qui ont inspiré la junte dans l’élaboration de la charte. Et ces sources, c’est la constitution de 2010, la charte africaine des élections, de la démocratie et de la gouvernance et puis le protocole additionnel de la CEDEAO. Ceci constitue, à mon sens, un bon pas vers la bonne direction, parce qu’il y a des acquis avec ces lois et règlements. Ce qui fait que nous capitalisons ces acquis. Deuxièmement, c’est qu’il y a vraiment des bonnes dispositions qui sont dans cette charte. Et le combat maintenant sera de faire en sorte que cette charte soit respectée par toutes les parties prenantes pour que la transition aille à bonne destination.

Au niveau du CNT par exemple, la part réservée aux partis politiques est un peu faible, mais c’est aussi à mon avis, la façon dont les postes sont répartis entre les corporations, c’est pour amener à la concertation entre les parties prenantes. Quand nous prenons les coordinations par exemple, nous savons que dans le pays, il y a quatre coordinations. S’ils ont deux postes, ils sont obligés de s’asseoir, de discuter et de s’entendre sur les délégués qu’ils doivent envoyer. Ça déjà, ça ouvre le dialogue et je pense que c’est une bonne chose que des dispositions comme ça soient prises. Comme ils (les militaires au pouvoir) ont dit, ils sont en train de tirer les leçons du passé », estime ce leader politique.

Parlant de la durée de la transition qui ne figure pas dans la charte, le président de l’ADR estime que c’est la meilleure approche en pareilles circonstances. « Comme ils avaient déjà demandé à ce que les mémos soient déposés par les différentes corporations qui sont dans le pays, le moment venu, ça se décidera de façon inclusive. Et je crois que c’est la meilleure approche, parce que nous savons tous que cette question de durée ne doit pas être déterminée de façon subjective. Il faut d’abord déterminer toutes les activités à mener pendant cette période et c’est là qu’on pourra savoir il nous faut quel délai, pourvu que ça soit un délai raisonnable et réaliste », a dit Alpha Oumar Taran Diallo.

Propos recueillis et décryptés par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Cancer du sein : SOS pour l’enseignante Hadja Adama Sow

28 septembre 2021 à 17 05 50 09509
Hadja Adama Sow, enseignante, atteinte du cancer du sein

« Pour le loyer seulement je paie 300 euros par mois, alors que je dois manger et il y a des produits que je dois acheter. Ils (les médecins) ont dit que je dois faire la radiothérapie. Je dois faire 25 séances dans 5 semaines. Je dois aussi passer au scanner. Les frais de tout ça (la radiothérapie et le scanner) c’est 3100 dollars (soit 8400 dinars). Et, je n’ai pas vraiment pas les moyens. Je sollicite l’aide de chacun pour pouvoir poursuivre mon traitement », a dit Hadja Adama Sow au téléphone depuis Tunis où elle se trouve actuellement.

Agée 29 ans et mère de trois enfants, Hadja Amadou Sow est une enseignante qui draine depuis 9 ans un Cancer du sein. Avec l’aide de personnes de bonne volonté, cette jeune femme a pu se rendre récemment en Tunisie pour traiter son Cancer. Elle a subi une intervention qui, visiblement, a bien réussi. Mais, les médecins lui demandent de rester encore à Tunis pour un suivi médical qui doit durer au moins six mois. Ceci, pour éviter des infections ou une résurgence de la tumeur Cancéreuse. Seulement, aujourd’hui, Hadja Adama Sow est dépourvue de moyen. Le loyer seulement lui coûte 300 euros par mois. C’est pourquoi elle sollicite encore l’aide de tous pour pouvoir continuer son traitement.

A travers ce SOS, Hadja Adama Sow veut éviter les erreurs du passé. Car, elle avait déjà subi une intervention chirurgicale contre ce Cancer du sein. C’était en décembre 2020 en Tunisie où elle avait séjourné trois semaines. Mais, avec son retour prématuré en Guinée (à cause du manque de moyen), cette enseignante avait vu sa tumeur resurgir à cause des problèmes de suivi. C’est pourquoi, cette fois, elle tient à obéir aux médecins et à suivre son traitement jusqu’au bout. Elle doit encore faire de la radiothérapie et passer au scanner. Mais, le manque de moyen est un problème qui pourrait la contraindre à revenir en Guinée le plus tôt que prévu. D’où son cri à l’aide à l’endroit des personnes de bonne volonté, les ONGs et même l’Etat.

« J’ai subi une opération à Tunis, ils (les médecins) ont enlevé complètement le sein Cancéreux. Mais, le médecin a dit que je dois rester six mois ici, parce qu’il n’est facile de guérir la plaie de l’intervention. Mais, je n’ai pas de moyen. C’est pourquoi je tends encore la main aux personnes de bonne volonté pour me venir en aide. Pour le loyer seulement je paie 300 euros par mois ; alors que je dois manger et il y a des produits que je dois acheter. Ils ont dit que je dois faire la radiothérapie. Je dois faire 25 séances dans 5 semaines. Je dois aussi passer au scanner. Les frais de tout ça (la radiothérapie et le scanner) c’est 3100 dollars (soit 8400 dinars). Et, je n’ai pas vraiment pas les moyens. Je sollicite l’aide de chacun pour pouvoir poursuivre mon traitement », a dit Hadja Adama Sow au téléphone depuis Tunis où elle se trouve actuellement.

Pour vos magnanimes gestes, prière de contacter directement Hadja Adama Sow au (00224) 628 17 70 70. C’est aussi son numéro Orange money.

Hadja Adama Sow, enseignante, atteinte du cancer du sein

La rédaction de Guineematin.com

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Faya Millimouno sur la charte de la transition : « ce qui est consigné dans cette charte peut suffire »

28 septembre 2021 à 17 05 25 09259
Dr Faya Millimouno, président du Bloc Libéral

La charte de la transition, publiée hier soir par le CNRD (comité national du rassemblement pour le développement) est favorablement accueillie par la classe politique guinéenne. Au Bloc Libéral, l’un des principaux partis politiques du pays, l’on estime que l’essentiel des préoccupations du moment est consigné dans ce document qui va servir de constitution pendant la période transitoire. C’est Dr Faya Millimouno, le président de cette formation politique, qui l’a fait savoir dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce mardi 28 septembre 2021.

« Je pense que les grands principes annoncés par le CNRD à sa prise du pouvoir et les mêmes principes pour lesquels nous autres (partis politiques et organisations de la société civile), nous sommes en train de nous battre, sont consacrés dans cette charte. Au niveau de notre alliance, nous avions proposé que l’équipe du CNT soit restreinte avec 75 membres, on est allé à 81. Ce n’est pas mal, parce qu’il ne fallait pas aller au-delà, car on avait besoin de beaucoup d’harmonie dans la gestion du peu de ressources qui existe.

