Corruption, trafic d’influence : l’imam de Kipé dénonce les maux de la justice guinéenne

3 septembre 2021 à 20 08 58 09589

Dans son sermon prononcé à l’occasion de la prière de ce vendredi, 3 septembre 2021, l’imam de la grande mosquée de Kipé (Conakry) a évoqué les maux qui gangrènent la justice guinéenne. Elhadj Mohamed Aly Soumah a dénoncé la corruption et le trafic d’influence qui, selon lui, empêchent les juges d’assumer correction la mission qui leur est assignée, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Elhadj Mohamed Aly Soumah, premier imam de la grande mosquée de Kipé

« A cause de la corruption, on assiste aujourd’hui à des mauvaise décisions qui sont rendues au détriment des plus faibles. Tu peux voir l’avocat du pauvre s’associer à l’avocat du riche pour travailler contre son client. Tout ce que le pauvre dit à son avocat, il le rapporte à son adversaire. Finalement, ils vont te retirer tout ce que tu as et tu n’auras pas la justice que tu cherches. Tout cela, à cause de la corruption. En plus de la corruption, il y a aussi ce qu’on appelle le trafic d’influence.

Souvent, quand quelqu’un qui n’a pas un parent ou un ami haut placé est en conflit avec un proche d’un général de l’armée, d’un directeur national ou d’un ministre, même si c’est lui qui a raison, la justice ne lui donne pas sa raison. Parce que les gens craignent pour leur poste, alors que normalement, c’est Dieu qu’il faut craindre. Le destin de quelqu’un n’est pas dans la main de quelqu’un mais plutôt dans les mains de Dieu. C’est Dieu qui t’a ordonné de dire la vérité sans regarder si tel est riche ou tel est pauvre, si tel est un haut placé ou non », a-t-il indiqué.

Le leader religieux a ensuite invité les juges à changer de comportement et à faire en sorte que dans leur travail, seule la vérité triomphe. « Les juges, les procureurs, et même les sages et les chefs de familles qui sont amenés à départager deux personnes en conflit, doivent savoir qu’ils ont une grande responsabilité. Et pour assumer cette responsabilité, ils doivent rechercher et dire la vérité, rien que la vérité. Je rappelle d’ailleurs que l’un des noms de Dieu, c’est « Alhaq » (la vérité). Cela veut dire que l’Homme doit dire la vérité.

Celui qui a étudié le Droit et qui est devenu juge, procureur, avocat, il se doit de travailler dans le strict respect de la loi, en refusant de cautionner le mensonge et l’injustice. Le prophète Mohamed (PSL) nous a enseignés que tout juge qui travaille de manière à ce que la vérité triomphe sur le mensonge, sa récompense sera le paradis éternel. Et c’est Dieu lui-même qui lui ouvrira la porte du paradis. Et, il a dit aussi que celui qui fait en sorte que le mensonge triomphe sur la vérité, sa récompense ne sera rien d’autre que l’enfer.

C’est pourquoi, les juges et les procureurs doivent faire beaucoup attention dans leur travail, en faisant en sorte que la vérité triomphe toujours. Et pour cela, ils doivent être justes, honnêtes et écouter toutes les parties en conflit avant de prendre une décision. Il ne faut pas trancher en se basant sur la version d’un seul camp, alors que vous avez la possibilité d’écouter l’autre camp aussi », a conseillé Elhadj Mohamed Aly Soumah, premier imam de la grande mosquée de Kipé.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/ 664 413 227

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Une fille de 14 ans violée à la Cimenterie : « il m’a dit qu’il va m’égorger, si j’informe ma mère »

3 septembre 2021 à 20 08 04 09049

Une jeune fille de 14 ans violée par un père de famille. L’acte s’est passé hier, jeudi 2 septembre 2021, au quartier Cimenterie, dans la commune urbaine de Dubréka. Le violeur a été pris en flagrant délit par la mère de la victime, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon les témoignages, l’auteur de l’acte est un homme d’une quarantaine d’années. Il est marié et père de quatre enfants, dont la première fille a le même âge que la victime du viol. Il loge dans la concession des parents de sa victime. Jeudi, aux environs de 11 heures, ce père de famille a profité de l’absence des autres habitants de la concession pour abuser de la petite. Il ne serait d’ailleurs pas à sa première fois.