Et le fait que le CNRD ait laissé la question de la durée de la transition ouverte, est aussi de mon point de vue important de mentionner, parce que cette question est extrêmement importante. Nous connaissons déjà les pressions qui sont en train d’être exercées au niveau international. Et sur la question, les acteurs politiques, les acteurs sociaux et économiques de notre pays, ne sont pas du même avis. Il faut donc procéder à une concertation pour que ça soit consensuel. Car, comme les membres du CNRD ont dit, c’est à la Guinée de définir les orientations et la durée de cette transition.

Nous, ce que nous avions consigné dans notre mémo qui a été déposé, il n’y a pas mal d’aspects que nous avons vu pris en compte dans la charte. Je sais qu’une transition est une période transitoire, ça ne peut pas résoudre tous les problèmes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’élaboration d’une nouvelle constitution est prévue. Pour la circonstance, pour gérer cette période exceptionnelle, nous pensons que ce qui est consigné dans cette charte peut suffire », a indiqué le président du BL, Dr Faya Millimouno.

Propos recueillis par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41 

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Charte de la transition : l’analyse du président de l’UDRP, Dr Zoutomou Kpoghomou

28 septembre 2021 à 15 03 37 09379
Dr Edouard Zoutomou Kpogomou, président de l’UDRP (Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès)

La charte de la transition, rendue publique hier soir, lundi 27 septembre 2021, suscite des réactions au sein de la classe politique guinéenne. Le président de l’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès (UDRP), Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou, s’est prononcé sur le sujet dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce mardi. L’opposant au régime du président déchu, Alpha Condé, apprécie le contenu du document qui va servir pendant la transition qui s’amorce en Guinée.

« La charte représente la vision du CNRD qui se trouve en alignement avec les préoccupations majeures des populations. Il n’y a pas peut-être tous les détails qu’il faut en ce qui concerne par exemple la durée de la transition ; mais là aussi, je crois qu’ils ont été suffisamment alertes pour dire qu’il y aura une concertation entre les forces vives et le CNRD pour fixer la durée de la transition. Je ne suis pas surpris parce qu’en fait, cette durée dépend du travail qu’il y a à faire », a-t-il déclaré.

Ce leader politique membre de l’ANAD (une alliance politique dirigée par Cellou Dalein Diallo), dont la candidature à la présidentielle du 18 octobre 2020 avait été recalée par la cour constitutionnelle, estime que l’essentiel se trouve dans cette charte. «  Le CNT va se pencher sur les questions qui ne figurent pas dans la charte telle que promulguée.  Je crois que ce sont les orientations générales qui sont dans le texte promulgué et les détails vont suivre à travers le CNT, à travers le conseil politique.

Sinon, moi, je ne m’attendais pas à ce que la charte soit une constitution dans l’entièreté, parce que c’est pour période transitoire. Il y a des aspects qui pouvaient ne pas figurer dans le document. Si c’était une constitution, là d’accord ; mais, je crois qu’ils ont fait cette charte simplement pour pouvoir tenir le calendrier et mettre en place toutes les institutions qu’il faut pour une transition réussie », a dit Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Guinée : 12 ans après le massacre du 28 septembre 2009, Bah Oury parle (Interview)

28 septembre 2021 à 14 02 34 09349
Bah Oury, président de la commission d’organisation de la manifestation du 28 septembre 2009

« Plus de 157 morts, plusieurs dizaines de femmes violées ! » C’est le triste bilan de la répression dans le sang d’une manifestation des forces vives, le 28 septembre 2009, contre la volonté du Capitaine Moussa Dadis Camara (président du CNDD) de se maintenir au pouvoir après la mort de feu président Lansana Conté. Ces violences d’une gravitée extrême avaient également fait des blessés et des portés-disparus.

Ce triste évènement, symbole d’une barbarie des forces de défense et sécurité guinéennes, avait ému le monde entier. Mais, 12 ans plus tard, les victimes et leurs familles sont toujours en quête de justice. L’information du dossier a été bouclée depuis 4 ans déjà et quelques personnes ont été inculpées. Cependant, le procès peine encore à s’ouvrir.

Mais, comment en est-on arrivé à ce massacre ? Comment ce qui était « un référendum par le nombre » pour s’opposer aux velléités de Dadis Camara a viré à un carnage au stade du 28 septembre de Conakry ? Qui a ouvert le stade et pourquoi ? Qui sont les militaires qui se sont rendus coupables de telles atrocités ? Ce sont encore quelques questions qui taraudent les esprits en Guinée. C’est pourquoi, à l’occasion de la commémoration du 12ème anniversaire de ce massacre, Guineematin.com a donné la parole à Bah Oury, actuel leader de l’UDRG et président de la commission d’organisation de la manifestation du 28 septembre 2009.

Bah Oury, président de la commission d’organisation de la manifestation du 28 septembre 2009

« Des éléments voulaient coûte que coûte que le chef de la junte, Dadis Camara, soit candidat à la présidentielle. Il fallait donner l’illusion qu’il y avait un soutien populaire à cette candidature, avec des cars qui ramassaient des gens partout pour aller au palais du peuple et faire croire qu’il y a un plébiscite en faveur de cette candidature. Le point d’orgue a été atteint lorsque le Président Abdoulaye Wade (l’ancien président sénégalais) est venu à Conakry et qu’une manifestation a été organisée au palais du peuple pour donner une image d’un soutien populaire à cette initiative. C’est à ce moment-là que Me Wade avait dit qu’il prend les photos de cette manifestation pour les diffuser auprès de ses pairs pour accréditer la thèse que cette candidature était bien accueillie par la population guinéenne. Donc, il fallait trouver une réponse adaptée, d’où la nécessité de montrer que l’écrasante majorité de la population guinéenne ne voulait pas de la candidature du chef de la junte… Vous savez, personne ne s’attendait à ce qu’il y ait ce massacre. Personne ne pensait que les militaires et la junte pouvaient prendre la responsabilité d’organiser à ciel ouvert, en pleine journée, un massacre qui a ému le monde entier… On ne pouvait pas imaginer que des responsables guinéens pouvaient s’engager d’une manière aussi barbare dans une répression aussi aveugle et disproportionnée et chercher à humilier les femmes qui étaient présentes au cours de cette manifestation… L’idée était de se joindre au niveau de l’esplanade du stade du 28 septembre avec les gens (les manifestants). C’était un référendum par le nombre, de manière visible. C’était ça l’idée de fond ; mais, au niveau de l’esplanade, on ne sait pas comment des gens ont ouvert l’entrée du stade. C’était comme si le piège était fait sciemment pour que les gens entrent et on referme », a dit Bah Oury.

Décryptage !

Guineematin.com : vous étiez le président de la commission d’organisation de cette manifestation appelée par les forces vives le 28 septembre 2009. D’abord, rappelez-nous ce qui avait conduit à cette manifestation ?