« Il m’a appelée pour la première fois et m’a demandé de me coucher, mais je n’ai pas accepté, je suis sortie. Le lendemain aussi, il m’a appelée et cette fois, il a réussi à se coucher sur moi. Quand il a fini de faire ce qu’il voulait, il m’a menacée, en disant que je le dis à ma mère, il va m’égorger. Hier encore, il m’a emmenée dans sa chambre, j’ai crié mais il n’y avait personne à la maison. C’est peu après que ma mère est venue le surprendre alors qu’il était couché sur moi dans sa chambre », a expliqué la jeune fille, qui laisse couler quelques larmes.

De son côté, la mère de la victime est dans une profonde consternation. Les images de la scène qu’elle a vécue ne cessent de lui revenir à l’esprit. « J’ai laissé ma fille à la maison pour aller au marché. A mon retour, j’ai trouvé le monsieur couché sur elle. J’ai immédiatement crié et les voisins sont venus au secours. Ils m’ont demandé ce qu’il y avait, j’ai dit que c’est ce père de famille qui est en train de violer ma fille. Après, j’ai appelé mes fils et mes frères pour qu’ils viennent m’aider ».

Juste après l’acte, la jeune fille a été admise dans une clinique située à Lambanyi, où un médecin légiste a confirmé le viol. Sa famille a porté plainte au niveau de l’escadron mobile N°16 de la Cimenterie, qui a procédé à l’interpellation du violeur.

Mariame Diallo pour Guineematin.com

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Labé : à cause d’un téléphone, un jeune poignarde son père et sa sœur

3 septembre 2021 à 19 07 39 09399

L’acte s’est passé ce vendredi matin, 3 juillet 2021, au secteur Maléya, dans le quartier Daka 2, commune urbaine de Labé. Suite à une dispute autour d’un téléphone portable, un jeune homme a poignardé son père et sa sœur, avant de prendre la fuite. Rencontrée quelques heures après les faits par le correspondant de Guineematin.com à Labé, l’une des victimes est revenue sur la scène.

« C’est mon fils, Mamadou Saliou Sylla alias Noundhal, qui m’a blessé à l’aide d’un couteau. Cela, à cause d’un téléphone portable qui appartient à son frère et qu’il avait volé. Il était en désaccord avec ce dernier à cause de ce téléphone, c’est ainsi que je lui ai demandé de restituer à son frère son téléphone. Finalement, il a ramené le téléphone, tout en mettant en garde son frère de toucher à un de ses objets.

C’est ce qui a amené les deux à se disputer aujourd’hui. Moi, j’étais dehors, lorsque j’ai entendu le bruit dans la maison. Je suis entré directement pour leur demander d’arrêter de se disputer. Entretemps, Mamadou Saliou s’est jeté sur son grand frère. Je suis intervenu avec l’aide d’une de mes filles pour les séparer. Directement, il est parti chercher un couteau qu’il avait gardé quelque part. Il est venu se jeter de nouveau sur son frère.

J’ai alors pris un caoutchouc pour les frapper afin de les séparer. J’ai pris l’un d’eux et ma fille a pris l’autre. C’est ainsi qu’il s’est servi du couteau qu’il détenait pour me poignarder violemment au niveau du bras, le sang s’est mis à couler. J’ai perdu connaissance et je suis tombé. C’est à l’hôpital, lorsque j’ai repris conscience, que j’ai appris qu’il avait blessé sa sœur aussi », a expliqué Souleymane Sylla, le père du jeune.