Bah Oury : peut-être c’est le moment d’aller un peu plus en profondeur sur les circonstances qui ont prévalu à ce qu’il y ait cette manifestation du 28 septembre 2009. Je crois que l’origine du problème date de la réunion et de la mise en place du comité ad hoc composé de 11 membres des partis politiques, y compris des forces vives et de 11 membres qui étaient affiliés au CNDD. Lors de cette concertation, puisqu’il y avait blocage du processus au mois de juin 2009, la nécessité de relancer le processus a amené à la mise en place de ce comité ad hoc. Et, au cours de la rencontre qui n’avait pour but que de relancer le dialogue et le processus politique entre le CNDD et les forces vives, ce comité ad hoc, de manière unilatérale, a modifié le calendrier des élections. Initialement, c’était organiser d’abord les élections législatives avant la présidentielle. Au cours de cette rencontre qui n’a pas fait l’objet de publicité ni de concertation au niveau des partis politiques, le chronogramme du processus électoral a été changé. Ils ont mis en avant l’organisation de l’élection présidentielle et que par la suite, lorsque le président sera élu, il se chargera d’organiser les législatives. Ceci était en contradiction avec notre point de vue et le point de vue du RPG pour ne parler que de ces deux partis.

Guineematin.com : vous étiez à l’UFDG à ce moment-là ?

Bah Oury : bien entendu, puisqu’il va de choix. A partir de ce moment-là, la logique de l’organisation de la présidentielle a mis tout le monde en branle, notamment au sein du CNDD. C’est en ce moment-là que des slogans ‘’Dadis où la mort’’, ‘’Dadis doit se présenter’’ ont fleuri par-ci par-là, encouragés par des éléments qui voulaient coûte que coûte que le chef de la junte, Dadis Camara, soit candidat à la présidentielle. Et, vous savez les conséquences que cela avait values. Il fallait donner l’illusion qu’il y avait un soutien populaire à cette candidature, avec des cars qui ramassaient des gens partout pour aller au palais du peuple pour faire le nombre et que des associations lançaient des slogans pour faire croire qu’il y a un plébiscite en faveur de cette candidature. Le point d’orgue a été atteint lorsque le Président Wade est venu à Conakry et qu’une manifestation a été organisée au palais du peuple ; et, à ce moment-là, des cars avaient ramassé des gens un peu partout pour donner une image d’un soutien populaire à cette initiative en présence du Président sénégalais, Me Abdoulaye Wade. C’est à ce moment-là que Me Wade avait dit qu’il prend les photos de cette manifestation pour les diffuser auprès de ses pairs pour accréditer la thèse que cette candidature était bien accueillie par la population guinéenne. Donc, il fallait trouver une réponse adaptée d’où la nécessité de montrer que l’écrasante majorité de la population guinéenne ne voulait pas de la candidature du chef de la junte comme c’était indiqué tout au début du processus de la transition.

Guineematin.com : alors les problèmes ont commencé entre les forces vives et CNDD au niveau de la date choisie, le 28 septembre. Il a été demandé à ce que vous fassiez un report, vous avez refusé. Pourquoi est-ce que vous avez tenu à ce que la manifestation se tienne le 28 septembre ?

Bah Oury : vous savez, il y a toujours des subterfuges pour faire croire de reporter la date du 28 septembre. C’est une date symbolique, une date qui appartient à l’histoire de la Guinée. C’était la date du 28 septembre 1958 où le peuple guinéen a voté non à la colonisation et oui à l’indépendance. Et, le 28 septembre 2009, il fallait montrer que le peuple de Guinée dit non à la dictature et oui à la démocratie, d’où les 2 dates différentes l’une de l’autre, mais étant plus ou moins les faces d’une même pièce, d’une volonté d’un peuple qui a choisi l’indépendance de manière solitaire par rapport à la communauté francophone de l’époque et le 28 septembre 2009 il fallait montrer que le peuple de Guinée, dans sa majorité souhaite aller à la démocratie. Et, c’est ce qui a été l’origine de la démonstration de la manifestation du 29 septembre 2009.

Guineematin.com : Si vous saviez que les autorités allaient réagir de façon aussi disproportionnée, est-ce vous auriez accepté de reporter la manifestation ?

Bah Oury : vous savez, personne ne s’attendait à ce qu’il y ait ce massacre. Personne ne pensait que les militaires et la junte pouvaient prendre la responsabilité d’organiser à ciel ouvert, en pleine journée, un massacre qui a ému le monde entier. Personne n’avait pensé à cela ; mais, comme vous le savez, on ne pouvait pas imaginer que des responsables guinéens pouvaient s’engager d’une manière aussi barbare dans une répression aussi aveugle et disproportionnée et ensuite chercher à humilier les femmes qui étaient présentes au cours de cette manifestation.   

Guineematin.com : par rapport à ce qui s’est passé dans le stade, il y a beaucoup de versions. Vous qui étiez sur le feu de l’action, qu’est-ce que vous avez constaté ce jour ?

Bah Oury : c’est difficile de dire ce que j’ai constaté, puisque j’étais un parmi des milliers et des milliers. Chacun a son histoire, chacun a vu des scènes qui ne sont pas les mêmes par rapport à ce que quelqu’un d’autre a pu vivre. Mais, tout a démarré lorsque, de manière concomitante, monsieur Jean Marie Doré est entré à l’intérieur du stade. Vous savez, c’est toute une histoire, parce qu’on avait demandé à monsieur Jean Marie Doré et à l’évêque, monsieur Gomez, de rester chez eux pour attendre des émissaires qui auraient pu venir de la part du gouvernement. J’avais demandé aux autres responsables, puisque la foule avait déjà commencé à s’amasser le long des artères menant l’esplanade du 28 septembre, il fallait que des responsables assument leur responsabilité en étant auprès des manifestants. Donc, on a demandé que les deux doyens restent et que les autres aillent auprès de la foule pour montrer leur acte d’engagement et de solidarité. Nous avons été bloqués pendant quelque temps au niveau de l’entrée de l’université Gamal Abdel Nasser par le colonel Tiegboro, les pourparlers avaient commencé, vous avez les images de tout ça. On a délibérément cherché à faire retarder les pourparlers le temps que les grosses vagues de manifestants puissent arriver au niveau du stade. Donc, lorsque cela fut fait, vous savez il y a eu un peu partout de la débandade et le processus a pris une autre envergure. L’idée était de se joindre au niveau de l’esplanade du stade du 28 septembre avec les gens qui venaient de Kaloum d’un côté, les gens qui venaient du côté de Madina de l’autre et ceux qui venaient de l’axe Dixinn. C’était de montrer une étoile qui montre que toutes les forces et les populations guinéennes étaient dans l’harmonie par rapport au refus d’une candidature du chef de la junte. C’était un référendum par le nombre, de manière visible. C’était ça l’idée de fond ; mais, au niveau de l’esplanade, on ne sait pas comment des gens ont ouvert l’entrée du stade.

Guineematin.com : il n’était pas prévu d’entrer au stade ?

Bah Oury : il n’était pas prévu d’y entrer. Ça n’avait aucun objet, puisque c’était sur le ciel ouvert. Certains ont ouvert qui ? Comment ? Pourquoi ? Et, naturellement, la foule s’est engouffrée dans le stade croyant avoir remporté une bataille. C’était une erreur monumentale. Mais, en ce moment-là, personne n’aurait pu arrêter un processus qui était déjà avancé. Les uns ont été soulevés, transportés, on les a fait entrer dedans. Et, c’est ce qui a contribué, lorsque le massacre a commencé, à faire en sorte que les gens ne pouvaient se libérer aussi facilement.C’était comme si le piège était fait sciemment pour que les gens entrent et on referme. Et, voilà ce qui explique le nombre de morts qu’on ne connait pas exactement.

Guineematin.com : vous avez l’impression que c’est fait sciemment ou bien c’est de façon inconsciente que les gens ont décidé d’entrer dans le stade ?

Bah Oury : personnellement, c’est lorsque le jugement sera fait, lorsque les faits seront étayés, il serait bon de savoir pourquoi et qui a ouvert le stade du 28 septembre pour entrainer la foule à l’intérieur.

Guineematin.com : lorsque les militaires sont arrivés, ceux qui ont réprimé la manifestation, est-ce qu’ils se sont adressés d’abord aux organisateurs ou bien dès qu’ils sont arrivés, ce sont les tirs qui ont commencé ?

Bah Oury : il y avait un groupe de bérets rouges qui étaient conduit par commandant Toumba qui est venu chercher les responsables politiques au niveau des tribunes. Certains sont partis, il les a conduits pour les faire sortir. Elhadj Cellou (le président de l’UFDG : ndlr) a reçu un coup et il est tombé. J’étais à côté, je ne pouvais pas le laisser là-bas. Donc, j’ai dit à un de nos maintiens d’ordre de m’aider à le soulever, parce que si on le laisse-là, il risque de péril et d’être tué. C’est comme ça qu’on l’a soulevé ; et, heureusement, à l’époque, il n’y avait pas tellement d’image. Parce que c’est Bah Oury qui était recherché beaucoup plus, parce que c’était lui qui avait été le président de la commission d’organisation. Mais, vous savez qu’à l’époque il n’y avait pas les images. Donc, les gens ne pouvaient pas connaître qui est Bah Oury. Ils s’étaient beaucoup plus concentrés sur les autres qui étaient là. Mais, on l’a soulevé, il (Cellou Dalein Diallo) était évanouie. On a reçu beaucoup de coups ; mais, bref,  à la sortie, on a rencontré le colonel Tiégboro. Lui (colonel Tiégboro Camara) on se connait, puisque j’étais ministre de la réconciliation nationale. Il (colonel Tiégboro Camara) est venu vers nous et un des maintiens d’ordre de l’UFR est venu aussi à la rescousse pour nous aider à transporter Elhadj Cellou avec Tiégboro.

Guineematin.com : Cellou Dalein Diallo était toujours inconscient ?

Bah Oury : oui ! Et, Tiégboro nous a conduits vers sa jeep. Il y a des scènes que je préfère ne pas relater, parce qu’à chaque fois ça m’émeut. Donc, le colonel Tiegboro nous a fait sortir, nous a mis dans sa Jeep, nous a conduit d’abord à la clinique Ambroise Paré. Au moment où les médecins commençaient à s’activer pour soigner nos blessures, des militaires qui avaient en bandoulière des balles et des grenades se sont interposés pour dire que si on nous soigne ils vont jeter des grenades à l’intérieur de la clinique. Donc, le colonel Tiegboro était obligé de nous reprendre et de nous mettre dans sa Jeep pour nous conduire d’abord à côté du PM3 à l’époque, il a hésité. Peut-être qu’il voulait aller à l’état-major de la gendarmerie, ensuite il a bifurqué au Camp Samory Touré là où il y a une infirmerie. C’est là-bas qu’on a eu les premiers soins ; et, dans l’après-midi, on nous a emmenés à la clinique Pasteur où les autres responsables politiques étaient déjà conduits le matin par le Commandant Toumba Diakité.

Guineematin.com : Si on comprend bien, c’est le Colonel Tiegboro qui vous a aidés à sortir du stade ?

Bah Oury : Oui c’est lui qui nous a aidés à sortir du stade, c’est lui qui nous a emmené jusqu’à la clinique du camp Samory Touré.

Guineematin.com : lorsqu’il y avait les violences, est-ce que vous avez reconnu certains agents qui vous ont porté main, qui ont fait des violences ? Est-ce que vous avez pu reconnaître certains visages?

Bah Oury : C’est difficile de reconnaître dans des circonstances aussi exceptionnelles et d’autant plus que nous, peut-être qu’on a eu la chance de sortir plus tôt et de n’avoir pas pu assister à ce qui s’est passé par la suite. Parce que ceux qui n’ont pas pu sortir, certains sont restés des heures à l’intérieur du stade. 

Guineematin.com : Ça fait 12 ans maintenant  depuis que cela s’est passé ; et, les gens attendent d’avoir la lumière sur ce massacre, de connaître la vérité, toute la vérité et que les auteurs de ces crimes-là soient punis. Selon vous, qu’est-ce qui retard le procès ? Est-ce une question de volonté politique ou une question purement judiciaire ?

Bah Oury : vous savez, lorsqu’on a une volonté de faire en sorte que la violence ne soit plus utilisée comme une arme politique, on se donnera les moyens de faire en sorte que cette tragédie puisse être jugée pour tourner définitivement la page de ce genre de méthodes. Mais, peut-être que la volonté politique de faire en sorte que la Guinée tourne la page de ces violences n’existait pas ; et, les événements ultérieurs l’ont prouvé. Donc, il n’y avait pas cette volonté. Et, les déclarations lénifiantes pour dire qu’on va juger n’était que pour gagner du temps et leurrer les victimes, ceux qui veulent qu’il y ait la justice et leurrer aussi la communauté internationale. Donc, je pense qu’il n’y avait jamais eu une réelle volonté politique de juger cette affaire ; et, en plus, la répétition des événements similaires qui sont intervenus au cours de dix dernières années montre que l’absence de cette volonté politique n’est pas due à un agenda chargé, mais c’était en fait comme si on ne veut pas se passer d’un instrument qu’on est en train soi-même d’utiliser. 

Guineematin.com : Au sein de l’opinion, il y a aussi certains qui expliquent ce retard par le fait que le président Alpha Condé lui-même pourrait avoir une responsabilité dans ces violences, même s’il n’était pas là au moment des faits. Est-ce que vous avez la même impression qu’il pourrait être l’un des commanditaires de ce massacre du 28 septembre 2009 ?