Pour lui, il n’y aucun doute que son fils a agi sous l’effet des stupéfiants. « La façon dont je l’ai vu aujourd’hui, il était hors de lui. Parce que son intention était de me poignarder au niveau du cou, mais j’ai utilisé mon bras pour bloquer le couteau. Et le coup était tellement violent que j’ai eu une grave blessure. Ce sont les voisins qui ont attaché mon bras pour m’envoyer à l’hôpital », a dit le père de famille.

Souleymane Sylla et sa fille Fatoumata Binta Sylla sont admis aux urgences de l’hôpital régional de Labé, où ils reçoivent des soins. Quant à son fils, Mamadou Saliou Sylla, il est jusque-là introuvable.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Prélèvement de 5% sur les salaires des fonctionnaires : « le processus a été biaisé »

3 septembre 2021 à 19 07 31 09319
Abdoulaye Sow, secrétaire général de l’USTG

Le prélèvement de 5% sur les salaires des fonctionnaires et 2% sur les pensions des retraités continue de susciter la polémique en Guinée. L’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) version Abdoulaye Sow s’est prononcée sur le sujet au cours d’un point de presse organisé ce vendredi, 3 septembre 2021, à Conakry. La centrale syndicale dit ne pas être opposée à l’initiative, mais elle dénonce le manque de transparence qui caractérise le processus en cours, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Pour le camp Abdoulaye Sow, le prélèvement de 5% sur les salaires des fonctionnaires et 2% sur les pensions des retraités n’est pas mauvais en soi. Car, il s’inscrit dans le cadre de l’opérationnalisation de l’Institut national d’assurance maladie obligatoire (INAMO) et de la Caisse nationale de prévoyance sociale des agents de l’État (CNPSAE). Deux institutions très importantes pour les fonctionnaires et les retraités, selon le secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée.

Abdoulaye Sow, secrétaire général de l’USTG

 « L’USTG a joué un rôle phare, un rôle important, dans cette lutte qui a abouti à la mise en place de l’INAMO et de la caisse nationale de prévoyance sociale. Aujourd’hui, Dieu merci, ces deux institutions sont mises en place. Il est question que les travailleurs guinéens puissent profiter de cette protection sociale. L’USTG se bat pour que les travailleurs guinéens soient protégés. Nous nous battons pour la protection sociale, parce qu’aujourd’hui, nos salaires ne nous permettent pas de nous soigner, de s’occuper de nos familles, de nos loyers, bref de s’occuper de notre vie.

Il faut un complément et là, c’est  la protection sociale. Quand tu es actif, tu travailles, la caisse de prévoyance sociale te sert pour la santé quand tu tombes malade, quand ta femme ou tes enfants tombent malades. Quand tu vas à la retraite aussi, ça te sert. C’est pourquoi, on a mis en place l’INAMO et la caisse nationale de prévoyance sociale. Donc, ça concerne les travailleurs actifs et les retraités », a souligné Abdoulaye Sow.

Toutefois, cette centrale syndicale n’approuve pas le processus en cours et qui doit aboutir à l’opérationnalisation des deux institutions de protection. Elle dénonce un processus biaisé, caractérisé par un manque total de transparence et d’inclusivité. « Le fonctionnaire doit savoir oui, on a mis en place une caisse pour le protéger, mais comment il peut en bénéficier ? Est-ce que quand je tombe, j’ai une prise en charge directe ?

Parce qu’il y a des structures où il n’y a même pas de centre de santé. Alors, comment ce fonctionnaire qui est dans un village comme Panziazou sera pris en charge ? Comment les gens doivent être évacués et comment ça va se faire ? Comment les gens vont être pris en charge dans les pharmacies, les hôpitaux, tout ça devrait être étudié, mais ensemble. Pourquoi on se cache ? Pourquoi on a voulu faire seul ? » S’est interrogé le secrétaire général de l’USTG, avant d’ajouter que l’INAMO et la CNPSAE sont déjà prises en otages.