Bah Oury : Il faut rendre à César ce qui appartient à César. Je ne vois pas de quelle manière le président Alpha Condé a pu être d’une manière ou d’une autre impliqué ou responsable du massacre du 28 septembre 2009, d’autant plus que certains de ses lieutenants étaient avec nous au stade du 28 septembre. Elhadj Tidiane Traoré a failli avoir son crâne fracassé, M’Balou a été aussi sévèrement atteint. Donc, peut-être que certaines informations par la suite l’ont amené à informer certains proches responsables de quitter rapidement le stade avant que les choses ne se déferlent contre les citoyens qui étaient massivement représentés. Et, je dois dire que les militants du RPG étaient aussi dans la manifestation du 28 septembre 2009. Donc, il y a beaucoup de choses qui sont dites, mais je crois que c’est par la suite, avec les implications, que ça aurait pu déboucher que la volonté politique a été atténuée. Parce que les répercussions pouvaient être assez profondes et amener à l’exclusion de toute idée et toute volonté d’exploiter aussi bien la pratique ethno-stratégique que l’utilisation de la violence pour obtenir des gains politiques ou pour faire prévaloir des situations acquises. 

Guineematin.com : Comment comprenez-vous le fait que le capitaine Moussa Dadis Camara, qui était à la tête du pays au moment des faits, soit toujours au Burkina Faso? Officiellement, il était en convalescence, on ne sait plus ce qui le retient là-bas.

Bah Oury: Moi je pense que c’est difficile de savoir, puisque je ne suis pas dans les secrets de certains milieux. Mais, est-ce que le capitaine Dadis n’a pas été profondément manipulé pour se retrouver dans un engrenage qui, dans une certaine mesure, le dépassait. Donc, tout ça, les  enquêtes devraient permettre de faire ressortir la lumière. Mais, son isolement empêche d’une manière ou d’une autre la manifestation de la vérité.

Guineematin.com : Il y a des nouvelles autorités qui sont à la tête du pays, dirigées par le Colonel Mamady Doumbouya. Ces autorités ont laissé entendre que la justice sera désormais ce qui va guider toutes les actions. Alors, qu’est-ce que vous attendez du CNRD spécifiquement par rapport au dossier du 28 septembre ?

Bah Oury: Il ne faut pas leur (CNRD) demander de faire ce que d’autres n’ont pas pu faire pendant 11 ans. Et, il ne faut pas charger le bateau alors qu’il y a d’autres charges qu’il faut gérer. Ce qu’il faut gérer principalement, il faut préparer l’avenir et le futur pour que cela se passe dans d’excellentes dispositions, c’est ce qui est fondamental attendu du CNRD. Pourquoi ? Parce que c’est ça qui permet de tourner positivement la page. 

Guineematin.com : c’est-à-dire qu’il ne faut pas demander au CNRD d’engager ce procès, parce que c’est une transition qui s’ouvre ?

Bah Oury : C’est déjà une question de transition, les problèmes ne sont pas résolus. Ce qui est beaucoup plus utile actuellement, c’est de comprendre pourquoi il y a eu cette tragédie du 28 septembre 2009. Pourquoi la transition 2009-2010 n’a pas atteint ses objectifs dans le calme, dans la sérénité, dans la paix ? Et, ce sont ces leçons qu’il faut tirer pour ne pas répéter les mêmes approches, les mêmes erreurs et les mêmes mécanismes qui pourraient conduire à des situations similaires à ce qu’on a connu dans la transition 2009-2010. C’est ça qui est fondamental, c’est là où on attend le CNRD. Je pense qu’il faut laisser à un gouvernement démocratiquement élu, à  des institutions qui se sont établies et qui ont eu leur légitimité, le soin d’instruire ces dossiers qui sont des dossiers extrêmement importants pour permettre de définir la nature de la démocratie guinéenne. S’il faut engager un processus, ce que je préconise, il est possible de mettre en place de ce côté-là, en ce qui concerne le passif historique, c’est-à-dire toutes les tragédies qui se sont accumulées, cette question d’impunité, de violence, de morts, des violations des droits de l’homme, à une commission dont la durée de vie ne sera pas adossée à la durée de vie de la transition pour qu’elle prenne le temps nécessaire, comme un comité vérité-justice-réconciliation à l’image de ce que d’autres pays ont connu et de réparation aussi, pour engager le processus de la manière la plus professionnelle, la plus déterminée et dans la sérénité pour que le processus continue son cours au-delà d’une période de transition qui doit se focaliser sur des objectifs pour permettre de restaurer les fondamentaux des textes de lois et de repenser et de  refaire le système électoral par un recensement exhaustif de la population électorale. C’est déjà suffisamment beaucoup sans compter des situations de difficultés de vivre, la société est impatiente, les gens ont enduré énormément durant ces dernières années. Donc, il faut trouver des solutions appropriées pour apporter des réponses idoines à la souffrance de la population avant que cela ne dégénère dans des impatiences et de revendications tout azimut. Donc, c’est déjà suffisamment chargé comme ça pour ne pas, comme je l’ai dit tout à l’heure, alourdir le bateau. 

Guineematin.com : sauf que certains estiment que ce retard est en train de jouer en défaveur des victimes, parce qu’il y a certaines victimes qui sont déjà décédées, il y a d’autres vivent des situations terribles, notamment des enfants dont les parents sont décédés à cette occasion-là. Ces derniers estiment qu’il faut agir très vite, parce que le temps est en train de jouer contre eux.

Bah Oury: lorsqu’on se précipite par rapport à ces dossiers, dans un contexte d’une relative instabilité tant sur le plan juridique que sur le plan politique, en ce qui me concerne, ce ne serait pas rendre service aux victimes. Parce que cette instabilité peut dégénérer en d’autres instabilités beaucoup plus meurtrières que celles que nous avons connues par le passé. Donc, il faut faire preuve de sérénité, de sagesse et permettre, à un rythme qui est celui de trouver d’une manière irrévocable des solutions à ce type de problèmes d’impunités, de violences, de trouver des solutions pour que la Guinée ne puisse plus tomber à des situations dramatiques comme celles que nous avons connues pratiquement depuis 2009. Parce qu’après, il y a eu d’autres drames. Donc, il faut que la société guinéenne, dans ce contexte de transition qui commence, ait le courage de réfréner ses ardeurs et de faire en sorte que toutes les velléités susceptibles de faire régénérer des dynamiques de violences soient systématiquement combattues. Et ça, la responsabilité de ceux qui dirige est totale. Parce que les mêmes pratiques, c’est-à-dire la culture de l’ethno-stratégie, cette volonté effrénée d’avoir le pouvoir n’importe comment dans n’importe quelle condition, il faut que ça soit normalisé et que les uns et les autres respectent la voie tracée. C’est-à-dire la feuille de route qui aura permis de créer un consensus national autour d’une transition apaisée, transparente et efficace comme nous le souhaitons. 

Guineematin.com : Est-ce que vous avez confiance que la justice guinéenne va effectivement faire la lumière sur cette situation, sanctionner les auteurs et rendre justice aux victimes ?

Bah Oury : la justice guinéenne, on a déjà beaucoup à dire là-dessus. Et, si vous avez écouté les magistrats, cela veut de facto indiquer que la justice guinéenne n’est pas en mesure de gérer dans des situations qui se révèlent d’une très grande complexité. Par contre, il y a l’exemple de la chambre africaine qui a jugé Hussein Habré. Elle pourrait être un exemple qui permet d’utiliser la supranationalité d’une cour qui sera internationale d’accompagner et d’aider à ce que des juridictions de ce genre puisse prendre en charge des dossiers lourds. Parce que la justice guinéenne, dans les conditions actuelles, n’a ni la capacité, ni la force ni la volonté de juger.

Interview réalisée par Alpha Fafaya Diallo, Alpha Assia Baldé et Mamadou Yaya Diallo pour Guineematin.com

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Sidya Touré sur le 28 septembre : « quelle Guinée célébrons-nous aujourd’hui ? »

28 septembre 2021 à 13 01 43 09439
Sidya Touré, président de l’UFR

63ème anniversaire du référendum qui a permis à la Guinée d’accéder à l’indépendance et 12ème anniversaire du massacre survenu au stade du 28 septembre. Ce sont les deux événements qui coïncident ce mardi, 28 septembre 2021. D’un côté, joie et tristesse ; et de l’autre, tristesse et consternation.

Une date, un double sens, qui amène l’homme politique Sidya Touré à s’interroger. Le président de l’UFR (Union des forces républicaines) se demande quelle Guinée la population guinéenne célèbre aujourd’hui et appelle à la justice pour les victimes du massacre du 28 septembre 2009.

« 28 sept. 1958 : journée décisive pour l’indépendance de la Guinée. 28 sept. 2009 : journée de deuil avec 157 morts, des dizaines de blessés dont moi-même. Quelle Guinée célébrons-nous aujourd’hui ? Que justice soit faite et que la paix envahisse nos cœurs », a tweeté l’ancien premier ministre guinéen.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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Appel à soumissions Orange Guinée : Ouverture des offres de la consultation «LIVRAISON PRODUITS »

28 septembre 2021 à 9 09 53 09539

Dans le but de diversifier ces canaux de contacts pour être plus proche de ses clients; Orange Guinée a mis en place le service vente en ligne via son plateau (8027) et un code USSD qui donnent la possibilité à nos clients de faire des achats de produits Orange en ligne ou sur leur mobile en profitant également d’un service de livraison.

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Transmis par le service de communication de la société Orange Guinée

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Guinée : 12 ans après le massacre du stade, encore plus d’incertitude pour la justice suivant le récent coup d’État

28 septembre 2021 à 9 09 39 09399

Les auteurs des crimes doivent être tenus responsables par un procès efficace et équitable

(Conakry – 28 septembre 2021) – Douze ans après le massacre de plus de 150 manifestants et le viol de dizaines de femmes dans un stade à Conakry le 28 septembre 2009 par les forces de sécurité guinéennes, le procès des individus suspectés d’être responsables de ces crimes devrait être ouvert dans les plus brefs délais, ont déclaré aujourd’hui six organisations de défense des droits humains.

Les victimes et familles des victimes ne doivent plus attendre pour que justice leur soit enfin rendue. Alors que la Guinée s’engage dans un processus de transition politique après le coup d’État du 5 septembre, l’ouverture de ce procès serait un signal fort, démontrant la volonté des autorités de placer le respect des droits humains et la lutte contre l’impunité au centre de leurs priorités. 

Ces groupes sont l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA), Les Mêmes Droits Pour Tous (MDT), l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH), la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Amnesty International et Human Rights Watch. 

Malgré les nombreuses années écoulées, le besoin de justice ne diminue pas pour les survivant.es du massacre et les familles des victimes. Il y a tout juste un an déjà, les six organisations dénonçaient les délais, et le temps perdu quant à l’organisation du procès.

Leur attente est même insupportable alors que l’instruction est clôturée depuis fin 2017, et que le gouvernement guinéen a promis à plusieurs reprises l’organisation du procès dans les plus brefs délais, au plus tard en juin 2020. Les organisations restent préoccupées par le manque de volonté affichée à organiser ce procès en Guinée.

Ces derniers mois, le comité de pilotage pour l’organisation du procès du massacre du 28 septembre, composé des autorités et de partenaires internationaux, avait relancé ses travaux et adopté une feuille de route.

Les travaux pour aménager la cour d’appel de Conakry censée abriter le procès avaient avancé et une formation des magistrats était envisagée par le gouvernement de la France. Pourtant, malgré l’implication des partenaires internationaux pour mettre en place les conditions nécessaires à la bonne tenue du procès, aucune date n’a été fixée à ce jour.

Selon Mme Aissatou Diallo, une survivante des événements du 28 septembre, « compte tenu de l’état de santé des survivant.es qui se dégrade, nous demandons avec l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 que cette année soit la dernière commémoration avant la justice. Il est impérieux que le procès soit organisé et que les réparations soient accordées avant que toutes les victimes ne meurent. »

L’enquête menée par des juges d’instruction guinéens avait été ouverte en février 2010. Plus de 13 suspects ont été inculpés – et 11 d’entre eux sont censés être renvoyés au procès. Parmi eux figurent Moussa Dadis Camara – actuellement en exil au Burkina Faso, l’ancien chef de la junte appelée Conseil national pour la démocratie et le développement, qui gouvernait la Guinée en septembre 2009. Certains suspects inculpés occupaient des postes d’influence jusqu’au récent coup d’État, notamment Moussa Tiegboro Camara, chargé de la lutte contre le trafic de stupéfiants et le crime organisé.

Les organisations suivent avec attention la période de transition politique dans laquelle la Guinée est entrée, à la suite de la prise de pouvoir par le Comité national pour le rassemblement et le développement (CNRD), le 5 septembre dernier, et réitèrent leur appel pour le respect des droits humains et des libertés fondamentales de tous les Guinéens.

Alors que le chef du CNRD, Mamady Doumbouya, a annoncé que « la justice sera la boussole qui orientera chaque citoyen guinéen », les organisations appellent à ce que la lutte contre l’impunité soit au cœur de l’action des autorités.

« Il est plus qu’urgent, pour la Guinée, de mettre fin au cycle de l’impunité, qui a profondément marqué l’histoire du pays depuis plus de 60 ans. Nos organisations rappellent que le droit international stipule que les États doivent offrir des recours effectifs aux victimes des violations des droits humains et que toute absence de justice ou adoption d’une amnistie pour des crimes graves n’est pas compatible avec ces exigences », ont déclaré les organisations.