« Ce que vous ne savez pas, les deux institutions sont prises en otage par la CNTG. 75 ou 80% des membres du Conseil d’administration sont issus de la CNTG. Donc, c’est une lutte pas pour les travailleurs mais pour des intérêts égoïstes et personnels, comme on a l’art de tromper les Guinéens. Ils ne savent pas que les Guinéens sont matures, les travailleurs guinéens sont des cadres. Nous, on sera jamais opposés à une protection sociale, on ne sera jamais opposés à un prélèvement, mais il faut que ça soit dans les règles de l’art, dans le respect, la considération et de la dignité », a dit Abdoulaye Sow.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel: 622919225

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Grande mosquée de Mandiana : il faut payer 1000 francs pour utiliser les toilettes

3 septembre 2021 à 16 04 54 09549

Tous les habitués de la grande mosquée de Mandiana connaissent la règle : pour utiliser les toilettes de ce lieu de culte, il faut débourser une somme de 1000 (mille) francs guinéens. Un gardien est toujours assis devant ce cabinet d’aisance pour encaisser l’argent, avant de laisser passer la personne qui veut se soulager. Cette situation n’est pas nouvelle mais aujourd’hui, elle commence à agacer certains citoyens, a constaté le correspondant de Guineematin.com dans la ville.

« Il y a une situation déplorable qui se passe dans notre grande mosquée ici. Il faut payer 1000 francs pour utiliser les toilettes. Et cela, même aux heures de prière. Les vendredis par exemple, les gens viennent tôt à la mosquée, certains peuvent avoir besoin d’aller plusieurs fois aux toilettes. Et chaque fois, il faut payer 1000 francs pour accéder aux toilettes », fait remarquer Yakouba Sidibé, qui déplore cette situation. « Ce n’est pas vraiment pas normal ça. Parce que nous sommes dans une mosquée et non dans un marché. On vient ici pour adorer Dieu et non pour chercher de l’argent », estime ce citoyen de Mandiana.

Et, il n’est pas le seul à se plaindre de cette situation. Mamoudou Kaba, un autre citoyen, trouve aussi anormal de faire payer l’utilisation des toilettes aux heures de prière. « Ce qui se passe ici n’est vraiment pas bon, je crois que ça ne se passe nulle part ailleurs. A Kankan, il y a bien sûr des mosquées où l’utilisation des toilettes est payante, mais pas aux heures de prière. Mais ici, même pendant la prière du vendredi, il faut payer pour utiliser les toilettes de la mosquée. Pourtant, les mosquées sont faites pour faciliter la prière aux fidèles musulmans et non pour chercher de l’argent », a dit M. Kaba.

Interrogé par Guineematin.com, l’un des gérants des toilettes de la grande mosquée de Mandiana a tenté de justifier cette situation. Selon lui, l’argent qui est payé par les citoyens sert à entretenir les toilettes. Sauf que la réalité sur le terrain contraste totalement avec ses propos. L’état de ces toilettes, qui laisse vraiment à désirer, ne donne pas l’impression qu’elles sont entretenues. Les lieux sont très sales et dégagent une odeur nauséabonde.

De Mandiana, Mamady Konoma Keïta pour Guineematin.com

Tel. 00224 625 81 03 26

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Vers la mise en place de la Haute Cour de justice en Guinée : « ça pourrait contribuer à la réduction de l’impunité »

3 septembre 2021 à 13 01 28 09289
Mamadou Kaly Diallo, activiste des Droits de l’Homme

Comme annoncé précédemment, l’Assemblée nationale a adopté hier, jeudi 2 septembre 2021, la loi de finances rectificative 2021. Ce budget rectifié de l’Etat prévoit notamment la prise en compte d’une vieille revendication de l’opposition de la société civile guinéenne. Il s’agit de la mise en place de la Haute Cour de justice et du Haut conseil des collectivités locales. Ce qui devrait permettre de moraliser la gestion de la chose publique, parce que les commis de l’Etat y compris le président de la République pourraient désormais être jugés en cas de faute dans l’exercice de leurs fonctions. « Un bon signal » salué par l’activiste des droits de l’homme Mamadou Kaly Diallo, qui s’est prononcé sur le sujet dans un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, ce vendredi 3 août 2021.