« Il est également essentiel que les nouvelles autorités garantissent la protection des défenseurs des droits humains et activistes qui n’ont que trop subi des violations de leurs droits aux libertés d’expression et de réunion pacifique depuis des années. Les nouvelles autorités devront faire de la justice une condition sine qua non de leur action », ont-elles ajouté.

La Cour pénale internationale (CPI) avait ouvert un examen préliminaire sur la situation en Guinée en octobre 2009. La CPI, conçue comme un tribunal de dernier recours pour les crimes les plus graves, prend le relais lorsque les tribunaux nationaux ne peuvent pas ou ne veulent pas, instruire et juger ce type d’affaires.

Dans son dernier rapport, la CPI avait indiqué avec déception que “le procès ne s’est pas encore ouvert et le Gouvernement de Guinée n’a communiqueì aucun calendrier ou plan d’action aÌ ce sujet.” La CPI avait indiqué que “les autorités guinéennes doivent démontrer, dans les prochains mois, qu’elles ont la volonté et la capacité aÌ la fois de lutter contre l’impunité et de prévenir de nouveaux cycles de violences.”

Les organisations appellent les partenaires de la Guinée, et particulièrement la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine, l’Union européenne, la CPI et les Nations unies, à accorder une attention accrue à la situation prévalant actuellement dans le pays, et à renforcer leur action et accompagnement en faveur, d’une part de l’organisation du procès du 28 septembre dans les plus brefs délais, et d’autre part du respect des droits humains par les nouvelles autorités en Guinée.

Complément d’information

Peu avant midi, le 28 septembre 2009, plusieurs centaines d’agents des forces de sécurité guinéennes ont ouvert le feu sur des dizaines de milliers de personnes rassemblées pacifiquement dans le stade du 28-Septembre à Conakry, en vue d’une marche contre l’intention de Dadis Camara de se présenter à l’élection présidentielle. Les forces de sécurité ont également violé plus de 100 femmes, individuellement ou collectivement, et agressé sexuellement certaines d’entre elles avec des objets tels que des matraques ou des baïonnettes, pendant ces événements ou peu après. Les forces de sécurité ont tué plus de 150 personnes et en ont blessé des centaines d’autres.

Les forces de sécurité ont ensuite organisé une opération de dissimulation, bouclant tous les accès au stade et aux morgues et emportant les corps pour les enterrer dans des fosses communes, dont beaucoup doivent encore être identifiées.

Après la fin de l’investigation, en avril 2018, l’ancien ministre de la Justice, Cheick Sako, a mis en place un comité de pilotage chargé d’organiser le procès. Le comité a désigné la Cour d’appel de Conakry comme lieu du procès.

En janvier 2020, le ministre de la Justice, Mohammed Lamine Fofana, a annoncé aux Nations Unies que son gouvernement soutenait « sans équivoque » l’ouverture du procès. Alors qu’il avait assuré que les procédures démarreraient en juin 2020 dès que la construction de la salle du procès serait terminée, il n’y a eu aucune avancée concernant le procès pendant presque un an.

En juin 2020, Me Mory Doumbouya a été nommé ministre de la Justice. Le ministre Doumbouya a déclaré qu’il soutenait le procès, mais que la responsabilité de son organisation incombait à la justice.

Communiqué signé

  1. Pour Amnesty International, à Dakar, Fabien Offner, (anglais, français) ;
  2. Pour l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA), à Conakry, Asmaou Diallo (français);
  3. Pour la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), à Paris, Marc de Boni (français) ;
  4. Pour Human Rights Watch, à New York, Elise Keppler (anglais, français) ;
  5. Pour Les Mêmes droits pour tous (MDT), à Conakry, Frédéric Foromo Loua (français) ;
  6. Pour l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH), à Conakry, Alseny Sall
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Mme Habibatou Camara sur les crimes du CNDD, le 28 septembre 2009 : « les militaires ont abusé de moi »

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Madame Habibatou Camara, victime survivante du massacre du 28 septembre 2009

Sous le CNDD (la junte militaire qui avait pris le pouvoir en Guinée après la mort de feu président Lansana Conté en 2008), de graves violations de droits humains ont été commises au stade du 28 septembre de Conakry. C’était le 28 septembre 2009, à l’occasion d’une manifestation, à l’appel des forces vives (syndicats, partis politiques, société civile), contre la volonté de Moussa Dadis Camara (président du CNDD) de se maintenir au pouvoir. Cette manifestation a été réprimée dans le sang par les forces de défense et de sécurité. Plus de 150 personnes avaient été tuées et plusieurs dizaines de femmes avaient été violées. Mais, douze (12) ans après ces massacres qui avaient indigné le monde entier, les victimes et leurs familles continuent de réclamer justice. Elles vivent encore avec les stigmates des horreurs qu’elles ont subies. C’est le cas de madame Habibatou Camara, une mère de famille, qui a subi ces violences extrêmes dans sa chaire.

A l’occasion de la commémoration du 12ème anniversaire de ces tristes évènements, Guinéematin.com est allé à la rencontre de cette victime survivante des massacres du 28 septembre. « Les militaires ont abusé de moi », dit-elle avec beaucoup de tristesse.

Ses souvenirs son encore fraiches et douloureuses, d’autant plus que la violence qu’elle a subie lui a valu l’humiliation et la stigmatisation dans son entourage. Et, c’est avec beaucoup de peine qu’elle parle encore de ce qui s’est passé jour au stade du 28 septembre de Conakry.

Madame Habibatou Camara, victime survivante du massacre du 28 septembre 2009

« Cette date me rappelle ce qui s’est passé au stade du 28 septembre en 2009, avec la junte militaire (le CNDD). Les militaires sont venus nous trouver avec nos dirigeants, on était venu manifester notre opposition à Dadis Camara. Soudainement, on s’est retrouvé sous les balles, certains sont tombés, il y a eu des portées disparus. Nous avons été massacré par les militaires guinéens dont je peux vous citer quelques noms. Il y avait Toumba, Tchiégboro, ainsi de suite. En plus, ce jour, moi j’ai été personnellement victime. Les militaires ont abusé de moi. Une chose à laquelle je ne m’attendais pas avec l’âge que j’ai. Il y avait d’autres militaires qui étaient là-bas et qui parlaient d’autres langues qui ne sont pas des langues de chez nous. Je ne sais si c’était des mots de passe. Donc, si la même date est arrivée aujourd’hui, on peut dire merci pour pouvoir parler pour les autres victimes qui y ont perdu la vie. Nous allons faire une commémoration demain à notre siège pour dire qu’ils sont toujours parmi nous. Qu’on cris pour montrer à l’opinion nationale et internationale qu’il y avait eu des massacres ici en Guinée le 28 septembre 2009 », a-t-elle expliqué.

Aujourd’hui mère de 4 enfants et toujours domiciliée à Boulbinet1, dans la commune de Kaloum, Habibatou Camara affronte chaque jour les conséquences de la violence qu’on lui a infligée. Et, dans son combat pour se relever, l’appui des ONGs lui a été d’une grande utilité.

« Après l’événement du 28 septembre 2009, avec le voisinage, on était marginalisé, stigmatisé. Dès qu’on commence à sortir, on attendait parler derrière. Les gens disaient qu’on était parti chercher ce qui nous est arrivé. Ils disaient que si on était resté chez nous, tout ce qui nous est arrivé n’allait pas nous atteindre. Mais, on ne répondait pas aux provocations. On a été stigmatisé. Mais, avec le temps, on a pu rencontrer les ONGs qui sont venues à notre secours. On ne fait que remercier notre présidente Hadja Asmaou qui est toujours derrière nous, qui est toujours à notre écoute. Grâce à elle nous avons des soins, les médecins sont là et nous avons un centre de consultation », a indiqué Habibatou Camara.

Enseignante de profession, Habibatou Camara était restée malade pendant six mois après l’abus dont elle a été victime. Et, aujourd’hui, elle regrette la mauvaise foi du régime d’Alpha Condé (le président déposé le 05 septembre dernier par un coup d’Etat militaire) d’organiser le procès pour situer les responsabilités et punir les auteurs de ces violences et tueries. Cependant, elle appelle les nouvelles autorités (le CNRD) à écouter les cris de cœur des victimes de ces évènements pour ne plus que de telles tragédies se répète en Guinée.

Madame Habibatou Camara, victime survivante du massacre du 28 septembre 2009

« Les dirigeants d’ici ont refusé de parler de ce dossier. Ils n’ont pas voulu, ils se sont tus dessus. Avec l’arrivée des nouvelles autorités, on ne fait que prier. On demande au Colonel Doumbouya (le président du CNRD) de faire face à nous, qu’il sache qu’il y a eu des femmes qui ont subies des maux et qui sont à l’attente. D’autres sont même malades. Personnellement, je suis tombée malade 6 mois après les massacres. J’ai abandonné mon travail d’enseignante durant 6 mois. Donc, on n’attend rien que la justice. On voudrait vraiment qu’il soit à notre écoute et qu’il vienne à notre secours pour entendre nos cris pour ne pas que la même chose se répète en Guinée. Nous voulons que justice soit faite pour donner la vérité du Droit. Nous demandons aussi qu’on soit dédommagé. 10 ans sans justice, ça nous fait assez mal, on le regrette », a-t-elle dit.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

Tel: +224 622 07 93 59

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Sanoussy Gassama : « j’ai l’impression que nos décideurs ne savent pas ce que c’est que le tourisme »

28 septembre 2021 à 7 07 22 09229
Mohamed Sanoussy Gassama, président de l’association des guides touristiques

C’est un constat très amer que Mohamed Sanoussy Gassama, président de l’association des guides touristiques de Guinée, fait sur la situation du tourisme dans notre pays. Selon lui, ce secteur très important pour le développement d’un pays, se porte très mal depuis toujours en Guinée. La faute aux autorités, qui ne lui ont jamais donné la place qu’il mérite. Il l’a dit dans un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, à l’occasion de la journée mondiale du tourisme, célébrée ce lundi 27 septembre 2021.

« Le tourisme guinéen se porte très mal. Je ne suis pas fier en le disant, mais c’est ça la vérité. Parce qu’en tenant compte de tout ce qu’on a comme potentialités touristiques, la Guinée seule pouvait vendre l’image de l’Afrique toute entière avec nos quatre régions naturelles. Mais malheureusement, c’est l’un des pays les moins connus en Afrique. Il n’y pas une politique de promotion touristique proprement dite au niveau international. Ce qui fait que ce secteur n’apporte pas grand-chose à notre pays », a déploré Mohamed Sanoussy Gassama.

Ce constat amer n’est pas nouveau, ajoute ce professionnel du tourisme. Il est la conséquence, dit-il, du trop peu d’intérêt que les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête de la Guinée ont accordé à ce secteur. « Ce secteur n’a pas encore eu de département qui a su faire sa promotion. Sinon la Guinée a tellement de sites touristiques qu’aucune préfecture ne devrait envier une autre dans le pays. J’ai l’impression que les décideurs ne savent pas ce que c’est que le tourisme ou ne connaissent pas ce que le tourisme pouvait apporter à la Guinée.

Parce que le tourisme ne vend pas d’objets, il vend des images. Seul le tourisme peut influencer positivement le développement de tous les autres secteurs. Parce qu’à travers le tourisme, on peut faire la promotion de tout ce qu’on a comme potentialités sociales, culturelles et minières. Les gens disent souvent que la Guinée est un scandale géologique voire agricole. Mais moi en tant que professionnel du tourisme, je le dis haut et fort que la Guinée est un véritable scandale touristique.

Mais pour faire venir les touristes dans un pays, il faut faire la promotion, il faut l’instabilité, il faut la quiétude, l’aménagement des sites qui doivent être visités. Il faut également faciliter l’accès au niveau de ces sites. Mais rien de tout ça n’est garanti en Guinée. Les agences de voyage qui se battent sur le terrain ne sont pas accompagnées ou encouragées. Aujourd’hui, on accuse la pandémie du Covid-19. Mais avant même l’avènement du Covid, le tourisme guinéen n’allait pas bien.

La Guinée n’est pas toujours présente à des salons de tourisme, à des grandes foires. Même si le pays est représenté, les gens vont les mains vides pour visiter les stands des autres pays. Parce que pour vendre un pays, il faut avoir quelque chose sous la main qu’il faut vendre aux autres. Le ministère du tourisme n’a pas un site web digne de nom, l’office national du tourisme n’en a pas non plus », regrette le président de l’association des guides touristiques de Guinée, précisant que ce sont des agences étrangères qui le contacte le plus souvent pour lui envoyer des clients.

Mohamed Sanoussy Gassama, président de l’association des guides touristiques

Pour inverser cette tendance et permettre au secteur touristique de jouer pleinement son rôle dans le développement de la Guinée, Mohamed Sanoussy Gassama appelle le ministère du tourisme à prendre ses responsabilités. « J’ai envie de dire aux responsables du ministère du tourisme qu’ils ont un grand rôle à jouer pour le développement de ce pays. Les délégations qui viennent dans le pays, en principe, doivent être reçues par les professionnels du tourisme. Toutes les rencontres qui se tiennent en Guinée avec la construction des grands hôtels devraient vraiment booster ce département.

Le tourisme peut développer ce pays et protéger notre environnement, le tourisme peut freiner l’immigration irrégulière et l’exode rural. Donc, ils doivent sortir des bureaux pour aller s’enquérir de l’état des sites touristiques qui sont en train de se détériorer. Aux nouvelles autorités, s’ils veulent développer la Guinée, ils n’ont qu’à donner force au secteur du tourisme. Car le tourisme est un secteur clé pour le développement », a indiqué ce guide touristique.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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