« Le fait que la mise en place de ces instruments soient inscrits dans la loi de finances rectificative donne un signal, un petit espoir.  Il y a quand même des signes qui laissent croire que peut-être cette fois-ci sera la bonne. Sinon, c’est ce que nous avons dénoncé depuis tant d’années. Souvenez-vous que la constitution du 10 mai 2010 disait que ces institutions devaient être mises en place 6 mois après la présidentielle de 2010.  La Haute Cour de justice étant compétente de juger les hauts commis de l’État et qui s’occupe de juger les questions de parjure, la mise en place d’une telle institution pourrait contribuer à moraliser la politique publique du gouvernement.

Mais aussi, ça va donner un caractère dissuasif aux hauts cadres de l’État qui pensent que tout est permis. Donc, c’est un peu dans le sens de l’expression de l’État de droit et ça pourrait contribuer à la réduction de l’impunité qui est érigée en mode de gouvernance dans notre pays. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a eu des cas des ministres ici dont nos juridictions se sont déclarées incompétentes de juger, parce que ce sont les hauts commis de l’État, donc il fallait renvoyer le dossier au niveau de la Haute Cour de justice. Si elle est effective, ces hauts commis feront attention, parce qu’ils savent désormais qu’ils pourront être traduits devant les tribunaux », a-t-il déclaré.

Toutefois, souligne ce défenseur des droits de l’homme, il ne suffit pas seulement de mettre en place de la Haute Cour de justice. Il faut aussi faire en sorte qu’elle soit vraiment indépendante pour pouvoir faire correctement son travail. « La mise en place des institutions est une chose, mais le bon fonctionnement en est une autre. C’est le cas de la Cour constitutionnelle avec le feu Me Kèlèfa Sall. Nous avons vu une sorte de caporalisation des institutions de nos jours.

On a vu ici le premier responsable d’une institution des droits de l’homme dire aux militants de la démocratie ou des citoyens détenus de demander pardon au chef de l’État pour que lui, il puisse intervenir. Ce qui est extrêmement grave dans le fonctionnement d’une telle institution. Il y a la Cour des comptes qui rend de très bons rapports, mais malheureusement qui ne sont pas vulgarisés. Il faut éviter que la Haute Cour de justice soit comme ces nombreuses institutions qui, aujourd’hui, ne jouent pas leur rôle dans notre pays », a prévenu Mamadou Kaly Diallo.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Guinée : et si les raisons du retard des résultats des examens étaient ailleurs

3 septembre 2021 à 10 10 03 09039

Alors que dans beaucoup de pays l’heure est à la rentrée scolaire, en Guinée les résultats de certains examens de fin d’année sont toujours attendus. Devant ce retard, certains s’en prennent au ministre de l’Éducation nationale qu’ils qualifient d’incompétent. Comme si, dans un département ministériel, c’est le ministre en personne qui doit faire tout le travail. Un amalgame entre le ministère et le ministre.

En réalité, la nomination de M. Bano Barry a été une véritable incongruité dans la mesure où le chef de l’État devait savoir que cet intellectuel est devenu la bête noire de tous ceux dont les vivres ont été coupées par les reformes qu’il a menées dans l’enseignement supérieur. Voire dans l’enseignement tout court. Car les imbrications sont telles que tous les départements en charge de l’éducation ont été touchés par le nettoyage effectué par M. Barry.

Devant la démission de l’État, devenu la vache laitière de certains fonctionnaires, ces derniers avaient mis en place une mafia bien organisée. Le système consistait à dire que l’État est incapable de prendre en charge et de former tous les étudiants. Il fallait donc les orienter vers les privés. Paradoxalement c’est ce même État qui payait la formation des étudiants. Ce système mafieux avait fini par faire du privé l’État et l’État le privé.

Il ne fallait pas être un expert pour constater le conflit d’intérêt entre fondateurs des universités privées et fonctionnaires du département en charge de l’enseignement supérieur. L’État était devenu comme un père qui, se disant pauvre, confie ses enfants à un autre. Mais en même temps il doit dépenser ses enfants plus que s’ils étaient restés à la maison. Alpha Condé s’en était rendu compte. Il a cherché la personne qui devait poser le bon diagnostic et prescrire le bon remède.

En acceptant de mission périlleuse, l’universitaire avait pris un risque. Celui de provoquer les courroux de tous ceux dont l’intérêt serait menacé par cette réforme courageuse voire suicidaire. Devenu la bête noire de la plupart de ses anciens collègues, celui qui a osé mettre fin à cette mafia devait être tout sauf un ministre de l’Éducation nationale. Pace qu’il est dans un environnement très hostile.

Lorsqu’un ministre est entouré par des personnes qui rament à contrecourant, il va de soi que son département sera contre performant. Comme c’est le cas du ministère de l’Éducation nationale. Il ne s’agit pas de dédouaner un ministre et de justifier un retard inacceptable et injustifiable. Mais il s’agit de faire une lecture objective de la situation. Vous ne pouvez pas mettre une personne dans un environnement hostile voire agressif et espérer obtenir des résultats.

Pour le moment le ministre est consolé par le soutien du chef de l’État. Mais, tôt ou tard le système aura raison de lui. Avec la coalition de ceux dont les vivres ont été coupées et ceux qui estiment que le ministre n’a jamais mouillé le maillot pour le part, ce dernier a très peu de chance de rester longtemps à son poste. Comme beaucoup d’autres, il finira par tomber. Mais à la différence des autres, il aura au moins essayé d’assumer ses responsabilités, comme l’atteste la récente suspension d’un responsable de son département.

Actuellement le topo consiste à prouver à Alpha Condé qu’il a misé sur un mauvais cheval. Et l’amener à s’en débarrasser. Malheureusement parfois l’opinion publique joue le jeu du système mafieux en clouant au pilori le ministre. Sans savoir les tenants et les aboutissants du retard des résultats des examens de fin d’année. Ce dont il s’agit ici c’est l’avenir de tout un pays. Le ministre passera mais le pays restera.

Depuis l’organisation des examens jusqu’à la publication de résultats il y a un sabotage. Les réseaux sociaux ont été mis à contribution pour discréditer l’organisation des examens. Or, les Guinéens doivent savoir que rares sont les enfants de nos dirigeants qui étudient dans nos écoles. En sabotant le système éducatif nous faisons moins mal à Bano Barry qu’aux enfants de Guinée. Raison pour laquelle tous doivent œuvrer pour la crédibilité et l’efficacité de notre enseignement. 

Habib Yemberig Diallo pour Guineematin.com

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Guéckédou : la liste des quartiers inondés s’allonge et le stade préfectoral submergé

3 septembre 2021 à 9 09 36 09369

Les pluies diluviennes qui se sont abattues ces derniers temps en Guinée Forestière ont provoqué des inondations dans la commune urbaine de Guéckédou. Depuis le dimanche 28 août 2021, la liste des quartiers inondés ne fait que s’allonger. Après le Farako, ce sont les quartiers Mangala, Goumoulou, Gnaleinko, Bafelaben, Missira et Sandia, ainsi que le stade préfectoral, qui ont victimes des intempéries de la nature, constate le correspondant local de Guineematin.com

Les secteurs de ces différents quartiers inondés sont principalement situés le long des marigots Bonya et Waou, dans la commune urbaine de Guéckédou. Surprises par la montée soudaine des eaux, les populations victimes ont multiplié les cris de détresse, ne sachant pas où donner de la tête.  

Ce jeudi 2 septembre, une partie de la cour du stade préfectoral de Guéckédou a cédé, la tribune et le vestiaire du stade ont été submergés suite  au débordement du marigot Bonya. Une situation qui a mis le directeur dudit dans l’embarras.

Tamba Thomas Tonguino, Directeur du stade préfectoral de Guéckédou

« Je suis venu dimanche matin trouver que une partie de la cours du stade est tombée et j’ai informé le Directeur préfectoral de la Jeunesse, qui venu constater les faits. Et  ce jeudi matin jeudi nous sommes venus constater qu’une grande partie du stade est inondée. Nous demandons de l’aide à toutes les personnes de bonnes volontés », a déclaré Tamba Thomas Tonguino au micro de Guineematin.com 

A rappeler que depuis le dimanche dernier plusieurs familles de Guéckédou ont les pieds dans l’eau. La Croix Rouge a commencé à recenser victimes pour d’éventuelles assistances humanitaires.

De Guéckédou, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Manifestation contre l’obscurité en Guinée : les femmes immobilisent Kamsar

3 septembre 2021 à 9 09 01 09019

Depuis mardi dernier, 31 août 2021, des femmes de Kamsar manifestent leur colère contre le manque d’électricité dans leur localité. Cette grogne sociale ne faiblit pas. Bien au contraire, elle s’étend sur d’autres localités de la préfecture bauxitique de Boké, a constaté Guineematin.com, à travers son envoyé spécial.

Si au départ la manifestation des femmes se focalisait sur Kamsar, elle touche désormais Kolaboui sur la route de Boké. Preuve de la tension qui y règne, le train minéralier transportant de la bauxite a été arrêté. Le chemin de fer barricadé par des bois, des tôles et autres objets usagers.

Marama Soumah, habitante de Kamakoulou

Mariama, une des manifestantes que nous avons rencontrée à Kamakoulou est très remontée « Nous n’avons pas d’eau ni d’électricité. Nous souffrons énormément. Si une femme en état famille veut passer par les rails, elle ne peut pas. Alors qu’ils transitent la mine par ici. Et pour ces rails, ils ont cassé toutes nos maisons alors qu’on en tire aucun bénéfice », dit-elle au micro de l’envoyé spécial de Guineematin.com

Ce n’est pas la première fois que les femmes de Kamsar manifestent contre le manque d’électricité. A chaque fois, les autorités engagent des discussions qui n’aboutissent à rien. « À chaque fois que nous manifestons, ils viennent nous faire avaler des doux mots ; mais, ils ne font rien par la suite. On a ras-le-bol de ces duperies. Cette fois-ci, nous sommes là jusqu’à ce que nous ayons gain de cause », assure Mariama.

Lamine Dansoko, chauffeur

Également interrogé par l’envoyé spécial de Guineematin.com à Kamsar, Mohamed Lamine Dansoko a dit avoir fait deux heures entre Kamsar et Kolaboui à cause de la manifestation des femmes. « On a supplié les femmes ; mais, elles n’ont pas accepté de libérer la route », affirme cet habitué de cette voie. Pour lui, l’Etat guinéen doit agir. « Il faut que les gouvernants nous aident. Moi, je ne suis pas d’ici mais je passe souvent par là. On voit bien qu’il n’y a ni courant ni eau. En plus, on voit les traces de beaucoup de maisons démolies dans ce village. C’est révoltant ! », s’exclame-t-il.

Sur la route de Kamsar, le sous-préfet aura été vu en négociation avec les femmes grévistes. Une source a confié à Guineematin qu’un consensus aurait été trouvé. Rendez-vous est pris pour ce vendredi pour être édifié.

De Kamsar (Boké), Amadou Diarouga Baldé pour Guineematin.com

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Guinée : l’opposition incapable de recoller les morceaux

3 septembre 2021 à 8 08 02 09029
image d’archive

Ces derniers jours, les commentaires allaient bon train sur une nouvelle alliance politique regroupant le trio Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté. Ce dernier affirme que le projet est un mort-né. Ce qui constitue un cadeau inespéré pour le pouvoir. Pour celui-ci, une entente entre les anciens Premiers ministres du général Lansana Conté est le pire des scénarios. C’est pourquoi, il mettra tout son poids dans la balance pour éviter ce scénario catastrophe pour lui.

Mais, c’est moins la stratégie du pouvoir que l’égoïsme de ses opposants qui empêche le trio de s’entendre. Alors que, si au début du règne de l’actuel président, il fallait pour certains mettre le nouvel élu à l’épreuve de la gestion du pouvoir, bon nombre d’observateurs estiment aujourd’hui qu’il n’existe plus aucune raison de ne pas se donner la main pour changer le changement. Arguant les difficultés tous azimuts qui assaillent les Guinéens.

En effet, près de 11 ans après l’accession au pouvoir de l’opposant historique, la Guinée est confrontée à une crise multidimensionnelle. Au plan politique, le changement de la constitution, rédigée avec le sang des martyrs des différentes crises, a plongé le pays dans une grave crise politique. Pour la première fois depuis la sortie de prison de l’actuel chef de l’État, les prisonniers politiques remplissent les maisons d’arrêt du pays. Ceux qui ont plus de chance n’ont pas d’autre choix que de prendre le chemin de l’exil.

Ceci entrainant cela, la crise politique s’installe avec ses corolaires de crises économiques et sociales. Avec entre autres les infrastructures routières qui en disent long sur l’état de l’ensemble du pays. Les routes nationales sont devenues comme une chemise usée que le propriétaire ne veut pas jeter. Il coud par ci, elle se déchire par là. En outre, au moment où les autres États du monde tentent de soulager les citoyens confrontés à une situation sans précédent avec la pandémie de Covid-19, l’État guinéen va à contrecourant du petit village planétaire. L’augmentation du prix du carburant à la pompe, qui a entrainé une flambée des prix sur le marché, est la preuve, s’il en est besoin, que les autorités guinéennes sont peu soucieuses des difficultés que connaissent les citoyens.

Pour revenir au sujet, dans un contexte comme celui auquel la Guinée est confrontée, les anciens Premiers ministres étaient censés accorder leur violon pour mettre la pression sur le gouvernement afin qu’il change sa politique actuelle. C’était sans compter avec l’égoïsme des uns et des autres. A l’exception de la période durant laquelle Alpha Condé fit ses premiers pas comme chef de l’État, le trio n’a jamais regardé dans la même direction. Parce que chacun veut pour lui seul.

Très tôt, Lansana Kouyaté se rend compte que mener la vie d’un opposant dans un pays dirigé par un ancien opposant n’est pas une promenade de santé. Il prend la place laissée vacante à Paris par le nouvel élu : celle d’un opposant en exil volontaire ou forcé. Cellou et Sidya continuent à monter sur le capot d’un véhicule et à inhaler chaque semaine le gag lacrymogène. La présidentielle de 2015 mettre fin à leur union de façade. Sidya tente de convaincre Cellou de le soutenir comme candidat unique de l’opposition. Le président de l’UFDG n’entend pas de cette oreille. Le divorce est inévitable.

Le patron de l’UFR rejoint le pouvoir non pas par amitié ou confiance au chef de l’État mais pour faire mal à son ancien allié à la présidentielle de 2010. Isolé, Cellou continue malgré tout à affronter tout seul le pouvoir. La velléité de modifier la constitution est une nouvelle aubaine pour voir à nouveau l’union de l’opposition. Mais certains, comme Lansana Kouyaté, savent que c’est peine perdue. Cellou et Sidya dénoncent le projet. Mais les deux hommes ne tardent pas à afficher au grand jour leur divergence. En cause, la décision de Cellou Dalein de participer à la présidentielle, alors qu’il avait boycotté les législatives.

Comme on le voit donc, ce que les trois hommes qui hantaient le pouvoir n’ont pas pu faire en dix ans, ils ne le feront pas aujourd’hui. Or, la situation plaide pour leur entente afin d’influencer les décisions du gouvernement. Mais, celui-ci peut désormais dormir tranquillement. Les anciens Premiers ministres qui ont donné tant de soucis au palais continuent à faire cavalier seul. Pour le plus grand bonheur d’Alpha Condé.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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